La régulation des transports informels à l’épreuve de la « guerre des taxis » collectifs en Afrique du Sud
Roland Lomme
Thierry Vircoulon
L’Afrique du Sud n’est pas le seul pays en développement où les transports en commun sont en grande partie assurés par le secteur informel, mais c’est le seul où, depuis près de vingt ans, les affrontements meurtriers entre opérateurs informels sur la voie publique et leur résistance armée à la concurrence des transports publics formels ou aux velléités régulatrices de la puissance publique défraient régulièrement la chronique. Quel sens donner à ce qu’il est convenu d’appeler la « guerre des taxis » ? Traduit-elle la criminalisation de tout un secteur d’activité, la faillite des forces de l’ordre ou la complaisance des autorités, les limites de la stratégie de modernisation économique et sociale ou encore l’échec de la politique de formalisation des opérateurs informels mise en œuvre depuis la chute du régime d’apartheid ?
South Africa is not the only developing country where public transport is largely provided by the informal sector, but it is the only one where, for the last 20 years, deadly armed confrontations between informal operators on public roads and their official public transport competition have been in the news.
The article examines a number of questions about this problem, among which: What meaning have these so-called “taxi wars”? Does it symbolize the criminalization of an entire economic sector? Or the failure of security agencies? Or the accommodating attitude of authorities? Does it draw the limits of economic and social modernization or the failure of the policy aimed at bringing informal operators into the formal economy since the collapse of apartheid?
• Introduction
— La « guerre des taxis », une forme d’autorégulation des transports informels ?
— La « guerre des taxis », une forme de résistance aux velléités régulatrices de l’État ?
• Bibliographie