Afrique contemporaine
De Boeck Université

I.S.B.N.9782804157838
294 pages

p. 21 à 29
doi: 10.3917/afco.226.0021

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Dossier « Culture et développement »

n° 226 2008/2

2008 Afrique contemporaine Dossier « Culture et développement »

Introduction thématique

Jean-Philippe Platteau  [*]
L’étude du rôle de la culture a longtemps été du ressort presque exclusif de la sociologie et de l’anthropologie culturelle. Sans surprise, les économistes du développement y ont prêté relativement peu attention. Il est pourtant intéressant de noter que, dans les années 1950 et 1960, les plus éminents d’entre eux se sont interrogés, quoique brièvement, sur les aspects culturels et sociaux du développement et ont tenté de répondre (de façon parfois abrupte) à la question : « les institutions, les comportements et les valeurs traditionnels peuvent-ils bloquer ou promouvoir la croissance économique ? ». Certains d’entre eux, désireux d’identifier des facteurs déterminants ou des préalables à la croissance économique moderne, ont présenté des points de vue très proches de la vision de modernisation née dans le champ de la sociologie (voir ci-dessous). Cela s’applique à Walter Rostow (1960, 1963), Stephen Enke (1963), Simon Kuznets (1966, 1968), Henry Bruton (1965) et Benjamin Higgins (1968) qui avaient tendance à considérer le développement comme le résultat d’un Big Push, une grande impulsion propulsant dans l’ère de la croissance autonome des sociétés traditionnelles stagnant depuis des siècles. Leurs écrits se distinguent par une bonne dose d’optimisme sur le rythme auquel les cultures et institutions traditionnelles incompatibles avec le nouveau système de croissance peuvent s’adapter à ses exigences.
À la même époque, d’autres économistes du développement ont toutefois envisagé les transformations institutionnelles et sociales des sociétés prémodernes d’une façon beaucoup moins radicale (Meier et Baldwin, 1957 ; Bauer et Yamey, 1957 ; Hirschman, 1958). Gerald Meier et Robert Baldwin, par exemple, ont opté pour une approche résolument progressive des changements socioculturels : « Il faut non seulement transformer l’organisation économique, mais aussi modifier l’organisation sociale […] de telle sorte que le système fondamental des valeurs et motivations soit plus favorable au développement […] Pour éviter le mécontentement humain, [toutefois], les transformations doivent être introduites de façon à perturber le moins possible la culture existante : les transformations culturelles doivent être sélectives […] la progression sera plus rapide en s’appuyant autant que possible sur les attitudes et institutions existantes plutôt qu’en marquant une rupture frontale avec la culture » (Meier et Baldwin, 1957, p. 356-359 [1]). Ils ont en outre explicitement signalé le danger de l’ethnocentrisme dans l’étude des problèmes socioculturels : « En se penchant sur les conditions socioculturelles du développement, un étudiant occidental doit éviter l’écueil de l’ethnocentrisme, c’est-à-dire de partir du principe que l’Occident étant développé, ses valeurs et institutions sont indispensables au développement » (p. 355) [2].
D’autres encore ont insisté sur la nature co-évolutive du développement culturel et économique. Peter Bauer et B.S. Yamey (1957) ne semblaient ainsi pas croire que la culture traditionnelle doive forcément être ébranlée pour rendre la croissance possible. Pour preuve, ils ont fait observer que « l’histoire économique du Japon démontre que transformation et croissance économiques rapides sont compatibles avec la préservation des comportements traditionnels et des relations sociales même s’ils doivent être redéfinis ou renforcés pour correspondre aux besoins du nouvel ordre économique » (p. 68) [3]. Dans le même esprit, Arthur Lewis (1955) estimait que les croyances religieuses, par exemple, pouvaient évoluer et être réinterprétées en fonction de l’environnement économique des sociétés. Autrement dit, lorsqu’ils sont hostiles à l’évolution économique, valeurs et comportements traditionnels finissent par s’adapter aux nouvelles opportunités économiques (p. 106). Quant à Alfred Hirschman (1958), il considérait que les clichés traditionnels du changement resteraient un obstacle majeur à une action constructive en faveur du développement économique jusqu’à ce que l’expérience les modifie dans le bon sens.
La diversité des points de vue exprimés par les économistes du développement reflète l’étendue du spectre des opinions et des perspectives défendues par les autres spécialistes des sciences sociales. À une extrémité, on trouve la « perspective hyper moderniste » (Rao et Walton, 2004, p. 10), illustrée très récemment par les travaux de Lawrence Harrison (2000), Samuel Huntington (2000) et David Landes (2000). Dans l’optique de cette approche, les pays à la traîne apparaissent comme des sociétés profondément ancrées dans des cultures traditionnelles qui sont incompatibles avec un développement axé sur le marché. Sans une profonde réforme de leurs habitudes culturelles – généralement initiée de l’extérieur –, le comportement, les normes, les habitudes et les règles collectives de leurs populations ne peuvent pas changer et le défi de la modernité ne peut pas être relevé. À l’autre extrémité, on trouve les critiques culturalistes du développement qui considèrent que les économistes ont façonné des perspectives de modernisation qui ont eu pour effet de « chosifier » les distinctions entre pays développés et pays en développement datant de l’époque coloniale (cf. par exemple, Escobar, 1995). En résumé, alors que le premier point de vue tend à considérer la culture comme un jeu de contraintes extérieures, le second la regarde comme un produit endogène des conceptions et des pratiques néo-coloniales.
Entre ces deux extrêmes, d’autres approches plus nuancées ont été proposées par des chercheurs tels que Mary Douglas, Clifford Geertz, Pierre Bourdieu, Arjun Appadurai, Jan Breman, Louis Dumont, James Scott et d’autres. Reposant sur une méthodologie holiste, propre à la sociologie et à l’anthropologie culturelle, leur approche traite la culture comme « l’un des domaines de la vie quotidienne » (Rao et Walton, 2004, p. 11 [4]) et offre l’avantage de jeter un éclairage intéressant sur des questions concrètes qui se posent au cours des processus de développement. Bourdieu (1990), par exemple, utilisant sa profonde connaissance de la Kabylie, définit une notion de « capital culturel » très utile pour comprendre la perpétuation des inégalités : il montre que les opportunités ont une dimension subjective au sens où elles sont perçues différemment selon la place que les gens occupent dans la société. De fait, elles sont transformées en aspirations ou en attentes individuelles puis assimilées par les gens comme des actions et des choix. Ces actions et ces choix tendant eux-mêmes à reproduire la structure objective des hasards de la vie, l’inégalité se trouve ainsi reproduite. Scott (1976, 1985) en donne une autre illustration dans son travail en décrivant de façon très détaillée comment les pauvres, comme les paysans asiatiques, se voient eux-mêmes dans les hiérarchies subtiles auxquelles ils appartiennent, comment cette vision du monde façonne leurs objectifs et leur perception des contraintes auxquelles ils sont confrontés, et comment ils conçoivent les moyens d’action et de résistance contre les groupes dominants. Loin d’être des acteurs passifs, ils s’efforcent d’évaluer leur place dans un monde asymétrique et mènent des actions dans l’espoir réaliste de modérer l’autorité de leurs patrons plutôt que d’essayer de renverser le système qui les opprime tout en leur permettant de subsister.
Ces contributions, souvent étayées par de nombreuses études de terrain, sont très éloignées des travaux des anthropologues et des sociologues universitaires qui ont choisi de rester confinés dans une perspective critique et de déconstruire les concepts du développement en des termes très généraux et abstraits, en évitant ainsi soigneusement de s’impliquer de façon constructive dans le débat sur les politiques du développement. Cette perspective a conduit leurs partisans à plaider pour un discours « post-développement » qui met tellement l’accent sur les spécificités culturelles qu’il empêche toute généralisation entre les différentes sociétés. La diversité est portée aux nues, parce qu’une valeur intrinsèque est attribuée à tout ce qui est « local », partiellement considéré comme un mouvement de résistance contre l’hégémonie occidentale. Toute généralité étant donc irrecevable, l’approche post-développement se place en dehors du champ de la science : les enquêtes sur les sociétés ne peuvent être que des études de cas extrêmement spécifiques qui frisent l’anecdotique. L’absence de fondements théoriques que suppose cette approche de l’étude de la culture contraste radicalement avec les évolutions récentes qui sont apparues dans le champ de l’économie et creuse ainsi un fossé infranchissable d’incompréhension entre les tenants du post-modernisme et les économistes.
Si la relation entre culture et développement a cessé d’être étudiée par les économistes pendant la majeure partie des années 1970 et 1980, il est intéressant de noter que lorsque cette question a recommencé à attirer leur attention dans les décennies suivantes, leur réponse a été beaucoup plus méthodique et claire que dans l’immédiat après-guerre. À cette époque, en effet, comme en témoignent les citations ci-dessus, les grands économistes du développement se cantonnaient à exprimer des idées générales sur le sujet de la culture. La raison du changement de la perspective économique sur ce sujet est évidente : grâce au progrès de la théorie des jeux, les économistes avaient acquis un cadre analytique dans lequel ils pouvaient conceptualiser la culture d’une façon compréhensible pour eux. Cela ne signifie pas qu’ils avaient trouvé une clef magique pour saisir tous les aspects essentiels de la vie culturelle dans une société, mais plutôt qu’ils avaient une meilleure perception des raisons pour lesquelles la culture est une composante indispensable des économies de marché modernes, et qu’ils s’étaient fait une idée plus précise de ce que l’économie peut ou ne peut pas leur apprendre sur le rôle de la culture. Ce faisant, ils avaient pris conscience de la limite de leurs connaissances et des questions pour lesquelles ils avaient besoin de faire appel à d’autres disciplines, en particulier l’histoire, la sociologie, l’anthropologie et les sciences politiques.
Il découle de l’application de la théorie des jeux à l’analyse des comportements individuels dans le contexte des groupes sociaux, qu’il n’existe pas de modèle unique pour représenter une réalité supposée universelle. La profession s’est ainsi détournée de l’ambitieux projet de vouloir construire un schéma unique de l’économie de marché à partir de simples hypothèses tirées de la théorie de l’équilibre général. Appliqué au domaine de la culture, cela signifie que les économistes ont maintenant pour pratique de composer des modèles spécifiques dans un cadre contextualisé. En conséquence de quoi, ils ne travaillent pas en ayant en tête une définition générale de la culture, mais en s’appuyant sur une conception de la culture correspondant au cas traité. Illustrons maintenant ce point méthodologique capital.
Lorsqu’ils cherchent à définir les conditions d’une transaction honnête dans les échanges marchands, les économistes introduisent la culture sous la forme de valeurs qui influencent les préférences. Ils considèrent par exemple que les acteurs fonctionnent dans la réciprocité plutôt que d’être des individus purement intéressés et opportunistes. Il peut aussi en découler qu’ils soient prêts à supporter des frais pour punir les opportunistes même s’ils ne tirent pas directement avantage de sanctionner ce comportement. Lorsqu’ils traitent par ailleurs des questions de diversité ethnique ou de discrimination, la culture prend la forme de sentiments d’identité basés sur le groupe qui influencent les comportements individuels, en plus des déterminants habituels d’utilité tels que le profit matériel ou le loisir. Dans les études sur la façon dont les gens se rattachent les uns aux autres dans le contexte de petits groupes de travail, les avantages individuels peuvent être définis comme étant liés à des considérations d’amour-propre associées à des notions de prestige social ou de honte. En revanche, lorsqu’ils traitent de questions de coordination en présence de sérieuses asymétries d’information, les économistes prennent en compte des normes sociales qui remplissent la fonction nécessaire de faire converger les attentes et les actions de façon à pouvoir définir une position d’équilibre appelée convention. Dans ce cadre, les normes sociales sont ainsi considérées comme des valeurs inculquées par la société ou groupe de référence qui entrent dans les préférences des individus. Il faudrait toutefois souligner que les valeurs n’étant qu’une composante de ces préférences, cela implique la possibilité de conflits entre les normes (transmises par les agents de socialisation) et d’autres motifs, d’où l’existence d’un problème de choix. En d’autres termes, une norme est une règle de comportement plutôt qu’une action prescrite (Greif, 2006).
Dans l’approche de la culture suivie par les économistes, il convient également de souligner la caractéristique suivante : il existe de multiples solutions institutionnelles à un problème de coordination survenant dans une société. Les institutions humaines ont la particularité inhérente de n’être qu’un modèle possible parmi de nombreux autres. Pour reprendre les mots de Masahiko Aoki (2001) : « S’il n’existe qu’un équilibre correspondant aux caractéristiques techniques de la structure du jeu, cet équilibre n’est alors guère plus qu’une représentation des conditions techniques, et non une institution » (p. 16). La culture remplit alors la fonction d’un dispositif de sélection qui permet à un équilibre possible d’émerger et de s’établir. Souvent, la spécificité culturelle revêt la forme de principes d’équité particuliers qui servent de points de convergence dans une communauté donnée. C’est ainsi que Roger Myerson (1991) définit les normes culturelles comme « les règles qu’une société utilise pour déterminer les équilibres focaux dans des situations de jeu [5] », en précisant qu’ « il peut exister des situations où des gens d’une culture donnée peuvent recourir à des principes d’équité pour déterminer un équilibre focal » (p. 113) [6]. Dans le même esprit, Peyton Young (1994) écrit que « les principes d’équité sont le moyen par lequel les parties s’accordent sur une solution particulière compte tenu des contraintes imposées par la rationalité économique » (p. 81) [7].
Enfin, l’idée que les peuples aient des attributs culturels inhérents qui n’évoluent pas est inacceptable pour la plupart des économistes comme pour la majorité des autres spécialistes des sciences sociales. Dans le cadre de l’économie, on considère que les normes, valeurs et conventions sociales sont sujettes à l’inertie, uniquement parce qu’elles ne changent pas aussi rapidement que les autres variables intéressant les économistes (prix, quantités de biens et services achetés et vendus, etc.). En d’autres termes, la lenteur à changer attribuée aux schémas culturels n’a qu’une signification relative. Il est vrai qu’une interprétation différente semble découler de la définition des conventions sociales comme l’équilibre issu d’un jeu : une convention sociale est une régularité comportementale qui se perpétue car les attentes et comportements individuels sont en équilibre lorsqu’une convention est bien établie (Young, 1996). Cela étant, les économistes, tout comme les sociologues et les anthropologues culturels, s’intéressent beaucoup à la façon dont une société ou un groupe social change lorsqu’une convention établie est ébranlée, suite, par exemple, à une modification de l’environnement économique ou technologique. Il s’agit à l’évidence d’un sujet à controverse, et certains économistes aiment à penser que, dans de telles circonstances, la culture sert de guide pour parvenir à atteindre une nouvelle position d’équilibre : elle est alors considérée comme un dispositif symbolique qui aide les attentes ainsi que les actions/choix à converger lorsque des considérations purement rationnelles sont incapables de produire ce résultat.
Comme j’espère l’avoir montré par cet exposé, le temps est venu pour un dialogue constructif entre les économistes et les autres spécialistes des sciences sociales. Nombreux sont les sujets, culturels et institutionnels, autour desquels ils peuvent apprendre les uns des autres, et, si l’on excepte les positions extrêmes comme celles qui s’inspirent de l’approche hypermoderniste ou des critiques culturalistes, les différentes disciplines peuvent de toute évidence s’entendre et acquérir un réel respect pour ce qu’apportent des experts d’autres horizons. Cette entreprise est en fait déjà engagée grâce aux efforts novateurs de Pranab Bardhan (et Isha Ray) pour réunir à deux reprises des économistes et des anthropologues. Ils ont permis de féconds échanges transdisciplinaires axés sur deux sujets bien définis : l’évaluation des changements économiques et sociaux dans l’Inde rurale, d’une part, et les ressources communales locales et l’action collective, d’autre part. Deux livres ont résulté de ces initiatives (1989, 2008). De la même façon, Vijayendra Rao et Michael Walton, autre tandem composé d’un économiste et d’un sociologue/anthropologue, ont organisé un débat transdisciplinaire sur l’inégalité et la pauvreté examinées sous l’angle intéressant du rôle de l’action publique pour les réduire. Il a également donné lieu à un ouvrage (2004).
Le présent travail résulte lui aussi d’un effort pour encourager le brassage des idées sur le développement entre les différentes disciplines des sciences sociales. Il a également été mené sous la forme d’une conférence où les participants de diverses disciplines ont échangé leurs points de vue sur le rôle de la culture dans le développement. Organisée par l’Agence française de développement (AFD) et le Réseau d’économistes européens travaillant sur le développement EUDN, cette conférence s’est tenue à Paris le 5 décembre 2007. Comme dans toutes les initiatives citées plus haut, l’objectif poursuivi par les organisateurs était de réunir des économistes, des sociologues, des anthropologues et des spécialistes de sciences politiques pour présenter leurs points de vue sur un certain nombre de questions concrètes demandant une analyse rigoureuse avant de pouvoir définir des orientations politiques. Il a ainsi été décidé dès le départ que la conférence ne consacrerait pas de temps à des définitions générales de la culture ni à des digressions théoriques sur les relations entre culture et développement. Les débats entre les spécialistes se sont donc concentrés sur des problèmes concrets et l’attention a été axée sur l’obtention de conclusions précises et d’éventuelles implications politiques.
Tous les exposés présentés dans ce numéro d’Afrique contemporaine, qu’ils soient écrits par des économistes ou d’autres spécialistes des sciences sociales, portent sur un sujet précis et traitent d’un problème qui est au cÅ“ur des débats actuels sur le développement. Certains correspondaient à des exposés complets, tandis que d’autres étaient soit des communications plus pointues sur un aspect spécifique du rôle de la culture, soit des commentaires sur l’exposé principal présenté en séance – ce qui explique leur longueur inégale. Les communications écrites par des économistes regroupent les exposés d’Eliana La Ferrara sur l’influence de la famille et des liens de parenté dans le développement, de Marcel Fafchamps sur les réseaux sociaux, les marchés et la diffusion des innovations institutionnelles, de Timur Kuran sur les rôles historiques de la culture, des institutions et de la religion pour expliquer le sous-développement économique dans les pays du Moyen-Orient, et de Rohini Somanathan sur l’évaluation des politiques de discrimination positive en Inde. Les exposés d’autres spécialistes des sciences sociales comprennent les communications de Michael Walton sur la signification des processus culturels du point de vue des pauvres, de Jean-François Bayart sur le rôle des luttes sociales, de Philippe d’Iribarne sur le rôle de la culture dans la gestion et le fonctionnement des entreprises, et de Jean-Pierre Warnier sur l’influence de la tradition sur l’esprit d’entreprise. On trouvera également un commentaire sur l’exposé de Kuran rédigé par Stéphanie Mahieu (sociologue), un autre par Mona Makram Ebeid (sociologue) et un commentaire sur l’exposé de Walton rédigé par Stuti Khemani (économiste).
 
BIBLIOGRAPHIE
 
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NOTES
 
[*]Jean-Philippe Platteau est le président du réseau EUDN et professeur d’économie à l’université de Namur. Ses travaux s’intéressent entre autres à la compréhension du rôle des institutions dans le développement économique.
[1]“Not only must economic organization be transformed, but social organization […] must also be modified so that the basic complex of values and motivations may be more favourable for development […] To avoid human discontent, [however], changes should be introduced in ways that will disrupt the existing culture as little as possible: the cultural change should be selective […] more rapid progress will come by utilizing as much as possible existing attitudes and institutions rather than by attempting a frontal breakdown of the culture.”
[2]“In considering the social and cultural requirements for development, a Western student should not make the mistake of ethnocentrism, that is, assuming that, because the West is developed, Western values and institutions are therefore necessary for development…”
[3]“The economic history of Japan demonstrates the compatibility of rapid economic change and growth with the preservation of traditional attitudes and social relationships, recast or re-emphasized as these may be to suit the needs of a new economic order.”
[4]“One of the realms of everyday life.”
[5]“The rules that a society uses to determine focal equilibria in game situations.”
[6]“There may be some situations where people of a given culture might look to equity principles to determine a focal equilibrium.”
[7]“[That] equity principles are the means by which the parties coordinate on a particular solution given the constraints imposed by economic rationality.”
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