Afrique contemporaine
De Boeck Université

I.S.B.N.9782804157852
196 pages

p. 21 à 34
doi: 10.3917/afco.228.0021

Veille sur la revue
Veille sur l'auteur
Vous consultez

Dossier « Les trajectoires de la Chine-Afrique »

n° 228 2008/4

 
Les trajectoires de la Chine-Afrique
 
 
En novembre 2006, lorsque les autorités chinoises invitent la quasi-totalité des chefs d’État africains au sommet du Forum de la coopération sino-africain, le monde occidental se réveille. Diplomates, journalistes, experts et chercheurs découvrent l’intensification tous azimuts des liens entre l’Afrique et la Chine. Focalisés sur les relations d’État à État, ils interprètent la croissance systématique des indicateurs macroéconomiques comme étant le fruit d’une « stratégie africaine » délibérément suivie par le pouvoir de Pékin. Des phénomènes très divers comme la croissance des échanges commerciaux, l’intensification des relations diplomatiques sino-africaines ou le développement de Chinatowns dans les centres-villes africains seraient orchestrés par le pouvoir central chinois : comme un seul homme, la Chine toute entière foncerait sur l’Afrique et viendrait phagocyter son territoire et ses ressources [1]. Selon cette thèse qui fait aujourd’hui autorité, le dragon chinois ne fait pas de quartier face à la pauvre autruche africaine [2]. Réveillés de leur sommeil, les analystes font état d’une chaîne de causalité implacable : Pékin aurait lancé la Chine sur une trajectoire de croissance consommatrice de ressources naturelles. Conscient du manque de ressources énergétiques et du manque de terre, ce même Pékin aurait élaboré une stratégie construite sur l’exportation de sa main-d’Å“uvre et de produits manufacturés d’un côté, et l’importation de pétrole, de minerais et de grumes de l’autre. Alors, la Chine toute entière aurait obéi à cet ordre pour faire de l’Afrique « la dernière province de l’Empire du Milieu » [3]. « Pékin est de retour en Afrique » (Valérie Niquet, 2006) et le mouvement ne ferait que commencer : car l’ogre monolithique récurrent des articles « Chine-Afrique » ne sait se rassasier et certains auteurs se demandent si la Chine n’est pas en train d’imposer un « nouveau pacte colonial à l’Afrique » (Keet, 2007). Un péril jaune serait même prêt à submerger l’Afrique, facteur de frictions sur un pré carré des anciennes puissances occidentales [4] : en un claquement de doigt, les autorités chinoises pourraient mobiliser des millions de Chinois sur le continent africain [5]. Dans cette perspective géopolitique, qui ne conçoit le monde que par la grille de lecture des États-nations, l’Afrique devient théâtre du « Grand Jeu du XXIe siècle » et représente l’enjeu de conquête des grandes puissances motivées par le contrôle des ressources naturelles, notamment du pétrole [6].
Ce dossier propose une lecture différente des relations tissées entre la Chine et l’Afrique, décalée de l’approche géopolitique et géostratégique qui domine les écrits des années 2000. Nous proposons d’analyser la nature des liens rangés sous le terme générique de Chine-Afrique, sans pour autant nier le pouvoir concentré à Pékin – et non le pouvoir de Pékin, sans ignorer que le gouvernement central chinois élabore effectivement une stratégie et sans contester la réalité macroéconomique. Ceci nous amène à voir que l’intensification des relations entre la Chine et l’Afrique n’est pas le fruit d’une seule rationalité imposée par Pékin mais bien le résultat de plusieurs rationalités qui convergent et se renforcent sans pour autant se confondre. Le sentiment de l’existence d’un pouvoir central surpuissant capable de mobiliser toute la Chine vers l’Afrique est une construction rhétorique appuyée sur les annonces officielles.
Ce dossier veut ainsi sortir de l’amalgame fait entre les peuples chinois, les bibelots made in China, les entreprises chinoises, les vendeurs de nems de Bamako et le bureau de Hu Jintao. Certes, la Chine est partout, mais comme ce dossier le montre, les autorités centrales chinoises n’ont pas le « monopole de la Chine ». Analyser le mouvement chinois vers l’Afrique consiste alors à identifier et à analyser la pluralité des acteurs, à saisir leurs rationalités et les mécanismes qui les mobilisent. Pour cela, nous avons choisi d’aborder le sujet depuis la Chine et depuis l’Afrique [7], de mobiliser des auteurs qui proposent à la fois des enquêtes de terrain et des analyses macroéconomiques et de privilégier une approche historique pour relativiser les mouvements à l’Å“uvre construits sur le temps long. Ceci permet de saisir la pluralité des Chines ; car derrière les sociétés pétrolières chinoises ou les petits entrepreneurs chinois des faubourgs de Dakar, se cachent des réalités économiques, sociales très variables, des territoires d’origines également très diverses [8]. Derrière le terme générique de « Chine » se trouvent plusieurs réalités chinoises, mais aussi des acteurs et des intérêts qui agissent depuis la Chine sans être pour autant chinois. « L’Afrique » cache aussi une pluralité de réalités : selon les pays, leurs ressources et leur histoire politique et économique, les relations Chine-Afrique connaissent d’importantes variations.
 
Chine-Afrique : résultat d’une recombinaison globale
 
 
Derrière la Chine-Afrique, une pluralité de rationalités
La certitude des auteurs qui privilégient une approche géopolitique s’accompagne d’une forte incertitude à l’égard des données qu’ils utilisent et des informations disponibles – malheureusement trop souvent exprimée en note de bas de page des études. Les analystes naviguent dans le brouillard et rencontrent des difficultés pour trouver des repères, comme en témoignent les difficultés posées par la mesure de l’aide chinoise en Afrique (Chaponnière, 2009). Les statistiques sont complexes et, une fois décortiquées, dévoilent difficilement ce qu’elles recouvrent. « L’opacité des décisions prises à Pékin » constitue un casse-tête pour les analystes confrontés à des « problèmes infinis : rétention d’informations, désinformation, intimidation ou simple mutisme des interlocuteurs, dénomination changeante des entreprises chinoises, sans parler de leur comptabilités en chiffres chinois » (Beuret et Michel, 2009). Chercheurs, journalistes et chancelleries internationales témoignent des difficultés pour percer ce qui se déroulerait dans une salle des cartes de Pékin, depuis laquelle un nouveau Grand Timonier pourrait dicter des décisions à un peuple chinois posté sur les starting blocks et prêt à obéir à sa baguette.
Les articles réunis ici montrent que la difficulté de lire le mouvement chinois n’est pas seulement due au manque de transparence : elle renvoie aussi à la coexistence de plusieurs réalités difficiles à démêler. Kernen et Vuillet (2009) sont catégoriques : « L’approche centrée sur les relations interétatiques fait perdre de vue la diversité et la spécificité de la présence chinoise ». « Au-delà du péril jaune », les deux auteurs décrivent avec précision les présences chinoises dans deux capitales africaines (Dakar et Bamako) et démêlent les trajectoires migratoires des Chinois. Ils démontrent que les migrations chinoises sont aussi celles d’individus et de familles qui décident seuls de quitter leur pays pour tenter leur chance ailleurs, sans que leurs choix ne soient contraints ou pris en charge par les autorités centrales chinoises. Des aventuriers viennent tenter leur chance en Afrique, « faute de mieux », sans garantie ou commande donnée par leur gouvernement et choisissent de quitter leur pays pour s’installer ailleurs, construire une famille dans leur nouvel Eldorado. Il faut éviter de tomber dans l’amalgame entre le pouvoir central chinois et les stratégies des centaines d’entreprises installées en Afrique (sans compter les milliers de petits commerçants) qui ont leur propre feuille de route.
Antoine Kernen et Benoît Vuillet nous prennent ensuite par la main pour parcourir les quartiers de Bamako et de Dakar, à la découverte des échoppes des petits commerçants chinois, dont ils analysent l’ancrage dans les économies locales et internationales. Nous découvrons alors l’arrière du décor des Chinatowns, dont l’intense « visibilité » est souvent plus une pratique ostentatoire que le reflet d’une mainmise chinoise sur les marchés africains : très visible à Dakar, la présence chinoise y reste marginale quand elle est silencieuse et plus ancrée à Bamako. Leur analyse évite de focaliser l’attention uniquement sur les Chinois, pour considérer les Chinois en relation avec les territoires africains et asiatiques. On réalise alors qu’il n’y a pas de filière contrôlée par un seul acteur chinois, lui-même relié à une commande venant de la Cité interdite : à chaque segment, des acteurs différents entrent en concurrence. Nulle part les Chinois n’ont le « monopole » de la relation avec la Chine comme en témoigne le contrôle des flux de produits manufacturés produits en Chine : ils sortent d’usines qui peuvent être financées par des investissements américains, européens, asiatiques ou africains et sont importés aussi bien par des Chinois que par des Libanais ou des Africains – « exportées par des filiales américaines, coréennes, européennes et japonaises présentes en Chine » (Chaponnière, 2009).
La reconnaissance de l’absence de monopole chinois et de la pluralité de rationalités sino-africaines montre que l’impression d’opacité dénoncée par les analystes tient autant au manque de transparence des autorités chinoises qu’à la focalisation des analystes sur « Pékin », les déclarations et les statistiques officielles. Largement formatée par les intentions désirées des autorités officielles qui mêlent dans leur discours rêves et effets d’annonce nécessairement bien loin de ce qui se passe dans la réalité, ces approches conduisent à des analyses fortement biaisées. D’où l’intérêt de partir d’autres réalités qui montrent que les statistiques recouvrent des stratégies hétérogènes, indépendantes et pas forcément cohérentes. C’est bien leur agrégation qui donne l’impression d’un plan bien ficelé et décidé depuis une salle des cartes pékinoise.
Cette approche renouvelle l’analyse de la relation pétrolière sino-africaine : la stabilisation de la relation énergétique entre les territoires africains et les centres de consommation chinois se construit par l’agrégation d’éléments hétérogènes qui convergent dans une spirale vertueuse (Meidan, 2009). Les exportations de pétrole africain vers la Chine ne recouvrent pas uniquement des échanges commerciaux et sont stabilisées par une intense activité diplomatique et de coopération chinoise dans les pays africains riches en pétrole (et plus généralement en matières premières), des stratégies d’investissements conduites par des entreprises chinoises dans l’extraction et le transport de pétrole. Le mouvement chinois est aussi tiré par une forte demande en pétrole que l’on peut difficilement attribuer seulement aux Chinois, tant le monde entier consomme les productions manufacturées exportées depuis la Chine et tant les investissements étrangers viennent pousser le développement économique chinois. La concurrence internationale sur le pétrole est surévaluée car, comme nous le rappelle Michal Meidan, les investissements chinois viennent occuper des « niches, où les compagnies pétrolières occidentales étaient moins présentes (comme en Angola, au Soudan et en Iran) ». Enfin, les exportations africaines vers la Chine ne sont pas seulement conduites depuis la Chine, et sont aussi impulsées par les États africains, soucieux de profiter de leurs ressources naturelles : la relation est finalement plus symétrique que ne le suggère une approche privilégiant la seule « motivation pétrolière chinoise ».
La Chine est plurielle ; il en est de même de l’Afrique, deuxième continent du monde par sa population et composé de 53 pays (en comptant Madagascar et les archipels) aux trajectoires de développement très diverses. Alors, la Chine-Afrique pétrolière n’a rien à voir avec la Chine-Afrique des infrastructures et des travaux publics du Maghreb, qui n’a rien à voir avec la Chine-Afrique du petit entreprenariat sud-africain, malien ou sénégalais ; une diversité qu’il faut garder à l’esprit pour l’analyse prospective du devenir des relations sino-africaines.
La Cité interdite débordée par le mouvement chinois vers l’Afrique
Sans contredire l’existence d’une stratégie pékinoise, les textes réunis dans ce dossier montrent que le cadre défini par les autorités centrales est débordé par des dynamiques démographiques, économiques et politiques. En fait, les relations entre l’Afrique et la Chine s’inscrivent dans une recombinaison de l’économie mondiale, à laquelle participent les autorités chinoises, les entrepreneurs chinois et les travailleurs chinois, mais aussi les entreprises occidentales et les ménages qui achètent des biens manufacturés. La Chine-Afrique est tout autant un facteur et une résultante d’une dynamique politique et économique mondiale (Alden et al., 2009). Incontestable, l’émergence de la Chine comme un acteur majeur en Afrique est l’expression la plus flagrante d’une nouvelle dynamique globale qui a pour résultat de placer la Chine au centre de la politique mondiale contemporaine.
Les Chinois n’ont pas le monopole de la Chine (Kernen, 2009) : de même que les Chinois ne sont pas les seuls à « exporter » les produits chinois, les autorités chinoises ne sont pas les seules à mettre en mouvement les citoyens chinois. Malgré ses encouragements à la mobilité internationale des citoyens chinois, Pékin « n’exporte » pas sa main-d’Å“uvre, qui ne lui appartient pas, contrairement à ce que pourraient laisser penser les récentes analyses qui reprennent à leur compte les dires d’apparatchiks chinois [9]. Plusieurs indices montrent que la sortie des Chinois n’est pas totalement contrôlée par le pouvoir central. La sortie de Chinois du territoire de la République Populaire de Chine dépasse les mesures prises récemment par le pouvoir central, solutions mises en Å“uvre pour formaliser un processus déjà en cours depuis les années 1990, bien souvent de manière clandestine. Certaines diasporas chinoises sont installées en Afrique depuis le XIXe siècle et l’actuelle émigration (hors diaspora établie) est finalement relativement faible : elle représente seulement 0,2 % de la population quand on sait que 2 % des citoyens américains résident à l’étranger [10]. En Afrique, les ambassades chinoises ont bien du mal à endiguer leurs nationaux (Kernen, 2009). Opportunistes, les milliers de Chinois installés en Afrique n’obéissent pas au doigt et à l’Å“il du président de la RPC. Alors, les associations de ressortissants chinois sont créées autant dans un souci de contrôle d’une population que les autorités chinoises ont du mal à contenir, que pour gérer une relation pacifique avec les autorités locales et les entreprises locales et faire face à des difficultés imprévues.
En fait, le mouvement de la Chine vers l’Afrique est expliqué par des variables plus globales et structurantes que la seule volonté d’un gouvernement central de mettre la main sur les ressources et territoires africains. Le mouvement expansionniste tous azimuts de la Chine perce là où cela peut percer, notamment sur les niches économiques (Kernen, 2009) encore en friche. Il n’est pas forcément en concurrence avec les entreprises africaines et n’empiète pas toujours sur un quelconque pré carré occidental – on remarque ici qu’Antoine Kernen et Benoît Vuillet arrivent à des conclusions semblables à celles développées par Michal Meidan dans le cas du pétrole.
Alors, il est important de ne pas donner trop de valeur aux effets d’annonce des autorités chinoises qui mettent en avant une volonté délibérée de contourner ou de concurrencer les relations liées entre les pays africains et les pays occidentaux. L’exemple de l’aide chinoise est particulièrement révélateur car elle reste située aux marges de la gouvernance mondiale de l’aide (Guérin, 2009). Les Chinois ne sont pas alignés sur les programmes internationaux et mènent leur propre chemin. Pour la plupart des analystes, ce non-alignement est un contournement délibéré des institutions de Bretton Woods, fidèle à une présupposée culture du non-alignement développée à Bandung en 1955. Mais derrière la volonté des autorités chinoises d’instaurer un « nouvel ordre international politique et économique, juste, rationnel et marqué par l’égalité et le bénéfice mutuel », les Chinois mobilisent aussi des ressources internationales pour financer des projets auxquels ils participent (Guérin, 2009). De plus, le non-alignement chinois est aussi le fruit de la marginalisation des institutions financières de Washington, qui dépasse de loin la seule stratégie pékinoise de contournement de l’Occident : la hausse des matières premières aidant, plusieurs pays africains étaient moins demandeurs.
La Chine a-t-elle un plan pour l’Afrique ? S’il y a bien une stratégie chinoise élaborée à Pékin, le mouvement chinois vers l’Afrique n’est pas seulement le fruit de cette stratégie (Beuret, 2009). Derrière des plans bien « ficelés », la volonté de trouver un « espace vital », d’« internationaliser ses majors » et de faire main basse sur les matières premières africaines, c’est bien plusieurs rationalités qui sont en Å“uvre, s’agrègent sans pour autant se confondre.
Les enseignements de l’analyse historique
L’analyse des relations Chine-Afrique montre qu’elles se construisent de manière incrémentale : les relations entre territoires chinois et africains s’établissent sur un socle de relations anciennes. C’est cette inscription dans la durée et cet ancrage dans les territoires africains qui permettent aux entreprises de ficeler des projets, de proposer des packages au label chinois. Dans les années 1980, ces sociétés ont construit des palais, assemblées nationales et stades, qui ont donné une forte visibilité à l’aide chinoise. Ce faisant, elles se sont implantées dans de nombreux pays. En diminuant leurs coûts d’approche, cette proximité est devenue l’un des principaux facteurs de compétitivité de ces entreprises, régulièrement moins-disantes dans leurs réponses aux appels d’offres.
La prise en compte de l’historicité des relations Chine-Afrique permet aussi de comprendre la pluralité de leurs formes, selon les pays et régions africaines. Les Chinois de Dakar, arrivés récemment et majoritairement issus de la province de Henan, ont des profils sociologiques et des parcours migratoires très différents des Chinois installés sur le temps long à Bamako. De même, selon l’ancienneté de l’installation en Afrique, les niches économiques chinoises sont différentes et la migration se fond plus ou moins facilement à la population locale.
L’approche historique (Chaponnière, 2009) permet surtout de relativiser le mouvement chinois vers l’Afrique et d’apporter une lecture critique aux analyses actuelles. Quand les Occidentaux s’éveillent et se rendent compte que les Chinois sont arrivés en Afrique, les relations sino-africaines sont en fait anciennes et la stratégie du pouvoir central chinois est réglée sur des principes déjà définis par Zhou Enlaï, mêlant à la fois les intérêts politiques et économiques, l’accès aux ressources naturelles, et la même rhétorique de la « stratégie gagnant-gagnant ». Déjà dans ces années, la Chine se présentait comme une alternative aux stratégies de développement proposées par « l’Homme blanc » dans une matrice néocolonialiste. De même, les autorités chinoises font preuve d’une étonnante continuité dans leur discours lorsqu’elles vantent l’efficacité de leurs entreprises.
Pour y voir plus clair, il faudrait mener des travaux historiques et tester la robustesse du monolithisme chinois au cours de la période de 1950 et 1960. On découvrirait certainement une Chine moins intègre que celle que l’on s’imagine aujourd’hui, comme ce qui a été fait avec l’Union soviétique où les historiens ont démontré l’important degré de libertés des Républiques soviétiques et socialistes au sein du « bloc communiste », malgré la dictature du pouvoir central. En fait, la continuité des discours officiels chinois peut finalement être considérée comme une continuité du discours du regard occidental sur la Chine. Il est amusant de lire qu’au cours des années 1960, les analystes occidentaux donnaient tant de valeurs aux seuls effets d’annonce du pouvoir central chinois. Alors, « l’irruption chinoise en Afrique » inquiétait et suscitait autant de réactions de méfiance de la part des Occidentaux que celles que l’on peut lire aujourd’hui. Les récentes rumeurs de plan de colonisation chinoise par des mouvements migratoires décidés depuis Pékin résonnent avec le « péril jaune » développé dans les années 1960 et la possibilité de déferlement des Gardes rouges sur l’Afrique.
Comme aujourd’hui, les jugements portés sur la Chine-Afrique ne connaissent pas la demi-mesure : « saint ou impie alliance du XXIe siècle » (Gaye, 2006), les relations Chine-Afrique sont présentées depuis les années 1960 soit comme une menace, soit comme un modèle pour le développement africain. Ces deux types de discours, pessimistes ou optimistes, quand ils sont construits sur une représentation monolithique de la Chine et de l’Afrique, sont clairement critiquables. En effet, quand le discours démesurément optimiste stigmatise, le discours démesurément optimiste alimente l’idée d’une intervention extérieure nécessaire pour « réveiller l’Afrique ». Quand les Chinois insistent sur leur présence séculaire en Afrique tout en réécrivant l’histoire, les Occidentaux, qui considèrent la Chine comme une menace ou une opportunité, s’étonnent de cette « irruption brusque et imprévue ». Les autorités chinoises naturalisent la présence de la Chine en Afrique quand les Occidentaux dessinent une entrée par effraction de la Chine dans leur soi-disant pré carré.
 
Prospective de la Chine-Afrique : questions ouvertes
 
 
Des relations durables entre la Chine et Afrique
L’intensification des relations avec la Chine est considérée comme l’évolution la plus importante qu’ait connue l’Afrique depuis les indépendances (Alden et al., 2009). Certains se demandent si la Chine réussira là où les puissances occidentales ont échoué. Une question reformulée par Large (2007) : l’Afrique réussira-t-elle à bénéficier de l’intérêt que lui porte la Chine d’une manière soutenable et différente des modèles établis avec les autres puissances ? Cette question en suscite d’autres que n’aborde pas la littérature « Chine-Afrique » et que l’on évoquera en guise de conclusion.
Tous les travaux postulent que la Chine est en Afrique pour y rester. S’il paraît le plus vraisemblable, ce scénario n’est pas le seul envisageable (Alden et al. 2009 ; Meidan, 2009). D’une part, les relations Chine-Afrique sont déjà passées par des hauts et des bas, et d’autre part, la stratégie chinoise d’implantation repose sur des choix discutables. En mettant leur veto à l’offre chinoise de rachat de la société pétrolière Unocal, les Américains ont probablement convaincu Pékin du bien-fondé de sa stratégie d’implantation en Afrique, car elle démontrait que la voie du marché était semée d’embûches. Mais contrôler la production suffit-il à sécuriser un approvisionnement en cas de tensions ? On peut en douter (Meidan, 2009). Trois cinquièmes des importations chinoises de pétrole transitent par le détroit de Malacca surveillé de part et d’autre (Diego Garcia et Singapour) par la marine américaine. Aussi, vu de Pékin, donner plus de moyens à la « stratégie du collier de perles » – la construction de ports chinois d’Asie du Sud-Est au Golfe persique – pourrait se révéler plus efficace que d’investir dans des champs pétroliers du Soudan ou d’ailleurs. Elle l’est d’autant plus que le coût de ces implantations risque de s’alourdir. En 1969, les Chinois ont fait les frais du renversement de N’Krumah et, selon Karumbidza (2007), ils risquent de souffrir de leur soutien au président Mugabe. Par ailleurs, le gouvernement chinois, qui a bien du mal à contrôler ses entreprises en Chine, a encore plus de difficulté à les contrôler en Afrique, et les abus dont elles se rendent coupables peuvent susciter des réactions de rejet (Beuret et al., 2009). Enfin, on ne peut pas exclure que l’engagement chinois en Afrique soit victime d’une évolution politique en Chine.
Au XVe siècle, un changement d’empereur a mis un terme aux missions de l’amiral Zheng He. Six siècles plus tard, la Chine paraît à l’abri d’une telle évolution. Toutefois, et même si le gouvernement n’a pas à affronter des échéances électorales, il doit composer avec son opinion publique – on en a eu l’illustration avec les réactions au tremblement de terre au Sichuan en juillet 2008. Dans les années 1970, lorsqu’il imposait des efforts à la population chinoise pour aider des pays africains plus riches que la Chine, le gouvernement publiait leurs remerciements pour démontrer leur bonne opinion que ces pays avaient de la Chine (Hutchinson 1976). Depuis, les Chinois se sont enrichis et sont probablement devenus moins sensibles aux discours vantant la solidarité entre les peuples. Peuvent alors naître des arguments « cartiéristes » : faut-il aider la Corrèze ou le Zambèze ? La province d’Anhui ou le Malawi ? Faut-il aider les paysans africains alors que des millions de « migongs » [11] chinois perdent leur travail en 2009 ?
Les résultats apportés par notre dossier montrent que ces craintes s’avéreront sans doute infondées et les relations sino-africaines vont probablement s’intensifier. C’est le scénario le plus probable. Avec quelles conséquences pour l’Afrique ? Les financements massifs chinois dans la construction d’infrastructures permettent aux pays africains d’exporter aujourd’hui des matières premières et demain des produits agricoles – voire même des biocarburants – vers la Chine. En contribuant à la remontée des cours des matières premières, l’appétit chinois a été un moteur de la croissance africaine jusqu’à la crise d’octobre 2008…
La crise entraînera-t-elle l’affaiblissement ou l’intensification des relations Chine-Afrique ?
Depuis 2000, la Chine a profité de la boulimie de consommation américaine, qu’elle a d’ailleurs entretenue en investissant ses réserves en bons du Trésor américain. Ce contexte a contribué à l’intensification des relations commerciales entre la Chine et l’Afrique, qui ont décuplé entre 2000 et 2008. La demande chinoise a accéléré la croissance africaine en dopant le cours des matières premières. Ce mouvement s’est brusquement arrêté au cours de l’été 2008. La chute des cours annonce-t-elle le ralentissement des économies africaines et le délitement des échanges sino-africains ?
Ce retournement, qui met en difficulté les exportateurs de matières premières, est plutôt une bonne nouvelle pour les autres pays africains. Car la baisse de la facture pétrolière s’accompagne de la diminution des prix alimentaires, dont l’envolée avait provoqué les émeutes de la faim au début 2008. Aussi, selon les prévisions du FMI, le ralentissement des économies africaines sera moins marqué que celui des économies asiatiques et surtout de la Chine, qui pourrait connaître un atterrissage brutal en 2009. Cela signifie que l’intérêt des Chinois pour les marchés africains augmentera. Inversement, la baisse des cours conjuguée au ralentissement de l’économie chinoise sont a priori des mauvaises nouvelles pour les exportations africaines vers la Chine ; le ralentissement chinois doit toutefois être remis en perspective. Dans un contexte de contraction des économies américaines, européennes et japonaises, une économie chinoise même anémiée restera l’un des rares moteurs de l’économie mondiale. La demande occidentale diminuant plus vite que la demande chinoise, la place de la Chine dans les exportations de l’Afrique augmentera. La crise pourrait donc s’accompagner d’une intensification des échanges entre la Chine et l’Afrique, qui se fera à un niveau de prix moins élevé [12].
Au-delà de cette crise, la plus grave depuis celle de 1929, on devrait assister à une inflexion du régime de croissance tant aux États-Unis – où l’épargne augmentera – qu’en Chine. Depuis le 17e congrès, le Parti communiste chinois plaide pour une croissance plus harmonieuse s’appuyant moins sur l’investissement et l’exportation, et davantage sur la consommation. La crise accélérera l’inflexion du régime de croissance chinois et l’élargissement de la demande domestique assurera à la Chine la poursuite d’une croissance vigoureuse. Les relations tissées entre la Chine et l’Afrique ne vont pas disparaître, tout au contraire, et ce développement continuera à suivre des trajectoires différenciées selon les pays, en relation avec le nouveau contexte international et avec les liens tissés historiquement.
Plus les entreprises chinoises investiront dans le secteur pétrolier et les minerais en Afrique, plus le gouvernement chinois sera tenu de s’y engager politiquement et militairement : il a signé des accords de coopération militaire avec l’Angola, le Congo, la République centre-africaine, et dispose d’installations au Soudan et en République démocratique du Congo. L’armée chinoise participe davantage aux opérations de maintien de la paix des Nations unies ou de l’Union africaine et envoie un nombre croissant de casques bleus (Hugon, 2008). Depuis le début 2009, la marine chinoise patrouille le long des côtes somaliennes. Si ces liens parviennent à maintenir la stabilité sur le continent africain, ils assureront des conditions nécessaires au développement.
Parallèlement, la demande chinoise renforce la spécialisation africaine dans les mines et l’agriculture. Le développement des pays africains ne sera pas nécessairement synonyme de réduction des inégalités et de la pauvreté, car la rente a plus souvent été un obstacle qu’un moteur du développement. « La malédiction des ressources naturelles » n’est bien entendu pas une règle implacable et il y a heureusement des exceptions, y compris en Afrique. Au cours des trente dernières années, le Bostwana, petit pays enclavé et très riche en diamant, a connu une croissance plus rapide que celle de la Chine. Cette expérience, de même que celles de la Norvège, de l’Australie et du Chili, sont autant de références sans doute plus pertinentes que la Chine. En effet, l’élargissement de la taille des marchés et l’exportation des matières premières peuvent favoriser l’industrialisation de l’Afrique. Et, à l’instar de ce qui s’est passé dans les économies riches en matières premières du Sud-Est asiatique, ce mouvement pourrait bénéficier du dynamisme des entrepreneurs chinois installés en Afrique.
Plus généralement, l’intensification des relations entre la Chine et l’Afrique est précurseur d’un mouvement plus général de développement afro-asiatique. La montée de la Chine dans les échanges africains est parfois interprétée comme se faisant aux dépens des autres pays asiatiques, à commencer par le Japon qui était, jusque dans les années 1990, le premier fournisseur asiatique du continent africain devant la Corée et l’Inde. Ces trois derniers pays auraient été bousculés par l’irruption de la Chine qui est désormais le premier fournisseur asiatique de l’Afrique. Comme nous le montrons dans ce dossier, les statistiques commerciales ne révèlent pas la nature des acteurs et la montée de la Chine en Afrique n’est pas seulement le fait des entreprises chinoises. Elle s’explique également par la recomposition de l’Asie autour de la Chine [13].
S’il s’écarte d’une approche strictement géopolitique et macro-économique, ce dossier ne doit pas pour autant laisser penser que ces facteurs n’ont pas leur importance. En effet l’affirmation chinoise amène les autres pays à intensifier leurs relations avec l’Afrique. En 2008, le Japon a organisé son quatrième sommet [14] avec l’Afrique, et l’Inde son premier, tandis que la Corée a organisé son second forum de coopération avec l’Afrique. Les pays asiatiques ne veulent pas laisser à la Chine le monopole des relations diplomatiques avec l’Afrique. Car depuis les indépendances, l’Afrique est aussi le théâtre des rivalités diplomatiques asiatiques. La bataille pour la représentation de la Chine à l’ONU a opposé Pékin à Taipeh et vingt-deux pays africains reconnaissaient Taiwan dans les années 1970. Ils ne sont plus qu’une poignée aujourd’hui, que Pékin a d’ailleurs invités au sommet de 2006. Dans les années 1980, l’Afrique a été le champ clos du conflit entre les deux Corées, un conflit qui s’est achevé sur la victoire du Sud à l’approche des Jeux olympiques de Séoul (1988). Dans les années 1990, la Chine a multiplié les manÅ“uvres pour éviter que le Japon n’obtienne un siège permanent au Conseil de sécurité. Les années à venir seront probablement marquées par la rivalité entre la Chine et l’Inde. Entre-temps, l’intérêt de la Chine, et également de l’Asie, pour l’Afrique amène l’Europe à réévaluer l’importance de l’enjeu africain.
 
BIBLIOGRAPHIE
 
·  Alden, C., Large, D. et R. Soares de Olivera (2009), « Chine-Afrique, facteur et résultante de la dynamique mondiale », Afrique contemporaine, n° 228.
·  Beuret, M. et S. Michel (2009), « La Chine a-t-elle un plan pour l’Afrique ? », Afrique contemporaine, n° 228.
·  Chaponnière, J.-R. (2009), « Un demi-siècle de relations Chine-Afrique, évolution des analyses », Afrique contemporaine, n° 228.
·  Gaye, A. (2006) Le dragon et l’autruche, Paris, L’Harmattan.
·  Guérin, E. (2009), « Bailleurs émergents et gouvernance mondiale de l’aide au développement : où en est la Chine en Afrique ? », Afrique contemporaine, n° 228.
·  Hugon, P. (2008), « Les relations entre la Chine et l’Afrique », Cahiers de l’IRIS.
·  Hutchison, A. (1976), China’s African revolution, West View Boulder.
·  Keet, D., (2007), “The role and impact of Chinese economic cooperation in Africa”, in M. Firoz et S. Marks, African perspectives on China in Africa, Fahamu Books.
·  Kernen, A. (2007), La Chine vers l’économie de marché, Paris, Karthala.
·  Kernen, A. et B. Vuillet (2009), « Petits commerçants et entrepreneurs chinois au Mali et au Sénégal », Afrique contemporaine, n° 228.
·  Lafargue, F. (2005), « La Chine, une puissance africaine », Perspectives chinoises, n° 90.
·  Large, D. (2007), “As the beginning ends: China return’s to Africa”, in M. Firoz et S. Marks, African perspectives on China in Africa, Fahamu Books.
·  Larkin, B.D. (1971), China and Africa, 1949-1970: the foreign policy of the people’s Republic of China, University of California Press.
·  Marchal, R. (2007), Afrique Asie une autre mondialisation, Paris, Presses de Sciences Po.
·  Meidan, M. (2009), « Le pétrole et la Chine-Afrique : plus qu’une relation commerciale », Afrique contemporaine, n° 228.
·  Niquet, V. (2006), « La stratégie africaine de la Chine », Politique étrangère, n° 2-2006.
 
NOTES
 
[*]Depuis 1980, les travaux de Jean-Raphaël Chaponnière portent sur les économies asiatiques. Auparavant ingénieur de recherche au CNRS et conseiller économique de l’Ambassade de France en Corée du Sud (1998-2000) puis en Turquie (2000-2003), il est depuis 2005 économiste au département Asie à l’Agence française de développement (AFD). Il a récemment publié des articles dans les revues Tiers Monde (juillet 2008), Futurible (décembre 2008) et Économie mondiale (2008 et 2009).
[**]Agronome et ingénieur des Eaux et des Forêts, Raphaël Jozan conduit une thèse en économie, sous la direction de Bernard Barraqué, au Laboratoire Techniques Territoires et Sociétés (LATTS), école des Ponts et Chaussées (ENPC), université Paris-Est. Depuis 2008, il est chargé de mission auprès de l’économiste en chef à l’Agence française de développement (AFD).
[1]La figure de la « mainmise chinoise sur l’Afrique » est récurrente, dans les articles scientifiques et, plus encore, dans les articles de journaux. On peut citer le titre du journal Le Monde pour une interview des journalistes Michel Beuret et Serge Michel à l’occasion de la sortie de leur ouvrage La Chinafrique (Grasset, 2008) : « L’Afrique est ruinée ? La Chine est preneuse ». On retrouve ici la figure du Grand Timonier Mao Zedong, dont les propos sont cités par Larkin en 1971 : « si nous prenons le Congo, nous pouvons avoir toute l’Afrique ».
[2]Les métaphores du dragon et de l’autruche sont empruntées à l’essai d’Adama Gaye (Gaye, 2006).
[3]L’expression « la dernière province de l’Empire du Milieu » est une métaphore d’Henri Verdier.
[4]La stratégie africaine conduirait mécaniquement à une « nouvelle “fièvre chinoise” », soit la migration de plusieurs centaines de milliers de Chinois en Afrique (Niquet, 2006).Certaines rumeurs folles font même état de 3 millions de Chinois arrivés en Angola – qui compte 13 millions d’habitants. Sur la thèse du péril jaune, lire le texte de Jean-Raphaël Chaponnière dans ce dossier (Chaponnière, 2009).
[5]Face aux problèmes de surpopulation chinoise, le président Hu Jintao envisagerait même les migrations vers l’Afrique comme « une solution » pour « faire baisser la pression démographique, la surchauffe économique, la pollution » (Beuret et Michel, 2008).
[6]C’est effectivement ce qui domine les analyses qui adoptent un point de vue géopolitique des relations Chine-Afrique, comme celle de François Lafargue pour qui « la Chine voit dans l’Afrique un réservoir de matières premières énergétiques et minières » et qui souligne la confrontation de la stratégie chinoise avec « les intérêts des États-Unis soucieux, eux aussi, de diversifier leur approvisionnement pétrolier » (Lafargue, 2005).
[7]Une partie (voire l’essentiel) des travaux de J.-R. Chaponnière, Michel Beuret, Serge Michel et Michal Meidan porte sur la Chine ou sur l’Asie.
[8]Le dossier est construit en partie à partir des résultats des recherches d’Antoine Kernen qui permettent de rejeter les interprétations monolithiques de la Chine (Kernen, 2007).
[9]À ce sujet, on pourra se référer aux propos farfelus d’un dirigeant d’Eximbank of China rapportés dans Beuret et Michel (2009).
[10]L’émigration chinoise a été considérable au XIXe siècle lorsque les travailleurs chinois se sont embarqués pour le Sud-Est asiatique, le Pacifique, l’Amérique et l’Afrique. Originaire des provinces côtières, cette émigration a été à l’origine des diasporas chinoises. La seconde vague a commencé dans les années 1990 et concerne l’ensemble de la Chine et elle s’est globalisée. La Banque mondiale recense 200 000 Chinois (nés en Chine) au Japon en 2000, 1,1 million en Amérique du Nord dont la moitié arrivée depuis 2000 et 750 000 en Afrique. Vue de Chine, l’émigration (hors diasporas établies) qui représente 0,2 % de la population du pays est un phénomène marginal. Jusqu’où peut-il aller ? Une comparaison peut être fournie par les États-Unis. On évalue à 2 % le pourcentage de citoyens américains résidant à l’étranger. Appliqué à la Chine, ce pourcentage porterait à 26 millions le potentiel chinois. Il y a aujourd’hui deux fois plus de Chinois en Afrique que de Français, alors que les Français étaient sans doute deux fois plus nombreux que les Chinois il y a dix ans. Cet écart va se creuser car l’émigration chinoise reste à venir.
[11]Le terme migong peut littéralement se traduire par « sous-homme ».
[12]La visite de Hu Jintao au Mali, Sénégal, Tanzanie et à l’Île Maurice en février 2009 a démontré que la Chine maintenait son engagement en Afrique et qu’elle ne s’intéressait pas uniquement aux pays exportateurs de matières premières.
[13]Au cours des dix dernières années, de très nombreuses entreprises japonaises ou coréennes se sont implantées en Chine et ce n’est plus du Japon ou de Corée, mais de Chine, qu’elles commercent avec l’Afrique.
[14]Le Japon avait organisé un premier sommet avec l’Afrique en 1993 et la Malaisie en avait fait de même en 1995.
© Cairn.info 2009 Vie privée | Conditions d’utilisation | Conditions générales de vente
Cairn.info | Éditeurs | Bibliothèques | Aide à la navigation | Plan du site | Raccourcis
[*]
Depuis 1980, les travaux de Jean-Raphaël Chaponnière porten...
[suite] Suite de la note...
[**]
Agronome et ingénieur des Eaux et des Forêts, Raphaël Jozan...
[suite] Suite de la note...
[1]
La figure de la « mainmise chinoise sur l’Afrique » est réc...
[suite] Suite de la note...
[2]
Les métaphores du dragon et de l’autruche sont empruntées à...
[suite] Suite de la note...
[3]
L’expression « la dernière province de l’Empire du Milieu »...
[suite] Suite de la note...
[4]
La stratégie africaine conduirait mécaniquement à une « nou...
[suite] Suite de la note...
[5]
Face aux problèmes de surpopulation chinoise, le président ...
[suite] Suite de la note...
[6]
C’est effectivement ce qui domine les analyses qui adoptent...
[suite] Suite de la note...
[7]
Une partie (voire l’essentiel) des travaux de J.-R. Chaponn...
[suite] Suite de la note...
[8]
Le dossier est construit en partie à partir des résultats d...
[suite] Suite de la note...
[9]
À ce sujet, on pourra se référer aux propos farfelus d’un d...
[suite] Suite de la note...
[10]
L’émigration chinoise a été considérable au XIXe siècle lor...
[suite] Suite de la note...
[11]
Le terme migong peut littéralement se traduire par « sous-h...
[suite] Suite de la note...
[12]
La visite de Hu Jintao au Mali, Sénégal, Tanzanie et à l’Îl...
[suite] Suite de la note...
[13]
Au cours des dix dernières années, de très nombreuses entre...
[suite] Suite de la note...
[14]
Le Japon avait organisé un premier sommet avec l’Afrique en...
[suite] Suite de la note...