Les aides distribuées à Olléléwa et Tirmini : facteurs de dépendance ou de changement social ?
Mamane Tahirou Ali Bako
Élise Guillermet
Les discours des habitants des communes rurales d’Ollélléwa et de Tirmini, qui ont reçu des aides durant la crise alimentaire de 2004-2005 au Niger, nous invitent à contester l’assertion selon laquelle les populations bénéficières de distributions alimentaires organisées par l’État ou par les ONG internationales en deviendraient dépendantes. Loin d’illustrer un comportement passif et attentiste, ils décrivent des logiques de réappropriation des vivres, nous renseignant sur les hiérarchies socio-politiques locales, sur le pluralisme des normes, et sur les dynamiques liées à la décentralisation.
The interviews of the villagers of the rural districts of Ollélléwa and Tirmini, after the food crisis of 2004-2005 in Niger, invite us to contest that people who received food aid, weither from the State or from the international NGO, would become dependent on these mechanisms of solidarity. More than illustrating a passive and wait-and-see behaviour, they describe logics of re-appropriation of the humanitarian assistance, informing us about the local socio-political hierarchical organization, the dynamics which accompany the process of decentralization and the confrontation of plural norms.
• Introduction
• Quels bénéficiaires ? Les logiques d’« appropriation » de l’aide
— Maintenir la hiérarchie sociale : les privilèges des aristocrates
— La « part de la cour » : les foires au bétail
• Revendications et rumeurs : les impacts des distributions
— Un processus global qui accumule les inégalités
— Le discrédit des autorités étatiques
• Conclusion
• Bibliographie