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Annales de Normandie

2013/2 (63e année)


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Les princes, lorsqu’ils couchaient par écrit leurs testaments, se préoccupaient d’assurer leur passage dans le royaume de Dieu en se faisant pardonner leurs fautes et en se conciliant les prières et faveurs de celles et ceux qui pourraient intercéder pour leur salut éternel [1][1] M. Gaude-Ferragu, « Les testaments princiers à la fin.... C’était aussi pour eux l’occasion de maintenir leur souvenir dans l’esprit des vivants et d’affirmer des prétentions politiques et dynastiques. Les testaments permettent donc aux historiens d’approcher la psychologie de leurs auteurs, de mieux les connaître et de pénétrer les différents cercles qu’étaient leur famille proche et élargie, leurs compagnons de fortune, leurs obligés, leurs serviteurs, etc. Ni les dispositions spirituelles ni le choix des bénéficiaires de dons ou de legs n’étaient, en effet, le fruit du hasard. Moins l’histoire de leurs auteurs a été linéaire, plus leurs testaments peuvent être riches d’enseignements.

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Ainsi en est-il de celui que rédigea en 1376 Charles II, comte d’Évreux et roi de Navarre (1332-1387). Faut-il présenter celui que l’historiographie française n’a cessé de faire passer comme puissance malfaisante [2][2] A. Plaisse, Charles le Mauvais, comte d’Évreux, roi... ? Charles de Navarre, très vite après avoir succédé à sa mère, décédée en 1349, dans le comté d’Évreux [3][3] Sur la principauté d’Évreux, voir P. Charon, Princes... et le royaume de Navarre [4][4] Sur le royaume de Navarre au xive siècle, B. Leroy,..., se heurte au roi de France Jean II qui est aussi son beau-père, tant et si bien qu’il est arrêté à Rouen le 4 avril 1356 et emprisonné. Libéré sur l’initiative des États dans la nuit du 7 au 8 novembre 1357, il occupe alors le devant de la scène politique parisienne pendant les deux ans qui suivent. Il ne parvient toutefois pas à s’imposer dans la guerre civile qu’il mène contre le dauphin devenu régent, lequel rallie finalement sur sa personne tous les « légitimistes » et tous ceux que la Révolution parisienne a effrayés. En Espagne, Charles est pris dans la guerre des deux Pierre qui oppose Pierre Ier le Cruel, roi de Castille, et Pierre IV le Cérémonieux, roi d’Aragon, puis dans la guerre civile castillane, entre Pierre le Cruel et son demi-frère bâtard Henri de Trastamare. Dans ses politiques espagnole et française, il tente de se rapprocher de l’Angleterre. Un ultime projet d’alliance avec Édouard III, en 1378, entraîne la conquête militaire par Charles V de sa principauté normande, déjà bien diminuée territorialement, et l’invasion de son royaume par la Castille trastamare alliée de la France. Charles meurt en 1387 à Pampelune, abandonné de tous, dans un royaume ruiné, après avoir rédigé son testament l’année précédente [5][5] P. Tucoo-Chala, « Le dernier testament de Charles le.... Celui de 1376 est son deuxième testament, le premier ayant été rédigé en 1361 lorsqu’il quitte le royaume de France pour la Navarre après sa réconciliation officielle avec Jean II [6][6] S. Honoré-Duvergé, « Un testament de Charles le Mauvais.... Le testament de 1376 est inédit. Il est conservé sous forme de copie, vraisemblablement du xviie siècle, dans un recueil de pièces diverses provenant de la collection Baluze aujourd’hui au cabinet des manuscrits de la Bibliothèque nationale de France [7][7] Description succincte donnée par le Catalogue des manuscrits.... Cette transcription, malgré sa date tardive, est d’une tenue très honorable : il n’y a pas de lecture incohérente, de passages approximatifs, et tous les noms propres (sauf deux, tous deux navarrais) ont pu être identifiés, preuve que le copiste a réalisé un travail de qualité à partir du testament original. Que nous apprend-il sur Charles II ?

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En 1376, Charles a 44 ans et séjourne dans son royaume depuis 1361 (il a fait un séjour en France de trois ans entre 1369 et 1372). Depuis 1373, il est veuf de Jeanne de Valois, la fille aînée de Jean II qu’il a épousée en 1352, et vit entouré de ses filles et de sa sœur Agnès, à ses côtés depuis que son mari, le comte de Foix Gaston Fébus, l’a chassée de la cour d’Orthez à la Noël 1362 [8][8] P. Tucoo-Chala, « Agnès de Navarre et Gaston Fébus »,.... Ses deux fils, l’aîné Charles et le cadet Pierre, sont absents : Charles est à la cour des Trastamare avec sa femme Léonore, fille du roi Henri II, épousée en 1375 [9][9] J. R. Castro Álava, Carlos III el Noble, rey de Navarra,..., et Pierre a été envoyé en février 1376 dans la principauté normande [10][10] L’infant portait le titre de comte de Mortain, lieutenant.... Il est en paix avec ses voisins espagnols, la Castille et l’Aragon, et aussi avec le royaume de France avec lequel il compte reprendre des négociations [11][11] P. Charon, « Relations entre les cours de France et.... Cette situation sans tension, l’éloignement de ses fils, ont peut-être encouragé Charles à mettre en ordre ses dernières volontés. S’il en était ainsi, le contexte de son testament ne correspondrait pas aux raisons qui amenaient habituellement les princes du bas Moyen Âge à le faire : c’était soit lors d’un départ en expédition (ce fut le cas pour Charles lui-même en 1361, son « expédition » lui faisant affronter les périls de la mer pour se rendre dans son royaume), soit au moment de l’apparition des symptômes d’une mort prochaine [12][12] M. Gaude-Ferragu, D’or et de cendres. La mort et les.... Dans le premier cas, il faudrait considérer que Charles II était à la veille de quitter son royaume ; cela n’aurait rien d’invraisemblable, car il tentait aussi de reprendre langue avec l’Angleterre, et Édouard III lui avait délivré en juillet précédent un sauf-conduit [13][13] T. Rymer, Foedera, conventiones, litterae et cujuscunque.... Si l’on regarde du côté d’une mort prochaine, qui aurait poussé Charles II à rédiger son testament au point de se rappeler, comme il le dit en introduction, « qu’il n’est chose en ce monde plus certaine de la mort, ne moins certaine que l’eure d’icelle », il faudrait dans ce cas que les archives en rendent compte, d’une manière ou d’une autre. Or, le maître de la chambre aux deniers de son hôtel signale dans son compte d’août 1376, à la date du 18, qu’il a remis à l’aumônier la somme de 4 l. « pour faire chanter X meses pour le roy » [14][14] Arch. General y Real de Navarra, seccion de comptos,..., mais sans en dire plus, et il n’a pas consigné d’achat de médecines ou autres remèdes. On doit donc s’en tenir à des conjectures pour tenter de percer le contexte du testament de Charles II. Saisit-il tout simplement le prétexte de la présence de ses principaux conseillers normands en Navarre, Pierre du Tertre et Guillaume des Moulins, ainsi que celle de l’évêque de Dax, originaire d’Évreux, Jean Bauffes [15][15] AGN, reg. 156, fol. 28 : don le 18 décembre 1376 pour..., pour deviser avec eux de ses dispositions testamentaires ? C’est tout aussi probable car tous trois sont désignés comme exécuteurs testamentaires pour les terres de France et de Normandie.

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Le 30 novembre, dans le palais de l’évêque de Pampelune, le clerc de Charles II, Pierre Godeille, couche donc par écrit les dispositions testamentaires de son maître. Elles comprennent quarante articles, que l’on peut répartir de la manière suivante :

  • déclarations d’intention générale (art. 1 à 5, et art. 32) ;

  • organisation de pèlerinages et œuvres de charité (art. 6 à 9) ;

  • fondations pieuses et legs en faveur d’établissements ecclésiastiques (art. 15 à 31 et art. 35) ;

  • désignations des lieux de sépulture de son corps, de son cœur et de ses entrailles (art. 4 et 5) ;

  • engagements envers les membres de sa famille proche : enfants (dotation territoriale de son fils Pierre dans ses terres de France et de Normandie, et constitution des dots de ses filles, « si que par entr’eulx ne puisse ou doie avoir matiere de descort »), sœurs et tante ; exécution des dernières volontés de son épouse décédée (art. 10 à 14) ;

  • dons de joyaux à des membres de sa famille, proche et élargie (art. 14 et art. 34 [16][16] Il est révélateur que Charles ne fasse aucun don à...) ;

  • maintien des dons dont bénéficient déjà ses serviteurs et legs à d’autres (art. 33, et art. 36 à 38) ;

  • désignation des personnes chargées de l’exécution testamentaire et mesures pour sa réalisation matérielle (art. 39 et 40).

C’est le film de sa vie que Charles déroule dans son testament, et il en a des remords. C’est donc à un prince qui se repent que l’on a affaire. Plusieurs indices ne trompent pas. Charles prévoit, à l’article 32, de réparer les torts causés à ses sujets qui ont pu être lésés de son fait dans la jouissance de leurs privilèges et libertés ; c’est somme toute assez habituel. En revanche, pourquoi prévoit-il de laisser 1 000 fr., somme appréciable, aux héritiers de Guérard Maussergent ? Ce ne sont pas les seuls héritiers des partisans morts à son service que Charles II honore par un tel legs. Mais quand on sait que Maussergent, l’un de ses partisans de la première heure, sans doute acteur de sa libération, n’est pas mort pour sa cause mais qu’il a été assassiné à Pâques 1371 sur son ordre, la motivation du legs s’éclaire. L’article 2 est peut-être plus explicite, même s’il est entouré de mystère, puisque Charles II y fait référence à « plusieurs choses obscures dont nous ne povons bonnement faire aperte declaration ». S’agit-il de l’empoisonnement qu’il ordonna en janvier 1366 de l’homme de guerre Séguin de Badefol, solliciteur imprudent de terres qui lui étaient dues par un traité ancien [17][17] S. Duvergé, « Un empoisonneur aux gages de Charles... ? Charles ne s’arrêterait pas à un événement de si petite affaire. Fait-il référence à cet autre assassinat qu’il ordonna en 1373 du conseiller Crozat qu’il soupçonnait de trahison au profit de la Castille [18][18] B. Leroy, « Les hommes du pouvoir en Navarre au xive..., et au fait qu’il fit rejaillir cette disgrâce fatale sur son autre conseiller l’évêque de Pampelune, soupçonné de désaccord avec la politique suivie [19][19] J. Goñi Gaztambide, Historia de los obispos de Pamplona.... ? C’est plausible. Pense-t-il à sa politique de double jeu entre la France et l’Angleterre dans les années 1354-1355 ? Songe-t-il à son attitude ambiguë lors de la Révolution parisienne de 1358, voire des années immédiatement antérieures, lorsqu’il cherchait à faire disparaître le roi de France, à occuper la première place dans le royaume, voire à remplacer le dauphin [20][20] F. Autrand, Charles V le Sage, Paris, Fayard, 1986,... ? C’est plus sérieux encore. Les interprétations restent toutefois ouvertes, car le but de cet article vise à réparer « tous nos torz faiz ». Enfin, à l’article 3, Charles II demande expressément pardon à Charles V de « toutes ires, rancunes et maltalens quelsconques qu’il peust avoir euz et conceuz contre nous ou temps passé ». Il se montre donc désireux de passer à des relations nouvelles avec le roi de France, des relations de réconciliation : il souhaite que le roi de France approuve son testament et se charge de son exécution, du moins qu’il y apporte son aide et son soutien. Dans ces conditions, on peut se demander s’il ne l’aurait pas fait rédiger dans le cadre de la reprise de négociations avec la cour de France pour être présenté à Charles V.

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Ce film, qui provoque le repentir et ouvre la voie d’une réconciliation, renvoie aussi à des épisodes précis et douloureux du passé de Charles II. Son arrestation à Rouen est évoquée par le don d’une agrafe d’or à Blanche, comtesse d’Aumale, veuve du comte Jean V d’Harcourt, présent à ses côtés et décapité sur ordre de Jean II. Elle l’est encore par le legs fait aux héritiers de Jean Doublel, dont le frère Colin fut également décapité à Rouen. Sa libération, après plus d’un an et demi de captivité, est de même évoquée à travers les legs consentis à ceux (ou à leurs héritiers) qui l’ont financée, organisée ou à laquelle ils ont participé en personne : pas moins de onze individus [21][21] Il s’agit de Gaillard de Fourdrinoy (note 149), de.... La Révolution parisienne est également évoquée : les héritiers de sept acteurs parisiens qui ont soutenu sa cause sont cités, au premier rang desquels Étienne Marcel et Charles Toussac. Cette période est aussi rappelée par les legs laissés aux héritiers de ses anciens serviteurs, Thomas de Ladit et de Josseran de Mâcon, tous deux ayant péri sous les coups de la vindicte populaire de la capitale. Le don à Mahiet Coquereul renvoie quant à lui à la tentative du père de ce dernier et d’autres d’ouvrir la ville d’Amiens à Charles II, en novembre 1358. Enfin, c’est la défaite de Cocherel du 16 mai 1364 et la prise de Mantes qui l’a précédée, qui se lisent aussi dans d’autres legs en faveur, d’une part, des héritiers de Renaud de Paris, de Jean de Hanneucourt le Jeune et de Jean Doublel (le premier trouva la mort lors de l’assaut de Mantes, le deuxième décéda de ses blessures après la chute de la ville, le troisième fut décapité à Paris après y avoir été capturé), et, d’autre part, de la veuve de Pierre de Sacquenville (décapité à Rouen après avoir été fait prisonnier sur le champ de bataille de Cocherel). La nature des événements auxquels Charles fait référence dans son testament doit retenir l’attention : sont-ils navarrais ? Non, ils font référence à des épisodes de sa vie française.

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Dans son testament de 1376, Charles se révèle, en somme, davantage prince français que roi navarrais. Deux autres exemples témoignent de cette disposition d’esprit.

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Le premier concerne les articles sur sa dépouille. Charles envisage la division de son corps : corps proprement-dit, cœur et entrailles [22][22] Voir sur cette question les développements de M. Gaude-Ferragu,.... Il veut en cela imiter la royauté française, qui bénéficie de ce privilège permanent depuis 1351, malgré l’interdiction de cette pratique par Boniface VIII en 1299. Charles a obtenu une permission pontificale identique ; il est donc dans une démarche mûrement réfléchie, une démarche politique. Les deux organes à prélever – cœur et entrailles – ont de surcroît une forte valeur symbolique. Les théoriciens du pouvoir royal du xive siècle se sont en effet emparés du cœur pour affirmer l’indépendance et la puissance royales. Quant aux entrailles, elles passaient pour être le siège de la charité. Le fractionnement du corps permet donc à Charles de se poser en égal du roi de France ; il lui permet aussi de désigner des lieux privilégiés de sépulture, des lieux qui lui sont chers ou dont la signification est très forte. Quels sont-ils ? S’il décède en France, Charles souhaite être enterré, si le roi de France Charles V l’autorise, à Saint-Denis : c’est tout un symbole ! Son cœur ira dans ce cas à Notre-Dame de Pampelune et ses entrailles à Notre-Dame d’Évreux. Si le roi de France refuse cet enterrement, Charles II prévoit dans ce cas, mais dans ce cas seulement, que son corps reviendra à la cathédrale de son royaume navarrais, ses entrailles à Notre-Dame de Roncevaux (où se trouvent déjà celles de son épouse [23][23] Lorsque Jeanne décéda à Évreux en novembre 1373, sa...) et son cœur à la cathédrale d’Évreux. Enfin, s’il décède en Navarre, son corps ira à Pampelune, tandis qu’Évreux recevra ses entrailles et Saint-Denis son cœur, si du moins le roi l’autorise. Dans le cas contraire, son cœur doit être déposé à Évreux et ses entrailles à Roncevaux. Les choses sont claires. Charles II affirme son statut de prince capétien, et en Capétien, souhaite que la nécropole des rois de France devienne un des lieux de sa sépulture pour y reposer aux côtés des membres de sa famille, sa mère, l’infortunée fille de Louis X, sa femme, fille de Jean le Bon, et sa tante la reine de France Jeanne d’Évreux, veuve de Charles IV le Bel, qui s’y trouvent déjà, ainsi que sa sœur Blanche de Navarre, également reine de France, veuve de Philippe VI de Valois qui y sera ultérieurement enterrée. Par ailleurs, la division de son corps lui permet d’affirmer et d’enraciner sa présence dans un État bi-localisé (un royaume et une principauté française). Pour ce qui est de ses terres de France et de Normandie, il entend faire de leur capitale, Évreux [24][24] Voir P. Charon, « Contribution à l’histoire des principautés..., la nécropole de sa dynastie : sa femme et ses deux frères y sont déjà enterrés [25][25] Philippe d’Évreux décéda à Vernon le 29 août 1363.....

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Le dernier exemple qui montre que Charles II n’a pas tourné la page avec ses origines et sa période de vie française concerne les legs aux vivants. En 1376, après 15 ans de vie navarraise, Charles reste entouré de serviteurs français à une écrasante majorité. Sur les soixante-dix bénéficiaires, seuls quatre sont de son royaume. Il s’agit de son chambellan Bertrand de Sarrabere, de son conseiller et diplomate Sancho López d’Úriz, de son confesseur García de Eugui, et du compagnon de celui-ci. Pour autant, les autres serviteurs français étaient-ils originaires de sa principauté ? C’est là le paradoxe ; prince possessionné en Normandie, on aurait pu croire que les Français qui l’entourent en venaient. C’est sans doute le cas pour ces serviteurs de l’hôtel assez bas dans la hiérarchie des responsabilités, comme les valets de chambre Jean Amaury, Raoulet de la Planque et Perrinet Briet, le cuisinier Jean Pinet, Jean le Saussier, le barbier Jean Tiere, le couturier Henriet le Tallendier. Mais l’on ne peut être absolument certain de leur origine normande, puisqu’un autre valet, Drouet, est de Beauvais, et le palefrenier, Bernard, est de Dunkerque. Et si on regarde maintenant du côté des serviteurs de rang supérieur, appartenant pour certains à cette noblesse à même de rallier réseaux et vassaux, on compte très peu de Normands. À peine une poignée : Léger d’Orgessin, Gui de Gauville, Jean Besain, Guiot de Ménilles. Au contraire, c’est un autre groupe de Français qui domine, celui des Picards à qui Charles dut sa libération et qui a porté sa cause avec les Parisiens figurant dans son testament. Dix-huit ans plus tard, ni les uns ni les autres ne sont oubliés. Quatorze Picards bénéficient de legs. N’est-il pas révélateur que les premiers cités soient les enfants de Jean de Picquigny, celui-là même qui fut à l’origine de l’équipée d’Arleux où Charles était retenu prisonnier [26][26] Voir S. Honoré-Duvergé, « Des partisans de Charles... ? Après eux est cité un Normand, mais qui est mort, Pierre de Sacquenville, tout un symbole aussi. Tout cela illustre le fait que les vassaux normands de Charles, s’ils se sont rangés derrière lui au début de son règne, l’ont très progressivement mais irrémédiablement abandonné. Malgré tout, la Normandie brille par le nombre d’établissements religieux bénéficiaires des dispositions testamentaires. Mais si Charles les nomme, c’est tout autant pour qu’ils prient pour lui que parce qu’ils ont été touchés par les guerres et qu’il faut donc réparer. Ainsi prévoit-il de faire reconstruire la toiture et la tour du transept de la cathédrale d’Évreux, où il reçut le baptême, et de la doter d’une grosse cloche, de stalles pour les chanoines et de tables d’autel d’argent. De même prévoit-il de remettre en état la cathédrale d’Avranches. Trente-six autres églises, couvents et monastères normands, sont gratifiés de legs, allant de 50 à 400 fr. Si ces donations sont un exercice somme toute convenu, sans doute traduisent-elles aussi comme une sorte de remords de Charles II de s’être laissé entraîner dans la guerre avec son lot de dévastations et de misères.

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Charles, en 1376, est un prince hanté par son passé qui pèse sur sa conscience. Cela le rend moins « mauvais », il reste fidèle au souvenir de ceux qui ont partagé les épisodes significatifs de sa vie. Charles, en 1376, est aussi un prince qui manifeste clairement le prestige de son sang et ses origines royales capétiennes, entouré de fleurs de lys de toutes parts. Son testament ne sera toutefois pas appliqué quant aux choix de ses sépultures, la perte de la principauté et l’impossible réconciliation qui s’ensuit avec Charles V l’obligeant à se détourner de ses rêves français. Dans son testament de 1385, il prévoit d’être enterré en Navarre ; et de fait son corps fut enterré à Notre-Dame de Pampelune, son cœur placé à Notre-Dame d’Ujué [27][27] Voir J. Clavería Arangua, Estudio histórico-artístoco... et ses entrailles à Notre-Dame de Roncevaux. Il dresse une liste d’églises et couvents de son royaume (absente en 1376) auxquels il fait des donations. Mais il reste toujours fidèle aux Parisiens morts pour lui, comme à ses autres partisans également morts, avec toutefois cette réserve : les legs qu’il entend leur laisser sont conditionnés à la restitution de ses terres de France et de Normandie. De ce point de vue, il ne cessa de clamer à qui voulait l’entendre qu’il avait été dépouillé à tort de ses héritages français [28][28] Ainsi au duc de Bourbon qui revenait de Castille à.... Mais l’histoire ne retient pas les arguments des perdants, même bien fondés. Vae victis !

1376, 30 novembre - Palais épiscopal de Pampelune

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Testament de Charles II, roi de Navarre et comte d’Évreux.

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A : original perdu.

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C : copie du xviie siècle, Bibl. nat. de France, fr. 3863, fol. 102-123v.

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In nomine Domini, amen. Noverint universi hoc praesens publicum instrumentum inspecturi quod, anno a nativitate Domini millesimo trecentesimo septuagesimo sexto, die ultima mensis novembris, indictione decima quinta, pontificatus santissimi in Christo, Patris et Domini nostri, domini Gregorii, divina providentia papae, undecimi anno sexto, in mei notarii publici et testium subscriptorum praesentia, illustrissimus ac potentissimus princeps ac dominus dominus Carolus, Dei gratia rex Navarrae, comes Ebroicensis exhibuit et ostendit quemdam rotulum in vulgari lingua gallicana scriptum continentem, prout asserebat, suum testamentum et ultimam voluntatem, cujus rotuli tenor de verbo ad verbum sequitur in hunc modum.

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En nom de Sainte Trinité, le Pere et le Fils et le Saint Esprit, le signe de la croix honnourable devant mis, nous, Charles, par la grace de Dieu nostre createur, roy de Navarre, conte d’Evreux, attendens et considerans qu’il n’est chose en ce monde plus certaine de la mort, ne moins certaine que l’eure d’icelle, et pour ce tenons en nostre memoire que une fois nous avons a mourir, mais quant, nous ne savons, voulans et desirans de toute nostre affection pourveoir au salut de nostre ame, avons fait et ordené, faisons et ordenons par ces presentes, par bon avis et deliberation, et en bonne santé de corps et de pensee, nostre testament et derraine volenté en la maniere qui ensuit, protestans de y adjouster, acroistre ou diminuer toutes fois que bon nous semblera.

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[1] Premierement, nous recommandons nostre esperit a nostre seigneur Jesu Crist, a sa glorieuse mere, a monseigneur saint Michiel, a tous angels et a tous archangels, et a toute la benoite court de paradis, et sommes et voulons estre en ferme propos et volenté entiere de mourir, et rendre a nostre Seigneur l’ame de nous comme vrai catholique, et en la foi que saincte Eglise de Romme a tenu et tient, et renv[o]ions et detestons tout fait de heresie, et les facteurs coadjuteurs et receptateurs de mauvaistié heretique, et tous ceuls qui en sont diffamez par quelque maniere que ce soit, et voulons tousjours perseverer jusques en la fin en la saincte foi de Crestienté.

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[2] Item, nous voulons et ordenons que par nos executeurs cy dessoubs nommez, soient paiees toutes nos debtes, et que tous nos tors faiz soient amendez, si que l’ame de nous en soit deschargee et quitte envers ceuls a qui nous sommes tenus. Et pour ce que en cest article gisent plusieurs choses obscures dont nous ne povons bonnement faire aperte declaration, nous faisons cy aprés aucunes ordenances de fonder chappelles et hospitauls et de faire autres choses que Dieu vueille prendre en gré pour nostre descharge, et toutevoies est nostre entencion et volenté que tout ce que nous devons pour nostre despense ou pour emprunz faiz pour nous et en nostre nom, dont l’en fera foi souffisant, soit paié et satisfait entierement.

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[3] Item, nous supplions a monseigneur le roy qu’il lui plaise nostre present ordenance avoir agreable et la ratiffier et soustenir, et y mettre son decret se mestiers est, et aussi lui supplions de bon cuer qu’il vueille prendre en soi la charge de l’execution de nostre present testament, et prester a nos autres executeurs cy dessous nommez sa bonne ayde et son bon confort, dont nous nous confions par dessus tous autres, et qu’il lui plaise avoir l’ame de nous pour recommandee et nous pardonner bonnement toutes ires, rancunes et maltalens quelsconques qu’il peut avoir euz et conceuz contre nous ou temps passé par quelque maniere et pour quelconque cause que ce soit. Et ou cas qu’il lui plaira a s’en charger comme dit est, nous li donnons et lessons un de nos joyaux, dont cy dessoubz est faite mention.

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[4] Item, ou cas que Dieu fera son commandement de nous es parties de France, nous supplions a monseigneur le roy que nostre corps soit enterré en l’eglise monseigneur saint Denis en France [29][29] Abbaye royale, nécropole des rois de France (Saint-Denis,..., en quel lieu nous eslisons nostre sepulture a estre mis emprés nostre tres chiere compaigne la royne que Dieux absoille [30][30] Jeanne de Valois, fille de Jean II le Bon, mariée en..., ou emprés nostre tres chere dame et mere la royne de Navarre [31][31] Jeanne de France (1312-1349), fille de Louis X le Hutin,... dont Dieux ait l’ame. Et ou cas que nous y serons enterrez, nous voulons et ordenons que deux chappelles y soient fondees chascune de sexante livres de rente perpertuelle pour y chanter et celebrer a tousjours une messe en chascune par chascun jour pour le salut des ames de nos dites mere et compaigne, de nous, et de tous nos amis. Et se nostre dit corps est ainsi mis, comme dit est, en ladite eglise de Saint Denis de la volenté monseigneur le roy, nous voulons et ordenons que nostre cuer soit apporté et mis en l’eglise de Nostre Dame de Pampelune [32][32] Notre-Dame est la cathédrale de Pampelune (Pampelune,..., et que nos entrailles soient mises en l’eglise de Nostre Dame de Evreux [33][33] Notre-Dame est la cathédrale d’Évreux (Évreux, Eure,.... Ou si nous ne povons obtenir de monseigneur le roy que nostre dite sepulture soit en l’eglise de Saint Denis, nous eslisons la sepulture de nostre corps en l’eglise de Nostre Dame de Pampelune, et que nostre cuer soit mis en l’eglise de Nostre Dame d’Evreux. Et quant est de nos entrailles, nous voulons que elles soient enterrees en l’eglise de Nostre Dame de Roncevaux [34][34] Roncevaux, prov. Navarre, comarque Auñamendi. emprés celles de nostre dite compaigne. Et aussi, se nous mourons en Navarre, nous voulons nostre corps estre mis en l’eglise de Nostre Dame de Pampelune, nostre cuer en l’eglise de Saint Denis, s’il plaist a monseigneur le roy, et sinon, en l’eglise de Nostre Dame d’Evreux, et nos entrailles oudit lieu de Roncevaux. Et, ou cas qu’il plairoit a mon dit seigneur le roy nostre cuer estre mis en ladite eglise de Saint Denis, comme dit est, nous voulons nos entrailles estre mises en ladite eglise d’Evreux comme ja dessus est dit.

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[5] Item, nous voulons et ordenons que en tous les lieux ou nous aurons sepulture, par la maniere que dit est, soient faites nos tumbes bien et honnourablement, et aussi que les tumbes de nostre dite dame et mere, de la reyne nostre compaigne et de nos freres [35][35] Philippe et Louis de Navarre. Sur le premier, voir... qui sont enterrez en ladite eglise de Nostre Dame d’Evreux, dont Dieux ait les ames, soient faites bien et convenablement, ainsi qu’il appartient, aus despens de nostre execution, et semblablement que les tumbes de nostre tres cher seigneur et pere [36][36] Philippe d’Évreux (1301-1343), fils de Louis d’Évreux... et de nostre dite compaigne soient faictes en ladite eglise de Pampelune. Et sur l’article precedent de nostre sepulture, est a noter la grace que nous avons de nostre saint pere le pape pour le fait de nostre evisceration, laquelle grace nous voulons estre mise ez mains de nos executeurs sitost que nous serons trespassez.

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[6] Item, nous voulons et ordenons que aprés nostre decés, se fait n’est en nostre vivant, soient envoyez a Romme aus despens de nostre execution le plus tost que l’on pourra, deux freres mendians preudes hommes et de bonne vie, lesquels auront a estre oudit lieu de Rome par tout un karesme entier du commancement jusques a la fin, et auront a faire pour nous par chascun jour tous les sainz pelerinages accoustumez a faire en ladite ville, et en chascun des lieux desdiz pelerinages diront successivement messes tant que ledit karesme durera pour le salut de nous et de nos amis.

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[7] Item, voulons et ordenons que deux autres personnes bien feables et qui soient recommandez de loyauté soient envoyez aprés nostre decés au plus tost que l’on pourra, se fait ne l’avons en nostre vivant, ou saint voiage d’oultre mer pour visiter en nostre nom le Saint Sepulcre de nostre Seigneur et les autres dignes lieux qui la sont, et pour faire en outre le pelerinage de sainte Caterine ou mont de Sinay [37][37] Monastère Sainte-Catherine, Égypte, gouvernorat du..., et par tous lesdiz lieux diront ou feront dire messes pour le salut de nous et de nos amis.

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[8] Item, ou cas que en nostre vivant n’aurions fait le pelerinage de monseigneur saint Jacques, lequel nous sommes tenus de faire, nous voulons et ordenons que tantost aprés nostre decés, aucune bonne personne y soit envoyee pour nous aus despens de nostre execution, pour le faire et accomplir devotement et bien en l’estat que a nous appartient.

23

[9] Item, nous voulons et ordenons que Charles [38][38] Charles III le Noble (1361-1425). Outre l’étude ancienne..., nostre fils ainsné, lequel representera principalment nostre personne, face et continue pour nous les aumosmes aux pouvres nostre Seigneur et autres euvres charitables que nous luy baillerons en escript en un rolle scellé de nostre scel, et que a ce faire il entende tres diligemment tant comme il vivra senz aucun deffaut, et ainsi le lui chargons et commandons a faire sur toute l’amour et obeissance que il nous doit.

24

[10] Item, se en nostre vivant n’estoit paiee et faite l’execution du testament de nostre tres chere compaigne la royne, que Dieux absoille, nous voulons et ordenons que de nos biens en soit faicte et accomplie planiere satisfaction, et que l’ame de lui en soit deschargee.

25

[11] Item, pour ce que amour naturelle et affection de pere nous meuvent a querre les remedes convenables pour nos enfans et a leur pourveoir a chascun selon son estat, tant que nous vivons, si que par entr’eulx ne puisse ou doie avoir matiere de descort, nous voulons et ordenons que les puisnez aient partage des terres et biens que nous avons et tenons a present, ainsi comme cy aprés est devisé, c’est a sçavoir :

  • Pierres [39][39] Pierre de Mortain (1366-1412), quatrième enfant de..., nostre fils, ait et tiengne aprés nostre decés a heritage, oultre et avecques la conté de Mortaign [40][40] Mortain, Manche, arr. Avranches, ch.-l. cant. et ses appartenances que nous lui avons deja baillé, les chasteauls et chastelleries de Nogent le Roy [41][41] Nogent-le-Roi, Eure-et-Loir, arr. Dreux, ch.-l. ca... et d’Anet [42][42] Anet, Eure-et-Loir, arr. Dreux, ch.-l. cant. avec leurs appartenances. Et deffendons a nostre fils Charles que en nostre present ordenance et partage ne empesche nostre dit fils Pierres, mais desdites conté, chasteauls et chastelleries le laisse user, jouir et exploictier paisiblement, senz venir ne faire venir encontre en aucune maniere soubz peine de quanque il se puet mesfaire envers nous ne encourir nostre malediction.

  • Item, que Marie [43][43] Marie, troisième enfant de Charles et de Jeanne de... et Blanche [44][44] Blanche, cinquième enfant de Charles et de Jeanne de..., nos filles, aient chascune quatre vinz mil frans, et Jehanne [45][45] Il s’agit du sixième enfant de Charles et de Jeanne... et Bonne [46][46] Bonne, septième et dernier enfant de Charles et de..., chascune sexante mil frans ou la value en autre monnoye d’or ou d’argent pour estre mariees, et assignees bien et convenablement se elles ne l’estoient en nostre vivant, pour lequel payement faire a chascune de nos dites filles pour tant comme il li touche, ou a ceuls qui de elles auront cause, nous voulons et ordenons pour tant comme touche lesdites Marie et Blanche, que nostre terre et baronie de Montpeslier [47][47] Montpellier, Hérault, ch.-l. dép., la conté de Cessenon [48][48] Cessenon-sur-Orb, Hérault, arr. Béziers, cant. Sai... et leurs appartenances soient tenues et exploictiees pour elles et en leur nom et que a chascune d’icelles ou a ceuls qui de elles auront cause, soit baillé pour chascune telle portion comme il li competera, tant des revenues ordinaires comme d’extraordinaires jusques a plaine satisfaction de nostre present ordenance. Et en tant que touche Jehanne et Bonne, nous voulons et ordenons que la comté de Beaumont [49][49] Beaumont-le-Roger, Eure, arr. Bernay, ch.-l. cant. et la terre de Conches [50][50] Conches-en-Ouche, Eure, arr. Évreux, ch.-l. cant. soient tenues et exploictiees pour elles et en leur nom par la maniere qu’il est dit par avant de Montpeslier et Cessenon jusques a tant que nostre present ordenance leur soit parfaite et accomplie a chascune d’icelles de sexante mil frans comme dit est. Et neantmoins est nostre entention et voulons que nos dites filles et chascune d’icelles selon leur estat aient provision de vivre bonne et souffisant aus despens de nostre dit fils Charles, lequel nous enchargons expressement sur la peine dessus dite, jusques a tant que elles soient mariees et assignees senz ce que aucune chose leur soit deduite, rabatue ou diminuee des sommes que nous leur laissons comme dit est. Et ou cas que nostre dit fils Charles seroit refusant de leur faire leur dite provision, bonne et souffisant de vivre, nous voulons que a nos dites filles soient et demeurent a heritage lesdites terres tant pour leur vivre comme pour leur assignement. Toutevoies, se nostre dit fils Charles faisant ce que dit est, vouloit avoir et reprendre en ses mains lesdites terres de Montpeslier et de Cessenon, de Beaumont et de Conches, lesquelles nous obligons envers nos dites filles et ceuls qui de elles auront cause, par la maniere que dit est, il nous plaist et voulons que ledit Charles les ait par payant avant tout euvre toutes lesdites sommes entierement et non autrement.

  • Item, voulons et ordenons que nos dites filles aient de nos joyaux en accroissement de leur partage, c’est assavoir que aprés la plus grant et la meilleur de nos couronnes, laquelle nous laissons et voulons perpetuelment demourer en l’eglise de Nostre Dame de Pampelune pour y estre gardee a tousjours a l’usage du couronnenement de nos sucesseurs roys de Navarre, sans estre vendue, engaigiee ne autrement alienee pour quelconque cause ou necessité ne par quelque personne que ce soit ou puisse estre, nous donnons a Marie nostre fille ainsnee, l’autre meilleur de nos couronnes pour estre siene et a son usage.

  • Item, nous donnons a Blanche, nostre seconde fille, l’autre meilleur couronne aprés les deux devant dites, c’est assavoir celle dont trois rubis balais font les petiz fleurons.

  • Item, nous donnons a Jehanne, nostre tierce fille, nostre couronne meilleur d’aprés les trois devant dites a estre siene et a son usage.

  • Item, nous donnons a Bonne, nostre darreniere fille, nostre autre couronne plus petite a estre siene et a son usage. Et toutes lesdites couronnes voulons et commandons estre baillees et distribuees par la maniere que dit est par nos executeurs se fait ne l’avons de nostre vivant.

  • Item, nous donnons et laissons a Charles, nostre ainsné fils, un pot et un gobelet d’or qui sont de la façon d’un bouton de rose.

  • Item, nous donnons et laissons a nostre tres chere fille l’infante de Castelle [51][51] Léonore de Trastamare, fille du roi de Castille Henri..., femme de nostre fils, le meilleur des cercles d’or que nous avons, c’est assavoir celuy que le roy Jehan, que Dieu absoille, donna a nostre dite compaigne la royne dont Dieux ait l’ame.

  • Item, nous donnons et laissons a Pierres, nostre fils, un fermail d’or fait en guise d’un griffon ouquel sont plusieurs pierres de plusieurs manieres.

26

[12] Item, nous voulons et ordenons que a nos tres cheres sœurs la contesse de Foix [52][52] Agnès de Navarre (1334-1396), mariée en 1349 au comte... et la vicontesse de Rohan [53][53] Jeanne de Navarre (1343-1403), mariée à Jean Ier de..., et a chascune d’icelles, pour tant comme il li touche, soit paié de nos biens tout ce qui leur est ou sera deu, a cause de leurs mariages jusques a plaine satisfaction, se fait n’estoit en nostre vivant.

27

[13] Item, que semblablement nostre tres chere tante d’Orliens [54][54] Blanche de France († 1393), fille de Charles IV le... soit paiee a plain de tout ce que nous li devons.

28

[14] Item, semblablement soit payee nostre tres chere dame et seur la royne Blanche [55][55] Blanche de Navarre (1333-1398), mariée en 1350 au roi... se aucune chose nous li devons.

29

[15] Item, nous voulons et ordenons que le propos que nous avons eu et avons de fonder certain nombre de chanoines en l’eglise Nostre Dame d’Uxue [56][56] Ujué, prov. Navarre, comarque Tafalla. en nostre royaume pour y faire et celebrer perpetuelment le divin service et pour prier assiduement pour les ames de nos predecesseurs, de nous et de nos successeurs, soit mis a effet, et que nostre ordenance sur ce faicte soit parfaicte et accomplie par nos executeurs cy dessous nommez, si fait ne l’avons en nostre vie, laquelle ordenance est telle :

  • Premierement que ladite eglise de Nostre Dame d’Uxue, laquelle est parrochial, soit faite et erigee en eglise collegial, en telle maniere que en icelle eglise soient quinze chanoines reguliers de l’ordre de saint Augustin qui ayent prieur regulier, si comme ont et ont eu jusques a present les racionniers qui en ladite eglise sont, lesquels quinze chanoines auront d’estre prestres de fait a l’eure que euls y seront ordenez et receus, et ceuls aussi qui aprés ou temps a venir y auront a estre mis et receus et serviront en ladite eglise es divins offices tant de jour comme de nuit. Et quant aucune des chanoinies aura de vacquer, nous et nos successeurs en aurons la presentation et dedans deus mois ou temps que elle vacquera, nous et nos diz successeurs serons tenus de y presenter au prieur de ladite eglise qui pour le temps sera un prestre né et naturel de nostre royaume, toutevoies se en ladite ville aucuns en y avoit souffisans, nous voulons que avant tous autres y soient presentez, lequel ainsi presenté par nous ou nos diz successeurs, ledit prieur sera tenu de recevoir liberalment iceluy instituer et a li conferer ladite chanoinie avec tous les droiz quelconques a icelle appartenans sans aucune contradiction. Et se dedans lesdiz deux mois nous ou nos diz successeurs n’y presentions comme dit est, la collation et election d’icelle chanoinie seroit devolue au prieur et college de ladite eglise.

  • Item, avec lesdiz chanoines seront deux enfans qui porteront les cierges en ladite eglise, et en icelle, et en dortoir et refectoir desdiz chanoines les serviront et feront les autres offices accoustumez et necessaires.

  • Item, lesdiz chanoines en dire les heures en la regle, en ceremonies et en toutes autres choses quelconques auront a tenir et garder la regle que les chanoines de Pampelune sont tenus tenir et garder.

  • Item, le prieur qui a present est, et ceuls qui aprés luy seront, auront et prendront tels droiz, rentes et revenues comme ledit prieur qui a present est prent et reçoit tant seulement.

  • Item, ausdiz chanoines seront appliquez tous les droiz, prouffiz, rentes et revenues quelconques que les racionniers de ladite eglise ont accoustumé avoir et prendre en icelle par telle maniere que quant il vacquera aucune des racions, nul d’ilec en avant n’y sera mis ne institué, mais vendront successivement les droiz et rentes desdites racions ausdiz chanoines, ou lesdiz chanoines des que euls seront fondez, auront et prendront les dessus diz droiz et rentes en donnant et assignant a chascun desdiz racionniers qui pour lors seront, aucune chose convenable et a la value tant comme euls vivront.

  • Item, pour l’accroissement de la vie et estat desdiz chanoines en reverence de Dieu et de la glorieuse Vierge Marie sa mere, et pour le remede et salut des ames de nos predecesseurs, de nous et de nos successeurs, nous, des maintenant, donnons et assignons a perpetuité a ladite eglise toutes les rentes et revenues quelconques que nous avons en ladite ville d’Uxue et de Piciorlas [57][57] La lecture du copiste est fautive. Est-ce Pitillas,..., lesquelles rentes et revenues pevent valoir et monter a la somme de quatre cens trente trois kafis de froment, quatre cens trente deux kafis d’orge et d’avene, et cent sept livres dix sols de carlins noirs, et avec ce donnons et delaissons a icelle eglise nostre chastel dudit lieu pour l’abitation desdiz chanoines, ouquel euls auront leur dortoir, leur refectoir, et les autres offices et edifices a eux necessaires, en tele maniere toutevoies que s’il avenoit avoir guerre en nostre royaume, nous, s’il nous plaisoit et nos successeurs aussi, aurions la garde dudit chastel.

  • Item, toutes les rentes et revenues appartenantes ausdiz chanoines tant celles que nous leur donnons comme dit est, comme quelconques autres, seront cuillies et levees par un chanoine qui sera appelez mayordomo, et seront assemblees en un certain lieu et aprés distribuees a chascun chanoine par jours, par semaines ou par mois selon ce qu’il sera veu estre meilleur a faire et ausdiz deux enfans ensemble autant de provision en pain et en vin comme un desdiz chanoines tant seulement.

  • Item, lesdiz chanoines seront tenus de celebrer chascun jour trois messes a note successivement, c’est assavoir l’une de Nostre Dame a heure de soleil levant, l’autre de Requiem aprés prime pour les ames de nos predecesseurs, de nous et de nos successeurs, et l’autre du jour a heure de tierce, icelles continuer et toutes les heures tant diurnales comme nocturnales honnestement et devotement comme bons religieux.

  • Item, lesdiz chanoines seront et devront estre sous la correction et obeissance dudit prieur.

  • Item, toutesfois qu’il escherra vacquer ledit prioré, la provision, collation et institution soit et demeure a l’abbé de Montaragon [58][58] Montearagón, prov. Huesca, comarque Hoya de Huesca en la maniere que a esté et en a usé et jouy ledit abbé jusques a maintenant.

  • Item, que la primice de ladite ville d’Uxue et la queste qui se fait en ladite eglise et ou diocese de Pampelune pour icelle, soit mise et convertie en l’edification et raparation de ladite eglise, des ornemens d’icelle et de l’abitation desdiz chanoines par la disposition et ordenance d’iceuls.

  • Item, l’en aura a pourchacier que l’evesque de Pampelune donne et delaisse a ladite eglise les quars des oblations et des dizmes que il prent en icelle pour convertir en la provision desdiz chanoines.

  • Item, nous voulons et mandons que tantost aprés nostre decés, se fait n’est en nostre vivant, nos diz executeurs aux despens de nostre execution pourchacent devers nostre tres saint pere le pape licence et authorité, confirmacion et approbation, sur les choses dessus dites, et devers lesdiz evesque de Pampelune et abbé de Montaragon aussi sur ce leur consentement et licence, et en ce facent nos diz executeurs si bonne diligence que nostre dite ordenance et devotion se puisssent parfaire et accomplir.

  • Item, nous voulons et mandons que des chapelles par nous deja fondees en quelque lieu que ce soit de nostre royaume, les fondations et dotations soient et demeurent a icelles selon l’ordenance que nous en avons faite et que contenu est en nos lettres desdites fondations, senz ce que par aucun de nos hoirs ou successeurs y soit ou puisse estre fait ne mis aucun empeschement, se ce n’estoit pour les ameillourer et autrement non.

30

[16] Item, quant est de l’eglise de Nostre Dame de Pampelune, en laquelle nous avons esleu nostre sepulture de nostre corps ou de nostre cuer, comme dit est dessus, c’est assavoir en la chappelle Saint Etienne, laquelle chappelle nous entendons et voulons estre surpliee et eslargie en edifices de nos biens, nous voulons et ordenons que deux messes seront celebrees chascun jour en ladite chappelle par les prestres coreaux de ladite eglise, c’est assavoir une basse messe de matin avant que l’on sonne prime, et l’autre messe haute a diacre et sous diacre aprés ce que prime sera sonnee, et en icelle chappelle seront faites douze sieges pour les chanoines qui seront en ladite haute messe, lesquelles deux messes seront de Requiem pour les mors. Et avec ce, lesdiz chanoines seront tenus de venir chascun jour a procession aprés ce que l’en aura chanté l’antenne de Salve Regina, et aprés la messe et aprés vespres devant le lieu ou nostre sepulture sera et la diront le pseaume de De profondis avec une ou deux oroisons pour le salut des ames de nous et de nos amis. Pour lesquelles choses faire nous voulons et ordenons que lesdiz chanoines ayent et preignent par jour chascun douze deniers en rentes qui leur seront assises et assignees de nos biens, et n’y prendront riens fors ceuls qui seront presens a ladite haute messe, ausquels sera departie la portion des absens.

31

[17] Item, nous voulons et laissons a ladite eglise pour nostre anniversaire chascun an estre fait solempnellement en icelle quinze livres de rente perpetuelle.

32

[18] Item, voulons et ordenons que les freres carmelites et augustins de Pampelune, desquels nous sommes patron et fond[at]eur, soient tenus d’envoyer par chascune semaine deux fois de chascun couvent deux freres a nostre dite chappelle de Saint Estienne, desquels deux freres l’un celebrera messe a chascune fois qu’il y vendront pour le salut des ames de nous et de nos amis. Et pour ce que nous plaist et voulons que les edifices par nous commenciez es diz deux couvents soient parfais aux despens de nostre execution, se euls ne l’estoient en nostre vivant.

33

[19] Item, nous voulons et ordenons que par semblable maniere les freres prescheurs et les freres meneurs de Pampeleune soient tenus d’envoyer en nostre dite chappelle de Saint Estienne par chascune semaine deux fois de chascun couvent deux freres pour y dire messes par la maniere qu’il est dit en l’article precedent. Et pour ce faire donnons a chascun desdiz deux couvens tant de blé de rente que quinze freres en puissent vivre en chascun d’iceuls. Et en outre, voulons et ordenons que tous lesdiz couvens de freres mendians de nostre ville de Pampelune soient tenus de venir en nostre dite chappelle chascun couvent en son jour, c’est assavoir par quatre jours la semaine que nostre anniversaire sera fait en ladite eglise de Pampelune, pour y dire a haute voix l’obseque des mors, et lendemain une messe a note pour le salut des ames de nous et de nos amis, et a chascune fois que les dessus diz freres vendront a ladite chappelle pour dire lesdites messes, euls se auront a presenter au prieur ou sous prieur de ladite eglise de Pampelune afin que de la diligence d’iceuls freres puisse estre faite relation a nos successeurs. Et seront lesdiz prieur et sous prieur chargez pour ce faire, et pour ceste charge et afin que en ce euls mettent meilleur diligence auront, c’est assavoir celui a qui lesdiz freres se presenteront pour ladite cause, comme dit est, pour chascune foiz douze deniers.

34

[20] Item, afin qu’il soit perpetuelment memoire de nous en ladite eglise Nostre Dame de Pampelune nous y donnons et laissons trois cens mars d’argent pour faire deux tables au grant autel de Nostre Dame, l’un haute et l’autre basse, et voulons que les euvres en soient faites a nos despens.

35

[21] Item, ou cas que nos entrailles seront enterrees en l’eglise de Nostre Dame de Roncevaux, nous voulons et ordenons que en ladite eglise soient fondees deux chappellanies perpetuelles chascune de trente livres de rente qui seront chantees et deservies par la maniere et ordenance que est celle que nous y avons desja fondee pour nostre tres chere compaigne la royne que Diex absoille, et qu’il soit fait de nos biens et aus despens de nostre execution une chappelle en costé de la sepulture de nos dites entrailles et de nostre dite compaigne, en laquelle seront chantees et desservies lesdites chappellanies.

36

[22] Item, nous donnons et laissons en outre a ladite eglise pour nostre anniversaire y estre fait chascun an solempnelment dix livres de rente perpetuelle.

37

[23] Item, nous voulons et ordenons que pour le salut de nous et de tous nos amis soit fondé et edifié en nostre royaume en aucune place qui sera eleue par nous ou par nos executeurs un hostel ou couvent de l’ordre des chartreux, auquel y ait quinze freres qui assiduement prieront pour les ames de nous et de nos amis, et que pour ce faire soient prinses de nos rentes et revenues jusques a telle quantité qu’il souffise pour la sustentation desdiz freres ou qu’il en soit tant achaté de nos deniers qu’il doie souffire pour ce faire, et toutevoyes pour aydier a descharger les demaines et revenues de nostre royaume, et afin que les ordenances que nous faisons en nostre dit royaume tant des messes et autres bienfaiz que l’en fera pour nous en l’eglise de Nostre Dame de Pampelune et de fonder ledit couvent de chartreux soient plus tost accomplies et a moins de grief de Charles nostre fils et de nos successeurs, nous voulons que par nos executeurs soit procuré aux despens de nostre execution que les eglises de Falces [59][59] Falces, prov. Navarre, comarque Ribera Arga-Aragón et de Cherry [60][60] Lieu non identifié, la lecture du copiste est sans... et aussi nos chappelles royaux et toutes autres eglises et chappelles qui sont en nostre donnoison en nostre dit royaume soient converties et emploiees oudit usage pour y estre a tousjours perpetuelment avec toutes les revenues et prouffiz qui y appartiennent.

38

[24] Item, nous donnons et laissons a l’eglise de Nostre Dame de Tudelle [61][61] Tudela, prov. Navarre. pour prier pour les ames de nous et de tous ceuls pour qui nous sommes tenus dont nostre conscience est chargee en aucune maniere, la somme de mil livres, laquelle somme nous voulons et mandons estre payee a ladite eglise sur tous nos biens, et ladite somme receue par le chapitre de ladite eglise, ledit chapitre sera tenus d’en achater aucune rente a perpetuel memoire.

39

[25] Item, nous voulons et ordenons que l’eglise Nostre Dame de Evreux [62][62] En 1357, Charles II avait fait un don de 10 l. de rente..., en laquelle nous receusmes le saint baptesme et a laquelle nous avons especial devotion, soit mise en bon estat et reparee tant de couverture comme d’edifice de bois, et par especial que la grosse tour estant sur la croix de ladite eglise soit reedifiee et couverte, et que en icelle ait une grosse cloche qui sera faite de nos deniers et biens, dont les messes qui seront dites pour nous seront sonnees, et aussi que les sieges des chanoines soient fais de nos diz biens, pour lesquelles choses nous voulons que en ladite eglise soient dites perpetuelment deux messes pour le salut de nous et de nos amis par les chappellains coreaux de ladite eglise, c’est assavoir une basse par chasun jour, et une haute chascune semaine au lundy matin, laquelle sera sonnee de la grosse cloche, dont mention est devant faite, et auront tous les chanoines de ladite eglise qui seront presens a ladite haute messe, chascun douze deniers et chascun chappellain six deniers, et ceuls qui n’y seront presens n’y prendront aucune chose. Et afin que a ladite messe ait plus de bonnes personnes, nous voulons que aucun pardon soit pourchacié a nos despens pour tous ceuls et toutes celles qui la vouldront ouyr de bon cuer, et prieront pour nous.

40

[26] Item, nous voulons et ordenons que en la dessus dite eglise de Nostre Dame d’Evreux soient faites de nos biens deux belles tables d’argent, l’une haute et l’autre basse, pour le grant autel de Nostre Dame, pour lesquelles faire nous donnons et delaissons trois cens mars d’argent.

41

[27] Item, nous voulons et ordenons que de nos biens soit fondé et ordené un hospital en nostre ville d’Evreux pour y recevoir et herberger les pouvres de nostre Seigneur, ou que l’ospital ou maison Dieu qui y est de present, soit augmenté et accreu de nos diz biens jusques a telle ou tant de rente qu’il y ait chappellains et suers pour servir Dieu et administrer les pouvres, aussi comme il a en la maison Dieu de Pontoise [63][63] Pontoise, Val-d’Oise, ch.-l. dép. ou de Vernon [64][64] Vernon, Eure, arr. Évreux, ch.-l. cant.. Et n’est pas nostre entente que, pour ce, soit fait aucun prejudice aux bourgois et habitans de nostre dite ville d’Evreux, mais auront a pourveoir d’administrateur et a voir sur le gouvernement dudit hospital et sur le gouvernement des biens d’icelluy, sauf a nos successeurs de corriger et amender les deffaux que lesdiz bourgois feroient en ceste partie, et de faire voir les comptes dudit administrateur.

42

[28] Item, nous voulons et ordenons que en la grant eglise de nostre ville d’Avrenches [65][65] Il s’agit de la cathédrale placée sous le vocable de... soit fondee en l’onneur de Dieu et de monseigneur saint Andrieu, une chappelle en laquelle sera celebree chascun jour une messe perpetuelle de mors pour le salut des ames de nous et de nos amis, et que tant de rente comme il sera mestier pour ce y soit assignee et baillee sur nos rentes et revenues de la conté de Mortaign. Et en oultre, pour reedifier et mettre en deu estat ladite eglise, y donnons et laissons pour une fois la somme de mil frans a prendre sur lesdites revenues.

43

[29] Item, nous voulons et ordenons que de nos biens soit fondee et [or]donee une chappelle en l’eglise de Nostre Dame de Chartres [66][66] Chartres, Eure-et-Loir, ch.-l. dép. Charles II lui... pour y chanter et dire messes perpetuelment en chasun jour, et que pour ce faire y soient assignees et assises cinquante livres tournois de rente sur nos revenues de la chastellerie de Nogent, ou que tant en soit achaté des deniers desdites revenues a l’usage de ladite chappelle, desquelles choses par nous ainsi ordenees sur lesdites revenues desdites conté de Mortaign et chastellerie de Nogent, et de l’acomplissement d’icelles, nous chargons Pierres nostre fils a qui nous avons fait partage desdites conté et chastellerie, et luy mandons et deffendons qu’il n’y mette nul empeschement, mais les accomplisse et fasse accomplir sans aucun deffaut.

44

[30] Item, voulons aussi et ordenons que une autre chappelle soit fondee de nos biens en l’eglise monseigneur saint Anthoine de Viennoys [67][67] Vienne, Isère, ch.-l. arr. Charles II avait une dévotion... pour y dire et celebrer chascun jour une messe perpetuelment pour le salut de nous et de nos amis, et que pour ce soient assises cinquante livres tournois de rente sur nos revenues de Montpeslier.

45

[31] Item, quant est d’une ordenance par nous faicte de fonder et edifier en nostre ville de Montpeslier un hospital pour y recevoir et herberger les pouvres de nostre Seigneur, il nous plaist et voulons que elle soit tenue, gardee et accomplie de point en point, si qu’il n’y ait deffaut, laquelle ordenance verront nos diz executeurs en un rolle scellé de nostre seel.

46

[32] Item, nous avons memoire de pluseurs griefs qui ont esté faiz en nostre temps a nos subgez, et que entre les autres choses il pevent avoir esté despointiez de leurs anciennes coustumes, privileges et libertez, si voulons et ordenons que tout ce qui a esté enfraint desdites anciennes coustumes, privileges ou libertez en nostre temps, soit remis au premier et deub estat et que nos diz subgez en jouissent paisiblement, et de ce faisons commandement exprés a Charles nostre fils et a nos autres successeurs.

47

[33] Item, nous voulons et ordenons que tous les dons et bienfaiz que nous avons faiz ou temps passé et que nous ferons pour le temps a venir soit a heritage, a vie, a volonté ou pour une fois a nos gens et serviteurs qui ont esté, sont et seront, et qui continuelment nous ont servy et entierement en tous nos affaires, soient tenus et gardez a euls ou a leurs hoirs par Charles nostre dit fils et par nos autres successeurs sans les oster, enfraindre ou diminuer par quelque maniere que ce soit, et de ce faisons commandement exprés et deffense a nos diz fils et successeurs, se avant tout euvre n’en estoit fait par euls remuneration du consentement des personnes a qui il pourra toucher.

48

[34] Item, nous donnons et laissons de nos joyaux aus personnes de nostre lignage dont les noms sont cy dessous contenus afin qu’ils aient memoire de nous, et que nous soions en leurs bonnes prieres, c’est a sçavoir :

49

[35] Item, nous donnons et laissons de nos biens pour estre distribuez et departis aus eglises de nostre terre de France et de Normandie dont cy aprés sera faite mention pour aydier a la refection et reconstruction d’icelles, et afin que en chascune d’icelles soit memoire de prier pour nous et pour tous nos amis, c’est assavoir a celles qui cy aprés sont nommees, lesquelles ont esté arses et abatues pour occasion des guerres qui ont esté sur le pays :

tous lesquels laiz sont convertis es refections desdites eglises et non ailleurs.

50

[36] Item, nous donnons et laissons de nos biens par la maniere cy dessous escrite aus personnes qui nous ont servy et a qui nous nous reputons estre tenus, desquels les noms cy aprés s’ensuivent, c’est assavoir :

51

[36] Item, nous donnons et laissons la somme de deux mil frans a departir par nos executeurs aus pouvres varlez qui nous ont servi et servent, nous et nos enfans, outre ceuls qui dessus sont donnez [en marge : nommez].

52

[37] Item, pour ce que nous povons avoir oublié aucuns de nos serviteurs, tant de ceuls qui furent a nostre delivrance comme autres, nous donnons et laissons a leur departir par nos diz executeurs, trois mil frans.

53

[38] Item, a tous les serviteurs qui ont servy et servent nos enfans, soient hommes ou femmes, qui ne sont cy dessus nommez par especial, nous donnons tel et semblable laiz comme nostre compaigne leur fist en son testament.

54

[39] Item, pour la peine et travail que les personnes cy aprés nommees auront pour l’execution de nostre present testament, nous donnons et laissons de nos biens a chascun d’euls, c’est assavoir :

55

[40] Item, afin que toutes les choses dessus dites pour tant comme touche les dons et laiz par nous faiz, comme dit est, soient executees et accomplies, nous voulons et ordenons que aucunes de nos rentes et revenues tant de Navarre comme de Normandie soient prises, tenues et exploittiees par les mains de nos executeurs cy dessous nommez, tant et si longuement que l’execution de nostre present ordenance soit faicte, parfaicte et accomplie entierement, c’est assavoir que des maintenant pour lorsque nous irons de vie a trespassement, nous mettrons es dites mains de nos executeurs pour accomplir les choses qui sont a faire en nostre royaume nos revenues de la mermite de Tudelle et de la Riviere [196][196] La Ribera, merindad du royaume de Navarre avec Tudela..., tant du poyter [197][197] Lire : peita, impôt navarrais. de juys et moros comme autres quelconques, et semblablement toutes celles de nos villes de Falces et de Peralte [198][198] Peralta, prov. Navarre, comarque Ribera Arga-Aragó... ; et pour les choses qui sont a faire es parties de France et de Normandie, les revenues de nos terres et vicomtez de Pont Audemer et d’Orbec. Et encore voulons que se les choses dessus dites qui sont a faire en nostre dit royaume estoient plus tost accomplies que celles qui sont a faire en France et en Normandie, que neantmoins lesdites revenues de Tudelle et de la Riviere, de Falces et de Peralte soient tenues par la maniere que dit est, pour aydier a accomplir les choses de Normandie. Et, e converso, se les choses qui sont a faire en Normandie estoient plus tost accomplies que celles qui sont a faire en nostre royaume, que neantmoins lesdites revenues de Pont Audemer et d’Orbec soient tenues, comme dit est, pour aydier a accomplir les choses de nostre royaume.

56

Pour toutes lesquelles choses cy dessus contenues et devisees et chascune d’icelles faire et accomplir, enteriner et mettre a plaine et parfaicte execution pour nous et en nostre nom, nous avons fait, ordené et establi, faisons, ordenons et establissons par ces presentes nos executeurs Charles et Pierres, nos enfans, reverent pere en Dieu don Lop de Lune, arcevesque de Çaragoce, nostre tres chere suer la contesse de Foix, messire Martin de Çalve [en marge : Salve], referendaire de nostre tres saint pere le pape et nostre chancellier, nos chers neveuz le conte d’Ampurie et Gaston de Foix, nos amez et feaux conseillers, le prieur de Pampelunes, le prieur de Falces, frere Garcie de Heuguy nostre confesseur, le sire d’Agremont, Remiro d’Areillano, Ferrando d’Ayanz, Martin Periz de Solchague, Garcie Martiniz de Peralte et Martin Periz de d’Olonz, lesquels, par especial, auront a entendre ou fait de l’execution de nostre present testament en ce qui est a faire en nostre pays de Navarre ; et en nostre pays de Normandie nostre tres chere dame et seur madame la royne Blanche, madame Jehanne de Navarre, nostre sœur, nostre tres cher cousin le conte d’Estampes, nos amez et feauls conseillers l’arcevesque de Cypont, l’evesque d’Avrenches, l’evesque d’Acz, l’abbé de Cherebourg, messire Liger d’Orgecin, Jaques de Rue, Guyot de Sarcy [en marge : d’Arcy], messire Richart Alexandre, Guillaume des Moulins, maistre Pierre du Tertre et Jehan Lefranc, ausquels tous ensemble ou a partie d’iceuls en telle maniere que en chascun desdiz païs de Navarre et de Normandie soient du moins quatre ou trois ensemble pour faire les choses appartenans a ladite execution, nous avons donné et donnons plain povoir et auctorité de prendre, saisir et mettre en leurs mains comme en la nostre, pour nous et en nostre nom, nos heritages cy dessus esclariez et chargiez du fait de nostre execution, les tenir et en lever et faire lever et exploictier les revenues, prouffiz et esmoulumens tant et si longuement que nostre presente ordenance et voulenté soit parfaite et accomplie avecques tous nos biens meubles quelconques, quelque part que il seront ou pourront estre trouvez, lesquels heritages et meubles nous lions et obligons a ce, et aussi y obligons nos hoirs et successeurs, et leur deffendons par ces presentes et a chascun d’euls sur toute la peine, indignation et malediction que il pevent encourir envers nous que contre nostre present ordenance il ne viengnent ne fassent venir par quelque maniere que ce soit, mais la tiengnent et gardent et fassent tenir et garder senz enfraindre. Et oultre de l’ordenance de nos exeques, luminaires donnees et d’autres choses quelconques qui se devront faire et seront necessaires aus jours des enterremens de nos corps, cuer et entrailles es lieux ou euls se feront, nous en chargons par especial Charles et Pierres nos diz enfans, et les autres nos executeurs, et tout laissons en la disposition et ordenance d’iceuls. Et d’abondant supplions a nostre tres saint pere le pape qui est a present et qui sera pour le temps que, ou cas que ladite execution seroit destourbee ou empeschee par le fait ou contradiction de Charles nostre dit fils ou d’aucuns autres nos heritiers, il li plaise prendre en soi la charge et la cure de ce fait, laquelle, en ce cas, nous, des maintenant pour lors, mettons en ses mains pour y prendre et tenir en especial nos diz heritages et biens, et commettre de par luy bonnes personnes et loyauls pour parfaire et executer tout ce qui sera a faire des choses dessus dites, et en ce cas, voulons et ordonnons que aprés ce que nostre dit saint pere aura prins en soi la charge de nostre present ordenance, et l’aura fait mettre a plaine execution, il ait et tiengne en sa main deux annees de nos terres que nous chargons du fait de nostre testament pour en faire le prouffit de l’Eglise et pour faire prier pour nous. Et sur toutes les choses dessus dites et chascune d’icelles requerons maistre Pierre Godeile, notaire apostolique qui est cy present, que il nous en face un ou plusieurs instrumens publiques, lesquels instrumens a greigneur confirmation et en tesmoign d’icelles choses, voulons et mandons sceller de nostre grant scel.

57

Acta fuerunt haec Pampilonae in palacio espiscopali anno, die, mense, indictione ac pontificatu praedictis, praesentibus venerabilibus et discretis ac religiosis viris domino Garcia Martini de Larraga, thesaurario ecclesie Pampilonensis, fratre Martino d’Uriz, priore conventus fratrum praedictorum, fratre Simone de Eguzquica, custode fratrum minorum Pampilonensis, ac nobili viro domino Arnaldo Guillelmi domino de Acromonte et Garcia Martini de Peralta, praedicti domini regis secretario, dictae Pampilonensis et Aquenensis diocesis, testibus ad premissa vocatis specialiter et rogatis.

58

Et ego, Petrus Godeile, Senonensis publicus auctoritate apostolica notarius, qui exhibitioni et ostentioni rotuli suprascripti assertioni et requisitioni caeterisque omnibus et singulis supradictis, dum sic ut praemittitur per dictum dominum regem agerentur et fierent unacum praenominatis testibus personaliter interfui, hoc praesens publicum instrumentum in quo praedictus rotulus de verbo ad verbum est insertus manu mea propria scripsi, et ad mandatum et requisitionem ejusdem domini regis in hanc publicam formam redegi hic me suscripsi signumque meum consuetum unacum appensione magni sigilli praedicti regis seu in duobus locis et apposui rogatus in testimonium praemissorum.

Notes

[*]

Directeur des Archives départementales de Loire-Atlantique.

[1]

M. Gaude-Ferragu, « Les testaments princiers à la fin du Moyen Âge : miroirs de la spiritualité et des dévotions aristocratiques », Revue dhistoire de lÉglise de France, 89, 2003, p. 325-344.

[2]

A. Plaisse, Charles le Mauvais, comte dÉvreux, roi de Navarre, capitaine de Paris, Évreux, Société libre de l’Eure, 1972, p. 6-9 ; et S. Honoré-Duvergé, « L’origine du surnom de Charles le Mauvais », Mélanges dhistoire du Moyen Âge dédiés à la mémoire de Louis Halphen, Paris, Presses Universitaires de France, 1951, p. 345-350. En attendant la biographie que j’ai entreprise, on se reportera à R. Delachenal, Histoire de Charles V, Paris, A. Picard, 5 vol., 1909-1931 ; E. Meyer, Charles II roi de Navarre, comte dÉvreux et la Normandie au xive siècle, Paris, E. Dumont, 1898, et L. M. Villar García, Carlos II « el Malo », Pampelune, Mintzoa, 1987.

[3]

Sur la principauté d’Évreux, voir P. Charon, Princes et principautés au Moyen Âge. La principauté dÉvreux au xive siècle, à paraître fin 2013 dans la collection des Mémoires et documents de la Société de lÉcole des chartes, version éditoriale de ma thèse de doctorat soutenue en 2006 à l’université de Paris I – Panthéon-Sorbonne sous la direction de Claude Gauvard.

[4]

Sur le royaume de Navarre au xive siècle, B. Leroy, Le royaume de Navarre. Les hommes et le pouvoir, xiiie-xve siècles, Biarritz, J. & D., 1995.

[5]

P. Tucoo-Chala, « Le dernier testament de Charles le Mauvais : 1385 », Revue de Pau et du Béarn - Bulletin de la Société des sciences, arts et lettres de Pau, 1974, p. 187-210 [désormais cité « Le dernier testament… »].

[6]

S. Honoré-Duvergé, « Un testament de Charles le Mauvais (1361) », Mélanges dédiés à la mémoire de Félix Grat, Paris, 2 vol., 1946, t. I, p. 327-343 [désormais cité « Un testament… »].

[7]

Description succincte donnée par le Catalogue des manuscrits français [de la Bibliothèque nationale], t. III, Ancien fonds, Paris, F. Didot, 1881, p. 91. Il n’y a aucune mention sur le lieu de conservation de l’original. Quant à sa forme, elle est donnée par le texte lui-même : c’était un rouleau, son support était par conséquent le parchemin.

[8]

P. Tucoo-Chala, « Agnès de Navarre et Gaston Fébus », Bulletin de la Société des sciences, lettres et arts de Pau et du Béarn, 1967, p. 51-69.

[9]

J. R. Castro Álava, Carlos III el Noble, rey de Navarra, Pampelune, Institución Príncipe de Viana, 1967, p. 59.

[10]

L’infant portait le titre de comte de Mortain, lieutenant du roi de Navarre en ses terres du royaume de France. Il fit son entrée solennelle à Montpellier le 5 mars, et y séjourna jusqu’au 19 avril (Le Petit Thalamus de Montpellier, Montpellier, J. Martel aîné, 1840, p. 394). Il arriva dans le courant du mois de mai en Normandie où il est présent, le 26, à Évreux (BnF, fr. 20387, no 83).

[11]

P. Charon, « Relations entre les cours de France et de Navarre en 1376-1377 », Bibliothèque de lÉcole des chartes, 150, 1992, p. 85-108.

[12]

M. Gaude-Ferragu, Dor et de cendres. La mort et les funérailles des princes dans le royaume de France au bas Moyen Âge, Villeneuve-d’Ascq, Presses Universitaires du Septentrion, 2005, p. 94.

[13]

T. Rymer, Foedera, conventiones, litterae et cujuscunque generis acta publica inter reges Angliae et alios quosvis imperatores, reges, pontifices, principes vel communitates…, 3e éd., Londres, Hagae comitis : J. Néaulme, 10 vol., 1739-1745, t. III, 2e partie, p. 47. Le sauf-conduit fut renouvelé en janvier 1377 (ibid., p. 57). Sur le contexte de ces négociations, F. A. Gray, Formal and informal contacts between the House of Navarre and the English during the fourteenth-century phase of the Hundred Years War, thèse inédite de doctorat, université de Nottingham, 2005, p. 340, et P. E. Russell, The English intervention in Spain and Portugal in the time of Edward III and Richard II, Oxford, Clarendon press, 1955, p. 255-282.

[14]

Arch. General y Real de Navarra, seccion de comptos, [désormais cité AGN], reg. 155, fol. 240v. On trouve de même, aux dates des 16 et 17 juillet 1376, le don à 50 chapelains pour avoir chanté 50 messes, sans plus de détail (ibid., fol. 68v et 69v). La santé du roi paraît avoir été chancelante à partir de 1374. Le 30 août de cette année étaient remis 20 florins d’Aragon à un médecin juif, « por los buenos servicios, grant diligencia et buena visitacion que eill ha factas de su officio al dicto seynnor rey en su maladia » (AGN, reg. 151, fol. 72, mentionné dans caj. 29, no 1 A, fol. 3). Le 13 septembre suivant, c’est un don de 50 florins qui était fait au médecin de l’archevêque de Saragosse pour l’avoir soigné (reg. 151, fol. 72v). Des médecines étaient achetées en juillet 1377 (caj. 32, no 1 V), et en mars 1381, le roi d’Aragon envoya son médecin personnel dont les services furent récompensés par un don à vie de 200 l. (reg. 174, fol. 37).

[15]

AGN, reg. 156, fol. 28 : don le 18 décembre 1376 pour s’en retourner en France. Un autre conseiller normand était peut-être aussi en Navarre, Léger d’Orgessin, également désigné comme exécuteur testamentaire pour les terres de France et de Normandie (reg. 156, fol. 31 : don le 14 mars 1377 pour se rendre en France).

[16]

Il est révélateur que Charles ne fasse aucun don à deux de ses beaux-frères, Philippe le Hardi, duc de Bourgogne, et Louis d’Anjou, alors qu’il lègue un diamant au troisième, Jean de Berry. Le premier a été mis par son père Jean II le Bon à la tête du duché de Bourgogne, à la succession duquel Charles avait des droits très fondés, supérieurs à ceux du roi de France (E. Champeaux, « La succession de Bourgogne à la mort de Philippe de Rouvres », Mémoires de la Société pour létude du droit et des institutions des anciens pays bourguignons, comtois et romands, 3, 1936, p. 5-50, et du même auteur, « Un dossier inédit de la succession de Bourgogne (1361) », ibid., p. 120-123), et le second n’avait eu de cesse de lui contester la possession de Montpellier reçue en échange du comté de Longueville et des châtellenies de Mantes et de Meulan, en 1365 puis en 1371 (R. Delachenal, Histoire de Charles V, t. III, p. 194-200, et t. IV, p. 374-379, et A. Walckenaer, « Louis Ier d’Anjou, lieutenant général en Languedoc (1364-1380) », Positions des thèses de lÉcole nationale des chartes de la promotion de 1890, Paris, 1890, p. 187-196). Il est tout aussi révélateur qu’il ne fasse aucun don à son autre beau-frère Gaston Fébus, lequel se sépara brutalement de son épouse Agnès, sœur de Charles, en plein hiver 1361 (voir note 8).

[17]

S. Duvergé, « Un empoisonneur aux gages de Charles le Mauvais : maître Angel », Bulletin hispanique (Annales de la faculté des lettres de Bordeaux et des universités du midi, 58e année), 38, 1936, p. 372.

[18]

B. Leroy, « Les hommes du pouvoir en Navarre au xive siècle : gouvernement et société dans le royaume de Navarre de 1328 à 1425 », Le Moyen Âge, 95, 1989, p. 488, et du même auteur, « Una familia de burgueses de Pamplona en la primera mitad del siglo xiv : los Crozat », Príncipe de Viana, 35, 1974, no 136-137, p. 447-448.

[19]

J. Goñi Gaztambide, Historia de los obispos de Pamplona. 2 : siglos xiv-xv, Pampelune, universidad de Navarra, 1979, p. 256. Le trésorier du royaume, très lié à l’évêque de Pampelune, fut relevé de son office et disparaît ensuite des sources (ibid., note 102, p. 257).

[20]

F. Autrand, Charles V le Sage, Paris, Fayard, 1986, p. 174-182, p. 273-317 et p. 330-356.

[21]

Il s’agit de Gaillard de Fourdrinoy (note 149), de Jean de Ham (notes 136 et 137), de Jean de Hanneucourt le jeune et Tercellet de Hanneucourt (notes 127 et 141), de Pierre de Houdan (note 157), de Lamourat de Lignières (note 140), Lorin le Lombart (note 175), de Guérard Maussergent (note 125), de Jean de Picquigny (note 116), de Nicolas de Plaisance (note 173), de Jacquet de Rue (note 145).

[22]

Voir sur cette question les développements de M. Gaude-Ferragu, Dor et de cendres…, op. cit., chap. XI : Les sépultures de cœur et d’entrailles, p. 317-331.

[23]

Lorsque Jeanne décéda à Évreux en novembre 1373, sa mort parut suspecte et son corps fit l’objet d’une autopsie (P. Charon, « Jeanne de Valois, reine de Navarre et comtesse d’Évreux (1343-1373) », En la España medieval, 32, 2009, p. 47). Il n’y aurait donc rien d’invraisemblable, dans ces conditions, à ce qu’elle ait bénéficié d’une triple sépulture : à Saint-Denis et dans la cathédrale d’Évreux pour son corps et son cœur (Charles précise dans son testament qu’un tombeau de son épouse se trouve dans la cathédrale, mais il ne dit pas ce qu’il renferme), et à Roncevaux pour ses entrailles.

[24]

Voir P. Charon, « Contribution à l’histoire des principautés territoriales en France à la fin du Moyen Âge : l’exemple de la principauté d’Évreux, 1298-1378 », Journal des Savants, 1995, p. 172-177.

[25]

Philippe d’Évreux décéda à Vernon le 29 août 1363. Sa dépouille, sur ordre de sa sœur la reine Blanche, veuve de Philippe VI de Valois, fut inhumée dans la cathédrale d’Évreux (Chronique des quatre premiers Valois (1327-1393), Siméon Luce éd., Paris, veuve J. Renouard, 1862, p. 133). Quant à Louis, il mourut en Albanie le 14 août 1376. Des obsèques furent organisées à Naples le 3 septembre suivant, et Charles fit célébrer un service funèbre en Navarre le 12 novembre de la même année (P. Charon, « Louis de Navarre († 1376). Un prince cadet entre solidarité familiale et ambition personnelle », à paraître dans Bibliothèque de lÉcole des chartes). Si Charles fit ramener la dépouille de son frère pour qu’elle soit inhumée dans la cathédrale d’Évreux, cela renforcerait l’idée de construction d’un sanctuaire dynastique.

[26]

Voir S. Honoré-Duvergé, « Des partisans de Charles le Mauvais : les Picquigny », Bibliothèque de lÉcole des chartes, 107, 1947-1948, p. 82-92.

[27]

Voir J. Clavería Arangua, Estudio histórico-artístoco sobre la Imaginen, el Santuario y la villa de Santa María de Ujué, Pampelune, casa editorial Huarte, 1919, p. 32-45, et du même auteur, Historia documentada de la Virgen, del Santuario y villa de Ujué, Pampelune, imprenta del Obispado, [1953]. Le coffre de bois construit en 1406 pour contenir le cœur du roi y est toujours conservé. Il a été présenté en 2010 à l’occasion d’une exposition qui s’est tenue à Pau du 15 septembre au 15 novembre 2010, puis à Pampelune du 25 novembre 2010 au 6 février 2011, et qui avait pour titre Pouvoir et mémoire. Des princes français rois de Navarre, xiiie-xvie siècle (catalogue, s.l.n.d., 43 p.).

[28]

Ainsi au duc de Bourbon qui revenait de Castille à travers son royaume, Charles II, l’année de sa mort, « ne luy monstra onques samblant de mal talent ne de haynne qu’il eust contre le roy de France qui luy avoit fait toullir son hiretage de la conté d’Ewruez en Normandie […] » (B. Leroy, « Espagnols et Portugais dans les chroniques de Froissart », Revue de Pau et du Béarn, 1975, p. 61).

[29]

Abbaye royale, nécropole des rois de France (Saint-Denis, Seine-Saint-Denis, ch.-l. arr. et cant.).

[30]

Jeanne de Valois, fille de Jean II le Bon, mariée en 1352 à Charles II (voir note 23).

[31]

Jeanne de France (1312-1349), fille de Louis X le Hutin, mariée en 1318 au comte Philippe d’Évreux. Elle fut choisie par les cortes de Navarre pour devenir reine de ce royaume en 1328 (B. Leroy, « Les débuts de la dynastie d’Évreux en Navarre : des expériences mutuelles, de nouvelles situations », En la España medieval, 17, 1994, p. 17-30, et du même auteur, « À propos de la succession de 1328 en Navarre », Annales du Midi, 82, 1970, no 97, p. 137-146).

[32]

Notre-Dame est la cathédrale de Pampelune (Pampelune, cap. prov. Navarre).

[33]

Notre-Dame est la cathédrale d’Évreux (Évreux, Eure, ch.-l. dép.).

[34]

Roncevaux, prov. Navarre, comarque Auñamendi.

[35]

Philippe et Louis de Navarre. Sur le premier, voir J. Helleu, « Philippe de Navarre, comte de Longueville (1334-1363) », Positions des thèses de lÉcole nationale des chartes de la promotion de 1881, Paris, 1881, p. 45-50, et sur le second P. Charon, « Louis de Navarre († 1376). Un prince cadet entre solidarité familiale et ambition personnelle », op. cit.

[36]

Philippe d’Évreux (1301-1343), fils de Louis d’Évreux et de Marguerite d’Artois, comte d’Évreux (1318-1343), marié en 1318 à Jeanne de France, fille de Louis X le Hutin, reine de Navarre à partir de 1328. Sur ces deux figures, voir F. Miranda García, Felipe III y Juana II de Evreux, Pampelune, Mintzoa, 1994.

[37]

Monastère Sainte-Catherine, Égypte, gouvernorat du Sinaï Sud.

[38]

Charles III le Noble (1361-1425). Outre l’étude ancienne de J. R. Castro Álava, Carlos III el Noble…, op. cit., voir E. Ramírez Vaquero, Carlos III rey de Navarra, príncipe de sangre Valois (1387-1425), Gijón, Trea, 2007.

[39]

Pierre de Mortain (1366-1412), quatrième enfant de Charles et de Jeanne de Navarre. Voir H. Sauvage, « Documents relatifs à la donation du comté-pairie de Mortain à Pierre de Navarre par Charles VI », Mélanges et documents de la Société de lhistoire de Normandie, 5e série, 1898, p. 211-331.

[40]

Mortain, Manche, arr. Avranches, ch.-l. cant.

[41]

Nogent-le-Roi, Eure-et-Loir, arr. Dreux, ch.-l. cant.

[42]

Anet, Eure-et-Loir, arr. Dreux, ch.-l. cant.

[43]

Marie, troisième enfant de Charles et de Jeanne de Navarre, vit le jour avant septembre 1365 à Puente la Reina (Archivo General de Navarra. Documentación real de Carlos II (1349-1387), Ma T. Ruiz San Pedro éd., Donastia, Eusko Ikaskuntza, 5 vol. parus, 1997-2001, t. III, no 1406). Dès le vivant de Charles II, il était question de la marier au comte aragonais de Denia, fils du marquis de Villena (AGN, caj. 37, no 9). Le mariage se célébra beaucoup plus tard, en 1393, non sans difficulté (J. Yangüas Y Miranda, Diccionario de antiguedades del reino de Navarra, Pampelune, impr. de Goyeneche, 4 vol., 1840-1843, t. II, p. 305-308). Charles II la désigna comme l’exécutrice de son testament de 1385 (« Le dernier testament… », art. 47, p. 203).

[44]

Blanche, cinquième enfant de Charles et de Jeanne de Navarre, naquit en 1368, et mourut jeune à Olite âgée de 14 ans (G. López de Roncesvalles, Crónica. Estudio y edición crítica, C. Orcastegui Gros éd., Pampelune, universidad de Navarra, 1977, p. 98).

[45]

Il s’agit du sixième enfant de Charles et de Jeanne de Navarre, qui vit le jour en 1369 (Archivo General de Navarra…, op. cit., t. V, no 1997). L’éditrice de la chronique du trésorier se trompe en affirmant que Jeanne naquit en France en 1369, et qu’elle vint en Navarre avec son père en 1372 (G. López de Roncesvalles, Crónica…, op. cit., note 6 p. 100). Charles II la désigna comme l’exécutrice de son testament de 1385 (« Le dernier testament… », art. 47, p. 203). Elle épousa en 1386 le duc de Bretagne Jean IV (J. Zunzunegui Aramburu, « El matrimonio de la Infanta Juana con el Duque de Bretaña », Príncipe de Viana, 4, 1943, p. 51-68), et, une fois devenue veuve, le roi d’Angleterre Henry V de Lancastre (P. Strohm, « Joanne de Navarre : that obscur object of desire », Englands Empty Throne. Usurpation and the Language of Legitimation, 1399-1422, New-Haven (N. J.) / Londres, Yale university press, 1998, p. 153-172).

[46]

Bonne, septième et dernier enfant de Charles et de Jeanne de Navarre, naquit selon toute vraisem-blance à Évreux en 1373 lors du séjour de la reine en France (La Chronique des quatre premiers Valois (1327-1393), S. Luce éd., Paris, J. Renouard, 1862, p. 244, précise en effet qu’elle y mourut « de mal d’enfanter, comme l’en dit »). La nouvelle née demeura en France après le décès de sa mère : elle était en juin 1377 à Breteuil (BnF, fr. 26015, no 2 210). Elle dut venir en Navarre en 1381 dans la suite de son frère aîné Charles qui, depuis 1378, était retenu en France. Elle mourut deux ans plus tard (AGN, caj. 47, no 90 V : acte de Charles II du 12 décembre 1383 pour les frais d’une robe achetée pour l’infant Charles pour le deuil de sa sœur Bonne).

[47]

Montpellier, Hérault, ch.-l. dép.

[48]

Cessenon-sur-Orb, Hérault, arr. Béziers, cant. Saint-Chinian.

[49]

Beaumont-le-Roger, Eure, arr. Bernay, ch.-l. cant.

[50]

Conches-en-Ouche, Eure, arr. Évreux, ch.-l. cant.

[51]

Léonore de Trastamare, fille du roi de Castille Henri de Trastamare, mariée en 1375 avec l’infant Charles pour sceller la paix entre les deux royaumes (M. Gaibrois de Ballesteros, « Leonor de Trastámara, reina de Navarra », Príncipe de Viana, 8, 1947, no 26, p. 35-72, et N. Ongay, « Leonor de Trastámara, reina de Navarra (1375-1415) », Fundación, 9, 2008-2009, p. 1-13).

[52]

Agnès de Navarre (1334-1396), mariée en 1349 au comte de Foix Gaston Fébus, est désignée par son frère comme exécutrice de son testament de 1385 (M. Lerebours, Agnès de Navarre, une princesse entre Foix et Béarn, mémoire de maîtrise de l’université de Pau et des pays de l’Adour, dact., 2 vol., 2002).

[53]

Jeanne de Navarre (1343-1403), mariée à Jean Ier de Rohan. Les conditions et négociations qui ont présidé à cette union restent inconnues ; elle eut lieu en 1376 ou 1377, et le premier enfant de ce mariage naquit vraisemblablement au début de 1378 : Jeanne en informa son jeune neveu Pierre de Navarre présent dans la principauté (BnF, fr. 26015, no 2210), ainsi que son frère en Navarre (AGN, reg. 161, fol. 22). Charles II la désigna comme l’exécutrice de son testament de 1385 (« Le dernier testament… », art. 47, p. 203).

[54]

Blanche de France († 1393), fille de Charles IV le Bel et de Jeanne d’Évreux, mariée en 1344 à Philippe d’Orléans († 1375), fils puîné du roi de France Philippe VI de Valois.

[55]

Blanche de Navarre (1333-1398), mariée en 1350 au roi de France Philippe VI de Valois, est désignée par son frère comme exécutrice de son testament de 1385 (A. Lesort, « La reine Blanche dans le Vexin et le pays de Bray (1359-1398) », Mémoires de la Société historique et archéologique de larrondissement de Pontoise et du Vexin, 54, 1948, p. 35-67, et 55, 1954, p. 9-88, Ma Narbona Cárceles, « La "Discreción hermosa" : Blanca de Navarra, reina de Francia (1331-1398). Una dama al servicio de su linaje », La dama en la corte bajamedieval, Martí Aurell éd., Pampelune, 2001, p. 75-115, et J.-M. Cazilhac, Jeanne dÉvreux, Blanche de Navarre : deux reines de France, deux douairières durant la guerre de Cent ans, Paris, 2011).

[56]

Ujué, prov. Navarre, comarque Tafalla.

[57]

La lecture du copiste est fautive. Est-ce Pitillas, prov. Navarre, comarque Tafalla ?

[58]

Montearagón, prov. Huesca, comarque Hoya de Huesca.

[59]

Falces, prov. Navarre, comarque Ribera Arga-Aragón.

[60]

Lieu non identifié, la lecture du copiste est sans doute fautive.

[61]

Tudela, prov. Navarre.

[62]

En 1357, Charles II avait fait un don de 10 l. de rente au chapitre de la cathédrale « quant nous fumes venuz en nostre ville d’Evreux aprés nostre joyeuse delivrance ». Il prévoyait en 1361 de lui donner 2 000 moutons pour sa réfection, et une somme de 500 écus pour y célébrer une messe chantée hebdomadaire (« Un testament… », art. 25, p. 338 et note 1).

[63]

Pontoise, Val-d’Oise, ch.-l. dép.

[64]

Vernon, Eure, arr. Évreux, ch.-l. cant.

[65]

Il s’agit de la cathédrale placée sous le vocable de saint André, aujourd’hui disparue (Avranches, Manche, ch.-l. arr.). Charles II lui faisait en 1361 un don de 500 écus (« Un testament… »¸ art. 26, p. 338).

[66]

Chartres, Eure-et-Loir, ch.-l. dép. Charles II lui laissait, en 1361, 40 l. de rente pour y célébrer une messe chantée (« Un testament… », art. 44, p. 340).

[67]

Vienne, Isère, ch.-l. arr. Charles II avait une dévotion particulière pour cet ordre hospitalier fondé à la fin du xie siècle en Dauphiné, et introduit dans la péninsule ibérique, à Burgos, au milieu du xiie siècle. Il prévoyait en 1385 de fonder une communauté de dix frères dans l’une des maisons de l’ordre, soit celle d’Olite soit celle de Pampelune, et une chapellenie de 40 l. de rente (« Le dernier testament… », p. 196 et note 1 p. 206).

[68]

Avignon, Vaucluse, ch.-l. dép.

[69]

Pierre IV d’Aragon (1319-1387), beau-frère de Charles de Navarre pour avoir épousé en 1338 sa sœur Marie décédée en 1347 (J. R. Castro Álava, « El matrimonio de Pedro IV de Aragón y María de Navarra », Estudios de Edad Media de la corona de Aragón, 3, 1947-1948, p. 121-141).

[70]

Jean (1340-1416), troisième fils du roi de France Jean II le Bon, apanagé du Berry en 1363 par son père et du Poitou en 1369 par son frère Charles V.

[71]

Édouard (1330-1376), prince de Galles, duc d’Aquitaine à partir de 1362, fils du roi d’Angleterre Édouard III.

[72]

Louis (1336-1400), fils de l’oncle paternel de Charles de Navarre, Charles d’Étampes (1305-1336). Il est désigné par Charles comme exécuteur de son testament de 1385 (« Le dernier testament… », art. 47, p. 203).

[73]

Guillaume Ier (1324-1391), fils de Jean Ier comte de Namur et de Marie d’Artois. La sœur de cette dernière, Marguerite, était l’épouse du grand-père paternel de Charles II, le comte Louis d’Évreux (1276-1319).

[74]

Jean Ier (1364-1398), fils de Raimond Bérenger, comte de Prades et d’Ampurias et époux de Jeanne d’Aragon, elle-même fille de Pierre IV d’Aragon et de Marie de Navarre, sœur de Charles II.

[75]

Gaston († 1380), neveu de Charles II, fils du comte de Foix Gaston Fébus et de sa sœur Agnès de Navarre, tué en 1380 par son père (sur cet épisode, voir V. Lamazou-Duplan, « Froissart et le drame d’Orthez : chronique ou roman ? », M.-M. Castellani et J.-Cl. Herbin dir., Actes du colloque international Jehan Froissart, Lille III-Valenciennes, 30 septembre-1er octobre 2004 = Perpectives médiévales, livraison spéciale, no 31, 2006, p. 111-141).

[76]

Pedro de la Luna (1329-1423), issu d’une famille noble d’Aragon, créé cardinal en 1375 et élu pape sous le nom de Benoît XIII en 1394 par les cardinaux avignonnais soutiens de l’antipape Clément VII.

[77]

Yolande de Flandre, belle-sœur de Charles II, mariée en 1353 à son frère Philippe. Voir M. Bubenicek, Quand les femmes gouvernent. Droit et politique au xive siècle : Yolande de Flandre (1326-1395), Paris, École nationale des chartes, 1998.

[78]

Jeanne (1355-1406), cousine de Charles II, fille de Jean III duc de Brabant et de Marie d’Évreux, elle-même fille du comte Louis d’Évreux.

[79]

Blanche († 1387), mariée au comte d’Harcourt Jean V, décapité sur ordre de Jean II le 5 avril 1356 lors de l’arrestation à Rouen de Charles II.

[80]

Abbaye d’augustins de saint Victor dénommée Notre-Dame-du-Vœu (Cherbourg, Manche, ch.-l. arr.). Charles II, en 1361, prévoyait de lui laisser 300 écus pour célébrer une messe chantée, et en 1385 une somme de 300 fr. pour sa réfection (« Le dernier testament… », art. 42, p. 199).

[81]

Abbaye de bénédictins (Montebourg, Manche, arr. Cherbourg, ch.-l. cant.). Charles II prévoyait en 1361 de lui laisser 100 écus pour sa réfection (« Un testament… », art. 39, p. 340), et en 1385 la somme de 300 fr. également pour sa réfection (« Le dernier testament… », art. 42, p. 199).

[82]

Abbaye de bénédictins (Lessay, Manche, arr. Coutances, ch.-l. cant.). Charles II prévoyait en 1385 de lui laisser 300 fr. pour sa réfection (loc. cit.).

[83]

Abbaye de bénédictins (Grestain, auj. Fatouville-Grestain, Eure, arr. Bernay, cant. Beuzeville). Charles II prévoyait en 1385 de lui laisser 300 fr. pour sa réfection (loc. cit.).

[84]

Abbaye de bénédictins (Saint-Pierre-de-Cormeilles, Eure, arr. Bernay, cant. Cormeilles). Charles II prévoyait en 1385 de lui laisser 300 fr. pour sa réfection (loc. cit.).

[85]

Abbaye de bénédictins (Lyre, Eure, arr. Évreux, cant. Rugles, cne La Vieille-Lyre). Charles II prévoyait en 1361 de lui laisser 100 écus pour sa réfection (« Un testament… », art. 37, p. 340), et en 1385 la somme de 300 fr. également pour sa réfection (« Le dernier testament… », art. 42, p. 199).

[86]

Abbaye de bénédictins. Charles II prévoyait en 1361 de lui laisser 100 écus pour sa réfection (« Un testament… », art. 38, p. 340), et en 1385 la somme de 300 fr. également pour sa réfection (« Le dernier testament… », art. 42, p. 199).

[87]

Abbaye de bénédictines. Charles II prévoyait en 1385 de lui laisser 300 fr. pour sa réfection (« Le dernier testament… », art. 42, p. 199).

[88]

Abbaye de bénédictins (La Croix-Saint-Leuffroy, Eure, arr. Les Andelys, cant. Gaillon). Charles II prévoyait en 1385 de lui laisser 300 fr. pour sa réfection (loc. cit.).

[89]

Couvent de franciscains. Charles II prévoyait en 1385 de lui laisser 300 fr. pour sa réfection (loc. cit.).

[90]

Abbaye de bénédictins (Bernay, Eure, ch.-l. arr.). Charles II prévoyait en 1385 de lui laisser 200 fr. pour sa réfection (loc. cit.).

[91]

Abbaye de bénédictins (Préaux, Eure, arr. Bernay, cant. Pont-Audemer). Charles II prévoyait en 1385 de lui laisser 200 fr. pour sa réfection (loc. cit.).

[92]

Abbaye de prémontrés (Blanchelande, Manche, arr. Coutances, cant. La-Haye-du-Puits, cne Neufmesnil). Charles II prévoyait en 1385 de lui laisser 200 fr. pour sa réfection (loc. cit.).

[93]

Abbaye de prémontrés (La Lucerne-d’Outremer, Manche, arr. Avranches, cant. La Haye-Pesnel). Charles II prévoyait en 1385 de lui laisser 200 fr. pour sa réfection (loc. cit.).

[94]

Abbaye de cisterciens (Savigny, Manche, arr. Avranches, cant. Le Teilleul, cne Savigny-le-Vieux). Charles II prévoyait en 1385 de lui laisser 200 fr. pour sa réfection (loc. cit.).

[95]

Abbaye de bénédictins. Charles II prévoyait en 1385 de lui laisser 150 fr. pour sa réfection (loc. cit.).

[96]

Abbaye de bénédictins (Ivr y-la-Bataille, Eure, arr. Évreu x, cant. Saint-André-de-l’Eure). Charles II prévoyait en 1385 de lui laisser 150 fr. pour sa réfection (loc. cit.).

[97]

Abbaye de bénédictins (Coulombs, Eure-et-Loir, arr. Dreux, cant. Nogent-le-Roi). Charles II prévoyait en 1385 de lui laisser 150 fr. pour sa réfection (loc. cit.).

[98]

Abbaye de bénédictins (Hambye, Manche, arr. Coutances, cant. Gavray). Charles II prévoyait en 1385 de lui laisser 150 fr. pour sa réfection (loc. cit.).

[99]

Abbaye de bénédictines. Charles II prévoyait en 1385 de lui laisser 150 fr. pour sa réfection (loc. cit.).

[100]

Abbaye d’augustins (Corneville-sur-Risle, Eure, arr. Bernay, cant. Pont-Audemer). Charles II prévoyait en 1385 de lui laisser 150 fr. pour sa réfection (loc. cit.).

[101]

Couvent de dominicains. Charles II prévoyait en 1385 de lui laisser 150 fr. pour sa réfection (loc. cit.).

[102]

Abbaye de fontevristes (Chaise-Dieu-du-Theil [La], Eure, arr. Évreux, cant. Rugles). Charles II prévoyait en 1385 de lui laisser 50 fr. pour sa réfection (loc. cit.).

[103]

Le Lieru (Eure, arr. Evreux, cant. Sainte-Marguerite-de-l’Autel), ou Lieurey (Eure, arr. Bernay, cant. Saint-Georges-du-Vièvre ?). Charles II prévoyait en 1385 de lui laisser 50 fr. pour sa réfection (loc. cit.).

[104]

Abbaye de cisterciennes Notre-Dame la Blanche de Mortain. Charles II prévoyait en 1385 de lui laisser 50 fr. pour sa réfection (loc. cit.).

[105]

Charles II prévoyait en 1385 de lui laisser 50 fr. pour sa réfection (loc. cit.).

[106]

Couvent de franciscains (cordeliers). Charles II prévoyait en 1385 de lui laisser 50 fr. pour sa réfection (loc. cit.).

[107]

Charles II prévoyait en 1385 de lui laisser 50 fr. pour sa réfection (loc. cit.).

[108]

Charles II prévoyait en 1385 de lui laisser 50 fr. pour sa réfection (loc. cit.).

[109]

Charles II prévoyait en 1385 de lui laisser 50 fr. pour sa réfection (loc. cit.).

[110]

Charles II prévoyait en 1385 de lui laisser 50 fr. pour sa réfection (loc. cit.).

[111]

Charles II prévoyait en 1385 de lui laisser 50 fr. pour sa réfection (loc. cit.).

[112]

Charles II prévoyait en 1385 de lui laisser 50 fr. pour sa réfection (loc. cit.).

[113]

Charles II prévoyait en 1385 de lui laisser 50 fr. pour sa réfection (loc. cit.).

[114]

Charles II prévoyait en 1385 de lui laisser 50 fr. pour sa réfection (loc. cit.).

[115]

Les quatre frères Picquigny, fils de Jean de Picquigny (voir note suivante), furent amnistiés par Jean II avec leur sœur Marguerite en 1360 alors qu’ils n’étaient encore que des enfants (Le cartulaire dit de Charles II roi de Navarre. El cartulario llamado de Carlos II rey de Navarra, V. Lamazou-Duplan, A. Goulet et P. Charon éd., Pampelune, Gobierno de Navarra, 2010, no 84, p. 334). Ils furent élevés en Navarre dans l’hôtel de la reine Jeanne (AGN, reg. 120, fol. 386 ; caj. 24, no 44 II, et caj. 68, no 1 III). Charles II distingua l’aîné, Robert, en en faisant son chambellan à partir de 1373 (B. Leroy, « Autour de Charles "le Mauvais". Groupes et personnalités », Revue historique, 273, 1985, no 553, p. 11, repris dans Ead., Le royaume de Navarre à la fin du Moyen Âge : gouvernement et société, Londres, Variorum reprints, 1990, art. III), charge qu’il conserva jusqu’à la fin de son règne en 1386 (J. Zabalo Zabaleguí, La administración del reino de Navarra en el siglo XIV, Pampelune, universidad de Navarra, 1973, note 153 p. 73). Contrairement à ses autres frères Jean et Renaud, il ne passa pas dans le camp français lors de la conquête de la principauté en 1378, mais resta fidèle à Charles II, comme son autre frère Mathieu ; il mourut en Navarre en 1396 (Ma Narbona Cárceles, La corte de Carlos III el Noble, rey de Navarra : espacio doméstico et escenario del poder, 1376-1415, Pampelune, EUNSA, 2006, p. 217). Son frère Renaud était capitaine d’Ivry en 1378 (S. Honoré-Duvergé, « Des partisans… », op. cit., p. 89) ; il se présenta avec son frère Jean, dès le 7 mai 1378, devant Gavray au duc de Bourgogne pour faire leur soumission (AnF, JJ 114, fol. 16-17, no 35). Son quatrième frère, Mathieu, se trouvait en Navarre en 1374-1375 (AGN, caj. 29, no 1 A, fol. 40 – 30 janvier 1375) ; il fit partie de l’expédition que Charles II organisa en 1376 pour aider son frère Louis à conquérir le royaume d’Albanie (S. Honoré-Duvergé, « Des partisans… », op. cit., p. 88). Il était présent à Montpellier en 1378 : fait prisonnier par Louis d’Anjou, Charles II s’attacha à obtenir sa libération (AGN, caj. 36, no 18 et no 30 II).

[116]

Jean de Picquigny organisa la libération de Charles II du château d’Arleux dans la nuit du 8 au 9 novembre 1357, avec ses frères Robert et Philippe. Son adhésion à la cause du roi de Navarre ne se démentit plus : il devint son conseiller et prit une part très active dans la guerre civile après le meurtre d’Étienne Marcel, le 31 juillet 1358. Il présenta, avec d’autres partisans de Charles II, des offres d’alliance le 1er août 1358 aux représentants anglais d’Édouard III, et fut capitaine de La Hérelle qui participa du blocus de la capitale pendant la guerre civile de 1358-1359. Il fit une tentative avec son frère Robert le 16 septembre 1358 pour mettre la ville d’Amiens au pouvoir du roi de Navarre, mais en fut repoussé. Il mourut avant mai 1359, sans doute de maladie, à Pacy-sur-Eure (P. Charon, Princes et principautés…, op. cit., dictionnaire biographique Normannia Navarrensis [désormais cité Normannia…], notice no 224).

[117]

Pierre de Sacquenville, conseiller et farouche partisan de Charles II, fit partie de la troupe qui assassina, à L’Aigle, le connétable d’Espagne le 8 janvier 1354. Il joua un rôle dans les négociations du traité de Valognes de septembre 1355, fit partie de la troupe formée par Charles II pour accompagner le dauphin dans son projet de se rendre auprès de son oncle l’empereur fin 1355, à Metz, et défia le roi de France après l’arrestation du Navarrais à Rouen en avril 1356. Il prit part à la guerre anglo-navarraise animée par Philippe de Navarre. Fait prisonnier par les troupes françaises sur le champ de bataille de Cocherel le 16 mai 1364, il fut ensuite exécuté à Rouen (Normannia…, notice no 255). Charles II prévoyait en 1385 un don en faveur de ses filles dans le cas où ses terres de France lui seraient rendues ou échangées (« Le dernier testament… », art. 43, p. 200), et gratifia l’une d’elles d’une rente viagère de 200 l. (ibid., art. 44, p. 202).

[118]

Jeanne des Landes, épouse de Pierre de Sacquenville, était la compagne de la reine Jeanne qu’elle accompagna en Navarre en 1366 (AGN, reg. 118, fol. 159, et BnF, fr. 20387, no 65). Elle figure dans le testament de cette dernière de 1372 (BnF, PO 1233, doss. 27620 [France], no 13), et rejoignit la Normandie en 1373. Elle vivait encore en 1378 et percevait toujours sa provision annuelle de 500 l. (PO 636, doss. 38021 [des Landes en Normandie], no 7).

[119]

Au service des Évreux-Navarre depuis 1336, conseiller de la reine Jeanne de Navarre, Thomas de Ladit a été le pivot de l’ambassade que cette dernière envoya en 1349 à Avignon, Valence et Pampelune, qui aboutit notamment au traité de Conflans entre la Navarre et l’Aragon. Chancelier de Charles II depuis 1351, et son conseiller le plus important du début de son règne, Ladit fut constamment présent à ses côtés : lors de sa lieutenance en Languedoc pour le compte du roi de France en 1351, lors de sa fuite en octobre 1354 vers Avignon, lors de son repli vers son royaume de Navarre en mars de l’année suivante, lors de son arrestation à Rouen le 5 avril 1356, d’où il parvint à s’échapper. Il fut chargé par Philippe de Navarre, au cours de l’hiver 1356-1357, de porter en Angleterre auprès d’Édouard III une demande d’appui pour la libération de Charles II prisonnier. Il avait déjà été en contact avec les Anglais en janvier 1354 lorsque le Navarrais l’avait envoyé en mission à Bruges auprès du duc de Lancastre pour engager des premiers pourparlers avec Édouard III. Présent dans la capitale au moment du meurtre d’Étienne Marcel le 31 juillet 1358, Ladit fut arrêté le lendemain, emprisonné d’abord au Châtelet, puis détenu au Palais, torturé et remis ensuite à la justice de l’évêque de Paris dont il relevait. À peine était-il sorti du Palais qu’il était massacré par les Parisiens (Normannia…, notice no 136). Charles II prévoyait en 1385 un legs en faveur de ses héritiers dans le cas où les terres de France lui seraient rendues ou échangées (« Le dernier testament… », art. 43, p. 200).

[120]

Jean de Hanneucourt, amnistié par Jean II en 1360, exécuteur du testament de Charles II de 1361, chancelier de 1364 à sa mort en 1375. Charles II prévoyait en 1385 un legs en faveur de son frère et ses autres héritiers dans le cas où ses terres de France lui seraient rendues ou échangées (P. Charon, « Les chanceliers d’origine française des rois de Navarre, comtes d’Évreux, au xive siècle », Príncipe de Viana, 60, 1999, no 216, p. 119-144, notice no 4, et Normannia…, notice no 123).

[121]

Orfèvre, bourgeois et échevin de Paris, arrêté après le meurtre d’Étienne Marcel pour avoir soutenu la cause de Charles II, Josseran de Mâcon fut traîné sur la place de grève le 2 août 1358 où il fut décapité en même temps que Charles Toussac. Charles II avait prévu en 1361 de constituer une rente à vie de 80 l. en faveur de sa veuve. Il prévoyait dans celui de 1385 un legs en faveur de ses héritiers dans le cas où ses terres de France lui seraient rendues ou échangées (Normannia…, notice no 179).

[122]

Le château de Brion-sur-Ource (Côte-d’Or, arr. Montbard, cant. Montigny-sur-Aube) avait été livré en 1358 aux bandes navarraises par la femme d’un Girard de Mary (R. Delachenal, Histoire de Charles V, op. cit., t. II, p. 168). Charles II prévoyait en 1385 un legs en faveur de ses héritiers dans le cas où ses terres de France lui seraient rendues ou échangées (« Le dernier testament… », art. 43, p. 200).

[123]

Jean Doublel est le frère du chambellan de Charles II prénommé Colin (AGN, reg. 76/2, fol. 65v) qui fut supplicié avec d’autres juste après l’arrestation du Navarrais à Rouen le 5 avril 1356 pour s’être interposé entre ce dernier et les agents du roi de France et avoir menacé Jean II (R. Delachenal, Histoire de Charles V, op. cit., t. I, p. 150-155). Doublel fut amnistié en 1360 (Le cartulaire dit de Charles II…, op. cit., no 84, p. 335). Il parvint avec d’autres partisans de Charles II à s’échapper de Mantes, prise par du Guesclin en avril 1364, et s’enferma avec eux dans le donjon de Meulan où ils opposèrent une résistance désespérée. On les conduisit à Paris après leur reddition, où ils furent tous mis à mort (R. Delachenal, Histoire de Charles V, op. cit., t. II, p. 360-361). Charles II prévoyait en 1385 un legs en faveur de ses héritiers dans le cas où ses terres de France lui seraient rendues ou échangées (« Le dernier testament… », art. 43, p. 200).

[124]

Renaud de Paris encouragea en juillet 1358 les habitants de Laon à prendre fait et cause pour Charles II et à lui confier le gouvernement du royaume. Il trouva la mort lors de l’assaut de la ville de Mantes qu’il défendait avec d’autres partisans de Charles II en avril 1364. Charles II prévoyait en 1385 un legs en faveur de ses héritiers dans le cas où ses terres de France lui seraient rendues ou échangées (Normannia…, notice no 220).

[125]

Guérard Maussergent participa à la libération de Charles II du château d’Arleux dans la nuit du 7-8 novembre 1357. Il occupa le poste de bailli d’Évreux dans la principauté à partir de 1364, jusqu’à son assassinat en 1370 ordonné par Charles II qui le soupçonnait de collusion avec le roi de France. Charles II prévoyait en 1385 de laisser à ses enfants la somme de 700 florins (Normannia…, notice no 190).

[126]

Charlot Maussergent était le filleul de Charles II (BnF, fr. 20837, no 29). Il était en 1391 sergent d’armes du roi de France (AnF, J 219, Conches et Breteuil, no 29).

[127]

Jean de Hanneucourt le Jeune, qui figure dans le testament de Charles II de 1361 sous la rubrique « pour le fait de nostre delivrance comme pour autres servises a nous faiz », fut amnistié en 1360 par Jean II. Exécuteur testamentaire de Philippe de Navarre, il périt des suites des blessures reçues lors de l’assaut de Mantes par du Guesclin en avril 1364, qu’il défendait avec d’autres partisans du roi de Navarre. Charles II prévoyait en 1385 un legs en faveur de ses filles dans le cas où ses terres de France lui seraient rendues ou échangées (Normannia…, notice no 124).

[128]

Prévôt des marchands de Paris, chef de la révolution parisienne de 1358. Charles II prévoyait en 1361 de laisser à sa veuve 100 l. de rente à vie (« Un testament… », art. 18, p. 336), et en 1385 un legs en faveur de ses héritiers dans le cas où ses terres de France lui seraient rendues ou échangées (« Le dernier testament… », art. 43, p. 200). Voir R. Cazelles, Étienne Marcel, champion de lunité française. La révolte de Paris, Paris, Tallandier, 1984, et J. d’Avout, 31 juillet 1358 : le meurtre dÉtienne Marcel, Paris, Gallimard, 1960.

[129]

Charles Toussac, bourgeois et échevin de Paris, soutien d’Étienne Marcel et ardent détracteur du gouvernement de Jean II et du dauphin, membre des États généraux de 1357, à l’origine de l’acclamation populaire de Charles II au poste de capitaine de Paris en juin 1358, exécuté le 2 août 1358 en même temps que Josseran de Mâcon (F. Autrand, Charles V, p. 253, 280, 290, 332, 347). Charles II prévoyait en 1385 un legs en faveur de ses héritiers dans le cas où ses terres de France lui seraient rendues ou échangées (« Le dernier testament… », art. 43, p. 200).

[130]

Orfèvre du roi de France, échevin de Paris, membre des États généraux de 1357, entré au conseil du dauphin en février 1358 après la délivrance de Charles II, désigné comme général des finances aux côtés de Mathieu de Picquigny et de Jean de Sainte-Aulde (J. d’Avout, 31 juillet 1358…, op. cit., p. 147, 162), Jean de L’Isle fut égorgé par la populace le même jour qu’Étienne Marcel (R. Delachenal, Histoire de Charles V, op. cit., t. I, p. 60 et note 3, p. 317, 366, 458 et t. II, p. 423). Charles II prévoyait en 1361 de constituer une rente à vie de 80 l. en faveur de sa veuve (« Un testament… », art. 19, p. 336), et en 1385 un legs en faveur de ses héritiers dans le cas où ses terres de France lui seraient rendues ou échangées (« Le dernier testament… », art. 43, p. 200).

[131]

Martin Pisdoe, bourgeois de Paris, obtint une lettre de rémission en août 1358 suite au meurtre d’Étienne Marcel. Il resta toutefois fidèle à Charles II, et fut l’un des artisans du complot de décembre 1358 qui aurait eu pour but de lui ouvrir les portes de la capitale. La conjuration découverte, il fut arrêté, décapité aux Halles et ses membres exposés aux quatre portes principales de Paris (J. d’Avout, 31 juillet 1358…, op. cit., p. 279-280, et F. Autrand, Charles V, op. cit., p. 383). Charles II prévoyait en 1385 un legs en faveur de ses héritiers dans le cas où ses terres de France lui seraient rendues ou échangées (« Le dernier testament… », art. 43, p. 200).

[132]

Soutien d’Étienne Marcel, emprisonné après le meurtre de ce dernier sur ordre du régent après son retour à Paris, Jean Prévôt fut exécuté début août 1358 dans la fournée des exécutions capitales ordonnées dans le cadre de la reprise en mains du pouvoir par le dauphin (J. d’Avout, 31 juillet 1358…, op. cit., p. 244, p. 248). Charles II prévoyait en 1361 de constituer une rente de 60 l. pour sa veuve (« Un testament… », art. 20, p. 336), et en 1385 un legs en faveur de ses héritiers dans le cas où ses terres de France lui seraient rendues ou échangées (« Le dernier testament… », art. 43, p. 200).

[133]

Soutien d’Étienne Marcel, emprisonné après le meurtre de ce dernier sur ordre du régent après son retour dans Paris, Jean Bonvoisin fut exécuté début août 1358 dans la fournée des exécutions capitales ordonnées dans le cadre de la reprise en mains du pouvoir par le dauphin. Il est mentionné dans la copie du compte du changeur du Trésor royal du terme de la Saint-Jean 1358 comme trésorier de Charles II. Aucune autre source ne vient confirmer cette fonction, mais elle serait révélatrice du rôle qu’il put jouer dans son proche entourage. Charles prévoyait en 1385 un legs en faveur de ses héritiers dans le cas où ses terres de France lui seraient rendues ou échangées (Normannia…, notice no 40).

[134]

Avocat au Parlement de Paris, soutien d’Étienne Marcel, emprisonné sur ordre du dauphin après son retour à Paris, Pierre de Puisieux fut exécuté début août 1358 dans la fournée des exécutions capitales ordonnées dans le cadre de la reprise en mains du pouvoir par le dauphin (R. Delachenal, Histoire de Charles V, op. cit., t. I, p. 463-464). Charles II prévoyait en 1385 un legs en faveur de ses héritiers dans le cas où ses terres de France lui seraient rendues ou échangées (« Le dernier testament… », art. 43, p. 200).

[135]

Personnage non identifié. Est-il parent de Jean Le Maire, beau-frère du secrétaire de Charles II, Pierre du Tertre, amnistié au traité de Valognes de 1355 (Le cartulaire dit de Charles II…, op. cit., no 68, p. 292) ? Ce Jean Le Maire fut délégué par Charles II en France (AGN, reg. 151, fol. 56) et en Angleterre en 1374 « pour mettre sus voies d’aliences dudit roy de Navarre avecques les Anglois… », et mourut en mer dans son voyage de retour (seconde déposition de Pierre du Tertre, D.-Fr. Secousse, Recueil de pièces servant de preuves aux Mémoires sur les troubles excités en France par Charles II dit le Mauvais, roi de Navarre et comte dÉvreux, Paris, Durand, 1755, p. 406). Est-il parent de ce Pierre Le Maire, sergent d’armes, qui fit partie de l’escorte de Pierre de Navarre en Normandie (AGN, reg. 153, fol. 32), et mourut ensuite, dans la principauté ou ailleurs, et dont l’exécution testamentaire se fit en Navarre en 1381 (caj. 43, no 46 III) ? Charles II prévoyait en 1385 un legs en faveur des héritiers de Guillaume Le Maire dans le cas où ses terres de France lui seraient rendues ou échangées (« Le dernier testament… », art. 43, p. 200).

[136]

Jean de Ham et sa sœur Jeannette furent amnistiés par Jean II en 1360 (Le cartulaire dit de Charles II…, op. cit., no 84, p. 336). Leur père, prénommé Jean († 1362), était chambellan de Charles II, et celui-ci le désigna comme l’un des exécuteurs de son testament de 1361 (« Un testament… », p. 342), sans doute pour avoir été « luno de los primeros principales » à sa délivrance du château d’Arleux et incité les Amiénois à s’allier avec Paris après le meurtre des maréchaux de février 1358 (Normannia…, notice no 122). Jean devint chanoine de Saint-Guillaume de Mortain, bénéfice dont il démissionna en 1374 (AGN, caj. 29, no 1 B, fol. 9v). La rente dont il jouissait était assise sur les revenus de Tafalla et ses appartenances, que son père avait reçus de Charles II en échange du château de Tinchebray donné précédemment (« Un testament… », p. 337 et note 2). Charles II prévoyait dans son testament de 1385 une disposition analogue en sa faveur (« Le dernier testament… », art. 44, p. 201).

[137]

Frère du chambellan de Charles II Jean de Ham († 1362), André occupa la charge de trésorier du royaume de Navarre de 1373 à 1375. Il servit également comme conseiller royal dans les années suivantes (AGN, caj. 32, no 51 XI, et caj. 40, no 34 II), et occupa la charge de maître d’hôtel à partir de 1384 en même temps que celle de chambellan (J. Zabalo Zabaleguí, La administración…, op. cit., note 282 p. 80 et p. 74, 90 et 144). Charles II prévoyait en 1385 un legs de 300 l. de rente à vie en sa faveur en attendant qu’il fût pourvu d’un bénéfice (« Le dernier testament… », art. 44, p. 201).

[138]

Léger d’Orgessin aurait fait partie de la troupe qui se livra à l’assassinat du connétable d’Espagne le 5 janvier 1354 à L’Aigle, mais, si tel était le cas, il ne reçut pas ensuite de lettre de rémission à l’inverse des autres comparses. Il ne figure pas non plus sur la liste des amnistiés du traité de Valognes de 1355. Léger d’Orgessin occupait dans la principauté le poste de capitaine de Nonancourt en 1363. Il était par ailleurs présent dans la garnison de Mantes lorsque du Guesclin s’en empara le 8 avril 1364, et y fut fait prisonnier. Charles II le nomma le 6 septembre 1366 capitaine à vie de Pacy, poste qu’il occupa jusqu’à la conquête de la principauté en 1378. Il l’institua également en 1366 gouverneur de sa nouvelle seigneurie de Montpellier qu’il venait de recevoir en échange des terres franciliennes et normandes qu’il avait abandonnées au traité de Paris (1365), mais cette charge fut de courte durée en raison de l’hostilité du duc d’Anjou de voir Charles II être réellement mis en possession de cette terre languedocienne. Ce n’est qu’en 1372 que Charles fut mis effectivement en possession cette terre, et ce fut Léger d’Orgessin qui la reçut en son nom ; Charles II le nomma à nouveau gouverneur de cette place la même année. Il occupait toujours cette fonction en 1374. Il rejoignit l’infant Pierre de Navarre en Normandie en 1376, et prit part aux négociations avec la cour de France en 1377-1378 (Normannia…, notice no 216).

[139]

Chambellan, fils de Guillaume de Gauville, châtelain d’Orbec, partisan et conseiller de Charles II (Normannia…, notices nos 104 et 105).

[140]

Jean, dit Lamourat, de Lignères participa à la libération de Charles II du château d’Arleux. Amnistié par Jean II en 1360, maître d’hôtel de l’infant Louis dans le royaume en 1362, capitaine de Bricquebec dans la principauté en 1366, appelé par Charles II dans son royaume pour diriger en 1368 la guerre de Guipúzcoa en tant que maréchal, Lamourat fut établi gouverneur de Montpellier en 1374 après Léger d’Orgessin. Il accompagna ensuite Pierre de Mortain en Normandie, et remplit à ses côtés le rôle de conseiller (Normannia…, notice no 173).

[141]

Tercellet de Hanneucourt joua un rôle important dans la libération de Charles II du château d’Arleux, puisque lui, ses frères et ses amis « buscar et fayllar la manera de la deliurança de preson del dito seynnor rey con otros ensemble ». Chambellan entre 1361 et 1375, capitaine de Nonancourt dans la principauté entre 1369 et 1371, Tercellet se rendit en Angleterre avec Charles II en août 1370, et fut de la troupe qui aida Louis de Navarre à conquérir le duché de Duras en Albanie en 1376. Il était capitaine d’Anet à la veille de la conquête de la principauté en 1378 (Normannia…, notice no 127).

[142]

Officier de l’hôtel (maître d’écurie entre 1360 et 1370, maître d’hôtel entre 1371 et 1377), conseiller à partir de 1376, Guiot d’Arcy accompagna l’infant Charles dans son voyage en France en 1378 et remplit à ses côtés les fonctions de chambellan (Normannia…, notice no 14).

[143]

Officier de l’hôtel : successivement échanson entre 1362 et 1365, maître d’hôtel en 1366/1367, maître d’écurie entre 1368 et 1377, et à nouveau maître d’hôtel en 1378 (Normannia…, notice no 35).

[144]

Officier de l’hôtel : chambellan entre 1363 (Archivo General de Navarra…, op. cit., t. II, no 692) et 1383 (AGN, caj. 47, no 50 I).

[145]

Homme de confiance, Jacquet de Rue participa à la libération de Charles II du château d’Arleux, devint chambellan à partir de 1366 et le resta jusqu’en 1378. Arrêté en mars 1378 alors qu’il rejoignait l’infant Charles envoyé en France en qualité de lieutenant de son père, il fut supplicié avec le conseiller Pierre du Tertre le 21 juin suivant. Charles II prévoyait en 1385 de laisser à sa fille la somme de 1 000 florins pour l’aider à se marier (Normannia…, notice no 252).

[146]

Fils de Fremin de Coquereul, maire d’Amiens, destitué de son poste en novembre 1358 après la tentative de soulèvement de la ville, « souppechonnés d’avoir machiné et pechié o fait crisme de leze majesté encontre les personnes et estat du roy et de mons. le regent et de, en pluseurs cas et manieres, avoir soustenu et porté le fait du roy de Navarre » (A. Thierry, Recueil de monuments inédits sur lhistoire du Tiers État. Première partie : chartes, coutumes actes municipaux, statuts des corporations darts et métiers dans les villes et communes de France. Région du Nord, Paris, F. Didot, 4 vol., 1850-1870, t. I contenant les pièces relatives à la ville dAmiens depuis lan 1057 jusquau xve siècle, no CCX X XVI, p. 592-593). Fremin fut ensuite décapité en janvier 1359 comme traître et partisan du roi de Navarre (É. Maugis, Documents inédits concernant la ville et le siège du bailliage dAmiens…, Amiens / Paris, Yvert et Tellier, 3 vol., 1908-1921, t. I : xive siècle (1296-1412), no XX /17, p. 108). Son fils Mahiot apparaît dans l’entourage de Charles II en Navarre en 1366 en qualité d’écuyer (AGN, caj. 21, no 19 V). Il était capitaine de Viana en 1371 (caj. 33, no 29 IV) et le resta jusqu’en 1377 (caj. 33, no 29 IV). Il fit partie de la troupe envoyée en 1376 par Charles II en Albanie pour aider son frère Louis à conquérir le duché de Duras (A. Rubio y Lluch, Los Navarros en Grecia y el ducado catalán de Atenas en la época de su invasión, Barcelone, J. Jepús, 1886, p. j. no 7, p. 211). On le trouve encore en « Romania » en 1382 (AGN, reg. 169, fol. 27v) et 1385 (reg. 184, fol. 36v-37) : il devint le conquérant et premier gouverneur de la Morée navarraise pendant deux ans (A. Rubio y Lluch, Los Navarros…, op. cit., p. 29). Charles en avait fait son écuyer tranchant en 1368-1370 (Archivo General de Navarra…, op. cit., t. V, no 1985), puis son huissier d’armes entre 1372 (AGN, caj. 27, no 42) et 1375 (caj. 28, no 35 III), et son chambellan à partir de 1375 (caj. 30, no 19 III), charge qu’il occupait encore en 1378 (BnF, PO 1247, doss. 27909 [du Fresnoy], no 5), et peut-être aussi en 1381 (AGN, caj. 42, no 9 IV).

[147]

Secrétaire personnel de Charles II dès les premières années de son règne et son conseiller dès 1361, désigné comme son exécuteur testamentaire en 1361, amnistié par Jean II en 1360, Pierre du Tertre galvanisa les forces navarraises après la défaite de Cocherel en se transportant dans toutes les villes du comté d’Évreux, à Breteuil, Beaumont, Anet, Pacy, Pont-Audemer et Orbec pour « enduire les gens desdis lieux a faire garnisons, conforter lesdis lieux, enorter les gens de mons. de secourre Evreux, tant de gens comme de finance, mettre acort entre les cappitaines pour leurs raençons, veoir la personne de mons. messire Charles et parler sur aucunes emprinses… ». Arrêté à Breteuil lors de la conquête de la principauté en 1378, il fut supplicié sur ordre de Charles V en même temps que Jacquet de Rue. Charles II prévoyait en 1385 de laisser à ses enfants la somme de 1 000 florins (Normannia…, notice no 275).

[148]

Guiot de Ménilles fut, comme ses parents, Laurent et Simon de Ménilles, amnistié par Jean II en 1360 (Le cartulaire dit de Charles II…, op. cit., no 84, p. 335). Il a été échanson entre 1361 (BnF, coll. Chappée, carton LXVII, pièce no 63), et 1364 (AGN, reg. 111, fol. 51), et cumula cette charge avec celle de maître d’hôtel entre 1362 (caj. 15, no 92 IV) et 1366 (reg. 120, fol. 21v). On le trouve ensuite chambellan à partir de 1369 (Archivo General de Navarra…, op. cit., t. V, no 2028), et jusqu’en 1378 (AGN, caj. 36, no 39 III).

[149]

Hue, dit Gaillard, de Fourdrinoy participa à la libération de Charles II du château d’Arleux. Il était en 1364 capitaine d’Évreux et garde de Meulan dans la principauté, et participa en 1368 en Navarre à la conquête du Guipúzcoa. Il accompagna en 1373 la reine en France. Nommé en 1377 garde du château de Tudela et pratiquement au même moment merino de La Ribera, charge qu’il occupa une dizaine d’années, il était en 1376 maître d’écurie de l’hôtel d’Agnès de Navarre et des infantes. Il participa à la guerre contre la Castille de 1378 et reçut la montre des gens d’armes à Olite le 1er juillet de cette année. Charles II prévoyait en 1385 de lui laisser sa rente à vie, et une somme de 600 florins. Charles III le garda à son service, et il était encore en vie en 1401 (Normannia…, notice no 95).

[150]

Baude de Haneçois fut amnistié par Jean II en 1360 (Le cartulaire dit de Charles II…, op. cit., no 84, p. 335). Il fit carrière dans l’hôtel : fourrier en 1361 (AGN, caj. 14, no 164 XVI) et 1362 (Archivo General de Navarra…, op. cit., t. II, no 309), panetier entre 1363 (AGN, caj. 17, no 82 VI) et 1386 (J. Zabalo Zabaleguí, La administración…, op. cit., p. 69), il cumula en 1363 cet office avec celui d’écuyer de la fruiterie (AGN, caj. 15, no 94 VI, et caj. 17, no 85 VII).

[151]

Jean de Fontaines, écuyer de l’infant Pierre en 1372 (AGN, caj. 27, no 66 IV) et 1374 (caj. 29, no 1 A, fol. 11-11v), fut envoyé en 1377 le rejoindre en France (caj. 33, no 113 I).

[152]

Bourgeois d’Amiens puis d’Évreux, Colart de Fresnoy figure dans le testament de Charles II de 1361 avec un don de 60 écus annuels. Il était maître de paneterie dans l’hôtel de Charles II lorsque ce dernier l’institua en 1362 maître des eaux et forêts de la principauté, charge qu’il conserva jusqu’en 1376. Il fut également vicomte et receveur d’Évreux en 1371-1372, et finit sa carrière comme auditeur de la chambre des comptes de la principauté. Il était également conseiller de Charles II (Normannia…, notice no 98).

[153]

Officier de l’hôtel (maître de cuisine entre 1372 [AGN, caj. 27, no 36] et 1383 [caj. 45, no 17], écuyer de paneterie en 1385 [reg. 184, fol. 54v], et maître d’écurie en 1386 [caj. 53, no 32 XL]), Colin de Fresnoy accompagna l’infant Charles dans ses différents voyages en Castille en 1376-1377, et occupa la charge d’écuyer de paneterie dans son hôtel une fois ce dernier devenu roi (Ma Narbona Cárceles, La corte de Carlos III el Noble…, op. cit., p. 311). Charles II prévoyait en 1385 de lui laisser une rente de 100 l. de rente (« Le dernier testament… », art. 44, p. 201).

[154]

Officier de l’hôtel : écuyer de paneterie entre 1372 (AGN, caj. 27, no 82 LIV) et 1375 (reg. 153, fol. 43v), puis écuyer ou valet tranchant entre 1376 (reg. 155, fol. 253v) et 1383 (caj. 47, no 50 I).

[155]

Officier de l’hôtel : écuyer d’écurie entre 1372 (AGN, leg. 4, no 40) et 1386 (J. Zabalo Zabaleguí, La administración…, op. cit., note 157 p. 74), des Chesnes figurait dans la suite qui accompagna l’infant Charles en 1376 en Castille (Ma Narbona Cárceles, La corte de Carlos III el Noble…, op. cit., p. 152). Il resta au service de Charles III comme maître d’écurie jusqu’à son décès survenu en 1399 (ibid., p. 331). Charles II prévoyait en 1385 de laisser à sa veuve la somme de 100 florins (« Le dernier testament… », art. 44, p. 202).

[156]

Officier de l’hôtel : échanson entre 1378 (AGN, caj. 36, no 53 IV) et 1384 (caj. 45, no 23 V), écuyer de cuisine en 1385 (reg. 184, fol. 56), maître d’écurie en 1385 (caj. 53, no 20 IV) et 1386 (J. Zabalo Zabaleguí, La administración…, op. cit., note 157 p. 74), Saint-Lux continua de diriger l’écurie royale sous Charles III jusqu’en 1417 (Ma Narbona Cárceles, La corte de Carlos III el Noble…, op. cit., p. 331). Charles II prévoyait en 1385 de lui laisser 100 l. de rente à vie (« Le dernier testament… », art. 44, p. 201). Parent (?) du chevalier Pierre de Saint-Lux, au service de Charles en Normandie en 1370 (BnF, PO 2761, doss. 61630 [de Saint Lux], no 2), qui reçut 220 fr. en 1365 pour l’aider à soutenir son état et en récompense des pertes et dommages soutenus à cause des guerres (Le compte des recettes et dépenses du roi de Navarre en France et en Normandie de 1367 à 1370, E. Izarn éd., Paris, A. Picard, 1885, p. 156).

[157]

Amnistié par Jean II en 1360 (Le cartulaire dit de Charles II…, op. cit., no 84, p. 335), homme d’armes dans la principauté en 1369-1370 (Le compte…, op. cit., p. 293, 295, 297), Houdan était huissier d’armes en 1374-1378 (AGN, caj. 29, no 1 A, fol. 35-35v, et caj. 34, no 2 IV). Parent (?) du chevalier Jean de Houdan qui participa à la libération de Charles II en novembre 1357 (« Un testament… », art. 14 p. 334), fut amnistié en 1360 (Le cartulaire dit de Charles II…, op. cit., no 84, p. 335), et était en 1364 capitaine du château de Neufchâtel-de-Lincourt (auj. Neufchâtel-en-Bray, Seine-Maritime, arr. Dieppe, ch.-l. cant.) dans le douaire de la reine Blanche, sœur de Charles II (AnF, JJ 96, fol. 44v-45, no 126).

[158]

Officier de l’hôtel : échanson en 1350 lorsque Charles II séjourna en Navarre pour son couronnement (AGN, reg. 61, fol. 129), Neuffons fut amnistié par Jean II en 1360 (Le cartulaire dit de Charles II…, op. cit., no 84, p. 335). Il était en 1361 écuyer de paneterie dans la principauté (AGN, caj. 41, no 27 VI, et caj. 15, no 66 VII), charge qu’il continua d’exercer dans le royaume jusqu’en 1363 (caj. 15, no 94 XVI). Il occupait aussi durant ces mêmes années l’office d’écuyer de fruiterie (Archivo General de Navarra…, op. cit., t. II, no 366, et AGN, caj. 15, no 94 X XV), et était devenu en 1364 maître d’hôtel (AGN, reg. 114, fol. 135). Il servit aussi en 1363 dans l’hôtel de la reine en qualité de panetier (caj. 15, no 95 XLII), de maître de son écurie de 1363 à 1373 (caj. 17, no 86 V, et caj. 27, no 82 X XI), et, entre 1364 et 1367, de maître de son hôtel (Archivo General de Navarra…, op. cit., t. III, no 1011, et AGN, caj. 25, no 85 VIII). Il l’accompagna dans son voyage en France en 1366 (AGN, caj. 20, no 98 VI), et la servit ensuite comme échanson (caj. 23, no 82 XVI). C’est toujours comme responsable de l’échansonnerie qu’il l’accompagna dans son voyage en France en 1373, d’où il revint avec la comtesse de Foix après la mort de la reine (caj. 28, no 59 IV). Il était depuis 1375 (caj. 28, no 88 LVIII), et jusqu’en 1383 (reg. 174, fol. 46v), le maître de l’hôtel de la comtesse de Foix et des infantes de Navarre. Charles II prévoyait en 1385 un legs de 500 florins en faveur de ses enfants (« Le dernier testament… », art. 44, p. 202).

[159]

Principal valet de chambre, entre 1362 (AGN, caj. 15, no 67 III) et 1382 (caj. 44, no 51 III).

[160]

Confesseur entre 1362 (AGN, caj. 15, no 88 XIV) et 1370 (Le compte…, op. cit., p. 154).

[161]

Jean Amaury, fourrier dans l’hôtel de la reine Jeanne de Navarre en 1372 (AGN, leg. 4, no 35), a été retenu par Charles II après le départ de la reine pour la France l’année suivante comme un des serviteurs ou valets de sa chambre (caj. 28, no 12). Il fut nommé huissier d’armes en 1377 (caj. 30, no 53 IX). Charles II lui fit un don de 300 florins à l’occasion de son mariage célébré la même année (caj. 33, no 25 I). Il était maître de l’hôtel de l’infant Charles lors de sa participation au siège de Lisbonne en 1384, et celui-ci, devenu roi, lui confia à nouveau cette responsabilité qu’il conserva jusqu’en 1413, année probable de son décès (Ma Narbona Cárceles, La corte de Carlos III el Noble…, op. cit., p. 163-168, et p. 168).

[162]

Capitaine des places normandes d’Évreux et de Breteuil en 1356, Úriz fut envoyé par Philippe de Navarre en Angleterre en 1357 pour demander à Édouard III l’envoi de renforts pour mener la résistance dans la principauté contre les troupes royales françaises. Devenu huissier d’armes en 1362 (Archivo General de Navarra…, t. II, no 531), il remplit de nombreuses missions diplomatiques, tant en Castille, Aragon, Portugal, Angleterre, Calais, France, Normandie, Bourgogne, Allemagne, Gascogne, Foix, Béarn, Poitou, et devint conseiller de Charles II dans son royaume (Normannia…, notice no 284).

[163]

Sergent d’armes affecté au service de l’infant Pierre, à la fois dans la principauté, sans doute depuis sa naissance (Archivo General de Navarra…, t. V, no 1972), et en Navarre jusqu’en 1371 (AGN, caj. 25, no 88 II). Il était encore sergent d’armes en 1375 (reg. 153, fol. 43).

[164]

Amnistié par Jean II en 1360 (Le cartulaire dit de Charles II…, op. cit., no 84, p. 334), Garsel, chapelain de l’infant Charles en Normandie en 1364-1365 (Le compte…, op. cit., p. 170), devint aumônier de Charles II à partir de 1369 (ibid., p. 187). Il le resta jusqu’à la fin de son règne en Navarre (AGN, caj. 53, no 5 III). Charles II prévoyait en 1385 un legs de 400 florins en sa faveur (« Le dernier testament… », art. 44, p. 201). Il était chapelain de Romilly en Normandie (Le compte…, op. cit., p. 377, Romilly-la-Puthenaye, Eure, arr. Bernay, cant. Beaumont-le-Roger), prieur d’Arroniz dans le royaume de Navarre (AGN, caj. 56, no 58 I, Arroniz, prov. Navarre, comarque Estella), et chanoine de Dax (Ma Narbona Cárceles, La corte de Carlos III el Noble…, op. cit., p. 269, Dax, Landes, ch.-l. arr.). Charles III lui conserva ses fonctions d’aumônier jusqu’en 1399 (ibid.).

[165]

García de Eugui, recteur des frères mineurs de l’ordre de saint Augustin de Pampelune en 1370, confesseur de Charles II à partir de 1375, puis de Charles III jusqu’en 1407, année probable de son décès (Ma Narbona Cárceles, La corte de Carlos III el Noble…, op. cit., p. 269). Charles II prévoyait en 1385 un legs de 500 florins en sa faveur, et le désignait comme l’un de ses exécuteurs testamentaires (« Le dernier testament… », art. 44, p. 201 et art. 47, p. 203). Lecteur en théologie en 1380-1382, il est l’auteur de plusieurs chroniques (S. Honoré-Duvergé, « Études d’historiographie navarraise : la chronique de García d’Eugui, évêque de Bayonne », Bulletin hispanique [Annales de la faculté des lettres de Bordeaux, 64e année], 44, 1942, p. 17-39), qui ont été publiées : Crónica de los reyes de Navarra, C. Orcastegui Gros éd., Príncipe de Viana, 39, 1978, nos 152-153, p. 547-572, et Crónica dEspayña, A. Ward éd., version espagnole de P. Plaza Arregui, Pampelune, Départemento de Educación y Cultura, 1999.

[166]

Yago (ou Diago), frère augustin, était compagnon des confesseurs de Charles II, Raoul Sanctus (Le compte…, op. cit., p. 154 et 328) et son successeur García de Eugui (AGN, caj. 29, no 1 A, fol. 55v). Il fut lui-même chapelain de Charles II entre 1381 et 1385 (caj. 43, nos 31 IV et V), et confesseur de Charles III attesté en 1391 (Ma Narbona Cárceles, La corte de Carlos III el Noble…, op. cit., p. 269). Charles II prévoyait en 1385 un legs de 100 florins en sa faveur (« Le dernier testament… », art. 44, p. 201).

[167]

Robert de Falaise, frère augustin (Le compte…, op. cit., p. 78) était le confesseur de Philippe de Navarre (Archivo General de Navarra…, t. II, no 861). Il fut chargé en 1369-1371 de diverses messageries à partir de la principauté (Le compte…, op. cit., p. 78, 80, 338, 358, 361, 366, 371, 386 et 396), et était présent en Navarre en 1376 (AGN, reg. 153, fol. 36v) et 1377 (caj. 30, no 56 V).

[168]

Pierre Godeille, originaire du diocèse de Sens (voir la mention de souscription du présent testament), était en 1361 au ser vice de Simon d’Escourcy, conseiller de Charles II (AGN, caj. 14, no 165 XII). Il servit ensuite comme clerc de chancellerie à partir de 1362 (caj. 15, no 64 III). Il fut envoyé dans la principauté en 1364, qu’il ne quitta vraisemblablement qu’en 1371 lorsque Charles II regagna son royaume après son séjour français des années 1369-1371. Il lui confia la responsabilité de sa chambre aux deniers en octobre-novembre 1370 pendant son séjour dans la principauté (Le compte…, op. cit., p. 67 et 376), en fit son secrétaire dans les années 1375 (AGN, caj. 32, no 46 VI), avant de le nommer conseiller et auditeur de sa chambre des comptes en 1383 (Ma R. García Arancón, « Clérigos en la corte de Navarra (1384-1387) », Príncipe de Viana, 52, 1991, no 192, p. 103). En mars 1379, Godeille se rendit avec d’autres conseillers de Charles II à Dax et dans différents lieux de Gascogne lever des combattants pour la défense du royaume attaqué par la Castille (AGN, caj. 39, no 20 I), et, en juin suivant, en Bretagne peut-être pour la même raison ou pour demander l’alliance du duc (caj. 42, no 44 IV). Il participa à partir de 1384 aux négociations avec le duc de Bretagne Jean IV de Montfort qui aboutirent en 1386 au mariage de ce dernier avec l’infante Jeanne (en décembre 1384 [reg. 179, fol. 36], et en décembre 1386 [reg. 190, fol. 62]). Il était abbé de Monreal dans le royaume en 1366 (Archivo General de Navarra…, op. cit., t. IV, no 1700), et prieur de Santa María del Puy d’Estella (AGN, caj. 52, no 41 I). Charles II prévoyait en 1385 un legs de 100 l. de rente à vie en sa faveur, et le désignait comme l’un de ses exécuteurs testamentaires (« Le dernier testament… », art. 44, p. 201, et art. 47, p. 203).

[169]

Amnistié en 1360 (Le cartulaire dit de Charles II…, op. cit., no 84, p. 336), maître de la chambre aux deniers de Charles II entre 1371 (AGN, caj. 26, no 87 VII) et 1381 (caj. 44, no 19 VI), Quesnel remplit aussi la charge de commissaire pour le gouvernement de l’hôtel de la comtesse de Foix et des infantes entre 1380 (caj. 41, no 7 X XIV) et 1390 (reg. 213, fol. 193). Il était abbé de San Martín d’Unx (prov. Navarre, comarque Tafalla, Ma R. García Arancón, « Clérigos… », op. cit., p. 93).

[170]

Personnage non identifié.

[171]

Chevaucheur de Charles II (Le compte…, op. cit., p. 359), Hollande était dans les années 1380 portier de l’hôtel du roi (AGN, caj. 43, no 33 VIII). Charles II prévoyait en 1385 de lui laisser 40 l. de rente viagère (« Le dernier testament… », art. 44, p. 201).

[172]

Chevaucheur de Charles II (Le compte…, op. cit., p. 82).

[173]

Originaire de Plaisance en Italie (B. Leroy, Le royaume de Navarre. Les hommes et le pouvoir, op. cit., p. 210), Nicolas Gagnebien, devenu de Plaisance, est cité dans le testament de Charles II de 1361 avec un don de 40 écus par an sous la rubrique « tant pour le fait de nostre delivrance comme pour autres servises a nous faiz » (« Un testament… », art. 14 p. 335). Il était maître de la chambre aux deniers du roi de 1366 (Archivo General de Navarra…, op. cit., t. IV, no 1725) à 1368 (Archivo General de Navarra…, op. cit., t. V, no 1936). Il s’installa en Navarre dans la bourgeoisie d’Estella (B. Leroy, « Les hommes de gouvernement de Charles II », Príncipe de Viana, 48 : VI centenario de Carlos II de Navarra, 1987, no 182, p. 614), et occupa la charge de receveur de la merindad d’Estella en 1376-1378 (AGN, caj. 30, no 8 X, et caj. 36, no 6 II), avant de devenir auditeur des comptes à partir de 1383 (caj. 47, no 74 VI). Charles II prévoyait en 1385 de lui laisser sa rente à vie et une somme de 300 florins (« Le dernier testament… », art. 44, p. 201).

[174]

Bernard de Dunkerque reçut un don du roi en septembre 1374 à l’occasion de son mariage (AGN, reg. 151, fol. 76v).

[175]

Lorin le Lombart figure dans le testament de Charles II de 1361 sous la rubrique « tant pour le fait de nostre delivrance comme pour autres servises a nous faiz » (« Un testament… », art. 14, p. 335).

[176]

Officier de l’hôtel, Beauvais était serviteur de la garde-robe entre 1373 et 1386 (AGN, reg. 144, fol. 114v, et caj. 53, no 30 v). Charles II prévoyait en 1385 de lui laisser une rente viagère de 40 l. et une somme de 100 florins (« Le dernier testament… », art. 44, p. 201). Il fut désigné par Jean de Beauvais (son parent ?, fourrier dans l’hôtel du roi [AGN, reg. 151, fol. 50]) comme son procureur en 1376 [caj. 33, no 64 II]) alors qu’il s’apprêtait à accompagner Pierre de Navarre en France (caj. 33, no 64 III). Jean de Beauvais a été fourrier de Charles II entre 1362 (caj. 17, no 86 LXVIII) et 1377 (caj. 33, no 64 III), et a tenté de le délivrer de sa prison de Château-Gaillard où il fut un temps enfermé après son arrestation à Rouen (J. A. Brutuails, Documents des archives de la chambre des comptes de Navarre, 1196-1384, Paris, E. Bouillon, 1890, p. 67-69).

[177]

Serviteur de la chambre entre 1376 (AGN, caj. 32, no 26 XV) et 1386 (caj. 45, no 28 II), couché également sur le testament de 1385 avec une rente viagère de 40 l. (« Le dernier testament… », art. 44, p. 201).

[178]

Couturier de Charles II, couché également sur le testament de 1385 avec une rente viagère de 40 l. et une somme de 100 florins (« Le dernier testament… », art. 44, p. 201).

[179]

Jeanne la Berceresse est couchée sur le testament de la reine de Navarre de 1373 avec un don de 300 fr. (BnF, PO 1233, doss. 27620 [France], no 13). Elle fut payée de 200 fr. en 1376 par les exécuteurs testamentaires de la reine (fr. 20387, no 44). S’agit-il de la nourrice de Pierre de Navarre, Jeanne la Brune, qui fut gratifiée par la reine en 1368 d’un don de 60 fr. « pour la bonne garde et norreture que ladicte Jehanne a faitte en mons. messire Pierre de Navarre, et pour pluseurs autres agreables services que elle a faiz a ma dicte dame » (Le compte…, op. cit., p. 142), ou d’une nourrice de l’infant Charles ? Charles II prévoyait en 1385 un legs de 120 florins en faveur des héritiers de Jeanne la Berceresse (« Le dernier testament… », art. 44, p. 201). Elle devint demoiselle des infantes filles de Charles III (Ma Narbona Cárceles, La corte de Carlos III el Noble…, op. cit., note 74 p. 444).

[180]

Martín de Zalba, chancelier du royaume de 1376 à sa mort survenue en 1403, évêque de Pampelune à partir de 1377, désigné par Charles II comme l’un des exécuteurs de son testament de 1385 (J. Zunzunegui Aramburu, « El cardenal de Pamplona Martín de Zalba », Príncipe de Viana, [1], 1941, no 2, p. 93-101).

[181]

Pierre de Saint-Martin, carme, confesseur de Charles II entre 1372 (AGN, caj. 26, no 67 III) et 1374 (reg. 151, fol. 66v), occupa le siège archiépiscopal de Sipontin en Italie de 1375 à 1381. Il fut destitué par Urbain VI, et l’antipape avignonais Clément VII le nomma évêque d’Ampurias. Il résida ensuite fréquemment à la cour de Navarre (J. Zunzunegui Aramburu, El reino de Navarra y su obispado de Pamplona durante la primera epoca del cisma de Occidente, Saint-Sébastien, editorial Pax, 1942, p. 266), avant de devenir prieur des carmes à la cour de Clément VII où il mourut en 1390 (C. Eubel, Hierarchia catholica medii aeviab anno 1198 usque ad annum 1431, 2e éd., Münster, Regensberg, 1913, p. 453).

[182]

Robert Porte, évêque d’Avranches (1359-1379), était au service de Charles II depuis 1355 : il fut son chancelier de 1358 à 1364, son conseiller et le gouverneur de sa principauté entre 1373 et 1376 avec Ferrando d’Ayanz (Normannia…, notice no 237).

[183]

Fils homonyme du bourgeois d’Évreux, bailli de la ville et conseiller de Charles II, Jean Bauffes fils, chanoine d’Évreux, devint évêque de Dax en 1375. Charles II en fit son conseiller à l’instar de son père, et le désigna comme l’un des exécuteurs de son testament de 1385 (Normannia…, notice no 25).

[184]

Robert de Troismonts, abbé de Notre-Dame-du-Vœu près de Cherbourg de 1350 à 1379, conseiller de Charles II, lieutenant des représentants de Charles II dans la principauté entre 1363 et 1369, figure régulièrement aux côtés de Charles II lors de son séjour dans sa principauté en 1369-1370. Charles II l’avait déjà désigné comme l’un des exécuteurs de son testament de 1361 (Normannia…, notice no 281).

[185]

Miguel de Tabar, prieur de la cathédrale de Pampelune, fut l’homme de confiance et le bras droit de Charles II, qu’il désigna comme l’un de ses exécuteurs testamentaires en 1385. Il devint en 1383 prieur de Roncevaux (T. Alzugaray Los Arcos, Le conseil du roi de Navarre, 1349-1425, thèse d’École nationale des chartes inédite, 1990, p. 120).

[186]

Simon d’Escourcy, originaire de Coutances, abbé de Falces après Thomas de Ladit, au service de Charles II depuis 1355, amnistié par Jean II en 1355 et 1360, fut établi par Charles II son exécuteur testamentaire en 1361. Il joua un rôle de tout premier plan durant la période de gouvernement de l’infant Louis en Navarre où il fit figure de pièce maîtresse du conseil. Il conserva son rôle de conseiller auprès de Charles II après que celui-ci eut gagné son royaume fin 1361, et se vit confier différentes missions diplomatiques, auprès du roi de Castille, du roi d’Aragon, du prince Noir. Il accompagna la reine de Navarre en France en 1365-1366, et fut l’un des membres très influent de son conseil pendant sa lieutenance en Navarre en 1369-1372. Il quitta la vie de cour vers 1380, étant devenu incapable de se déplacer en raison de son grand âge (Normannia…, notice no 83).

[187]

Arnaud-Raymond Ier de Gramont, armé chevalier par Charles II le jour de son couronnement le 27 juin 1350, succéda à son père dans ses seigneuries de Basse-Navarre en 1362. Il fut un des négociateurs du traité d’Estella de 1362 entre la Castille de Pierre Ier le Cruel et la Navarre ; la reine Jeanne, lors de sa lieutenance de 1369-1372, le désigna en 1370 pour signer la paix avec Henri de Trastamare. Ses fils servirent de garantie pour l’application du traité passé avec Pierre IV d’Aragon en 1364 et de celui de Briones passé avec Henri de Trastamare en 1379. La rivalité avec la famille de Luxe contraignit Charles II à confisquer ses terres, qui lui furent restituées en 1384. Il décéda cette année-là (J. Jaurgain et R. Ritter, La maison de Gramont (1040-1967), Lourdes, Les amis du musée pyrénéen, 2 vol., 1968, t. I, p. 50-56). Son fils cadet, Arnaud Guillaume, épousa en août 1374 Isabelle, fille bâtarde de Philippe de Navarre (AGN, caj. 28, nos 65 I et II, et no 78 VIII).

[188]

Remiro de Arellano a été maître d’écurie en 1364 (Archivo General de Navarra…, op. cit., t. III, no 1182) et 1366 (AGN, caj. 21, no 80 V), avant d’occuper l’office de chambellan entre 1368 (Archivo General de Navarra…, op. cit., t. V, no 1915) et 1384 (AGN, caj. 48, no 68 I). Il participa aux guerres de France de 1358-1359 (Archivo General de Navarra…, op. cit., t. I, no 210), à la campagne contre l’Aragon en 1362 (AGN, caj. 15, no 97 V), à la conquête du Guipúzcoa en 1368 (Archivo General de Navarra…, op. cit., t. V, nos 1878 et 1915) et à la défense du royaume contre l’invasion castillane de 1378 (AGN, caj. 35, no 6 II). Il était merino d’Estella depuis 1368 (caj. 23, no 77), charge qu’il occupa jusqu’en 1392 (B. Leroy, « Le personnel au service des rois de Navarre aux xive et xve siècles », Prosopographie et genèse de lÉtat moderne. Actes de la table ronde organisée par lÉcole nationale supérieure de jeunes filles et le Centre national de la recherche scientifique, Paris, 22-23 octobre 1984, F. Autrand éd., Paris, ENSJF, 1986, p. 137), et alcaide d’Estella entre 1374 (AGN, caj. 32, no 6 IV) et 1384 (caj. 47, no 14 III). Officier de l’hôtel, homme de guerre, officier de l’administration locale, Remiro de Arellano était également diplomate : il fit partie avec le chancelier Hanneucourt de l’ambassade auprès du roi de Castille Henri de Trastamare pour négocier le mariage de l’infant Charles avec la fille de ce dernier (B. Leroy, Le royaume de Navarre. Les hommes et le pouvoir…, op. cit., p. 237), posa avec Jean Ier de Castille les bases d’un traité de paix après l’invasion de la Navarre, et accueillit en 1386 dans son palais d’Estella les représentants de la Castille et ceux de Navarre qui signèrent le traité prévoyant la restitution des châteaux engagés à la Castille depuis 1378 (J. Ma Lacarra de Miguel, Historia política del reino de Navarra desde sus orígines hasta su incorporación a Castilla, Pampelune, Aranzadi, 3 vol., 1972-1973, t. III, p. 127-130). Il continua de servir comme chambellan Charles III, de 1387 à 1393, année de son décès (Ma Narbona Cárceles, La corte de Carlos III el Noble…, op. cit., p. 216).

[189]

Connétable du port normand de Cherbourg en 1357, chambellan de Louis de Navarre en 1361-1362, nommé par Charles II huissier d’armes en 1363, Ayanz accompagna Louis en France en 1364 dans l’expédition destinée à venger la déroute de Cocherel. Charles II en fit son chambellan à partir de 1369. Ayanz eut une carrière toute militaire centrée sur le Cotentin, au point de le contrôler presqu’entièrement. Parallèlement à sa carrière d’homme de guerre, il devint progressivement un personnage très important de la société politique de la principauté et l’un des hommes de confiance de Charles II, son conseiller à partir de 1368. Il fut étroitement associé au gouvernement de la principauté à son plus haut niveau avec l’évêque d’Avranches Robert Porte, d’abord en qualité de lieutenant du captal de Buch avec ce dernier entre 1366 et 1368, puis de lieutenant de Charles II en août 1370 pendant le séjour du roi en Angleterre, et enfin, à nouveau aux côtés de l’évêque d’Avranches, de gouverneur de la principauté après le départ de Charles II en 1371 et jusqu’à l’arrivée de Pierre de Navarre en 1376 (R. Ciganda Elizondo, « El honor de las armas y el servicio del rey : la carrera política de Fernando de Ayanz (c. 1353-1393) », Grupos sociales en Navarra ; relaciones y derechos a lo largo de la historia. Actas del V congreso de historia de Navarra, 10-13 septiembre 2002, Carmen Erro Gasca, Íñigo Mugueta Moreno éd., Pampelune, ediciones Eunate, 3 vol., 2002, t I, p. 48-68, et Normannia…, notice no 21).

[190]

Amnistié par Jean II en 1360 (Le cartulaire dit de Charles II…, op. cit., no 84, p. 334), aumônier de Charles II depuis 1361 (AGN, caj. 14, no 145 IV), Alexandre accompagna l’infant Charles en France en 1378 comme chapelain et aumônier. Il y séjourna avec lui jusqu’en 1381, année du retour de l’héritier de Navarre dans le royaume. Il était abbé de Aibar et chantre de Santa María de Tudela (T. Alzugaray Los Arcos, Le conseil…, op. cit., p. 98). Charles II prévoyait en 1385 un legs de 400 florins en sa faveur et le désignait comme l’un de ses exécuteurs testamentaires (« Le dernier testament… », art. 44, p. 201, et art. 47, p. 203). Il continua de servir Charles III qui lui garda ses fonctions d’aumônier auprès de lui jusqu’à sa mort survenue en 1391. Son tombeau se voit en l’église de Tudela à côté de celui du chancelier de Charles III, Francisco de Villaespesa (Ma Narbona Cárceles, La corte de Carlos III el Noble…, op. cit., p. 156, 165 et 269, et note 53 p. 277).

[191]

Amnistié par Jean II en 1360, des Moulins devint rapidement un personnage important de la société politique de la principauté : nommé par Charles II auditeur de sa chambre des comptes d’Évreux en 1366, il devint son conseiller à partir de 1370. Il l’accompagna dans son voyage de retour vers la Navarre en 1371, et séjourna quatre ans dans le royaume. Il y occupa une place particulière, ayant le pouvoir de confirmer les mandements royaux et siégeant à la chambre des comptes de Pampelune. Il regagna la Normandie avec Pierre de Navarre en 1376, et participa aux négociations au sommet entre les cours de France et de Navarre en 1377 (Normannia…, notice no 207).

[192]

Lefranc débuta sa carrière comme officier de l’administration locale de la principauté (receveur d’Évreux avant 1362, vicomte d’Orbec), avant d’accéder au poste de trésorier en 1371 et de devenir conseiller de Charles II à partir de 1375 (Normannia…, notice no 158).

[193]

García Martíniz de Peralta était en 1376 secrétaire de Charles II (AGN, caj. 30, no 13 I). Il fut garde des sceaux entre la mort du chancelier Hanneucourt et la nomination de son sucesseur Martín de Zalba (T. Alzugaray Los Arcos, Le conseil…, op. cit., p. 114).

[194]

Martín Périz de Solchaga était en 1376 conseiller et alcade de la cour (AGN, caj. 30, no 71). Charles II le désigna comme l’un des exécuteurs de son testament de 1385 (« Le dernier testament… », art. 46, p. 203).

[195]

Martín Périz de Olóriz était en 1376 auditeur en la chambre des comptes de Pampelune (AGN, caj. 32, no 51 X X XV).

[196]

La Ribera, merindad du royaume de Navarre avec Tudela pour capitale.

[197]

Lire : peita, impôt navarrais.

[198]

Peralta, prov. Navarre, comarque Ribera Arga-Aragón.

Résumé

Français

Charles II, roi de Navarre et comte d’Évreux (1349-1387) a rédigé trois testaments, en 1361, 1376 et 1385. Le deuxième est inédit, et ses étude et édition font l’objet du présent article. À quarante-quatre ans, malgré un repli sur son royaume pyrénéen depuis 1361, Charles s’y révèle davantage prince français que roi navarrais. Ses dispositions testamentaires ne cessent en effet de renvoyer à sa période de vie française. Charles reste aussi attaché au prestige de son sang, à ses origines royales capétiennes et à sa qualité de prince entouré de fleurs de lys de toutes parts : il désigne l’abbaye royale de Saint-Denis en France pour être un lieu de sépulture d’une des trois parties de son corps une fois divisé (fractionnement dont il jouit à l’instar des rois de France). Son testament de 1376, comme celui de 1385, le révèle enfin très fidèle au souvenir de ceux qui ont été ses compagnons de fortune ou d’infortune, mais les bénéficiaires des legs ne sont que très minoritairement Normands : ses vassaux se sont détournés de lui, progressivement mais de manière définitive. Toute la vie de Charles se lit en quelque sorte dans ce testament, qui permet d’approcher la psychologie de ce roi tant décrié par l’historiographie française, de pénétrer les cercles de ses légataires et de mesurer le niveau de ses prétentions politiques.

Mots-clés

  • Charles II (1349-1387)
  • testament
  • Normandie
  • Évreux (comté)
  • Navarre (royaume)
  • xive siècle
  • Moyen Âge

English

The will of king Charles II of Navarre, count of Evreux (1376)King Charles II of Navarre and count of Evreux (1349-1387) had three wills drawn up in 1361, 1376 and 1385. This article presents and studies the second, which has never been edited. Despite his withdrawal to his kingdom after 1361, Charles was more French than Navarin and the dispositions of his will refer to his French origins. His royal bloodline going back to the Capetians and his rank of prince surrounded by lilies as well as his determination to have one third of his body (division made possible by his kinship with French royalty) buried in the Abbey of Saint Denis attest to this. His 1376 will, like that of 1385, demonstrates his loyalty to old friends but few are Normans. His vassals progressively sought other protectors. The life of Charles II surfaces in this will and enables us to measure the mentality and political ambitions of this maligned ruler.

Keywords

  • Charles II (1349-1387)
  • last will and testament
  • Normandy
  • County of Évreux
  • Kingdom of Navarre
  • 14th Century
  • Middle Ages

Plan de l'article

  1. 1376, 30 novembre - Palais épiscopal de Pampelune

Pour citer cet article

Charon Philippe, « Le testament de 1376 de Charles II, roi de Navarre et comte d'Évreux », Annales de Normandie, 2/2013 (63e année), p. 49-90.

URL : http://www.cairn.info/revue-annales-de-normandie-2013-2-page-49.htm
DOI : 10.3917/annor.632.0049


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