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Afrique contemporaine

2010/1 (n° 233)


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La fin du régime d’apartheid et la création de la Premier Soccer League (PSL) en 1996 ont offert les conditions idéales au développement du football « professionnel » en Afrique du Sud. Une forte visibilité, du fait des retransmissions télévisuelles, et un investissement croissant des sponsors dans la PSL ont engendré énormément d’argent ; la ligue sud-africaine serait d’ailleurs, d’après son président, au septième rang mondial en termes de revenus issus du sponsoring. À la fin de la carrière sportive, la réintégration professionnelle en dehors du monde du football est difficile vu le faible niveau d’éducation des joueurs. Tous ne finissent pas entraîneurs d’une équipe de première division comme Roger De Sa ou assistant de l’équipe nationale comme Pitso Mosimane. La plupart repartent de zéro comme ces deux anciennes stars des Kaizer Chiefs et des Orlando Pirates. Le premier multiplie les petits boulots pour survivre, après avoir été sans emploi durant cinq ans à la fin de sa carrière. Le deuxième, s’occupe d’un « spaza shop », petite échoppe informelle vendant des produits de consommation courante, à Tembisa, dans la banlieue de Johannesburg, et avoue que son principal souci est de pouvoir manger à sa faim.

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Le mouvement de professionnalisation du football amateur a passablement modifié les conditions de travail des joueurs. Ces derniers sont aujourd’hui employés à « plein temps » par leur club, ce qui entraîne un inévitable besoin de reconversion professionnelle en fin de carrière. Cette « transition » nécessite de nombreux ajustements auxquels les « retraités du sport » ne sont pas forcément préparés, tant en termes professionnel que social et psychologique.

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Les salaires perçus par les joueurs ne leur garantissent pas une retraite dorée. Le syndicat des joueurs sud-africains, le SAFPU, rappelle que le salaire mensuel moyen n’est que de 800 euros, soit à peine plus que le salaire moyen d’un travailleur «noir » [2][2] Statistics South Africa (www.statssa.gov.za). Income.... L’avenir n’est pas non plus assuré pour les joueurs des principaux clubs du pays qui gagnent entre 4000 et 5000 euros par mois. Les obstacles à l’épargne où à l’investissement financier durable sont nombreux.

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La ligue et les clubs ne facilitent pas non plus le destin des joueurs. Premièrement, l’absence de couvertures médicales et d’un salaire minimum fragilise la « profession ». Ensuite, il n’existe à l’heure actuelle aucun système d’assurance vieillesse obligatoire. Si quelques clubs commencent à y avoir recours, la ligue ne l’impose pas. Enfin, rares sont les joueurs bénéficiant des contacts établis avec la direction des clubs dans lesquels ils ont joué. Le soutien social des joueurs vient essentiellement de leurs proches et d’associations d’anciens joueurs. Si la reconversion est avant tout une épreuve individuelle, la PSL et les clubs ne font pas tous les efforts possibles pour permettre aux joueurs de réussir leur reconversion, bien qu’ayant le potentiel financier de le faire.

Notes

[1]

Chercheur, titulaire d’une bourse de recherche Joao Havelange (FIFA), International Center for Sports Studies (CIES), Neuchâtel, Suisse.

[2]

Statistics South Africa (www.statssa.gov.za). Income and expenditure of households 2005/2006. Statistical release PO100.

Pour citer cet article

Berthoud Jérôme, « Football et reconversion. L'« après carrière » des joueurs sud-africains, ou repartir de zéro ? », Afrique contemporaine, 1/2010 (n° 233), p. 107-107.

URL : http://www.cairn.info/revue-afrique-contemporaine-2010-1-page-107.htm
DOI : 10.3917/afco.233.0107


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