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Annales de Normandie

2012/2 (62e année)


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Il ne s’agit pas ici de rouvrir le dossier des « diminutifs » [1][1] Nous utilisons le mot « diminutif » pour éviter une... en latin. Après des études de fond telles que celles de Reino Hakamies en 1951 et de Jens S.Th. Hansen en 1952, et surtout après les mises au point de Françoise Gaide en 1988 et de Michèle Fruyt en 1989, auxquelles viennent s’ajouter des études sur l’emploi des diminutifs chez tel auteur ou dans tel domaine, le terrain est largement déblayé [2][2] R. Hakamies, Étude sur l’origine et l’évolution du.... Il ne s’agit même pas de rouvrir le dossier des diminutifs dans les langues techniques latines. Il est un fait admis que l’emploi du diminutif est un trait caractéristique des langues techniques, du latin vulgaire et du latin tardif, comme le montre l’évolution des langues romanes (fr. « oreille » ou « soleil » de auricula et soliculus, au lieu de auris et sol). Même si ce dernier point (l’évolution vers un emploi de plus en plus important des dérivés de Caton à Végèce) mérite d’être nuancé, nous ne reviendrons pas sur ces questions. Il s’agit simplement d’examiner des cas d’emplois simultanés du simple et du dérivé en -(cu)-lus, -(cu)-la, -(cu)-lum, dans un même contexte et avec le même sens, c’est-à-dire pour désigner le même objet. C’est donc plutôt à une réouverture du dossier de la synonymie que nous allons nous livrer : comment et pourquoi, dans un même chapitre, un même paragraphe, voire une même phrase, un auteur technique désigne-t-il un même objet alternativement par son nom simple et par son nom dérivé ?

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Cette question de la synonymie a été abordée par Cesidio de Meo [3][3] C. De Meo, Lingue tecniche del latino, Bologne, Patron,... à propos de la langue sacrale notamment, et plus précisément de l’accumulation synonymique dans les formules d’exécration : te rogo oro obsecro / demando deuoueo desacrifico / nec loqui nec sermonare / occidite exterminate uulnerate… Mais dans les exemples qui nous intéressent ici, nous verrons qu’il s’agit plus de variation synonymique que d’efforts d’accumulation. Même si nous partageons la quasi-totalité de l’analyse de Françoise Gaide, nous nous écartons un peu de sa réticence à admettre l’intention de variation dans l’emploi des « formes élargies » et surtout nous essaierons de montrer que l’emploi « intensif » de ce procédé de doublement est bien établi dès le ier siècle avant J.-C.

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Puisque in fine ce sont les doublets qui nous intéressent, le cas des dérivés pour lesquels il n’y a pas de simple attesté ne sera pas traité ici. Mais avant d’aborder les exemples de « synonymie parfaite », nous étudierons quelques autres emplois des dérivés en -(cu)-lus : les cas où le suffixe joue effectivement un rôle de diminutif, les cas où simples et dérivés sont employés pour le même objet, mais à une époque différente (nous verrons à ce propos que l’évolution d’emploi généralement admise du simple vers le dérivé n’est pas aussi évidente que cela), les cas où simples et dérivés sont employés à la même époque pour deux objets différents. La relation du mot à l’objet dans ce type d’étude est particulièrement importante : la méconnaissance des données technologiques ne permet pas de rendre compte de l’évolution du lexique, et c’est l’une des grandes difficultés de l’étude des langues techniques.

1 - Les vrais diminutifs

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Nous appelons « vrais diminutifs » les dérivés en -(cu)-lus employés à la même époque et dans le même contexte que le simple, avec une différenciation sémantique liée à la taille de l’objet. Nous les trouvons dans toutes les langues techniques et au cours de toute la latinité.

Columna / columella

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Nous commençons par cet exemple parce que c’est un couple qui se rencontre chez différents auteurs, sur une large période de temps, et parce qu’il semble, à première vue (nous verrons que ce n’est pas tout à fait exact), correspondre à un type de couple bien attesté dans le vocabulaire technique français de l’architecture : « colonne » / « colonnette », « abside » / « absidiole », « voûte » / « voûtain »… Voici la distinction faite dans le dictionnaire de René Ginouvès et Roland Martin : « Par convention, nous admettons qu’on parle de colonnette lorsque le support est insuffisant pour un volume habitable, i.e. lorsqu’il est d’une hauteur nettement inférieure à la taille humaine. On parlera ainsi de colonnes même pour le décor d’une frons scaenae qui pourtant ne comporte pas de « volumes habitables » à proprement parler, parce que ses ordres superposés correspondent matériellement à de véritables étages, de hauteur souvent supérieure à la taille humaine. Souvent la colonnette apparaît comme un élément secondaire par rapport à la colonne, par exemple quand elle borde les niches d’un mur à colonnes engagées ; dans ces conditions, le rapport entre les deux notions est du même type que celui que nous reconnaissons entre voûte et voûtain ou entre abside et absidiole » [4][4] R. Ginouvès, Dictionnaire méthodique de l’architecture....

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Caton l’Ancien (De agricultura, début iie s. avant J.-C.) est le premier auteur chez qui est attesté le mot columella. Il désigne ainsi le « pivot vertical » qui supporte l’axe horizontal des deux meules mobiles dans le moulin à olives, le trapète [5][5] Cato, Agr. 18, 8 (les abréviations utilisées dans les.... Il s’agit d’une pièce métallique d’environ 50 cm. Dans le même contexte (moulin et pressoir à huile), il utilise le mot columna pour un support allant du sol à la toiture, une colonne de 2 m à 2,5 m.

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César (Bellum ciuile, vers 45 avant J.-C.), dans les œuvres qui sont conservées, n’utilise jamais le mot columna. En revanche, il donne une mesure précise pour les columellae employées dans la construction d’une galerie couverte au siège de Marseille : « 5 pieds de haut [environ 1,5 m] » [6][6] Caes., Ciu. 2, 10, 2..

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Varron (Res rusticae, vers 36 avant J.-C.), dans la description de sa volière, utilise columna pour les colonnes extérieures et intérieures [7][7] Une fois cependant les colonnes intérieures sont désignées... de la tholos (hauteur 4,15m) qui sert de salle à manger. Dans le même passage, il utilise columella pour le pivot (80 cm - 1 m) de la table tournante située au milieu de la salle.

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Jamais chez Vitruve (De architectura, vers 25 avant J.-C.) le mot columella n’est employé dans le domaine de l’architecture à proprement parler. Il est réservé au domaine de la mécanique : horloge de Ctésibios et machines de jet. Curieusement, dans l’horloge de Ctésibios, columna et columella sont des doublets exactement synonymes, nous les traiterons dans la troisième partie, alors que, dans les machines de jet, Vitruve paraît faire une subtile différence entre la taille de la base de la baliste et celle de la base de la catapulte. Les montants doubles de la base de la baliste sont désignés par columnae[8][8] Vitr. 10, 11, 9., alors que le montant unique de la base de la catapulte est désigné par columella[9][9] Vitr. 10, 10, 5. Dans ce passage columella est employé.... Or la baliste est une machine beaucoup plus puissante et beaucoup plus grosse que la catapulte.

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On notera que dans tous les exemples qui viennent d’être vus le couple latin columna / columella ne correspond pas exactement au couple français « colonne » / « colonnette » : si, dans tous les cas (sauf Vitruve), columna peut être traduit par « colonne », columella ne peut jamais être traduit par « colonnette », mais a le sens de « pivot », « poteau », « montant ».

Quelques autres exemples

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Quand Vitruve décrit les grues de chantier, il utilise axis pour l’axe du treuil [10][10] Vitr. 10, 2, 2., axiculus pour l’axe des poulies [11][11] Vitr. 10, 2, 1.. Dans les machines de guerre, il emploie turris pour la tour de siège [12][12] Vitr. 10, 13, 3 et al., turricula pour une tourelle sur une tortue bélière [13][13] Vitr. 10, 13, 6 et al..

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Dans le De rebus bellicis (fin ive siècle après J.-C.), currus désigne le char à faux à deux chevaux et à deux hommes, curriculus le char à faux à un cheval et à un homme [14][14] Anon., De reb. bell. 13, 1..

2 - Les « emplois décalés » du simple et du dérivé

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Nous appelons « emplois décalés », les emplois du simple et du dérivé pour désigner le même objet, dans le même contexte, à deux époques différentes, ou pour désigner deux objets différents, ou deux objets similaires dans un contexte différent, à la même époque ; contexte étant entendu ici au sens d’ « environnement thématique ». Dans ces emplois, il n’y a pas de différence de taille sensible entre l’objet désigné par le simple et celui désigné par le dérivé, ou, s’il y en a une, l’objet désigné par le dérivé peut être plus grand que l’objet désigné par le simple (exemple de cuneus / cuneolus ci-dessous).

Décalage dans le temps

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L’enquête n’est pas exhaustive. Nous allons prendre seulement quelques exemples avec un écart de temps significatif (ier s. avant J.-C. / iii-ive s. après J.-C.) et des thèmes identiques (architecture et mécanique militaire).

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Les bras d’une machine de jet (c’est-à-dire les pièces qui portent la corde archère) sont désignés par bracchia chez Vitruve au ier s. avant J.-C. [15][15] Vitr. 1, 1, 8 et al., par brachiola chez Végèce au ive s. après J.-C. [16][16] Veg., Mil. 4, 12. Il est à noter que Végèce réserve...

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Les exemples de couples qui vont suivre ont un lien thématique particulièrement fort puisqu’ils sont pris chez Vitruve pour le ier s. avant J.-C. et chez son abréviateur, Cétius Faventinus, pour le iiie s. après J.-C. Le caniveau de drainage au pied d’un mur est canalis chez Vitruve [17][17] Vitr. 7, 4, 1 et 2., canaliculus chez Cétius [18][18] Cet. Fav. 24.. Le linge dans lequel on comprime un produit pour en exprimer le liquide (il s’agit de la fabrication de peintures pour la décoration des murs) est linteum chez Vitruve [19][19] Vitr. 7, 14, 1., linteolum chez Cétius [20][20] Cet. Fav. 27, 6.. La vaisselle (il s’agit de montrer que l’eau est meilleure quand elle passe dans des conduites en poterie, de même que les aliments ont un meilleur goût lorsqu’ils sont servis dans de la vaisselle en terre) est uas chez Vitruve [21][21] Vitr. 8, 6, 11., uasculum chez Cétius [22][22] Cet. Fav. 6, 4. Dans la même phrase, Cétius mêle le....

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Ces exemples pourraient laisser penser qu’il y a une évolution diachronique de l’emploi du simple vers celui du dérivé. En fait nous avons aussi la situation inverse : pour le « tuyau » par exemple, Cétius mêle tubus (3 occurrences) et tubulus (4 occurrences), alors que Vitruve n’utilise que tubulus (12 occurrences) [23][23] L. Callebat, P. Bouet, P. Fleury, M. Zuinghedau, Concordance....

Décalage dans le contexte

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Chaque métier a sa propre langue (la « corde » du maçon est un « bout » pour le marin…) et il est possible que, dans certains cas, cela se traduisait en latin par l’emploi du simple dans un domaine et du dérivé dans un autre. Voici quelques exemples extraits de l’œuvre de Vitruve. Libra est le « niveau » utilisé par les hydrauliciens [24][24] Vitr. 8, 5, 1 (libra aquaria) ; 8, 6, 6 (ad libram... tandis que libella est le « niveau » des maçons [25][25] Vitr. 1, 6, 6 et al., toujours dans l’expression ad.... Cuneus est une « clavette » dans la pompe à pistons [26][26] Vitr. 10, 7, 2. (langue des mécaniciens hydrauliques), cuneolus est aussi une « clavette » dans la catapulte [27][27] Vitr. 10, 12, 1. (langue des mécaniciens militaires), mais beaucoup plus grande que la pièce précédente… : il ne s’agit pas à coup sûr d’un vrai diminutif. Canalis est une « rainure » dans le chorobate [28][28] Vitr. 8, 5, 2 (bis). (un instrument de mesure pour les hydrauliciens) ou un « registre » dans l’orgue hydraulique [29][29] Vitr. 10, 8, 2 et al., canalicus est un « conduit » dans l’hodomètre [30][30] Vitr. 10, 9, 3 et al., un appareil pour mesurer les distances, probablement utilisé par les arpenteurs.

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Un autre type de décalage est celui qui existe entre « animé » et « inanimé » : à des simples désignant une partie du corps humain ou des parties d’animaux correspondent des dérivés désignant des objets, à des simples désignant des animaux correspondent des dérivés désignant des machines [31][31] Sur l’importance du vocabulaire animal dans la langue.... Manus est la « main » de l’homme [32][32] Le simple manus, à la différence des exemples suivants,..., manicula chez Varron désigne le « manche » de l’araire [33][33] Varro, Ling. 5, 135., manucla chez Vitruve désigne la « détente » de la catapulte [34][34] Vitr. 10, 10, 4.. Bucca est la « joue », buccula désigne différentes pièces dans le domaine de la mécanique : partie du fût de la catapulte [35][35] Vitr. 10, 10, 3., « timon » d’un système de traction [36][36] Vitr. 10, 2, 11.. Caprea est le « chevreuil », capreolus est un « chevron » ou une « contrefiche » pour les charpentiers [37][37] Vitr. 4, 2, 1 ; 5, 1, 9. ou les mécaniciens militaires [38][38] Vitr. 10, 10, 4 ; 10, 14, 2 et al.. Sus est la « truie », sucula, le « treuil » [39][39] Caton, Agr. 12 ; Vitr. 10, 1, 5 et al. ; mus, la « souris », musculus, la « galerie » [40][40] Caes., Gall. 7, 84, 1 ; Ciu. 2, 10, 1 ; Bell. alex.... (machine de siège pour l’approche des remparts).

3 - Les doublets « simple » / « dérivé » avec synonymie parfaite

Les faits

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Nous appelons « doublets avec synonymie parfaite » les cas où le simple et le dérivé sont employés dans le même contexte rapproché (la phrase ou le chapitre) pour désigner exactement le même objet, sans que l’on puisse percevoir de critères objectifs permettant de déterminer l’emploi de l’un ou l’autre des deux termes. Voici une série d’exemples pris chez Vitruve.

alueus / alueolus : la « baignoire » dans les thermes

…testudinesque alueolorum ex communi hypocausi calfaciantur. […]Magnitudines autem balneorum uidentur fieri pro copia hominum; sint ita compositae. Quanta longitudo fuerit tertia dempta, latitudo sit, praeter scholam labri et alueum[41][41] Vitr. 5, 10, 1-4, trad. C. Seliou Paris, Les Belles....

[Il faut faire en sorte] que les réservoirs des baignoires soient chauffés à partir du foyer commun. […] Les dimensions des bains doivent dépendre du nombre des usagers. Voici quelles doivent en être les proportions : la largeur sera égale aux deux tiers de la longueur, compte non tenu de l’abside abritant la vasque d’ablutions et de la baignoire.

canalis / canalicus : le « canal » de la catapulte

Canaliculi, qui graece syrinx dicitur, longitudo foraminum undeuiginti. Regularum, quas nonnulli bucculas appellant, quae dextra ac sinistra canalem figuntur, longitudo foraminum undeuiginti, altitudo foraminis unius et crassitudo[42][42] Vitr. 10, 10, 3, trad. L. Callebat, Paris, Les Belles....)

Pour le canal, qui est dit syrinx en grec, la longueur sera de dix-neuf modules. Pour les tringles, que certains appellent « joues » et qui sont fixées à droite et à gauche du canal, la longueur sera de dix-neuf modules, la hauteur, comme l’épaisseur, d’un module.

canalis /canaliculus: la « feuillure » sur les tuiles utilisées pour les terrasses

…tegulae bipedales inter se coagmentatae supra rudus substrata materia conlocentur habentes singulis coagmentorum frontibus excelsos canaliculos digitales. Quibus iunctis impletur calx ex oleo subacta, confricenturque inter se coagmenta compressa. Ita calx, quae erit haerens in canalibus… [43][43] Vitr. 7, 1, 7, d’après la traduction de B. Liou et...

…on posera au-dessus du béton sur un lit de mortier des tuiles de deux pieds, parfaitement jointes entre elles, et qui auront sur chaque face jointive des feuillures profondes d’un doigt. Les tuiles une fois accolées, on emplit les interstices de chaux malaxée avec de l’huile, avant de poncer ces joints qu’on aura pressés l’un contre l’autre : ainsi la chaux qui restera dans les feuillures

caput / capitulum : le « cadre » des machines de jet

Namque fiunt in capitibus foramina, per quorum spatia contenduntur capillo maxime muliebri uel neruo funes, magnitudine ponderis lapidis, quem debet ea ballista mittere […]. Nam quae ballista duo pondo saxum mittere debet, foramen erit in eius capitulo digitorum quinque…[44][44] Vitr. 10, 11, 2-3, trad. L. Callebat, Paris, Les Belles...

De fait, les trous des cadres, à travers les ouvertures desquels sont bandées les fibres (cheveux de femmes surtout, ou tendons), ont une dimension déterminée par le poids de la pierre que la baliste doit lancer […]. Une baliste donc qui doit lancer une pierre de deux livres aura, sur son cadre, une ouverture de cinq doigts…

ceruices / ceruicula – arca / arcula : le « col » du régulateur de pression et le « coffre » porte-vent dans l’orgue hydraulique

Supra autem ceruiculam eius coagmentata arcula sustinet caput machinae, qui graece ????? ??????? appellatur. […] E modiolis autem fistulae sunt continentes coniunctae pnigeos ceruicibus pertinentesque ad nares, quae sunt in arcula. […], per quas in pnigea concurrit et per eius ceruices in arcam… [45][45] Vitr. 10, 8, 2-5, d’après la traduction de L. Callebat,...

D’autre part, au-dessus du col du pnigée, un coffre est ajusté qui soutient la partie principale du dispositif, appelée en grec kanon mousikos. […] Il y a par ailleurs, partant des cylindres, une suite de conduits raccordés au col du pnigée et aboutissant aux orifices qui sont sur le coffre ; […] [par ces conduits, l’air] afflue dans le pnigée et, par le col du pnigée, dans le coffre.

columna / columella : la « colonne » graduée de l’horloge de Ctésibios

In his etiam aut in columna aut parastatica horae describuntur. […] In columella horae ex analemmatos transuersae describantur, menstruaeque lineae columella signentur. Eaque columna uersatilis perficiatur[46][46] Vitr. 9, 8, 6-7, d’après la traduction de J. Soubiran,....

Dans ces horloges, les heures sont tracées soit sur une colonne, soit sur un pilastre contigu. […] On tracera les heures transversalement sur la colonne, d’après l’analemme, et l’on gravera sur la colonne les lignes des mois. Cette colonne devra pouvoir pivoter.

dens /denticulus : la « dent d’engrenage » dans l’hodomètre

11 occurrences de dens / 12 occurrences de denticulus[47][47] Vitr. 10, 9, 2-6..

fundus / fundulus : le « piston » de la pompe à air de l’orgue hydraulique

…quibus includuntur aerei modioli, fundulis ambulatilibus ex torno subtiliter subactis habentibus fixos in medio ferreos ancones et uerticulis cum uectibus coniunctos […]. Ita cum uectes extolluntur, ancones deducunt fundos modiolorum ad imum…[48][48] Vitr. 10, 8, 1-5 (trad. personnelle).

…on y encastre des cylindres en bronze dont les pistons mobiles, façonnés au tour avec précision, ont des tiges de fer fixées en leur centre et reliées par des charnières à des leviers […]. Ainsi, quand on lève les leviers, les tiges abaissent les pistons jusqu’au bas des cylindres…

lingua / lingula : le « bec » du levier

lingua sub onus subdita, caput eius unius hominis uiribus pressum id onus extollit. […] Item si sub onus uectis ferrei lingula subiecta fuerit…[49][49] Vitr. 10, 3 , 2-3, trad. L. Callebat, Paris, Les Belles...

Si l’on glisse sous la charge le bec du levier, la force d’un seul homme, pesant sur la tête du levier, soulève la charge. […] Si, par ailleurs, le bec d’un levier en fer a été glissé sous la charge…

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Tous les exemples que nous venons de voir sont extraits de Vitruve, qui fait un usage particulièrement important de ce procédé de synonymie. Pour juger son degré de particularité, il faudrait mener une enquête large et approfondie. Dans l’état actuel de nos recherches, il apparaît

  1. que certains auteurs ignorent totalement le procédé : c’est le cas de l’anonyme qui a écrit le De rebus bellicis ;

  2. que le procédé peut apparaître dans des textes non techniques, mais à propos de mots techniques (c’est ainsi que nous avons circonscrit nos recherches). En voici, aux moins deux exemples, l’un pris chez Cétius Faventinus (iiie siècle après J.-C.), l’autre dans le Commentaire au songe de Scipion de Macrobe (fin ive – début ve siècle après J.-C.) [50][50] Peut-être pourrions-nous y ajouter cet exemple pris....

tubus / tubulus : le « tuyau » d’adduction d’eau

Minori etiam sumptu et utilius tubis fictilibus inducitur. Cum a figulo ergo fient, ne minus duorum digitorum grossitudine corium habeant. Sed ipsi tubuli ex una parte angustiores fiant[51][51] Cet. Fav. 6, 3, d’après la traduction de M.-T. Cam,....

L’adduction d’eau par des tuyaux en poterie présente aussi un moindre coût et plus d’avantages. Donc, lors de leur fabrication par le potier, ils auront une paroi d’au moins deux doigts d’épaisseur. Les tuyaux eux-mêmes seront rétrécis à un bout.

malleus / malleolus : le « marteau »

[Anecdote de Pythagore découvrant les nombres de l’harmonie] Cum enim casu praeteriret in publico fabros ignitum ferrum ictibus mollientes, in aures eius malleorum soni certo sibi respondentes ordine repente ceciderunt, in quibus ita grauitati acumina consonabant, ut utrumque ad audientis sensum stata dimensione remearet, et ex uariis impulsibus unum sibi consonans nasceretur. Hic occasionem sibi oblatam ratus deprehendit oculis et manibus quod olim cogitatione quaerebat. Fabros adit et imminens operi curiosius intuetur, adnotans sonos qui de singulorum lacertis conficiebantur. Quos cum ferientium uiribus adscribendos putaret, iubet ut inter se malleolos mutent. Quibus mutatis sonorum diuersitas ab hominibus recedens malleolos sequebatur. Tunc omnem curam ad pondera eorum examinanda conuertit, cumque sibi diuersitatem ponderis quod habebatur in singulis adnotasset, aliis ponderibus in maius minusue excedentibus fieri malleos imperauit : quorum ictibus soni nequaquam prioribus similes nec ita sibi consonantes exaudiebantur. Tunc animaduertit concordiam uocis lege ponderum prouenire collectisque numeris, quibus consentiens sibi diuersitas ponderum continebatur, ex malleis ad fides uertit examen, et intestina ouium uel boum neruos tam uariis ponderibus inligatis tetendit, qualia in malleis fuisse didicerat, talisque ex his concentus euenit qualem prior obseruatio non frustra animaduersa promiserat[52][52] Macr., Somn. 2, 1, 9 – 12..

Alors qu’il passait fortuitement dans un lieu public devant des artisans qui travaillaient du fer chauffé en le battant, ses oreilles furent soudain frappées par les sons des marteaux, qui se répondaient selon des rapports définis. Les aigus y formaient un tel accord avec les graves que les uns et les autres arrivaient à la perception de l’auditeur selon des proportions bien définies, et qu’à partir des chocs divers naissait un seul son formant un accord. Alors pensant que l’occasion lui était donnée de saisir par l’observation et la pratique ce qui avait été l’objet de ses recherches théoriques, il s’approche des artisans et, les yeux fixés sur leur travail, il les considère avec une grande attention, en repérant les sons créés par les coups que donnaient les bras de chacun. Comme il pensait qu’il fallait les attribuer aux forces des artisans qui frappaient, il demande qu’ils échangent entre eux leurs marteaux. On réalisa cet échange : la diversité des sons, loin de dépendre des hommes, restait liée aux marteaux. Alors il consacra toute son attention à examiner leur masse, et après avoir relevé pour lui-même les diverses masses que l’on avait dans chaque cas, il ordonna de fabriquer des marteaux aux masses augmentées ou diminuées : les sons qui se faisaient entendre lorsqu’ils frappaient n’étaient absolument pas semblables aux précédents et ne formaient pas un tel accord. Il comprit alors qu’un accord sonore provient d’une loi des masses, et après avoir rassemblé les nombres qui renfermaient les diverses masses formant l’accord, il fit passer son étude des marteaux aux cordes de la lyre : il tendit des boyaux de moutons ou des nerfs de bœufs en leur attachant des masses variées de la valeur de celles qu’il avait mesurées dans les marteaux, et il en résulta une harmonie telle que pas même l’observation précédente, qui n’avait pourtant pas été vaine, n’en avait laissé espérer [53][53] Traduction de J.-B. Guillaumin, La théorie musicale....

Tentative d’interprétation

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Le phénomène que nous venons d’observer, les doublets « simple/diminutif » avec synonymie parfaite, est étrange pour un locuteur français. Celui-ci connaît les « vrais diminutifs » (masse/massette, serpe/serpette, roue/roulette etc.) ou ce que nous avons appelé les « emplois décalés » : le « collier » du plombier ou du mécanicien est une « collerette » pour le maçon ; le « feu » du commun des mortels est un « brûlot » pour l’agriculteur etc. En outre, ce qui ressemble à un suffixe de diminutif a une grande fortune dans les langues techniques, qu’il s’agisse étymologiquement ou non d’un diminutif, que le simple soit attesté ou pas : « brûlot », « brouette », « binette », « serfouette »…, pour ne prendre que quelques exemples dans le domaine de l’agriculture. Mais l’emploi exactement synonymique de simples et de dérivés nous semble très rare. « Porte » / « portière » (ce dérivé n’est toutefois pas un « diminutif ») en est peut-être un exemple dans le domaine de l’automobile, encore que, si l’on dit indifféremment « ouvrir la porte » ou « ouvrir la portière », on ne dit pas une « voiture à quatre ou cinq portières ».

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Une première hypothèse, qui conviendrait bien pour Vitruve mais qui nous semble mal s’appliquer aux quelques autres exemples relevés (l’enquête est à approfondir), est celle d’un mélange involontaire de niveaux de langue différents. Le diminutif appartiendrait au langage commun (dans le domaine de Vitruve au langage des praticiens de la construction), le simple appartiendrait au langage soutenu, celui des théoriciens (ingénieurs-architectes). Vitruve qui fréquente les deux milieux et qui veut élever son œuvre au-dessus du « vulgaire » pourrait avoir les deux registres présents à l’esprit et les mêler involontairement dans l’écriture.

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Une deuxième hypothèse, qui a notre préférence, est celle d’une variation lexicale volontaire. Le suffixe -(cu)-lus servirait ainsi à appliquer à la fois deux des procédés stylistiques énoncés par Aristote au livre III de la Rhétorique : l’emploi des diminutifs et celui des synonymes, « utiles au poète » [54][54] Aristote, Rhét. 3,2 (1405 a-b)..

25

Cette ébauche d’étude des doublets « simple / diminutif » dans les langues techniques confirme donc pour une part des faits observés sur un plan général ou pour certains lexiques spécialisés. Le suffixe -(cu)-lus peut faire entrer le mot dans un domaine spécialisé, lui conférer une valeur particulière dont celle de quantité réduite, de même qu’en français le diminutif est une sous-catégorie du dérivé en -et/-ette, alors que les dérivés en -ot n’ont que la fonction de diminutif. Dans le corpus que nous avons étudié, la situation est compliquée par le fait que certains couples se retrouvent au moins dans deux catégories : canaliculus ou columella fonctionnent par rapport à canalis ou columna à la fois comme des vrais diminutifs et comme des synonymes, capitulum fonctionne par rapport à caput à la fois comme un emploi décalé (sens de « chapiteau » dans le vocabulaire de l’architecture, l’exemple n’a pas été évoqué ci-dessus) et comme un synonyme… C’est que, pour reprendre les termes de Michèle Fruyt [55][55] M. Fruyt, « Étude sémantique des diminutifs latins… »,..., l’opposition entre l’utilisation référentielle et l’utilisation différentielle du suffixe n’est pas toujours claire (voir supra l’exemple des colonnes de la volière de Varron).

26

Il ressort aussi de cette étude que l’utilisation synonymique de la forme simple et de la forme élargie est bien attestée dès le Ier siècle avant J.-C. et que ce n’est pas vraiment un trait caractéristique de la langue tardive : au ive siècle après J.-C., le De rebus bellicis l’ignore totalement et même Végèce, qui est souvent invoqué pour appuyer ce point, ne nous paraît pas très significatif. Un sondage effectué sur les exemples utilisés ci-dessus montre que s’il utilise bien 16 fois linteolum contre une fois linteum, 2 fois malleolus contre 0 fois malleus (mais il s’agit d’une arme spéciale), il utilise toujours canalis, uas, ceruix, cuneus, columna, tubus (1 fois), jamais canaliculus, uasculum, ceruicula, cuneolus, columella, tubulus.

27

Nous l’avons déjà dit, cet emploi synonymique du simple et du dérivé ne nous semble pas exister dans les langues techniques françaises mais la synonymie y existe bien : « horloge » / « pendule », « glace » / « miroir », « tonneau » / « barrique », « tuyau » / « conduite »… Cependant on retrouve, dans un tout autre domaine, une situation linguistique un peu similaire avec l’adjectif « petit ». Celui-ci dénote la petitesse : « un petit clou », « un homme petit », et connote la tendresse, l’affection : « un petit bonhomme », « mon petit garçon », ou la dépréciation : « un petit boulot » (l’adjectif est ici renforcé par le suffixe diminutif –ot), « un petit chef ». Mais les exemples de synonymie que nous avons observés fonctionnent finalement d’une façon un peu similaire à la synonymie « un whisky » / « un petit whisky » : la personne à qui l’on demande « un petit whisky » servira généralement la même quantité de whisky que celle à laquelle on demande « un whisky » parce que la dite personne ne songe pas à une valeur dénotative de l’adjectif « petit » et parce que sa valeur connotative est tellement peu pertinente et confuse (modestie, souhait de ne pas paraître alcoolique, affection…) que ni l’un ni l’autre des acteurs n’y attache une grande importance.

Notes

[*]

Professeur de latin, université de Caen Basse-Normandie, F 14032 Caen.

[1]

Nous utilisons le mot « diminutif » pour éviter une expression longue, mais plus exacte : « dérivé avec le suffixe -co-lo ou -lo ».

[2]

R. Hakamies, Étude sur l’origine et l’évolution du diminutif latin et sa survie dans les langues romanes, Helsinki, Pekka Katara, 1951 ; J. S. T. Hanssen, Latin diminutives. A semantic Study, Bergen. J. Griegs Boktrykkeri, 1952 ; F. Gaide, « Les formes élargies du latin vulgaire : un cas très particulier de la dérivation », Latomus, 47, 3, 1988, p. 584-592 ; M. Fruyt, « Étude sémantique des diminutifs latins. Les suffixes -ulus, -culus, -ellus, -illus... Dé-substantivaux et dé-adjectivaux », dans M. Lavency et D. Longrée (éd.), Actes du Ve Colloque de linguistique latine, Louvain-la-Neuve/Borzée (31 mars-4 avril 1989), Louvain, Peeters, 1989, p. 127-138.

[3]

C. De Meo, Lingue tecniche del latino, Bologne, Patron, 1983 (réd. 1986), p. 141-158.

[4]

R. Ginouvès, Dictionnaire méthodique de l’architecture grecque et romaine. 2. Eléments constructifs : supports, couvertures, aménagements intérieurs, Paris-Rome, De Boccard, L’ « Erma » di Bretschneider, 1992, p. 63.

[5]

Cato, Agr. 18, 8 (les abréviations utilisées dans les références aux auteurs latins sont celles du Thesaurus Linguae Latinae).

[6]

Caes., Ciu. 2, 10, 2.

[7]

Une fois cependant les colonnes intérieures sont désignées par columellas (3, 5, 14) mais il est difficile de savoir s’il s’agit là d’un emploi synonymique comme ceux que nous verrons dans la troisième partie ou d’un véritable diminutif. Les colonnes intérieures sont en effet en bois et elles ont, selon toute vraisemblance, un diamètre inférieur à celui des colonnes extérieures qui, elles, sont en pierre. Varron lui-même (3, 5, 13), du reste, qualifie les colonnes intérieures de tenues : intra tholi columnas exteriores lapideas et totidem interiores ex abiete tenues locus est pedes quinque latus (« entre les colonnes extérieures de la tholos, qui sont en pierre, et les colonnes intérieures, en nombre égal, faites de sapin et minces, il y a un espace de cinq pieds de large »).

[8]

Vitr. 10, 11, 9.

[9]

Vitr. 10, 10, 5. Dans ce passage columella est employé 4 fois. Vitruve avait donc tout loisir d’utiliser simple / dérivé. Il faut dire que l’expression minor columna est utilisée pour une autre pièce : ceci explique peut-être cela.

[10]

Vitr. 10, 2, 2.

[11]

Vitr. 10, 2, 1.

[12]

Vitr. 10, 13, 3 et al.

[13]

Vitr. 10, 13, 6 et al.

[14]

Anon., De reb. bell. 13, 1.

[15]

Vitr. 1, 1, 8 et al.

[16]

Veg., Mil. 4, 12. Il est à noter que Végèce réserve le mot brachium pour le bras de l’homme et n’emploie brachiolum que pour le bras de la machine : nous avons ici un « décalage dans le contexte » (cf. infra). Par ailleurs, la ballista de Végèce est une machine très différente de la ballista de Vitruve : l’emploi du fer autorise des sections plus faibles, une construction plus légère, et il est possible que nous ayons affaire ici à un véritable diminutif (cf. supra).

[17]

Vitr. 7, 4, 1 et 2.

[18]

Cet. Fav. 24.

[19]

Vitr. 7, 14, 1.

[20]

Cet. Fav. 27, 6.

[21]

Vitr. 8, 6, 11.

[22]

Cet. Fav. 6, 4. Dans la même phrase, Cétius mêle le simple, pour la vaisselle en argent ou en bronze, et le dérivé, pour la vaisselle en terre : Nam cum fere omnes exstructas uasorum argenteorum uel aeneorum habeant mensas, tamen propter saporis integritatem fictilibus uasculis utuntur, « De fait, bien que presque tous les gens aient des tables chargées de vaisselle d’argent ou de bronze, ils utilisent pourtant, pour préserver la pureté du goût, une simple vaisselle en terre cuite » (Cétius Faventius, Abrégé d’architecture privée. Texte établi, traduit et commenté par M.-T. Cam, Paris, Les Belles Lettres, 2001, 176 p.). Ou nous avons affaire à un doublet du type de ceux que nous allons voir dans la troisième partie, ou le suffixe a ici une valeur abstraite dépréciative : la vaisselle en terre cuite n’est pas plus petite que la vaisselle en argent ou en bronze, mais elle est de moindre valeur.

[23]

L. Callebat, P. Bouet, P. Fleury, M. Zuinghedau, Concordance du De Architectura de Vitruve, Hildesheim/New-York, Olms., 1984 ; M.-T. Cam, P. Fleury, C. Jacquemard, Concordance de M. Cetius Faventinus, Hildesheim/New-York, Olms., 2002.

[24]

Vitr. 8, 5, 1 (libra aquaria) ; 8, 6, 6 (ad libram).

[25]

Vitr. 1, 6, 6 et al., toujours dans l’expression ad libellam ou ad libellam et regulam. Voir L. Callebat et al., Concordance du De Architectura…, op. cit.

[26]

Vitr. 10, 7, 2.

[27]

Vitr. 10, 12, 1.

[28]

Vitr. 8, 5, 2 (bis).

[29]

Vitr. 10, 8, 2 et al.

[30]

Vitr. 10, 9, 3 et al.

[31]

Sur l’importance du vocabulaire animal dans la langue des mécaniciens : P. Fleury, « Le vocabulaire latin de la mécanique », dans Atti del II seminario internazionale di studi sui lessici tecnici greci e latini (Messina, 14-16 déc. 1995), a cura di Paola Radici Colace, Accademia Peloritana dei Pericolanti, Classe di Lettere, Filosofia e BB.AA., Supplemento, vol. LXXI - 1995, Messine/Naple, Edizioni Scientifiche Italiane, 1997, p. 30-34.

[32]

Le simple manus, à la différence des exemples suivants, peut aussi avoir un sens technique, déterminé par ferrea pour désigner un « grappin » (Caes., Ciu. 1, 57, 2) ou employé seul dans le même sens (Curt. 4, 2, 12).

[33]

Varro, Ling. 5, 135.

[34]

Vitr. 10, 10, 4.

[35]

Vitr. 10, 10, 3.

[36]

Vitr. 10, 2, 11.

[37]

Vitr. 4, 2, 1 ; 5, 1, 9.

[38]

Vitr. 10, 10, 4 ; 10, 14, 2 et al.

[39]

Caton, Agr. 12 ; Vitr. 10, 1, 5 et al.

[40]

Caes., Gall. 7, 84, 1 ; Ciu. 2, 10, 1 ; Bell. alex. 1, 2 ; Veg., Mil. 2, 25…

[41]

Vitr. 5, 10, 1-4, trad. C. Seliou Paris, Les Belles Lettres, 2009.

[42]

Vitr. 10, 10, 3, trad. L. Callebat, Paris, Les Belles Lettres, 1986.

[43]

Vitr. 7, 1, 7, d’après la traduction de B. Liou et M. Zuinghedau, Paris, Les Belles Lettres, 1995.

[44]

Vitr. 10, 11, 2-3, trad. L. Callebat, Paris, Les Belles Lettres, 1986.

[45]

Vitr. 10, 8, 2-5, d’après la traduction de L. Callebat, Paris, Les Belles Lettres, 1986.

[46]

Vitr. 9, 8, 6-7, d’après la traduction de J. Soubiran, Paris, Les Belles Lettres, 1969.

[47]

Vitr. 10, 9, 2-6.

[48]

Vitr. 10, 8, 1-5 (trad. personnelle).

[49]

Vitr. 10, 3 , 2-3, trad. L. Callebat, Paris, Les Belles Lettres, 1986.

[50]

Peut-être pourrions-nous y ajouter cet exemple pris chez Apulée, Met. 9, 32, 1–33, 1 (IIe siècle après J.-C.), sur la variation hortus / hortulus, le « jardin » : Matutino me multis holeribus [h]onustum proxumam ciuitatem deducere consuerat dominus atque ibi uenditoribus tradita merce[de], dorsum insidens meum, sic hortum redire. […] Nocte quadam paterfamilias quidam e pago proximo tenebris inluniae caliginis impeditus et imbre nimio madefactus atque ob id ab itinere directo cohibitus ad hortulum nostrum iam fesso equo deuerterat, « Le matin, mon maître avait l’habitude de me conduire à la ville voisine, chargé de légumes, puis, après en avoir été payé par les revendeurs, de revenir au jardin monté sur mon dos […] Une nuit, un propriétaire d’un village des environs, gêné par l’obscurité d’un ciel sans lune et trempé par une forte pluie, n’avait pu garder sa route directe : il s’était détourné vers notre jardin, sur un cheval déjà fatigué ». Mais l’intention stylistique n’est pas à exclure ici : le « jardin » du pauvre maître de Lucius peut devenir un « jardinet » devant le riche propriétaire (trad. personnelle).

[51]

Cet. Fav. 6, 3, d’après la traduction de M.-T. Cam, Paris, Les Belles Lettres, 2001.

[52]

Macr., Somn. 2, 1, 9 – 12.

[53]

Traduction de J.-B. Guillaumin, La théorie musicale chez Macrobe, Commentaire au Songe de Scipion (édition, traduction et commentaire des chapitres 1 à 4 du livre II), mémoire de maîtrise réalisé sous la direction de P. Fleury , Université de Caen Basse-Normandie, 2002.

[54]

Aristote, Rhét. 3,2 (1405 a-b).

[55]

M. Fruyt, « Étude sémantique des diminutifs latins… », op. cit., p. 130.

Résumé

Français

Les dérivés en -(cu)-lus, -(cu)-la, -(cu)-lum posent des problèmes de traduction dans les textes techniques latins. Dans certains cas le suffixe joue un rôle de diminutif qui lui est bien connu : l’objet désigné par le dérivé est plus petit que l’objet désigné par le simple. Dans d’autres cas nous avons affaire à des « emplois décalés » dans le temps ou dans l’environnement thématique : le simple et le dérivé sont utilisés pour désigner le même objet, dans le même contexte, mais à deux époques différentes, ou bien ils désignent deux objets différents (ou similaires) dans des contextes différents, sans distinction de taille. Il reste enfin de curieux cas de synonymie parfaite que nous examinons ici : comment et pourquoi, dans un même chapitre, un même paragraphe, voire une même phrase, un auteur technique désigne-t-il un même objet alternativement par son nom simple et par son nom dérivé ?

Mots clés

  • langue latine
  • textes techniques
  • suffixation
  • diminutifs

English

Simple and diminutive doublets in technical LatinDerivatives in -(cu)-lus, -(cu)-la, -(cu)-lum in technical Latin texts are difficult to translate. In some cases, the suffix is used as a diminutive: the object is smaller than the object without a suffix. In other cases, it is used to denote differences in time or in the thematic environment: both are used to denote the same object in the same context but at different times or they denote two different (or similar) objects in different contexts without regard to size. Rare examples of doublets used by technical authors in the same chapter, same paragraph and even in the same sentence to describe an object by its name or by its derivative are analysed in this article.

Keywords

  • Latin language
  • scientific texts
  • suffixes
  • diminutives

Plan de l'article

  1. 1 - Les vrais diminutifs
    1. Columna / columella
    2. Quelques autres exemples
  2. 2 - Les « emplois décalés » du simple et du dérivé
    1. Décalage dans le temps
    2. Décalage dans le contexte
  3. 3 - Les doublets « simple » / « dérivé » avec synonymie parfaite
    1. Les faits
    2. Tentative d’interprétation

Pour citer cet article

Fleury Philippe, « Les doublets " simple " / " diminutif " dans les langues techniques latines », Annales de Normandie, 2/2012 (62e année), p. 111-123.

URL : http://www.cairn.info/revue-annales-de-normandie-2012-2-page-111.htm
DOI : 10.3917/annor.622.0111


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