Sécurité et développement : acteurs et consensus
Aline Leboeuf
Le flou du mot d’ordre « sécurité et développement » a permis de structurer un espace de consensus et de coopération entre acteurs des champs de la sécurité et du développement. Le contenu du consensus reste cependant minimal, instable et fait l’objet de luttes définitionnelles constantes. Étudier comment les acteurs de ces deux champs se sont approprié ce mot d’ordre pour redonner sens à leur implication croissante et changeante dans des espaces de conflit permet de clarifier les différents intérêts et positions en présence et de souligner les difficultés posées par toute coopération. Cartographier les limites de l’arène de consensus permet de mettre à jour l’ampleur du débat sur ce que peut et doit être une intervention internationale dans un espace en conflit.
The lack of clarity of the new “security and development” approach created a potential for consensus and an opportunity for cooperation among stakeholders in the security and in the development fields. However, the meaning of that “consensus” is constantly shifting.
Different ways to own or to resist the expression “security and development” reflect existing conflicts of interests. By mapping out the consensus and its limits, this article highlights conflicting visions and interpretations of international interventions.
• Introduction
— Vaincre les réserves initiales des agences de développement vis-à-vis d’engagements sur les terrains de guerre
— Comment « gérer » le problème de la sécurité
— Réaction du secteur de sécurité entre résistances et cooptation
— Des approches divergentes du mot d’ordre « sécurité et développement »
— Oppositions aux modes d’interventions découlant de l’approche « sécurité et développement »
• Bibliographie