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Annales de Normandie

2012/1 (62e année)


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J’ai l’impression, toute subjective et objectivement erronée, de n’avoir connu Monsieur de Boüard – c’était un Monsieur pour moi, au sens où ce terme exprime une profonde révérence – que comme doyen. Il ne l’était pourtant pas – pas encore – quand j’arrivai à Caen en septembre 1951 et m’inscrivis en propédeudique Lettres (Classiques), et je revois fort bien l’allure et la stature si frappante de cet autre personnage qu’était le doyen d’alors, Monsieur René Musset, dont je rappellerai seulement que, lui aussi avait connu la déportation. Je ne parlerai pas de « l’enseignant » que fut Monsieur de Boüard : je n’ai jamais suivi le moindre de ses cours, même s’il m’arrivait d’en percevoir quelque écho. Je ne parlerai pas du « chercheur archéologue » éminent qu’il fut : je n’ai fait que suivre sa carrière (d’assez près tout de même, puisque Jean-Jacques Bertaux, un ami fidèle et un voisin fort proche, ne manqua pas lors de nos fréquentes conversations d’évoquer la figure de celui dont il fut, au Musée de Normandie – tous ici savent – l’assistant puis le successeur). Un souvenir tout de même : lors d’une sortie organisée par la Corpo de Lettres, nous étions allés visiter, avec intérêt, sous la conduite et avec les explications de Michel de Boüard, le chantier du Vieil Évreux, mais depuis lors, il nous est souvent arrivé d’évoquer aussi, avec le mauvais esprit estudiantin des non-spécialistes, le moment où, remontés dans le bus, nous fûmes invités à tourner nos regards vers le bord de la route : il y avait là, nous dit-on, les restes d’un antique atelier de tabletterie et, aveugles nous fûmes, nous n’en vîmes rien, enfoui qu’il était sous l’étendue colorée de la luzerne qui recouvrait le champ. La connaissance n’est pas toute, parfois pas du tout, dans notre vue et dans nos sens : conclusion épistémologique fort banale et superficielle de notre vision éblouissante.

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C’est seulement trois ans après ma première inscription en faculté des Lettres, en octobre 1954, qu’il y eut un doyen de Boüard : à ce moment, l’Université migrait (enfin ! du moins pour les enseignements, mais pas par exemple pour le restau) vers le nouveau campus où nous sommes, un campus qui n’était pas affecté d’un numéro : il n’était pas encore question d’autre(s) campus caennais, mais seulement de poursuite de constructions sur ce campus. Doyen (difficilement élu, quasiment faute de tout autre) dans ces nouveaux locaux de la faculté des Lettres alors située aux étages supérieurs de la faculté de Droit, il devait être réélu (facilement et comme tout naturellement ces fois-là) à cette fonction pendant tout le temps de cette nouvelle implantation, c’est-à-dire jusqu’à la rentrée 1967. C’est alors en effet que se fit l’ouverture du « bâtiment des Lettres », inauguré par le ministre de l’Éducation nationale Alain Peyrefitte (on se souvient des conditions tumultueuses de l’accueil), qui annonça solennellement la nomination de Monsieur Journaux comme doyen (pour la dernière fois, le doyen était nommé par le Ministre, certes sur proposition du Conseil de faculté, rarement désavoué à ma connaissance). Monsieur de Boüard fut le seul doyen de la faculté de Lettres tout au long des 13 ans de la première installation de cette faculté dans l’université reconstruite de Caen. Il ne fut jamais le doyen en fonction dans le bâtiment des Lettres, mais il resta LE doyen dans les esprits et l’attitude de beaucoup (pas de tous bien sûr). C’est pourquoi j’ai cru pouvoir saluer aujourd’hui celui que nous commémorons en le désignant comme « LE doyen ».

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Monsieur de Boüard est donc devenu doyen. Mesurons ce à quoi un doyen, en poste de 1954 à 1967, a dû faire face : qu’est-ce que la fac de Lettres (et les autres facs) en 1954 ? Ce n’est certes plus la fac de 1940, celle dans laquelle le chartiste qu’est Monsieur de Boüard est arrivé pour enseigner : l’université de Caen, au lendemain de sa destruction sous les bombes en 1944, a dû déjà trouver une place dans l’ex-École normale de la rue Caponière et y travailler dans des conditions d’exigüité qu’on a peine à imaginer aujourd’hui, mais elle a retrouvé l’espoir de conditions de travail correctes, voire très confortables, avec la construction progressive du campus où nous sommes aujourd’hui. Monsieur de Boüard est élu par le conseil de la faculté et nommé par le ministre au moment même où s’ouvre (faut-il dire : enfin ?) ce campus prévu par le recteur Pierre Daure, dans ce que l’on avait considéré comme une « folie des grandeurs », pour une université de 7 000 étudiants. Je peux en témoigner, quand nous y entrons à la rentrée 1954, nous avons la sensation d’avoir enfin beaucoup de place (et pour longtemps). Le problème serait donc réglé ? Nous allons pouvoir travailler. Certes, la fac de Lettres ne pourra pas être indéfiniment hébergée par la fac de Droit, mais tout est déjà prévu : la place pour le bâtiment des Lettres est là, et on verra sous peu cet édifice (il faudra quand même 13 ans). Cette tâche de construction fait partie des préoccupations du nouveau Doyen, la réalisation n’ira pas sans problème, mais elle se fera.

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J’avais connu Monsieur de Boüard doyen comme étudiant, je le retrouvai en cette fonction quand je fus nommé assistant de philosophie à la rentrée 1962. Qu’avais-je d’autre à faire alors que de me présenter à lui comme doit le faire tout nouvel enseignant ? Rien là que de banal, sinon que je retrouvais un homme qui, à la demande de Monsieur Lévêque (c’était mon patron, professeur de philosophie, c’était aussi un ami de Monsieur de Boüard qu’il connaissait depuis son arrivée à la fac de Caen en 1942), n’avait pas hésité à intervenir pour me sortir d’une situation médicale délicate lors de ma mobilisation tardive à l’armée fin 1957 (c’était alors ce que l’on n’appelait pas encore la guerre d’Algérie) : mon peu d’esprit militariste lui était bien sûr fort reconnaissant.

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Je ne me souviens pas avoir eu affaire personnellement au doyen au long des cinq années (1962-1967) et n’ai donc pas eu l’occasion d’assister, ni comme témoin, ni comme destinataire, à l’une des « colères homériques » dont on a souvent parlé à son futur et déjà biographe [1][1] René Fréreux fait ici allusion à un premier texte biographique.... Je n’ai pas connu personnellement en lui le « maître absolu » que fut le Doyen selon Monsieur Chaunu, mais bien sûr il suscitait en moi comme en tant d’autres un profond respect et une sorte de révérence : son autorité était reconnue, certains y ont décelé quelque autoritarisme.

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Mon premier souvenir marquant est lié à l’« activité syndicale », car c’est là que j’ai parfois rencontré le doyen en ces années. Lors de mes trois années précédentes d’enseignement dans le secondaire, j’étais syndiqué au SNES, jeune assistant, je me syndiquai donc tout naturellement au SNESup en arrivant à la fac. Je suivais attentivement et régulièrement les réunions de section (section Lettres, car chaque faculté avait alors quasi-indépendance vis-à-vis des autres, y compris en matière syndicale ; quant à l’université sous la présidence du recteur, elle n’avait d’existence collective que par la réunion des doyens) ; il m’arriva de représenter la section lors d’un de ses congrès annuels, puis de devenir co-secrétaire de la section et de faire partie du CA national (j’avais ces responsabilités en 1968). C’est surpris et admiratif que je constatai qu’il arrivait au doyen de participer aux réunions de section (il est vrai que, dans un lycée, un proviseur est un fonctionnaire d’autorité, alors qu’en fac le doyen était élu, même si son élection était comme « consacrée » par la nomination ministérielle). Certes, il se contentait d’y faire acte de présence (sa charge l’obligeant à la discrétion en ces lieux) : mais comment s’étonner de cette présence quand on sait les engagements politiques et civiques qui ont marqué sa vie avec constance ? C’est donc sans surprise que j’ai lu, dans les notes préparatoires à la thèse de Bertrand Hamelin (annexe n° 2), la motion SNESup de Caen-Lettres du 26 novembre 1960 protestant vigoureusement contre la suspension de Vidal-Naquet (alors enseignant à Caen) pour avoir signé l’appel des 121 contre la Guerre d’Algérie (Vidal-Naquet fut le seul signataire fonctionnaire à être suspendu) ; la liste des signataires (quand j’arrivai en 1962, beaucoup sont encore à Caen) comprend (évidemment, suis-je tenté de dire) le nom de « de Boüard ».

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Un tout autre souvenir personnel au passage : celui d’une brève discussion qui conduisit Michel de Boüard à m’adresser un tiré à part, assorti d’un « amical hommage » dont je ne peux que m’honorer, de son article sur Mauthausen de 1954 dans la Revue d’Histoire de la Deuxième Guerre mondiale. J’ai à chaque lecture et relecture, apprécié la volonté de témoigner le plus objectivement possible de ce qu’il avait connu en ce lieu d’atrocité et d’en appeler à « la mémoire vivante des témoins », à une époque où ces témoignages étaient rares, sans doute peu souhaités et par ceux qui pouvaient les donner et par ceux, nombreux, qui avaient peur d’en savoir plus (de ces témoignages alors rares dont la diffusion s’est faite surtout bien plus tard que leur parution, je retiens le texte, terrible et remarquable, paru en 1947, intitulé L’Espèce Humaine, de Robert Antelme).

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Si, en 1962, la guerre d’Algérie vient de se terminer par l’indépendance algérienne, on est bien loin d’en avoir fini avec ses conséquences ; je noterai seulement qu’elle avait marqué tous les esprits et suscité bien des mouvements, dans le monde de l’université entre autres, les étudiants et enseignants de Caen n’étant pas les derniers dans la politisation qu’elle avait suscitée. Les mobilisations (diverses) qu’elle avait amenées ne pouvaient disparaître comme par enchantement alors que l’Université française devait faire face à des problèmes de plus en plus importants.

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Parmi les préoccupations d’ordre interne (auxquelles s’ajouteront celles qui tiendront à la situation politique), la plus importante (elle est nationale et pas seulement locale) porte sur la nécessaire transformation de l’enseignement supérieur. Il s’avère d’une part que la demande d’enseignement supérieur croît et ne peut que croître (problème de l’augmentation des effectifs, mais aussi problème de leur « démocratisation » : pourquoi le recrutement étudiant se réduirait-il aux couches – ou « classes » – sociales qui traditionnellement envoient leurs enfants à l’Université ?). Mais la question n’est pas seulement quantitative : il va falloir modifier, transformer l’organisation des enseignements ; transformer ou seulement adapter ? Ce qui s’impose déjà, c’est l’augmentation du nombre d’universités (la création de Nanterre en fut le symbole : inutile de rappeler la place qu’elle occupa dans les mouvements de mai 1968), mais l’université de Caen et sa fac de Lettres, donc son doyen, ont connu cette situation : il n’y avait pas d’université à Rouen avant 1965 (ni au Mans), il y avait seulement, en ce qui concerne les Lettres, un collège universitaire qui dépendait de la fac de Lettres de Caen pour l’enseignement et les examens (j’ai fait le trajet hebdomadaire Caen-Rouen pendant trois ans, en supplément de mes enseignements caennais).

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Mais comment faire face à l’augmentation des effectifs dans nos facs ? On ne va tout de même pas se contenter des vastes cours en amphi, il faut multiplier les TD (et TP) et, pour cela, il faut multiplier les enseignants ; on avait vu les premiers assistants pendant la guerre (j’ai noté qu’un certain Louis Poirier fut assistant de géographie de 1942 à 1946 : mon patron Monsieur Lévêque m’a raconté les épisodes d’un laborieux voyage en chemin de fer Caen-Paris en 1944-1945 en compagnie de cet assistant qui allait devenir Julien Gracq). De ces assistants de plus en plus nombreux, nommés pour six ans maximum, pouvait-on se priver alors qu’ils avaient fait la preuve de leur utilité ? On y para en haut lieu (en 1960 si je ne me trompe) en créant un nouveau cadre de titulaires : les MA (maîtres assistants). La multiplication des enseignants (assistants, MA, maîtres de conférences et professeurs) posa bientôt des problèmes : pouvait-on charger d’un travail important d’encadrement assistants et MA sans qu’ils participent aux décisions, sans être présents en quelque manière à l’assemblée de faculté, voire au conseil de faculté ? Le ministère accorda aux maîtres-assistants deux représentants sans voix délibérative ! ! ! Faut-il préciser que cette décision parut radicalement insuffisante, voire insultante, aux « intéressés » ?

Prise de parole du Doyen de la Faculté des Lettres lors de l’inauguration de l’Université de Caen en juin 1957. Assis derrière lui à gauche de l’image, le recteur Pierre Daure. Photo Fonds Jean Collin, Université de Caen Basse-Normandie.

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Mais comment transformer l’enseignement ? La propédeudique (première année d’études universitaires dans les disciplines littéraires et scientifiques) avait déjà été créée en 1948 pour parfaire les étudiants au sortir du bac et les préparer à l’enseignement supérieur ; elle faisait l’objet de critiques de plus en plus nombreuses. La solution (?) ministérielle vint enfin : ce fut la réforme Fouchet qui se mit en place progressivement (seulement la première année en 1965, puis la seconde année en 1966, et passage au paquet complet en 1967). Une toute nouvelle organisation de l’ensemble des enseignements universitaires : pour chaque discipline, une maquette fixant par année le type de contenu et l’horaire de chaque matière (enseignement et examens), voilà qui déjà tranchait avec les quatre grands certificats qui, sans obligation quant à l’ordre à suivre dans leur obtention, définissaient, après la « propé », le cursus vers la licence, premier diplôme d’enseignement supérieur (après le bac, ne l’oublions pas) ; de plus, une organisation par cycles, dont l’institution d’un premier cycle menant à un titre universitaire nouveau (à bac +2, comme on dit aujourd’hui), le DUEL (devenu plus tard DEUG), dont, comme enseignant, je n’aurai pas vu la disparition officielle (elle n’a eu lieu qu’avec l’actuel LMD). Faut-il rappeler en plus les dispositions transitoires rocambolesques qui, pour l’année 1967-1968, devaient permettre à ceux qui avaient entamé leurs parcours ancien régime d’en finir avec lui ou de s’insérer dans le nouveau en cas d’échec ? J’ai connu par la suite, comme enseignant et directeur d’UFR, la multiplication des refontes, petites et grandes, et les dispositions transitoires qui, accompagnant chaque refonte, faisaient des parcours une diversité à la limite du soutenable : on avait toujours du nouveau transitoire. Vous excuserez cette incursion dans le détail que j’ai essayé de faire brève, je l’ai faite en pensant que, si tout doyen, en ces temps (comme les directeurs et doyens depuis lors), dut faire face à ces situations, notre doyen les accumula en ces 13 ans de charge, d’une charge particulièrement lourde du fait de la nécessité de plus en plus pressante de construction de locaux (la sensation de large espace en 1954 s’était dissipée : on en serait presque à parler de « folie de petitesse »), du fait de l’accroissement du nombre des étudiants et (ne l’oublions pas) des enseignants, puis du fait de la mise en place d’une réforme dont on peut dire qu’elle contribua aussi, et pour beaucoup largement, à exaspérer les esprits : cela nous mène directement à mai 1968.

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Faut-il s’étonner qu’il ait pu se sentir écrasé par tout le poids qu’il supportait depuis 13 ans et qu’il ait transmis le flambeau (volens nolens, je n’ai aucun moyen de trancher la question) à celui, Monsieur Journaux, qui, par la force des événements, sera le dernier et presque éphémère doyen de ce qui bientôt ne sera plus la fac de Lettres ? Le chercheur archéologue ne manquait pas de chantiers et, s’il ne les avait jamais quittés, il ne devait pas manquer de raisons de s’y consacrer plus intensément : je laisse à d’autres le soin de présenter cet aspect du personnage et, plus particulièrement de ses années post-décanales où il resta pourtant, pour beaucoup d’entre nous, LE Doyen. Quelle attitude aurait-il eu si, en mai 1968 et par la suite, il avait été encore en poste ? Nous sommes plusieurs à nous l’être demandé, mais comment répondre à une telle question ? Nous avons constaté sa présence toujours discrète lors des AG. Cette présence n’était en rien que je sache celle d’un opposant au(x) mouvement(s), elle fut plutôt, je le crois, celle de quelqu’un qui était globalement favorable à la recherche d’un certain type de transformations de l’Université et de transformations sociales, même si l’on peut penser que certains aspects de ces mouvements l’aient rebuté (le témoignage que cite Bertrand Hamelin de sa réaction à la manifestation lors d’une venue fin 1967 du ministre Alain Peyrefitte pour l’inauguration du bâtiment Lettres le laisse deviner). Reste que j’ai cru percevoir en lui une capacité persistante et sans cesse renouvelée d’interrogation d’un homme qui a depuis longtemps su affirmer ses convictions et lutter pour elles, tout en se demandant comment les vivre en fonction d’une réalité politique et sociale en changement constant. Je me permettrai à ce sujet – et c’est par là que je terminerai – de rapporter un fait (je ne l’ai pas vécu comme seulement anecdotique) dont la signification n’a cessé de me préoccuper. Monsieur de Boüard m’aborda un jour des années 1970-1980 (je n’ai pas retenu la date exacte, mais je sais que je n’étais pas en quelque charge de responsabilité que ce soit) pour me demander un rendez-vous dans mon bureau : cette demande me laissa pantois, comment penser qu’on puisse rencontrer LE Doyen (il l’était resté à mes yeux) ailleurs qu’en son propre bureau ? Il insista pour venir en mon bureau ; c’est donc là que nous prîmes rendez-vous. Il voulait savoir quelle analyse je faisais de la situation générale à cette époque ; notre échange dura assez longtemps. Je ne sais encore que penser et je ne vois pas de quelles lumières particulières je pouvais éclairer un homme comme lui ; je ne veux y voir que le témoignage de cette volonté persistante de s’interroger en confrontant ses convictions à celles des autres et il se trouvait sans doute que les miennes à ce moment pouvaient avoir – à tort ou à raison, il ne me l’a point dit – quelque intérêt à ses yeux.

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Jean Quellien m’avait demandé une intervention ayant « l’allure du témoignage », en ajoutant comme s’il le craignait : « pas obligatoirement hagiographique ». Je ne sais si j’ai répondu à son attente. Toute interprétation hagiographique de mes propos serait erronée : je n’ai pas et ne cherche pas à avoir de notion bien claire de la sainteté. À mes yeux, point n’est besoin de prendre LE Doyen pour un saint : il suffit de l’homme qu’il fut en sa vie et en sa fonction.

Notes

[*]

Maître de conférences honoraire en philosophie, université de Caen Basse-Normandie.

[1]

René Fréreux fait ici allusion à un premier texte biographique sur Michel de Boüard, rédigé par Bertrand Hamelin dans le cadre d’un mémoire de Master 2 d’histoire contemporaine : B. Hamelin, Les figures intellectuelles à Caen de l’affaire Dreyfus aux lendemains de mai 1968, Université de Caen Basse-Normandie, 2005 (dactyl.), NdE.

Résumé

Français

Étudiant, puis enseignant à la faculté des Lettres de l’université de Caen, l’auteur témoigne de la forte autorité dont jouissait « Monsieur le doyen » de Boüard au sein de l’établissement. Il souligne également l’importance de la tâche qu’a eu à affronter Michel de Boüard, doyen de 1954 à 1967, phase caractérisée par un fort afflux d’étudiants et de nombreuses réformes administratives.

English

Dean Michel de Boüard, a personal accountStudent and then teacher at Caen University, the author was aware of the authority of Dean de Boüard. He was a witness of the great administrative transformations induced between 1954 and 1967 by easier access to education and the concomitant increase in registrations.

Pour citer cet article

Fréreux (†) René, « Monsieur le doyen de Boüard, un témoignage », Annales de Normandie, 1/2012 (62e année), p. 109-116.

URL : http://www.cairn.info/revue-annales-de-normandie-2012-1-page-109.htm
DOI : 10.3917/annor.621.0109


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