2003
Afrique contemporaine
Actualités
Madagascar
Un secteur minier en émergence, entre l’environnement et le
développement
Bruno SARRASIN
[*]
L’île de Madagascar est particulièrement connue pour sa
biodiversité. En comparaison d’autres pays de l’Afrique subsaharienne où le
secteur minier a traditionnellement joué un rôle important dans l’économie,
l’exploitation industrielle des ressources minières à Madagascar constitue plus
un projet qu’une réalité. Celle-ci n’a cependant jamais été aussi près de se
réaliser. Dans un contexte de déréglementation, cet article propose une lecture
des enjeux associés à l’émergence du secteur minier à Madagascar et du rôle que
les institutions multilatérales de financement – principalement la Banque
mondiale – lui accordent dans leur modèle de développement.
The Island of Madagascar is particularly famous for its
bio-diversity. Compared with other countries of Sub-Saharan Africa where the
mining sector has traditionally played a major economic role, industrial
operations of the mining resources in Madagascar remain a project more that a
reality, even though it has never been so close to being realised. In a
deregulation context, this paper offers an interpretation of the issues related
to the emerging mining sector in Madagascar and its role in the developmental
models of multilateral funding institutions–mainly the World
Bank.
Bien que le secteur minier n’occupe pas, à Madagascar, une
place aussi importante qu’au sein d’autres pays d’Afrique subsaharienne, comme
la Guinée ou la République démocratique du Congo (RDC), ce pays recèle des
ressources naturelles non négligeables. Situé dans l’océan Indien à quelque 500
kilomètres au sud-est du continent africain, il représente, avec ses 587 000
km
2, la quatrième île la plus
vaste du monde. Connu principalement pour la richesse de sa biodiversité, il
figure au palmarès des cinq pays qui possèdent le plus grand nombre d’espèces
animales, au même titre que le Brésil, l’Australie, la Colombie et l’Indonésie
(Mittermeier, 1988). On y trouve par exemple la troisième plus importante
diversité de primates, avec 32 espèces, toutes endémiques, ainsi que 30 espèces
de caméléons, plus de 135 espèces d’amphibiens et 260 espèces d’oiseaux
[1]. Sur la seule île de
Madagascar, se développe une flore riche et variée équivalente à ce qui existe
dans l’ensemble des pays tropicaux. L’originalité "naturelle" du pays provient
de son insularité : l’essentiel des animaux qui vivent à Madagascar sont
uniques (endémiques) et témoignent d’une période de l’évolution que l’on trouve
seulement sous une forme fossilisée ailleurs dans le monde. Plusieurs de ces
espèces primitives représentent ainsi, pour un grand nombre de disciplines des
sciences naturelles, les "chaînons manquants" nécessaires à l’éclairage des
relations entre certains groupes d’animaux contemporains (Wright, 1997 :
381).
Malgré l’ampleur de ses richesses naturelles, Madagascar est un
pays économiquement pauvre. La biodiversité sur la Grande île – évoquée
généralement par le vocable d’"environnement" – est devenue depuis le milieu
des années 1980 le point focal du financement international et a débouché sur
l’élaboration d’un "modèle de développement". Pour bien saisir les enjeux
associés à l’émergence du secteur minier à Madagascar et le rôle que les
institutions multilatérales de financement – principalement la Banque mondiale
– lui accordent dans ce "modèle", nous présenterons d’abord brièvement
l’évolution du contexte économique du pays qui a mené le gouvernement à adhérer
à un programme de libéralisation, accéléré au cours des dernières années. Cette
démarche nous permettra de vérifier ensuite dans quelle mesure le code minier
adopté en 1999 consacre le retrait de l’Etat malgache et, s’il y a
effectivement déréglementation, de préciser les conséquences sociales et
environnementales de l’industrie minière dans ce contexte.
Quelques repères économiques
Exportatrice de matières premières (café, vanille, coton,
sucre) comme la plupart des pays d’Afrique subsaharienne, la Grande île a
traversé durement les deux crises économiques mondiales qui ont marqué les
années 1980 et 1990, comme en témoigne l’évolution de certains indicateurs
présentés au tableau 1. Par exemple, le revenu (produit intérieur brut [PIB])
par habitant a décliné de 40 % depuis les années 1970 et se trouvait à 260
dollars américains en 2000. Cet indicateur montre une régression annuelle
moyenne de -0,9 % au cours de la décennie 1980 (1981-1991) et de -0,1 % durant
les années 1990 (1991-2001). La croissance démographique a donc été en moyenne
plus élevée que la croissance de la production au cours des vingt dernières
années. Bien que Madagascar ait une des densités de population les plus faibles
de l’Afrique subsaharienne, le PIB par habitant en fait un des pays les plus
pauvres.
Tableau
1 -
Évolution de certains indicateurs économiques pour
Madagascar (1980-2001)
|
Produit national brut en 2000 (PNB, méthode
Atlas
[a], en
milliards de dollars des États-Unis) |
4,1 |
|
Produit national brut par habitant en 2000 (PNB/hab.,
méthode Atlas, en dollars des États-Unis) |
260 |
|
Croissance moyenne annuelle en % |
1981-1991 |
1991-2001 |
2000 |
2001 |
|
Produit intérieur brut (PIB) |
1,8 |
2,9 |
4,8 |
5,9 |
|
Produit intérieur brut par habitant
(PIB/hab.) |
-0,9 |
-0,1 |
1,6 |
2,8 |
|
Structure de l’économie (en % du
PIB) |
1981 |
1991 |
2000 |
2001 |
|
Agriculture |
33,1 |
33,0 |
34,9 |
34,9 |
|
Industrie |
14,1 |
14,2 |
13,1 |
13,1 |
|
Services |
52,8 |
52,8 |
52,0 |
52,0 |
a
La méthode Atlas, utilisée par la Banque mondiale, applique
un facteur de conversion de la monnaie nationale en dollars des États-Unis à
partir de la moyenne du taux de change de l’année visée et des deux années
précédentes. La méthode ajuste aussi le Produit national brut en fonction des
écarts entre les taux d’inflation.
Source : Banque mondiale (2002b),
pages liminaires
D’après l’évaluation faite en 2001 par les économistes de la
Banque mondiale, près de 70 % de la population malgache vit sous le seuil de
pauvreté
[2], contre 43 %
dans les années 1960, et 70 % de la population vit en milieu rural, bien que
l’agriculture représente moins de 35 % de la production nationale (tableau 1).
En d’autres termes, 68 % de la population est pauvre et vit en milieu rural
(Banque mondiale, 1996). Bien que l’évaluation de la pauvreté s’insère dans un
débat qui dépasse le cadre du présent texte (Morris, 1979 ; Streeten, 1981 ;
Glewwe et Van Der Gaag, 1990), nous retiendrons que les conditions économiques
se sont généralement détériorées de 1981 à 2001 à
Madagascar.
Contraint à l’ajustement structurel depuis 1983, le
gouvernement malgache était reconnu pour la mise en place de "bonnes"
politiques par les économistes de la Banque mondiale, après que le gouvernement
socialiste de Didier Ratsiraka a effectué un virage à 180 degrés de son modèle
de production, passant du collectivisme agraire au capitalisme d’exportation.
Cela a eu notamment pour conséquence de multiplier par quatre – de la décennie
1970 à la décennie 1990 – le montant des prêts obtenus par le gouvernement
malgache. Comme le montre le tableau 2, le financement accordé à Madagascar par
la Banque mondiale a augmenté de 30,2 % en moyenne annuellement pendant la
période allant de 1971-1980 à 1981-1990 (décennie 1980) et de 15,3 % de
1981-1990 à 1991-2000 (décennie 1990) aux chapitres des finances, de la
politique et du développement du secteur privé, c’est-à-dire de l’ajustement
structurel. Bien qu’elle ne représente pas le seul acteur institutionnel
impliqué dans le financement à Madagascar, nous insistons particulièrement sur
la Banque mondiale puisque, en plus du rôle incontournable joué par ses
représentants dans la conceptualisation du "modèle" dans lequel s’insère le
développement de la Grande île, son financement représentait 33,47 % de la
dette extérieure en 2000, soit la position la plus importante occupée par un
bailleur de fonds unique
[3].
Tableau
2
Évolution du financement de la Banque mondiale et de
l’Agence de développement international (IDA) pour Madagascar (par secteur,
1971-2000)
En ce qui concerne l’industrie minière, la Banque mondiale a
financé trois projets au cours de la période 1981-2000, pour un montant total
de 57,35 millions de dollars. Plus de 85 % de ce financement concerne l’appui à
la formulation d’un cadre réglementaire plus libéral pour cette industrie, sur
lequel nous reviendrons.
Le "modèle de développement" de
Madagascar
Avec l’appui de la Banque mondiale, le gouvernement malgache a
élaboré au cours des années 1980 une politique globale de développement du pays
qui reposait sur trois finalités : la lutte contre la paupérisation, le
rétablissement des équilibres financiers internes et externes, ainsi que la
recherche d’un meilleur équilibre régional (Banque mondiale
et al., 1988 : 4-3). Pour les
analystes de la Banque, les finalités de cette politique peuvent se réaliser
par l’intermédiaire de trois interventions majeures conjointes, mises en place
à la fin des années 1980 : les programmes d’ajustement structurel (PAS), le
Plan d’action environnemental (PAE) et le Programme d’amélioration sociale
(PASAGE) (Banque mondiale et al., 1988
: R-2). Mais la convergence de ces trois types de programmes est loin d’être
démontrée, comme le suggère notamment un rapport d’évaluation du PAE qui sera
publié plusieurs années plus tard : "Sous l’effet de facteurs économiques et
sociaux directement liés au contexte général de pauvreté, les ressources
forestières ne cessent de décroître et le phénomène tend aujourd’hui à
s’accélérer. [D’autre part], les mesures d’austérité budgétaire prises dans le
cadre des programmes d’ajustement freinent les initiatives publiques de
protection de l’environnement. Il en est ainsi du cas de l’administration
forestière qui est de plus en plus démunie pour faire face à la dégradation
forestière malgré les dispositions prises pour contourner ou limiter la
déforestation" (Banque mondiale et ONE, 1995 : 53).
Malgré un ensemble de contradictions, l’ajustement structurel,
le PAE et PASAGE sont identifiés par la Banque comme étant
le "trépied" permettant de réaliser la
politique de développement global de Madagascar. Accepter cette assertion,
c’est adhérer au programme de libéralisation et à la définition du
"développement" proposés par la Banque mondiale, qui repose largement sur la
croissance économique (Sarrasin, 1997). En ce sens, les analystes de cette
institution ajoutaient à la fin des années 1980 qu’un "programme dynamique"
concernant la population était nécessaire "[…] afin de revenir à un taux de
croissance démographique compatible avec un développement durable des
ressources" (Banque mondiale et al.,
1988 : R-2). Cela correspond en clair à réduire le taux de natalité, cause
principale de la pauvreté en Afrique subsaharienne selon les analyses issues de
la Banque mondiale (1990). Puisque ce taux est demeuré élevé dans cette région
du monde au cours des trente dernières années, la Banque mondiale propose une
hypothèse sous-jacente pour stopper la dégradation environnementale,
particulièrement dans un pays comme Madagascar : la destruction des ressources
naturelles peut être réduite grâce à des changements politiques et
institutionnels qui donneraient aux utilisateurs le droit de gérer leurs
propres ressources et la responsabilité de le faire sans compromettre leur
pérennité. L’hypothèse parallèle est que seule une telle approche peut
permettre de protéger la biodiversité et les ressources naturelles dans un
contexte de pauvreté rurale, d’instabilité politique et de croissance
économique incertaine comme c’est le cas à Madagascar. Cette "hypothèse de
développement" repose sur des présupposés de départ, dont les deux principaux
sont que :
- les différents types d’utilisation des ressources
naturelles sont fortement influencés par le type d’utilisateur
;
- la mise en place des conditions nécessaires mènera à une
amélioration de la gestion des ressources naturelles et à une réduction de sa
dégradation.
C’est dans ce contexte que s’insère le développement du secteur
minier à Madagascar, c’est-à-dire dans une relation liant l’économie,
l’environnement et la lutte contre la pauvreté et dont le vecteur est la
population rurale. Le "modèle de développement" repose donc sur l’équation
voulant que la croissance des exportations contribue à faire reculer la
pauvreté tout en protégeant la biodiversité. Si une grande partie de l’économie
malgache demeure agricole et que les études relatives aux retombées
environnementales relèvent surtout de ce secteur, l’industrie à laquelle
appartient l’exploitation minière comptait pour 13,3 % de la production
économique en 1996 (Banque mondiale, 2000). Les industries extractives
contribuent pour 3 % du PIB et 1 % des exportations à Madagascar
[4]. Le secteur minier est donc
relativement marginal dans l’économie malgache si l’on compare à d’autres pays
d’Afrique subsaharienne, comme le Ghana et le Mali, mais sa croissance et son
impact environnemental et social méritent que l’on s’y intéresse.
Le secteur minier et la protection des
ressources naturelles à Madagascar
Madagascar dispose de richesses minérales importantes,
dispersées sur l’ensemble du territoire. De nombreux gisements ont été
identifiés et les possibilités d’exploitation se déclinent comme suit
:
- minerais industriels : graphite, chromite, quartz, mica,
charbon, fer, ilménite, nickel, etc. ;
- pierres d’ornementation : labradorite, cristal de roche,
rhodonite, marbre, cordiérite, célestite, béryl vitreux, quartz, tourmaline
opaque, corindon, ammonite, aragonite, bois silicifié, etc.
;
- pierres fines : rubis, saphir, émeraude, aigue-marine et
autres béryls, etc. ;
- or.
A l’exception des grandes exploitations industrielles intégrées
à l’économie nationale, les activités minières concernent surtout une multitude
de petits exploitants du secteur informel. Les recettes générées par
l’exploitation des mines sont de 95 % pour les mines industrielles des grandes
entreprises et seulement 5 % pour les pierres précieuses, car la majorité des
produits sont écoulés dans le circuit des trafiquants. Quelque 1 500 emplois
dépendent directement de l’exploitation minière industrielle en comparaison de
50 000 à 100 000 liés aux petites exploitations du secteur informel (Banque
mondiale, 1998).
Un des enjeux du secteur – et d’un nouveau cadre réglementaire
– repose donc sur la volonté d’intégrer la production artisanale à
l’exploitation industrielle. Cet élément s’inscrit directement dans la logique
du "modèle de développement" identifié plus tôt et les gains économiques
potentiels sont importants. A titre d’exemple, les deux grands projets miniers
financés par des capitaux étrangers (RTZ/QIT : sables titanifères ; Phelps
Dodge : nickel et cobalt) permettront de dégager des recettes d’exportation
évaluées à 400 millions de dollars par an une fois que les investissements
requis (900 millions de dollars environ) auront été effectués au cours des
quinze prochaines années. La production de ces deux projets devrait démarrer
vers 2005 et faire passer les recettes d’exportation des minerais de 25
millions de dollars en 1997 à 500 ou 600 millions de dollars à l’horizon 2010
(tableau 3). La réalisation des scénarios faibles considère l’absence de
découverte de nouveaux gisements majeurs et l’abandon d’un des deux grands
projets d’investissement (RTZ/QIT ou Phelps Dodge). Ces prévisions reposent
cependant sur l’intégration des activités minières artisanales, la mise en
place d’un projet d’exploitation aurifère de moyenne envergure et l’ouverture,
avant 2005, d’au moins deux mines de taille modeste pour l’extraction de
pierres précieuses. En plus des deux grands projets miniers déjà évoqués, la
réalisation des scénarios forts s’appuie sur l’ouverture de deux mines d’or et
de deux sites de moyenne dimension d’exploitation de pierres précieuses à
l’horizon 2010. Il va sans dire que cette possibilité repose sur la mise en
place d’"[…] un bon climat politique pour attirer des investissements et un
important commerce extérieur pour les minerais malgaches
[5] […]" (Banque mondiale, 1998 : 30),
c’est-à-dire sur un code minier plus libéral qui s’inscrit dans l’esprit du
"modèle de développement" de la Banque mondiale.
Tableau
3 -
Prévisions de la production et des exportations minières à
Madagascar (2000-2010, en millions de dollars)
|
Scénarios |
Production brute |
Exportations brutes |
Investissement annuel moyen |
|
Actuel | |
35 |
20 |
10 |
|
2000 |
Faible |
40 |
25 |
- |
|
Fort |
450 |
400 |
2000-2010 : 85 |
|
2010 |
Faible |
50 |
30 |
- |
|
Fort |
700 |
600 |
2000-2010 : 200 |
Hypothèses de réalisation des
scénarios forts :
1. QIT : investissement total de 500 millions de dollars
(2002-2005), y compris le coût de l’ouverture de la mine et des infrastructures
afférentes ; exportations annuelles : 80 millions de dollars (2005-2015) et 150
millions de dollars par la suite.
2. Phelps Dodge : investissement total de 500 millions de
dollars (2001-2004) ; exportations annuelles : 350 millions de
dollars.
3. Or : la production déclarée est actuellement presque
nulle. Pour réaliser les scénarios forts,il faudrait des investissements
annuels moyens évalués à 40 millions de dollars de 2000 à 2010, pour des
exportations annuelles évaluées à 10 millions de dollars en 2005 et à 25
millions de dollars en 2010.
4. Pierres précieuses : investissements annuels moyens de 40
millions de dollars de 2000 à 2010, pour des exportations annuelles évaluées à
25 millions de dollars en 2005 et à 50 millions de dollars en 2010.
Source : Tableau adapté de Banque
mondiale (1998), annexe 4, p. 29 (traduction libre).
Nous avons brièvement évoqué les principaux éléments du
programme de libéralisation sur lequel s’appuie le gouvernement malgache depuis
la fin des années 1980, soit l’ajustement structurel, le Plan d’action
environnemental et le Programme d’amélioration sociale. Le présent texte ne
permet pas de réaliser une analyse détaillée de chacune de ces politiques. Il
importe cependant de souligner que le PAE – mis en œuvre à partir de 1993 à la
suite de l’adoption en 1990 de la Charte de l’environnement –, bien qu’il soit
présenté comme un catalyseur de protection des ressources naturelles, s’insère
dans le processus de libéralisation de l’économie et la redéfinition du rôle de
l’Etat, comme le suggèrent les extraits suivants : "Une telle politique
[protection de l’environnement] nécessite une mise en œuvre opérationnelle : la
Charte définit cette mise en œuvre en exposant le Plan d’action environnemental
(PAE). Elle situe le PAE par rapport aux grands problèmes de l’Etat : la
décentralisation, le désengagement de l’Etat, la libéralisation" (MEP, 1990 :
7). "[…] L’environnement étant l’affaire de tous, l’Etat doit céder sa place
aux opérateurs privés, son rôle étant de définir la politique, de développer
les incitations nécessaires, de suivre et d’évaluer les actions sur le terrain.
[…]
Ce processus à terme devra responsabiliser le
maximum d’intervenants dans la conservation environnementale
[6]" (MEP, 1990 :
25).
D’ailleurs, le groupe de travail à l’origine de la définition
du PAE, la Cellule d’appuis au plan d’action environnemental (CAPAE), était
constitué majoritairement d’intervenants du secteur privé (Sarrasin, 2002).
Sous la tutelle de la direction du Plan, et par le biais des comités de
travail, l’élaboration du PAE a donc mené à la révision de la loi foncière, en
conférant une sécurité accrue aux agriculteurs, mais aussi aux sociétés
privées. La mise en place d’une nouvelle législation visant l’amélioration des
évaluations environnementales est aussi une conséquence du PAE. Celui-ci n’est
pas présenté comme une fin en soit, mais comme un processus de réflexion et
d’actions pour établir les objectifs et les stratégies à mettre en œuvre. Cette
démarche débouche sur l’élaboration d’un nouveau cadre institutionnel qui
s’insère dans le "modèle de développement" de la Banque mondiale et qu’il est
possible de résumer par les quatre points suivants (Falloux et Talbot, 1992)
:
- la confirmation des responsabilités et le renforcement de
la capacité institutionnelle des agences sectorielles ;
- la contribution pleine et entière du secteur privé et des
organisations non gouvernementales (ONG) nationales aux programmes
environnementaux ;
- la décentralisation de la gestion, dans un cadre davantage
intersectoriel ;
- une création institutionnelle la plus limitée
possible.
Le PAE crée en fait trois organismes nouveaux au début des
années 1990, dont les fonctions n’avaient encore jamais été assumées auparavant
: l’Office national de l’environnement (ONE, public), l’Association nationale
pour la gestion des aires protégées (ANGAP, privée) et l’Association nationale
d’actions environnementales (ANAE, privée). Le premier est l’équivalent
malgache d’un ministère de l’Environnement, bien que celui-ci ait été créé en
1994, causant des problèmes de juridiction avec l’ONE. Le deuxième organisme
créé dans le cadre du PAE coordonne la gestion des parcs et des réserves
naturelles de Madagascar en partenariat avec des intervenants et des
associations des communautés riveraines de ces aires protégées. Le troisième
est responsable du financement, de l’élaboration et de la mise en place des
micro-projets (comme l’agroforesterie ou la reforestation par exemple) au sein
des communautés locales. Ces institutions, en particulier l’ONE, ont appuyé
l’élaboration du décret de mise en compatibilité des investissements avec
l’environnement (MECIE, décret no 95-377 du 23 mai 1995), introduisant des
normes à atteindre pour tous les investissements, notamment l’obligation de
réaliser une évaluation d’impact environnemental. C’est dans un tel contexte,
marqué par un "modèle de développement" qui met en relation la croissance
économique, la protection de l’environnement et la lutte contre la pauvreté,
que le gouvernement malgache a adopté sa nouvelle politique minière le 30
juillet 1999 (loi no 99-022).
La politique minière à
Madagascar
L’objectif principal du nouveau code minier malgache est
d’accroître les résultats du secteur – augmentation significative des
investissements et de la croissance
[7] – par la promotion des activités des grandes mines
sans pour autant délaisser les mines artisanales, dont l’orpaillage, identifié
comme une activité d’appoint pour beaucoup de paysans malgaches. En
particulier, le code minier de 1999 "[…] vise à aider le gouvernement malgache
à examiner les principaux besoins (politiques, institutionnels,
environnementaux) du secteur minier, par la mise en place d’un ensemble de
démarches préalables pour établir les bases des futurs investissements privés
et ainsi donner à Madagascar une base d’apprentissage pour exploiter à long
terme et de façon écologique l’important potentiel de ses ressources
naturelles" (Banque mondiale, 1998: 2). Les sous-objectifs se déclinent de la
façon suivante
[8]
:
- augmenter la contribution du secteur minier à l’économie
nationale à l’aide de mesures incitatives pour encourager les investissements
dans le secteur ;
- contribuer aux exportations et aux recettes nationales en
devises ;
- promouvoir le développement de l’infrastructure régionale
pour faciliter l’accès aux zones minières et la circulation des produits
;
- ouvrir le secteur à l’investissement privé national et
international. A ce sujet, le gouvernement malgache est explicite : l’Etat ne
prendra pas directement part au capital des sociétés minières
;
- accélérer le processus de désengagement de l’Etat des
opérations de recherche commerciale, de production et de commercialisation ;
l’Etat se limitera à des opérations de recherche à finalité de service public
et évitera toute situation pouvant mettre en cause sa neutralité
;
- promouvoir l’investissement privé dans l’exploration et
l’exploitation minières avec des techniques appropriées en créant des
conditions favorables à l’appel des capitaux ;
- libéraliser la commercialisation des produits miniers : les
substances ne doivent pas faire l’objet de restriction ou de monopole au profit
de l’Etat pour leur commercialisation.
Avec la politique minière de 1999, l’objectif principal est
d’accroître la contribution de ce secteur à l’activité économique tout en le
libéralisant et en désengageant l’Etat des activités de production. Les
programmes d’ajustement structurel avaient déjà contribué à éliminer
l’intervention directe de l’Etat par la limitation des activités de l’Office
des mines nationales et des industries stratégiques (OMNIS) et instauré la
concurrence par l’application des codes miniers précédents. Le secteur minier
malgache a été régi successivement par la loi du 31 juillet 1896, les
ordonnances no 60-090 du 5 septembre 1960 et 62-103 du 1er octobre 1962, les lois no 90-017 du
20 juillet 1990 puis 95-016 du 9 août 1995. Les "problèmes fondamentaux" liés
aux conditions qui prévalaient avant l’adoption du code de 1999 sont constitués
notamment par (MEM, 1998 : 3-4) :
- l’insuffisance de données géologiques de base sur
Madagascar ;
- l’insuffisance des moyens humains et matériels pour
encadrer le secteur ;
- l’insuffisance des infrastructures routières, portuaires,
énergétiques et ferroviaires ;
- la faible participation du secteur au PNB du pays (il n’a
jamais dépassé 3 %) ;
- la non-fiabilité des renseignements sur la production
minière ;
- des ristournes perçues directement sur la production par
les collectivités locales, conformément aux dispositions de la loi no 94-007 du
26 avril 1994 régissant ces collectivités ; elles constituent une double
taxation avec les redevances minières ;
- l’absence de textes d’application du décret MECIE devant
préciser les normes et les procédures adaptées au secteur.
Ces éléments contribuent au diagnostic ayant mené à la
définition d’un nouveau code minier à Madagascar. On y retient essentiellement
que la Grande île n’est pas un pays de tradition minière et que l’information
sur le secteur est, lorsqu’elle existe, partielle et peu fiable. C’est pourtant
dans un contexte aussi fragile que le gouvernement malgache a élaboré en 1998
les principes de la nouvelle politique minière qui devait prendre la forme, en
1999, d’un code d’investissements.
Pour contribuer à légitimer le processus de libéralisation du
secteur minier, la Banque mondiale a contribué à la mise en relation du nouveau
code avec des objectifs de développement social comme la réduction de la
pauvreté. Ainsi, dans son Document-cadre de politique économique 1996-1999
adopté en 1996, "le Gouvernement malgache s’est prononcé clairement en faveur
d’un système d’économie de marché caractérisé par la mise en place d’un
environnement socio-économique favorable au développement du secteur privé, à
la recherche de l’investissement étranger, au désengagement de l’Etat du
secteur productif et à une lutte efficace contre la pauvreté" (MEM, 1998 : 4) ;
comme le souligne pertinemment la suite, "il s’agit d’une option fondamentale
qui se répercutera sur le développement du secteur économique en général et du
secteur minier en particulier". Nous pourrions ajouter que cette orientation
des politiques du gouvernement malgache a des effets non seulement économiques,
mais aussi environnementaux et sociaux.
Une telle approche s’inscrit directement dans la foulée de
l’ajustement structurel qui prévaut à Madagascar depuis 1983 et de l’approche
conceptuelle défendue par le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque
mondiale dans leurs "modèles de développement". D’une part, le gouvernement
malgache a adhéré, depuis le 18 septembre 1996, à l’article VIII des statuts du
FMI, ce qui a pour conséquence de donner la liberté d’investir à Madagascar,
sans conditions d’agrément ou d’autorisation d’investissement. D’autre part,
comme nous l’avons déjà souligné, la Banque mondiale a développé tout un
argumentaire liant la libéralisation du secteur et la lutte contre la pauvreté.
A titre d’exemple, dans la Country Assistance
Strategy de 1997 portant sur Madagascar, la Banque identifiait un
ensemble de réformes jugées essentielles pour lutter contre la pauvreté et
soutenir la croissance économique. Parmi celles-ci, on souligne le fait que la
réforme du code minier "[…] favoriserait le développement d’activités
d’exportation minière privées, particulièrement dans des régions où
l’exploitation minière est une des rares activités économiques, et aiderait à
accroître les occasions porteuses de revenus à moyen terme, soit sur les sites
miniers, soit sur le plan de leurs retombées régionales" (Banque mondiale, 1998
: 3). Ce type de raisonnement s’insère dans la stratégie de lutte contre la
pauvreté développée par la Banque mondiale en s’appuyant sur la notion
d’opportunité et de trickle down
effect. L’efficacité de cette stratégie est loin d’avoir été
démontrée et un vif débat a lieu sur le sujet (Gibbon, 1992 ; Campbell et
Parfitt, 1995 ; Hibou, 1998 ; Sarrasin, 1999). Dans ce contexte, malgré
l’insistance des analystes de la Banque mondiale pour donner une dimension de
développement social à la réforme du secteur minier, il semble que l’objectif
principal de cette démarche concerne la redéfinition du rôle de
l’Etat.
Les prémisses de cette approche peuvent se résumer comme suit :
"En raison de la déficience tant de l’épargne intérieure que de l’accès à la
technologie minière, seuls des investissements privés étrangers pourraient
financer une industrie minière à grande échelle à Madagascar. Or les
investissements étrangers ont peine à se concrétiser en raison de
l’intervention continue de l’Etat dans le secteur, de la lourdeur
administrative et du manque de support pour exploiter le secteur minier à
l’échelle industrielle. […] Le programme de réforme économique gouvernemental
fait appel à l’inter alia pour
libéraliser le secteur minier par le retrait de l’Etat de l’exploitation
minière et l’élaboration d’une stratégie de support à l’industrie minière
privée" (Banque mondiale, 1998 : 5-6).
Si la Banque mondiale présente cette stratégie comme résultant
d’une volonté du gouvernement, celui-ci est devenu au cours des trente
dernières années, particulièrement depuis la décennie 1990, de plus en plus
dépendant du financement de cette institution internationale, comme le montre
l’évolution présentée à la figure 1. De plus, la Banque souligne elle-même que
les réformes du secteur minier, qui ont débouché sur le code de 1999, ont
débuté sous l’impulsion du Private Sector
Development and Capacity Building Project (PATESP). Celui-ci a
orienté le nouveau code minier dans le but de "[…] réduire le pouvoir
discrétionnaire du gouvernement, accroître la transparence et sécuriser les
investisseurs potentiels. […] Cette politique est conforme au programme actuel
de réforme économique [ajustement structurel] et envoie les bons signaux aux
investisseurs, en définissant clairement les rôles respectifs de l’Etat et du
secteur privé, y compris leurs droits et leurs obligations". Plus précisément,
cela veut dire que les réformes des institutions engagées dans le secteur
minier (OMNIS, etc.) s’insèrent dans une démarche de "[…] réduction du rôle de
l’Etat à celui d’organe de réglementation […]" (Banque mondiale, 1998 :
6-7).
Figure
2
Evolution du financement de la Banque mondiale et de
l’Agence de développement international (IDA) pour Madagascar (1966-2001, en
millions de dollars)
Source : Banque mondiale (2002)
<www. worldbank.
org>.
Dans le contexte d’ajustement structurel qui marque les vingt
dernières années, le gouvernement malgache se trouve dans une position où il
peut difficilement refuser des occasions d’investissements. En 1997, par
exemple, des négociations ont abouti entre l’agence minière d’Etat OMNIS et
Quit Madagascar Minerals S.A. (QMM), une société anonyme de droit malgache,
filiale de la transnationale Rio Tinto Zinc (RTZ Corporation), sur des droits
d’extraction de titane et d’ilménite à Taolagnaro sur la côte sud-est de
Madagascar. Rio Tinto, par le biais de sa filiale Rio Tinto Fer et Titane Inc.
et de ses deux centres de production, situés respectivement au Canada et en
Afrique du Sud, représente le plus important producteur de concentré à haute
teneur de bioxyde de titane. Les filiales de Rio Tinto produisent actuellement
près de 40 % du marché mondial des matières premières de bioxyde de titane. Les
autres producteurs exploitent des gisements, surtout en Australie, en Amérique
et en Afrique du Sud. Le projet, évalué à près de 500 millions de dollars,
devrait produire quelque 700 000 tonnes d’ilménite par année, soit l’équivalent
de 10 % de la production mondiale de dioxide de titane. Ce projet créerait 600
emplois et, d’après l’OMNIS, pourrait faire passer le secteur minier de 3 % du
PNB à 10 % au début de la prochaine décennie, générant ainsi un montant estimé
de 10 millions de dollars en redevances. Il supposerait par contre la
déforestation d’une superficie de 25 km de long par 7 km de large dans une zone
environnementale et sociale sensible (QMM, 2001). L’exploitation minière
projetée permettrait, pendant environ soixante ans, d’extraire de l’ilménite et
de petites quantités de zircon à partir de ces gisements. Ces conditions
contribueraient à réaliser le scénario fort de la Banque mondiale (tableau 3)
qui vise à multiplier par 20 la production minière à Madagascar et les
exportations par 30, à l’horizon 2010. A la suite d’évaluations d’impact
environnemental et malgré ses effets importants sur la biodiversité et la
population de la région, le projet a obtenu en 2002 son permis environnemental
pour le secteur Mandena, la première phase du projet.
En comparaison d’autres pays de l’Afrique subsaharienne où le
secteur minier a traditionnellement joué un rôle important dans l’économie
(Ghana, Guinée, Mali), l’exploitation industrielle des ressources minières à
Madagascar constitue plus un projet qu’une réalité. Celle-ci n’a cependant
jamais été aussi près de se réaliser. Le projet de Quit Madagascar Minerals
S.A. est un exemple intéressant d’investissement étranger aux conséquences
importantes et complexes pour l’environnement naturel et social, comprenant la
construction d’infrastructures portuaires et routières, le déplacement de
populations, la déforestation et la réhabilitation de l’environnement à la fin
du projet. Tous ces éléments, bien qu’ils aient fait l’objet d’une évaluation
sociale et environnementale, auront un impact majeur sur la vie des habitants
de la région de Tolagnaro (immigration, santé publique, changement de pratiques
agricoles, baisse du tourisme, etc.).
Cette analyse nous montre que Madagascar est un excellent cas
d’école. Converti au capitalisme d’exportation depuis moins de vingt ans, ses
ressources minières ont été peu exploitées en comparaison d’autres pays
d’Afrique subsaharienne et, malgré les conséquences sociales et
environnementales observées dans plusieurs de ces pays, la Banque mondiale
propose d’insérer l’île dans la dynamique des pays miniers du continent
africain : "L’expérience d’autres pays montre que le fait de créer un
environnement favorable augmente la capacité d’un pays à attirer et à retenir
les investissements privés appropriés. Par exemple, vers la fin des années
1980, le Ghana, appuyé par la Banque [mondiale] et d’autres donateurs, a
entrepris des réformes significatives dans le but de créer un climat favorable
aux investissements privés dans le secteur minier. En conséquence, la
production d’or a quadruplé – le climat entourant les investissements dans le
secteur minier y est toujours considéré comme l’un des meilleurs par les
investisseurs – et des compagnies qui appartenaient à l’Etat ont été
privatisées" (Banque mondiale, 1998 : 13).
Le code minier adopté en 1999 à Madagascar s’inscrit donc
explicitement dans la démarche d’un modèle dont l’objectif principal est une
accélération de la croissance du secteur qui s’appuie sur le retrait de l’Etat.
De telles conditions soulèvent plusieurs points inquiétants. D’une part, le
manque d’information sur le secteur à Madagascar rend difficile le diagnostic
de la situation actuelle – autant sur le plan de son potentiel minéral que des
effets de son exploitation – et rend pratiquement caduque toute tentative de
prévisions. D’autre part, Madagascar possède, sur le papier, un grand nombre de
lois, de programmes et de règlements que nous avons partiellement évoqués ici.
Cependant, le manque de ressources humaines et financières pour assurer le
suivi et la mise en œuvre de ces législations pose un véritable problème,
particulièrement sur le plan de la protection de l’environnement. Près de vingt
années d’ajustement structurel ont conduit à une réduction de la capacité
institutionnelle de l’Etat et créent la situation paradoxale où celui-ci est
difficilement en mesure de mettre en œuvre ses législations, même libérales. La
Banque mondiale souligne cette situation dans ses propres rapports : "Après
plusieurs années de restrictions budgétaires, les institutions gouvernementales
n’ont pas les ressources humaines et financières nécessaires pour appliquer la
loi, surtout dans le contexte de décentralisation" (Banque mondiale, 1998 : 6).
Dans de telles conditions, bien que Madagascar possède une législation
rigoureuse en matière de protection de l’environnement, sa mise en œuvre est
loin d’être assurée, particulièrement dans un contexte de libéralisation
accélérée comme le consacre le code minier de troisième génération adopté en
1999. Au-delà des "modèles" et des intentions, dans les faits, cette situation
laisse donc aux intervenants privés une grande liberté mais aussi la
responsabilité de leurs actions.
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381-405.
[*]
Professeur au Département d’études urbaines et touristiques,
Université du Québec à Montréal.
Cet article a été rédigé dans le cadre des activités du Groupe
de recherche sur les activités minières en Afrique (GRAMA) de l’Université du
Québec à Montréal.
[1]
Notre objectif n’étant pas de présenter en détail la
biodiversité de Madagascar ; le lecteur pourra consulter sur ce sujet Nicoll et
Langrand (1989), Langrand (1990), Mittermeier (1988, 1994), Wright
(1997).
[2]
Les données les plus récentes concernent la période 1994-2000
(Banque mondiale, 2001 : 1).
[3]
Source : Banque
mondiale (2002a). Le financement associé à la Banque mondiale se réalise par
l’entremise de l’Agence internationale de développement (IDA). Pour fins de
comparaison, la dette associée au Fonds monétaire international (FMI) ne
représentait que 2,55 % du total en 2000 et seul le financement bilatéral
(principalement la France, mais aussi les États-Unis, l’Allemagne, le Japon et
l’Italie) représentait un montant supérieur au groupe de la Banque mondiale,
avec 37,26 %.
[4]
Sauf indications contraires, l’information concernant le
secteur minier à Madagascar provient du Fonds d’appui au secteur privé (FASP) à
Madagascar, juillet 2000.
[5]
Traduction libre, comme pour toutes les traductions des
citations en anglais qui suivent dans ce texte.
[6]
C’est l’auteur qui souligne.
[7]
Réalisation des scénarios forts présentés au tableau
3.
[8]
Voir le FASP à Madagascar, juillet 2000.