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Africultures

2011/2 (n° 84)

  • Pages : 240
  • ISBN : 9782296546646
  • DOI : 10.3917/afcul.084.0116
  • Éditeur : Africultures

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Le Maroc abrite plusieurs festivals de bande dessinée (Tétouan, Kénitra, Casablanca) et compte l’unique filière de BD de tout le continent africain à l’Institut National des Beaux-arts de Tétouan. Malheureusement, la production au niveau local ou dans la diaspora ne suit pas et la BD reste un genre mineur au Maroc. Les tentatives les plus remarquables sont celles de deux dessinateurs qui ont raconté leur terrible histoire personnelle à l’époque des années de plomb, période des années 70 marquée par la répression des opposants politiques sous le règne d’Hassan II : Aziz Mouride, membre fondateur du courant d’extrême gauche 23 mars (auteur du superbe On affame bien les rats en 2000). Il est aussi l’auteur de Le coiffeur (Éditions Nouiga) en 2008, chronique politique sur les années 70 à Casablanca. Il prépare une adaptation du classique Le Pain nu de Mohammed Choukri. Dans le même domaine, Mohammed Nadrani a publié Les sarcophages du complexe (Ed. Al Ayam en 2005). La BD a également été utilisée afin de raconter la culture et l’histoire du pays. En 1993, la trilogie Histoire du Maroc en bandes dessinées (de Ahmed Nouaiti, Wajdi et Mohamed Maazouzi) évoquait l’histoire nationale jusqu’à l’indépendance. En 2004, l’Institut Royal de la culture amazighe publiait un album en berbère, intitulé Tagellit nayt ufella (La reine des hauteurs de Meryem Demnati) qui racontait les tentatives d’une jeune reine luttant pour protéger son peuple. Nadrani a sorti en 2007 L’émir Ben Abdelkrim, où il aborde la guerre du Rif. Le nouveau code de la famille a fait l’objet d’une adaptation bilingue (arabe et français) : Raconte moi la nouvelle moudawana. En 2006, le français Jean François Chanson, français résident au Maroc depuis plus d’une décennie, publie Maroc fatal (Ed. Nouiga) suivi en 2008 de Nouvelles maures (Ed. Nouiga). L’Hadj Belaïd, premier album de Larbi Babahadi (Ed. Sapress, 2008) relate en français, amazighe et arabe, l’incroyable destin du chanteur marocain L’haj Belaïd. L’auteur Gadiri a ensuite sorti Les racines d’Argania sur les anciennes légendes berbères qui ont inspiré la mythologie grecque (Ed. Babahadi, 2008). Récemment, deux albums ont été distribués gratuitement aux écoles marocaines : Tempête sur le Bouregreg (de Hassan Manaoui et Miloudi Nouiga) qui explique l’aménagement de la vallée de Rabat et Les objectifs du millénaire de Miloudi Nouiga sur les droits des enfants. Enfin, les étudiants de l’Institut royal des Beaux-arts de Tétouan qui publiaient leurs travaux au début des années 2000, dans le magazine Chouf, disparu depuis (tout comme Bled’art dans les années 90), ont récidivé en 2008 avec un fanzine en ligne, Livre. L’Internet est également le moyen par lequel Khalid Gueddar diffuse les aventures de Mohammed VI : le calife qui ne voulait plus être roi http://www.bakchich.info/La-BD-sur-Mohammed-VI-I-Le-roiqui,05210.html, série satirique démarrée en 2008 qui fit grand bruit au royaume puisque ce caricaturiste eut beaucoup de problème avec la justice. En 2009, une tentative originale a lieu avec le premier magazine gratuit de BD, Bédo, distribué à 20 000 exemplaires, financé par la publicité, mais qui n’a tenu que quelques numéros. L’auteur des BD était principalement le Français résident à Casablanca, Louis Hugues Jacquin. À l’étranger, Youssef Daoudi a dessiné La trilogie noire de Léo Mallet, sur un scénario de Bonnifay (Casterman) et a sorti en 2009 Mayday : Air danger chez Glénat, Atif Khaled a publié entre 2005 et 2007 les trois tomes des Chroniques de Centrum (Soleil Édition), adaptation du roman de Jean Pierre Andrevon, ainsi que le tome 8 de la série Kookaburra Universe (2007). Enfin, plus récemment, au pays, la maison d’édition Nouiga a sorti un album collectif, La traversée, dans l’enfer du h’rig, regroupant la plupart des auteurs marocains cités auparavant, ainsi que des Français et des Sub-sahariens ayant un lien fort avec le pays. Il traite de la tentation de l’exil vers l’Europe et des conditions de vie des Sub-sahariens au Royaume dans l’attente d’un passage. Les années qui vont suivre devraient voir l’apparition de quelques projets : l’adaptation du Pain nu de Mohamed Choukri par Mouride et le deuxième tome de L’émir Ben Abdelkrim par Mohamed Nadrani.

Les sarcophages du complexe (extrait)

Ed. Al Ayam - 2005 © Mohammed Nadrani

Pour citer cet article

Cassiau-Haurie Christophe, « Présentation », Africultures, 2/2011 (n° 84), p. 116-117.

URL : http://www.cairn.info/revue-africultures-2011-2-page-116.htm
DOI : 10.3917/afcul.084.0116


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