2005
Afrique contemporaine
Dossier : « Afrique centrale »
Le développement de l’Afrique centrale dans une perspective d’avenir
L’Initiative pour l’Afrique centrale (INICA) relève le défi
Jacqueline Damon
[1]
Cet article présente la récente Initiative pour l’Afrique centrale (INICA). Il rappelle le contexte dans lequel elle est née, ses objectifs, et sa méthodologie, et fait le point sur les premières réalisations à mettre à son actif. Dans l’hypothèse d’un retour durable à la paix dans cette partie de l’Afrique particulièrement complexe et meurtrie par les multiples conflits de la dernière décennie, la relance d’économies sinistrées pose des défis énormes. INICA se propose d’apporter sa contribution à la reconstruction post-conflit. Considérant qu’il ne peut y avoir de solution autre que régionale aux crises multiformes de l’Afrique centrale, région des Grands Lacs incluse, elle accorde une attention toute particulière aux dynamiques transfrontalières ; notamment aux initiatives locales susceptibles de mobiliser les forces « du bas » au service du développement.
This article presents the recent Initiative for Central Africa (INICA). It begins with background information on the context in which the initiative was launched, its objectives and methodology before examining its first concrete achievements. Should peace return to this region of Africa that has been so badly hurt by the conflicts of the last decade, kick-starting the local economies will be a major challenge. INICA aims to contribute to this post-conflict reconstruction. Considering that any solution to the problem posed by the multi-pronged conflicts of the Central African region, including the Great Lakes region, will have to be a regional one, INICA is paying particular attention to cross-border dynamics, in particular local initiatives to mobilise the forces in the service of development.
Parallèlement au processus de mondialisation, l’intégration régionale devient plus que jamais un élément critique pour le développement de l’Afrique centrale. La question régionale est géopolitique et renvoie à des interdépendances économiques, politiques et culturelles. L’avenir de la région dépend notamment de sa capacité à créer ou à renouer des liens de confiance entre les populations, les institutions et les organisations clés au travers de dynamiques régionales et d’actions transfrontalières concrètes, condition préalable à la stabilité régionale. Consciente de cet enjeu, l’Initiative pour l’Afrique centrale (INICA) a fait de l’intégration transfrontalière le pilier stratégique de sa vision pour le développement économique et social de l’Afrique centrale
[2]. L’initiative s’est inspirée de l’expérience du Club du Sahel et de l’Afrique de l’Ouest. Celui-ci était né à la suite des grandes sécheresses des années 1970 qui avaient mis en évidence la communauté de problèmes d’une vaste région : ni la sécheresse, ni les invasions d’acridiens ne s’arrêtent aux frontières. Quant à l’Afrique centrale, la plupart des États ont en commun d’avoir connu des conflits violents au cours de la dernière décennie : guerres civiles en Angola, au Burundi, au Rwanda dont le génocide de 1994 marque le paroxysme, au Congo-Brazzaville et au Congo-Zaïre, en Ouganda… Or ces conflits, dont la dimension régionale, voire continentale, n’a cessé de s’affirmer, sont aujourd’hui terminés ou en voie de règlement, même si des zones d’incertitude persistent, notamment dans l’est de la RDC et au nord de l’Ouganda. Sans faire preuve d’un optimisme excessif, on peut penser que les dynamiques de paix sont sur le point de l’emporter dans l’ensemble de la région : la reconstruction économique et sociale post-conflit est à l’ordre du jour. Le retour à la paix et au développement ne sera effectif et durable que s’il s’applique à l’échelle régionale. C’est pourquoi INICA porte un intérêt particulier, à l’instar du Club du Sahel et de l’Afrique de l’Ouest, aux processus d’intégration et aux dynamiques transfrontalières. La relance de l’Afrique centrale sera régionale ou ne sera pas.
L’intégration régionale au cœur du développement de l’afrique
L’espace régional
L’Initiative pour l’Afrique centrale a été établie en tant que programme exploratoire de l’OCDE (Organisation pour la coopération et le développement économique) le 3 février 2004 et fait partie intégrante de la coopération de l’OCDE avec l’Afrique dans le contexte du NEPAD.
Une étude accompagnée d’une abondante illustration cartographique (Pourtier, 2003) commanditée par INICA a été menée – en amont
– par le professeur Roland Pourtier dans l’optique de comprendre et d’étudier l’importance de la dimension régionale dans une perspective de développement de l’Afrique centrale. L’auteur y rappelle l’importance des facteurs structurels communs à l’Afrique centrale, comme la faiblesse des infrastructures physiques et la fragilité des États, et souligne la permanence de fortes tensions, notamment démographiques, qui pèsent en particulier sur l’avenir de la région des Grands Lacs. Il met en évidence l’existence de grands bassins transfrontaliers articulés sur les périphéries de la République Démocratique du Congo (RDC), ouvrant les espaces d’Afrique centrale à des courants d’échanges orientés vers l’Est et l’océan Indien, vers l’Afrique du Sud ou vers l’Atlantique. Il en découle une inéluctable solidarité des États de la région, en particulier dans sa partie la plus névralgique : l’histoire montre que le bassin du Congo et la région des Grands Lacs constituent une entité interactive. Les immenses défis posés dans cette partie sinistrée du continent ne peuvent espérer de solutions sans prise en compte de l’échelle régionale.
L’analyse des structures géographiques de l’Afrique centrale pose la question préalable de l’extension du champ d’action d’INICA. Produits des dynamiques socio-économiques, les espaces ne sont en effet ni des entités unidimensionnelles ni des territoires aux frontières figées, d’où l’importance de réfléchir à différents types d’espaces pertinents, eu égard à telle ou telle problématique, plutôt que de partir d’un ensemble spatial aux limites préétablies. L’intégration se construit tout autant sur des corridors et des pôles que sur des régions transfrontalières proprement dites. Dans une perspective de reconstruction, il est important de reconnaître les espaces de solidarité, de complémentarité, en particulier aux échelles qui appellent une coopération inter-États. Ces réflexions initiales représentent le fondement de l’approche INICA. Elles justifient le choix de ses objectifs : (i) étudier la faisabilité d’un réseau de facilitation et de médiation à long terme dans la région et (ii) développer des synergies au-delà des frontières en créant un espace de dialogue et d’action construit autour d’individus et de groupes participant à des activités transfrontalières, porteuses de paix et de développement. L’identification de quatre bassins d’intégration régionale (Ouest, Est, Sud et central) résulte de cette première analyse. Ceci étant, dans un contexte exploratoire, INICA concentre ses activités dans un premier temps sur les bassins Ouest
[3] et Est
[4].
Pour une approche bâtie sur des dynamiques existantes
Les réflexions préliminaires et l’étude cartographique initiale sur les différents bassins ont permis de dresser une vision d’ensemble de l’Afrique centrale. L’identification et l’analyse des dynamiques existantes sont des éléments essentiels de l’approche INICA parce qu’elles permettent de mettre en exergue les enjeux majeurs de la région et d’appuyer des réseaux d’acteurs de terrain. Leur étude attentive permet de montrer en quoi les facteurs environnementaux, démographiques, économiques et culturels peuvent, au-delà de l’actualité politique, favoriser à terme l’intégration ou au contraire lui faire obstacle.
Carte 1
Afrique centrale : les quatres bassins INICA
La République Démocratique du Congo, espace charnière où s’articule l’ensemble des quatre bassins, présente des contrastes marqués, aussi bien au plan des infrastructures qu’à celui de la distribution de la population. Le centre du pays reste un espace vide où les insuffisances structurelles sont nombreuses tandis que les périphéries représentent des zones privilégiées, fortement peuplées, où se construisent des réseaux de commerce et de coopération transfrontaliers. Il s’avère en effet que la quasi-totalité des réseaux urbains émergeants se situent dans des zones frontalières de la RDC. Les études géographiques montrent des chevauchements, des superpositions, des intersections en disjonction avec le tracé des frontières d’État, autant de faits qui sont très intéressants d’un point de vue analytique pour une approche d’intégration transfrontalière.
Au niveau économique, l’étude des relations entre les villes et les campagnes montre l’existence de flux d’approvisionnement dépassant le cadre national : le marché participe à l’émergence d’espaces transfrontaliers. Les villes sont par excellence des lieux de concentration de ressources humaines : ce capital humain représente un atout essentiel pour une reconstruction de l’économie ancrée sur les pôles urbains. En témoigne, par exemple, le dynamisme commercial exceptionnel de Butembo, à l’est de la RDC, dû pour l’essentiel aux initiatives des Nande. Les villes sont aussi les lieux d’articulation entre des dynamiques du haut et du bas, entre l’État et la société civile. Il s’ensuit qu’elles s’insèrent, grâce notamment aux ONG et aux Églises, dans des réseaux régionaux et internationaux qui sont autant de facteurs d’ouverture et de rapprochement entre les populations. Les économies locales participent dès lors des dynamiques de socialisation régionale porteuses de stabilité et de développement.
L’approche choisie par INICA se construit autour d’acteurs clés avec pour objectif de consolider les processus d’intégration régionale en Afrique centrale en mettant l’accent sur une forte mobilisation africaine. Il s’agit donc de partir des réalités existantes sur le terrain et de relier entre elles les initiatives positives. Deux activités découlent d’une telle approche : l’observation des dynamiques transfrontalières, l’identification et la mise en réseaux des acteurs impliqués dans des activités de développement régional.
Comprendre les dynamiques des bassins transfrontaliers
Une méthodologie d’observation transfrontalière
En s’appuyant sur une méthodologie développée par le Laboratoire d’analyse régionale et d’expertise sociale (LARES) au Bénin, INICA a commencé à mettre en place un processus d’observation transfrontalière dans les bassins Est et Ouest, avec un accent particulier porté sur l’agriculture, le petit commerce et les activités artisanales du secteur informel. Une série d’enquêtes préalables ont déjà été effectuées dans diverses zones transfrontalières sur une période d’essai de trois mois. Des correspondants locaux sont chargés de recueillir des informations sur les échanges transfrontaliers et sur la conjoncture générale à travers des rencontres sur le terrain dans des zones sélectionnées
[5] autour de la République Démocratique du Congo d’une part et dans un espace de stabilité relative à la jonction du Cameroun, du Gabon et de la Guinée équatoriale d’autre part. Cette dernière étude, finalisée au début de l’année 2005, comme celle actuellement en cours dans le bassin Est, montre l’intérêt tout autant que les difficultés de travailler sur le transfrontalier. Les susceptibilités « nationales », les réticences des administrations frontalières (douanes, police des frontières) à collaborer avec des enquêteurs ne facilitent pas le travail, quand elles ne l’entravent pas. On sait que les régions frontalières sont par excellence des espaces de commerce « informel », c’est-à-dire de contrebande. Dans ces conditions, il faut beaucoup de savoir-faire pour évaluer l’importance des échanges si on ne veut pas se contenter de statistiques qui ne donnent accès qu’à une partie de la réalité. C’est une des raisons pour lesquelles INICA privilégie les approches « par le bas » : l’observation des pratiques commerciales, la collecte de données auprès des acteurs de terrain complètent les informations émanant des services officiels – quand celles-ci sont accessibles.
Les travaux actuellement en cours dans le bassin Est se révèlent d’un grand intérêt. À la différence du triangle Cameroun-Gabon-Guinée, les frontières sont ici des « frontières chaudes », ce qui rend le travail d’enquête encore plus délicat. Toutefois, grâce notamment à l’appui d’ONG locales, il a été possible d’accéder à une connaissance, non pas exhaustive mais significative, des mécanismes, de la nature et de l’intensité des flux d’échange transfrontaliers. Pratiques et acteurs du commerce dépendent beaucoup des échelles de l’échange. Les échanges de proximité mobilisent un grand nombre de petits producteurs ou commerçants qui franchissent quotidiennement la frontière, le plus souvent à pied. Les échanges régionaux impliquent des structures professionnelles plus élaborées, des capitaux et naturellement des infrastructures de communication ; ils jouent un rôle fondamental dans l’intégration régionale. Le Rwanda a entrepris de valoriser sa centralité, au cœur des Grands Lacs, en dotant la ville frontière de Cyangugu d’équipements lui permettant de remplir une fonction de relais pour tous les courants d’échange entre l’Est du Congo et l’océan Indien. L’échelle régionale des échanges, enfin, s’articule à l’échelle internationale, caractérisée en particulier par le rôle de plaque tournante que joue Doubaï pour tout l’Est de l’Afrique.
Dans ce contexte général, l’observatoire transfrontalier dans les deux bassins retenus par INICA pour ses premières investigations a pour objectifs d’analyser les contraintes au développement des réseaux commerciaux transfrontaliers, d’identifier les possibilités d’augmenter l’impact des initiatives locales, de créer des opportunités de commerce régional. Il vise également une meilleure compréhension des réalités transfrontalières en identifiant aussi bien les gagnants que les perdants d’une intégration régionale renforcée à tous les niveaux, du local à l’international. Ces observatoires représentent une étape importante dans le processus de facilitation et de renforcement des relations transfrontalières.
Infrastructure de l’observation et mise en réseau
La démarche de travail préconisée par INICA repose sur la coopération entre les différents acteurs à travers la constitution d’un réseau ouvert entre individus permettant d’optimiser et de partager les connaissances et les compétences de chacun. Par leur travail de recherche, d’observations directes et d’entretiens avec les acteurs en présence, les correspondants locaux d’INICA en constituent la pierre angulaire. Ils assurent la mise en œuvre de l’observatoire des dynamiques frontalières en récoltant des informations sur les réalités de terrain. C’est à travers leurs contributions que l’identification des acteurs clés dans les initiatives transfrontalières en cours est possible. Des antennes régionales en cours d’installation, à Kigali et à Kinshasa notamment, seront chargées de coordonner et de synthétiser leur travail ; elles auront pour autres missions de faciliter les négociations interprofessionnelles au sein même et entre les régions transfrontalières et d’épauler les initiatives locales en attirant l’attention des décideurs nationaux, régionaux et internationaux sur les perspectives du terrain.
Le hub d’INICA, unité de facilitation provisoirement installée au sein de l’OCDE à Paris, constitue le dernier maillon dans la chaîne d’information où les données récoltées sont centralisées pour ensuite être partagées dans l’ensemble des bassins et à échelle internationale grâce au réseau internet. Le partage et la facilitation des flux d’informations stratégiques du local à l’international sont essentiels pour une meilleure compréhension des enjeux régionaux, et par là même pour la construction de la paix dans des États fragiles ou en situation de post-conflit. Si INICA n’a pas vocation à être le moteur de l’intégration régionale, sa valeur ajoutée tient précisément à ce rôle de facilitateur auprès d’initiatives existantes et de soutien des réseaux de coopération directe entre des acteurs de terrain et des institutions engagées dans des activités transfrontalières.
Un travail en coopération: illustration
La zone transfrontalière entre le Gabon, le Cameroun et la Guinée équatoriale présente bien des éléments intéressants pour illustrer le fonctionnement de l’approche INICA et comprendre la forme de coopération qu’elle prône. Une enquête (Ngueko, 2004) effectuée par un correspondant local, Raoul Ngueko, dans la vallée du Ntem, zone transfrontalière des trois pays, a permis de mettre en avant, à la fois les principaux obstacles qui freinent l’expansion du commerce transfrontalier et les initiatives prometteuses. L’analyse, qui se voulait dans un premier temps très descriptive avec notamment des observations sur les populations transfrontalières, l’état des infrastructures et les questions de sécurité, a permis de mieux comprendre la nature des échanges commerciaux et des solidarités. Le rapport a montré que la zone transfrontalière en question se caractérise par d’intenses activités commerciales avec des échanges relativement symétriques entre le Cameroun et la Guinée équatoriale et très asymétriques du Cameroun vers le Gabon.
Les échanges Cameroun-Guinée équatoriale sont essentiellement des échanges de proximité. Il s’agit d’une part de produits alimentaires, qu’il s’agisse de productions agricoles locales ou de produits importés comme les poissons et poulets congelés en provenance du Brésil et débarqués à Bata, et, d’autre part, de produits industriels d’utilisation courante qui circulent d’un pays à l’autre en fonction de leur disponibilité et des différentiels de prix. Entre Cameroun et Gabon, les échanges sont beaucoup plus importants car les produits agricoles camerounais, provenant principalement des provinces Bamiléké, empruntent cette route pour approvisionner Libreville. Le Gabon a peu de choses à offrir en contrepartie. La mise en service prochaine de deux ponts sur le Ntem à Ngoazik (route Cameroun-Guinée) et entre Abang Minko et Eboro (route Cameroun-Gabon) que complétera l’achèvement prochain du bitumage de la liaison Yaoundé-Libreville devrait renforcer l’intégration régionale à l’échelle de la CEMAC et favoriser le développement des échanges transfrontaliers locaux. Déjà, un marché à vocation frontalière localement appelé « marché mondial » fonctionne à Abang Minko. Un des buts de l’observatoire sera de tenir informé sur les changements qu’induira la fluidification du transport transfrontalier avec le remplacement des bacs par les ponts.
Les infrastructures de transport, condition
sine qua non du renforcement des échanges et de l’intégration économique, ne suffisent cependant pas. L’enquête sur les trois frontières a montré que les conditions de franchissement de la frontière dépendaient de la nationalité des commerçants et que la taxation des échanges se faisait de façon aléatoire. Les pratiques de contrôle de la circulation des biens et des personnes, les tracasseries administratives ou le manque de sécurité lors des passages des frontières ou encore l’absence d’institutions financières adaptées aux besoins de la population locale s’avèrent être les principales entraves à l’économie transfrontalière. En réponse à ces constats, un certain nombre d’activités et de projets de coopération ont été proposés. Ces pistes d’actions ont par la suite été discutées lors d’un atelier de restitution organisé en collaboration avec SNV
[6] et la Chambre de commerce, d’industrie, des mines et de l’artisanat du Cameroun (CCIMA), qui s’est tenu à Ebolowa le 15 mars 2005. À cette occasion, divers acteurs (autorités administratives, représentants des forces de l’ordre, ONG, etc.) en provenance des trois pays concernés ont examiné, à partir des résultats d’enquêtes, les perspectives de l’intégration régionale, les obstacles à la consolidation et au développement des réseaux de commerce dans la sous-région, la construction de nouveaux réseaux de solidarités par le biais d’initiatives transfrontalières.
Le travail en collaboration est une donnée omniprésente dans l’approche INICA. Il permet à tout un chacun de contribuer à l’animation des réseaux de projets et de connaissances pour résoudre des problèmes communs, et de participer aux prises de décision. Il articule les deux approches « du bas vers le haut » et « du haut vers le bas ». Par exemple, il est prévu de présenter les résultats d’enquêtes du rapport Ngueko à la conférence des ministres du plan de la CEMAC programmée en octobre 2005 à Libreville. Il a été suggéré par ailleurs une concertation entre les Chambres de commerce des trois pays concernés et des acteurs locaux intéressés par le développement d’activités dans des secteurs clés comme l’huile de palme. Cette conception du travail offre la possibilité d’exploiter, partager et capitaliser les connaissances de façon utile. La collaboration au travers de ces études et de ces ateliers est essentielle à la bonne réalisation de l’approche INICA ; elle représente un atout considérable de compétitivité et d’innovation de l’économie transfrontalière. Il a par exemple été proposé de négocier avec Afriland First Bank l’implantation d’un établissement de micro-finance à proximité du grand marché du village frontalier camerounais de Kye Ossi, qui approvisionne les populations des trois pays en toutes sortes de marchandises, afin de créer des structures adaptées au petit commerce local.
Capitalisation des connaissances et mise en commun des capacités de développement
La capitalisation des connaissances et la mise en commun des capacités de développement dans une logique de coopération transfrontalière sont deux outils fondamentaux au service de l’intégration régionale et du développement économique. C’est pourquoi le transfert d’expertise et de savoir-faire aussi bien à échelle internationale que régionale est un domaine d’action prioritaire pour INICA. Le développement des ressources humaines et des capacités institutionnelles reste primordial afin d’améliorer l’aptitude de la région d’Afrique centrale à répondre à ses propres problèmes. Le capital-savoir constitue un vecteur essentiel de la croissance économique. Or, les connaissances locales représentent une valeur ajoutée trop souvent négligée dans les programmes de développement. De ce fait, la question de la capitalisation de l’information est essentielle, mais elle pose toutefois certains défis.
Les informations doivent non seulement être transférées, mais elles doivent également être absorbées et assimilées par l’ensemble des personnes qui pourraient en tirer profit. En vue d’optimiser le partage volontaire des connaissances et de faciliter l’accès aux flux d’informations stratégiques, il est capital de rétablir la confiance mutuelle sur la base d’affinités, de réciprocités et de solidarités à travers un dialogue et un réel engagement personnel de tous les acteurs. Dans cette perspective, il est essentiel que la participation et la motivation s’inscrivent dans la durée.
Il en va de même pour les institutions du secteur public et du secteur privé. C’est pourquoi INICA cherche à favoriser une approche « tripartite » à long terme, impliquant à la fois les secteurs public, privé et de la société civile, pour permettre à l’ensemble de la société de participer aux politiques de changement, de s’associer par exemple pour soutenir l’investissement. Il s’agit de mobiliser les différents acteurs autour d’un plan d’action réalisable. La nécessité de coordination entre les institutions privées, publiques ou associatives autour d’activités précises et réalistes ne fait aucun doute. Leur concertation est nécessaire pour éviter le grand écart entre les objectifs affichés et les réalisations concrètes. Les offres d’appuis demeurent trop souvent théoriques et ne répondent pas suffisamment à la demande de développement du terrain, d’où la volonté d’INICA d’articuler la demande réelle avec les offres existantes.
Par des activités de facilitation, INICA vise dans un premier temps à faire remonter des informations du terrain et des demandes de développement auprès des décideurs de sorte que les institutions concernées adaptent leur logique « du haut vers le bas » afin de répondre de façon concrète à ces demandes. En découle un travail de coordination qui reste somme toute difficile à mettre en pratique, notamment du fait des réticences d’institutions qui ne se laissent pas aisément piloter. Trop souvent, la collaboration comme mécanisme de travail n’est pas privilégiée et les institutions préfèrent se démarquer les unes des autres sur la base de leurs capacités plutôt que d’associer leurs efforts dans un travail de collaboration entériné par les alliances stratégiques. L’équipe d’INICA est consciente de ces difficultés et des obstacles que rencontre toute initiative qui ne s’inscrit pas dans les structures établies, et toute ambition d’aborder autrement des questions depuis longtemps identifiées mais qui sont toujours sans réponse.
INICA, une année riche en expériences et en enseignements
Aujourd’hui, l’Initiative ayant largement entamé sa deuxième année d’existence, il est possible de porter un regard d’ensemble sur ses activités, sans pour autant prétendre à un bilan exhaustif qui serait prématuré. La première année a été consacrée à mettre à l’épreuve l’approche même d’INICA, sa niche et sa valeur ajoutée, à tester les outils et la méthode de travail afin de déterminer la faisabilité et l’utilité de cette approche. Le bon déroulement des activités entreprises renforce la conviction de l’importance de la coopération transfrontalière pour le développement de la région. Tant les études réalisées par le professeur Pourtier que les enquêtes des correspondants locaux et les différents networking events qui ont été organisés à leur suite, ont mis en exergue les contraintes et les défis actuels auxquels l’ensemble du commerce transfrontalier doit actuellement faire face et qu’il est impératif de prendre en compte dans l’élaboration des programmes de développement pour l’Afrique centrale.
L’étude sur l’économie minière au Kivu et ses implications régionales (Pourtier, 2004) a élargi le champ d’investigation au secteur productif le plus problématique d’Afrique centrale. Les rapports de l’ONU sur les pillages dans l’Est du Congo, la mise au ban du « diamant de sang » et du coltan, symbole de l’exploitation sauvage des ressources naturelles de RDC au profit du Rwanda, de l’Ouganda et de réseaux internationaux de courtage, ont diabolisé cette question. Ils ont fini par faire perdre de vue les réalités d’une économie de survie touchant des milliers de « creuseurs », et la complexité des transactions commerciales transfrontalières des produits miniers. La vivacité des débats auxquels le networking event organisé en juillet 2004 à Kinshasa donna lieu témoigne de l’acuité d’une question qui continue à soulever les passions, tant elle est liée à l’imbroglio politique des relations entre RDC, Rwanda et Ouganda. Les discussions autour de ces questions, sans empiéter sur les travaux de la Conférence sur la paix dans la région des Grands Lacs, confirment qu’il ne peut y avoir de solution que dans un cadre régional. L’étude, conduite au plus près des acteurs de terrain, conformément aux méthodes d’INICA, fournit des éléments d’information et de réflexion pour toutes les personnes ou organisations concernées par la recherche de solutions en faveur de la paix et pour la relance de l’économie post-conflit.
De ce travail comme de tous ceux qui ont été réalisés depuis le lancement d’INICA, il ressort que l’activité économique est partout, bien qu’à des degrés divers, entravée par les carences des infrastructures qui paralysent les dynamiques de développement. En RDC, la décomposition du réseau routier est responsable d’une « archipellisation » du territoire. Elle entraîne des replis contraints sur le local, l’isolement, l’étiolement de la vie sociale, d’où une accentuation des écarts entre centres actifs et périphéries inaccessibles, paralysant la construction des marchés régionaux. La clé du développement rural réside en effet dans le marché et par conséquent dans l’articulation entre la ville et la campagne. La remise en état des voies de transports est une condition impérative pour accéder aux débouchés urbains. C’est pourquoi la réhabilitation des routes doit être au cœur des stratégies de développement et de lutte contre la pauvreté.
C’est un truisme de dire que la relance de l’économie est conditionnée par le rétablissement durable de la paix. Cela n’est pas contradictoire avec la priorité à accorder à la restauration de la circulation car la sécurité dépend pour une large part de la capacité à contrôler le territoire donc en premier lieu de l’existence d’infrastructures praticables. La présence de forces armées non contrôlées dans des zones de post-conflit, notamment en RDC, entretient un climat d’insécurité et de méfiance, en particulier dans les zones frontalières. Les exactions d’hommes armés, la multiplicité des taxes douanières et autres prélèvements informels, monnaie courante dans les zones transfrontalières étudiées, freinent le développement de l’économie régionale. Reconstruire le territoire et les rouages de l’État représente un seul et même défi dans ces espaces fragilisés. Cependant, vu l’immensité de la tâche, INICA prône la mise en œuvre prioritaire de programmes d’amélioration de la gouvernance socio-économique dans les pôles de développement et les corridors d’activités et d’échanges. Par sa connaissance régulièrement actualisée des réalités géographiques, économiques et politiques en Afrique centrale, INICA sera en mesure de proposer son expertise aux opérateurs privés et aux institutions publiques impliqués dans des actions de développement.
Des accords internationaux sont indispensables à la réussite de telles actions. La reconstruction et le développement doivent être pensés simultanément à l’échelle des États et à celle des grands ensembles régionaux. Il ne fait aucun doute que les problèmes politiques qui entretiennent la tension entre certains pays voisins d’Afrique centrale ne trouveront de solution durable que dans un cadre régional de coopération. La structuration du territoire s’appuie par exemple sur des dynamiques transversales qui dépassent le niveau des collectivités locales, d’où la nécessité de développer des approches transfrontalières pour la gestion des biens publics régionaux. C’est ainsi que l’exploitation commune des potentialités énergétiques, comme le gaz méthane du lac Kivu, ou l’hydroélectricité de la Ruzuzi, répondrait à des besoins communs des États. De nombreux protocoles de coopération régionale existent déjà, notamment dans le cadre de la CEMAC, de la Communauté économique des pays des Grands Lacs (CEPGL) ou de la Communauté économique des États d’Afrique centrale (CEEAC), plus récemment du NEPAD. Cependant, il y a loin de l’intention déclarée à l’acte, si bien que le défi reste entier pour le développement du commerce et de l’intégration régionale. En tout état de cause, la collaboration interétatique ne peut aboutir à des réalisations concrètes sans tenir compte des réalités du terrain.
Un autre élément notoire concerne la place du secteur informel dans l’économie, avec les conséquences sociales qui en découlent. Le règne de l’informel s’est imposé pour compenser les carences des entreprises modernes dans les espaces difficiles d’accès et où l’État est fragilisé ou absent. Que ce soit en zones de conflit ou en zones de post-conflit, les acteurs locaux et les réseaux d’acteurs, particulièrement les opérateurs économiques du secteur informel, sont activement engagés dans des activités transfrontalières et disposent d’une forte capacité d’adaptation aux conditions changeantes du terrain. Pour la majorité de la population, l’informel se cantonne dans les activités de survie de l’économie populaire. Pour les entrepreneurs, l’informel conduit à des stratégies de contournement de la puissance publique afin d’échapper à la fiscalité et aux diverses contraintes administratives. Intégrer ces activités informelles dans une économie formelle demeure toutefois problématique. Le manque de ressources alternatives et les difficultés d’intensifier des activités du secteur formel dans les zones transfrontalières affectées par les conflits font obstruction à la construction de la paix et à la transition économique. Faciliter le soutien direct aux acteurs porteurs de changement qui sont activement impliqués dans des activités susceptibles d’augmenter les perspectives d’emploi dans le secteur informel pourrait être une voie prometteuse. Il est en tout cas important de trouver des solutions gagnantes de façon à damer le pion aux réseaux issus des « économies de guerre ».
Les résultats empiriques des premiers travaux réalisés sur les échanges transfrontaliers par INICA tout comme le corpus de principes qui président à sa démarche autorisent à penser que l’initiative répond à un besoin sinon à une attente. La familiarité avec les acteurs de terrain apporte en effet la preuve qu’il existe localement de très nombreuses initiatives en faveur de la paix et du développement. Portées par la meilleure volonté du monde, elles sont généralement dépourvues de moyens d’action sauf à dépendre de l’appui des Églises ou des ONG internationales. Repérer les forces locales, en faisant le tri entre le bon grain et l’ivraie car toutes les initiatives ne sont pas innocentes, fait partie de l’activité prospective d’INICA. La structure est actuellement trop petite pour répondre à toutes les sollicitations, même si les personnes qui l’animent sont très motivées. Depuis bientôt deux ans qu’elle existe, l’initiative peaufine ses pratiques et sa philosophie de sorte qu’elle sera en mesure de faire face aux nouveaux défis qu’impose la nécessité d’une réorganisation d’ici le début de l’année 2006, au terme de la période probatoire.
Réflexions sur les perspectives d’avenir
Les premiers travaux d’INICA sont riches en enseignements. Les défis et les contraintes identifiés dessinent le chemin à emprunter et les prochaines actions prioritaires à mettre en œuvre afin de participer au développement de l’Afrique centrale et de contribuer à briser le cercle vicieux de la pauvreté.
Ancrage institutionnel de l’initiative en Afrique
Pour INICA, le transfert du hub vers l’Afrique s’impose désormais. Établir le centre de gravité de l’initiative au sein d’une institution intergouvernementale régionale ou panafricaine est un élément crucial pour le leadership politique et économique des actions futures. Le financement du programme sera assuré à travers ces institutions africaines, INICA conservant son identité particulière et suffisamment d’autonomie pour poursuivre ses objectifs. Le coordinateur technique d’INICA sera délocalisé de l’OCDE pour travailler dans le hub dont l’implantation devrait avoir lieu prochainement à Kigali, auprès du Centre de développement sous-régional pour l’Afrique de l’Est de la Commission économique pour l’Afrique. Il assurera la coordination des antennes régionales de Kinshasa, Yaoundé et Lusaka et des correspondants locaux. L’unité de Paris sera, quant à elle, transformée en antenne. Elle sera principalement responsable de la mise en réseau, autour d’activités et de processus spécifiques, des institutions, organisations et individus basés d’une part dans des pays membres de l’OCDE, d’autre part en Afrique centrale.
Poursuivre l’approche de coopération transfrontalière et bâtir des coalitions nouvelles
La double approche du « haut vers le bas » et du « bas vers le haut » est un élément clé qu’INICA continuera à promouvoir. En effet, les activités et les expériences de cette première année d’existence confirment qu’une double communication est nécessaire pour rapprocher les aspirations du bas et les pratiques du haut. La coopération régionale et l’intégration économique sont des éléments fondamentaux pour le développement futur de la région. Dans un contexte d’étroitesse des marchés locaux dans de nombreux pays, l’intégration régionale améliore les conditions locales pour le commerce et l’investissement. Il s’ensuit que le développement de partenariats avec des acteurs non gouvernementaux et une coopération avec le secteur privé sont nécessaires, d’une part parce que les fonds publics ne seront pas suffisants pour financer l’ensemble des investissements indispensables au développement économique de la région, d’autre part parce que seul un engagement à long terme du secteur privé peut garantir une croissance économique durable.
Si l’aide publique au développement est efficace dans un rôle de catalyseur, elle a clairement montré ses limites en ce qui concerne la création de la richesse à travers des emplois et des opportunités d’affaires. Or le secteur privé, sous toutes ses manifestations, de l’informel jusqu’au multinational reste trop souvent exclu du processus d’identification, conception et financement des programmes d’intégration régionale. INICA vise à renverser cette tendance en plaçant les dynamiques créées par les acteurs du secteur privé au centre de son action. Le concept même de « projet de développement » doit être revu afin de le rendre moins technocratique et d’en faire davantage un investissement autour de personnes et d’entreprises ayant la passion d’aller de l’avant, et la volonté de partager leurs expériences avec d’autres. Pour ce faire, INICA s’efforcera de promouvoir une approche open source du développement autour de réseaux informels de partage de connaissances en partant de celles, indispensables, des conditions locales.
Construire la paix
La paix est une condition sine qua non pour la reconstruction, l’intégration économique et la coopération régionale dans des régions de post-conflit. Il est capital de créer un environnement favorable aux acteurs transfrontaliers locaux afin de stimuler la croissance économique et de soutenir le processus de réconciliation en Afrique centrale. L’intégration régionale est un instrument de stabilité politique des États et de régulation des relations interétatiques, éléments prépondérants dans une Afrique centrale où la situation géopolitique reste fragile.
Face aux défis économiques, politiques et sociaux de la mondialisation, l’intégration régionale offre un cadre de coopération transfrontalière favorisant la définition de politiques structurelles globales destinées à aider les pays africains à développer leurs potentiels. Dans la formulation de leurs politiques régionales, les États se doivent de devenir plus responsables de l’équité et de la cohésion à l’échelle nationale comme à celle de la sous-région. Toutefois, il ne s’agit pas seulement d’une question politique, la paix n’est pas un simple concept ou encore un vain mot qui doit uniquement être inscrit dans les programmes électoraux des gouvernements. La paix est un véritable comportement que l’ensemble de la société construit dans la durée. Il revient à chacun d’œuvrer pour que la construction d’une paix durable soit possible.
L’approche d’INICA s’inscrit dans un processus à long terme. Elle propose un cadre de coopération de proximité facilitant l’intégration socio-économique et culturelle des populations transfrontalières et la construction d’une confiance mutuelle, condition nécessaire d’une paix régionale. D’où la volonté de placer les individus au cœur de la démarche et d’en faire une initiative africaine à part entière, dans l’espoir que les acteurs d’Afrique centrale y adhéreront sans réserve dès lors qu’ils oseront y croire.
·
Bennafla, K. (2002), Le commerce frontalier en Afrique centrale. Acteurs, espaces, pratiques, Paris, Khartala.
·
Damon, J. et J. Igué (éds) (2003), L’Afrique de l’Ouest dans la compétition mondiale. Quels atouts possibles ?, Club du Sahel et de l’Afrique de l’Ouest, Paris, Karthala.
·
Egg, J et J. Herrera (1998), Échanges transfrontaliers et intégration régionale en Afrique subsaharienne, La Tour d’Aigues, Éditions de l’Aube.
·
Ngueko, R. (2004), Promouvoir les échanges transfrontaliers entre le Cameroun, la Guinée équatoriale et le Gabon, Rapport d’enquête réalisé pour le compte de l’Initiative pour l’Afrique Centrale (INICA), novembre-décembre 2004, Paris, OCDE.
·
Pourtier, R. (2003), L’Afrique centrale et les régions transfrontalières : perspectives de reconstruction et d’intégration, 76 p., 21 cartes, Paris, INICA.
·
Pourtier, R. (2004), L’économie minière au Kivu et ses implications régionales, 59 p., 13 cartes, Paris, INICA.
·
UNDP (2002), Capacity for Development: New Solutions to Old Problems, Sakiko Fukuda-Parr, Carlos Lopes and Khalid Malik (eds), Earthscan Publications LTD, UK.
·
Les documents d’INICA, brochures, programmes de travail, etc., sont disponibles sur le site web : www. inica. org.
[1]
Coordinatrice d’INICA, a été directrice du Club du Sahel de 1999 à 2003.
[2]
Angola, Burundi, Cameroun, Congo, Gabon, Guinée équatoriale, Kenya, Malawi, Mozambique, Ouganda, République Centrafricaine, République Démocratique du Congo, Rwanda, Îles Sao Tomé et Principe, Soudan, Tanzanie, Tchad, Zambie.
[3]
Le bassin Ouest s’ouvre sur l’océan Atlantique et comprend l’Angola (Luanda, Bengo, Cuanza, Uige, Zaire), la RDC (Kinshasa, Bas-Congo), le Congo et la zone transfrontalière entre le Cameroun, le Gabon et la Guinée équatoriale (voir carte I : « Les quatre bassins d’intégration régionale »).
[4]
Le bassin Est s’oriente vers l’océan Indien et comprend le Burundi, le Kenya, l’Ouganda, la RDC (Nord-Kivu, Sud-Kivu, Maniema, Ituti, Haut-Uele), le Rwanda et la Tanzanie (voir carte I : « Les quatre bassins d’intégration régionale »).
[5]
Brazzaville (Congo) – Kinshasa (RDC) ; Bakavu (RDC) – Cyangungu (Rwanda) ; Bujumbura (Burundi) – Uvira (RDC) ; Goma (RDC) – Gisenyi (Rwanda) ; Kasese (Ouganda) – Beni (RDC).
[6]
Fondation néerlandaise de développement.