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Annales de Normandie

2012/2 (62e année)


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Le nom de Turgot ne prête pas à équivoque : il est d’origine norroise. Beaucoup de Normands portent encore aujourd’hui des noms de famille dérivés du norrois. Les patronymes n’ont été stabilisés que vers le xve siècle en Normandie et, pendant les quatre ou cinq cents ans qui précédèrent, on a continué à donner des noms scandinaves. Curieusement, ils se sont conservés ensuite sous forme de patronymes, mais ont disparu en tant que prénoms (dont les derniers attestés, Toustain et Anquetil, remontent au début du xvie siècle).

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À l’instar de Turgot (Þorgautr), une poignée d’entre eux ne fait aucun doute quant à leur origine norroise :

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Anfrie, Anfrey (Ásfriðr), Anquetil (Ásketill), Aumond, Esmond, Osmond (Ásmundr), Auzouf, Ozouf (Ásúlfr), Hastain (Hásteinn), Havard (Hávarðr), Inguier (Ingvarr), Quetel, Quétil, Quetier (Ketill), Thouroude, Troude (Þorvaldr), Torchetil, Turquetil (Þorketill), Tostain, Toutain, Toustain (Þorsteinn), Tougard (Þorgarðr), Turgis, Tourgis (Þorgils), Turmod (Þormóðr), Turquier, Turquet (Þorkell) Turrou (Þorúlfr), Yver, Yvard (Ívarr).

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Or étant donné que les anthroponymes francs et scandinaves peuvent présenter une grande similitude, il est impossible, dans bien des cas, d’opter pour l’une ou l’autre origine. Par exemple, Angot vient soit du norrois Ásgautr, soit du franc Ansgaud ; ou Burnouf soit de Björnúlfr, soit de Bernulf.

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Il existe en outre quelques patronymes issus de surnoms, tels que Le Vauman, du norrois hvalmaðr (baleinier), Dodeman, de dauðamaðr (condamné à mort), ou Guineman ou Vineman, de vinnumaðr (ouvrier agricole).

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Les anciens Scandinaves ont forgé bon nombre de leurs anthroponymes sur le nom du dieu Þórr (Thor), féminins comme Þórdís, Þorbjörg, Þórhildr, Þórunn, masculins comme Þórólfr, Þorfinnr, Þorgeirr, Þórarinn, Þorkell, Þorgrímr, Þorsteinn, et bien d’autres parmi lesquels Þorgautr, dont la forme francisée en Normandie sera Turgot [1][1] C’est ainsi, en effet, que la population de langue.... Le second élément, gautr, est un heiti (sorte de synonyme poétique utilisé par les scaldes) pour Óðinn (Odin), avec probablement le sens de « père ».

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Cet anthroponyme associe donc deux grands dieux de l’époque viking : Thor, le plus populaire, courageux et bon vivant, qui possède une arme redoutable, un marteau forgé par des nains, et dont la principale fonction est de défendre le monde contre les forces du chaos. Et Odin, le maître des dieux, au pouvoir immense, mais une figure étrange et insondable, incarnant une puissance spirituelle à la fois fascinante et ambiguë.

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D’ailleurs Condorcet lui-même ne s’y trompe pas lorsqu’il écrit, en 1786, à propos d’Anne-Robert Turgot : « Son nom signifie le Dieu Thor dans la langue de ces conquérants du Nord, qui ravagèrent nos provinces pendant la décadence de la race de Champagne » [2][2] N. de Condorcet, Vie de Monsieur Turgot, Londres, 1786,....

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C’est donc tout naturellement du côté des Vikings qu’il faut tenter de retrouver l’ascendance du Contrôleur général des finances de Louis XVI.

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« Les Turgot étaient véritablement Normands au sens étymologique du mot ». C’est ainsi qu’en 1894, Étienne Dubois de l’Estang présente les ancêtres d’Anne-Robert Turgot [3][3] É. Dubois de l’Estang, Turgot et la famille Royale,.... Et il ajoute :

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« Comme Rollon et ses compagnons, ils étaient probablement de race scandinave et, quand ils vinrent s’établir en Bretagne, puis en Normandie, à l’époque des Croisades, ils arrivaient d’Écosse où ils étaient fixés depuis plusieurs siècles. Leur nom même paraît révéler leur origine septentrionale ».

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Un siècle plus tôt, en 1792, Pierre Samuel Du Pont de Nemours écrivait, dans l’ouvrage qu’il a consacré à Turgot [4][4] P.-S. Du Pont de Nemours, Mémoires sur la vie et les... :

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« Sa famille est d’une très ancienne noblesse. Elle a toujours gardé son nom propre et n’a presque jamais pris celui de ses fiefs. Ce nom était illustre en Angleterre, dès le xie siècle. On trouve la branche fixée en France dans les premières listes que l’on connaît des Gentilshommes qui devaient service aux Ducs de Normandie ».

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Parmi les premiers Turgot attestés en Normandie, on trouve par exemple, en 1272, un certain Richard Turgot qui possédait un fief dans le baillage de Coutances [5][5] « Richardus Torgot, vel Tourgot, et ejus participes... et qui prit part à l’expédition punitive menée par le roi Philippe le Hardi contre le comte de Foix. Une charte de l’abbaye d’Aunay, fondée en 1131 dans le diocèse de Bayeux, mentionne, en 1282, la vente à l’abbaye par « Roger, dit Turgot », d’une rente de 12 sols manceaux, à prendre à Longvillers. Une autre indique que Raoul Gillebert, de Longvillers, « donne à Aunay le tènement de Guillaume Turgot, ainsi que les diverses redevances qu’il lui faisait » [6][6] Cités par A. Léchaudé d’Anisy, Extraits des chartes,....

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Mais c’est manifestement Jehan Turgot, seigneur de la Bionnière, l’ancêtre le plus éloigné connu du ministre de Louis XVI : son fils, Philippe Turgot, attaché à la personne du vicomte de Rohan, Olivier II, vint s’installer vers 1309 à Condé-sur-Noireau où il fonda, avec son épouse Laurence de la Pierre, l’Hôtel-Dieu.

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Tous les biographes d’Anne-Robert Turgot s’accordent sur cette fondation, mais ils diffèrent sur la date. Condorcet, par exemple, écrit sans autres précisions : « L’hôpital de Condé-sur-Noireau fut fondé en 1281 par un de ses ancêtres » [7][7] N. de Condorcet, Vie de Monsieur Turgot…, op. cit.,....

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Néanmoins il apparaît bien difficile d’apporter la preuve de cette tradition selon laquelle, à l’époque des croisades, un Turgot venu d’Écosse s’est installé en Normandie… où cet anthroponyme existait auparavant.

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Þorgautr (ou sa variante Þorgotr) est un nom ancien qui était surtout donné au Danemark, où il est à l’origine de quelques toponymes ayant l’appellatif þorp (qui décrit une ferme isolée) pour second élément : aujourd’hui Trustrup et Trustolpe, signifiant « la ferme de Þorgautr ». Les Vikings danois exportèrent l’usage de ce nom et celui-ci est attesté au Danelaw, aux xe et xie siècles, sous les formes Þurgod et Turgot notamment.

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En Normandie un certain Þorgautr, Viking danois ou descendant de Viking, a donné son nom à sa ferme : le toponyme est attesté vers 1208 sous la forme « Torgovilla » [8][8] L. Delisle, « Scripta de feodis ad regem spectantibus.... Les Vikings, francisés au bout d’une ou deux générations, ont beaucoup utilisé l’appellatif latin villa, désignant une ferme, et l’on compte par centaines en Normandie les noms en « ville » dont le premier élément est un anthroponyme scandinave. L’endroit en question s’appelle aujourd’hui Turgauville, c’est un lieu-dit situé sur la commune de Gonfreville-l’Orcher.

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Mais à supposer que la filiation « écossaise » soit la bonne, elle renverrait à Turgot, prieur de Durham puis évêque de Saint Andrews. La Biographie Universelle le décrit en ces termes :

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« Né en Écosse vers l’an 1045, il était d’une famille si ancienne qu’il comptait parmi ses aïeux Togut, roi danois, dont le règne remonte à une époque antérieure de mille ans à l’ère chrétienne. Saint Turgot, à la fois religieux et homme d’État, était abbé du monastère de Dunelm et premier ministre du roi Malcolm III. Les historiens louent sa capacité, sa modestie, son courage et son éloquence […] Il est mort évêque de Saint-André, en 1115, et a été canonisé » [9][9] Biographie Universelle, ancienne et moderne, rédigée....

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En réalité, tout ce que nous savons de la vie de Turgot avant qu’il ne devienne prieur de Durham (en 1087), se trouve dans les écrits de Siméon de Durham [10][10] T. Arnold (ed.), Symeonis monachi, Opera omnia, Rolls..., qui indique qu’il était né dans une famille assez distinguée de Lindsey, dans le Lincolnshire (donc en Angleterre, et non en Écosse). C’était manifestement un clerc anglo-saxon du Danelaw, dont le nom suggère évidemment une ascendance scandinave.

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Encore que les Turgot qu’on trouve tant au Danelaw qu’en Normandie aux xie, xiie et xiiie siècles, étant donné que la colonisation scandinave a commencé au ixe siècle, ne descendent pas forcément en droite ligne des Vikings. En effet, dans les deux cas, les colons danois s’intégrèrent rapidement dans la nouvelle communauté, à laquelle ils se fondirent en épousant des femmes indigènes. Et au Danelaw, les deux populations étaient d’autant plus proches l’une de l’autre que certaines régions occupées par les Danois avaient été conquises, quatre siècles auparavant, par les Angles qui venaient… du Danemark. Au milieu du xe siècle, l’assimilation culturelle était telle qu’il était devenu impossible de distinguer les populations d’origine scandinave de celles d’origine anglo-saxonne. Toutefois cette population du Danelaw se distinguait nettement de celle qui était restée sous la domination des rois du Wessex. Cette intense fusion a naturellement eu des répercussions jusque dans la mode des prénoms (dont seront issus ensuite les patronymes) : on pouvait s’appeler Turgot sans être d’ascendance danoise.

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Après la Conquête de l’Angleterre par le duc Guillaume en 1066, Turgot, toujours selon Siméon de Durham, fut gardé en otage par les Normands au château de Lincoln mais, soudoyant ses geôliers, il s’enfuit sur un bateau norvégien qui quittait Grimsby. En Norvège, il fut reçu à la cour du roi Óláfr kyrri (qui avait succédé à son père, Haraldr harðráði, en 1066), où il devint chapelain et oublia pour un temps son attrait pour la vie monacale. Lorsqu’il s’en retourna en Angleterre, il perdit tous ses biens au cours d’un naufrage, et entra au monastère de Jarrow (vers 1074) puis de Wearmouth (vers 1075). Ensuite, il fut de ceux qui fondèrent la communauté de Durham en 1083, dont il devint prieur en 1087. Avec l’évêque de Durham, en 1093, il posa la première pierre de la nouvelle cathédrale.

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Depuis qu’il était prieur de Durham, Turgot entretenait des rapports privilégiés avec la famille royale écossaise, le roi Malcolm, Margaret son épouse, d’origine anglo-saxonne, et leurs enfants, dont le futur roi Alexandre Ier. C’est d’ailleurs selon le vœu d’Alexandre Ier qu’il devint évêque de Saint-Andrews en 1109 [11][11] Voir J. Dowden, Bishops of Scotland, Glasgow, ed. J..... Ensuite il tomba malade et revint à Durham, où il mourut le 31 août 1115.

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Turgot est l’auteur d’une Vita[12][12] Vita Sanctae Margaretae Scotorum Reginae, dans J. Hodgson... de la reine Margaret, qu’il composa entre 1100 et 1107, et dédicaça à la fille de Margaret, Matilda (épouse du roi Henri Ier d’Angleterre), l’instigatrice de l’œuvre.

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La Biographie Universelle s’avère donc assez peu fiable en ce qui concerne ce Turgot britannique. Outre l’erreur de sa naissance, elle en fait un « homme d’État », « premier ministre du roi Malcolm III », ce qu’il n’a jamais été, et le présente comme saint Turgot, alors que c’est la reine Margaret qui a été canonisée. Le lointain ancêtre royal (« Togut ») qu’elle lui attribue n’a pas davantage raison d’être : il n’existe aucun roi de ce nom dans la dynastie danoise, même depuis le début des temps légendaires, telle que nous la connaissons grâce aux Gesta Danorum que rédige Saxo Grammaticus [13][13] J. Olrik et H. Ræder (éd.), Saxonis Gesta Danorum,... au tournant du xiie siècle.

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Mais que dire, en définitive, des origines scandinaves du Ministre de Louis XVI ? Si elles ne sont pas aussi évidentes que cherchent à le montrer certains biographes, elles demeurent des plus vraisemblables.

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On remarquera que la fuite du futur prieur de Durham vers la Norvège est un gage des liens réels qu’il devait avoir avec la Scandinavie, et que l’accueil qui lui fut réservé par le roi Óláfr kyrri et sa hirð montre l’estime qu’ils avaient pour lui, voire l’influence qu’il a pu exercer. L’Islandais Snorri Sturluson, ne décrit-il pas, vers 1230, dans sa Heimskringla, la cour d’Óláfr kyrri et les nouvelles formes de cérémonial d’inspiration étrangère que le roi y avait introduites [14][14] Snorri Sturluson, Óláfs saga kyrra, Heimskringla, B..... C’est exactement ce que Turgot dit aussi à propos de Margaret d’Écosse dans sa Vita.

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Il coulait sans doute encore du sang viking dans les veines du Ministre de Louis XVI. Qui plus est, si les Normands n’étaient plus de purs Vikings depuis belle lurette, leur tempérament s’est bel et bien forgé dans un duché de Normandie à la pointe du progrès, où les colons scandinaves apportèrent une dynamique et un esprit nouveau ; leur pragmatisme a abouti à l’un des traits de caractère les plus évidents des Normands : le sens du concret, du réel. La Normandie a d’ailleurs produit nombre de savants, que ce soit en médecine, en physique, en chimie, en botanique, en géographie, bref, dans le domaine des sciences appliquées. Les origines normandes de Turgot suffiraient à elles seules à éclairer son œuvre.

Notes

[*]

Professeur émérite de langues, littérature et civilisation scandinaves, université de Caen Basse-Normandie.

[1]

C’est ainsi, en effet, que la population de langue romane a perçu le phonétisme scandinave. Le son [o] est resté [o] ou a évolué vers [u], [au] vers [o]. Le [þ], prononcé comme le “th” anglais de thing, est devenu [t]. Le “r” du nominatif est tombé, et avec lui le son [t] final.

[2]

N. de Condorcet, Vie de Monsieur Turgot, Londres, 1786, p. 7.

[3]

É. Dubois de l’Estang, Turgot et la famille Royale, Association française pour l’Avancement des Sciences, Paris, 1894. Cité dans : G. Schelle, Œuvres de Turgot et documents le concernant. Avec biographie et notes, Paris, Librairie Félix Alcan, 1913, p. 9.

[4]

P.-S. Du Pont de Nemours, Mémoires sur la vie et les ouvrages de M. Turgot, Ministre d’État, Philadelphie, 1782, 1ère partie, p. 3.

[5]

« Richardus Torgot, vel Tourgot, et ejus participes per feodum integrum. » M. de Saint-Allais, Nobiliaire de Normandie, dans Nobiliaire universel de France ou Recueil général des généalogies historiques des maisons nobles de ce royaume, Paris, 1815, vol. 6, p. 276.

[6]

Cités par A. Léchaudé d’Anisy, Extraits des chartes, et autres actes normands ou anglo-normands, qui se trouvent dans les Archives du Calvados, Caen, 1834, vol. 1, p. 71 et 85.

[7]

N. de Condorcet, Vie de Monsieur Turgot…, op. cit., p. 4. Parmi les nombreux biographes de Turgot, mentionnons également Eugène Daire, dont la « Notice historique sur la vie et les ouvrages de Turgot » est placée en tête du premier volume des Œuvres de Turgot, Paris, 1844 ; J. Tissot, Turgot, sa vie, son administration, ses ouvrages, Paris, Librairie académique de Didier et Cie, 1862 ; et A. Mastier, Turgot, sa vie et sa doctrine, Paris, Guillaumin et Cie, 1862.

[8]

L. Delisle, « Scripta de feodis ad regem spectantibus et de militibus ad exercitum vocandis e Philippi Augusti registris excerpta », Recueil des historiens des Gaules et de la France, Paris, 1894, vol. 23, p. 641.

[9]

Biographie Universelle, ancienne et moderne, rédigée par une société de gens de lettres et de savants, Paris, Michaud frères, 1827, vol. 47, p. 61-62.

[10]

T. Arnold (ed.), Symeonis monachi, Opera omnia, Rolls series, 75, 2 volumes, Londres, 1882-1885. J. Stevenson (trad.), The Historical Works of Simeon of Durham, dans The Church Historians of England, Londres, 1855, vol. 3, 2e partie.

[11]

Voir J. Dowden, Bishops of Scotland, Glasgow, ed. J. Maitland Thomson, 1912, p. 1-3.

[12]

Vita Sanctae Margaretae Scotorum Reginae, dans J. Hodgson Hinde (éd.), Symeonis Dunelmensis Opera et Collectanea, Londres, Surtees Society, 1867, vol. 51, p. 234-54 ; W. Forbes-Leith (trad.), Life of St. Margaret, Queen of Scotland, by Turgot, Bishop of St Andrews, Edimbourg, 1884. Voir aussi L. L. Huneycutt, « The Idea of the Perfect Princess : The Life of St. Margaret in the Reign of Matilda II (1100-1118) », Anglo-Norman Studies, 1989, vol. 12, p. 81-97.

[13]

J. Olrik et H. Ræder (éd.), Saxonis Gesta Danorum, Copenhague, Levin & Munksgaard, 1931. Saxo Grammaticus, La Geste des Danois, J.-P. Troadec (trad.), Paris, Gallimard, 1995.

[14]

Snorri Sturluson, Óláfs saga kyrra, Heimskringla, B. Aðalbjarnarson (éd.), Reykjavík, Íslenzk Fornrit, 1961, vol. 28, p. 203-209. Voir à ce sujet l’article de B. Bandlien, « En engelsk rømling hos Olav kyrre, Middelalderforum, Oslo, 2004, n° 4-1, p. 33-79.

Résumé

Français

Certains patronymes normands proviennent de noms portés par les Vikings qui s’installèrent dans la future Normandie (ou par leurs descendants). Celui de « Turgot » en fait partie et correspond à l’anthroponyme norrois Þorgautr, forgé sur le nom du dieu Þórr. En dépit des erreurs manifestes que commettent les biographes d’Anne-Robert Turgot lorsqu’ils évoquent ses ancêtres, rien n’empêche de conclure que le Ministre de Louis XVI a très probablement de lointaines origines scandinaves.

Mots clés

  • Danelaw
  • Durham
  • Normandie
  • scandinave
  • Þorgautr
  • Vikings

English

The Scandinavian origins of Turgot, baron of the Aulne (1727-1781)Some Norman family names derive from those of the Vikings, or their descendants, who settled in Normandy. “Turgot” is amongst them and corresponds to the Norse Þorgautr derived from the name of the god Þórr. Despite the evident mistakes of many of Anne-Robert Turgot’s biographers in dealing with his ancestors, there is good reason to believe that Louis XVI’s minister probably had Scandinavian ancestry.

Keywords

  • Danelaw
  • Durham
  • Normandy
  • Scandinavia
  • Þorgautr
  • Vikings

Pour citer cet article

Renaud Jean, « Les origines scandinaves de Turgot, baron de l'Aulne (1727-1781) », Annales de Normandie, 2/2012 (62e année), p. 67-72.

URL : http://www.cairn.info/revue-annales-de-normandie-2012-2-page-67.htm
DOI : 10.3917/annor.622.0067


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