Analyse Freudienne Presse
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I.S.B.N.2749201578
98 pages

p. 67 à 76
doi: en cours

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no 8 2003/2

2004 Analyse freudienne presse

Psychanalyste ou Sherlock Holmes ?

Catherine Delarue
Questionner le concept du refoulement ne reviendrait-il pas à envisager pratiquement tout le champ de la psychanalyse, puisque Freud le proposait comme le pilier de la doctrine ? Cette proposition est-elle toujours d’actualité dans la clinique analytique et résiste-t-elle à la pression de la modernité ? D’où cette tentative d’orienter une réflexion sur des patientes d’aujourd’hui dont on pourrait penser qu’elles sont à l’origine de la recherche freudienne, tant par certains aspects elles se rapprochent de la problématique de leurs aînées que l’on rencontre dans Les études sur l’hystérie ou dans « La naissance de la psychanalyse. »
Il s’agit de patientes qui ont été victimes d’inceste et (ou) de violences graves dans leur enfance, ou qui au détour de leur cure se posent la question de savoir si elles n’auraient pas été l’objet de séduction paternelle dans un temps de leur enfance dont elles ne conservent aucun souvenir, leur mémoire se révélant indisponible. Rien de bien innovant et pourtant cela reste fréquent dans les demandes qui nous sont adressées, sinon pour une psychanalyse du moins pour une aide face à des situations d’angoisse, de dépression grave et d’échecs dans la vie amoureuse de ces femmes. Traumatisme sexuel ou fantasme, le dilemme n’est pas nouveau et a suscité nombre d’écrits et d’études cliniques.
Alors, pourquoi revenir sur une dialectique maintes fois débattue ? Parce que en tant qu’analyste ces situations me posent toujours problème et la thèse selon laquelle un fantasme de séduction du côté du sujet prévaudrait ou serait même indépendant d’un événement réel me laisse, dans ces cas cliniques, toujours assez dubitative. Quand un père s’est autorisé à répondre au désir inconscient de sa fille en transgressant l’interdit de l’inceste, comment concevoir que les conséquences et les effets pour un sujet ne soient pas tout autres que s’il s’agit d’un fantasme ?
Il n’est pas rare que des patientes viennent consulter pour parler enfin du traumatisme sexuel ou de la maltraitance, souvent les deux étant associés, subis au cours de leur enfance. Elles se présentent comme victime passive du désir des adultes, le plus souvent en référence à leur père ou à un substitut paternel. La problématique relève du lien père/fille dans lequel elles ont été l’objet du désir de leur père, les maintenant dans la méconnaissance totale de leur position complètement refoulée de sujet désirant. Les effets du refoulement leur donnent l’occurrence de s’adresser à l’analyste comme à un témoin de l’horreur qui leur a été imposée et non en tant que sujets de leur propre énonciation. Encore est-il nécessaire de préciser dans quel type de témoignage l’analyste est situé dans le transfert.
L’analyste peut se retrouver à la place du témoin du dire de la vérité, d’autant plus marqué quand la patiente, pour ne pas dire la plaignante, s’est heurtée à la complicité, à l’aveuglement et au déni maternels, redoublant ainsi l’impact du traumatisme. Ce dire de la vérité est à entendre comme un dire qui se voudrait déconnecté de toutes incidences inconscientes. Souvent elles ont été sommées de se taire par la mère ou la famille, au risque de passer pour provocatrices, fabulatrices, mythomanes et perverses. Leurs propos peuvent déclencher violence, exclusion, haine, et donc risque de chute dans le désir maternel. Ces mères sont souvent consentantes et complices par leur silence et leur aveuglement. La fille en tant que rivale de sa mère risque opprobre et rejet de cette dernière si elle parle pour révéler la vérité. Le danger d’effondrement psychique est grand : bafouée par le père et risque d’être reniée par la mère. Face à l’aveuglement et l’hostilité maternelle, elle fera silence sur l’inceste et refoulera toute émergence fantasmatique œdipienne qui, en risquant de dévoiler son désir, renforcerait son angoisse d’alimenter le doute maternel sur son innocence et sa passivité.
L’importance de la position maternelle dans les répercussions posttraumatiques de la séduction paternelle doit être également envisagée à la lumière de la position subjective de la mère. Dans les premiers mois de la vie de l’enfant, la capacité de la mère à interpréter ses cris comme une demande à laquelle elle se met en position de répondre constitue probablement la possibilité que se mette en place le premier refoulement ou encore le refoulement originaire. C’est ainsi que se constitue le grand Autre à travers les interprétations de la mère, point de passage obligatoire pour les autres refoulements à venir. Cette étape n’est pas sans conséquence dans la scène traumatique envisagée dans ce travail. En effet, si la mère n’a pas été capable d’interpréter correctement les premières demandes de son enfant, le retentissement posttraumatique n’en sera que plus important. Ce second temps est donc déterminé par le premier temps du refoulement originaire, d’où différentes répercussions dans l’après-coup du trauma.
Dans le transfert, l’analyste peut être mis à la place de cette mère aveugle et sourde aux besoins de son enfant et porteuse d’une haine destructrice. Cela peut bloquer le travail, car tenter dans ce contexte clinique d’introduire un écart, une coupure entre le récit du trauma et la position désirante inconsciente de la patiente pourrait être entendu comme une tentative de mettre en doute l’authenticité de son souvenir et de son innocence. Peut-être est-il préférable, dans un premier temps de la cure, de s’en tenir à la vérité du dire avant que la patiente puisse s’autoriser à dire comme sujet de son énonciation.
Le réel du trauma incestueux en partie non refoulé en lien avec le déni et la position subjective de la mère telle que nous venons de l’aborder œuvrerait-il au refoulement du fantasme œdipien, réduisant ainsi la patiente à une plaignante, objet du désir des adultes, et la soustrayant de son énonciation subjective ? D’où la nécessité d’accepter temporairement dans le transfert cette place de témoin de la vérité d’un dire portant sur la blessure restée ouverte du traumatisme. Étrangement, cela revient à respecter le refoulement afin qu’un travail analytique puisse advenir et que la scène traumatisante puisse s’énoncer en laissant l’occasion de formations de l’inconscient propres au sujet de l’énonciation.
Dans une seconde perspective, l’analyste est témoin en tant que tiers par rapport à la scène évoquée. Par sa présence, il opère une coupure dans une scène se déroulant sur un mode quasi obsessionnel comme une image se répétant indéfiniment en boucle. Il n’est pas rare que ces patientes se plaignent moins de l’agression dont elles ont été l’objet que de l’impossibilité de ne plus être envahies par les souvenirs qui reviennent à tout propos au même titre que des pensées obsédantes. Elles ne peuvent rien en faire d’autre que de se les répéter, dans un enfermement psychique les amenant à consulter sous la pression d’une angoisse invalidante.
L’une d’entre elles vient dans ce contexte, et très vite elle relate l’inceste paternel dont elle a été l’objet entre 6 et 12 ans. Ces souvenirs semblent précis sur les dates, les lieux et sur beaucoup d’autres éléments de ces scènes qui obsèdent ses pensées. À un moment de sa cure, elle décide d’aller parler à sa mère qui ne peut plus faire semblant d’ignorer le forfait du père. La patiente n’a rien oublié de l’inceste du père ni de la complicité passive de sa mère. Elle n’a rien oublié, à un détail près, qui va se révéler après mon retour de vacances. Ne supportant pas mon absence, elle cherche à me joindre sans y parvenir. « Je voulais entendre votre voix », me dira-t-elle plus tard. Son angoisse est telle qu’elle erre dans les rues en traversant la chaussée sans regarder, dans l’attente, l’espoir méconnu qu’un poids lourd ne l’écrase, dans un état proche de la dépersonnalisation. Le désir insoutenable s’infiltre dans cet acte suicidaire, car le détail refoulé de l’évocation de l’inceste quand elle était une petite fille se dévoile dans ce signifiant « le poids lourd » : celui du corps paternel écrasant son corps d’enfant. À partir de ce moment de la cure, elle rêve de nouveau et entrevoit la possibilité de s’écarter de sa position de plaignante qui la réduit à celle de victime ne pouvant plus penser et encore moins désirer. Elle ne pouvait que se plaindre de ne pouvoir penser à rien d’autre.
Enfin, dans une troisième perspective, l’analyste est partie prenante de la scène, souvent au titre du regard. Je me réfère à des patientes prenant plaisir à évoquer, à mettre en scène dans le temps de la séance le trauma, mettant l’analyste en position de voyeur. Structure dans laquelle une analyste est vue par la patiente en train de la regarder dans sa position de plaignante agressée, cette scène soutenant son désir refoulé dans une répétition ayant besoin de forcer le regard de l’analyste pour se poursuivre. Comment arrêter cette répétition dans le transfert de la cure, sinon par le refus d’occuper cette assignation transférentielle au risque d’avaliser le trauma dans une complicité silencieuse, ce regard devenant celui de la mère consentante ?
Ces énoncés sur le mode de la revendication et de la plainte révèlent le point commun de toutes ces situations cliniques. Ces patientes ont été l’objet du désir des adultes, en l’occurrence le père ou le substitut paternel, ne se situant pas en tant que sujet désirant Toute émergence du fantasme pouvant soutenir leur désir est source d’horreur et d’insoutenable. La représentation de la scène traumatisante qui a eu lieu réellement barre l’accès à toute élaboration fantasmatique, mettant leur désir hors de portée sous le joug du refoulement, lequel pourtant resurgi toujours dans les moments d’angoisse. Leur fantasme s’avère plus dangereux que la remémoration du trauma.
En ce temps de ma réflexion où s’imposent les signifiants père, fille, inceste, fantasme et refoulement, comment ne pas faire retour sur le texte de Freud « Un enfant est battu » ? Je voudrais seulement m’arrêter au second temps du fantasme qui s’énonce sous la forme « je suis battue par le père », le sujet passant de la position de voyeur du fantasme « on bat un enfant » à la position d’acteur. Il s’agit de la phase la plus importante, nous dit Freud, toujours refoulée, mais qui n’a jamais d’existence réelle ; c’est une construction de l’analyse qui est une nécessité pour débusquer le désir œdipien refoulé.
Dans les cas cliniques faisant l’objet de mon propos, cette séquence ne semble pas refoulée. Au cours de leur travail analytique ces patientes en viennent à énoncer : « J’ai été violée par mon père », reprenant la même structure que le second temps refoulé du fantasme « un enfant est battu ». Mais qu’en est-il du désir ? La question reste posée même si la représentation de la scène n’a pas été refoulée.
Nous savons, par ailleurs, que le refoulement ne peut advenir que dans l’après-coup d’une scène qui fait marque et dans un rapport qui ne peut se soutenir et se concevoir que dans le hors-sens avec la scène initiale. Il suffit de se reporter à l’analyse de Freud sur l’Homme aux loups pour en prendre la dimension. De ce fait, Freud nous amène à penser qu’il s’agit d’une nouvelle histoire, pour ne pas dire d’une histoire reconstruite dans l’après-coup du traumatisme. Mais la scène initiale pour que le refoulement secondaire opère est mise à l’écart selon l’expression freudienne, exclue dans la terminologie lacanienne, elle ne s’avoue jamais tout en restant le centre d’attraction de tous les refoulements à venir dans le cheminement du sujet. Le seul accès passe par une histoire reconstruite dans l’analyse à la lumière de rêves répétitifs, et à cet égard Lacan parle du « forçage » de Freud. Ce forçage a- t-il une incidence dans le transfert ?
Dans les situations mentionnées, il n’y aurait pas de refoulement de la scène traumatisante ; alors qu’en est-il de la reconstruction du récit de ces patientes ? C’est en ce point que dans une pratique analytique réside la difficulté. En effet, leur récit est une reconstruction où l’ambiguïté est constante, car leur souvenir est vrai mais également reconstruit. La reconstruction peut se faire entendre dans l’oubli, le refoulement de petits détails, tel « le poids lourd » du corps du père de la patiente évoquée précédemment. Au-delà du poids réel du corps paternel, ne peut-on entendre le poids du désir refoulé qui pouvait la conduire à une mort suicidaire où elle aurait été réellement écrasée ?
Le réel du trauma reconstruit dans le souvenir ne barre-t-il pas l’accès au fantasme et encore plus au désir quand le père est passé à l’acte dans la transgression de l’interdit de l’inceste ? Cela afin de protéger le sujet d’un aveu insoutenable du désir inconscient, d’où ces souvenirs obsédants maintenant le désir en état d’alerte constant, déclencheur de l’angoisse. Lutte épuisante pouvant conduire au suicide. Dans certaines situations cliniques, on peut constater que l’effleurement du fantasme œdipien persécute le sujet dans des formes proches d’une conviction délirante. Quand la métaphore paternelle ne soutient plus l’interdit et vient se nouer à l’image du père violent et incestueux, on constate que l’émergence du fantasme amène la patiente à se situer sur un versant persécutif. Pour certaines, toutes les images paternelles deviennent des agents persécuteurs à chaque fois que leur désir est sollicité. Quand le désir tient le sujet… trauma ou pas, il ne lâche pas même au prix de la persécution.
Abordons maintenant le cas de certaines patientes qui au cours de leur analyse s’arrêtent dans la croyance et la certitude d’avoir été l’objet des abus sexuels de leur père ou d’un substitut paternel. Malgré leurs efforts, il leur est impossible d’en retrouver le souvenir, le refoulement originaire ayant opéré efficacement. Les séances peuvent devenir le lieu d’une quête, d’une enquête pour retrouver ce souvenir et la vérité qui doit en surgir. L’analyste n’est-il pas mis, alors, dans la position de traquer la trace, l’empreinte, l’indice menant l’analysante sur la voie de la vérité tant attendue ? Parfois, à la lumière de rêves répétitifs, de signifiants surgissant là où on ne les attendait pas, d’une relecture d’événements passés repris dans le travail transférentiel de la cure et qui s’éclairent d’un jour nouveau – par exemple des éloignements en internat ou dans la famille élargie, ou des hospitalisations –, le doute peut devenir une certitude mais sans que l’analysante retrouve le souvenir perdu. Dans ce temps de l’analyse, certaines peuvent aller jusqu’à projeter d’arrêter leur travail analytique au profit de techniques psychothérapeutiques leur paraissant plus efficaces dans la rapidité et enfin garantes d’un accès à la vérité « sans détour », comme le dira l’une d’entre elles. Fiction pour tenter de forcer l’inéducable du refoulement originaire ? Dans ces approches, l’hypnose est en bonne place, leur facilitant à la fois l’économie de leur position désirante et l’identification à l’objet séduit par l’Autre. Elles sont prêtes pour porter plainte, ne voulant pas entendre que celle-ci les détourne justement de la vérité subjective qui les anime.
Mais dans tous les cas, cette recherche du souvenir perdu devient une forme de la résistance au service du refoulement du désir, dans lequel l’analyste peut être pris, d’où une incidence immédiate dans le transfert : il faut choisir, psychanalyste ou Sherlock Holmes, les deux n’étant peut-être pas antagonistes.
Une patiente qui vient consulter des années après le suicide de sa mère abandonnée par son conjoint au profit d’une autre femme découvre peu à peu une scène de son enfance précoce au cours de laquelle son père l’aurait sodomisée. Les rêves se précisent, l’amenant à retrouver les lieux de l’agression ; une opération à l’anus à l’age de 6 ans restée sans explication médicale jusqu’alors devient moins mystérieuse ; le silence et l’éloignement de son père suite à cette intervention et son effondrement scolaire les années suivantes ne la font plus douter, mais le souvenir de la scène ne revient pas. Mais alors, qui était la rivale de sa mère ? Silence, elle préférera aller questionner son père sur la réalité de son souvenir, plutôt que d’interroger son fantasme la confrontant à sa rivalité avec sa mère. Pourtant, le fantasme se fait entendre par la répétition de signifiants venant frapper à la porte du sujet qui reste sourd à ce qui risquerait de provoquer scandale et horreur. Comment échapper à cette traque du fantasme soutenant son désir sinon en se limitant, en se focalisant à la scène supposée de la séduction paternelle, lui faisant mener une enquête sur la réalité des faits et abandonner un temps le fil de son analyse ?
Cette reconstruction de la séduction paternelle dans l’analyse à partir des traces laissées dans le sillage du refoulement originaire, amenant la patiente à accuser son père, peut favoriser le refoulement du désir incestueux traduisant la rivalité avec la mère d’autant plus intouchable qu’elle est morte d’avoir été trompée et abandonnée. Comment soutenir son désir face à une mère figée elle aussi dans une place de victime du père ?
Pour terminer, en référence au « forçage freudien », comment ne pas penser aux patientes qui s’avancent sur le chemin de leur désir œdipien sans se poser la question d’une séduction paternelle dans la réalité alors que des rêves répétitifs et différentes formations de l’inconscient peuvent autoriser l’analyste à envisager cette éventualité ? L’analyste s’y autorise puisqu’elle y pense. Cela ne doit pas être sans incidence dans le transfert, car pourquoi une patiente se trouvant dans ce temps de sa cure formule vite sa préférence pour que son fantasme « être allumée par son père » soit le résultat de sa construction personnelle et non une trace d’un acte incestueux paternel, qui dans le cadre de cette cure n’était pas à exclure ? S’agit-il d’un forçage de l’analyste ? La patiente, elle, clôture rapidement le conflit en exprimant son projet d’opérer une pause dans la fréquence de ses séances, offrant du même coup la même alternative à son analyste. Ce qu’elle tente ainsi d’éviter, c’est moins l’alternance fantasme ou traumatisme que son désir refoulé. Dans cette éventualité, le fantasme « être allumée par son père » ne permet-il pas d’escamoter le réel d’une séduction paternelle à un âge précoce tout en la révélant ?
Dans cette éventualité, la construction du fantasme ne peut-elle se concevoir comme une construction imaginaire tentant de masquer le trou laissé par le refoulement originaire qui ne laisse qu’un signifiant hors sens, trace d’un souvenir perdu, permettant ainsi le déplacement du père criminel au père plus respectable représenté dans le fantasme ? Épargner l’image paternelle dans le fantasme rendrait-il le désir plus acceptable face à la présence d’un réel insoutenable ?
Au total, que ce soit la marque du trauma reconstruit dans le récit d’une analysante refoulant son fantasme pouvant devenir persécuteur pour s’épargner la haine maternelle ou, au contraire, que le fantasme vienne au secours du père incestueux en escamotant le réel, ce qui se trouve toujours refoulé, c’est le désir du sujet d’autant plus scandaleux et impossible à énoncer quand une scène séductrice sous l’égide du père vient à se faire entendre ou à se dévoiler.
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