Afrique contemporaine
De Boeck Université

I.S.B.N.2-8041-4929-3
256 pages

p. 247 à 248
doi: 10.3917/afco.215.0247

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Note de lecture

no 215 2005/3

2005 Afrique contemporaine Note de lecture

Les paradoxes de la démocratisation en Afrique

Analyse institutionnelle et stratégique, Mamoudou Gazibo. Les Presses de l’Université de Montréal – 2005

Amalia Caro Martinez
Cette recherche comparative de Mamoudou Gazibo, politologue de l’Université de Montréal, réconcilie l’approche néo-institutionnaliste avec les trajectoires africaines. Le néo-institutionnalisme postule que les règles du jeu politique infléchissent les stratégies des acteurs, et influencent donc les décisions politiques finalement prises. Bien que cette approche soit très populaire en Science politique, les africanistes contemporains se focalisent sur les comportements déviants des acteurs politiques comme la corruption ou le népotisme. Mamoudou Gazibo appelle, lui, à la réhabilitation du Droit et des institutions en tant que variable nécessaire de l’analyse des démocratisations africaines.
Dans cette étude tirée de sa thèse de doctorat, l’auteur analyse les expériences divergentes du Bénin et du Niger entre 1989 et 1999. Ces deux pays ont emprunté un chemin similaire vers la démocratisation : libéralisation puis Conférence Nationale souveraine. Au Bénin, les institutions et les acteurs ont consolidé la transition en parvenant à surmonter les conflits. Le processus nigérien, lui, a été interrompu par deux coups d’état en trois ans.
Au Bénin comme au Niger, les facteurs structurels comme la crise économique ou l’héritage politique du régime autoritaire permettent d’appréhender le contexte de la libéralisation. Mais selon Mamoudou Gazibo, la divergence des trajectoires s’explique avant tout par les stratégies opposées des acteurs béninois et nigériens élaborées dans des cadres institutionnels différents. La transition béninoise, fruit des concessions des acteurs, s’est révélée propice à la consolidation démocratique. Au Niger la transition « par rupture » a nourri d’un côté le jusqu’auboutisme des démocrates, de l’autre les frustrations des militaires, provoquant le coup d’état de janvier 1996. Un paradoxe déjà souligné par les analystes des démocratisations en Amérique latine et que seule une perspective néo-institutionnaliste pouvait dégager.
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