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Annales de géographie

2005/1 (n° 641)



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L’essor des activités tertiaires est le phénomène majeur de l’évolution socio-économique depuis près d’un demi-siècle. La très forte croissance des emplois liés aux services fait du tertiaire plus qu’un secteur économique, c’est un mode de civilisation qui s’est mis progressivement en place et qui gagne peu à peu l’ensemble des espaces, aussi bien urbains que ruraux. Depuis 1959, la contribution du secteur tertiaire à la richesse nationale (valeur ajoutée brute) s’est fortement accrue, passant de 48 % de la VA totale à 59 % en 1983, pour atteindre 76 % en 2000. Parallèlement, les emplois qui lui sont liés ont suivi le même rythme de croissance représentant 57 % de l’emploi total en 1980 pour atteindre 71 % en 1999.

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Même si cette dynamique est souvent associée au milieu urbain, les activités tertiaires augmentent de manière importante dans l’ensemble des espaces ruraux et constituent souvent l’élément essentiel de la création d’emplois nouveaux [1]  A. Leroy (1997). [1] . Rappelons que sur dix actifs ruraux ayant un emploi, deux travaillent encore dans l’agriculture, deux dans l’industrie et le bâtiment et plus de six dans les services dont quatre dans le secteur privé. Très hétérogènes et éclatés, ces services restent souvent les seuls à même de pouvoir créer des emplois dans des espaces où les perspectives économiques sont limitées. Cette mutation économique d’importance apporte ainsi des modifications notoires dans les hiérarchies d’activités et donnent une place de plus en plus prépondérante aux services dans les campagnes, aussi bien les plus isolées que celles soumises aux influences urbaines.

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Généralement la croissance des emplois tertiaires repose sur un processus endogène d’induction locale. Autrement dit, ces activités se développent sous l’impulsion de la dynamique résidentielle et d’une croissance plus affirmée de la population dans les communes rurales périurbaines bénéficiant d’un solde migratoire largement positif. Toutefois, certaines de ces activités produisent également des services plus orientés vers la satisfaction de marchés non régionaux favorisant leur intégration et, par la même, celle de quelques espaces ruraux dans des systèmes économiques plus larges. Dans ce cas, certains parlent d’une dynamique de transfert de pratiques urbaines où les activités tertiaires présentes dans l’espace rural ne seraient pas la conséquence d’un développement de la demande locale mais une réponse plus large à des demandes extérieures, très souvent d’origine urbaine. L’exemple du tourisme est alors le plus parlant. Pour une grande partie de la population urbaine, l’espace rural offre de nouveaux services touristiques. Mais ce secteur n’est pas seul à être intégré dans ce processus d’élargissement des marchés ruraux. En effet, l’ensemble des activités tertiaires, des plus traditionnelles aux services aux entreprises, n’échappe pas à cette évolution. Ces activités s’approprient un espace sans être une réponse à des dynamiques socio-économiques locales quelconques et peuvent être associées à des activités motrices dans le développement territorial. Par la même, elles peuvent être à l’origine des dynamiques socio-économiques observées.

Ces activités que l’on qualifie de tertiaires inductrices ou basiques sont dès lors amenées à jouer, au niveau du milieu local, un rôle moteur assimilable à celui jusqu’alors assuré presque exclusivement par l’agriculture. Favorisant par leur orientation vers des marchés extérieurs l’introduction de flux de revenu dans les zones où elles sont implantées, elles suscitent, comme l’activité agricole, des phénomènes d’induction, eux-mêmes générateurs de développement local. Si le processus d’induction en tant que mécanisme explicatif de la croissance et, au-delà du développement, est un processus connu, son originalité tient à présent au fait qu’il relève, d’une part, d’activités de service jusqu’alors assimilées surtout aux activités induites et que, d’autre part, il se localise en milieu rural, alors qu’il a généralement comme cadre d’application le milieu urbain.

1 - L’émergence d’un nouveau tertiaire moteur rural

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C’est donc sur la nature des activités tertiaires qu’il faut s’interroger pour percevoir les mécanismes économiques qui sous tendent le repeuplement des espaces ruraux. Si en milieu urbain, une partie des services présente les caractéristiques d’activités motrices et connaît une évolution constante et déterminante de l’emploi, en milieu rural, au moins dans les discours, c’est l’aspect induit qui semble encore s’imposer aux yeux de la plupart des observateurs. Dans une telle perception, les services restent liés à la présence de la population locale, à son évolution ainsi qu’aux autres secteurs moteurs de l’économie locale, l’industrie, l’artisanat et l’agriculture. Les services à la population, tant privés que publics, ceux à l’agriculture ont constitué l’essentiel du secteur tertiaire rural et leur dynamique, en emploi comme en localisation, a été étroitement liée à l’évolution des systèmes productifs agricoles. Ceci explique que la concentration agricole au niveau des exploitations, l’exode des populations et les transformations des processus de production ont favorisé la dégradation du tertiaire rural traditionnel et son quasi-effacement dans l’espace rural le plus isolé. Seul le tourisme était présenté comme jouant un rôle moteur possible, susceptible d’infléchir l’évolution socio-économique d’une zone rurale, lorsque l’importance de son impact le permettait.

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Aujourd’hui, la croissance de la démographie favorise un nouveau dynamisme à ces activités tertiaires induites. L’extension et l’intensification des fonctions résidentielles et récréatives ont donné un coup de frein à la lente et persistante érosion du service rural. Les nouvelles populations résidentes, même si elles continuent de trouver leur emploi en milieu urbanisé, favorisent la stabilisation et la reprise des services de proximité dans les zones où elles s’installent, que ce soit dans le domaine public ou privé.

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Pourtant, parfois, le lien entre la dynamique démographique et dynamique des activités tertiaires n’est plus exclusif. En effet, dans certains espaces, encore marqués par un exode des populations et des activités, les activités tertiaires connaissent une dynamique parfois soutenue. Sans lien direct apparent avec une demande locale, de nouvelles activités répondent désormais à des attentes souvent extérieures à leur lieu d’implantation.

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Les travaux [2]  A. Berger et P. Chevalier (2001). [2] effectués entre 1992 et 2001 au niveau national, sur la base de données issues du fichier des établissements SIREN, montrent que la croissance de certaines activités n’est pas strictement imputable aux dynamiques démographiques et socio-économiques locales. Elle repose également sur une mutation de leur nature propre, avec le développement d’activités motrices, nouvelles composantes renouvelées de la base économique de l’espace rural. Les nouvelles fonctions que la société actuelle confère à l’espace rural déterminent des besoins en provenance de milieux extérieurs au milieu local. Autrefois, activités induites par la demande locale, les activités tertiaires produisent à présent de plus en plus de biens immatériels destinés à des marchés toujours plus vastes, à des clientèles de plus en plus éloignées.

Dès lors, l’implantation des producteurs de service n’est plus aussi systématiquement liée à celle des clients, que ces derniers soient des particuliers ou des entreprises. Aussi, il n’est pas rare que des activités s’implantent dans des territoires éloignés des espaces de concentration des hommes et des activités. Sur la base de critères de localisation originaux elles approvisionnent en services des marchés nationaux ou même internationaux (graph. 1 et note méthodologique).

Graph. 1 - Évolution du tertiaire en France, 1982-2001Evolution of tertiary sector activities in France, 1982-2001Graph. 1

ACP/ Axe 1 : dynamisme de l’emploi – Axe 2 : caractère moteur de l’emploi

Source : INSEE, Déclaration annuelle des données sociales; DDASS; Chambres Consulaires.
Note méthodologique: méthode et critères ayant servis à l’élaboration de l’Analyse en Composantes Principales (ACP)

Pour étudier la géographie des activités tertiaires, nous avons utilisé le Zonage en Aires Urbaines (ZAU), réalisé par l’INSEE en 1996. Ce découpage décompose l’espace en plusieurs ensembles. Les pôles urbains offrant plus de 5000 emplois, les communes périurbaines définies par l’intensité des déplacements domicile-travail et l’espace à dominante rurale. Ce dernier est composé du rural sous influence urbaine défini par le seuil de 20% de migrants alternants vers les aires urbaines, les pôles ruraux concentrant au moins 2000 emplois, leur périphérie qui englobe au moins 20% des actifs résidents travaillant dans le pôle rural, et le rural isolé.

Les analyses statistiques sont établies à partir de sources reflétant les différentes dynamiques tertiaires selon les multiples branches d’activités et le Zonages en Aire Urbaine. Elles sont basées sur des dénombrements édités par l’INSEE en 1982 et 2001 et complétées par les Déclarations Annuelles des Données Sociales de l’emploi (DADS). Leur objectif est de dégager, par catégorie d’espace, une tendance des comportements des différents types d’activités et de pouvoir combiner de nombreuses données tout en permettant une représentation simplifiée et pratique de la réalité. Les résultats obtenus ne doivent alors pas prétendre être reçus comme dessinant l’essentiel de la situation, mais bien perçus comme un test, pouvant déterminer dans les grandes lignes les dynamiques tertiaires actuelles. Toutes les données chiffrées correspondent aux emplois aux lieux de travail des actifs et donc, de fait, excluent tous biais liés aux rattachements à des sièges sociaux extérieurs à la zone étudiée.

Pour ces Analyses en Composantes Principales (ACP), le secteur tertiaire est décomposé en 40 postes répartis par catégorie d’espace suivant le Zonage en Aires Urbaines. Il est identifié par 12 variables statistiques. Pour plus de lisibilité, nous avons classé ces dernières en trois groupes.

Le premier groupe comprend trois variables relatives aux emplois fournis dans les 40 types activités. La première correspond au nombre de salariés par entreprise, par catégorie de taille et son évolution, le tout rapporté à 100 habitants pour chaque commune. La deuxième fait référence à la finalité de l’activité : services rendus principalement aux entreprises ou aux ménages. La dernière indique s’il s’agit de services marchands ou non marchands, publics, para publics ou privés.

Le deuxième groupe se base sur la spatialisation des marchés développés. La première variable offre un renseignement relatif à l’aire géographique des différents débouchés pour chaque entreprise (départemental, régional, national ou international) à partir de leur chiffre d’affaire et de la localisation de leur clientèle. Ces informations originales, jusque là non traitées, sont établies à partir de certains fichiers de l’INSEE et d’organisations spécifiques comme les DDASS pour les activités sanitaires et sociales, les Chambres de Commerce et d’Industrie et les Chambres de Métiers. Elles permettent déjà de donner une appréciation sur le caractère induit ou basique des activités. La deuxième variable nous informe sur l’évolution respective de chaque type de marché, département, régional, national et international (taux annuel moyen d’évolution) par secteur d’activité.

Le dernier ensemble comprend deux variables. Alors que la première est relative à la moyenne d’âge des actifs par secteur d’activité suivant des tranches prédéfinies et son évolution (moins de 25 ans, 25/50 et plus de 50 ans), la seconde dissocie travailleurs indépendants et salariés.

À partir ce ces variables, les analyses statistiques menées au niveau national permettent de déterminer des axes factoriels offrant une lecture relativement simple des dynamiques tertiaires par type d’espaces. Seuls les axes 1 et 2, déterminant 68% d’explication de la variance, sont retenus. L’axe 1, déterminé à partir de la prépondérance du critère relatif à la localisation géographique des débouchés par entreprise (départementaux, régionaux, nationaux ou internationaux) identifie principalement le caractère induit ou moteur des emplois offerts. L’axe 2 favorise le dynamisme de l’emploi, le critère création d’emploi étant fortement discriminant.

Il est bien évident que la représentation en 40 secteurs d’activités rend difficile la lecture du graphique, aussi une opération de regroupement des différentes branches du tertiaire en fonction des proximités observées est rendue nécessaire pour la bonne lecture des résultats.

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On note d’abord les services marchands aux entreprises. Ils privilégient logiquement l’espace urbain et périurbain mais également de manière limitée, une partie du rural. L’utilisation de nouveaux moyens de communication et le développement du télétravail en est une bonne illustration et permet d’allier emploi et recherche d’une qualité de vie dans des espaces de faible densité. Cette croissance diffuse et naissante offre ainsi à certaines régions fortement enclavées et durement touchées par la déprise agricole de nouvelles perspectives, certes encore limitées, mais cependant opportunes, dans une période où la conjoncture tend à faire progresser les services de base prodigués à distance.

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On observe ensuite les services aux ménages non locaux. Ils sont d’ailleurs beaucoup plus significatifs au niveau rural de cette ouverture du marché du tertiaire. Les aménités locales, les potentialités physiques et culturelles jouent en partie en faveur du développement de ces services moteurs. La relation prestataire-utilisateur s’en trouve modifiée et dans ce cas, c’est le client qui vient sur place consommer le service offert ou le prestataire, via l’utilisation de nouveaux réseaux informatiques ou télématiques, qui prodigue à distance sa prestation. Au niveau de l’espace à dominante rurale, il s’agit des services destinés aux particuliers qui s’appuient essentiellement sur une demande exogène au territoire (tourisme, loisirs, activités culturelles, thermalisme). On retrouve ici la fonction touristique et récréative de l’espace rural. Le tertiaire non marchand, comme le secteur sanitaire et social particulièrement inducteur [3]  P. Chevalier (2001). [3] , et le tertiaire aux entreprises, en stagnation relative, ne sont plus dépendants de la demande locale. Cependant tout l’espace rural n’est pas concerné de la même façon et avec la même intensité.

2 - Le rôle des activités tertiaires moteur dans les dynamiques rurales

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À l’échelle des espaces, le processus rapide et soutenu de tertiairisation des économies ne s’inscrit pas de façon similaire. Globalement, il a eu pour conséquence la mise en compétition des espaces et des entreprises par une interdépendance significative des territoires à l’échelle de la planète, des pays, des régions, des micro-régions.

2.1 - Des territoires ruraux aux dynamiques tertiaires spécifiques

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La campagne n’est pas homogène par rapport à la tertiairisation des activités économiques. Malgré les grandes tendances qui semblent se dessiner à l’échelle nationale, comme l’extension de la fonction touristique ou la diffusion des services aux entreprises, elle paraît nettement se diversifier dans son organisation comme dans sa structuration. Devant ce constat, des auteurs comme Kuehn et Bender [4]  J.A. Kuehn et L.D. Bender (1985). [4] en 1985 ont établi des classifications de zones rurales, à partir des emplois dans le secteur tertiaire, en utilisant des indicateurs inspirés de la théorie de la base (composition sectorielle de la base économique, importance des effets multiplicateurs). Dans leurs études, il est mis en évidence des zones, plus ou moins homogènes, qui se distinguent par un secteur tertiaire basique dominant (secteur représentant une forte proportion d’emploi basique par rapport à l’emploi induit et par rapport à l’emploi total) et des secteurs distincts (secteurs dont la part dans l’emploi basique total est supérieur à l’écart type estimé dans le groupe de régions étudié). La classification des régions à partir d’une analyse statistique multivariée a permis ensuite aux auteurs de mettre en évidence des groupes de régions ayant des caractéristiques très différentes entre eux mais relativement homogènes à l’intérieur d’un même groupe. Ainsi, ces auteurs ont mis en évidence l’existence de régions spécialisées dans des domaines de plus en plus variés.

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Dans le cadre de l’analyse spatiale, le champ géographique s’est porté sur deux départements limitrophes du sud du Massif central, la Lozère et l’Aveyron. S’ils sont pris comme espaces témoins de l’analyse, c’est qu’il leur est accordé un caractère prospectif dans les évolutions socio-économiques et démographiques futures et notamment dans ce qui pourrait être la trajectoire des espaces ruraux qualifiés de fragiles à l’aube du vingt et unième siècle. Situés dans la Diagonale du vide (31 hab./km2 en Aveyron et moins de 14 hab./km2 en Lozère en 1999), ils constituent un bon exemple de région rurale éloignée des grands pôles urbains. Ces départements, encore très agricoles, ont connu un déclin démographique continu depuis la fin du XIXe siècle, soit -35 % en Aveyron et -48 % en Lozère depuis leur maximum démographique en 1886. Dans les années 1970, sous l’effet d’un solde migratoire devenu positif, ils sont affectés par un changement notoire de leur trajectoire démographique, se traduisant tour à tour par le ralentissement de leur dépeuplement, l’équilibre démographique, et enfin depuis peu, par leur repeuplement significatif (notamment en l’Aveyron). À côté de l’érosion généralisée de l’emploi agricole, la Lozère et l’Aveyron connaissent également une diversification économique notable, liée à un processus de tertiairisation relativement soutenu. Les emplois tertiaires en Lozère et Aveyron, les seuls en croissance, représentent en 2002, dans leur diversité, plus de 60 % des emplois offerts. Vastes territoires, la Lozère et l’Aveyron se situent bien à l’écart des grandes agglomérations urbaines. Leurs dynamiques rurales ne peuvent donc, a priori, pas y être totalement ramenées.

Un travail effectué en 1999 [5]  A. Berger et P. Chevalier (2000). [5] dans cette région, en empruntant la même méthodologie que celle mise en place par Kuehn et Bender, nous permet de dresser une typologie des activités tertiaires motrices. Sur la base de l’information du fichier SIREN de l’INSEE, et particulièrement celle relative à l’origine géographique des marchés, un travail d’identification et de localisation des entreprises à caractère basique a été effectué [6]  Sont déterminés comme essentiellement basiques, les... [6] . La prédominance des services aux particuliers dans l’ensemble des activités tertiaires basiques détermine un zonage relativement classique autour des pôles de concentration. Qu’ils soient urbains ou ruraux, ils polarisent nettement l’espace environnant. Cette polarisation est accentuée par l’analyse dynamique qui privilégie, au-delà des seuls espaces soumis à l’influence directe des pôles, des communes plus éloignées des lieux de concentration, mais drainées par les principaux axes de communication (fig. 1).

Fig. 1 - Typologie des cantons ruraux sur la base des activités tertiaires basiques en 1999 (au lieu de travail) par la méthode de la classification hierarchique ascendanteTypology of rural areas based on the basic employments in the tertiary sector activities, 1999 (in the workplace)Fig. 1
Source: INSEE, DRASS, CDT, CCI. Réalisation PC, UMR 5045.
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Ainsi, l’emploi tertiaire basique, essentiellement orienté vers les particuliers se maintient et se développe surtout à proximité des villes. Les dynamiques semblent alors, dans ce cas, révéler des processus de décongestion/desserrement, identiques à ceux observés pour l’emploi industriel [7]  F. Aubert et P. Perrier-Cornet (1997). [7] , dans des espaces ruraux périurbains de plus en plus étendus. Ces mouvements de desserrement, liés à la dynamique urbaine, ne touchent toutefois pas tous les secteurs d’activité. Par exemple, les activités commerciales sont celles qui ont connu la plus forte croissance dans le périurbain durant ces dix dernières années alors que l’enseignement et les autres services non marchands privilégient toujours le pôle urbain au détriment de sa périphérie directe.

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Un certain nombre d’activités basiques connaissent des dynamiques particulières dans des espaces situés en recul des pôles de concentration, dessinant de vastes ensembles plus ou moins homogènes au sein des deux départements. Cette organisation plus originale privilégie des activités dont les effectifs sont relativement importants et progressent sensiblement dans l’espace rural alors qu’ils sont stables ou régressent dans les pôles urbains et dans les communes périurbaines. Les activités structurantes les plus significatives restent incontestablement celles liées à l’accueil et aux loisirs. L’extension de cette fonction touche de plus en plus d’espaces. Dans certains secteurs de Lozère, notamment dans les régions de Mende et Marvejols, plus de 100 emplois par commune, directement ou indirectement liés aux fonctions touristiques, ont vu le jour depuis 1982, assurant une dynamique soutenue du secteur, malgré le caractère souvent partiel et saisonnier de l’activité.

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Les espaces ruraux accueillent également des populations plus spécifiques, majoritairement extérieures à la région, qui sont prises en charge et vivent dans des établissements spécialisés tels que les établissements médico-sociaux pour adultes et enfants handicapés ou inadaptés. Des régions se démarquent ainsi des autres espaces ruraux par le poids important des emplois médico-sociaux qu’ils engendrent, bien que dans ce secteur d’activité, les regroupements d’établissements, encouragés par les différentes politiques sanitaires et sociales, pour des raisons financières, tendent à atténuer cette spécialisation. Sur les 8200 emplois référencés dans l’ensemble des deux départements, 80 % se situent désormais dans un espace relativement restreint constitué de 25 communes contiguës souvent périphériques aux villes.

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Dans ces deux cas, on peut supposer que des facteurs plus intrinsèques aux espaces ruraux interviennent dans le choix de localisation. Les dotations naturelles et environnementales, les faibles densités ou l’isolement, la présence d’un foncier et d’un immobilier disponibles et l’exploitation de ceux-ci, expliquent alors souvent, en partie, l’installation d’activités tertiaires basiques dans des espaces relativement éloignés des pôles de concentration. Certaines communes ont pu ainsi bénéficier de l’atout touristique, essentiellement d’ordre paysager et environnemental, qu’elles ont su développer.

Les services aux entreprises à caractère basique sont majoritairement localisés dans les anciens bassins industriels. C’est pour des raisons historiques qu’un certain nombre de services industriels se sont développés dans des espaces touchés par la crise depuis le milieu des années 1970. Dans un premier temps, exclusivement au service de l’industrie locale durant les années fastes de l’extraction houillère, une majorité des entreprises revêtaient alors un caractère induit. La crise économique engendrant la fermeture des mines a modifié radicalement cette situation. La grande majorité des entreprises a disparu. Les autres, s’adaptant par nécessité, ont trouvé des débouchés sur des marchés de plus en plus vastes, la demande locale ne suffisant plus pour maintenir leur activité.

On dénote tout de même, sur l’ensemble du territoire observé, une prédominance des communes sans dominante particulière et aux dynamiques tertiaires basiques moins soutenues que dans les espaces précédemment mentionnées. La Lozère et l’Aveyron restent des départements ruraux encore relativement enclavés et un grand nombre de leurs communes rurales sont, ou sont peu à peu, privées de la plupart des services.

2.2 - Des effets et un rôle indéniables dans les dynamiques rurales

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L’activité agricole a été longtemps considérée comme la seule à pouvoir impulser, au niveau local, une dynamique socio-économique significative. Cette conception n’est plus adaptée pour rendre compte de l’évolution actuelle des espaces ruraux. En effet, une partie croissante de la base économique des espaces ruraux n’est plus seulement constituée des exportations physiques de biens mais par la production locale de services consommés par des personnes dont les revenus sont exogènes au territoire concerné. Cette adaptation des théories classiques contribue largement à renouveler l’analyse sur l’économie des espaces ruraux, plus précisément celles sur les principales activités motrices des territoires ruraux. Harmston en 1981, Hirschl et Summers en 1982 ont été les premiers à prendre en compte la fonction résidentielle de l’espace rural dans la nouvelle dimension de la base économique des comtés ruraux américains. Par la suite Farness en 1989 a ajouté l’ensemble du secteur du tourisme et des loisirs pour enfin intégrer à la base économique une palette très diversifiée d’activités tertiaires dont les débouchés vers les ménages ou les entreprises sont extérieurs au territoire.

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Le phénomène d’induction, longtemps prôné par les théories économiques classiques ne suffit plus pour caractériser ces services, dont le rôle actif dans le développement des territoires est reconnu aujourd’hui par nombre d’auteurs (Leroy, 1997; Vollet, 1997). Si les analyses s’accordent à admettre aujourd’hui qu’il existe réellement un pouvoir moteur des services (Illéris, 1996), ce dernier est souvent assimilé au processus de métropolisation dont il serait à l’origine. Pourtant, plusieurs auteurs ont mis en évidence qu’en milieu rural, certains services impliqués dans des marchés autres que locaux seraient à même de revêtir un caractère moteur. De fait, ils pourraient participer à un certain enrichissement de l’espace et initier des processus de développement local. Leur développement soutenu favorisant en grande partie la croissance de l’emploi rural, semblerait jouer un rôle déterminant dans les dynamiques démographiques et socio-économiques des campagnes.

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Mulligan et Reeves démontraient en 1986 que les activités basiques non traditionnelles dans l’espace rural aux États-Unis, c’est-à-dire celles qui ne relevaient pas de l’agriculture et de l’industrie, constituaient plus du quart de la base économique totale. Cette affirmation, confirmée en 1994 par Kendal et Pigozzi, montre que la nouvelle base économique des espaces ruraux est construite en grande partie sur des activités tertiaires déconnectées partiellement du processus d’induction local. Les études menées jusqu’à présent mettent en avant le pouvoir moteur de chacune de ces activités tertiaires basiques mais surtout dénotent que leur développement est complexe et n’affecte pas l’ensemble des espaces.

Les activités basiques, dans leur ensemble, sont à l’origine d’entrées de flux financiers, réponse faite à l’écoulement de leur production, qu’elle soit matérielle ou immatérielle, sur des marchés extérieurs. Les revenus ainsi obtenus sont alors à la base de l’enrichissement du territoire concerné et à l’origine d’un processus de croissance engendré par les besoins exprimés, tant par les ménages liés à ces activités que par les activités elles-mêmes. Le cas du travail réalisé en 2001 dans les campagnes lozériennes et aveyronnaises [8]  P. Chevalier (2002) [8] , a démontré le rôle moteur sur le plan de l’emploi et de l’économie locale du secteur tertiaire dans sa diversité et son impact sur la structuration des espaces ruraux des deux départements. Par exemple, ce secteur est à l’origine de la création de plus de 500 emplois en dix ans.

2.2.1 - L’impact sur la démographie

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Un des premiers effets de la croissance du tertiaire moteur sur la dynamique rurale peut être révélé au niveau de la démographie. À titre d’exemple, le croisement entre la dynamique démographique et la dynamique des activités tertiaires basiques (au niveau cantonal [9]  Si, en analyse urbaine, la ville peut être assimilée... [9] ) a permis l’établissement d’une typologie relativement simplifiée mettant en évidence une corrélation statistique significative entre les deux phénomènes observés.

À ce propos, quatre situations dynamiques se dessinent nettement. La première situation est caractérisée par une croissance cumulée de la population et du volume d’emploi tertiaire basique sur place. Ce type de comportement détermine, a priori, une certaine synergie entre dynamisme démographique et dynamisme des emplois tertiaires. Le coefficient de corrélation calculé à l’échelle cantonale est de 0,86. Ces espaces se situent pour l’essentiel autour des pôles de concentration, mais également autour de petits pôles ruraux. Ceci étant, d’autres espaces, plus reculés, profitent également de la double dynamique. Il semble bien que les activités touristiques jouent un rôle majeur dans le développement local (fig. 2).

Fig. 2 - Relation dynamique de l’emploi tertiaire basique (au lieu de travail)/ dynamique démographique (1990-1999)Relation between the basic employment in tertiary sector and the demographic dynamic, 1990-1999Fig. 2
Sources: INSEE, CDT, DRASS, CCI. Réalisation PC, UMR 5045.
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La deuxième situation rencontrée est celle des communes connaissant une croissance démographique et une stabilisation, voire un déclin de l’emploi tertiaire basique offert. Nous sommes en présence d’une dynamique résidentielle s’accompagnant d’une rétractation de l’emploi. Plusieurs mécanismes socio-économiques peuvent expliquer cette forme d’évolution. Le plus important reste la dissociation de plus en plus fréquente chez les ménages entre espace de travail et espace de résidence. Ce mouvement se caractérise par une intensification des migrations quotidiennes autour des communes urbaines et des pôles ruraux.

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Le troisième type de communes est déterminé par une évolution inverse, à savoir une croissance soutenue du volume des emplois tertiaires basiques et un déclin démographique assez prononcé. La dynamique de l’emploi offert ne se répercute pas sur la démographie locale. Il peut y avoir continuité de la décroissance des activités traditionnelles génératrices d’emploi accompagnée de la création d’activités plus ou moins déconnectée du mécanisme d’induction, en relation avec l’existence de ressources naturelles ou de potentialités locales (services touristiques par exemple). Dans le cas de communes rurales plus ou moins à l’écart des zones sous influence urbaine, cette attraction peut fixer des populations actives et déterminer de nouvelles polarisations à l’intérieur de l’espace rural.

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Le quatrième type caractérise les zones qui associent le déclin démographique à une faible croissance des emplois tertiaires. Ce groupe connaît souvent un déclin de l’emploi tertiaire basique offert. Cette situation doublement négative se retrouve très largement dans une grande partie de la zone d’étude.

2.2.2 - L’induction locale

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L’analyse du coefficient d’induction peut également être un moyen d’analyser l’impact des activités tertiaires motrices sur la dynamique socio-économique locale même si la démarche statistique garde un caractère approximatif [10]  Dans les calculs effectués, tous les emplois moteurs... [10] . Sa mesure peut se faire à partir du rapprochement du volume des emplois induits et de celui des emplois tertiaires moteurs. À l’échelle cantonale, l’établissement des coefficients d’induction fait apparaître de très grandes disparités de situation. L’écart entre les valeurs des coefficients va de 1 à 20. Dans près des deux tiers des cantons, le coefficient est inférieur à 1, ce qui signifie qu’à 100 emplois moteurs correspond moins de 100 emplois induits. Dans une vingtaine de cantons le coefficient est même inférieur à 0,15 (100 emplois moteurs déterminent localement moins de 15 emplois induits).

Trois constatations peuvent être tirées à partir du travail effectué en Lozère et Aveyron. L’induction est forte à partir d’un certain niveau de densité de la population et des emplois moteurs. Cette observation n’est pas surprenante dans la mesure où la présence d’activités induites est liée à l’existence d’un marché local suffisant pour assurer le maintien ou le développement éventuel des services à la population. Aussi, les cantons ruraux sous influence urbaine ou à proximité d’une des villes ont un fort niveau d’induction en emploi. À 100 emplois moteurs correspondent entre 180 et 250 emplois induits. Par contre, rien de semblable ne paraît jouer autour des pôles ruraux, de plus petite taille (fig. 3).

Fig. 3 - Coefficient d’induction (rapport entre l’emploi induit et l’emploi fondamental), en 1990Induction coefficient (local market serving employment/basic employment), 1990Fig. 3
Source: INSEE RGP 1990; MTE - UMR 5045- CNRS/2000.
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Les espaces ruraux où les activités sanitaires et sociales sont dominantes ne bénéficient pas partout d’une forte induction. Alors que les emplois relevant de ce type de tertiaire sont relativement importants, les effets induits en termes d’emploi ne sont sensibles que dans la moitié des cantons concernés. Deux explications peuvent être avancées, soit les lieux de consommation des actifs se situent hors des cantons de résidence, soit, une part importante des emplois dans ces activités sanitaires et sociales est occupée par des actifs venant de zones rurales voisines. Dans les deux cas le phénomène d’induction joue hors des espaces d’implantation des activités tertiaires motrices.

Le tertiaire moteur d’accueil et de loisir détermine un niveau assez élevé d’induction en particulier dans les espaces ruraux où il est présent depuis longtemps et là où il est fortement implanté. Dans ces cantons où les emplois tertiaires moteurs représentent plus du tiers des emplois fondamentaux, 100 de ces derniers déterminent entre 100 et 250 emplois induits. La mesure des coefficients de corrélation, entre la part relative du tertiaire moteur dans l’emploi fondamental et le niveau du coefficient d’induction viennent confirmer les résultats de l’approche cartographique. La liaison positive entre ces deux variables, lorsque ces derniers se situent à un niveau élevé, donne une valeur de corrélation de + 0,72.

3 - Les facteurs déterminants de la localisation du tertiaire moteur en milieu rural

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Les facteurs déterminants dans la localisation d’activités tertiaires à caractère basique en milieu rural sont multiples, les motivations sous-jacentes divergeant fortement d’une activité ou d’un espace à l’autre. L’exploitation d’entretiens menés auprès de 190 entreprises [11]  Ces éléments d’appréciation reposent sur des enquêtes... [11] montre toutefois qu’il existe certaines particularités selon les types d’activité exercés et leur localisation.

3.1 - Des facteurs économiques évidents

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L’élément le plus cité en termes de facteur de localisation est l’existence d’un marché potentiel local (permanent ou temporaire) qui, associé à un marché extérieur prédominant, offre à l’entreprise des débouchés extrêmement variés dans des conditions viables. Cette réponse est assez fréquente chez l’ensemble des prestataires privés situés dans les espaces ruraux les plus urbanisés, même si, dans le domaine des services d’accueil, les réponses ne sont pas à l’origine de différenciations entre les espaces ruraux.

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La proximité d’un site, en tant que bien immobile, perçue ou non comme une ressource exploitable conduit également à envisager souvent une localisation en milieu rural. Indépendamment de la taille de la structure, ce sont les activités d’accueil qui semblent être les plus sensibles à ce facteur et particulièrement dans les espaces les plus isolés. Le caractère fortement basique des activités engendrées ne fait aucun doute et apparaît même fortement lié aux caractéristiques naturelles des espaces considérés. D’autres types de services, comme les activités sanitaires et quelques services spécialisés aux particuliers font également référence à ce facteur mais évoquent le climat, l’air, comme motifs pouvant partiellement expliquer leur localisation dans l’espace rural.

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Le troisième facteur invoqué concerne la disponibilité d’espace et la fiscalité favorable du foncier. Jouant un rôle décisif dans les espaces soumis à l’influence urbaine, il paraît ne pas être l’élément central dans les autres types d’espace. Les services aux entreprises sont en grande partie guidés par cet élément. Il s’ensuit souvent d’ailleurs, dans ces espaces, la création de services basiques qui, gardant leurs marchés dans des espaces urbains plus ou moins proches, profitent de l’attrait du foncier. Cette situation est très marquée dans les régions urbaines où bon nombre d’entreprises, souvent de petite taille, plus sensibles peut-être à la pression fiscale, délocalisent partiellement ou totalement leur activité dans les espaces environnants.

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Les caractéristiques de la main-d’œuvre et le marché de l’emploi jouent également, dans une moindre mesure, en faveur d’une localisation en milieu rural. Partiellement déterminant dans l’espace sous influence urbaine et chez les structures de taille assez importante, son rôle, bien qu’encore parfois mentionné, ne semble plus devoir tenir une place majeure dans le choix de localisation dans les espaces les plus isolés, et ce, quel que soit le type de structure ou d’activité.

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Le dernier facteur invoqué, concerne l’aide apporté par les pouvoirs publics, relativement plus soutenue dans les espaces de très faible densité. Les structures tertiaires de l’espace rural isolé ainsi que les pôles ruraux semblent, plus que les autres, dépendre de l’action politique locale. La structure associative et les activités touristiques, sans en être les seules bénéficiaires, demeurent toujours les plus réceptives.

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Près de deux prestataires privés sur quatre déclarent avoir localisé leur activité pour des raisons personnelles liées au ménage, indépendantes des critères traditionnels de localisation des entreprises. Si un bon nombre de facteurs explicatifs concernant la localisation de l’activité dans l’espace rural est avancé, le caractère massif des choix personnels, relevant à la fois de la recherche d’un cadre résidentiel ou d’un mode de vie particulier, font perdre énormément à la pertinence des réponses précédentes. Cette situation n’est pas originale et confirme bien, dans un cadre toutefois différent, les analyses effectuées par E. Font en 1997 [12]  E. Font (2001). [12] sur le tissu artisanal languedocien.

Ce processus décisionnel dans le choix de la localisation est fréquent dans l’ensemble des espaces ruraux et détermine parfois l’essentiel de la motivation. Ainsi, pour l’activité privée et particulièrement pour les toutes petites entreprises tertiaires, les contraintes spécifiques inhérentes à la localisation dans un espace de très faible densité ne sont pas toujours discriminantes, la composante résidentielle du prestataire et son mode de vie jouant un rôle majeur dans la prise de décision. La situation semble alors bien plus déterminante lorsque l’on se rapproche d’espaces ruraux isolés. Sans être l’apanage des services aux particuliers, c’est chez les toutes petites entreprises que cette situation est le plus souvent présente. La rareté de l’emploi salarié en milieu rural impose fréquemment aux nouveaux résidents ruraux, souvent d’origine urbaine et sans emplois, de trouver des palliatifs économiques principalement par le biais de la création de leur propre entreprise.

3.2 - Un rôle des acteurs collectifs parfois déterminants

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La prise de conscience par les acteurs publics locaux, aussi bien à l’échelle de la commune que du département ou de la région, de l’intérêt que peut représenter pour leur milieu l’implantation et le développement d’activités les a conduit à intervenir pour inciter ou accompagner ces démarches entre-preneuriales. Le rôle des responsables locaux auquel viennent s’ajouter des aides institutionnelles relevant du domaine national et européen peuvent encourager de jeunes ménages à créer et installer leur entreprise dans certaines communes apparemment peu attractives sur le plan économique.

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Les moyens utilisés par les élus locaux sont variés et nombreux [13]  Y. Negro (1994); P. Chevalier (2000). [13] , la décentralisation ayant dans ce domaine accru leurs marges de manœuvre. À l’action directe, où l’on peut voir une municipalité créer des activités à caractère touristique ou social, s’ajoutent les aides dans le domaine foncier ou immobilier. C’est le mode d’intervention privilégié par les communes rurales dans la mesure où elles ont souvent le contrôle direct d’une partie du territoire communal. Cette aide peut aller plus loin que la fourniture de foncier équipé avec la création et la location de bâtiments comme les ateliers relais. Cette dernière démarche nécessite un engagement financier et des risques plus grands de la part de la commune. L’aide immobilière et foncière peut être couplée avec des moyens d’ordre financier qui vont de la garantie des emprunts réalisés par l’entreprise aux subventions accordées par le département ou la région, en passant par les allégements fiscaux, l’exonération de la taxe professionnelle étant l’outil le plus utilisé par les collectivités locales.

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Les enquêtes menées en Aveyron et en Lozère auprès des responsables locaux [14]  P. Chevalier (2002). [14] montrent que les interventions des élus en faveur du développement du tertiaire moteur, sont nombreuses, souvent de plus en plus visibles et déterminantes. Cependant, elles n’affectent pas de la même manière l’ensemble des activités et varient nettement d’un espace à l’autre. Deux constats peuvent être faits quant à l’importance des aides selon les types d’activités tertiaires et selon les espaces ruraux. Ce sont les services aux entreprises et plus encore les services dits sophistiqués qui sont les plus importants bénéficiaires de la sollicitude des élus locaux. Dans le même temps, les espaces ruraux les plus soumis aux influences urbaines restent les plus concernés par ces différentes aides. La conjonction entre type de service et type d’espace n’est par fortuite comme on a pu déjà le constater. Ces entreprises préfèrent se localiser en milieu rural sous influence urbaine et elles sont en général efficaces dans le montage de leur dossier d’aide à la création d’entreprise et d’emploi. Ainsi, par exemple, les entreprises informatiques ou d’infographie n’hésitent pas à faire appel à l’aide publique pour participer aux frais d’équipement et de maintenance de leur outil de travail.

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Si le recours aux exonérations fiscales est général à l’espace rural, son impact apparaît plus efficace dans les pôles ruraux et le rural sous influence urbaine. Par contre, l’attribution de marchés publics favorisant le démarrage de l’entreprise ou son maintien, comme le don de terrain ou la fourniture à des prix très avantageux de bâtiments, se retrouve pratiqué plus fréquemment dans le rural isolé. D’une manière assez générale, les interventions publiques locales favorisent plus la création d’activité en milieu rural sous influence urbaine que dans le reste de l’espace rural. Par contre, dans l’espace rural isolé le soutien de la part des collectivités locales, s’il ne favorise pas la création, joue un rôle important dans le maintien et l’extension du tissu entrepreneurial local.

La proximité des communes rurales d’un bourg, d’un pôle urbain ou bien, d’un axe important de communication, donne une dimension variable à l’impact des actions publiques incitatives. Ainsi, dans les communes situées au voisinage des échangeurs du nouvel axe autoroutier reliant Béziers à Clermont-Ferrand, les mesures publiques favorisant la création ou l’extension d’activités ont un impact plus important sur la dynamique des entreprises tertiaires que dans des régions plus enclavées. Enfin, les qualités propres de l’acteur politique, son éventuel dynamisme et sa plus ou moins grande capacité pour s’insérer et utiliser les différents réseaux décisionnels, au niveau local, mais aussi régional, national et européen, jouent un rôle majeur, pouvant supplanter les caractéristiques géographiques et socio-économiques des zones rurales concernées.

4 - Un degré de dépendance rural/urbain renforcé

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Le développement des activités tertiaires à caractère basique en milieu rural remet en cause les frontières établies entre les espaces ruraux et urbains, frontières qui reposaient essentiellement sur une perception agricole de l’espace rural et industrielle et surtout tertiaire de l’espace urbain. Ces mutations reposent à la fois sur un changement de la hiérarchie des fonctions assurées jusqu’alors par les campagnes mais également sur les transformations des modes de fonctionnement des activités économiques. Si la ville reste un terrain propice à leur développement, en engendrant des externalités positives importantes, accès aux marchés, à l’innovation, aux économies d’échelles, aux effets d’agglomération, etc., l’espace rural devient attractif pour des activités de plus en plus diversifiées.

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Dans le courant du XIXe siècle et de la première moitié du XXe, passant d’une situation plurifonctionnelle à une situation monofonctionnelle, l’espace rural perdait une grande partie de son autonomie par rapport à l’espace urbain. Il se trouvait alors dans un contexte de plus en plus marqué par sa dépendance vis-à-vis de la ville, d’abord en termes économiques puis culturels, sociaux et enfin politiques. Dans le même temps où l’industrialisation devenait un processus essentiellement urbain, l’industrie rurale régressait, cédant le pas à une agriculture elle-même en profonde mutation.

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Aujourd’hui, le passage d’une économie industrielle à une économie de service, et surtout le développement de services basiques depuis le début des années 1980, semble prolonger cette situation de dépendance des campagnes vis-à-vis des villes. L’espace urbain devient incontournable. Il est à la fois, le lieu d’écoulement et de transformation des productions agricoles, le cadre des marchés d’approvisionnement pour ses besoins intermédiaires et ses consommations finales. La ville, lieu principal de production des biens et des services non agricoles, lieu du pouvoir économique et politique, affirme sa position centrale dans l’organisation de l’espace. Les relations villes — campagnes s’organisent alors toujours selon le modèle centre — périphérie où le marché urbain conditionne le développement des services ruraux. Espace prestataire de service, sur des marchés qui lui sont extérieur, la campagne subit les aléas d’une demande qu’elle ne maîtrise pas.

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L’évolution de l’activité tertiaire au cours des dernières décennies, sans remettre en cause son impact sur l’emploi local, a modifié de manière spectaculaire l’inscription spatiale de l’induction. Aujourd’hui, si elle ne remet pas en cause la source d’enrichissement local, liée aux ventes des prestations sur les marchés extérieurs, elle modifie la localisation des effets induits. Les activités tertiaires dépendent de plus en plus de fournisseurs de biens et de services extérieurs au milieu local, tandis que les besoins d’une population locale de plus en plus mobile, trouvent leur satisfaction à des niveaux spatiaux beaucoup plus larges. En effet, avec la plus grande mobilité des populations et le découplage de plus en plus visible entre le lieu de résidence, le lieu d’emploi et les lieux de consommation, même dans l’espace le plus isolé, ce processus d’induction peut jouer aussi hors des espaces d’implantation des activités motrices.

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Les prestataires locaux au service de l’agriculture, de l’industrie ou des ménages comme les différents services publics et privés ont tendance à se concentrer en des lieux privilégiés, abandonnant les petits villages au bénéfice des bourgs ruraux ou même des petites villes. Les bourgs ruraux, les petites villes sont alors les bénéficiaires des effets d’induction. Toutefois, une intensification de ces activités, en nombre et en emploi, comme leur durabilité affirmée peut se traduire par une modification spatiale des impacts, aussi bien démographiques qu’économiques. Que ce soit au niveau de la commune ou même du canton, le processus d’induction locale à partir des services joue bien évidemment mais de manière moins importante que l’on pourrait le croire. Le processus de croissance lié à l’induction se trouve souvent exporté hors de la zone de localisation de l’activité motrice.

De plus, la dispersion spatiale de ces activités, leur taille le plus souvent limitée, font que leur impact sur les espaces où elles se localisent ne sont pas toujours perceptibles à travers les différents indicateurs disponibles. Leur insertion dans des espaces déjà fournis en services induits de proximité (commerces, écoles, etc.) peut se faire dans un premier temps dans le sens d’un renforcement de ces activités préexistantes.

Ainsi, le pouvoir d’induction des activités tertiaires basiques, source de développement économique, se déplace vers les centres secondaires et, plus encore, vers les centres urbains au fur et à mesure que se concentrent les fournisseurs de biens intermédiaires et de biens d’équipement, seuls les services liés à la présence de la population se maintiennent en milieu rural, souvent avec beaucoup de difficulté. Publics, comme privés, ces services restent très dépendants de la taille des marchés locaux qu’ils sont appelés à satisfaire et de leur évolution. Soumises ainsi aux aléas démographiques des espaces ruraux, comme aux orientations stratégiques des acteurs concernés, publics comme privés, ces activités tertiaires induites apparaissent bien souvent fragilisées et leur avenir incertain. Dans un tel contexte, le développement d’activités tertiaires motrices peut se révéler déterminant même si les effets sont limités.

Conclusion

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L’hétérogénéité des activités tertiaires développe des situations multiples. La participation de ces activités dans un processus de revitalisation de l’espace rural est différente selon la nature même des emplois qu’elles créent. Relevant en grande partie d’activités d’accueil, l’emploi partiel tend à représenter une part de plus en plus importante du total des effectifs. Bien que ne participant peu au développement du marché de l’emploi, il est aujourd’hui un des facteurs de maintien d’autres activités, notamment l’agriculture, et par le biais de l’induction, de multiples services aux particuliers. Essentiellement dans le domaine du tourisme, l’emploi partiel se développe sous l’impulsion de clientèles nouvelles dont les besoins et les demandes revalorisent des productions locales comme les produits agricoles fermiers ou labellisés ou les produits artisanaux. Largement sous tutelle, par le biais de multiples aides, il revêt un caractère particulier mais peut se prévaloir de soutenir les secteurs les plus fragiles de l’économie rurale.

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Toutefois, cette tutelle institutionnelle, poussée à l’extrême, peut entraîner un degré de dépendance vis-à-vis de politiques publiques qui ne s’intéressent guère aux intérêts locaux. À titre d’exemple, l’emploi tertiaire basique dans le domaine sanitaire et social, après une phase d’expansion durant la décennie précédente, semble voir aujourd’hui sa dynamique s’essouffler. Avec une croissance plus faible, il ne correspond plus au secteur moteur et florissant, maintes fois loué mais aussi maintes fois décrié. Les financements publics de plus en plus faibles alloués aux structures sanitaires et sociales, qu’elles soient privées ou associatives, ont poussé ces dernières à réorganiser leurs activités et à s’orienter au fil des années, dans un processus marchand, vers des marchés extra départementaux, plus lucratifs mais dont les débouchés semblent plus incertains. De fait, si la majorité des structures sanitaires publiques est assurée de la pérennité de ses emplois et de celle du recrutement de leur clientèle, il n’en est plus de même aujourd’hui pour les activités issues du secteur privé ou associatif.

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Aujourd’hui, seules une minorité de petites structures tertiaires, essentiellement des services aux entreprises, s’émancipent de cette tutelle. Il convient, toutefois, de souligner que malgré leur présence sur des marchés de plus en plus vastes, l’étroitesse des potentialités d’emploi local ne permet pas, dans le court terme, d’envisager une extension importante de ces entreprises.

Comptables, restaurateurs, informaticiens, professionnels du tourisme et surtout des nouvelles formes de loisirs, professionnel de la santé… tels paraissent être les nouveaux emplois qui se créent dans l’espace rural isolé. Appelés sans doute à prendre de l’ampleur dans un avenir proche, ils demandent des compétences et donc une formation adaptée que les systèmes locaux de formation ne sont pas toujours à même d’assurer. Il s’ensuit souvent une mobilité imposée, la population locale satisfaisant souvent les emplois les moins qualifiés, tandis que les emplois les plus professionnalisés sont assurés par des extérieurs à la région, des néoruraux, souvent à l’origine de la création de leur activité. Le caractère généralement partiel des emplois qui se créent, en relation avec l’insertion économique très progressive des fonctions tertiaires basiques, favorise un contexte de précarité autour de ces activités, contexte que seul un engagement et une professionnalisation des acteurs pourra atténuer.


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Notes

[1]

A. Leroy (1997).

[2]

A. Berger et P. Chevalier (2001).

[3]

P. Chevalier (2001).

[4]

J.A. Kuehn et L.D. Bender (1985).

[5]

A. Berger et P. Chevalier (2000).

[6]

Sont déterminés comme essentiellement basiques, les établissements dont plus de 60 % des revenus proviennent de l’extérieur du département de localisation. En dessous de ce seuil, les entreprises sont qualifiées d’induites. Si le seuil choisi est critiquable, la plupart des entreprises se positionnant sur les deux marchés à la fois, il permet de donner une estimation des grandes orientations.

[7]

F. Aubert et P. Perrier-Cornet (1997).

[8]

P. Chevalier (2002)

[9]

Si, en analyse urbaine, la ville peut être assimilée de manière sommaire à une aire de consommation, dans le cas de l’espace rural il n’a pas été utile de retenir la commune, compte tenu de la taille souvent trop réduite de cette dernière.

[10]

Dans les calculs effectués, tous les emplois moteurs sont mis sur le même pied d’égalité alors qu’en réalité ils engendrent des revenus de niveau différent. Selon les secteurs d’activité les niveaux de consommation réalisés sont différents et les effets respectifs d’induction seront variables. De même, on ne tient pas compte de la fonction résidentielle assurée par les espaces cantonaux, en particulier lorsque la population résidente a une activité hors du canton. Cette non prise en compte du résidentiel, en tant que fonction locale jouant un rôle identique à celui des activités motrices dans le processus d’induction, a pour effet de majorer dans des proportions variables l’effet inductif de ces activités. Le processus d’induction repose dans cette approche uniquement sur les consommations des populations résidentes dans les cantons. Dans l’hypothèse retenue, le volume de ces populations est lié initialement à celui des emplois offerts par les activités motrices présentes dans les cantons. La croissance de la zone repose donc sur une dynamique de la consommation selon un mécanisme très voisin du multiplicateur keynésien.

[11]

Ces éléments d’appréciation reposent sur des enquêtes menées en 2000 auprès de 190 entreprises tertiaires à caractère basique dominant, localisées dans les espaces ruraux de la Lozère et de l’Aveyron.

[12]

E. Font (2001).

[13]

Y. Negro (1994); P. Chevalier (2000).

[14]

P. Chevalier (2002).

Résumé

Français

Les activités tertiaires croissent de manière importante dans l’ensemble des espaces ruraux et constituent souvent l’élément central dans les créations d’emploi. Généralement cette croissance repose sur un processus endogène d’induction locale. Autrement dit, ces activités se développent sous l’impulsion de la dynamique résidentielle et touristique et d’une croissance plus affirmée de la population dans les communes rurales. Toutefois, certaines de ces activités produisent également des services plutôt orientés vers la satisfaction de marchés non régionaux. Le phénomène d’induction, longtemps prôné par les théories économiques classiques ne suffit plus pour caractériser ces services, dont le rôle actif dans le développement des territoires est reconnu aujourd’hui par nombre d’auteurs. Ainsi, le développement soutenu des activités tertiaires dans les espaces ruraux, qui guide en grande partie la croissance de l’emploi rural, joue un rôle déterminant dans les dynamiques démographiques et socio-économiques des campagnes. Il est donc envisagé dans ce travail d’associer le renversement des trajectoires rurales à la dynamique des activités tertiaires et de s’interroger sur le nouveau rapport entre ces activités et le développement rural. De fait, les services participent à un certain enrichissement de l’espace et initient des processus de développement local.

Mots-clés

  • espace rural
  • tertiaire
  • fonction motrice
  • processus d’induction

English

Tertiary sector activities and rural dynamicsThe tertiary sector has gone through important development in the rural areas; it now stands for the main sources of job creation. Generally speaking, this growth is the result an endogenous process of local induction. In other words, these activities are created by the residential and tourist population dynamics, itself the result a substantial population growth of in rural communities. However, some of these activities also produce services satisfying the needs of non-regional markets. The phenomenon of induction, long advocated by traditional economic theories, is no longer pertinent to characterize these services, whose active role in territorial development are today recognized by many authors. Indeed, the constant development of the tertiary sector in the rural areas plays a key role in rural demographic and socio-economic dynamics. The goal of this paper is to look through the inversion of the rural trajectories and the dynamics of the tertiary sector, in order to examine the new relationship between these activities and rural development. In fact, services contribute to a certain enrichment of rural areas and are at the origin of local development processes.

Keywords

  • rural areas
  • tertiary sector
  • basic function
  • induction

Plan de l'article

  1. L’émergence d’un nouveau tertiaire moteur rural
  2. Le rôle des activités tertiaires moteur dans les dynamiques rurales
    1. Des territoires ruraux aux dynamiques tertiaires spécifiques
    2. Des effets et un rôle indéniables dans les dynamiques rurales
      1. L’impact sur la démographie
      2. L’induction locale
  3. Les facteurs déterminants de la localisation du tertiaire moteur en milieu rural
    1. Des facteurs économiques évidents
    2. Un rôle des acteurs collectifs parfois déterminants
  4. Un degré de dépendance rural/urbain renforcé
  5. Conclusion

Pour citer cet article

Chevalier Pascal, « Activités tertiaires et dynamiques rurale », Annales de géographie 1/ 2005 (n° 641), p. 27-48
URL : www.cairn.info/revue-annales-de-geographie-2005-1-page-27.htm.
DOI : 10.3917/ag.641.0027


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