Afrique contemporaine
De Boeck Université

I.S.B.N.2804151182
210 pages

p. 43 à 61
doi: 10.3917/afco.219.0043

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Dossier « Agricultures familiales au Maghreb »

no 219 2006/3

2006 Afrique contemporaine Dossier « Agricultures familiales au Maghreb »

Maroc, zone du Moyen-Sebou : des agriculteurs au croisement des contraintes locales et des enjeux de la globalisation

Nicolas Fornage
Au Maroc, la zone rurale du Moyen-Sebou est marquée par des problèmes de pollution de l’eau, par un faible niveau d’intensification, et par un niveau de pauvreté élevé. Dans ce contexte, l’aménagement d’un nouveau périmètre irrigué montre sa pertinence, d’une part pour résoudre en partie les contraintes locales, d’autre part pour répondre aux enjeux de la libéralisation. En effet, le Maroc, du fait des accords de libre-échange signés depuis 1995, va devoir diminuer progressivement son soutien à l’agriculture, notamment à la filière céréalière. La modernisation de son agriculture, entre autres par l’irrigation, est dorénavant prioritaire pour réduire la pauvreté rurale. The rural area of Moyen-Sebou, in the North of Morocco, needs investments to address its main constraints: low level of intensification, pollution of water resources, high poverty. A new irrigation project, studied by the Ministry of Agriculture, could partly answer these local problems. Besides, due to the free trade agreements signed since 1995, the suppression of the protection measures, especially for the cereals, is now unavoidable. The Kingdom must adapt its agriculture and its rural areas to this challenge, with projects aimed at agriculture modernization, as well as with other interventions, in a view to reduce rural poverty.
 
Introduction
 
 
Le ministère de l’Agriculture, du Développement rural et des Pêches maritimes (MADRPM) du Royaume du Maroc a rendu publique fin 2005 sa « Stratégie 2020 pour le développement rural ». Parmi les axes majeurs de cette stratégie figurent la modernisation de l’agriculture marocaine et le renforcement de sa compétitivité. Un des outils de ce renforcement est l’extension des périmètres irrigués en aval des retenues de barrages déjà aménagés, notamment dans le bassin du Sebou.
Le MADRPM a réalisé entre 1996 et 2001, avec un cofinancement de l’Agence Française de Développement (AFD), les 5 189 hectares de la tranche I du périmètre irrigué du Moyen-Sebou. Le Ministère envisage l’aménagement d’une deuxième tranche de 5 200 hectares irrigués, et a manifesté son intérêt auprès de l’AFD pour instruire un nouveau cofinancement.
En vue d’examiner la faisabilité de cette deuxième tranche, plusieurs études ont été lancées pour faire le point sur la situation des agriculteurs de la zone, en identifiant leurs contraintes, et en cernant la pertinence d’un nouveau projet dans ce contexte.
Ces contraintes sont de deux types : d’une part locales, s’exerçant actuellement sur les agriculteurs de la zone ; et d’autre part internationales, portées par les profondes mutations à venir de l’agriculture marocaine en réponse aux accords de libre-échange. C’est l’objet de cet article d’en faire la synthèse.
 
Des contraintes locales dominées par la pollution de l’eau et la pauvreté rurale
 
 
Une zone au centre du bassin versant du Sebou…
Le bassin-versant du fleuve Sebou, situé au cœur du Nord du Maroc, englobe les villes impériales de Fès et de Meknès, plus que millénaires. Couvrant seulement 6 % du territoire du Royaume, il regroupe 5,6 millions d’habitants, soit 19 % de la population nationale. Cette forte densité se traduit aussi par une industrialisation importante.
Le Sebou reste aujourd’hui le seul bassin excédentaire du Royaume en ressources en eau, avec entre 0,5 et 2 milliards de mètres cubes arrivant chaque année dans l’océan à l’embouchure. Il est doté de 28 % du potentiel national en eaux de surface, et de 20 % du potentiel en eaux souterraines.
La zone du Moyen-Sebou est située en bordure du fleuve, sur une centaine de kilomètres en aval de Fès. Les terres inscrites dans les méandres du fleuve (les ouljas) y font l’objet depuis des siècles d’une irrigation traditionnelle à partir de norias.
Le projet « Moyen-Sebou première tranche », réalisé entre 1996 et 2001, a permis de passer à un système moderne et centralisé d’irrigation, à partir de stations de pompage et de canaux portés. Au total, 5 189 hectares ont été aménagés, et sont aujourd’hui exploités par les agriculteurs regroupés en Associations d’usagers de l’eau agricole (AUEA).
Photo 1
Norias le long du fleuve Sebou, en aval de Fès
IMGIMGNorias le long du fleuve Sebou, en aval de FèsIMGIMF
Source : ABH / Sebou, 2004
… à l’agriculture duale et à la pauvreté élevée
Comme dans tout le Nord du Maroc, la zone est marquée par une forte dualité entre une agriculture pluviale traditionnelle, peu mécanisée, basée sur les céréales – le bour –, et une agriculture irriguée, plus diversifiée. Il existe une interdépendance entre ces deux systèmes, de nombreux agriculteurs exploitant une surface irriguée et plusieurs parcelles en bour.
Plusieurs typologies récentes du Moyen-Sebou (Maury, 2000 ; Scet-Maroc / BDPA, 2005) permettent de définir quatre principales classes d’exploitations agricoles :
  1. Les grandes exploitations céréalières (appartenant en partie à des pluriactifs), d’une surface variant de 20 à plus de 280 hectares, mécanisées mais peu orientées vers l’élevage.
  2. Les exploitations moyennes diversifiées, reposant peu sur l’élevage hormis un petit cheptel extensif d’ovins et de bovins.
  3. Les exploitations polyculture-élevage, plus petites. Elles compensent les faibles revenus d’une production céréalière extensive et essentiellement autoconsommée par les ressources liées à la production laitière d’un élevage semi-intensif.
  4. Les petites exploitations, d’une SAU inférieure à 2 hectares. Cette classe regroupe (1) des exploitations partiellement irriguées ; (2) des exploitations en bour uniquement, disposant aussi d’un petit élevage ; et (3) des paysans sans terre, soit des ouvriers saisonniers ne disposant que d’un petit élevage, soit exploitant des parcelles en fermage ou métayage.
Il est difficile de déterminer la proportion relative de ces différentes classes, qui varie selon les secteurs et les ouljas [1]. En revanche, la zone du Moyen-Sebou est marquée par une pauvreté réelle, supérieure à la moyenne nationale. Une enquête réalisée par SCET-Maroc en 2005 a ainsi donné les résultats suivants :
  • taille moyenne des ménages : 8 personnes (minimum 2, maximum 30) ;
  • 87 % d’analphabétisme (pour une moyenne nationale de 67 % en milieu rural), 10 % d’éducation primaire, 3 % d’éducation secondaire ;
  • 57 % de la population est active (dont 61 % d’hommes et 39 % de femmes).
De même, le recensement général de 2004 sur la province de Moulay Yacoub, représentative de la zone et sur laquelle se situe une partie du Moyen-Sebou, donne des chiffres encore très inférieurs à la moyenne pour l’accès aux services de base en milieu rural :
  • 45 % d’accès à l’électricité ;
  • 8 % de connexion à un réseau d’eau potable (pour les non-connectés, 48 % recourent aux bornes-fontaines et 41 % recourent aux puits) ;
  • 1 % de connexion à un réseau d’assainissement, et 66 % d’assainissement individuel.
Des ressources en eau suffisantes pour l’irrigation, mais de très mauvaise qualité
Le bassin du Sebou bénéficie aujourd’hui de 10 grands barrages et de 44 barrages collinaires permettant de stocker 5,9 milliards de m3 et de régulariser 3 milliards de m3. La zone du Moyen-Sebou se trouve en aval du complexe de barrages Idriss 1er / Sidi Allal El Fassi.
Les besoins en eau des périmètres irrigués du Moyen-Sebou à l’horizon 2020 ont été estimés par le Plan National de l’Eau à 146 millions de mètres cubes, ce qui, ajouté aux besoins des autres périmètres, reste compatible avec les apports annuels moyens au complexe Idriss 1er / Sidi Allal El Fassi, de l’ordre de 1,1 milliard de m3 (SCET-Maroc, 2005).
Malheureusement, le fleuve Sebou est gravement pollué sur la zone du Moyen-Sebou, du fait des rejets des eaux usées domestiques et industrielles de l’agglomération de Fès, située en amont. D’après l’Agence de bassin hydraulique du Sebou, la ville de Fès (900 000 habitants) est responsable à elle seule de 40 % de la pollution liquide totale du bassin-versant.
Les mesures réalisées au droit des périmètres du Moyen-Sebou ont montré des taux de matière organique proches d’effluents bruts, et des pollutions bactériennes dépassant de très loin les normes admissibles (BCEOM, 2003) :
  • demande biologique en oxygène (DBO5) variant suivant la saison de 12 à 210 mg O2/l. (norme française < 10 pour une eau naturelle « médiocre ») ;
  • taux de coliformes fécaux variant de 104 à plus de 107 pour 100 millilitres, alors que la norme marocaine pour les eaux d’irrigation (arrêté n° 1276-01 du 17 octobre 2002) fixe un seuil à 103 /100 millilitres.
L’impact le plus grave de cette pollution du Sebou est d’ordre sanitaire. L’étude du BCEOM a montré en 2003 que le taux de prévalence de gastro-entérites chez les patients consultant les dispensaires situés à proximité du Sebou était de 94 %, contre 6 % dans les dispensaires de la même région mais éloignés du fleuve. Une étude d’impact réalisée en 2005 (G. Perdu) a évalué à 12,4 millions d’euros le coût annuel des problèmes de santé liés directement à la pollution pour les quelque 240 000 personnes habitant au bord du Sebou et en aval de Fès.
En outre, cette pollution constitue de l’avis même des agriculteurs (enquêtes SCET-Maroc, 2005) une contrainte majeure à la production agricole. En effet, d’une part, les paramètres de cette eau brute sont très largement au-dessus des normes réglementaires fixées pour les eaux d’irrigation, ce qui devrait entraîner une interdiction d’irrigation pour une part importante du périmètre actuel. D’autre part, certaines cultures, comme la menthe de Loudaya – autrefois réputée dans tout le Nord du Maroc – ne supportent pas les eaux brutes du Sebou et ont été progressivement abandonnées. Enfin, les contacts pris par les agriculteurs les plus dynamiques du périmètre avec des commerçants et exportateurs de produits maraîchers, en vue de la conclusion de contrats de vente, ont été finalement infructueux en raison de la mauvaise qualité des eaux et des risques sanitaires.
Un périmètre irrigué géré a posteriori par des structures associatives…
Au début des années 1990, l’État marocain, partant du principe que l’agriculteur est le premier concerné et intéressé par le bon fonctionnement du périmètre irrigué, a décidé de réduire son engagement direct en transférant la gestion des infrastructures aux AUEA. Le périmètre du Moyen-Sebou 1re tranche, qui avait été étudié à l’origine dans une optique classique de gestion par les services de l’État, a constitué dans ce sens un pilote à l’échelle du Maroc. Les agriculteurs se sont organisés en 12 AUEA pour en assurer sa gestion à partir de sa mise en eau, qui s’est étalée entre 1998 et 2000. Le MADRPM a assuré un appui conséquent, en détachant depuis 1996 du personnel à plein temps auprès de ces associations, elles-mêmes structurées en deux fédérations puis en une union de fédérations.
Une partie des problèmes rencontrés par les AUEA a été liée au changement de type de gestion nécessité par les infrastructures mises en place. Alors que les agriculteurs étaient traditionnellement structurés par oulja, ils ont été confrontés a posteriori à la nécessité de s’organiser en AUEA puis en fédérations, dans le but de gérer de manière collective des infrastructures lourdes desservant l’ensemble des agriculteurs du périmètre. Malgré l’appui important des services déconcentrés du MADRPM, il apparaît aujourd’hui que ces structures associatives sont en limite de compétence pour gérer efficacement des infrastructures aussi complexes, sur des surfaces aussi vastes.
C’est dans ce sens que l’Union des fédérations des AUEA du périmètre de la 1re tranche a envoyé en 2005 un courrier au MADRPM, lui demandant d’étudier la délégation de la gestion du périmètre à un opérateur privé, à l’instar de l’expérience en cours dans la zone de Taroudant (périmètre de El Guerdane).
… avec un prix de l’eau encore inférieur aux coûts réels
Les AUEA du périmètre de la 1re tranche font aujourd’hui payer aux irrigants (1) une part fixe de 300 dirhams [2] par hectare, équivalente à 0,05 dirham par mètre cube pour une dotation annuelle moyenne de 7 000 m3 ; et (2) une part variable de 0,25 dirham par m3. Le total est donc de 0,30 dirham par mètre cube. D’autre part, le taux de recouvrement, variant entre 50 et 80 % selon les secteurs, est largement améliorable.
Or il a été démontré (SCET-Maroc, 2005) que le tarif-cible sur la première tranche, incluant les provisions pour entretien et grosses réparations, variait selon les années entre 0,77 et 1,45 dirham par mètre cube. Le prix de revient est en effet plus bas en année sèche (forte consommation en eau). Le tarif du « petit équilibre » (énergie, personnel et entretien courant) est estimé en année moyenne à 0,26 dirham par mètre cube.
On note en conséquence que le tarif réel, s’il couvre à peine le petit équilibre, reste très inférieur au tarif cible permettant un entretien du périmètre sur le long terme (20 ans). A fortiori, il ne permet pas le « grand équilibre », c’est-à-dire la constitution de provisions pour le renouvellement des infrastructures à longue durée de vie, comme les canaux portés.
En revanche, les comptes des fédérations laissent apparaître une trésorerie excédentaire (SCET-Maroc, 2005) : 3,3 millions de dirhams d’excédents totaux dégagés par la Fédération Sebou sur la période 1998-2002, et un solde positif de 800 000 dirhams en fin 2004. Cela est dû à des coûts d’entretien encore faibles du fait d’infrastructures récentes, mais cette santé financière reste très précaire à moyen terme.
Une intensification insuffisante, liée à la prédominance des céréales
Dans le secteur de la première tranche, cultivé dès la campagne 1998/1999, on constate les évolutions suivantes liées à l’arrivée de l’irrigation à grande échelle.
Graphique 1
Évolution des assolements sur le secteur II (SCET-Maroc, 2005)
IMGIMGÉvolution des assolements sur le secteur II (SCET-...IMGIMF
Source : Nicolas Fornage.
Certes, l’irrigation liée au projet a permis des résultats significatifs : augmentation très nette du maraîchage, sécurisé par l’apport d’eau régulier ; et de la production fourragère, en rapport avec le développement du marché du lait. Cependant, l’intensification du périmètre, à 137 %, reste en deçà des projections. La raison essentielle en est le maintien de la prédominance des cultures céréalières, dont la part dans l’assolement devait passer à 14 % en 2002. Non seulement les rendements – même s’ils ont triplé – restent médiocres (32 quintaux par hectare en 2003/2004), mais les céréales restent cultivées sur plus de la moitié du périmètre.

Tableau 1
Évolution des rendements (quintaux par hectare) sur le secteur II (SCET-Maroc, 2005)
1998199920032004Facteur multiplicatif des rendements en 5 ans
Céréales10323,2
Légumineuses4123
Fourrages (M.S.)4319612,2
Olivier25502
Agrumes1502501,7
Source : Nicolas Fornage.

Or, d’une part, les céréales sont relativement peu rémunératrices, avec un revenu net en irrigué sur le Moyen-Sebou de 6 700 à 7 000 dirhams par hectare, contre 20 300 dirhams par hectare pour la tomate et 37 800 dirhams par hectare pour la pomme de terre (SCET-Maroc, 2005). D’autre part, elles utilisent beaucoup moins d’eau d’irrigation que les cultures maraîchères ou le fourrage : au cours d’une année pluviométrique moyenne, dans les conditions du bassin du Sebou, seules deux ou trois irrigations d’appoint suffisent à sécuriser la production – ce qui ne rentabilise pas les infrastructures d’irrigation.
Pourquoi, en conséquence, les agriculteurs du Moyen-Sebou ne profitent-ils pas plus de l’irrigation pour des productions à forte valeur ajoutée, et continuent-ils à emblaver en céréales 50 à 60 % des terres irriguées ? Le chapitre suivant apporte des éléments de réponse partiels, liés à la politique marocaine de protection des agriculteurs – politique qui va connaître des bouleversements majeurs ces prochaines années.
 
Les enjeux des accords de libre-échange pour l’agriculture marocaine
 
 
Une politique agricole volontariste depuis l’Indépendance, et en voie de libéralisation
Depuis les années 1960, l’État marocain a mené une politique d’investissement fortement orientée vers la mobilisation de ressources en eau pour l’adduction d’eau potable et l’hydroélectricité mais surtout pour l’irrigation, dans le but d’atteindre le chiffre emblématique d’un million d’hectares de terres aménagées. Cette politique volontariste impulsée par le Roi Hassan II était justifiée par des objectifs de sécurité alimentaire et de développement économique.
Cet objectif du million d’hectares est aujourd’hui dépassé puisque 1,4 million d’hectares de terres sont aménagées pour l’irrigation (sur les 1,6 million d’hectares irrigables et les 8,7 millions d’hectares de SAU totale).
Pour cela, le secteur des ressources en eau (essentiellement des barrages et des infrastructures d’irrigation et de drainage) a bénéficié d’une part importante des investissements publics, qui représentait encore entre 1986 et 1996 pas moins de 19 % de la totalité des investissements publics, soit 3,1 % du PNB (Groupe thématique « Eau », 2003).
Cette politique a permis d’augmenter les rendements et la production agricoles, réduisant la dépendance du Maroc vis-à-vis des importations de produits agricoles de base, et de dégager un surplus exportable, notamment sur les agrumes et les primeurs.
Au milieu des années 1980, le programme d’ajustement structurel a réorienté cette politique coûteuse et peu équitable vers la réduction de l’engagement de l’État, la libéralisation progressive des échanges et l’adaptation de l’allocation des ressources à la logique du marché. Enfin, depuis 1994, l’environnement externe de l’agriculture marocaine connaît de profonds bouleversements liés aux accords de libre-échange, sur lesquels nous reviendrons.
Une pauvreté rurale encore prégnante, une agriculture peu performante et non autosuffisante
Certes, des progrès notables ont été accomplis ces dernières années dans l’accès aux services de base, du fait de programmes d’investissement ambitieux : scolarisation primaire nette passée de 58 % en 1990 à 92 % en 2003, électrification rurale de 22 % en 1996 à 81 % en 2005, accès à l’eau potable de 14 % en milieu rural en 1990 à 65 % en 2005. Malgré cela, l’indice de développement humain du Maroc, à 63,1 points sur 100, est nettement en dessous de la fourchette de 72 à 76 où se situent Algérie, Tunisie, Jordanie et Turquie. L’indice de pauvreté est également très supérieur, à 34,5 % contre 14,3 % (Sgard, 2006).
Cette pauvreté reste dans une large mesure un phénomène rural, où elle touche un Marocain sur quatre, contre un sur dix en zone urbaine. Bien que 46 % de la population soit rurale, 66 % des pauvres vivent en zone rurale (Banque mondiale, 2004).
La pauvreté rurale est en partie liée à une faible productivité agricole globale. Le graphique 2 ci-après décrit les indices de production agricole et animale entre 1961 et 2002. On y constate une stagnation de la productivité entre 1961 et 1984, suivie par une croissance entre 85 et 90 soutenue par une meilleure disponibilité d’intrants (développement du secteur privé et soutien du gouvernement via détaxation/défiscalisation). Depuis les années 1990, la production agricole stagne et devient erratique en subissant de plein fouet les effets des sécheresses récurrentes. En revanche, la production animale, beaucoup moins liée à la sécheresse, poursuit sa progression tendancielle.
Graphique 2
Évolution des indices de production agricole 1961-2002
IMGIMGÉvolution des indices de production agricole 1961-...IMGIMF
Source : Doukkali, mars 2006.
Certes, il existe un pan dynamique d’agriculture d’exportation, intensive, irriguée et rémunératrice, qui « tire » la productivité vers le haut. D’après Doukkali, 2006 ; elle est surtout basée sur les produits horticoles et arboricoles : tomates en frais (45 % de la valeur des exportations agricoles), agrumes (34 %) et conserves d’olives (6 %).
Cependant, de manière générale (Femise, 2004), l’agriculture marocaine reste marquée par :
  • la prédominance des petites exploitations (75 % ont moins de 5 hectares) ;
  • la précarité des statuts fonciers et la dominance du faire-valoir indirect, qui ne favorisent ni les investissements, ni la modernisation de la production ;
  • la faiblesse du niveau d’équipement des exploitations, dont 47 % mécanisent le travail du sol et 30 % la moisson ;
  • la sous-utilisation des intrants : 16 % des exploitations utilisent les semences améliorées, 50 % les engrais, et 33 % les produits phytosanitaires ;
  • et la dominance des céréales, qui occupent 75 % des terres cultivées, malgré des rendements très faibles : 11,5 quintaux par hectare pour le blé dur et 12,7 quintaux par hectare pour le blé tendre sur la période 1980-2001.
Le Maroc est structurellement déficitaire en céréales, même au terme d’une campagne agricole exceptionnelle. Le graphique 3 expose l’évolution des importations de céréales sur la période 1961-2002 : elles ont presque quadruplé sur les 25 dernières années, et varient en relation inverse avec la pluviométrie. On note la croissance remarquable de l’orge et du maïs, importés pour l’alimentation du bétail, et qui dépassent aujourd’hui les importations de blé des années 1960-1980.
Graphique 3
Évolution des importations de céréales 1961-2002
IMGIMGÉvolution des importations de céréales 1961-2002IMGIMF
Source : Doukkali, mars 2006.
Une croissance économique liée à l’agriculture, pour le meilleur et pour le pire
Avec une part de 16 % dans le PIB (+ 4 % pour l’agro-industrie, chiffres 2004), et surtout 37 % de la population active, le secteur agricole reste déterminant. Il expose l’économie du Maroc à un risque climatique important : alors qu’au début du XXe siècle, on comptait en moyenne une sécheresse par décennie, on en est actuellement à quatre (Sgard, 2006). Le graphique 4 montre la corrélation entre le taux de croissance du PIB et la croissance agricole – elle-même étroitement liée à la pluviométrie.
Des mesures de protection des agriculteurs et des consommateurs
Outre les grands programmes d’investissement agricole déjà mentionnés, qui ont permis la mise à la disposition des irrigants d’une eau agricole à prix très inférieur au coût réel, l’agriculture marocaine bénéficie depuis longtemps de mesures de soutien diversifiées. Un système de subvention partielle des investissements de modernisation, en liaison avec le crédit agricole, permet aux agriculteurs de s’équiper à moindre coût. La fiscalité directe et indirecte est très réduite, au moins jusqu’à 2010 : revenu agricole exonéré d’impôts, pas d’impôt foncier, pas de TVA ni de droits de douane sur les intrants, le matériel et le cheptel importés.
Alors que la politique d’administration des prix à la production a été abandonnée au début des années 1990, en revanche, l’État a gardé le contrôle des importations, des circuits de commercialisation et des prix à la consommation pour certains produits « sensibles » : farine de blé tendre, sucre et huiles de graines (Femise, 2004).
Les producteurs de céréales sont notamment protégés par des droits de douane sur les importations allant jusqu’à 100 %. Cette politique encourage les agriculteurs à cultiver le blé, alors que son prix de revient est élevé au Maroc.
Ces coûts de production élevés sont en partie compensés par l’État, via un système complexe de subvention accordée aux minoteries, et bénéficiant aux consommateurs. Le gouvernement assure ainsi l’achat et la mouture d’un million de tonnes de farine de blé tendre, vendue sur le marché libre afin d’aider les consommateurs (Banque mondiale, 2004).
Graphique 4
Relation entre croissance agricole et croissance du PIB
IMGIMGRelation entre croissance agricole et croissance d...IMGIMF
Source : Banque mondiale, septembre 2004.
Cette protection du secteur céréalier s’est perpétuée en raison de la crainte des impacts à court terme que sa suppression risque d’entraîner, surtout pour les petits agriculteurs marocains. Pourtant, elle comporte des effets pervers : cette structure incitative favorise les cultures de substitution des importations à faible valeur ajoutée, par rapport aux exportations à valeur ajoutée plus élevée. Même si elle a encouragé la production céréalière, elle a dévié des ressources et des incitations à l’investissement et à la production qui auraient pu bénéficier à des cultures à plus forte valeur ajoutée, pour lesquelles le Maroc a des avantages comparatifs par rapport à d’autres pays. Elle a de plus contribué à la mise en cultures de terres marginales fragiles et rapidement dégradées.
Pour en revenir à eux, les agriculteurs du Moyen-Sebou ont donc intérêt, dans les conditions actuelles, à diminuer les risques de production et de commercialisation : en cultivant les céréales en plus du maraîchage, avec un investissement minimum et des intrants réduits, ils disposent d’un débouché assuré et d’un prix suffisamment rémunérateur. Mais combien de temps va subsister cette protection des céréales, dans un contexte international de libéralisation des échanges ?
L’épée de Damoclès des accords de libre-échange
Tout d’abord, le Maroc a signé l’accord du GATT en 1994, impliquant le démantèlement des barrières non tarifaires et une réduction progressive du soutien à l’agriculture jusqu’à fin 2004.
Ensuite, le Royaume a signé en 1995 l’Accord d’association avec l’Union européenne (Accords de Barcelone), qui est entré en application en mars 2000 et qui prévoit une abolition complète des barrières tarifaires sur les produits industriels d’ici 2012. Le Maroc a respecté les termes de l’accord, en appliquant le calendrier de démantèlement, qui a entraîné un quasi-doublement des importations industrielles en provenance d’Europe entre 1998 et 2003 (CMC, 2005). On note cependant que cet accord ne concernait pas dans un premier temps les produits agricoles et les services, pour lesquels des accords supplémentaires doivent être négociés en fonction des résultats du Doha Round (Chemingui, 2004). Le Maroc a d’ailleurs entamé le 22 février 2006 avec l’Union européenne une série de discussions permettant d’aborder ce volet agricole, sous la forme d’une « libéralisation progressive de tout le secteur agricole », en réservant néanmoins une « liste négative » de produits sensibles. Il s’agit essentiellement des céréales, des viandes et des produits laitiers, qui doivent faire l’objet de mesures d’appui au processus de réforme pour les mettre en situation d’ouverture plus favorable à la compétition (Kadiri, 2006).
Un accord de libre-échange a également été signé entre le Maroc et les États-Unis, et est entré en vigueur en janvier 2006. Même si son impact est plus politique qu’économique à court terme, il n’en aura pas moins des répercussions à moyen et long terme sur certains produits marocains (Sgard, 2006).
Enfin, le Maroc, comme tout autre petit pays, subira les retombées des grands accords multilatéraux liés à l’OMC, qui devraient affecter les prix mondiaux des importations et exportations (Chemingui, 2004). Le Royaume est donc aujourd’hui à la croisée des chemins de la libéralisation, et doit se préparer plus que jamais à une dé-protection progressive de ses productions agricoles.
Impacts prévisibles à court terme de la dé-protection des céréales
Une étude de la Banque mondiale (Ravallion et Lokshin, 2004) s’est attachée à estimer l’impact micro- et macro-économique de cette dé-protection. Elle a analysé plusieurs scénarii : dé-protection partielle (10, 30, 50 %) ou totale. On note que cette dé-protection entraîne de fait une élimination des subventions aux consommateurs, mais la chute du prix des céréales importées entraînée par la suppression des droits de douane permet un gain net pour le consommateur, qu’il soit urbain ou rural. L’impact négatif majeur de la dé-protection va donc porter sur les ménages ruraux producteurs nets de céréales. Le tableau 2 décrit l’impact à court terme d’une hypothèse de dé-protection totale, pour le pays et pour la région de Fès-Boulemane (touchant le Moyen-Sebou).

Tableau 2
Moyenne des gains estimés résultant d’une dé-protection totale (Banque mondiale, 2004)
Moyenne des gains estimés (part de consommation des ménages)Impact global (en %)Impact urbain (en %)Impact rural (en %)20 % ménages les plus pauvres (en %)
Région Fès-Boulemane-2,4+1,0-11,5-13,4
Ensemble du pays-2,1+0,5-5,7-10,4
Source : Nicolas Fornage.

L’étude confirme que l’impact national à court terme d’une dé-protection totale sur la population est négatif, avec une estimation de -2,1 % de pouvoir d’achat. Elle toucherait surtout les zones rurales (productrices nettes), et en particulier les ménages les plus pauvres, qui perdraient 10 % de leur pouvoir d’achat. Par contre, les ménages urbains, consommateurs nets, y trouveraient un avantage. L’étude met aussi en évidence de grandes disparités régionales des impacts attendus. La zone de Fès est plus touchée que la moyenne du pays, du fait de la prédominance des cultures céréalières. On notera cependant qu’une dé-protection partielle de 30 % aurait des impacts plus mitigés pour le pays (-0,5 %), et nuirait moins aux petits producteurs ruraux (-1,7 %).
On comprend mieux les réticences de l’État à s’engager dans cette libéralisation. Si elle n’est pas accompagnée par un programme de soutien et de remise à niveau de l’agriculture, ciblée sur les populations les plus pauvres (« filet social »), elle risque de mettre en difficulté de nombreuses exploitations marginales et faiblement productives, et d’entraîner un accroissement massif de l’exode rural, déjà très important depuis trois décennies.
En termes financiers, le Royaume consacre plus de 0,5 % de son PIB à sa politique de soutien des prix à la consommation de blé tendre pour compenser les coûts de production élevés : c’est plus que ce qui est dépensé pour les soins de santé en milieu rural (Banque mondiale, 2004). Malheureusement, la dé-protection totale entraînerait également une perte de recettes douanières, conduisant à un impact budgétaire net négatif pour l’État marocain – faiblement positif pour une dé-protection partielle. La marge de manœuvre d’accompagnement et de soutien par l’État à la libéralisation des céréales est donc très réduite.
Impacts attendus à terme, et mesures d’accompagnement nécessaires
Malgré ses impacts négatifs à court terme, l’objectif à long terme de la libéralisation des céréales est de favoriser la croissance agricole, améliorant ainsi les conditions de vie des ménages ruraux. L’introduction de nouvelles spéculations et pratiques culturales devrait permettre d’accroître la productivité et de mieux valoriser les avantages comparatifs agricoles du Maroc.
L’adoption de cultures plus intensives impose d’embaucher davantage (les céréales ne nécessitent qu’une faible main-d’œuvre), ce qui bénéficierait aux populations les plus pauvres. Le développement rural entraînerait également de meilleures opportunités hors secteur agricole, qui pousseront certains exploitants à quitter le secteur pour trouver des emplois mieux rémunérés.
À l’image de ce qui s’est passé dans les pays développés, cette évolution attendue sur le long terme va s’accompagner inexorablement d’une concentration de l’agriculture et d’une poursuite de l’exode rural, les exploitations les plus marginales ne pouvant résister à un choc supplémentaire. Afin de « limiter la casse » et d’éviter une accélération ingérable de l’exode rural, il est nécessaire d’apporter un soutien spécifique aux zones rurales, ciblé sur les ménages les plus touchés par la dé-protection :
  • appuis à l’intensification et à la sécurisation de la production, via la réhabilitation des périmètres irrigués et leur extension si les ressources en eau sont suffisantes ;
  • facilitation de l’accès aux intrants et à la mécanisation, avec le crédit agricole et le développement de la micro-finance ;
  • recours aux investissements directs étrangers et aux partenariats publics-privés ;
  • formation professionnelle et diffusion de techniques améliorées ;
  • renforcement des infrastructures de base (routes, eau, assainissement, électricité, téléphonie mobile, etc.), pour de meilleures conditions de vie et un meilleur accès aux marchés ;
  • réforme foncière progressive pour encourager les investissements et l’arboriculture.
L’État a déjà engagé ces réformes et ces appuis au secteur rural, via plusieurs grands programmes, dont l’Initiative nationale de développement humain lancée par le Roi Mohammed VI en mai 2005. D’autre part, il facilite l’accueil des populations issues de l’exode rural, par la construction massive d’habitats sociaux et par l’équipement des quartiers périurbains défavorisés.
Entre protectionnisme et libéralisation, une voie intermédiaire ?
Le Royaume, pris en tenailles entre ses engagements libéraux et sa préoccupation de paix sociale, hésitera certainement à se lancer à court terme dans l’aventure d’une dé-protection céréalière totale. En effet, d’une part, les risques immédiats sont réels : paupérisation accrue, explosion de l’exode rural, difficultés politiques et sociales. D’autre part, les bénéfices attendus sur le long terme sont plus hypothétiques, voire, aux yeux de beaucoup, illusoires.
La modernisation et la concentration de l’agriculture marocaine sont cependant à la fois inévitables et nécessaires. La question dès lors est de choisir la stratégie la plus adaptée pour minimiser les impacts négatifs. Une réponse pourrait être d’adopter une démarche de dé-protection progressive, permettant de rapprocher sur une période de l’ordre de 10 à 20 ans le prix des céréales des niveaux internationaux. Mais cette libéralisation, même partielle, n’est pas en soi un objectif : ce n’est qu’un des outils possibles de la modernisation de l’agriculture (Jacquet, 2006), car il est indispensable de lever également les autres contraintes au développement rural.
 
Conclusion : Moyen-Sebou, un projet innovant au cœur de la problématique agricole marocaine
 
 
Les objectifs du projet de deuxième tranche d’irrigation sur le Moyen-Sebou tirent leur pertinence de ce contexte international. En effet, d’une part, ce projet doit permettre de lever l’essentiel des contraintes locales constatées sur la première tranche. D’autre part, il répond à une logique d’intensification des productions permettant à cette zone rurale pauvre de mieux résister à une dé-protection progressive des céréales – autrement dit aux impacts de l’inévitable globalisation. Enfin, il s’inscrit dans une démarche d’aménagement intégré du territoire, en valorisant les interventions de l’État pour la mise à niveau des infrastructures dans le bassin du Sebou.
Résolution des contraintes locales
Le projet prévoit d’approvisionner le périmètre à partir d’une conduite gravitaire, prélevant les eaux de bonne qualité de l’Oued Inaouen, affluent du Sebou. Il s’affranchirait ainsi à court terme du problème de la pollution du Sebou, dans l’attente de la mise en service de la station d’épuration des effluents de la ville de Fès [3], d’ici 2009-2010. De plus, il diminuerait les coûts d’exploitation et permet un approvisionnement séparé par oulja, ce qui correspond mieux au mode d’organisation traditionnel.
L’approche participative mise en œuvre dès le début de l’instruction permet de s’assurer l’adéquation du projet aux demandes de la population. L’option de délégation de gestion au secteur privé devra ainsi être analysée en étroite concertation avec les agriculteurs, et en englobant l’ensemble des périmètres du Moyen-Sebou, dans un objectif d’amélioration de la gestion et de recouvrement des coûts.
Réponse aux enjeux nationaux et internationaux
La sécurisation de l’approvisionnement en eau sur le périmètre doit permettre une intensification progressive des productions agricoles, dans la perspective d’une prochaine libéralisation du secteur céréalier. Les agriculteurs, disposant des facteurs de production nécessaires pour réduire progressivement les surfaces céréalières au profit de cultures plus rémunératrices, pourraient ainsi mieux résister au choc d’une dé-protection.
Aménagement intégré du territoire et développement durable
Le gouvernement a décidé la mise en œuvre, sur le bassin du Sebou, d’une démarche pilote de développement durable :
  • développement social, par l’amélioration des conditions de vie des populations rurales (eau, électricité, routes, résorption des bidonvilles) :
  • développement environnemental, par la protection des massifs forestiers et l’assainissement des villes grandes et moyennes, permettant de sécuriser la ressource et de résoudre à terme l’essentiel du problème de pollution des eaux du bassin-versant ;
  • développement économique, par le soutien à la microfinance et à l’irrigation.
Le projet envisagé sur le Moyen-Sebou renforcerait l’axe de développement économique, dans le cadre des démarches d’aménagement du territoire et de gestion intégrée des ressources en eau décidées par les autorités marocaines.
Un projet innovant mais dépendant des réformes du secteur
Ce projet ambitieux suppose, pour réussir pleinement, la mise en œuvre par le gouvernement de réformes importantes, qui nécessiteront un effort particulier de l’ensemble des parties prenantes. La sécurisation du foncier agricole, la facilitation de l’accès des producteurs aux intrants et aux marchés, la modernisation du conseil technique rural, la professionnalisation des organisations, l’introduction de capitaux privés sont autant d’outils essentiels pour appuyer la difficile transition vers une agriculture plus performante et plus compétitive, et pour répondre aux défis de la mondialisation.
 
BIBLIOGRAPHIE
 
·  Banque mondiale (2004), « Royaume du Maroc – Rapport sur la pauvreté », septembre.
·  Bceom (2003), « Étude de la qualité de l’eau de l’Oued Sebou et de l’Oued Inaouen sur l’irrigation », Agence Française de Développement, mars.
·  Centre marocain de conjoncture (2005), Lettre n° 160, novembre.
·  Chemingui, M.-A. (2004), « Les enjeux de la libéralisation de l’agriculture marocaine », inclus dans le rapport du FEMISE, juin.
·  Doukkali, R. (2006), « Évolution des performances du secteur agricole : résultats d’une expérience », IAV Hassan II, Conférence du jeudi 9 mars.
·  Femise Network (2004), « Les effets de la libéralisation agricole sur les économies des pays partenaires méditerranéens », juin.
·  Groupe thématique Eau (2003), « Le secteur de l’eau au Maroc », Rapport des bailleurs européens, juillet.
·  Jacquet, P. (2006), « L’échec de Doha », Option Finance, 4 septembre.
·  Kadiri, M. (2006), « Négociations agricoles : pour la première fois des concessions tarifaires à l’UE », L’Économiste, 22 février.
·  Maury, S. (2000), « Diagnostic agro-économique de la petite région Moyen-Sebou », Mémoire ESAT2/CNEARC, septembre.
·  Perdu, G. (2005), « Relation amont/aval et urbain/rural : analyse d’impact de la station d’épuration de la ville de Fès (Maroc) », Mémoire ENSAR-AFD, septembre.
·  Scet-Maroc /Bdpa (2006), « Étude de faisabilité du projet d’aménagement hydro-agricole de la seconde tranche du Moyen-Sebou Inaouen-Aval », Rapport de mission I, MADRPM-AFD, février.
·  Sgard, J. (2006), « Rapport sur le risque-pays du Maroc », Rapport interne, Agence Française de Développement, mars.
 
NOTES
 
[1]Famille élargie.
[2]1 euro = 10 dirhams.
[3]Programme en cours, cofinancé par l’État marocain, la régie de Fès, l’AFD et la BEI, et devant permettre de rendre au Sebou un état sanitaire satisfaisant en aval de Fès.
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[1]
Famille élargie. Suite de la note...
[2]
1 euro = 10 dirhams. Suite de la note...
[3]
Programme en cours, cofinancé par l’État marocain, la régie...
[suite] Suite de la note...
Norias le long du fleuve Sebou, en aval de Fès
Évolution des assolements sur le secteur II (SCET-Maroc, 2005)
Évolution des indices de production agricole 1961-2002
Évolution des importations de céréales 1961-2002
Relation entre croissance agricole et croissance du PIB