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Africultures

2009/4 (n° 79)

  • Pages : 240
  • ISBN : 9782296103283
  • DOI : 10.3917/afcul.079.0096
  • Éditeur : Africultures

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« Je n’ai que mon crayon comme moyen d’expression »

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Fifi Mukuna est née à Kinshasa le 15 janvier 1968. Elle est la fille d’un diplomate zaïrois et a suivi des études primaires en Belgique. Si elle a commencé à dessiner dès l’âge de huit ans, elle a sérieusement débuté dans la caricature en 1989.-

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A ses débuts, elle était une grande fan de « Bob et Bobette », une BD du dessinateur belge Willy Vandersteen.

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Graduée en Arts Plastiques à l’Académie des Beaux-Arts de Kinshasa, elle commence sa carrière de caricaturiste dans plusieurs magazines et journaux de cette même ville au début des années 90 (Le Phare, Le Palmarès, Le Grognon et Au taux du jour). Elle remporte de nombreux prix, dont celui des « Calques d’argent » au Grand prix de la presse écrite, dans la catégorie caricatures.

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Elle a également publié quelques bandes dessinées dans des revues spécialisées comme Africanissimo, Le Numéro un ou Le Lien, la revue de l’Alliance Franco-Congolaise de Kinshasa, et participé à plusieurs stages de formation en bande dessinée organisés par le centre Wallonie-Bruxelles. Cela lui a permis de côtoyer de grandes signatures africaines et européennes : Barly Baruti, Turk, Warnauts, Yohan de Moor, Desberg… Fifi Mukuna reconnaît également une influence certaine de François Walthéry, créateur de la célèbre hôtesse de l’air Natacha.

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En RDC, elle était libre de dessiner ce qu’elle voulait, parce que ses dessins étaient souvent publiés par des amis dessinateurs. En revanche, en ce qui concerne la presse, on lui a fait savoir que ses caricatures étaient « dérangeantes » pour certains lecteurs, même si là encore elle a toujours eu le soutien des rédacteurs : « j’ai eu de la chance, mes patrons étaient cools, et ils m’ont fait confiance, tout simplement ».

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En 2000, Mukuna remporte le second prix du Grand Prix des Médias dans la catégorie caricature. Ce prix lui a permis de faire connaître ses caricatures mais sa « couverture » en a pris un coup, puisqu’elle signait sous un pseudo, et beaucoup de personnes pensaient qu’elle était un homme.

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En 2001, sort A l’ombre du baobab, premier recueil collectif d’auteurs africains qui renforce sa visibilité. En 2002, elle émigre en France où elle obtient le statut de réfugié politique. Cette même année, elle dessine pour l’album collectif Afrobulles, publie dans la revue italienne Linus (sur un scénario de C. N. Edimo) et participe à l’exposition Matite africane.

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C’est à cette époque qu’elle adhère à l’association « L’Afrique dessinée » (http://lafriquedessinee.fr), qui œuvre pour la promotion de la BD africaine. Sur le site, le président de l’association (et scénariste) Christophe N’Galle Edimo la présente en ces termes : « Maman Fifi, qui s’appelait encore Tantine Fifi le siècle dernier, est la fille de la bédé africaine […] Maman Fifi nous campe des personnages aussi doux qu’elle, et qui ne demandent qu’à être édités ».

Mukuna, études pré- publiées, inédit, 2009

© Mukuna
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En 2006 sort Si tu me suis autour du monde chez Laï Momo. À partir d’une nouvelle originale de l’écrivain Belge Carl Norac, Fifi Mukuna et Christophe Edimo ont livré une histoire drôle et vive, dessinée dans un style simple et direct, dans laquelle ils relèvent, l’air de rien, un sacré pari : parler d’écologie à la mesure de l’homme, de partage et du sens des responsabilités envers les générations actuelles et futures.

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Fifi Mukuna parvient à concilier à la fois sa vie d’artiste et sa vie de femme, puisqu’elle est mère de famille. En effet, selon ses dires, « trop souvent la place d’une femme est jugée comme étant singulière dans un environnement encore essentiellement masculin. La protection et le respect dont je peux bénéficier aujourd’hui ne sont pas le fruit du hasard et quand il s’agit de plancher, je le fais, comme tout dessinateur le ferait. Homme ou femme… même si en tant que femme, je pense avoir apporté un autre regard sur la femme dans le domaine de la caricature ».

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Aujourd’hui elle ne travaille plus pour la presse congolaise et n’a pas encore dessiné pour des journaux français. Elle est actuellement, enseignante dans une école des beaux-arts à Tourcoing en attendant de pouvoir un jour exposer ses caricatures et les publier dans un recueil.

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Elle a récemment participé à l’ouvrage collectif « La BD conte l’Afrique », publié en Algérie à l’occasion du Festival Panafricain de 2009.

Mukuna, études pré- publiées, inédit, 2009

© Mukuna

Pour citer cet article

Avignon Christine, « Portrait de Fifi Mukuna, la première femme caricaturiste du Congo », Africultures, 4/2009 (n° 79), p. 96-98.

URL : http://www.cairn.info/revue-africultures-2009-4-page-96.htm
DOI : 10.3917/afcul.079.0096


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