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Afrique & histoire

2009/1 (vol. 7)

  • Pages : 352
  • ISBN : 9782864325826
  • Éditeur : Verdier

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Mémoires et traces du passé, comme si elles devenaient elles-mêmes partie intégrante d’une atemporalité qu’elles pénètreraient de plus en plus au fur et à mesure de leur conservation, les archives sont plus connues pour leur traversée muette du temps, dont témoignent les « poussières sacrées » qui recouvrent les cartons, que pour défrayer la chronique de l’actualité.

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Aucune idée ne serait plus fausse que de croire à un sommeil tranquille des archives. Mais force est de constater que le débat public entre les nécessités scientifiques et les soucis politiques ne sont pas fréquents. Les lois sur les archives ne se bousculent pas : si le principe initial d’archives nationales date de la loi révolutionnaire du 7 messidor an II, il faut attendre la loi de 1979 [1][1] Le ministre de la Culture et de la Communication qui..., pour recodifier le droit des archives. C’est pourtant sous les feux des projecteurs que le débat sur les archives est revenu sur la scène médiatique, à l’occasion de la nouvelle loi proposée au Parlement en 2008, et qui ne fut pas sans soulever une virulente polémique parmi la communauté des historiens, inquiets de ces nouvelles dispositions.

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L’accélération de la prise de conscience, nourrie à court terme par des contingences politiques et à long terme par des nécessités scientifiques, n’est pas un hasard du calendrier. Elle participe d’une politique plus générale qui a commencé au début des années 2000 avec la réactivation du projet napoléonien d’une « Cité pour les archives », resté à l’état de vœu pieux depuis 1800. Et pourtant, depuis le 1er janvier 2007, le statut des services des Archives nationales en France est officiellement modifié.

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C’est ainsi que le centre des archives coloniales d’Aix-en-Provence est devenu un service à compétence nationale et a été rebaptisé à cette occasion. Cette réforme, qui s’inscrit dans un processus concernant l’administration culturelle française dans sa totalité, vise une plus grande autonomie des services d’archives [2][2] Ainsi le directeur d’un service à compétence nationale.... S’il est vrai que cette décision politique d’autonomisation est motivée essentiellement par des questions budgétaires, il est légitime de se demander si elle n’est pas sans conséquences sur la politique de gestion d’un centre d’archives : les priorités de mise en valeur s’en trouvent-elles affectées par la nécessité de montrer ce qui peut être grossièrement appelé la « rentabilité » (ou au moins l’efficacité) d’un centre d’archives ?

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Surtout lorsque cette réforme a pour conséquence indirecte de renforcer l’identité spécifique du service d’Aix-en-Provence par rapport à la réunion des pôles franciliens des Archives nationales au futur centre de Pierrefitte-Saint-Denis.

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L’anom : tout continuer pour que rien ne change, sauf le nom ? On est en mesure de se le demander, tant le lecteur non-averti peut avoir du mal à y voir un changement. Même le panneau d’entrée du site semble avoir été épargné par cette réforme… Ou bien est-ce l’occasion de mettre en lumière des mutations engagées bien avant elle, qui trouverait un aboutissement logique dans l’autonomisation d’une identité archivistique « outre-mer » ? Cette actualité est ainsi l’occasion de faire un bilan pour la recherche sur ce caom, afin de savoir ce qu’il convient d’en attendre, grâce à quatre éclairages.

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Vincent Bouat s’attache à porter un regard sur les sources coloniales françaises de l’époque moderne, à travers la lente construction d’une conscience coloniale dans les services de la Marine, qui aboutit à la fin de l’Ancien Régime à la création du dépôt des papiers publics des colonies et au dépôt des fortifications des colonies.

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Ousmane MBaye présente ensuite une brève histoire du caom autour de la question du partage des archives coloniales à l’indépendance, offrant ainsi un aperçu des fonds conservés à Aix et de leurs enjeux mémoriels entre France et Afrique.

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Jean-Pierre Bat approfondit ce propos avec l’exemple méconnu des archives rapatriées du gouvernement général d’aef, entre organisation coloniale tardive et prérogative de souveraineté.

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Enfin Martine Cornède, directrice du site d’Aix-en-Provence, développe la politique d’ouverture actuelle des fonds coloniaux et les efforts portés sur la stratégie des outils de recherches virtuels.

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Ce dossier ne peut donc pas avoir pour vocation l’exhaustivité, mais entend aider à préciser le rôle, l’ambition et la vocation du centre des archives coloniales françaises… et participer au débat sur la mémoire coloniale à travers la question de la politique archivistique.

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j.-p. b.

Notes

[1]

Le ministre de la Culture et de la Communication qui propose cette loi est Jean-Philippe Lecat.

[2]

Ainsi le directeur d’un service à compétence nationale (scn) est l’ordonnateur principal délégué des recettes et des dépenses de fonctionnement de son service, des crédits d’investissement pour l’acquisition d’équipements matériels et de ceux qui lui sont délégués en matière de recherche et de restauration des fonds et collections ; il est habilité à négocier et à passer des contrats et des marchés.

Pour citer cet article

« Le Centre des archives d'outre-mer (caom) n'est plus, vive les Archives nationales d'outre-mer (anom) ! », Afrique & histoire, 1/2009 (vol. 7), p. 281-282.

URL : http://www.cairn.info/revue-afrique-et-histoire-2009-1-page-281.htm


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