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Annales de Normandie

2012/2 (62e année)


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Il y a maintenant plus d’un siècle et demi que linguistes et historiens traquent avec constance, région par région, les plus anciennes chartes rédigées en langue vulgaire [1][1] La très récente mise au point sur la question de Paul.... La chronologie de l’apparition et de la diffusion progressive du français d’oïl dans les domaines non littéraires est à peu près bien connue : son usage dans les documents diplomatiques débute en Lorraine dans la décennie 1220, en Champagne dans les années 1230, puis au début de la décennie 1240 en Picardie, en Artois et dans l’Yonne, ainsi qu’à la chancellerie royale capétienne [2][2] P. Meyer, « Observations grammaticales sur quelques.... Le cas de la Normandie reste cependant mal connu en dépit de la thèse, publiée il y a quarante ans déjà, de Hans Goebl sur la langue des chartes normandes au Moyen Âge [3][3] H. Goebl, Die normandische Urkundensprache. Ein Beitrag.... L’usage du français dans les chartes et les actes de la pratique y apparaît en effet tardif – comparativement aux régions voisines – alors qu’il est couramment utilisé dans les œuvres littéraires ainsi que dans les textes législatifs et coutumiers. Il s’agit là d’une contradiction apparente à laquelle on peut tenter de trouver des éléments d’explication.

L’apparition tardive de la langue vulgaire dans les chartes normandes

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Depuis la Restauration, de nombreux érudits normands ont tenté de faire reculer l’âge des premières chartes en langue vulgaire. Dès 1834, Amédée-Louis Léchaudé d’Anisy signalait une charte en français, conservée aux Archives du Calvados, datée de 1267 [4][4] A.-L. Léchaudé d’Anisy, « Extraits des chartes et autres.... Par la suite, en 1863, Alexandre Barabé publia un acte de septembre 1254 provenant du fonds de l’abbaye de Jumièges ainsi que des extraits d’un testament de Catherine, « fame monseigneur Gautier de Corcelles », rédigé le 19 juin 1265, lequel fut édité en intégralité quelques années plus tard par Théodore Bonin [5][5] A. Barabé, Recherches historiques sur le tabellionage.... Ce dernier publia également un aveu de Guillaume Crespin du 19 avril 1256, seigneur de Dangu, pour des biens tenus de l’archevêché dans le Vexin normand, connu à travers le registre des visites d’Eudes Rigaud [6][6] T. Bonin, Cartulaire de Louviers.., op. cit., p. 305..... De Guillaume Crespin, on connaît aussi un accord passé avec les templiers de Bourgoult en 1256 au sujet de droits de pâture et de panage, signalé par Auguste Le Prévost en 1864. Son épouse, Jeanne de Mortemer, nous a également laissé une charte en français pour l’abbé du Valasse de 1259 [7][7] A. Le Prevost, Mémoires et notes de M. Auguste Le Prévost.... En 1900, trois chartes de Gaucher de Châtillon, comte de Mortain et seigneur de Domfront, datées de 1246 et 1248, furent révélées par Paul Le Cacheux. Ces actes sont encore à ce jour les plus anciens connus pour la Normandie [8][8] P. Le Cacheux, « L’établissement des frères Prêcheurs.... Au final, on comprend aisément que les actes en langue vulgaire sont exceptionnels en Normandie avant la décennie 1260 et il faut attendre la fin des années 1270 et la diffusion des lettres de baillie et de vicomté pour y trouver, de manière régulière, des chartes rédigées en langue vulgaire [9][9] La plus ancienne attestation d’une lettre de baillie,....

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Des sondages effectués à partir de la base Scripta confirment cette apparition tardive [10][10] La base de données Scripta (Site Caennais de Recherche.... Un tri, réalisé le 29 novembre 2011, a permis de repérer au sein des 6301 actes de la base 201 actes en français antérieurs à 1301 dont 39 antérieurs à 1280. Parmi ces derniers, cinq sont mal datés [11][11] Scripta, n° 2918, 3188, 3801, 3887, 5614. et dix ne sont que des traductions du xviie siècle d’actes rédigés en latin [12][12] Scripta, n° 2470, 3123, 3124, 3125, 3126, 3850, 4615,.... Au total, il ne reste donc que 24 actes bien datés, antérieurs à 1280, initialement rédigés en langue vulgaire [13][13] Les actes diplomatiques liés à rédaction du traité.... Le tableau ci-dessous montre que leur nombre n’augmente que très lentement, entre 1240 et 1280.

Fig. 1 - Proportion des actes en langue française dans la base ScriptaFig. 1
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Dans ce contexte, les actes en français de Gaucher de Châtillon des années 1246-1248 semblent très isolés.

Les auteurs des premiers actes en langue vulgaire : des familles originaires d’autres régions françaises (1246-1252)

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Parmi les trois chartes de Gaucher de Châtillon, comte de Mortain et seigneur de Domfront, de 1246 et 1248, deux seulement sont « normandes », puisque la première est datée de Paris, la deuxième de Domfront et la troisième de Tinchebray [14][14] L. Delisle, Cartulaire normand de Philippe Auguste,.... La langue utilisée dans ces textes contient, selon Hans Goebl, des caractéristiques linguistiques propres à la Normandie, ou au moins aux régions de l’Ouest. L’utilisation de la langue vulgaire semble ici résulter d’un choix familial puisque la convention faite en 1236 entre Hugues de Châtillon et Mathilde de Boulogne à propos du mariage de Jeanne, fille de Mathilde et de Gaucher, fut aussi rédigée en français, de même que l’acte de Pierre, évêque de Meaux, qui notifia la même année cette convention [15][15] L. Delisle, Cartulaire normand…, op. cit., n° 1155,.... Or, les attaches normandes de Gaucher de Châtillon apparaissent somme toute limitées : neveu de Hugues de Châtillon, comte de Saint-Paul et de Blois, il épousa Jeanne de Boulogne, fille de Philippe Hurepel (lui-même fils de Philippe Auguste), et c’est ainsi qu’il reçut le comté de Mortain et le château de Domfront [16][16] L. Delisle, « Recherches sur les comtes de Danmartin....

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Les plus anciens actes « normands » en français sont souvent le fait de familles étrangères à la région, ou arrivées de fraîche date. Originaire d’une puissante famille de la région de Mantes, Guy Mauvoisin, par exemple, fit don en 1252 au prieuré de Val-Guyon d’une rente annuelle de 20 livres tournois « assis et a recevoir a l’eschaquier de St Michiel a Rohen sus les deniers que je tienz de monsegnor le roi de France » [17][17] « Je Guis Mauvesoins fais savoir a tos ceus qui ces.... Bienfaiteur de l’abbaye de Mondaye, dans le Bessin, où son épouse Julienne de Tillières fut inhumée [18][18] M. Thébault, « Le "premier cartulaire" de l’abbaye..., il fonda le prieuré de Val-Guyon, une dépendance de l’abbaye prémontrée normande de Bellozanne, à Fréneuse dans le Vexin français [19][19] C.-L. Hugo, Sacri et canonici ordinis praemonstratensis.... Or c’est Philippe Auguste qui avait fait des oncles de Guy Mauvoisin de puissants relais de son autorité, autour de Nonancourt et de Saint-André [20][20] D. Power, The Norman Frontier in the twelfth and early.... Parmi les plus anciens actes normands en langue vulgaire, on trouve encore une charte d’Eudes, fils du duc de Bourgogne, du 8 juin 1258 [21][21] L. Delisle, Cartulaire normand…, op. cit., n° 599,..., ainsi qu’un testament de Jeanne de Fougères, rédigé en 1269 [22][22] Testament de Jeanne de Fougères, comtesse de La Marche.... Pour le dire clairement, beaucoup des premiers actes en langue vulgaire sont issus de chancelleries laïques qui ne sont pas à proprement parler « normandes ».

L’offensive seigneuriale en faveur de la langue française dans la décennie 1250

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De nombreuses études mettent en avant le rôle des autorités municipales dans la diffusion de la langue vulgaire. À Douai, Tournai ou Metz, les actes les plus anciens proviennent essentiellement des échevinages urbains [23][23] L. Carolus-Barré, « L’apparition de la langue française.... En Normandie, les villes dotées d’institutions municipales ayant produit et conservé des actes avant 1280 sont rares, et il n’y a guère qu’à Rouen où l’on connaît une lettre rédigée en 1266 en français au nom du « mere et [des] citeiens de Roen (…) par l’acort de nostre sire Lois, par la grace de Dieu, rei des Franceis » [24][24] L. Delisle, Cartulaire normand…, op. cit., n° 721,.... Les institutions municipales ne semblent donc pas avoir joué un rôle essentiel dans la diffusion d’actes en langue vulgaire. Leurs sceaux sont d’ailleurs généralement en latin, comme c’est le cas de ceux de la commune et du maire de Rouen au xiiie siècle, et encore au siècle suivant [25][25] G. Demay, Inventaire des sceaux de la Normandie recueillis....

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L’initiative semble surtout relever de l’autorité seigneuriale – laïque, mais également parfois ecclésiastique – qui utilisa la langue française pour la rédaction de conventions. Ces décisions de justice s’apparentent à des notices de plaids construites sur le modèle de celles des baillis royaux, comme en témoigne l’acte rédigé en janvier 1260 au nom du bailli de Pont-Audemer pour mettre fin à un différend entre l’abbaye de Jumièges et la communauté de Quillebeuf-sur-Seine [26][26] Cet accord, conclu devant les assises de Pont-Audemer.... Trois notices en français de ce type ont pu être identifiées. La première scelle, en 1254, un accord entre l’abbé de Lyre et le seigneur de Bois-Anzeray qui commence par la formule suivante : « Sachiez vos toz, comme contenz fust entre … » [27][27] Arch. dép. Eure, H476. Acte publié dans M. Arnoux,..., peu éloignée de celle qui ouvre un acte de Guillaume Crespin de 1256 qui évoque instantanément les lettres de baillie :

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« Je, Guillaume dit Crespin, seignor de Dangu, faz savoir a touz ceus qui cez lettres verront que comme matire de contention fust nee entre moi, d’une part, et religieus homes freres de la chevalerie deu Temple d’autre », etc. (cet acte est publié en annexe).

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Celle dont usent les abbés de Jumièges et de Grestain en 1259 apparaît encore plus proche de la première :

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« Sachés que comme contention et desbat fut entre les religieux, abbé et couvent de Jumièges, d’une part, et nous abbé et couvent de Grestain, d’autre » [28][28] Il s’agit d’une convention qui concerne des droits....

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Ces trois notices peuvent également être rapprochées de celle qui fut rédigée à l’occasion d’une transaction entre le prieur de Sauceuse et les hommes de Vernon et qui débute ainsi : « C’est la forme de la pes au prieur de Sauceuse et aus homes de Vernon » [29][29] L. Delisle, Cartulaire normand…, op. cit., n° 490,.... Enfin, le célèbre registre d’Eudes Rigaud contient le texte d’une convention rédigée « in gallico », en février 1265, par l’archevêque de Rouen pour deux bourgeois de Dieppe, qui débute par : « Comme contens fust entre Guilliaume de Sauqueville et Thomas le Meunier… » [30][30] T. Bonnin, Registrum visitationum archiepiscopi Rothomagensis…,.... Tous ces textes obéissent à des formulaires élaborés en français, preuve que cette langue était alors fréquemment utilisée dans les documents des justices seigneuriales laïques et ecclésiastiques.

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D’autres documents juridiques sont couramment rédigés en français : testaments, contrats de mariage [31][31] C. Bréard, Cartulaires de Saint-Ymer en Auge et Bricquebec,..., et partages successoraux [32][32] Comme celui qui fut rédigé en 1275 entre Robert Bertran,.... Ces documents nous sont parvenus en petit nombre, puisque, à la différence des chartes en latin, ils n’avaient pas de raison d’être conservés sur plusieurs décennies. Parmi les rares aveux qu’on a gardés de cette époque, celui que Guillaume Crespin envoya le 19 avril 1256 à l’archevêque de Rouen pour les biens qu’il tenait de lui dans le Vexin normand était rédigé en langue vulgaire [33][33] T. Bonnin, Registrum visitationum archiepiscopi Rothomagensis…,..., et il n’est pas impossible de penser qu’il s’agit là d’une pratique déjà bien installée. Les très nombreux aveux compilés dans le terrier du prieuré de Saint-Vigor-le-Grand, rédigé vers 1292, sont en tout cas presque tous en français [34][34] M.-T. Morlet, « Le terrier du prieuré de Saint-Vigor-le-Grand,....

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Les plus anciens documents de gestion seigneuriale qui nous sont parvenus émanent presque tous de seigneuries ecclésiastiques, probablement plus enclines à conserver l’usage du latin. En dehors de la grande enquête effectuée sur l’état du domaine royal dans le bailliage de Rouen, rédigée en français peu après 1260 [35][35] J. R. Strayer, The royal Domain in the bailliage of..., on conserve un cueilloir pour la Ferté-en-Bray de 1282 [36][36] Aujourd’hui La Ferté-Saint-Samson, Seine-Maritime,... et un censier pour Fontaine-Étoupefour de 1285, rédigés l’un et l’autre en langue vulgaire [37][37] L. Musset, « La terre de Fontaine-Etoupefour au xiiie....

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Le recours au français dans les chartes demeure cependant plus limité, mais là encore la documentation conservée n’est peut-être pas représentative de l’ensemble de la production écrite. Des actes en français ont ainsi été rédigés par Gilbert des Essarts pour le chapitre cathédral de Rouen, en 1267, ainsi que pour plusieurs établissements de l’Eure dans la décennie suivante [38][38] A. Le Prevost, Mémoires et notes…, op. cit., t. I,.... De même, le cartulaire de la seigneurie de Fontenay-le-Marmion, compilé vers 1328, contient plusieurs actes en français dont le plus ancien est daté de 1278 [39][39] G. Saige, Cartulaire de la seigneurie de Fontenay le....

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L’offensive seigneuriale en faveur de la langue vulgaire est cependant perceptible beaucoup plus tôt à travers les légendes de sceaux et les épitaphes. Dès 1206, de modestes personnages comme Gauthier et Guillaume le Meunier décident de ne plus traduire en latin, sur leur sceau, leur patronyme [40][40] + S’ WALTERI. LE MVONNER, ibid., n° 1264, p. 130 ;.... En 1212, les sceaux de Jeanne Bouet [41][41] + S’ IOANE. BOET., ibid., n° 715, p. 77. et de Robert de la Chaussée sont entièrement rédigés en langue vulgaire [42][42] + S’ ROBERT : DE LA CAVCIE, ibid., n° 846, p. 90.. Les sceaux de Bélissent de Longpaon et de son fils, apposés sur un acte des années 1207-1218, sont eux aussi en français [43][43] + S’. BELISENT. DE LVNPAN et + S’. DVRANT. LA RAER...., de même que ceux de Mahieu de Longenare en 1235 [44][44] + S’ MAH..V DE LANGENARE, ibid., n° 1161, p. 120., d’Aubert Cavalier en 1236, et d’Alice la Londe en 1239 [45][45] + S’ AALIZ LA LONDE en 1239, ibid., n° 710, p. 77 ;.... Vers 1260, le passage du latin au français est déjà bien amorcé puisque, si le sceau de l’épouse de Roger le Camus, en 1257, porte la légende Sigillum Sebilie eius uxoris[46][46] + S’. SE[bi]LIE EIVS VX[oris], ibid., n° 800, p. 8..., celui de Jeanne, épouse de Guillaume l’Anglais, est en français dès 1260 : « + S’(cel) IOANE SA FAME » [47][47] Ibid., n° 630, p. 69.. Catherine Letouzey-Réty a récemment souligné l’importance de la pratique de l’écrit en langue vulgaire chez les moniales de la Trinité de Caen, notamment au sein de leur production mémorielle [48][48] C. Letouzey-Réty, Écrit et gestion du temporel dans.... Toutefois, ces dernières n’ont guère produit de chartes en français avant une date relativement tardive.

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Robert Favreau a souligné, dans l’avant-propos du tome 22 du Corpus des inscriptions de la France médiévale consacré à la Normandie, la fréquence de l’usage de la langue vulgaire « au moins pour les épitaphes des laïcs » du xiiie siècle [49][49] R. Favreau et J. Michaud, Corpus des inscriptions de.... De fait, les plus anciennes épitaphes connues en français remontent de façon certaine à l’année 1223 [50][50] Ibid., n° 72., et peut-être même aux années 1203/1204 [51][51] Ibid., n° 149 et 160. Autres exemples attestés en 1223/1230.... On rencontre également, dans la décennie 1260, des inscriptions en langue vulgaire sur des cloches et des vitraux [52][52] Ibid., n° 167 bis et 272.. Comment dès lors expliquer le fait que la langue vulgaire, utilisée largement depuis le début du xiiie siècle pour rédiger des légendes de sceaux et des épitaphes, tarda tant à s’imposer dans les chartes normandes ? Dès le début du xiiie siècle, la société normande a très largement recours à l’écrit, qu’il soit en latin ou en langue vulgaire. L’usage du sceau personnel y est si généralisé que l’on doit réfléchir, dès les années 1240, à de nouveaux procédés d’authentification des empreintes, bien avant que ne soient mises en place les premières juridictions gracieuses [53][53] C. Maneuvrier et M. Thébault, « À propos du cartulaire.... Vers le milieu de ce siècle, le réseau des petites écoles apparaît particulièrement dense [54][54] C. Maneuvrier, « Les enjeux autour de la nomination.... Or la province se caractérise également par la présence d’un très grand nombre de clercs qui peinent, bien souvent, à trouver un emploi [55][55] M. Arnoux, Des clercs au service de la réforme : études.... Pour l’Église, le maintien de l’usage du latin dans les chartes a donc pu être un moyen de conserver un temps le contrôle du marché de l’écrit, à un moment où une part de plus en plus importante de la population laïque accédait progressivement à la maîtrise de l’écrit en langue vulgaire [56][56] Sur cette notion de marché de l’écrit : I. Bretthauer,....


Annexe

1256, samedi 6 mai. Accord entre Guillaume Crespin et les templiers de Bourgoult au sujet des droits de pâture et de panage accordés par Robert Crespin (1256)

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Édition incomplète dans Auguste Le Prévost, Mémoires et notes de M. Auguste Le Prévost pour servir à l’histoire du département de l’Eure, recueillies et publiées par Léopold Delisle et Louis Passy, t. 2, Évreux, Imprimerie de A. Hérissey, 1864, p. 7.

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Indiqué dans A. Barabé, Recherches historiques sur le tabellionage royal principalement en Normandie, Rouen, H. Boissel, 1863, p. 259 et pl. VII p. 254.

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Je, Guillaume dit Crespin, seignor de Dangu, faz savoir a touz ceus qui cez lettres verront que comme matire de contention fust nee entre moi, d’une part, et religieus homes freres de la chevalerie deu Temple d’autre, de ce que les diz freres disoient que il lor lisoit es bois qui furent mon seignor Robert Crespin, oncle de mon père, envoier lor bestes meitenant aprés la quinte fuille, et que il devoient avoir pasturage et herbage, en ces bois et en toute la terre du devant dit Robert, a l’usage de lor bestes, et pasnage a l’usage de lor pors, quite et delivré, soulonc la teneur de l’otroiance et de la chartre monseignor Robert Crespin, oncle mon tres chier pere, monseignor Guill(aume) Crespin chevalier et le confermement d’iceli, à la parfin, c’est contens est apeisié entre moi et les diz frères par le conseil de bones genz en ceste maniere, c’est a savoir que les bestes des diz freres demoranz en la meson du Temple a Burgout et tant comme il avendra que les diz freres en auront en illeuques, auront desore en avant pasturage et herbage en toz les devant diz bois tantost après le setiesme fueille, c’est a savoir après le setiesme an, et en toutes les terres, l’erbage et le pasturage, excepté les bois et les terres de Lysors et de Gisencort, et est a savoir que les diz freres ne porront desore en avant rien reclamer es bois et en la terre de Lysorz et de Gisencort qui furent monseignor Robert Crespin devant dit, en tele maniere que, se il auvnoit vente estre fete es diz bois, exceptez les bois de Lysors et de Gisencort, le terme establi a la delivrance de trois ans, et une partie du bois vendu soit delivree dedenz l’espace de la moitié des trois ans, le terme du setiesme an commencera des lors en cele partie que essera delivree et en l’autre partie de la vente, quant le terme des trois anz sera acompli, commencera le terme du setiesme an devant dit. Et se il avaient que je, ou mes oirs, ou autres qui aient cause de moi ou de mes oirz, feisson autre vente es diz bois, seulement esceptez les bois de Lysorz et de Gisencort l’espace de set anz nemie accompli, les bestes des dix frères porront aller et avoir lor usage pleinement et franchement de devant les talleurs du bois de la vente et noant moins en l’autre bois de la vente devant dite lespace de uit anz aempli après. Por ceste présente ordenance et por le salu de m’ame et de mes ancessours, je quit aus diz freres et reles a tous jorz le paage d’eus et de lor choses propres a lor propre usage de mon travers de Seint-Cler, et weil et otroi que eus et lor biens a lor propre usage aient franc trespas des ore en avant eu dit travers sanz exaction de paage ou d’autre coustume quele que ele soit, et weil en sorque tout et otroi les devanz diz freres aient des ore en avant franchement et quitement pasnage es diz bois qui furent le devant dit Robert, exceptez solement les bois de Lysorz et de Gisencort, a lusage de lor pors de la meson du Temple de Burgout. Je weil enseur que tout et octroi que l’otroiance et le don et le confermement fet a icez freres de mes anteseurs devant dix aient pleine fermeté de force en touz les autres articles contenuz en lor lettres, exceptees les choses qui sunt devant exceptees et sauve ceste presente ordenance. En testmoing de la queul chose je, le dit Guillaume Crespin ai mis au present escrit le garnissement de mon seel. Et ce fu fet en l’an de grace.M. CC. et LVI, en jor de samedi apres l’invention Seinte Croiz, en meis de mai.

1259, 25 juin [57][57] Nous remercions Caroline Bride qui, après avoir signalé...

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Jeanne de Mortemer donne à l’abbé et à l’abbaye du Valasse une rente annuelle de quarante sous pour célébrer son anniversaire et celui de son époux, à prendre sur ses rentes du Bec de Mortemer à la sainte-croix en septembre.

22

Original parchemin : Arch. dép. Seine-Maritime, 18 HP 5, abbaye du Valasse.

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Acte autrefois scellé de deux sceaux sur double queue de parchemin. Ne subsiste que le sceau sur cire marron de Jeanne de Mortemer, moulé par Germain Demay (Normandie, 216) et figuré par Alexandre Barabé.

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Édition fautive de A. Barabé, Recherches historiques sur le tabellionage royal principalement en Normandie, Rouen, H. Boissel, 1863, p. 259 et pl. VII p. 254.

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Sachent touz ceus qui ces lestres verront et orront que je, Johenne Demme du Bec de Mortemer, femme mon segneur Guillaume Crespin, par l’octroi du devant dit Guillaume et par sa volenté ai lesié et donné a l’abbé et au couvent du Val Ace xl souz de turnois de rente a pitance au moignes pour fere chacun an mon anniversare et l’anniversare mon segneur après son deces, et voulon et otroion que les devanz diz xl souz soient pris chacun an sus nos rentes du devant dit Bec de Mortemer, a la feste sainte Croiz en septembre. Et se les devanz diz xl sous n’estoient paiez au terme devant nommé, nous voulons et otroions que le devant dit abbé et touz ceus qui après li seront puissent fere justice sus nos hommes du devant dit Bec de Mortemer jusques a tant que les devanz xl souz soient paiez. Et que ce soit ferme et estable, je Johenne et mon segneur, a la requeste de moi, avon confermé cest present escrit de nos sceaus. Ce fut fet en l’an de grace mil cc l et ix, en mois de juin, au landemain de la feste saint Johen Baptiste.

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Au dos, en bas près des attaches des sceaux, on voit à gauche un D et à droite une croix. Sous la croix, d’une autre écriture du xiiie siècle : apud le bec de Mortemmer.

Notes

[*]

Maître de conférences en histoire médiévale, Centre Michel de Boüard - craham, umr 6273, Ouen - mrsh, université de Caen Basse-Normandie, F 14032 Caen.

[1]

La très récente mise au point sur la question de Paul Videscott nous dispense d’y revenir : P. Videscott, « À propos du plus ancien document en français de la chancellerie royale capétienne (1241) », Bibliothèque de l’École des chartes, t. 168, 2010, p. 61-81.

[2]

P. Meyer, « Observations grammaticales sur quelques chartes fausses en langue vulgaire », Bibliothèque de l’École des chartes, 1862, t. 23, p. 125-138 ; M.-D. Glessgen, « La terre Lorraine, les puissants et les hommes : la plus ancienne charte française du scriptorium épiscopal de Toul (1237) », Bibliothèque de l’École des chartes, t. 168, 2010, p. 25-46 ; M. Natalis de Wailly, « Recueil de chartes originales de Joinville en langue vulgaire », Bibliothèque de l’École des chartes, 1867, t. 28, p. 557-608 ; M. Natalis de Wailly, « Recueil de chartes en langue vulgaire provenant des archives de la collégiale de Saint-Pierre d’Aire », Bibliothèque de l’École des chartes, 1870, t. 31, p. 261-302 ; Louis Carolus-BarréLes plus anciennes chartes en langue française : Problèmes généraux et recueil des pièces originales conservées aux archives de l’Oise : 1241-1286, Paris, Klincksieck, 1964, vol. 1 ; D. Coq, « Deux chartes originales en français de la Picardie orientale (1260, avril ; 1267, juillet ?) », Bibliothèque de l’École des chartes, 1984, t. 142, p. 313-316 ; P. Videscott, « À propos du plus ancien document en français… », op. cit., p. 61.

[3]

H. Goebl, Die normandische Urkundensprache. Ein Beitrag zur Kenntnis der nordfranzösischen Urkundensprachen des Mittelalters, Vienne/Cologne/Graz, Hermann Böhlaus Nachf, 1970, 343 p. Voir également le compte rendu de cet ouvrage par R. Lepelley, « Bulletin critique », Annales de Normandie, 21e année, n° 2, juin 1971, p. 158-162.

[4]

A.-L. Léchaudé d’Anisy, « Extraits des chartes et autres actes normands ou anglo-normands qui se trouvent dans les archives du Calvados », Mémoires de la Société des Antiquaires de Normandie, t. VII, 1834, p. 12.

[5]

A. Barabé, Recherches historiques sur le tabellionage royal, principalement en Normandie, Rouen, Boissel, 1863, p. 313 et 309 ; ibid., p. 80) ; T. Bonin, Cartulaire de Louviers. Documents historiques originaux du xe au xviiie siècle, la plupart inédits, extraits des chroniques et des manuscrits des bibliothèques et des archives publiques de la France et de l’Angleterre, ?vreux, Herissey, t. I, 1870, n° CCLX, p. 303-305

[6]

T. Bonin, Cartulaire de Louviers.., op. cit., p. 305. Autre édition dans T. Bonin, Registrum visitationum archiepiscopi Rotomagensis. Journal des visites pastorales d’Eude Rigaud, archevêque de Rouen (1248-1269), Rouen, Le Brument, 1852, p. 244.

[7]

A. Le Prevost, Mémoires et notes de M. Auguste Le Prévost pour servir à l’histoire du département de l’Eure recueillis et édités par L. Delisle et L. Passy, t. 2, Évreux, A. Hérissey, 1864, p. 7. L’acte de Jeanne de Mortemer est ici publié en annexe.

[8]

P. Le Cacheux, « L’établissement des frères Prêcheurs à Coutances et les plus anciennes chartes françaises de Normandie », Revue Catholique de Normandie, 10e année, 1900, p. 136-144.

[9]

La plus ancienne attestation d’une lettre de baillie, en Normandie, remonte à 1272, mais elles sont encore très peu nombreuses jusque vers 1280. Voir I. Bretthauer, Des hommes, des écrits, des pratiques. Systèmes de production et marchés de l’acte écrit aux confins de la Normandie et du Maine à la fin du Moyen Âge, Thèse de doctorat en Histoire médiévale sous la direction de M. Arnoux, 2011, p. 152-167 ; M. Arnoux, « Moulins seigneuriaux et banalité des moulins dans la Normandie médiévale. Documents et hypothèses », Bulletin de la Société des Antiquaires de Normandie, t. LXVII, année 2008, p. 178. Dans cet article, l’auteur publie un accord entre l’abbé de Lyre et le seigneur de Bois-Anzeray sur l’usage des moulins de la Risle daté de janvier 1255.

[10]

La base de données Scripta (Site Caennais de Recherche Informatique et de Publication des Textes Anciens ; P. Bauduin (resp.), Centre Michel de Boüard - craham, umr 6273, Univ. Caen, CNRS) est une base de données en ligne des actes de la Normandie médiévale, principalement des xe-xiiie siècles. P . Bauduin, « La base de données scripta, Tinchebray et l’histoire anglo-normande », dans Tinchebray 1106-2006, dans V. Gazeau et J. Green (éd.), Actes du colloque de Tinchebray (28-30 septembre 2006), Flers, Le Pays Bas-Normand, n° 271-272, 2009, p. 157-166.

[11]

Scripta, n° 2918, 3188, 3801, 3887, 5614.

[12]

Scripta, n° 2470, 3123, 3124, 3125, 3126, 3850, 4615, 5038, 5070, 5153.

[13]

Les actes diplomatiques liés à rédaction du traité de Paris de 1259 n’ont pas été retenus car ils ne sont pas spécifiquement normands.

[14]

L. Delisle, Cartulaire normand de Philippe Auguste, Louis VIII, Saint-Louis et Philippe le Hardi, dans Mémoires de la Société des Antiquaires de Normandie, t. XVI, 1852, n° 878, p. 208, n° 1174, p. 321 ; P. Le Cacheux, « L’établissement des frères Prêcheurs à Coutances… », op. cit., n° 1, n° 2 et n° 4, p. 142-144.

[15]

L. Delisle, Cartulaire normand…, op. cit., n° 1155, p. 316.

[16]

L. Delisle, « Recherches sur les comtes de Danmartin au xiiie siècle », Mémoires de la Société Impériale des Antiquaires de France, 4e série, t. I, 1869, p. 219-220.

[17]

« Je Guis Mauvesoins fais savoir a tos ceus qui ces lettres verront que je fais a Nostre Dame dou Val Guion en pure et perpetuel aumosne pour le salu de m’ame xx liv. de tournois de rente chascun an a establir un moine leans plus qu’il ne n’i a, qui chantera pour l’ame de moi, assis et a recevoir a l’eschaquier de St Michiel a Rohen sus les deniers que je tienz de monsegnor le roi de France. Et que ce soit ferme et estable, j’ai ces lettres saellees du garnissement de mon sael. Ce fu fait en l’an de l’Incarnation de N. S. J. C. MCCLII ». J. Depoin, Cartulaire de l’abbaye de Saint-Martin de Pontoise, Publications de la Société historique du Vexin, fasc. 3, Pontoise, 1901, p. 268, note 111.

[18]

M. Thébault, « Le "premier cartulaire" de l’abbaye de Mondaye », Annales de Normandie, 61e année, n° 1, janvier-juin 2011, p. 30 et 34.

[19]

C.-L. Hugo, Sacri et canonici ordinis praemonstratensis annales, Nancy, Cusson, 1734-1736, vol. II, ad probas, col. ccxxxv.

[20]

D. Power, The Norman Frontier in the twelfth and early thirteenth centuries, Cambridge, Cambridge University Press, 2004, p. 254-255. Guy Mauvoisin figure également parmi les bienfaiteurs de l’abbaye prémontrée de Mondaye. M. Thébault, « Le "premier cartulaire"… », op. cit., p. 30.

[21]

L. Delisle, Cartulaire normand…, op. cit., n° 599, p. 111-112.

[22]

Testament de Jeanne de Fougères, comtesse de La Marche et d’Angoulême, dans lequel elle manifeste ses dernières volontés de faire des donations à l’abbaye de Savigny où elle choisit sa sépulture, ainsi qu’aux religieuses de l’abbaye Blanche de Mortain publié dans L. Delisle, Cartulaire normand…, op. cit., n° 740, p. 165.

[23]

L. Carolus-Barré, « L’apparition de la langue française dans les actes de l’administration royale », Comptes-rendus des séances de l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, 120e année, n° 1, 1976. p. 148-155.

[24]

L. Delisle, Cartulaire normand…, op. cit., n° 721, p. 159-160.

[25]

G. Demay, Inventaire des sceaux de la Normandie recueillis dans les dépôts d’archives, musées et collections particulières des départements de la Seine-Inférieure, du Calvados, de la Manche et de l’Orne, Paris, imp. nationale, 1881, n° 1647, 1648 et 1649.

[26]

Cet accord, conclu devant les assises de Pont-Audemer par le bailli de Rouen, est publié dans : A. Le Prévost, Mémoires et notes…, op. cit., t. 3, 1869, p. 4-5.

[27]

Arch. dép. Eure, H476. Acte publié dans M. Arnoux, « Moulins seigneuriaux et banalité des moulins », op. cit., p. 188-189.

[28]

Il s’agit d’une convention qui concerne des droits de coutume sur la Seine. BnF, ms. lat. 12778, fol. 246. Acte édité par C. Bréard, L’abbaye de Notre-Dame de Grestain de l’ordre de Saint-Benoît à l’ancien diocèse de Lisieux, Rouen, A. Lestringant, 1904, n° XV, p. 218-220.

[29]

L. Delisle, Cartulaire normand…, op. cit., n° 490, p. 83. Voir également une autre convention, mettant par écrit vers 1250 (l’acte n’est pas daté) les résultats d’une enquête menée sur les droits des hommes de Boisset dans ibid, n° 491, p. 83-84.

[30]

T. Bonnin, Registrum visitationum archiepiscopi Rothomagensis…, op . cit., p. 507-508.

[31]

C. Bréard, Cartulaires de Saint-Ymer en Auge et Bricquebec, publiés avec notices, Rouen-Paris, Lestringant-Picard, 1908, n° 36, p. 226.

[32]

Comme celui qui fut rédigé en 1275 entre Robert Bertran, seigneur de Briquebec, et son frère Guillaume : G. Saige, Cartulaire de la seigneurie de Fontenay-le-Marmion, Monaco, Imprimerie de Monaco, 1895, appendice, n° 3, p. 177-179.

[33]

T. Bonnin, Registrum visitationum archiepiscopi Rothomagensis…, op. cit., p. 244.

[34]

M.-T. Morlet, « Le terrier du prieuré de Saint-Vigor-le-Grand, étude philologique et onomastique », Questions d’histoire et de dialectologie normande, Actes du 105e congrès national des Sociétés savantes, Caen 1980, Section de philologie et d’histoire jusqu’à 1610, t. 2, Paris, CTHS, 1984, p. 45-91.

[35]

J. R. Strayer, The royal Domain in the bailliage of Rouen, Princeton, Princeton University Press, 1936.

[36]

Aujourd’hui La Ferté-Saint-Samson, Seine-Maritime, canton de Forges-les-Eaux. Arch. dép. Seine-Maritime, 61 BPO 8. Présentation et photographie dans V. Maroteaux (dir.), 12 siècles d’histoire aux Archives de Seine-Maritime, Rouen, éditions Point de vues, 2008, p. 15-16.

[37]

L. Musset, « La terre de Fontaine-Etoupefour au xiiie siècle. Notules d’histoire féodale », Bulletin de la Société des Antiquaires de Normandie, t. LIX, années 1967-1989 (I), p. 259-267. Le texte du censier fut ensuite édité par Lucien Musset dans le Bulletin de la Société des Antiquaires de Normandie, t. LX, années 1967-1989 (II), p. 61-65.

[38]

A. Le Prevost, Mémoires et notes…, op. cit., t. I, p. 52-54.

[39]

G. Saige, Cartulaire de la seigneurie de Fontenay le Marmion…, op. cit.

[40]

+ S’ WALTERI. LE MVONNER, ibid., n° 1264, p. 130 ; + S’ WILL(el)MI. LE : MVONNER, Ibid., n° 1265, p. 130.

[41]

+ S’ IOANE. BOET., ibid., n° 715, p. 77.

[42]

+ S’ ROBERT : DE LA CAVCIE, ibid., n° 846, p. 90.

[43]

+ S’. BELISENT. DE LVNPAN et + S’. DVRANT. LA RAER. DE LVNPAN. G., ibid., n° 1183 et 1184.

[44]

+ S’ MAH..V DE LANGENARE, ibid., n° 1161, p. 120.

[45]

+ S’ AALIZ LA LONDE en 1239, ibid., n° 710, p. 77 ; S’ AVBER CAV(al)EIR, en 1236, ibid., n° 820, p. 88.

[46]

+ S’. SE[bi]LIE EIVS VX[oris], ibid., n° 800, p. 86.

[47]

Ibid., n° 630, p. 69.

[48]

C. Letouzey-Réty, Écrit et gestion du temporel dans une grande abbaye de femmes anglo-normande : la Sainte-Trinité de Caen (xie-xiiie siècle), Thèse de doctorat effectuée sous la direction de Laurent Feller (université de Paris I) et de David Bates (université d’East Anglia à Norwich), 2011, t. I, p. 194-197.

[49]

R. Favreau et J. Michaud, Corpus des inscriptions de la France médiévale, t. 22, Calvados, Eure, Manche, Orne, Seine-Maritime, Paris, CNRS-Édition, 2002, p. 7.

[50]

Ibid., n° 72.

[51]

Ibid., n° 149 et 160. Autres exemples attestés en 1223/1230 (n° 86) ; 1231 (n° 19 et 41) ; 1237 (n° 220). Sur l’usage de la langue vulgaire dans les épitaphes, voir également C. Maneuvrier, « Se distinguer au-delà du trépas : le choix d’une sépulture dans la Normandie des xiiie et xive siècles », dans L. Jean-Marie et C. Maneuvrier (dir.), Distinction et supériorité sociale (Moyen Âge et époque moderne), Actes du colloque de Cerisy-la-Salle, 27-30 septembre 2007, Caen, Publications du CRAHAM, 2010.

[52]

Ibid., n° 167 bis et 272.

[53]

C. Maneuvrier et M. Thébault, « À propos du cartulaire de Mondaye : les dépôts de sceaux de référence dans les établissements religieux normands au xiiie siècle », Annales de Normandie, n° 1, 2011, p. 171-176.

[54]

C. Maneuvrier, « Les enjeux autour de la nomination d’un maître d’école (1411-1412) », Histoire et Sociétés Rurales, n° 31, 1er semestre 2009, p. 127-140.

[55]

M. Arnoux, Des clercs au service de la réforme : études et documents sur les chanoines réguliers de la province de Rouen, Turnhout, Brepols, 2000 ; I. Bretthauer, Des hommes, des écrits, des pratiques…, op. cit., p. 504-506

[56]

Sur cette notion de marché de l’écrit : I. Bretthauer, Des hommes, des écrits, des pratiques…, op. cit., p. 337-430. Les comptes royaux montrent qu’en Normandie, dès 1274, les sceaux des juridictions gracieuses étaient mis en ferme, et ceux des lettres l’étaient aussi en 1302, ibid., p. 340-342.

[57]

Nous remercions Caroline Bride qui, après avoir signalé cet acte dans son mémoire de master (C. Bride, Les Crespin : seigneurs sur les marches de la Normandie (1025-1310), mémoire de master réalisé sous la direction de P. Bauduin, Université de Caen, 2010, p. 135) nous a transmis ses clichés numériques.

Résumé

Français

La langue française fut peu employée dans les chartes normandes avant la fin des années 1270 et l’apparition des lettres de baillie, en dehors de quelques familles aristocratiques originaires d’autres régions du royaume. Pourtant, dès le début du xiiie siècle, elle est fréquemment utilisée pour rédiger des épitaphes et des légendes de sceaux, puis dans la décennie 1250, pour l’élaboration de conventions juridiques par des autorités seigneuriales.

Mots clés

  • Normandie
  • langue vulgaire
  • charte
  • pouvoir seigneurial

English

Reflections on the first uses of French in 13th century Norman chartersFrench was rarely used in Norman charters and commissions of bailiffs before the 1270s, apart from a few noble families from other parts of the kingdom. Yet, French was often used for epitaphs and seals and, after the 1250s, for legal dispositions by manorial authorities.

Keywords

  • Normandy
  • common language
  • charters
  • manorial authority

Plan de l'article

  1. L’apparition tardive de la langue vulgaire dans les chartes normandes
  2. Les auteurs des premiers actes en langue vulgaire : des familles originaires d’autres régions françaises (1246-1252)
  3. L’offensive seigneuriale en faveur de la langue française dans la décennie 1250

Pour citer cet article

Maneuvrier Christophe, « Remarques sur les premiers usages du français dans les chartes normandes du xiiie siècle », Annales de Normandie, 2/2012 (62e année), p. 55-65.

URL : http://www.cairn.info/revue-annales-de-normandie-2012-2-page-55.htm
DOI : 10.3917/annor.622.0055


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