Ce numéro ou un abonnement.
Ajouter au panier Ajouter au panier - Afrique contemporaine| Afrique contemporaine 2007/2 (n° 222) | 18 € |
Versions papier et électronique : le numéro est expédié par poste.
Il est également accessible immédiatement en ligne.
| Abonnement annuel 2013 | 65 € |
Tous les numéros en ligne sont immédiatement accessibles.
ATTENTION : cette offre d'abonnement est exclusivement réservée
aux particuliers. Pour un abonnement institutionnel, veuillez
vous adresser à l'éditeur de la revue ou à votre agence d'abonnements.
Recevez des alertes automatiques relatives à cet article.
S'inscrire Alertes e-mail - Afrique contemporaine Cairn.info respecte votre vie privéeVous consultezLa rivalité entre la Chine et l’Inde en Afrique australe
AuteurFrançois Lafargue[1]
[1] Docteur en géopolitique et docteur en science politique. ...
suite du même auteur
Introduction
La Chine et l’Inde sont devenues depuis le début du XXe siècle des acteurs économiques de premier plan en Afrique, intéressés par les gisements de matières premières et d’hydrocarbures et soucieux de nouer avec l’Afrique un fructueux partenariat politique, leur assurant ainsi une plus forte influence au sein de la communauté internationale[2]
[2] Les publications relatives à la présence de la Chine et...
suite. En dépit des discours d’apaisement et de l’amélioration de leurs relations bilatérales (symbolisée par la visite de Hu Jintao en Inde en novembre 2006), Pékin et New Delhi se livrent sur le continent noir à une lutte d’influence acharnée.
2 La rivalité sino-indienne est sans doute la plus marquée en Afrique australe qui offre les perspectives économiques les plus prometteuses. L’Afrique du Sud, l’Angola, le Mozambique, la Zambie et le Zimbabwe figurent parmi les partenaires privilégiés de la Chine et de l’Inde en Afrique. Ces cinq pays d’Afrique représentent 34,4 % des échanges sino-africains et 38 % des échanges entre l’Inde et l’Afrique comme l’indique le tableau ci-dessous. L’Afrique du Sud constitue le premier marché de consommateurs du continent noir, un débouché pour les industriels asiatiques, l’Angola détient des réserves en hydrocarbures significatives, le Mozambique est un point de passage stratégique du commerce régional, enfin, le Zimbabwe et la Zambie possèdent un sous-sol recélant de précieuses matières premières minières.
| Montant du commerce avec la Chine | Montant du commerce avec l’Inde | |
| Afrique du Sud | 7,2 | 4 |
| Angola | 6,9 | 0,15 |
| Mozambique | 0,16 | 0,17 |
| Zambie | 0,3 | 0,1 |
| Zimbabwe | 0,28 | 0,05 |
| Autres pays d’Afrique | 28,26 | 7,33 |
| Total | 43,1 | 11,8 |
Le Zimbabwe : un réservoir en minerais
3 L’engagement de la Chine en Afrique australe commence dès les années 1970, avec le soutien apporté à Robert Mugabe dans son combat en faveur de l’indépendance de la Rhodésie du Sud[3]
[3] Au milieu des années 1970, l’opposition noire envers...
suite.
4 La République populaire de Chine (RPC) figure aujourd’hui parmi les principaux investisseurs étrangers au Zimbabwe[4]
[4] En 2005, selon les données de la CNUCED (hhttp:/ / www. ...
suite, avec plus de 70 projets actuels de coopération industrielle et minière[5]
[5] Agence Xinhua « Zimbabwe approves investment projects...
suite. Le commerce entre Harare et Pékin a connu une hausse significative passant de 191 millions de dollars en 2000 à 283 millions de dollars en 2005. Aujourd’hui, la Chine est le deuxième partenaire commercial du Zimbabwe[6]
[6] Selon les données de l’OMC, en 2005, l’Afrique du Sud...
suite après l’Afrique du Sud, en lui achetant principalement des produits miniers et du tabac. Parmi les États africains, le Zimbabwe est l’unique exportateur de tabac vers la Chine et son premier fournisseur de nickel et d’alliages de nickel[7]
[7] Selon le Rapport de la Banque Mondiale, Africa’s Silk...
suite devant l’Afrique du Sud. L’influence de Pékin s’est accentuée depuis 2003, quand le président Mugabe mis à l’écart de la communauté internationale (à cause de sa politique d’expropriation foncière et des fraudes électorales commises lors du scrutin présidentiel en mars 2002) a engagé la Look East Policy, avec comme objectif de nouer des relations étroites avec les pays asiatiques comme la Malaisie et surtout la Chine.
5 Les relations bilatérales se sont approfondies et aujourd’hui la Chine apporte un soutien économique et politique de premier plan à Harare. Plus d’une trentaine d’entreprises chinoises sont impliquées dans l’exploitation et la rénovation de mines. La China’s National Aero-Technology Import and Export Corporation (CATIC) participe au développement des mines de charbon exploitées par Hwange Colliery Company et la China North Industries Corporation (NORINCO) est engagée dans la rénovation de plusieurs mines de chrome, notamment dans la région du Great Dyke au nord-est d’Harare. En 2003, la Chine a également accordé un prêt de 100 millions de dollars à la société nationale Zimbabwe Electricity Supply Authority, afin de rénover le réseau électrique du pays.
6 À l’occasion de la visite du vice-président du Zimbabwe, Joyce Mujuru, en Chine en juin 2006, plusieurs accords ont été signés avec des groupes chinois afin de mener la réhabilitation du réseau ferroviaire et la construction de centrales électriques. En échange, le Zimbabwe livrera à la Chine du tabac, du coton (l’une des premières recettes en exportation) et des minerais comme le chrome. Mais les relations entre Pékin et Harare sont ambiguës. La Chine est consciente que son soutien à Robert Mugabe ne contribue guère à améliorer son image en Afrique. L’aide financière de Pékin offerte à Mugabe pour la construction d’une somptueuse résidence près de Harare, dans un pays confronté à une profonde crise économique est jugée déplacée. La politique de confiscation des terres a entraîné une diminution de 40 % de la production agricole depuis six ans, et la situation financière du pays ne cesse de se dégrader (au premier semestre 2007, l’inflation s’est élevée à plus de 2 000 % et 70 % de la population active est au chômage). Lors de ses différents voyages en Afrique, notamment en février 2007, Hu Jintao (comme avant lui, Li Zhaoxing et Wen Jiabao) a ignoré le Zimbabwe qui reste l’un des rares États d’Afrique à ne pas avoir accueilli ces dernières années un haut dignitaire de la RPC. Cet ostracisme est certes destiné à rassurer la communauté internationale, mais ne compromet pas les relations économiques bilatérales, puisque Robert Mugabe a participé au dernier sommet Chine-Afrique à Pékin en novembre 2006.
7 Le Zimbabwe détient, après l’Afrique du Sud, les deuxièmes réserves mondiales de platine qui sont principalement exploitées par la Zimbabwe Platinum Mines, une filiale de la compagnie sud-africaine Impala Platinum. Le développement du secteur minier implique une amélioration des infrastructures, dans un pays confronté à de fréquentes coupures d’électricité. Cette réhabilitation est principalement assurée par des sociétés chinoises et indiennes.
8 Les investissements indiens au Zimbabwe sont plus mesurés mais connaissent depuis trois ans une nette augmentation. Le commerce entre New Delhi et Harare est passé de 23,4 millions de dollars en 2000 à 49 millions en 2005 selon les données du ministère indien du Commerce extérieur[8]
[8] Ministère du Commerce de l’Inde : hhttp:/ / commerce. ...
suite. En février 2007, l’Inde s’est engagée à verser une aide de 5 millions de dollars pour le développement de petites et moyennes entreprises dans le pays et à ouvrir deux centres de formation technique à Harare et Bulawayo. Le Zimbabwe participe au projet Pan-African e-Network, financé en partie par l’Inde[9]
[9] L’Inde assure le financement de l’acquisition du matériel...
suite, qui vise à relier la plupart des États africains par un réseau de fibres optiques et de liaisons satellites. Les principales sociétés indiennes présentes dans le pays sont Global Steel holdings (propriété de la famille Mittal), Rasoi Group (confection, textile), Apollo Tyres (pneumatique), Tata ou encore Bharat Heavy Electricals. Cette entreprise participe à l’amélioration des capacités de production de la centrale thermique de Hwange et dans le pays voisin en Zambie, est engagée dans la rénovation de la centrale hydroélectrique de Kafue Gorge (au sud de la capitale Lusaka). Global Steel a obtenu une concession de vingt ans pour la gestion des aciéries du groupe Zisco (Zimbabwe Iron and Steel Company) et devrait investir dans le pays 400 millions de dollars. Cette offre a été retenue au détriment du sidérurgiste chinois, Shougang International Trade, qui exigeait en échange de son investissement de pouvoir entrer dans le capital de Zisco. Plusieurs entreprises indiennes envisagent à court terme des investissements au Zimbabwe, comme Bhushan Steel ou encore Coal India. En mars 2007, l’ambassadeur de l’Inde au Zimbabwe Ajit Kumar a affirmé que son pays était disposé à renforcer la coopération économique bilatérale[10]
[10] Bwititi, K. , « India ready to enhance co-operation with...
suite, notamment en facilitant les investissements indiens.
L’Afrique du Sud très convoitée
9 Dans cette région d’Afrique australe, l’Afrique du Sud, première puissance économique du continent est la plus sollicitée par Pékin et New Delhi. L’Inde bénéficie de la présence d’une forte minorité indienne, relais de son influence économique. Avec un million de personnes, la communauté indienne d’Afrique du Sud est la plus nombreuse du continent noir[11]
[11] La communauté indienne à l’île Maurice est estimée...
suite et figure parmi les plus importantes dans le monde avec notamment celles vivant en Malaisie, en Arabie saoudite, aux États-Unis et en Grande-Bretagne. Cette minorité indienne en Afrique du Sud représente 2 % de la population du pays, et vit essentiellement dans la province du Kwazoulou-Natal et plus particulièrement dans sa capitale économique, Durban[12]
[12] À la fin du XIXe siècle, le gouvernement britannique organisa...
suite.
10 Depuis cinq ans, les échanges commerciaux entre l’Inde et l’Afrique du Sud connaissent une hausse sensible. Le continent africain représente 4,6 % du commerce de l’Inde, mais 35 % des échanges sont effectués avec l’Afrique du Sud. Ce pays fournit la moitié des importations indiennes en provenance d’Afrique et achète 23 % des exportations indiennes à destination du continent noir.
11 L’Afrique du Sud (l’un des premiers exportateurs mondiaux de charbon, et qui détient notamment les premières réserves mondiales d’or, de platine et de vanadium, etc.) est un réservoir de matières premières, pour New Delhi et Pékin mais également un vaste débouché commercial notamment pour les biens industriels et les produits pharmaceutiques et informatiques indiens. Le pouvoir d’achat moyen dans le pays est comparable à celui d’un État européen comme la Pologne. Sur le marché sud-africain, les sociétés chinoises et indiennes convoitent une même clientèle. Le constructeur chinois GWM (Great Wall Motor) commercialise ses véhicules en Afrique du Sud, concurrençant ici Tata Motors[13]
[13] Tata Motors détient 2,2 % du marché automobile en Afrique...
suite. L’Afrique du Sud, de par la qualité de ses infrastructures, ses faibles tarifs d’électricité et sa main-d’œuvre qualifiée est une base de production pour l’ensemble du marché commun d’Afrique australe, la SADC, fort de 234 millions de consommateurs[14]
[14] La Communauté pour le Développement de l’Afrique Australe...
suite.
12 New Delhi et Pretoria entretiennent également des liens politiques étroits. L’Inde a ainsi rejoint l’Afrique du Sud et le Brésil pour fonder le groupe IBSA en juin 2003, destiné à définir des positions communes lors des négociations commerciales multilatérales notamment à propos de la question de la propriété intellectuelle relative aux brevets de médicaments. Le trio IBSA (India, Brazil, South Africa) a constitué le socle du G-20, un groupe de pression de pays du Sud[15]
[15] Parmi les membres du G-20, figurent l’Inde, le Brésil,...
suite constitué à l’occasion du sommet de Cancun de l’OMC en novembre 2003. Les membres du G-20 réclament l’arrêt des subventions agricoles accordées par les États-Unis et l’Union européenne à leurs producteurs.
13 Sur le plan politique, l’Inde et l’Afrique du Sud coordonnent leurs efforts pour obtenir un siège de membre permanent au Conseil de sécurité de l’ONU. L’Inde s’est associée à l’Allemagne, au Brésil et au Japon (le G4) pour présenter un plan de réforme du Conseil en mai 2005, visant à élargir cette instance de 15 à 25 membres. Dix nouveaux sièges seraient donc créés, dont six permanents et quatre sièges occupés par rotation pour une durée de deux ans. Les nouveaux membres permanents seraient les initiateurs de la proposition G4 auxquels s’ajouteraient deux pays africains dont probablement l’Afrique du Sud.
14 Mais au-delà de la coopération affichée, une certaine déception apparaît. Les liens entre New Delhi et Pretoria restent empreints d’une certaine méfiance. Les entreprises indiennes et sud-africaines sont devenues rivales sur le marché africain. Au Sénégal, un contentieux oppose Mittal à une société sud africaine Kumba, une filiale de l’Anglo-american pour l’exploitation du gisement de fer de Falémé. La présence de ces investisseurs indiens est jugée comme une intrusion par Pretoria dont les entreprises, après plusieurs années d’ostracisme, s’implantent partout en Afrique.
15 Les relations diplomatiques entre la Chine et l’Afrique du Sud sont plus récentes (établies le 1er janvier 1998) et restent marquées par une certaine méfiance. L’économie sud-africaine est l’une des plus fragilisées par la concurrence chinoise, particulièrement dans le textile et la confection. Le commerce entre l’Afrique du Sud et la Chine comme avec l’Inde a été multiplié par près de trois depuis 2002, la Chine étant maintenant le 2e fournisseur du pays et l’Inde le 14e.
16 Mais cette croissance est au détriment de l’Afrique du Sud, qui déplore un important déficit commercial. La Chine est désormais l’objet de multiples critiques. L’année 2006 a été marquée par de nombreuses manifestations, contre l’invasion des produits chinois (notamment de textile) accusés de provoquer la destruction de milliers d’emplois. Thabo Mbeki[16]
[16] En décembre 2006, le président sud-africain Thabo Mbeki...
suite a été l’un des premiers dirigeants africains à se montrer très critique devant une présence chinoise, jugée envahissante. Un état d’esprit de plus en plus partagé dans la région. Au Zimbabwe, plusieurs manifestations au cours de l’année 2005 ont dénoncé la cession de terres agricoles à des investisseurs chinois, accordées en échange d’une aide financière et militaire. Le matériel livré par la Chine fait également l’objet de nombreuses critiques, les avions de transport régional MA 60 fournis par la CATIC à Air Zimbabwe connaissent de nombreuses avaries, et plusieurs tracteurs achetés par la municipalité d’Harare n’ont fonctionné que quelques mois.
17 Ce fort ressentiment envers la Chine s’est exprimé lors de la visite de Hu Jintao en Zambie, en février 2007. Dans ce pays, l’opposition emmenée par Michael Sata dénonce depuis plusieurs années le comportement des hommes d’affaires chinois accusés de négliger les règles de sécurité dans les mines, de rémunérer de manière dérisoire leurs salariés africains, de faire venir leur propre main-d’œuvre de Chine et de se livrer à un dumping entraînant la disparition d’activités artisanales locales… Plusieurs violentes manifestations contre la présence chinoise se sont déroulées en Zambie, notamment lors du scrutin présidentiel d’octobre 2006. Lors de sa visite officielle (3 et 4 février 2007), Hu Jintao a dû renoncer à se rendre dans la mine de Chambeshi de crainte de violentes manifestations, dans un pays où l’hostilité envers les Chinois est forte. Quelques jours plus tard, lors d’un discours prononcé à l’Université de Pretoria le 7 février, Hu Jintao a promis d’agir pour rééquilibrer le commerce sino-africain. La présence de Pékin en Afrique renforce aussi le poids des deux principaux rivaux de Pretoria, l’Algérie[17]
[17] À l’occasion de la visite de Vladimir Poutine en Algérie...
suite et l’Angola.
L’Angola et l’enjeu des hydrocarbures
18 L’Angola est désormais un acteur clé du marché pétrolier mondial, actuellement troisième producteur d’Afrique après le Nigeria et l’Algérie. Depuis l’indépendance du pays en 1975, la production pétrolière a régulièrement augmenté passant de 0,158 million de barils par jour à 1,2 million de barils par jour, trente ans plus tard. L’Angola est, depuis le second semestre 2006, le premier fournisseur en pétrole de Pékin à un même niveau que l’Iran. Selon le rapport de l’Agence internationale pour l’énergie[18]
[18] Rapport de l’Agence internationale pour l’énergie,...
suite, la Chine est devenue depuis 2004 le premier client de l’Angola. Ses importations ont presque triplé depuis 2000, passant de 0,173 million de barils par jour à 0,324 million de barils par jour en 2004, pour s’établir à 0,477 million de barils par jour à la fin de l’année 2006 (soit 35 % des exportations angolaises). Les gisements d’hydrocarbures du pays suscitent l’intérêt de Pékin comme de New Delhi. En avril 2004, Shell et ONGC avaient conclu un accord permettant la cession de la moitié du bloc off shore 18 (exploité alors conjointement par BP et Shell) à l’entreprise indienne. Mais l’État angolais refusa cette transaction et mit aux enchères cette participation, remportées par la Chine[19]
[19] Le bloc 18 est désormais exploité par BP (à hauteur de...
suite. En échange, la China Eximbank a accordé à Luanda, un prêt d’un montant de 2,4 milliards de dollars pour la remise en état des infrastructures routières et ferroviaires du pays. L’Angola, qui n’a établi des relations diplomatiques avec Pékin qu’en 1983, est devenu en 2006 le premier partenaire commercial de la Chine en Afrique, devant l’Afrique du Sud.
19 À la fin de l’année 2006, 47 000 coopérants et commerçants chinois[20]
[20] Reed, J « China on track to win many friends in oil-rich...
suite étaient présents dans le pays. La plupart des grands groupes chinois participent à la construction d’infrastructures (hôpitaux, ponts, réseau ferroviaire et routier…) comme la China national Machinery & Equipment Import & Export Corporation (CMEC), ZTE Corporation, Huawei, Sinosteel, China National Overseas Engineering Corporation (COVEC) et la China State Shipbuilding Corporation (CSSC).
20 À l’occasion de la visite à Luanda en 2005 du vice-premier ministre chinois Zeng Peiyang, un accord d’investissement de 400 millions de dollars a été conclu dans le secteur des télécommunications. Le groupe ZTE va réhabiliter le réseau national de télécommunication et participer au développement d’un système de transmission des communications militaires. Les banques chinoises assurent le financement de la remise en état des principales lignes ferroviaires du pays, celle reliant Lobito à Luau à la frontière orientale de la République démocratique du Congo, et la ligne reliant la capitale Luanda à Malanje.
21 L’Inde n’a pas renoncé à participer à l’exploitation du pétrole angolais. Mais en juin 2006, ONGC a subi un nouveau revers en étant écarté lors de la mise aux enchères de droits d’exploitation pour le bloc 18/06 au profit d’une entreprise conjointe sino-angolaise[21]
[21] Les principaux opérateurs du bloc 18/ 6 sont SSI, (Sonangol...
suite (la SSI). En même temps, la Sinopec a obtenu le droit de participer à la mise en valeur du bloc 17/06 (la SSI détient 27,5 % des parts) en association avec Total et la Sonangol et à celle du bloc 15 (la SSI détient 20 % des parts) en association avec l’italien ENI.
22 Un mois plus tard, la Chine accordait un crédit de 2 milliards de dollars à Luanda[22]
[22] Dépêche Reuters, 21 juin 2006 ...
suite. ONGC a également proposé de financer la construction d’une raffinerie à Lobito[23]
[23] Le projet Sonaref. ...
suite d’une capacité de 200 000 barils par jour et pour un coût de 3,75 milliards de dollars, mais en échange d’une participation dans l’exploitation de certains gisements pétroliers. Cette proposition n’a pas abouti.
La bataille du rail
23 Si les échanges commerciaux entre l’Inde et l’Angola demeurent encore faibles, la présence indienne dans ce pays progresse néanmoins. En Angola, la société Rites (Railways of India Technical and Engineering Services) a obtenu en avril 2005, le marché de la réhabilitation du chemin de fer de Mocamedes reliant la ville côtière de Namibe jusqu’à Menongue. L’Inde a livré plusieurs locomotives et wagons.
24 Le Mozambique est également l’objet de toutes les attentions de par sa situation géographique avec ses ports ouvrant sur l’Océan indien et ses gisements de gaz. En partant d’Harare, le coût de transport par la route revient 43 % moins cher en acheminant la marchandise à Beira plutôt qu’à Durban[24]
[24] Selon les données du rapport du FMI, p. 241 et le rapport...
suite. Par le chemin de fer, le gain réalisé est également appréciable. Cette économie s’explique par la distance plus courte vers le Mozambique (360 kilomètres contre 1 300 kilomètres en passant par l’Afrique du Sud) et par la différence des coûts de manutention. Mais d’importants investissements sont nécessaires pour rénover les infrastructures de communication routières et ferroviaires vétustes.
25 La réhabilitation du réseau ferroviaire au Mozambique et plus particulièrement le chemin de fer de Beira est devenue une priorité pour la Chine et l’Inde, afin de faciliter le commerce régional. À la fin de l’année 2004, un consortium indien (associant Rites et Ircon international) a obtenu le marché de la remise en état puis de la gestion du chemin de fer de Beira. Une société mixte a été fondée, Beira Railroad Company, propriété à hauteur de 51 % de Rites et d’Ircon et pour 49 % de CFM (Chemins de fer mozambicains). Deux lignes de chemin de fer devraient être rénovées, celle de Machipanda reliant Beira au Zimbabwe, et celle de Sena (fermée depuis 1983) permettant d’acheminer la production minière de Moatize vers le port de Beira. Le financement de ce projet sera principalement assuré par un prêt accordé au Mozambique par la Banque mondiale. Mais l’objectif principal est de relier le chemin de fer angolais aux ports du Mozambique en traversant la République démocratique du Congo, puis la Zambie et le Zimbabwe, afin d’éviter le long détour par la route du Cap. Le tronçon de Benguela à Luau (1 300 kilomètres) devait être achevé à l’été 2007.
26 Si les réserves en gaz du Mozambique situées à Pande au nord-est de Maputo sont encore modestes, estimées autour de 70 milliards de mètres cubes, la découverte de nouveaux gisements gaziers est très probable. Pour le moment, l’Afrique du Sud est la principale destination du gaz extrait au Mozambique par la société sud-africaine Sasol.
27 La Chine comme l’Inde peuvent agir en Afrique australe sans se heurter aux intérêts des puissances coloniales. Le Portugal comme la Grande-Bretagne ont renoncé ici à toute politique d’influence. L’isolement des régimes autocratiques, en Angola comme au Zimbabwe et dans une moindre mesure en Zambie, facilite également à des degrés divers le rapprochement avec Pékin et New Delhi. Et l’Afrique du Sud ne peut guère rivaliser en termes financiers avec l’aide consentie par les puissances asiatiques. Parfois suspectée de volonté de domination, l’Afrique du Sud est elle-même désormais concurrencée dans sa propre sphère d’influence régionale.
Quel bilan ?
28 L’Afrique australe constitue de par ses richesses minières et énergétiques le centre de la politique africaine de la Chine et de l’Inde. Leur mode opératoire d’aides directes et de subventions pour construire des infrastructures est comparable. Cette rivalité sino-indienne devrait s’exacerber dans les prochaines années. En premier lieu, la stratégie de développement de l’Inde, fondée sur les industries à forte intensité de capital mais à faible intensité de main-d’œuvre et de matières premières (industrie pharmaceutique et informatique) n’a pas entraîné une hausse des importations minières. Une situation bien différente en Chine, où le développement d’une industrie à forte intensité de main-d’œuvre et de matières premières a fait de ce pays le premier consommateur mondial d’acier, de ciment et d’aluminium…
29 L’Inde s’engage maintenant dans un mode de production de masse « à la chinoise ». Les récentes opérations financières des groupes indiens (comme le rachat du sidérurgiste européen Corus par Tata en février 2007) traduisent cette volonté de s’assurer des sources d’approvisionnement en matières premières. En Afrique australe, la Chine comme l’Inde convoitent les mêmes gisements de minerais comme l’uranium de l’Afrique du Sud (qui détient 6,7 % des réserves mondiales) et de la Namibie (5,7 % des réserves mondiales).
30 Cette rivalité sino-indienne ne favorise guère l’évolution démocratique et le développement économique de la région. La présence de la Chine et de l’Inde contribue au renforcement de deux régimes autocratiques, celui de José Dos Santos en Angola et de Robert Mugabe au Zimbabwe.
31 En Angola, le scrutin présidentiel[25]
[25] Le premier scrutin présidentiel depuis l’indépendance,...
suite prévu depuis le retour de la paix dans le pays en 2002, est régulièrement reporté et maintenant est fixé à 2009. Selon toute vraisemblance, José Dos Santos sera candidat. Au Zimbabwe, en mai 2005, le gouvernement a lancé l’opération « Murambatsvina » (restaurer l’ordre), une action d’expulsion massive de milliers de commerçants ambulants et la destruction de milliers d’habitations précaires dans les principales villes du pays comme Harare et Bulawayo et à leur périphérie. L’objectif étant de contraindre la population à retourner dans les zones rurales et à désamorcer l’opposition au pouvoir, très active dans les centres urbains. En outre, ces démolitions ont favorisé l’installation de commerçants chinois, libérés de la concurrence des marchés informels. Pékin s’est naturellement gardé de toute protestation et bien au contraire a souligné les liens affectifs unissant les deux États lors de la visite de Mugabe en Chine en juillet 2005. Cette amitié avait été confirmée l’année précédente par la vente par Pékin de 12 avions de combat (FC-1) et d’une centaine de véhicules militaires, pour un montant de 240 millions de dollars.
32 L’attitude de l’Inde à l’égard du Zimbabwe de Robert Mugabe est également complaisante. L’Inde ne parvient pas à choisir entre la défense de valeurs qu’elle prétend incarner (le combat contre la ségrégation raciale et la démocratie) et ses intérêts économiques. En mars 2002, les membres du Commonwealth votèrent la suspension de la participation du Zimbabwe à cette organisation. Une suspension qui, un an plus tard, en décembre 2003, lors du sommet d’Abuja avait été décrétée illimitée, provoquant la décision de Mugabe de quitter l’organisation. L’Inde est restée très prudente et, sans approuver cette suspension, elle ne s’y est pas non plus opposée, contrairement à l’Afrique du Sud et au Mozambique. José Dos Santos et Robert Mugabe arrivent maintenant au terme de leur carrière politique, mais toute évolution démocratique à Luanda ou à Harare ne semble guère envisageable avant plusieurs années. En mai 2007, le ministre de la Sécurité nationale du Zimbabwe, Didymus Mutasa, affirmait que Mugabe allait rester au pouvoir jusqu’en 2013.
33 Les investissements chinois et indiens ne concourent guère au développement économique de la région. Le Rapport de la Banque mondiale comme celui de l’OCDE, parus l’an dernier, soulignaient les limites de la présence de la Chine en Afrique. La Chine se contente d’importer des matières premières, aggravant la dépendance des États africains envers les richesses minières et pétrolières (les hydrocarbures représentent à eux seuls 71 % des importations de la RPC en provenance du continent noir et les métaux 13 %). Les exportations de l’Angola sont constituées à hauteur de 94 % par le pétrole et celles du Mozambique à 70 % par l’aluminium. Une situation qui rappelle les échanges inégaux de l’époque coloniale, puisque la Chine comme l’Inde exportent pour leur part des biens de consommation. D’ailleurs, en dépit de leurs importations massives de matières premières, la Chine comme l’Inde ne déplorent qu’un déficit commercial limité avec l’Afrique (alors même que la valeur de leurs achats comme le pétrole s’est fortement appréciée). En octobre 2006, dans un entretien accordé au journal Les Échos[26]
[26] Les Échos, 24 octobre 2006, entretien avec Françoise Crouïgneau...
suite, Paul Wolfowitz, alors président de la Banque mondiale, avait vertement critiqué le comportement des banques chinoises en Afrique. Il leur reprochait de ne pas se soucier de la situation des droits de l’homme de leurs clients ni des dégâts écologiques provoqués par leurs investissements dans l’exploitation des matières premières. Une critique vivement démentie par Pékin qui rappelle l’ampleur des échanges bilatéraux et souligne sa contribution au développement d’une région qui connaît depuis quelques années de forts taux de croissance (autour de 20 % en Angola et 6 % en Afrique du Sud en 2006).
Bibliographie
Bibliographie
Banque Mondiale (2006), Africa’s Silk Road. China and India’s New Economic Frontier.
Centre for Chinese Studies (2006), China’s Interest and Activity in Africa’s. Construction and Infrastructure Sectors, Stellenbosch University.
Lafargue, F. (2005), Géopolitique de l’Afrique du Sud, Bruxelles, Complexe.
Lafargue, F. (2006), « L’Inde en Afrique : logiques et limites d’une politique », Afrique contemporaine, n° 219, Paris, Agence Française de Développement.
OCDE (2006), The Rise of China and India. What’s in it for Africa?
Notes
[1] Docteur en géopolitique et docteur en science politique. Il est professeur de géopolitique à l’École supérieure de gestion, et enseigne aussi à l’École centrale de Paris. Il vient de publier : Demain, la guerre du feu. États-Unis et Chine à la conquête de l’énergie (Ellipses, 2006). 
[2] Les publications relatives à la présence de la Chine et de l’Inde en Afrique sont très nombreuses. Citons parmi les plus récentes : Perret, C. (2007), « La Chine et l’Afrique », Atlas de l’intégration régionale en Afrique de l’Ouest, publié par l’OCDE et la CEDEAO ; et à propos de la politique de l’Inde en Afrique : Lafargue, F. (2006), « L’Inde en Afrique. Logiques et limites d’une politique », Afrique contemporaine, n° 219. 
[3] Au milieu des années 1970, l’opposition noire envers le régime de Ian Smith est divisée en deux groupes principaux, le mouvement ZANU (Zimbabwe African National Union) emmené par Robert Mugabe et qui regroupe principalement des populations Shonas et le ZAPU (Zimbabwe African People’s Union) dirigé par Joshua Nkomo, dont la base ethnique est essentiellement Ndébélé. Ce dernier va bénéficier de l’aide matérielle et militaire de l’Union soviétique, ce qui incitera Mugabe à se tourner vers la Chine. L’une des premières visites officielles du président Mugabe après sa victoire en 1980, sera à Pékin. 
[4] En 2005, selon les données de la CNUCED (hwww." target="_blank">http:// www. unctad. org/ ), le montant des flux d’investissements directs étrangers (IDE) au Zimbabwe s’est établi à 102,8 millions de dollars contre 8,7 millions pour l’année précédente. Cette même année le montant du stock des IDE s’élevait à 1,3 milliard de dollars. 
[5] Agence Xinhua « Zimbabwe approves investment projects worth US dollars 529 millions », 25 août 2006. 
[6] Selon les données de l’OMC, en 2005, l’Afrique du Sud est la destination de 30,7 % des exportations du Zimbabwe contre 6,9 % pour la Chine. L’Afrique du Sud est également le premier fournisseur d’Harare (42,8 %) suivi par la Chine (4,6 %). 
[7] Selon le Rapport de la Banque Mondiale, Africa’s Silk Road. China and India’s New Economic Frontier, Washington DC, 2006, p. 110. 
[8] Ministère du Commerce de l’Inde : hhttp:// commerce. nic. in/ 
[9] L’Inde assure le financement de l’acquisition du matériel informatique nécessaire à ce projet. 
[10] Bwititi, K., « India ready to enhance co-operation with Zim », Sunday Mail, Harare, 25 février 2007. 
[11] La communauté indienne à l’île Maurice est estimée à 720 000 personnes, à 100 000 au Kenya, à 90 000 en Tanzanie, à 28 000 à Madagascar, à 9 000 au Botswana, à 8 000 en Ouganda et à 4 000 en Zambie. (Chiffres du Report of the High Level Committee on the Indian Diaspora (2000)). 
[12] À la fin du XIXe siècle, le gouvernement britannique organisa l’arrivée de travailleurs indiens en Afrique du Sud. Cette politique migratoire visait à compenser la pénurie de main-d’œuvre, consécutive à l’abolition de l’esclavage dans les colonies de l’Empire britannique, décrétée en 1833. Une politique similaire fut menée en Afrique orientale et dans la Caraïbe. De 1860 à 1911, près de 150 000 Indiens, des travailleurs sous contrats, furent encouragés à s’installer dans l’Union sud-africaine. Ces hommes furent engagés dans les plantations de canne à sucre puis avec l’industrialisation liée à la découverte de l’or et du diamant, participèrent à la construction des voies ferrées et à l’extraction minière. Si les conditions de travail extrêmement pénibles de ces Indiens furent fréquemment dénoncées, la plupart après l’expiration de leur contrat de travail choisirent de rester en Afrique du Sud. Puis à la fin du XIXe siècle, des commerçants indiens plus souvent musulmans et originaires du Gujarat vinrent également s’installer en Afrique du Sud. 
[13] Tata Motors détient 2,2 % du marché automobile en Afrique du Sud. 
[14] La Communauté pour le Développement de l’Afrique Australe (SADC) comprend l’Afrique du Sud, l’Angola, le Botswana, la République démocratique du Congo, le Lesotho, Madagascar, le Malawi, l’île Maurice, le Mozambique, la Namibie, le Swaziland, la Tanzanie, la Zambie et le Zimbabwe. 
[15] Parmi les membres du G-20, figurent l’Inde, le Brésil, l’Afrique du Sud, la Chine, l’Argentine et le Mexique. 
[16] En décembre 2006, le président sud-africain Thabo Mbeki a déclaré au Cap lors du XIVe congrès du syndicat des étudiants sud-africains, que l’Afrique ne devait pas entretenir avec la Chine une relation coloniale en se contentant d’être un fournisseur en matières premières (dépêche Reuters). 
[17] À l’occasion de la visite de Vladimir Poutine en Algérie en mars 2006, d’importants contrats d’armements ont été conclus comme la vente de Mig-29 et de missiles sol-air, S-300. 
[18] Rapport de l’Agence internationale pour l’énergie, Angola Towards an energy strategy, 2006, p. 98. 
[19] Le bloc 18 est désormais exploité par BP (à hauteur de 50 %) et par une entreprise conjointe sino-angolaise, la Sinopec Sonangol International - SSI (à hauteur de 50 %). La Sinopec est majoritaire (75 %) dans le capital de cette société conjointe. 
[20] Reed, J « China on track to win many friends in oil-rich Angola », Financial Times, 4 mars 2006. 
[21] Les principaux opérateurs du bloc 18/6 sont SSI, (Sonangol Sinopec international) 40 %, Sonangol (30 %), et Petrobras (30 %). L’entreprise brésilienne sera l’opérateur du gisement car la seule à maîtriser les techniques de forages en eaux profondes. 
[22] Dépêche Reuters, 21 juin 2006 
[23] Le projet Sonaref. 
[24] Selon les données du rapport du FMI, p. 241 et le rapport de la Carana Corporation, The Role of Transportation & Logistics in International Trade: The Developing Country Context, 2003. 
[25] Le premier scrutin présidentiel depuis l’indépendance, organisé en 1992, n’avait pas pu être mené à son terme, l’UNITA de Jonas Savimbi n’ayant pas reconnu les résultats du premier tour. 
[26] Les Échos, 24 octobre 2006, entretien avec Françoise Crouïgneau et Richard Hiault : « Mon inquiétude porte sur l’ensemble de l’Afrique. Les principes de l’Équateur ont été mis en place. Près de 80 % des banques commerciales dans le monde respectent ces principes lorsqu’elles financent des projets. Les grandes banques chinoises, elles, ne les appliquent pas. C’est vrai qu’elles sont relativement nouvelles dans ce genre d’activité en Afrique. Mais il ne faudrait pas qu’elles commettent les mêmes erreurs que la France et les États-Unis avec le Zaïre de Mobutu… ».
Résumé
La Chine et l’Inde sont devenues depuis le début du XXe siècle des acteurs économiques de premier plan en Afrique, intéressés par les gisements de matières premières et d’hydrocarbures et soucieux de nouer avec l’Afrique un fructueux partenariat politique, leur assurant ainsi une plus forte influence au sein de la communauté internationale. En dépit des discours d’apaisement et de l’amélioration de leurs relations bilatérales (symbolisée par la visite de Hu Jintao en Inde en novembre 2006), Pékin et New Delhi se livrent sur le continent noir à une lutte d’influence acharnée.
La rivalité sino-indienne est sans doute la plus marquée en Afrique australe qui offre les perspectives économiques les plus prometteuses. L’Afrique du Sud constitue le premier marché de consommateurs du continent noir, un débouché pour les industriels asiatiques, l’Angola détient des réserves en hydrocarbures significatives, et le Zimbabwe comme la Zambie possèdent un sous-sol recélant de précieux minerais.
China and India have become major players in Africa since the beginning of this century. They are both especially interested in its raw materials and hydrocarbons and therefore are both pushing to strengthen their influence in the continent. Despite the cordial visit of Hu Jintao in India in November 2006, India and China are still engaged in a fierce rivalry in Africa, and especially in Southern Africa’s promising consumers market (the Republic of South Africa), its mining resources (Zimbabwe, Zambia) or of course its hydrocarbons (Angola).
PLAN DE L'ARTICLE
- Introduction
- Le Zimbabwe : un réservoir en minerais
- L’Afrique du Sud très convoitée
- L’Angola et l’enjeu des hydrocarbures
- La bataille du rail
- Quel bilan ?
POUR CITER CET ARTICLE
François Lafargue « La rivalité entre la Chine et l'Inde en Afrique australe », Afrique contemporaine 2/2007 (n° 222), p. 167-179.
URL : www.cairn.info/revue-afrique-contemporaine-2007-2-page-167.htm.
DOI : 10.3917/afco.222.0167.




