Afrique contemporaine
De Boeck Université

I.S.B.N.2804151174
230 pages

p. 69 à 83
doi: en cours

Veille sur la revue
Veille sur l'auteur
Vous consultez

Dossier « Sécurité et développement »

no 218 2006/2

2006 Afrique contemporaine Dossier « Sécurité et développement »

Sécurité et développement : acteurs et consensus

Aline Leboeuf  [1]
Le flou du mot d’ordre « sécurité et développement » a permis de structurer un espace de consensus et de coopération entre acteurs des champs de la sécurité et du développement. Le contenu du consensus reste cependant minimal, instable et fait l’objet de luttes définitionnelles constantes. Étudier comment les acteurs de ces deux champs se sont approprié ce mot d’ordre pour redonner sens à leur implication croissante et changeante dans des espaces de conflit permet de clarifier les différents intérêts et positions en présence et de souligner les difficultés posées par toute coopération. Cartographier les limites de l’arène de consensus permet de mettre à jour l’ampleur du débat sur ce que peut et doit être une intervention internationale dans un espace en conflit. The lack of clarity of the new “security and development” approach created a potential for consensus and an opportunity for cooperation among stakeholders in the security and in the development fields. However, the meaning of that “consensus” is constantly shifting.
Different ways to own or to resist the expression “security and development” reflect existing conflicts of interests. By mapping out the consensus and its limits, this article highlights conflicting visions and interpretations of international interventions.
« [...] les acteurs prennent leur parti de l’ambiguïté des consensus auxquels ils peuvent être confrontés. Bien mieux, ils en jouent, invoquent, en cas de besoin, l’existence d’un consensus, dénoncent, à l’occasion, les manquements de leurs adversaires, mais le transgressent aussi, quand il le faut, en déplaçant les frontières, en façonnent le contenu, en modifient la signification. Ils “savent”, en pratique, que lorsque les gens croient qu’il existe, sur un problème ou une norme quelconques, quelque chose comme un “consensus”, il devient futile de se demander si le consensus est “vrai” ou “faux”, car il serait dangereux de ne pas en tenir compte dans leurs tactiques, leurs appréciations et leurs calculs. »
Michel Dobry [2]
 
Introduction
 
 
Il existe aujourd’hui un consensus « sécurité et développement ». Ce « mot d’ordre » semble devenu une référence structurante des stratégies de l’Union européenne mais aussi de nombreux États (Royaume-Uni, Allemagne surtout) et organisation internationales (Banque mondiale, agences des Nations unies). Pourtant, chaque acteur lui donne un sens différent. Le consensus semble avant tout porter sur l’utilité fonctionnelle du mot d’ordre et non sur son sens ou ses implications. Quelle peut être l’utilité d’un mot d’ordre dont le contenu reste ambivalent ?
Comme le rappelle Michel Dobry, un consensus n’est jamais unanimité, mais plutôt un espace de négociation sur le sens, une sorte d’arène permettant de rassembler, de structurer un groupe d’acteurs qui partagent « quelque chose », qui essaient ou qui doivent travailler ensemble. Ce « quelque chose » qu’ils ont en commun ne les empêche nullement de poursuivre des objectifs différents et parfois opposés, de mener des actions incompatibles, ou de répondre à des logiques, des cultures institutionnelles difficilement conciliables. Malgré ces différences, leur adhésion au consensus les rapproche les uns des autres et rend possible leur « coopération ». Surtout elle matérialise leur différence vis-à-vis de ceux qui n’adhèrent pas au consensus. À cause de ces différences pourtant, ce « quelque chose » qu’ils partagent reste généralement un objet flou, parce qu’une véritable union sur le sens exige des efforts tactiques et une dépense en capital politique énorme pour des résultats relativement décevants : en effet, plus ce « quelque chose » devient précis, plus le nombre d’adhérents au consensus diminue, puisqu’il ne correspond plus aux intérêts du plus grand nombre. L’ambivalence, le flou d’un mot d’ordre sont donc utiles, puisqu’ils permettent de donner un cadre de sens flexible au travail commun.
Comprendre le mot d’ordre « sécurité et développement » et ses implications requiert donc de l’analyser comme une « arène de négociation », un espace structuré par les jeux, les intérêts et les différences des acteurs qui se sont appropriés ce mot d’ordre. Ces acteurs correspondent de fait essentiellement à deux champs, celui de la sécurité (forces armées, mais aussi forces de polices, agences de renseignement ; public et privé) et celui du développement (agences de développement nationales et organisations intergouvernementales, surtout PNUD et Banque mondiale).
Pour comprendre le mot d’ordre « sécurité et développement », nous verrons donc comment les « acteurs du développement » se le sont progressivement approprié pour redonner sens à leur implication croissante dans des espaces de conflits armés, et comment les « acteurs de la sécurité » ont réagi à cette implication dans ce qui pouvait être considéré comme leur « chasse gardée ».
Dans un deuxième temps, nous explorerons les deux dimensions structurantes de tout consensus, à la fois la fragilité interne et la relation à l’« extérieur », c’est-à-dire aux acteurs qui n’y adhèrent pas, ou ne sont pas invités à y adhérer. Nous montrerons ainsi comment ce jeu entre acteurs du développement et de la sécurité ne peut être compris sans une référence à deux autres types d’acteurs, les organisations humanitaires et les diplomaties nationales.
De même que le débat sur le « continuum entre action humanitaire et développement » (Harmer & Macrae, 2004) impliquait non seulement des enjeux conceptuels (une vision des conflits), et opérationnels (types d’actions menées), mais aussi une réflexion sur la coordination/répartition des rôles entre deux types d’acteurs (humanitaires et agences de développement), le débat sur « sécurité et développement » ne peut se comprendre sans une réflexion sur les acteurs. Deux champs d’action jusque-là strictement séparés, celui du développement et de la sécurité sont de plus en plus amenés à interagir/travailler ensemble sans que cette « coopération » voire « compétition » soit encore suffisamment routinière/normée pour que la répartition des rôles aille de soi.
Vaincre les réserves initiales des agences de développement vis-à-vis d’engagements sur les terrains de guerre [3]
Au cours des années 1990, les agences de développement se sont de plus en plus impliquées dans la gestion des conflits armés. Libérés des contraintes du cadre de la guerre froide, ces conflits redevenaient un espace d’engagement possible, car a priori « neutre », non plus seulement réservé aux organisations non gouvernementales humanitaires ou à des forces de sécurité occidentales soutenant de façon de moins en moins évidente telle ou telle faction, et de plus en plus tentées par le désengagement au profit de forces de sécurité privées. Au contraire, il devenait urgent de résoudre ces conflits, foyers d’instabilité pour leurs voisins proches et lointains, foyers de mal-développement rendant matériellement impossible toute action de développement. Alors que le nombre de pays encore « à développer » dans lesquels ces agences pouvaient s’impliquer tendait à se réduire (croissance rapide de l’Asie, évolution moins spectaculaire mais stable de l’Amérique latine, deux espaces dans lesquels la force des États, aptes à résister aux influences des agences de développement, rendait leur impact forcément plus limité), alors que les États finançant le plus activement le développement affirmaient de façon croissante leur volonté de « résoudre » ces conflits armés, les agences de développement ont pris conscience de l’importance à la fois de l’Afrique, mais aussi du champ des conflits armés, comme l’un des champs privilégiés de leur action.
Initialement, les agences de développement ont adopté des positions très réservées vis-à-vis de leur implication dans le champ des conflits armés, et cela pour deux raisons essentiellement. Une dimension très pragmatique : il n’est pas évident de mettre en place des actions de développement dans un espace en guerre. Le développement s’inscrit par définition dans la durée, or un conflit armé détruit les infrastructures à peine reconstruites ; il déplace les populations, posant ainsi d’interminables dilemmes à des organisations habituées à développer des structures de soin ou d’éducation, par exemple, pour une population dont l’implantation dans l’espace est statistiquement connue ou au moins évaluée ; enfin, il appauvrit les gouvernements désormais insolvables, rendant tout prêt pour le développement absurde, surtout dès lors que la priorité du gouvernement est de financer son appareil de force pour assurer sa défense.
La deuxième dimension rendant l’implication des agences de l’aide délicate provenait de la question de la légitimité de cette implication : généralement, ces agences n’interviennent qu’à la demande expresse du gouvernement légitime du pays. Dès lors que le gouvernement d’un pays en guerre pouvait être considéré comme partie au conflit, ou que son pouvoir découlait directement d’un coup d’État ou d’une victoire militaire en complète inadéquation avec les « normes internationales », toute action de développement pouvait être interprétée comme une prise de position, un soutien direct à l’une des parties au conflit, et donc un geste engagé peu compatible avec la neutralité attendue d’une agence de développement.
La pression croissante incitant les agences de développement à s’engager a facilité le progressif contournement de ces deux difficultés.
Premièrement, la question de la faisabilité de l’action de développement dans un espace en guerre a été (en partie) résolue par le débat sur le continuum « humanitaire-développement » (Harmer & Macrae, 2004). D’un côté, il s’agissait d’améliorer la jonction temporelle entre phase d’action humanitaire pendant le conflit et phase d’action de développement une fois celui-ci terminé. Cette démarche a progressivement conduit les agences de développement à intervenir à la fois en amont de la crise (prévention et intégration d’une réflexion sur la façon dont l’aide au développement peut ou ne peut pas prévenir les conflits, ou au moins éviter de les alimenter) et de plus en plus tôt dans la phase de « sortie » du conflit. D’un autre côté, la gestion humanitaire des conflits armés a été très critiquée pendant les années 1990 car elle s’avérait insuffisante, au mieux un palliatif de courte durée pour soulager les souffrances individuelles, au pire un pompier incendiaire qui ne faisait qu’entretenir le feu de la guerre en apportant aux combattants les ressources justifiant et permettant la poursuite du conflit [4]. L’approche des agences du développement, s’inscrivant dans le long terme, devait donc, une fois adoptée par les acteurs humanitaires, leur permettre d’échapper au piège du court terme ; parallèlement, les agences de développement se sont appuyées (en les finançant et en orientant leur action) de plus en plus sur les acteurs humanitaires pour pouvoir intervenir dans des espaces en guerre. Ces rapprochements entre pratiques humanitaires et pratiques de développement ont contribué à effacer partiellement les différences entre ces deux champs. Comme on le verra un peu plus loin, les agences de développement ont par ailleurs pu rendre possible et faisable leur implication dans les conflits armés, parce qu’elles ont adapté leurs pratiques et leurs actions en faisant du neuf avec du vieux, c’est-à-dire en s’appuyant sur ce qu’elles savaient déjà faire.
Deuxièmement, la question de la légitimité de l’intervention des acteurs de développement dans un espace en guerre a donné lieu à deux types de réponses. Soit les agences de développement s’appuient sur un gouvernement après avoir contribué à sa relégitimation par les urnes (par exemple, financement des élections sierra-léonaises en 1996, qui permet ensuite aux Nations unies et au DFID – ministère de la Coopération britannique – de se réengager dans la gestion du conflit sierra-léonais) ou constitution d’un quasi-gouvernement de fait par les agences de développement (Kosovo ou Timor). Cette dernière option s’avère d’autant plus accessible que les réflexions sur la souveraineté comme responsabilité rendent légitime une intervention si l’État n’assure plus ses responsabilités. En outre, l’analyse en termes d’États faillis donne une image des États en conflit comme des sortes de pages blanches qu’il s’agirait de réécrire, les agences de développement comblant alors, selon cette approche, un vide problématique laissé par un État inexistant, incapable d’assurer la sécurité des ses populations.
Comment « gérer » le problème de la sécurité
Ces deux difficultés progressivement résolues, c’est un véritable consensus en faveur de l’engagement dans les situations de conflits armés qui a émergé et s’est continuellement renforcé au cours des années 1990 puis 2000. Cet engagement n’a pas manqué de poser nombre de problèmes. En s’impliquant de plus en plus dans des conflits armés, les agences de développement ont été directement confrontées au même type de problème que les acteurs humanitaires, à savoir celui de la sécurité ou plutôt de l’insécurité de leur personnel (attaques contre les Nations unies en Irak, par exemple). Alors que les acteurs humanitaires ont longtemps choisi d’afficher leur neutralité comme outil de protection vis-à-vis de parties au conflit toujours prêtes à leur reprocher leur « partialité », la dépendance des agences de développement vis-à-vis d’un « gouvernement », même le leur, les transforme automatiquement, aux yeux de certains combattants, en « ennemis » pouvant, voire devant être ciblés. La proximité croissante entre acteurs du développement et acteurs humanitaires tend à supprimer également pour ces derniers la faible protection que pouvait leur procurer le manteau de la neutralité.
Plus généralement, confrontées au test du terrain et du conflit armé, les agences du développement ont été contraintes de revisiter, au moins partiellement, leur conception de la guerre, de la paix et du développement. Elles ont dû reconnaître que, contrairement aux approches traditionnelles des « études de la paix » (peace studies), le développement seul ne pouvait suffire à garantir la paix, la stabilité a priori. La « sécurité » doit être prise en compte et son existence conditionne tout « développement ». Cela justifie donc l’implication des agences de développement dans la gestion des crises, en vue d’assurer la mise en place de cette précondition, la sécurité. Une fois cet objectif acquis, l’engagement en faveur du développement per se pourra à nouveau être fructueux et efficace. Le mot d’ordre « sécurité et développement » a alors servi, pour les moins audacieuses des agences, de cadre de légitimation de leur implication sur des terrains en guerre dans lesquels, par définition, aucun développement n’est possible. Les agences adoptant les postures les plus engagées (DFID) ont, quant à elles, de plus en plus flirté avec l’idée qu’il est du devoir des agences de développement d’investir dans le champ, le « secteur » (et donc les acteurs) de la sécurité, pour permettre le rétablissement de la paix via la mise en place d’un État capable d’assurer un monopole légitime de la violence sur son territoire.
La réforme du secteur de sécurité en Sierra Leone, dans laquelle le DFID s’est grandement investi, finançant non seulement la réforme de la justice et de la police, mais aussi la réforme du ministère de la Défense, et du renseignement, est certainement l’exemple le plus impressionnant de cette nouvelle prédisposition à s’engager directement dans le champ de la sécurité (Ero, 2000 ; Fitz-Gerald, 2004 ; Leboeuf, 2005). Même dans ces cadres d’intervention a priori hors norme, les repositionnements des agences de développement se sont toujours appuyés sur l’existant, c’est-à-dire qu’elles n’ont jamais remis fondamentalement en cause leurs pratiques et le cœur de leur métier. Quand elles se sont parfois aventurées dans des champs d’action qu’elles ne maîtrisaient pas, elles l’ont fait en s’appuyant sur les concepts et les pratiques qu’elles emploient pour couvrir d’autres champs. Ainsi, le DFID a conçu son concept de « réforme du secteur de sécurité » en s’appuyant sur les actions qu’il menait déjà, quitte à élargir sa conception du « secteur de sécurité » de façon à intégrer des outils déjà au cœur de sa pratique (coopération policière, déminage, DDR, réforme de la justice, contrôle et audit budgétaire), justifiant cet élargissement par la nécessité d’une approche « globale ».
Réaction du secteur de sécurité entre résistances et cooptation
Face à cette implication croissante des agences de développement dans leur domaine réservé, les terrains de guerre, les réactions des différents acteurs du champ de la sécurité ont été diverses. Généralement peu étudiées, contrairement aux relations entre ONG et militaires [5], ces relations sont cependant au cœur des dispositifs actuels d’interventions, qu’elles contribuent à formater. Les acteurs du champ de la sécurité ont à la fois adopté et résisté à une certaine conception du consensus « sécurité et développement ».
Pour nombre d’acteurs du champ de la sécurité, l’implication croissante des agences de développement est avant tout une ressource, en termes d’influence, mais aussi en termes budgétaires. Aux forces intervenant « de l’extérieur » pour stabiliser un conflit armé, les agences de développement, et surtout les agences onusiennes, fournissent, sur le terrain, un cadre de coordination politique de référence (soutien à un gouvernement élu et légitime ou à un quasi-gouvernement international), sur lequel les militaires peuvent appuyer leur action de terrain. Les agences de développement, surtout nationales, peuvent jouer le rôle d’intermédiaires favorisant la coordination entre militaires et ONG, parce qu’elles comprennent à la fois les logiques politico-stratégiques guidant l’action des militaires et les logiques humanistes et éthiques guidant les ONG. Elles contribuent par leur présence, leur image éthique et la redistribution de ressources dans l’économie locale à légitimer la présence des intervenants extérieurs militaires, qui peuvent ainsi tenter de limiter les mécontentements et les résistances locales à l’intervention. Mieux, elles peuvent redonner à un champ d’action jusque-là très mal vu, celui de la coopération militaire, une visibilité et une légitimité réelles. Pour les entreprises de sécurité privées (gardiennage ou protection rapprochée) qui se créent dans le sillon des interventions extérieures, assurer la protection des personnels des agences de développement et surtout de leurs logements, s’avère une occasion d’acquérir une expérience et une légitimité qui peut ouvrir les portes de la protection des élites locales, voire même du marché international du mercenariat. Pour les dirigeants des forces nationales de sécurité soumises à une réforme du secteur de sécurité, le soutien des agences de développement permet de conserver une certaine influence/écoute auprès des dirigeants politiques, et d’éviter en partie que des intérêts politiques de court terme ne conduisent à la détérioration de la qualité des forces [6].
Plus prosaïquement, les agences de développement sont dotées de ressources financières considérables. Elles sont donc attrayantes à la fois pour les organisations de sécurité privées, qui peuvent s’enrichir en assurant leur sécurité ; pour les armées nationales européennes, qui espèrent compenser des budgets de plus en plus restreints par un partage du fardeau budgétaire des interventions extérieures ; pour les forces de sécurité des pays en guerre, qui, dans le cadre des programmes de réforme du secteur de sécurité, peuvent enfin avoir accès à des équipements, des formations, des ressources financières que les armées occidentales – ainsi que les agences de développement pour des raisons d’équilibre budgétaires et leur propre gouvernement – leur refusaient de façon de plus en plus systématique depuis la fin de la guerre froide.
Cette prédisposition favorable des acteurs du champ de la sécurité à utiliser toutes les ressources que peuvent leur apporter les agences du développement se heurte à des résistances contre toute ingérence dans leur domaine réservé. Qui discute avec des fonctionnaires ou militaires du ministère de la Défense britannique (MoD) se voit parfois confronté à deux types d’argumentaires sur le DFID : incompréhension vis-à-vis d’un objectif institutionnel qui n’est pas l’intérêt national, mais bien la lutte contre la pauvreté ; et irritation vis-à-vis d’un acteur qui prétend investir dans un champ auquel il ne comprend rien, celui de la sécurité. Certes, le discours sur l’importance de la coordination interministérielle, l’adhésion à des interventions humanistes, ne sont pas remis en cause. Simplement, des incompréhensions fondamentales persistent vis-à-vis de ce qui est interprété comme une tentative du DFID de s’ingérer dans le domaine réservé de la défense, celui de la coopération militaire, et de vouloir contrôler ce que fait le MoD en imposant une vision absurde, car trop large, de la réforme du secteur de sécurité. Ces tensions se sont par exemple manifestées de façon continue dans le cadre du Global Conflict Prevention Pool, cadre britannique de coordination interministérielle créé en 2001 : le MoD tentait régulièrement d’obtenir l’aval du FCO et du DFID pour un financement de projets de coopération militaire ou de « réforme du secteur de sécurité » avec des États qui, selon le DFID, ne respectaient pas les conditions d’un tel financement de par leur non-respect des règles de bonne gouvernance les plus élémentaires [7]. Ces tensions peuvent se matérialiser sur les terrains de crise, surtout lorsqu’acteurs de développement et acteurs du champ de la sécurité investissent/soutiennent des forces locales différentes. Ainsi, en Sierra Leone, les rivalités entre armée sierra-léonaise soutenue par l’armée britannique via l’IMATT (International Military Training Team) et l’Office for National Security (ONS), instance de coordination du renseignement visant à coordonner également toutes les forces de sécurité, soutenue par le DFID – et dont le responsable adjoint fut pendant un temps un ancien économiste du développement – ont pu être interprétées par certains de nos interlocuteurs comme un conflit entre IMATT et DFID [8].
La persistance de ces rivalités entre institutions recherchant toutes une autonomie accrue ne peut surprendre. Agences de développement et acteurs du champ de la sécurité conservent des intérêts, des objectifs, des modes d’actions et des cultures professionnelles très différents. Plutôt que leurs différences, il s’avère important de souligner l’importance des rapprochements, des logiques de cooptation réciproque rendues possibles par le mot d’ordre « sécurité et développement », conçu par les agences du développement et non réfuté, à défaut d’être complètement adopté, par les acteurs du champ de la sécurité. Soit ces derniers y voient une reprise sous une forme un peu différente d’un discours auxquels ils ont depuis longtemps adhéré (importance des actions civilo-militaires, conception élargie de la sécurité, approche de la force comme un instrument parmi d’autres, non suffisant à lui seul, pour rétablir la paix) ; ils y adhèrent donc par facilité de langage. Soit ils comprennent tout le profit pouvant être tiré de ce repositionnement des agences de développement dans le champ de la sécurité, et tentent donc d’orienter à leur avantage cet « investissement » tout en en limitant les effets contraignants.
L’adhésion, enthousiaste ou résignée, au consensus « sécurité et développement » des acteurs des champs du développement et de la sécurité ne saurait faire croire à l’émergence d’une réelle unanimité sur ce que ce mot d’ordre implique en termes de répartition des rôles / des pouvoirs. On ne saurait en effet comprendre ce consensus si l’on ne comprend pas à la fois sa fragilité interne, ainsi que la relation de cette « arène de sens » avec « l’extérieur », c’est-à-dire les acteurs qui n’y adhèrent pas, ou ne sont pas invités à y adhérer.
Des approches divergentes du mot d’ordre « sécurité et développement »
Toutes les agences du développement ne donnent pas le même sens au mot d’ordre « sécurité et développement ». Ainsi, la conception la plus extrême qui fut celle de Claire Short quand elle était encore ministre du Développement au Royaume-Uni et qui utilisait ce mot d’ordre pour justifier l’implication du DFID dans la réforme des appareils de sécurité, reste très minoritaire.
La majorité des agences de développement nationales (Canada, Allemagne, pays nordiques, Pays-Bas) les plus visibles (voire les plus influentes, après le DFID) en termes de réflexion stratégique sur le développement semblent avoir tiré profit des événements du 11 septembre, qui ont contribué à renforcer l’accent mis sur la sécurité au sein de l’agenda international, pour revaloriser une conception en termes de « sécurité humaine » [9]. Deux types d’interprétation de ce concept sont promues ; soit une interprétation restreinte : il faut protéger la sécurité des individus et non des États ; soit une conception élargie : la sécurité ne se limite pas à la protection contre la violence physique, mais aussi à la protection contre toute privation (accès à une alimentation suffisante, accès aux soins médicaux, à l’éducation, etc.) [10].
Le mot d’ordre « sécurité et développement » aurait pu entraîner une reconnaissance de la primauté de la protection des individus contre toute violence physique. Cependant, une approche aussi restrictive, qui reste incompatible avec les fonctions premières des agences de développement (qui ne peuvent recourir à la force pour assurer une telle protection) se heurte donc aux résistances des cultures institutionnelles des agences de développement, encore fortement marquées par l’approche pacifiste ; surtout dans les pays dotés de moyens militaires limités, et qui conçoivent leur stabilité comme le résultat d’une transformation normative de l’environnement international (Cooper, 1997).
Autre sujet de dissension, les chercheurs ayant développé pour le DFID la notion de « réforme du secteur de sécurité » entendaient critiquer une conception purement économique et budgétaire des dépenses militaires (cf. Hendrickson & Ball, 2002), telle que mise en place par les institutions financières internationales. Pour eux, de telles restrictions budgétaires ne pouvaient à terme qu’entraîner une instabilité grandissante des pays en voie de développement, privés des budgets nécessaires à l’entretien des instruments permettant le maintien du monopole de la violence. Pourtant, les réformes soutenues par la Banque mondiale (DDR) et parfois même le DFID se focalisent sur la restriction des effectifs et la maîtrise des budgets, au détriment d’une réflexion stratégique sur le type de force nécessaire pour contrôler un territoire doté de faibles infrastructures (routes, communications) et d’un budget suffisant pour compenser, par l’achat de matériels (hélicoptères, camions, etc.) et leur entretien, des effectifs humains en nombre réduit. L’idée selon laquelle la paix profiterait au développement parce qu’elle permet de diminuer le budget consacré à la défense reste souvent engoncée dans les cultures institutionnelles des agences du développement, au point de remettre en cause le fragile équilibre du post-conflit en exigeant des forces de sécurité locales des sacrifices contre lesquels elles ont autrefois pris les armes. Ainsi, une interprétation du coup d’État de 1997 en Sierra Leone consiste à mettre en avant la réforme de l’armée entreprise suite à l’élection du président Kabbah, par la coopération militaire américaine et britannique et voulue par les organisations financières internationales. La peur du renvoi de l’armée conjuguée à la suppression des distributions de sacs de riz a renforcé la défiance de l’armée vis-à-vis du pouvoir politique [11].
Fondamentalement, rares sont les agences de développement qui intègrent une vision stratégique du conflit et de la sécurité, selon laquelle ne comptent pas seulement les envies (greed) ou les griefs/injustices perçues (grievances) mais aussi les rapports de force. La « force » est conçue comme un « produit » qui doit être livré clef en main par des institutions spécifiques, qu’il s’agit donc de mettre en place / « construire » (construction de locaux, formation du personnel, déploiement). Elle n’est pas perçue comme une réalité ambivalente qui consiste à pouvoir menacer de recourir à une violence supérieure, sous couvert de protéger l’État ou la population. Quand cette ambivalence est perçue, elle est évacuée en privilégiant les acteurs a priori moins directement impliqués dans l’exercice de la force (forces de police par exemple) ou qui ont pour mission de contrôler son exercice (renforcement des capacités de contrôle du Parlement par exemple) ou en refusant simplement de s’impliquer dans le champ de la sécurité.
Ce refus des agences de développement de réfléchir à la « sécurité », non comme le résultat d’un (dés)équilibre délicat entre puissances et appareils de force ayant des intérêts et des objectifs politiques différents, mais comme un état qu’il convient de développer grâce à un processus d’ingénierie sociale et cette conception « statique » et « institutionnaliste » de la sécurité comme produit du fonctionnement d’institutions efficaces et responsables les distinguent généralement des acteurs du champ de la sécurité, qui ont souvent l’expérience de la violence et de ses ambivalences, même s’ils peuvent eux aussi adhérer à une approche institutionnaliste de la sécurité. Les intérêts politiques et stratégiques des différents acteurs sont alors gommés au profit d’une conception normative et managériale, quasi apolitique, de l’action « internationale » de développement et de stabilisation. Mais de nombreux acteurs résistent et s’opposent aux implications sous-jacentes du mot d’ordre « sécurité et développement ».
Oppositions aux modes d’interventions découlant de l’approche « sécurité et développement »
De même que le consensus « sécurité et développement » est fragile en interne, ses effets sont limités par les résistances des acteurs dont les intérêts restent peu compatibles avec ceux des agences du développement et des acteurs occidentaux du champ de la sécurité. Les « critiques » appartiennent à trois types de profils. D’un côté, les défenseurs d’un engagement international politique en faveur de la paix ; de l’autre, les opposants à toute ingérence internationale dans les affaires internes des États ; et enfin, une troisième catégorie, celle des partisans d’un retour à un engagement strictement humanitaire.
Les oppositions vis-à-vis des ingérences peuvent être ponctuelles, motivées par des intérêts spécifiques (par exemple, un État cherche à conserver la maîtrise de la gestion d’un conflit sur son propre territoire, comme le Sénégal pour la Casamance, la Russie pour la Tchétchénie ou la Chine pour le Tibet, mais ne s’opposera pas, voire cautionnera des ingérences qui ne le concernent pas), ou répondre à des positions de principe. Elles peuvent être d’efficacité variable (résistances du Soudan ou de la Côte d’Ivoire) ou concerner uniquement un champ d’action précis (accord pour un contrôle par les acteurs du développement des questions économiques, mais refus de toute implication dans le contrôle de l’armée). Enfin, elles peuvent prendre des formes diverses : diplomatiques (G77) ou recours à la violence (notamment asymétrique : terrorisme, guérilla, prise d’otage, etc.). L’intervention conjointe des acteurs occidentaux du développement et de la sécurité est ainsi lue par ces opposants comme une tentative de domination qui doit être contrée, souvent parce qu’ils la jugent incompatible avec leurs intérêts.
Les partisans de l’intervention / de l’ingérence qui n’adhèrent pas au consensus « sécurité et développement » sont de deux types. Pour les partisans d’un engagement strictement humanitaire, intervenir dans des conflits n’est légitime que si l’intervention poursuit un objectif moral et non politique. Il doit s’agir de sauver des vies, et non de transformer une société, une forme d’État. Souvent, ces acteurs critiquent la prétention des agences de développement qui pensent pouvoir transformer des sociétés en guerre ou sortant de conflit, alors qu’elles n’ont pas su, en cinquante ans d’efforts, en faire des modèles de développement économique et social. Ils estiment que les projets d’ingénierie sociale ne sont au mieux que des utopies, au pire des projets de néo-colonisation qui ne peuvent que renforcer les inégalités et les cycles de violence en déresponsabilisant les élites locales des pays dans lesquels s’inscrivent ces interventions.
Pour les défenseurs d’un engagement politico-stratégique en faveur de la paix, le développement ne peut qu’être un outil secondaire dans le processus de la guerre à la paix, et sa portée ne pourra être que forcément limitée. La guerre répond avant tout à des logiques politico-stratégiques, qu’il s’agit de comprendre et d’influencer afin de contribuer à « rééquilibrer » les rapports de force pour permettre la cessation des violences. Les intervenants extérieurs ne peuvent jouer qu’un rôle nécessairement modeste en créant les conditions minimales pour que les acteurs du conflit acceptent et aient intérêt à renoncer à la violence. L’approche en termes de light footprint ou empreinte légère implique ainsi un renoncement volontaire à tout projet d’ingénierie sociale (Brahimini, 2005 ; de Durand, 2005). Au mieux peut être poursuivi un projet d’ingénierie politique, c’est-à-dire la promotion d’un cadre démocratique permettant un arbitrage des intérêts et des conflits par le vote. Mais le rôle et les choix des acteurs locaux resteront déterminants dans les évolutions du pays ; autant accepter cet état de fait et accompagner ces évolutions plutôt que de chercher à les conduire.
Le mot d’ordre « sécurité et développement » accompagne le basculement d’un modèle d’accompagnement de la paix par une implication diplomatique (négociation d’un accord de paix) et/ou humanitaire, à un modèle d’engagement, voire d’imposition de la paix, qui peut déboucher sur un projet ambitieux d’ingénierie sociale et institutionnelle visant notamment à transformer le système de sécurité d’un État. Cette approche très volontariste de l’intervention « internationale » n’aurait pu être possible sans l’émergence d’une arène de consensus entre acteurs des champs du développement et de la sécurité, arène qui reste l’enjeu de luttes définitionnelles et n’est nullement « stabilisée ». Certaines agences du développement résistent à toute implication dans le champ de la sécurité « dure », tandis que les acteurs du champ de la sécurité n’y adhèrent que du bout du doigt, et restent pour partie sceptiques vis-à-vis d’une conception trop statique de la sécurité. Surtout, les résistances vis-à-vis de cette arène restent constantes voire croissantes. La rejettent non seulement les acteurs en conflit qui n’ont pas tous intérêt à être « secourus » par les acteurs internationaux, notamment parce qu’ils risquent de perdre la maîtrise d’un rapport de force qui peut être en leur faveur, mais aussi ces acteurs qui s’opposent à tous les représentants réels ou supposés d’un « Occident » dont ils se considèrent l’ennemi. En outre, certains acteurs et observateurs « occidentaux » restent sceptiques vis-à-vis de tentatives de transformations des sociétés, qui, parce qu’imposées « de l’extérieur », tendent à rester « à la surface des choses ».
 
BIBLIOGRAPHIE
 
·  Brahimi, L. (2005), « L’ONU entre nécessité et minimalisme », Politique étrangère, été, vol. 70, n° 2, p. 299-311.
·  Cooper, A.F. (1997), Niche diplomacy: middle powers after the Cold War. New York, St Martin’s Press.
·  Dobry, M. (1996), « Le jeu du consensus », Pouvoirs, n° 38, p. 47-66.
·  Durand de, E. (2005), « Des Balkans à l’Afghanistan : les opérations de stabilisation complexes », été, vol. 70, n° 2, p. 329-342.
·  Ero, C. (2000), “Sierra Leone’s Security Complex”, Working Papers, n° 3, The Conflict, Security and Development Group, Center for Defense Studies, King’s College, London, p. 49.
·  http:// csdg. kcl. uk/ Publications/ assets/ PDF%20files/ working%20paper%203. pdfp (14 avril 2003)
·  Fitz-Gerald, A.M. (2004), “Security Sector Reform in Sierra Leone”, Global Facilitation Network for Security Sector Reform, Cranfiel University.
·  Gberie, L. (2005), “A Dirty War in West Africa. The R.U.F. and the Destruction of Sierra Leone”, Londres, Hurst & Company, p. 97-117.
·  Harmer, A. et J. Macrae (2004), “Beyond the continuum. The changing role of aid policy in protracted crises”, HPG Research Report, ODI, n° 18.
·  Hendrickson, D. et N. Ball (2002), “Off-Budget Military Expenditure and Revenue: Issues and Policy Perspectives for Donors”, CSGD Occasional Paper, n° 1, www. dfid. gov. uk/ pubs/ files/ offbudget-military-exp. pdf
·  Klingebiel, S. et K. Roehder (2004), “Development-Military Interfaces. New Challenges in Crises and Post-conflict Situations”, German and Development Institute Reports and Working Papers, n° 5.
·  Krause, K. et O. Jütersonke (2005), “Peace, Security and Development”, Security Dialogue, vol. 36, n° 4, décembre, p. 448-446.
·  Leboeuf, A. (2005), « La réforme britannique du secteur de la sécurité en Sierra Leone : vers un nouveau paradigme ? », Politique africaine, n° 98, p. 63-78.
·  Makki, S. (2004), « Militarisation de l’humanitaire, privatisation du militaire », Cahiers d’études stratégiques, n° 36-37, « Le Débat stratégique américain 2003-2004 », Paris, CIRPES, juin, 300 p.
·  Reno, W. (1995), Corruption and State Politics in Sierra Leone, Cambridge, Cambridge University Press.
·  Rieff, D. (2002), L’humanitaire en danger, Paris, Le Serpent à plumes.
·  Wheller, V. et A. Harmer (Eds) (2006), “Resetting the rules of engagement. Trends and issues in military-humanitarian relations”, HPG Research Report, ODI, mars.
 
NOTES
 
[1]Chercheur, Ifri, Paris I.
[2]Michel Dobry, « Le jeu du consensus », Pouvoirs, n° 38, 1996, p. 47-66.
[3]Pour une vision très opérationnelle (et allemande) des enjeux de coopération entre militaires et agences de développement, lire l’excellente étude de Stephan Klingebiel et Katja Roehder (2004).
[4]Cf. par exemple, pour une excellente description de ces critiques et de la réflexion proposant de les dépasser, soit par un retour aux valeurs initiales de l’humanitaire, soit par un engagement politique, Rieff (2002).
[5]Sauf Klingebiel & Roehder, 2004. Sur ONG et militaires, cf. par exemple Wheller & Harmer, 2006 ; Makki, 2004.
[6]William Reno (1995) explique ainsi comment les responsables politiques sierra-léonais ont délibérément affaibli toutes les institutions de l’État pour renforcer leur propre pouvoir.
[7]Entretiens avec des diplomates, fonctionnaires (DFID et MoD), et chercheurs britanniques. La direction du Global Conflict Prevention Pool est assumée par le FCO, tandis que le DFID assume la responsabilité d’un autre Pool, l’Africa Conflict Prevention Pool, qui est responsable des politiques britanniques vis-à-vis des conflits africains.
[8]Entretiens à Freetown, juillet 2005.
[9]Voir à ce titre l’excellent article de Krause et Jütersonke (2005), qui propose une critique très convaincante du projet « utopiste d’ingénierie sociale » qu’impliquent les opérations de maintien de la paix post-conflit puis, dans une surprenante deuxième partie, tente de leur donner une nouvelle orientation/légitimité grâce à une approche centrée sur les liens entre « sécurité et développement » et le concept de « sécurité humaine ».
[10]Nous reprenons ici une distinction de Krause et Jütersonke (2005, p. 457), qui distinguent « freedom from want » (vision japonaise) et « freedom from fear » (vision du Human Security Network).
[11]Cf., pour une présentation critique de cette thèse, Gberie (2005, p. 97-117).
© Cairn 2007 Vie privée | Conditions d’utilisation | Conditions générales de vente
À propos | Éditeurs | Bibliothèques | Aide à la navigation | Plan du site | Raccourcis
[1]
Chercheur, Ifri, Paris I. Suite de la note...
[2]
Michel Dobry, « Le jeu du consensus », Pouvoirs, n° 38, 199...
[suite] Suite de la note...
[3]
Pour une vision très opérationnelle (et allemande) des enje...
[suite] Suite de la note...
[4]
Cf. par exemple, pour une excellente description de ces cri...
[suite] Suite de la note...
[5]
Sauf Klingebiel & Roehder, 2004. Sur ONG et militaires, cf....
[suite] Suite de la note...
[6]
William Reno (1995) explique ainsi comment les responsables...
[suite] Suite de la note...
[7]
Entretiens avec des diplomates, fonctionnaires (DFID et MoD...
[suite] Suite de la note...
[8]
Entretiens à Freetown, juillet 2005. Suite de la note...
[9]
Voir à ce titre l’excellent article de Krause et Jütersonke...
[suite] Suite de la note...
[10]
Nous reprenons ici une distinction de Krause et Jütersonke ...
[suite] Suite de la note...
[11]
Cf., pour une présentation critique de cette thèse, Gberie ...
[suite] Suite de la note...