Annales de démographie historique
Belin

I.S.B.N.2701137241
256 pages

p. 107 à 135
doi: en cours

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Les 3 000 Familles : travaux en cours

no 107 2004/1

2004 Annales de démographie historique Les 3 000 Familles : travaux en cours

La migration des femmes (et des hommes) en France au XIXe siècle

Paul-André Rosental EHESS-INED
La comparaison statistique des migrations des femmes et des hommes dans la France du xixe siècle fait apparaître la mobilité comme un processus socialement hiérarchisé. Plus que le genre, dont l’importance relative croît cependant tout au long du siècle, c’est l’origine sociale qui structure les flux migratoires. Ceux-ci sont de trois types. Les migrations de longue distance, contrairement au modèle de l’exode rural, sont « positivement sélectionnées » : leur prévalence est plus forte chez les citadins et les personnes alphabétisées. La mobilité de courte distance, qui crée un grand brassage dans le monde rural, est le fait de la population la plus modeste socialement. Entre les deux, les sédentaires occupent une position intermédiaire. Une même hétérogénéité s’observe du point de vue des zones réceptrices. Le peuplement urbain mêle des immigrant(e)s de courte distance d’origine modeste et des migrant(e)s de longue distance issus d’un environnement social favorable. Il est, là aussi, réducteur de parler de la migration comme d’un tout. By comparing female and male migrations in nineteenth-century France, mobility appears to be a socially hierarchic process. More than by gender, migration flows are structured by social origins. Long-distance mobility is more related to urban or literate populations, meanwhile short-distance migrations are more common between the lower classes. In-between stand the sedentarity persons. This heterogeneity can also be seen among the reception-areas : urban settlement is a mixture between poor short-distance immigrants and socially favoured long-distance ones. Migration can not be described as a simple and homogenous process.
Cet article cherche à déterminer, sur la base des données de l’enquête 3 000 Familles (Dupâquier and Kessler, 1992), les caractéristiques quantitatives majeures de la mobilité féminine en France au xixe siècle. Cette question n’a pas bénéficié du renouvellement des études sur les migrations intérieures françaises apporté par les travaux récents [1] comme le souligne Leslie-Page Moch (2002). Ce n’est pas la négligence à l’égard d’un sujet majeur, mais des problèmes de sources, qui provoquent la persistance de cette zone d’ombre. Le récent et fondamental ouvrage de Farcy et Faure (2003) sur la mobilité intra-générationnelle d’une cohorte de Français à la fin du xixe siècle s’appuie sur une source qui n’avait jamais été exploitée à grande échelle, les registres matricules de l’armée : elle se concentre, par définition, sur les hommes, biais dont les auteurs sont parfaitement conscients. La seule base de données issue de l’enquête 3 000 Familles accessible à ce jour à la communauté scientifique, celle des mariages du xixe siècle, n’exclut, pour sa part, aucun des deux sexes, car les femmes figurent dans l’état civil sous leur nom de jeune fille jusqu’à leur décès. Les actes de mariage (comme du reste de décès) des femmes nées Tra, sont donc techniquement repérables. En pratique toutefois, l’enquête n’enregistre pas les deux sexes de manière semblable : elle compte 24 280 actes de mariage concernant un époux Tra, contre 20 249 seulement engageant une épouse Tra. Même en tenant compte du fait que certains mariages « entre Tra » sont attribués à l’homme plutôt qu’à la femme, l’enquête souffre donc d’un sous-enregistrement des mariages de femmes, que l’on peut attribuer à plusieurs causes. D’une part, certaines femmes nées Tra n’auraient pas été reportées sous leur nom de jeunes filles dans les tables décennales de mariage, ce qui aurait empêché d’accéder à leur acte. D’autre part, les dépouillements de l’enquête ayant été menés par des bénévoles, généalogistes pour la plupart, ceux-ci auraient négligé les femmes, par incompréhension de leur importance historique ou par déformation technique : habitués à reconstituer des lignées, certains d’entre eux auraient moins assidûment dépouillé les actes des femmes nées Tra, en sachant que leur descendance ne pourrait être retrouvée. Enfin, il faut garder à l’esprit que l’intensité de mariage peut différer selon les sexes. Il est difficile d’évaluer l’importance numérique respective de ces divers biais, qui seront peut-être redressés par des dépouillements complémentaires : il reste que la masse d’informations disponibles est suffisante pour produire des résultats stables dans leurs ordres de grandeur.
L’importance du sujet et le renouvellement du débat sur les migrations internes justifient en effet de rouvrir le dossier. Je me vois ici contraint à revenir sur l’un de mes travaux précédents (Rosental, 1999). L’ouvrage, consacré aux dynamiques familiales à l’œuvre dans la migration, était centré sur l’exploitation d’un échantillon de généalogies où les trajectoires des femmes et des hommes étaient traitées symétriquement et dans leur interaction. Mais il s’ouvrait sur une brève description statistique des parcours de mobilité masculins fondé sur la comparaison entre lieu de naissance et lieu de résidence de l’époux au moment du mariage, qu’il s’agît d’un Tra ou du conjoint d’une femme née Tra. La convergence entre les conclusions de cette enquête et les résultats obtenus, sur une base documentaire entièrement différente, par l’ouvrage de Jean-Claude Farcy et d’Alain Faure, encouragent à rééditer l’étude du côté des femmes ou plutôt à comparer leur mobilité à celle des hommes.
Cette problématique ne saurait être comprise comme un simple complément. Distinguer (du moins en première analyse) migration des femmes et migration des hommes est au cœur de toute réflexion sur la mobilité, comme l’a récemment rappelé Nancy Green (2002). Cette distinction est consubstantielle à la saisie de la migration par les sciences sociales. Dès 1885, le géographe germano-britannique Ernst Georg Ravenstein (Grigg, 1977 ; Ravenstein, 1885, 1889) en faisait l’une de ses célèbres « lois » migratoires : les femmes migrent davantage que les hommes, mais sur de plus courtes distances.
Les scénarios, depuis, se sont multipliés, difficilement documentables statistiquement pour les périodes anciennes, du moins à grande échelle. L’un d’entre eux, qui a exercé une grande influence sur l’historiographie française, est le modèle de la « micro-mobilité ». Il minimise délibérément l’importance historique des déplacements de courte distance de village en village, en les réduisant à une simple extension de la sédentarité. Il réduit une bonne part de ces « petites migrations » (Anne Gotman, 1999) à « une multitude de déplacements matrimoniaux ayant pour conséquence que l’un des deux époux quitte sa paroisse pour aller vivre dans celle de son conjoint ». Il ne les traite pas comme de la migration mais comme une simple « mobilité matrimoniale » (Poussou, 1988).
Cette euphémisation a pour inconvénient majeur de constituer un éteignoir heuristique : elle referme le dossier de la mobilité rurale de courte distance avant même de l’avoir examiné. Daniel Roche a magistralement montré comment, même à l’époque moderne, ces parcours s’insèrent au contraire dans un ensemble de circulations géographiques incroyablement diversifié qui, même en admettant que la sédentarité soit quantitativement dominante, est au principe de la structuration de la société (Roche, 2003). Pour le xixe siècle, les observations qualitatives approfondies et, on va le voir, l’étude statistique de l’implantation respective des époux et des épouses, plaident tout autant pour faire de la mobilité rurale de courte distance une direction de recherche prioritaire. Le suivi généalogique fin autorisé par l’enquête Tra remet en cause le rôle passif et sans conséquence prêté aux déplacements de proximité internes aux campagnes. Pour s’en tenir aux migrations féminines, il fait au contraire apparaître des perspectives de mobilité construites spécifiquement par les femmes, via par exemple la création de réseaux associant sœurs aînées et cadettes, ou tantes et nièces. Il n’est certes pas rare qu’une « pionnière » accède par mariage à une destination géographique nouvelle. Mais pour peu qu’elle en fasse bénéficier des parentes plus jeunes en leur servant de tête de pont, elle leur offre la possibilité de la rejoindre dans un contexte totalement différent : ses cadettes peuvent s’installer en s’appuyant sur son aide, sans passer d’emblée par le mariage avec un conjoint local. Ces colonies féminines exercent souvent du reste un rôle déterminant, en terme d’orientation professionnelle notamment, pour les hommes plus jeunes de leur réseau de parenté. En entrant, par mariage, dans des réseaux professionnels nouveaux pour leur lignée, les sœurs aînées permettent à leurs cadets de grandir avec un horizon social et géographique élargi, et d’accéder à des trajectoires qui étaient inconcevables pour leurs frères plus âgés.
Il est difficile de donner une validité quantitative à ces mécanismes fins. Mais ils sont suffisamment cohérents et nombreux pour suggérer des usages plus actifs, ou du moins plus diversifiés, de la mobilité de courte distance de village à village, féminine aussi bien que masculine. Le présent article se propose d’adopter une perspective complémentaire et presque inverse : purement quantitatif, il va tenter d’identifier les traits majeurs de la mobilité féminine, de les confronter avec celle des hommes, et de mettre en évidence les principales forces qui structurent et hiérarchisent les mouvements migratoires.
 
Morphologie
 
 
La migration est-elle sexuée ? Les travaux issus de l’histoire des femmes et des gender studies soulignent, avec raison on l’a vu, l’importance de la question, tout en la laissant ouverte. Une première saisie du problème consiste donc tout bonnement à examiner l’importance relative de chaque type de déplacement selon le sexe. C’est l’objet des graphiques 1 à 4, consacrés aux migrant(e)s de courte puis de longue distance. Les données statistiques sur lesquelles ils se fondent figurent en annexe 2 – comme celles des graphiques qui suivent dans cet article.
Ces quatre graphiques ne servent qu’à fixer des ordres de grandeur : il est évidemment artificiel de comptabiliser des mouvements migratoires qui se déroulent à l’échelle d’un siècle. Néanmoins, l’absence de données statistiques agrégées pour une grande partie de la période d’étude, et la recherche des régularités qui structurent la mobilité au xixe siècle, en font un point de départ commode.
Avant d’entrer dans l’analyse sexuée de ces graphiques, présentons-en les caractéristiques générales. Nous fixons la distinction entre migrations de courte et de longue distance au seuil de vingt-cinq kilomètres. Cette limite permet de diviser en deux parties approximativement égales la population des non-sédentaires. On verra progressivement que cette coupure n’est pas seulement instrumentale : elle pourrait certes être placée un peu plus haut ou plus bas, mais elle correspond à des différences fondamentales entre migrant(e)s de courte et de longue distance, décelables dès que les déplacements dépassent deux ou trois dizaines de kilomètres. La signification de cette frontière doit être entendue en termes de contiguïté communale : la plupart des communes sont séparées les unes des autres par une distance de trois à sept kilomètres. Passé vingt, vingt-cinq ou trente kilomètres, on sort des trois ou quatre premiers cercles de communes contiguës [2] et le migrant entre dans un environnement moins familier. Il ne s’agit là que d’une tendance, qui varie selon les relations préférentielles propres à chaque village voire à chaque groupe de parenté (Johnston and Perry, 1972 ; Lemercier and Rosental, 2000 ; Rosental, 2001). Mais à l’échelle à laquelle on travaille ici, qui favorise les masses aux dépens des données relationnelles fines, cette distance peut être considérée comme une approximation réaliste de l’aire de familiarité propre à chaque commune [3].
Cette distinction étant acquise, les résultats globaux illustrés par nos quatre premiers graphiques étendent aux femmes les conclusions que nous avons eu l’occasion de formuler, à propos des migrants masculins (dans Rosental, 1999), et que nous ne ferons donc que résumer. La sédentarité parfaite ne touche qu’un peu plus de la moitié des individus. Encore s’agit-il d’une mesure par défaut. Notre population est doublement sélectionnée : elle se compose de personnes majoritairement jeunes, qui ont eu moins de temps pour migrer qu’un adulte en fin de vie, et mariées, donc caractérisées par l’accès à une forme de stabilité relative. La mobilité de courte distance y occupe une place importante. Plus d’un tiers des migrant(e)s, par exemple, se déplacent sur moins de douze kilomètres.
Si l’on se concentre maintenant sur la dimension sexuée, les quatre graphiques proposés projettent d’emblée une image surprenante. D’un côté, la comparaison entre mobilité féminine et mobilité masculine respecte quelques grandes régularités. Les femmes sont plus sédentaires que les hommes à l’échelle de la commune (56,2 % contre 53,7 %), elles sont plus mobiles à courte distance (22 % au lieu de 21,4 %), et moins à longue distance (21,9 % au lieu de 24,9 %) [4]. Mais comme la représentation graphique le montre, ces écarts sont extrêmement modestes. Dans le cas des mouvements de longue distance, où ils sont les plus marqués, l’excédent de la migration masculine sur la migration féminine reste inférieur à 15 %. Il est difficile, en première lecture, d’imaginer que des différences de comportement aussi restreintes puissent résulter de mécanismes radicalement différents. Les résultats des graphiques 1 à 4 invitent à s’interroger sur les forces qui structurent de manière aussi régulière les migrations des deux sexes.
Une bonne façon de reprendre la question est de la situer dans le temps. Les mutations, techniques et économiques notamment, du xixe, ont-elles exercé des effets différentiels sur la migration des femmes et des hommes ? Le graphique 5 apporte une réponse négative à cette question.
L’évolution de la migration féminine est, au sens propre, parallèle à celle des hommes tout au long du xixe siècle. Elle consiste au premier chef en une réduction linéaire de la sédentarité, et en un accroissement tout aussi continu de la mobilité de longue distance. Les déplacements des femmes ne sont, pas davantage que ceux des hommes (Rosental,1999), affectés par des transformations univoques qui seraient identifiables sans ambiguïtés : ni l’introduction des chemins de fer, ni les crises et cycles économiques, ni ce que l’on appelle parfois « l’effet bicyclette », n’ont infléchi ou accéléré la marche tout à fait progressive vers une mobilité accrue, du moins à longue distance [5]. Là encore, cette insensibilité de la migration à des déterminations historiques ponctuelles, et cette évolution commune aux deux sexes, invitent à raisonner en termes de processus cumulatifs tout au long du siècle.
 
Hiérarchies
 
 
L’un des résultats majeurs auxquels nous étions parvenus dans nos recherches précédentes sur la mobilité intérieure en France était le constat d’une hiérarchie marquée des flux migratoires. Contrairement à ce que laisse entendre le modèle de l’exode rural, la migration de longue distance est « positivement sélectionnée » : sa prévalence est plus forte chez les « citadins » (natifs des villes) que chez les « ruraux » (natifs des villages). Ce résultat, valable pour la France du xixe siècle (Pitié, 1971), confirme une régularité sociologique mise en évidence depuis les années 1930 dans plusieurs pays industrialisés (Moore, 1938 ; Ogburn, 1944 ; Olsson, 1965; Stouffer, 1960). Il a longtemps été obscurci par l’appréhension statistique des flux au lieu d’arrivée : dans les sociétés anciennes, c’est un effet de structure, la prépondérance démographique des ruraux dans la population totale, qui explique leur présence abondante au sein des migrants. Mais si l’on se place du point de vue du lieu de départ et que l’on raisonne en termes de propension à migrer loin, ce sont les citadins qui sont les plus sensibles à l’attraction des villes et les plus prompts à parcourir de longues distances [6].
Autre mécanisme hiérarchisé, qui redouble le précédent sans s’y confondre, la mobilité de longue distance est associée à l’éducation et, pour les sociétés anciennes, à l’alphabétisation [7]. On connaît les pages où Martin Nadaud décrit la ville comme un espace quadrillé et saturé par l’écriture, indéchiffrable pour le migrant qui ne sait pas lire (Nadaud 1982, 1re éd. 1895). De fait, la migration de longue distance est, dans la France du xixe siècle, associée à l’alphabétisation, quelle que soit la façon dont on la mesure. Ce résultat a été mis en lumière dans le cas des hommes, à l’échelle locale (Heffernan, 1989) puis nationale (Farcy et Faure, 2003). Une étude portant sur une région du Nord nous a donné l’occasion de montrer qu’il semblait valoir, localement au moins, pour les femmes (Rosental, 2000). Il est possible de reprendre ici la question à une échelle nationale. Nous prenons comme indicateur de l’éducation le fait, pour les conjoints des deux sexes, de savoir signer leur acte de mariage. Par un contrôle avec les registres militaires, plus précis et plus exigeants en matière de contrôle de l’alphabétisation, Kesztenbaum (2004) a démontré la fiabilité de cette mesure. Techniquement, l’étude de l’alphabétisation impose de raisonner par périodes, pour éviter les effets de structure : on sait que le fait de savoir lire et écrire a crû de manière linéaire tout au long du siècle, avec une génération de décalage environ entre les hommes et les femmes. Nous avons donc segmenté notre échantillon en trois périodes temporelles, selon que les femmes et les hommes concernés se marient avant 1850, entre 1850 et 1880, ou après 1880. Pour mettre en évidence les évolutions au cours du siècle, nous en retiendrons les deux périodes extrêmes dans l’analyse.
L’examen des hiérarchies migratoires impose donc de se reporter à plusieurs graphiques successifs. Pour chaque période, on examine la propension de chaque catégorie d’originaires (citadin(e)s ou villageois(es), femmes ou hommes) à produire des migrant(e)s de courte ou de longue distance. Pour faire ressortir les différences, nous raisonnons sur la seule population migrante. En effet – et c’est une autre réfutation des visions qui postulent l’immobilité consubstantielle des ruraux – le taux de sédentarité communale des citadins est très supérieur à celui des villageois : 72,8 % contre 59,1 % chez les hommes ; 75,8 % contre 61,4 % pour les femmes en première période par exemple. L’écart est si prononcé qu’il écrase tout autre phénomène, et doit être neutralisé pour mettre en évidence la hiérarchie des formes de déplacement selon l’origine.
Se concentrer au contraire sur les seules différences internes aux migrant(e)s permet d’identifier les processus qui les hiérarchisent. Que l’on prenne l’un ou l’autre des deux critères de distinction que nous avons retenus, urbanité et alphabétisation, on observe le même mécanisme. Les flux migratoires sont littéralement « encadrés » entre deux pôles : les hommes citadins (respectivement alphabétisés) effectuent le plus de migrations de longue distance et le moins de migrations de courte distance, les femmes rurales (respectivement non alphabétisées), à l’inverse, migrent peu sur de longues distances et beaucoup à courte distance (graphiques 6 à 11).
Cette régularité parfaite indique les limites du modèle de la micro-mobilité : celle-ci assimile la mobilité de courte distance à une extension culturelle et sociale de la sédentarité, alors qu’elle est le fait de la population la plus modeste socialement. La migration est en premier lieu structurée par une hiérarchie sociale, où les sédentaires occupent une position intermédiaire entre les migrant(e)s de courte distance, population « défavorisée », et les migrant(e)s de longue distance, population « positivement sélectionnée ». Toute analyse de la mobilité dans la France du xixe siècle doit se fonder non pas sur une bipartition entre migrants et immobiles, ou entre migrants de longue distance et « micro-mobiles », mais sur une tripartition entre migrant(e)s lointain(e)s, migrant(e)s proches et sédentaires. Le tableau 1 donne une mesure des écarts entre ces trois catégories, valides dans toutes les périodes considérées. Si on le détaillait par type de commune d’origine, on verrait que c’est dans les villages que cette hiérarchie est la plus systématique.

Tab. 1
Signature, sexe et trajectoire selon la période
IMGIMGHommes	Mariage avant 1850	Mariage en...IMGIMF
Hommes Mariage avant 1850 Mariage entre 1850 et 1880 Mariage après 1880 Distance N S N S N S < 25 km 56,30 43,70 37,12 62,88 11,58 88,42 sédentaire 43,60 56,40 25,48 74,52 7,69 92,31 > 25 km 38,70 61,30 20,15 79,85 4,83 95,17 Effectifs 5720 6880 3146 8650 703 8476 Femmes Distance N S N S N S < 25 km 71,13 28,87 51,57 48,43 15,64 84,36 sédentaire 63,54 36,46 39,67 60,33 10,57 89,43 > 25 km 60,36 39,64 36,69 63,31 10,85 89,15 Effectifs 7522 4113 4696 6575 1061 7920 Signature : N : ne signe pas S : signe

Cette tripartition est, dans ses principes, stable au cours du temps. Comme le montre l’exemple des liens entre migrations de courte ou de longue distance et type de commune d’origine (graphiques 6 à 9), elle tend toutefois à se déplacer légèrement. Dans la première moitié du siècle, villageois et villageoises d’une part, citadines et surtout citadins de l’autre, sont clairement distingués. Les différences sexuées sont véritablement de second ordre : les citadines migrent moins loin que les citadins, mais considérablement plus que les ruraux et a fortiori que les rurales (graphiques 6 et 7). À la fin du xixe siècle, l’écart entre migrants de longue distance citadins et migrantes de longue distance citadines s’est creusé, et ces dernières « ressemblent » davantage aux hommes ruraux. Un phénomène identique s’observe pour les migrations de courte distance. En somme, la dimension sexuée croît en importance au cours du siècle, tout en restant statistiquement seconde. Avant le genre, c’est la dotation sociale et culturelle qui conditionne la trajectoire migratoire. Le sexe n’intervient qu’en second, en effet combiné et accentuateur du premier. Plutôt que la migration des femmes et la migration des hommes, c’est celle des « riches » (ou du moins des éduqué(e)s), et des « pauvres » (ou plutôt des peu éduqué(e)s), qu’il convient, en premier lieu, d’opposer.
Les migrations de longue distance méritent une attention particulière, non seulement parce qu’elles ont longtemps monopolisé l’intérêt des historiens, mais aussi parce qu’elles sont celles, on l’a vu, pour lesquelles l’écart entre les deux sexes est le plus marqué. Le graphique 11 approfondit la question en ne retenant que les migrations de « très » longue distance, c’est-à-dire, dans la définition retenue, les déplacements qui excèdent cent kilomètres. Ce graphique résume bien la façon dont s’articulent le poids des inégalités sociales et culturelles, et les effets de genre. Migrantes et migrants ne sachant pas signer ont des profils comparables. Leur accès à la mobilité très lointaine est presque trois fois moindre que celui des hommes sachant signer (à peine plus de 10 %, contre près de 30 %). Mais ces derniers se distinguent également, en second ordre pourrait-on dire, des femmes alphabétisées : les migrants sachant signer effectuent des parcours longs dans 29 % des cas, contre 22% pour les migrantes. On retrouve ici la conclusion générale qu’il convient de retenir : l’appartenance sexuée vient moduler les inégalités sociales, qui restent prioritaires dans la structuration du phénomène migratoire.
 
Peuplement
 
 
Il reste, pour achever cette comparaison de la migration féminine et masculine en France au xixe siècle, à inverser la perspective et à se placer non plus du point de vue de la provenance des migrantes et migrants, mais de leur destination. En quoi les divers critères de segmentation des flux que l’on vient de détailler ont-ils guidé l’implantation des femmes et des hommes sur leur point d’arrivée ?
Un premier volet de la question est morphologique. Il consiste à se demander qui sont les migrant(e)s qui arrivent, notamment, vers les villes, puisque c’est ce lent mouvement de déversement qui a, traditionnellement, retenu l’attention. « L’immigration ne peut être comparée à une troupe qui franchirait, un certain jour, les portes d’une ville. » Cette remarque de Louis Chevalier (1950, 154) – qui s’entendait, dans son cas, aux distinctions « psycho-ethniques » entre migrants, mais aussi à leur diversité sociale – est souvent oubliée dans l’étude, volontiers globalisante, des flux d’immigration. Elle a pourtant été maintes fois validée, à commencer par l’étude fine menée par Leslie Page Moch (1983) pour la France du xixe siècle : l’auteur a montré que l’immigration vers une petite ville du sud du pays se décompose en courants migratoires bien marqués. L’environnement local différent – en expansion ou récession économique par exemple – dont chacun est issu, imprime aux migrants des perspectives particulières, plus ou moins favorables à leur mobilité notamment, ou à leur intégration dans la ville. L’échelle à laquelle nous travaillons ici interdit d’atteindre un tel niveau de précision. En revanche, elle permet de mettre en évidence, sur un échantillon national, le caractère disparate du peuplement.
Les trois graphiques ci-dessous en proposent une représentation. Les deux premiers, consacrés successivement aux migrantes et aux migrants vers les villes, portent sur l’ensemble du xixe siècle. Ils les distinguent, chaque fois, selon la distance qu’il leur a fallu parcourir pour s’installer en ville, et selon leur capacité à signer. Ils montrent que le peuplement urbain se compose, au niveau le plus général, de deux flux très différents : des immigrant(e)s de courte distance d’origine modeste (faible taux de signature), et des immigrant(e)s de longue distance dotés d’un plus fort capital socio-culturel.
Les graphiques 12 et 13, qui portent délibérément sur l’ensemble du xixe siècle, souffrent bien sûr des effets de l’alphabétisation progressive au cours de la période. Pour corriger ce biais, nous donnons à titre d’exemple une représentation, conjointement pour les deux sexes, du peuplement urbain durant notre première période d’étude (avant 1850) : c’est l’objet du graphique 14. Celui-ci confirme le phénomène tout en en donnant une vue plus réaliste, car plus concentrée dans le temps. Il montre également que cette disparité sociale est plus marquée pour les hommes que pour les femmes. Pour les migrants, la barre de quinze kilomètres marque un seuil au-delà duquel la proportion d’hommes incapables de signer décroît rapidement. Si cette limite s’observe aussi chez les migrantes, le déclin qui la suit est plus progressif. Il reste, et c’est le point essentiel, que vue du point de vue urbain, la migration mêle deux flux opposés terme à terme : des immigrant(e)s de courte distance « négativement » sélectionné(e)s, et plus précisément peu alphabétisé(e)s, et des migrant(e)s de longue distance issus d’un environnement culturel, et probablement social, supérieur à la moyenne. La coexistence de ces deux formes polaires interdit de parler comme d’un tout de la migration, du moins lorsque l’on se place dans la perspective des zones réceptrices.
Une seconde manière d’envisager les mécanismes de peuplement, plus fine puisqu’elle atteint l’individuel, est de se pencher cette fois simultanément sur les lieux de résidence des deux conjoints au moment du mariage. On insiste ici sur le caractère pré-matrimonial de la migration, simple segment de la trajectoire intra-générationnelle certes, mais non dénué de pertinence. Il touche d’abord une majorité de personnes jeunes, dont on sait qu’elles sont sur-représentées dans la plupart des courants migratoires [8]. Ensuite, cette partie du cycle de vie est particulièrement adaptée à l’une de nos problématiques majeures : mettre à l’épreuve le modèle de micro-mobilité, qui établit précisément une liaison entre migration et accès au mariage. L’information peut être pertinente pour évaluer les possibilités d’implantation du couple (Moch, 2001), malgré l’absence de données précises sur sa localisation au lendemain de son union.
Combien de migrantes et de migrants sont-ils venus s’installer dans la commune d’origine ou de résidence de leur futur conjoint ou de leur future conjointe ? Combien vont s’unir à un époux ou à une épouse résidant dans une autre commune, ce qui par définition exigera de l’un des membres au moins du couple nouvellement formé de changer de domicile ? La réponse à ces questions fait l’objet du tableau 2, dont le principe de constitution est le suivant. Nous ne retenons, au sein de l’échantillon, que les actes de mariage où sont simultanément documentées la commune de naissance et la commune de résidence de l’homme et de la femme. Puis nous examinons, pour chacun des deux sexes, si les migrant(e)s résident dans la même commune que celle où est née ou réside leur futur(e) conjoint(e). Par souci de clarté, nous numérotons de 1 à 5 les catégories qui le composent, car nous allons les combiner de manières différentes selon les cas. Le tableau 2 révèle en effet que, contrairement à la vision unilatérale proposée par le modèle de la micro-mobilité, il existe trois façons de mesurer la migration et l’implantation juste avant et juste après le mariage.

Tab. 2
Lieu d’implantation des conjoints (%)
IMGIMGMigrantes	Migrants	La femme réside d...IMGIMF
Migrantes Migrants La femme réside dans : <25 km >25 km L’homme réside dans: <25 km >25 km La commune de naissance et de résidence de son époux 29,8 3,6 La commune de naissance et de résidence de son épouse, sédentaire 32,1 17,1 1 La commune de naissance de son époux 1,7 0,7 La commune de naissance de son épouse, migrante 1,9 1,0 2 Une commune différente, l’époux étant pour sa part sédentaire 21,0 11,6 Une commune différente, l’épouse étant pour sa part sédentaire 22,1 10,6 3 La commune de résidence de son époux, migrant 30,3 51,6 La commune de résidence de son épouse, migrante 29,1 48,4 4 Une commune différente, l’époux ayant également migré 17,3 22,5 Une commune différente, l’épouse ayant également migré 14,8 22,9 5 Effectifs 7 192 6 838 Effectifs 6 775 7 531 Catégorie

La première consiste tout simplement à se demander qui épouse qui. Notons tout d’abord que le modèle de la micro-mobilité, qui attribue au mariage une bonne part des migrations des jeunes adultes, est d’emblée réfuté par l’intensité de la mobilité prénuptiale, celle-là même que nous avons observée et commentée dans cet article. Une fois cette conclusion rappelée, on observe que les migrantes ou migrants de courte distance épousent dans un cas sur deux un ou une sédentaire (catégories 1 et 3), et dans un cas sur deux un ou une migrante (catégories 2, 4 et 5). Ce constat, que nous dressons ici sur l’ensemble du xixe siècle mais qui vaut à époque, capacité à signer, et origine communale comparables, peut être interprété de deux façons. On peut y voir une confirmation du modèle de la micro-mobilité (sédentaires et migrant(e)s de courte distance étant traités de même manière sur le marché matrimonial), mais aussi une indication de ses limites (cette absence de discrimination favorise le brassage des populations villageoises, et invite à s’interroger sur ses effets). Ce taux de 50 % constitue aussi une estimation haute du « mariage en gendre » (ou, symétriquement, de l’intégration d’une migrante dans la lignée de son mari) : 30 % de migrant(e)s installés au lieu d’origine de leur conjoint(e), auxquel(le)s s’ajoutent 20 % de couples migrant(e)s et sédentaires et qui devront choisir (au moins) entre leurs deux communes de résidence. En tout état de cause, il existe ici une différence majeure entre mobilité de courte et de longue distance. Les migrant(e)s lointain(e)s, femmes ou hommes, se marient dans trois quarts des cas à un(e) autre migrant(e), soit qu’ils fassent l’objet d’une discrimination relative sur le marché matrimonial au lieu d’arrivée, soit qu’ils épousent un(e) co-originaire.
Une deuxième façon de raisonner est de se pencher sur les migrations post-matrimoniales. « Quitter sa paroisse d’origine aussitôt après le mariage » est présenté comme l’un des piliers de la micro-mobilité (Poussou, 1988, 105). Or, dans 60 % des cas (catégories 1 et 4), la migrante ou le migrant de courte distance réside, dès avant le mariage, dans la commune de son futur ou de sa future conjointe, que ledit conjoint ait migré ou soit sédentaire. Il est impossible de prévoir où s’installera le couple après son mariage, mais on peut considérer qu’il lui est loisible de rester dans la commune où résident déjà les deux membres qui le composent : l’idée d’une association mécanique entre mariage et mobilité s’en trouve remise en cause. Ou, dit différemment, ce n’est que dans 40 % des cas (catégories 2, 3 et 5) que l’on a la certitude que la disparité des lieux de résidence des deux époux provoquera une migration communale au moins. On peut noter que ces proportions sont les mêmes pour les migrant(e)s de longue distance.
Enfin, une troisième façon de considérer le problème est de raisonner en terme de peuplement. Près d’une personne sur deux ayant effectué une migration de courte durée avant son mariage (47,6 % pour les femmes, 43,9% pour les hommes, catégories 4 et 5), épouse un(e) migrant(e). Que les deux conjoints résident ou non dans la même commune au moment de se marier, ils sont susceptibles de ne pas s’établir en leur lieu d’origine. Ce chiffre donne une idée de l’ampleur du brassage des populations dans une aire de courte distance. Ce résultat qui, par effet mécanique de la composition de l’échantillon, concerne en premier lieu le monde rural, confirme qu’il convient de le considérer non pas comme organisé autour de la sédentarité, mais comme agité de perpétuels mouvements de peuplement. Il est certes impossible, sur la seule base de données statistiques, d’en postuler les effets, mais tout aussi illégitime d’en nier a priori l’importance.
 
Conclusion
 
 
L’enquête 3 000 Familles, a initialement été conçue en prolongement de l’une des veines fondatrices de la démographie historique : constituer, faute de séries produites à l’époque par l’administration statistique, des résultats inédits fondés sur le traitement de masse de données nominatives (Rosental, 1996). Cet article s’est inscrit dans cette perspective, pour produire des estimations des migrations intérieures féminines en France au xixe siècle, et les comparer avec la mobilité masculine. Il ne propose, bien entendu, que des ordres de grandeur. Mais les régularités qu’il met en évidence sont suffisamment nettes pour en tirer des tendances générales.
La première considère la proximité globale entre les caractéristiques des migrations des femmes et celles des hommes. La prise en compte des effets sociaux du genre est l’une des grandes conquêtes historiographiques des dernières décennies. Elle a considérablement élargi et enrichi la gamme des interrogations historiennes, et des outils à mettre en œuvre pour y répondre. L’absence de différences majeures dans les comportements de mobilité des deux sexes n’invalide nullement l’importance de cette dimension. La migration apparaît en premier lieu comme un processus socialement hiérarchisé : c’est par rapport à ce critère fondamental que le genre vient apporter ses modulations. Son importance relative tend du reste à croître tout au long du siècle.
La comparaison des migrations des deux sexes vient par ailleurs confirmer la complexité et le dynamisme des mouvements migratoires de courte distance au sein du monde rural. La proportion de couples qui s’établissent dans des communes dont ils ne sont pas originaires est considérable. Quels en sont les effets historiques, tant pour les lignées dont ils sont membres que pour les communautés locales dans lesquelles ils s’implantent ? Cette question, longtemps contenue par des modèles historiographiques privilégiant indûment la norme de la sédentarité, ouvre des pistes fécondes à l’histoire des populations.

ANNEXE


Fig. 1
Déplacements des migrants(e)s de courte distance au xixe siècle
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Fig. 2
Déplacements des migrants(e)s de courte distance au xixe siècle (% cumulés)
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Fig. 3
Déplacements des migrants(e)s de longue distance au xixe siècle
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Fig. 4
Déplacements des migrants(e)s de longue distance au xixe siècle (% cumulés)
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Fig. 5
Évolution des migrations selon le sexe au xixe siècle (tendances)
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Fig. 6
Migrant(e)s de courte distance selon provenance (mariage avant 1850, % cumulés au sein de la population migrante)
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Fig. 7
Migrant(e)s de longue distance selon provenance (mariage avant 1850, % cumulés au sein de la population migrante)
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Fig. 8
Déplacements de courte distance des migrant(e)s (mariage après 1880, % cumulés au sein de la population migrante)
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Fig. 9
Migrant(e)s de longue distance selon leur provenance. (mariage après 1880, % cumulés au sein de la population migrante)
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Fig. 10
Migrations villageoises de courte distance selon le sexe et la signature (xixe siècle, % cumulés)
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Fig. 11
Migrant(e)s de très longue distance (+ de 100 km) au xixe siècle selon le sexe et la signature (% cumulés au sein de la population migrante)
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Fig. 12
Femmes migrant vers les villes selon la distance et la signature au xixe siècle
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Fig. 13
Hommes migrant vers les villes selon la distance et la signature au xixe siècle
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Fig. 14
Peuplement des villes selon le sexe, la distance et la signature (%)
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Données représentées dans les graphiques
 
 

Caractéristiques générales de l’échantillon
IMGIMGFemmes	Hommes	Effectifs	%	Effectifs	...IMGIMF
Femmes Hommes Effectifs % Effectifs % Lieu de naissance et lieu de résidence au moment du mariage identiques 20 185 56,2 20 290 53,7 Lieu de naissance et lieu de résidence au moment du mariage différents 15 754 43,8 17 511 46,3 Lieu de naissance ou lieu de résidence au mariage inconnu : Femmes 8 590, Hommes 6 728


Graphique 1
Déplacements de courte distance % par rapport aux effectifs totaux, sédentaires inclus(es)
IMGIMGKm	Hommes	Femmes	1	0,57	0,53	2	1,22	...IMGIMF
Km Hommes Femmes 1 0,57 0,53 2 1,22 1,23 3 1,68 1,72 4 1,9 1,75 5 1,83 1,82 6 1,58 1,86 7 1,38 1,39 8 1,28 1,13 9 1,06 1,07 10 1,03 0,84 11 0,84 0,9 12 0,75 0,89 13 0,7 0,73 14 0,64 0,7 15 0,54 0,68 16 0,55 0,6 17 0,52 0,57 18 0,56 0,58 19 0,52 0,55 20 0,44 0,44 21 0,34 0,44 22 0,37 0,4 23 0,42 0,37 24 0,34 0,41 25 0,38 0,39 Effectifs 8 101 7 897


Graphique 2
Déplacements de courte distance (% cumulés) % par rapport aux effectifs totaux, sédentaires inclus(es)
IMGIMGKm	Hommes	Femmes	1	0,57	0,53	2	1,79	...IMGIMF
Km Hommes Femmes 1 0,57 0,53 2 1,79 1,76 3 3,47 3,48 4 5,37 5,23 5 7,2 7,05 6 8,78 8,91 7 10,16 10,3 8 11,44 11,43 9 12,5 12,5 10 13,53 13,34 11 14,37 14,24 12 15,12 15,13 13 15,82 15,86 14 16,46 16,56 15 17 17,24 16 17,55 17,84 17 18,07 18,41 18 18,63 18,99 19 19,15 19,54 20 19,59 19,98 21 19,93 20,42 22 20,3 20,82 23 20,72 21,19 24 21,06 21,6 25 21,44 21,99 Effectifs 8 101 7 897


Graphique 3
Déplacements de longue distance % par rapport aux effectifs totaux, sédentaires inclus(es)
IMGIMGKm	Hommes	Femmes	26-50	7,71	7,99	51-...IMGIMF
Km Hommes Femmes 26-50 7,71 7,99 51-100 5,84 5,76 101-200 4,05 3,05 201-300 2,27 1,71 301-400 1,8 1,39 401-500 1,53 1,02 501-600 0,88 0,5 601-700 0,47 0,23 701-800 0,16 0,12 801-900 0,07 0,05 901-1000 0,04 0,03 z1000+ 0,1 0,02 Effectifs 9 410 7 857


Graphique 4
Déplacements de longue distance (% cumulés) % par rapport aux effectifs totaux, sédentaires inclus(es)
IMGIMGHommes	Femmes	26-50	7,71	7,99	51-100...IMGIMF
Hommes Femmes 26-50 7,71 7,99 51-100 13,55 13,75 101-200 17,6 16,8 201-300 19,87 18,51 301-400 21,67 19,9 401-500 23,2 20,92 501-600 24,08 21,42 601-700 24,55 21,65 701-800 24,71 21,77 801-900 24,78 21,82 901-1000 24,82 21,85 1000+ 24,92 21,87 Effectifs 9 410 7 857


Graphique 5
Évolution des migrations selon le sexe au xixe siècle (tendances) (moyennes mobiles sur 7 ans, référence : année de mariage)
IMGIMGAnnée	Hommes sédentaires	Femmes séde...IMGIMF
Année Hommes sédentaires Femmes sédentaires Migrants - de 25 Km Migrantes - de 25 Km Migrants + de 25 Km Migrantes + de 25 Km 1806 59,50 64,98 22,35 20,47 18,14 14,55 1807 60,41 65,75 21,03 20,11 18,57 14,13 1808 60,57 65,51 20,61 19,99 18,82 14,49 1809 61,85 66,85 20,59 19,10 17,56 14,04 1810 62,54 67,02 20,44 18,60 17,03 14,37 1811 61,41 67,19 20,75 18,86 17,85 13,96 1812 62,40 65,66 20,01 19,91 17,60 14,42 1813 61,97 65,86 19,70 19,37 18,34 14,76 1814 61,57 65,61 20,50 19,51 17,92 14,87 1815 61,23 64,79 20,76 20,10 18,01 15,11 1816 60,73 63,08 20,59 21,36 18,68 15,56 1817 60,29 62,49 20,72 21,84 18,99 15,66 1818 61,24 62,43 20,12 21,88 18,64 15,69 1819 60,83 62,80 20,37 22,02 18,80 15,19 1820 60,30 62,58 20,53 22,24 19,17 15,18 1821 60,64 62,61 19,80 21,12 19,56 16,28 1822 61,50 63,08 19,32 20,80 19,19 16,12 1823 60,50 64,46 20,28 20,22 19,21 15,32 1824 59,97 64,62 20,67 19,53 19,37 15,85 1825 59,58 63,60 20,59 20,10 19,83 16,30 1826 59,41 63,96 21,14 19,53 19,45 16,51 1827 60,28 62,56 21,02 20,28 18,70 17,16 1828 60,52 62,13 21,18 21,67 18,30 16,20 1829 59,49 62,40 22,10 21,67 18,42 15,93 1830 59,75 61,69 22,19 21,13 18,06 17,17 1831 59,51 60,98 22,19 21,78 18,29 17,24 1832 58,80 61,29 23,06 21,42 18,14 17,29 1833 58,53 60,87 23,05 21,73 18,42 17,40 1834 58,14 60,93 22,91 21,49 18,95 17,57 1835 57,81 60,68 22,69 21,12 19,51 18,20 1836 57,85 59,73 22,38 21,55 19,77 18,72 1837 57,38 59,62 22,04 22,23 20,57 18,14 1838 57,78 59,84 21,58 22,09 20,64 18,07 1839 58,00 59,44 20,58 22,19 21,41 18,37 1840 58,03 58,88 19,70 22,52 22,27 18,60 1841 57,12 59,24 20,50 22,42 22,37 18,34 1842 56,41 60,04 21,00 21,75 22,58 18,22 1843 56,72 60,13 20,77 22,04 22,50 17,84 1844 57,72 61,07 20,67 21,47 21,61 17,46 1845 57,69 60,89 20,47 21,58 21,84 17,54 1846 57,81 61,54 20,73 21,19 21,46 17,27 1847 56,63 61,73 21,92 21,22 21,45 17,05 1848 56,94 61,35 21,19 21,48 21,87 17,17 1849 56,05 60,08 22,03 22,63 21,92 17,28 1850 55,54 60,00 22,53 22,04 21,92 17,96 1851 55,12 58,49 21,72 22,59 23,16 18,92 1852 54,38 57,87 21,98 22,42 23,64 19,71 1853 53,80 56,85 22,18 22,94 24,03 20,21 1854 53,89 56,62 21,87 22,54 24,24 20,83 1855 54,25 56,83 22,14 23,03 23,62 20,14 1856 54,40 57,12 21,91 22,62 23,69 20,25 1857 54,29 56,43 21,80 23,10 23,91 20,47 1858 53,53 56,05 22,26 22,73 24,22 21,22 1859 52,86 55,80 22,46 22,79 24,68 21,41 1860 53,26 55,52 21,88 23,07 24,86 21,41 1861 54,58 55,86 21,38 22,97 24,04 21,17 1862 53,70 55,24 21,18 22,22 25,11 22,54 1863 53,78 54,48 20,65 22,42 25,57 23,10 1864 53,33 54,72 20,49 21,40 26,19 23,89 1865 52,79 54,56 21,17 21,74 26,04 23,70 1866 52,48 54,30 21,01 21,64 26,50 24,06 1867 51,37 54,46 21,79 21,11 26,85 24,43 1868 50,76 54,17 22,05 21,05 27,19 24,78 1869 50,52 54,13 22,16 21,25 27,32 24,62 1870 51,00 54,06 21,79 21,41 27,21 24,53 1871 51,02 53,25 22,09 22,57 26,90 24,18 1872 51,53 53,39 21,77 22,25 26,71 24,36 1873 51,84 53,38 22,07 22,48 26,10 24,14 1874 51,94 52,81 21,44 22,69 26,62 24,50 1875 50,65 52,37 21,19 22,49 28,17 25,14 1876 50,43 52,03 21,30 22,69 28,27 25,27 1877 49,51 52,14 21,54 21,92 28,95 25,93 1878 48,89 52,21 21,50 21,62 29,61 26,17 1879 48,50 51,59 21,07 22,27 30,43 26,14 1880 47,58 50,99 21,21 22,63 31,21 26,37 1881 47,84 50,97 21,79 22,51 30,37 26,52 1882 47,49 50,04 22,12 23,17 30,39 26,80 1883 47,31 49,73 21,93 22,97 30,76 27,29 1884 47,03 48,92 22,41 23,72 30,55 27,36 1885 47,05 48,84 22,63 23,87 30,32 27,29 1886 46,69 48,93 22,69 23,71 30,63 27,36 1887 46,74 49,05 22,49 23,34 30,77 27,60 1888 46,52 49,16 21,46 22,71 32,02 28,13 1889 47,18 49,73 21,21 22,69 31,60 27,58 1890 47,13 49,79 21,69 22,66 31,18 27,55 1891 47,91 50,46 20,83 22,14 31,26 27,39 1892 47,48 50,39 20,90 22,02 31,62 27,59 1893 48,19 50,33 21,09 22,20 30,72 27,47 1894 48,72 49,79 20,84 22,46 30,45 27,75 1895 48,63 49,22 21,40 23,21 29,97 27,57 1896 48,57 49,25 21,71 22,62 29,72 28,14 1897 48,09 49,43 21,45 22,65 30,46 27,92 1898 47,34 48,91 21,83 23,17 30,84 27,92 Effectifs : Hommes : 37 801. Femmes : 33 423


Graphique 6
Migrations de courte distance selon la provenance (mariage avant 1850, % cumulés au sein de la population migrante)
IMGIMGKm	Villageois	Citadins	Villageoises	...IMGIMF
Km Villageois Citadins Villageoises Citadines 1 1,18 0,97 1,57 3,36 2 4,83 2,32 5,01 5,83 3 9,59 4,83 9,71 8,07 4 15,04 7,73 14,34 11,88 5 19,85 10,63 19,3 13,67 6 24,14 13,72 24,63 17,26 7 28,27 15,46 28,77 20,62 8 31,76 18,55 31,97 21,74 9 34,59 19,32 34,47 24,88 10 37,27 22,03 36,78 27,79 11 39,23 22,8 38,98 30,48 12 41,05 23,96 41,27 32,5 13 42,97 26,09 43,26 33,4 14 44,58 26,28 45,13 35,42 15 46,02 27,05 47,02 36,09 16 47,18 28,4 48,56 38,11 17 48,25 30,14 49,99 39,68 18 49,36 31,69 51,67 40,58 19 50,31 33,43 53,1 41,03 20 51,16 35,17 54,08 41,7 21 52,11 36,52 55,13 43,05 22 52,96 37,29 56,04 43,72 23 54,09 38,45 56,83 44,39 24 54,77 39,22 57,81 45,29 25 55,41 40,38 58,77 46,41 Effectifs 4 848 517 4 278 446


Graphique 7
Migrations de longue distance selon la provenance (mariage avant 1850, % cumulés au sein de la population migrante)
IMGIMGKm	Villageois	Citadins	Villageoises	...IMGIMF
Km Villageois Citadins Villageoises Citadines 26-50 16,71 19,34 19,1 24,22 51-100 28,43 33,07 31,77 36,33 101-200 34,47 44,29 35,84 43,95 201-300 37,83 49,9 37,41 48,21 301-400 39,83 53,19 38,77 50,45 401-500 41,85 55,7 39,63 51,8 501-600 43,46 57,25 40,42 52,47 601-700 44,14 58,8 40,77 52,69 701-800 44,51 59,19 41,07 52,91 801-900 44,57 59,38 41,21 53,13 901-1000 44,59 59,38 41,23 53,13 z1000+ 44,61 59,57 41,23 53,58 Effectifs 4 848 517 4 278 446


Graphique 8
Migrations de courte distance selon la provenance (mariage après 1880, % cumulés au sein de la population migrante)
IMGIMGKm	Villageois	Citadins	Villageoises	...IMGIMF
Km Villageois Citadins Villageoises Citadines 1 1,13 1,88 0,88 1,36 2 3,3 4,38 3,51 3,27 3 6,63 6,76 7,28 6,54 4 10,03 8,76 11,08 9,81 5 13,52 11,64 14,88 14,71 6 16,35 15,14 18,51 18,66 7 19,39 16,89 21,67 20,7 8 21,96 19,02 24,3 22,88 9 24,11 19,77 26,88 24,79 10 26,02 21,77 28,8 25,88 11 27,7 23,27 30,82 27,24 12 29,09 25,27 32,55 29,56 13 30,53 26,4 34,38 30,51 14 31,76 27,65 35,67 31,46 15 32,75 28,53 37,01 31,87 16 34 29,53 38,11 33,37 17 35,09 30,41 39,52 33,78 18 36,6 31,41 40,62 35,01 19 37,69 32,66 41,89 36,24 20 38,73 34,04 42,74 37,6 21 39,39 34,17 43,64 38,55 22 40,12 34,55 44,3 39,5 23 40,9 34,93 45,08 39,91 24 41,61 35,68 45,93 40,32 25 42,55 36,18 46,54 41 Effectifs 4 238 799 4 108 734


Graphique 9
Migrations de longue distance selon la provenance (mariage après 1880, % cumulés au sein de la population migrante)
IMGIMGKm	Villageois	Citadins	Villageoises	...IMGIMF
Km Villageois Citadins Villageoises Citadines 26-50 14,13 14,77 16,58 15,26 51-100 26,94 26,41 30,26 26,3 101-200 38,31 38,05 38,97 39,52 201-300 44,73 46,69 44,13 45,79 301-400 49,76 54,07 48,32 51,51 401-500 53,7 59,45 51,34 55,87 501-600 55,87 61,83 52,53 57,64 601-700 57,03 62,83 53,09 58,32 701-800 57,34 63,08 53,26 58,73 801-900 57,41 63,33 53,43 58,87 901-1000 57,46 63,71 53,48 59,01 z1000+ 57,46 63,84 53,48 59,01 Effectifs 4 238 799 4 108 734


Graphique 10
Migrant(e)s villageois(es) de courte distance selon la signature (xixe siècle, % cumulés au sein de la population migrante)
IMGIMGMigrants	Migrantes	Km	Ne signent pas...IMGIMF
Migrants Migrantes Km Ne signent pas Signent Ne signent pas Signent 1 0,9 1,41 1,2 1,03 2 4,11 4,18 4,34 3,88 3 8,88 7,96 9,35 7,41 4 14,98 11,94 14,54 11,1 5 21,38 15,4 20,34 14,51 6 27,45 18,19 25,85 17,97 7 32,79 20,74 29,98 20,85 8 36,93 23,19 33,32 23,24 9 40,52 25,52 36,44 25,5 10 43,86 27,35 38,73 27,42 11 46,59 28,97 41,33 29,2 12 48,67 30,4 43,72 30,83 13 50,93 31,58 45,84 32,42 14 52,74 32,84 47,65 34 15 54,55 33,73 49,37 35,62 16 55,95 34,74 50,87 36,82 17 56,95 35,82 52,41 38,21 18 57,93 37,11 53,78 39,37 19 58,98 38,05 55,01 40,61 20 59,66 38,94 55,97 41,51 21 60,66 39,57 57,17 42,36 22 61,56 40,33 58,13 43,24 23 62,21 41,28 59,02 44,09 24 62,94 41,96 59,98 44,93 25 63,67 42,83 60,87 45,8 Effectifs 3 986 9 241 5 187 6 915


Graphique 11
Migrant(e)s de très longue distance selon la signature (xixe siècle, % cumulés au sein de la population migrante)
IMGIMGMigrants	Migrantes	Km	Ne signent pas...IMGIMF
Migrants Migrantes Km Ne signent pas Signent Ne signent pas Signent 101-200 05 10 04 08 201-300 07 16 06 13 301-400 08 21 07 17 401-500 10 25 09 20 501-600 11 27 09 21 601-700 12 28 10 22 701-800 12 29 10 22 801-900 12 29 10 22 901-1000 12 29 10 22 z1000+ 12 29 10 22 Effectifs 474 2 660 530 1 539


Graphique 12
Femmes migrant vers les villes selon la distance et la signature (xixe siècle, % de la population migrante)
IMGIMGKm	Ne signent pas	Signent	- de 7	11,...IMGIMF
Km Ne signent pas Signent - de 7 11,03 10,2 7-15 17,93 12,64 15-25 16,33 13,34 25-50 23,48 22,41 50-100 14,56 18,56 100-200 8,33 10,79 200-500 6,99 9,38 500+ 1,35 2,67 Effectifs 1 188 2 548


Graphique 13
Hommes migrant vers les villes selon la distance et la signature (xixe siècle, % de la population migrante)
IMGIMGKm	Ne signent pas	Signent	- de 7	14,...IMGIMF
Km Ne signent pas Signent - de 7 14,19 8,37 7-15 22,05 11,42 15-25 14,33 11,24 25-50 16,57 19,37 50-100 13,76 16,98 100-200 8,85 13,15 200-500 8,71 14,11 500+ 1,54 5,38 Effectifs 712 3 346


Graphique 14
Peuplement des villes selon la distance et la signature (% de la population migrante, mariage avant 1850)
IMGIMGMigrants	Migrantes	Ne signent pas	Si...IMGIMF
Migrants Migrantes Ne signent pas Signent Ne signent pas Signent - de 7 45,61 54,39 57,55 42,45 7-15 46,63 53,37 67,09 32,91 15-25 34,06 65,94 51,2 48,8 25-50 27,96 72,04 50,94 49,06 50-100 25,79 74,21 43,71 56,29 100-200 23,44 76,56 49,3 50,7 200-500 21,99 78,01 47,17 52,83 500+ 11,11 88,89 33,33 66,67 Effectifs 341 758 526 478

 
BIBLIOGRAPHIE
 
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NOTES
 
[1]Qui, lui-même, doit être inséré dans un cadre européen avec les publications récentes, pour le Royaume-Uni, l’Allemagne et l’Italie successivement, de Pooley et Turnbull (1998) ; Hochstadt (1999) ; Arru et Ramella (2003).
[2]Sur l’effet de la forme géographique des unités spatiales sur la mesure de la migration, voir Kulldorff (1955) ou Courgeau (1973).
[3]La définition de l’aire de familiarité d’une communauté rurale a fait l’objet d’innombrables travaux, aussi bien contemporains qu’historiques, et pour toutes les parties du monde. Citons notamment, pour le cas français, Burguière (1977), Augustins (1981), Renard (1984) ou, plus « qualitativement », Karnoouh (1972).
[4]Source : annexe 2, caractéristiques générales de l’échantillon et données des graphiques 2 et 4.
[5]La nature de nos sources implique d’envisager d’emblée un biais possible : l’accroissement de la mobilité pourrait pour partie résulter d’une augmentation de l’âge au mariage au cours du temps, qui laisserait aux jeunes adultes un délai supplémentaire pour migrer. Cette hypothèse ne correspond pas à l’évolution de l’âge au mariage au xixe siècle, qui oscille sans mouvement tendanciel entre 28,3 et 29,7 ans pour les hommes, et baisse pour les femmes (Bonneuil, 1992, 87).
[6]Pour catégoriser les communes de naissance et de résidence des membres de notre échantillon, nous sommes parti de la base de données dite « fichier des communes urbaines » élaborée à l’Ined par Denise Pumain et Benoît Riandey. Il fournit, pour la période postérieure à 1831, la population de toutes les communes comptant au moins 2 500 habitants agglomérés au chef-lieu. On trouvera une présentation et une analyse critique de cette base de données dans Guérin-Pace (1993)
[7]Il serait également possible de prendre en compte les caractéristiques socioprofessionnelles des conjoints. Pour des mesures à la fois nationale et régionales du lien entre mobilité sociale et mobilité géographique, nous renvoyons à Bonneuil et Rosental (1999).
[8]Sur les caractéristiques socio-démographiques majeures des conjoints Tra au moment du mariage, voir Bonneuil (1992).
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Qui, lui-même, doit être inséré dans un cadre européen avec...
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[2]
Sur l’effet de la forme géographique des unités spatiales s...
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La définition de l’aire de familiarité d’une communauté rur...
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Source : annexe 2, caractéristiques générales de l’échantil...
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La nature de nos sources implique d’envisager d’emblée un b...
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Pour catégoriser les communes de naissance et de résidence ...
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