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Africultures

2008/1 (n° 72)

  • Pages : 240
  • ISBN : 9782296045132
  • DOI : 10.3917/afcul.072.0168
  • Éditeur : Africultures

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Durant l’année 2005, Africa 05, la plus grande saison consacrée aux arts et cultures africains jamais organisée en Grande-Bretagne, a exposé divers talents de l’Afrique contemporaine au public anglais. C’est dans ce contexte qu’est né Diaspora Diaries, un documentaire sur la diaspora africaine installée en Angleterre. Écrit et réalisé par l’artiste slam et multimédia d’origine ghanéenne, Robert ‘Beyonder’ Asare, ce film rassemble des personnalités aussi diverses que l’universitaire Dr. Hassan Arero (Kenya), Makeda Coaston (États-Unis) de la Mairie de Londres, en passant par les DJ et artiste slam Dudu Saar (Sénégal) et Tuggstar (Ghana). Beyonder nous en fait une courte introduction.

Robert ‘Beyonder’ Asare

© James Barnor
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Beyonder, vous êtes reconnu sur la scène du « spoken word ». Qu’est-ce qui vous a incité à faire le film Diaspora Diaries ?

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En plus d’être connu dans le milieu du slam, je suis aussi un artiste multimédia. J’ai réalisé un certain nombre de courts-métrages dont Digitalis (2002) qui a reçu de nombreuses nominations. Diaspora Diaries est né d’un programme d’Artiste en résidence en Littérature et Arts Multimédia dans le cadre d’Africa 05.

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De l’universitaire Dr. Hassan Arero à l’artiste Tuggstar, les personnes interviewées viennent d’horizons très différents. Comment les avez-vous choisies ?

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Pendant Africa 05, j’ai rencontré diverses personnalités de cette diaspora qui est très vaste. J’en ai invité certaines à participer au documentaire. Il s’est avéré qu’un petit nombre d’entre elles n’ont pas pu collaborer mais la majeure partie de ceux et celles qui ont répondu présent sont dans le film.

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Votre documentaire témoigne de la vie des membres de la diaspora habitant en Angleterre. Mais il contient aussi des rappels historiques à caractère didactique. À quels types de spectateurs votre film s’adresse-t-il ?

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Diaspora Diaries s’adresse tout d’abord à la diaspora comme plateforme de communication entre ses différents membres dispersés de par le monde. L’idée étant de nous permettre de poser un regard sur notre propre existence : de voir en quoi la diaspora, dans son ensemble, varie et de cerner ce que ses membres ont en commun. Je souhaitais inviter d’authentiques voix à s’exprimer.

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Mon but est aussi d’informer un public qui ne fait pas partie de la diaspora. Il est d’ailleurs significatif que le corps éducatif se soit intéressé au film, alors que ce n’était pas mon intention première. Au début j’avais pensé à un Vox-pop de 15 minutes. Progressivement, le projet a évolué en film documentaire. C’est à ce moment qu’ont été introduits les éléments éducatifs et historiques.

Diaspora Diaries

© James Barnor, Courtesy Robert Beyonder
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En écoutant les témoignages et commentaires du film, on remarque que beaucoup de participants s’inquiètent du fait que malgré plus de quarante ans d’indépendance, l’Afrique ne soit toujours pas aux commandes de son économie. Par exemple, Dudu Sarr cite nombre important de sociétés françaises installées au Sénégal. Quelle est votre opinion sur cette question ?

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Je pense que cela est vrai. Tant que l’Afrique ne contrôlera pas son économie, le continent ne pourra pas avancer… Et nous autres, Africains, ne pourrons pas véritablement prendre la place qui nous revient dans le monde. Car c’est l’économie qui dirige le monde.

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D’une certaine manière se ressent dans votre film la volonté qu’a la diaspora de donner quelque chose à son pays d’origine, de contribuer à l’Afrique du 21e siècle. Une intention clairement exprimée par le DJ rwandais Eric Karengera. Mais l’absence de projet collectif, la résistance de nos compatriotes, ou la mauvaise gestion de nos dirigeants sont autant d’obstacles.

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C’est vrai. En tant que membres de la diaspora africaines, nous sortons d’une longue période d’asservissement, avec l’esclavage et la colonisation. Ceci a affecté le cúur même de notre communauté. Nous avons été séparés de force et n’en sommes qu’au début de notre phase de reconstruction, de redécouverte de nous-mêmes. Cela va prendre du temps, des générations. Établir une relation avec l’Afrique, c’est faire avancer ce développement. Le monde change. Bien qu’il y ait encore des despotes dans quelques pays d’Afrique, la transformation a bien lieu. Certains pays avancent, ce sont eux qui attireront les grands esprits de la diaspora. Je crois qu’au vu de ces changements économiques et sociaux, les pays gouvernés par des dirigeants incompétents se trouveront à la traîne. Il faut espérer que ce sont les habitants de ces pays qui seront alors à l’origine du changement…

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Diaspora Diaries a été programmé, entre autres, au British Museum et à l’Institute of Contemporary Arts (ICA). Prévoyez-vous une diffusion à l’international ?

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Nous avons été invités à soumettre le film au Festival du Film Pan-Africain qui aura lieu à Los Angeles en février 2008. Nous aimerions aussi le présenter à des festivals internationaux, notamment de films documentaires, ainsi qu’au Fespaco en 2009. Nous envisageons aussi une traduction en français et en portugais.

Diaspora Diaries (2007) par Robert ‘Beyonder’ Asare.

Documentaire, 1h15.

Produit par Creative Fruits et Wildweb Designs Ltd.

Pour voir un extrait, visiter : www.myspace.com/diasporadiaries

Pour citer cet article

  Asare Robert ‘Beyonder’,  Eyene Christine, « Diaspora Diaries de Robert ‘Beyonder’ Asare : un documentaire sur la diaspora africaine de Londres », Africultures, 1/2008 (n° 72), p. 168-170.

URL : http://www.cairn.info/revue-africultures-2008-1-page-168.htm
DOI : 10.3917/afcul.072.0168


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