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Approche Centrée sur la Personne. Pratique et recherche

2005/1 (n° 1)

  • Pages : 98
  • DOI : 10.3917/acp.001.0021
  • Éditeur : ACP-PR

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John Shlien et John Wood, récemment décédés, furent de proches collaborateurs et amis de Carl Rogers. John Shlien et sa femme Helen avaient pris leur retraite en Californie et John Wood s’occupait de l’hacienda qu’il dirigeait avec Lucila, sa femme, au Brésil. Tous les deux appartenaient au même réseau de discussion rogérien sur le net.

En mettant de l’ordre dans sa boîte électronique Carole Wolter-Gustafson a retrouvé un message du 17 janvier 2001, reproduit ci-dessous. Le désir que cette page soit diffusée étant implicitement contenu dans la première phrase de John K. Wood, Carole a donné son accord pour qu’elle soit traduite et publiée dans ACP Pratique et Recherche.

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John, si tu le désires, tu peux diffuser cette note.

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J’ai entendu dire qu’une rumeur circulait sur « Rogers et l’orient ». Quelqu’un pourrait-il me dire ce qu’il peut y avoir de fascinant à vouloir montrer que la pensée de Rogers ressemble à celle de telle ou telle personne ? Ou que, en raison de la ressemblance avec ses valeurs ou ses attitudes, Rogers ait été influencé par telle ou telle philosophie ? Je ne veux pas dire que cela est mal. Mais je voudrais juste en comprendre le sens.

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S’agit-il de prouver que ‘la pensée orientale’ est plus ancienne que celle de Rogers ? Ou bien encore que celui-ci, ayant lu les œuvres de certains philosophes ou autre penseur, les aurait utilisées pour former sa pensée ? S’agit-il de suggérer que certaines philosophies ne sont pas reconnues à leur propre valeur ? Ou bien n’est-ce pas tout simplement pour dire que, pour être « holistiques », les rogériens doivent explicitement inclure « l’orient » dans leur philosophie ? Serait-ce que la « pensée orientale » est plus ancienne et plus sage ?

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Pour autant que je sache, les « valeurs occidentales » (qui forment le corps de la pensée de Rogers) se sont forgées sur les rocailleuses pentes agraires de la Grèce, en même temps, voire avant, que Bouddha n’aille chercher la vérité en Inde. Qui précède qui ? L’orient et l’occident ne forment-ils pas tous les deux cette civilisation « mésopotamienne » au sein de laquelle, plusieurs milliers d’années auparavant, se préparaient la roue et l’écriture qui nous ouvriront les portes des philosophies de Platon, de Bouddha et encore Moïse. Si je ne me trompe pas, c’est à cette époque-là que, sans même avoir taillé de vigne ni médité sous les tropiques, le prophète hébreux s’embrasa pour recevoir directement de Dieu les « valeurs moyennes-orientales ».

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Quand le film Animal Crackers, des Marks Brothers parut en Europe, le dramaturge et critique, Antonin Artaud, prétendit que les Américains n’avaient aucune idée de ce dont il s’agissait. D’après le critique, la pauvre bourgeoisie n’y verrait que de « l’ humour ». Mais Artaud, lui, croyait que les comédiens avaient subversivement et adroitement produit un « hymne à l’anarchie et à la révolte tout entière ». Or, il ne s’agissait évidemment que de plaisanteries spectaculaires, ayant pour but de peaufiner leur ligne d’attaque afin d’obtenir le maximum de rires de la part des spectateurs. Que signifient « vraiment » ces mots de Groucho, chasseur de gros gibier bien connu : « Un matin j’ai tué un éléphant dans mon pyjama. Comment est-il entré dans mon pyjama ? Je ne le saurai jamais ».

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Peut-être que moi aussi (comme ces enthousiastes qui cherchent à faire des amalgames de la pensée de Rogers ou de quoi que ce soit) je ne vois que ce que je veux voir. Toutefois, je ne pense pas que Rogers ait été consciemment ou influencé de manière significative par la « pensée orientale » en tant que telle – ni, d’ailleurs, par les philosophies existentialiste ou phénoménologique. Vers la fin de sa vie, il trouva que le Taoïsme était compatible avec sa pensée. Et il a utilisé des terminologies, des métaphores, et des concepts variés pour expliquer son approche. À mon avis, pendant les années où prit corps la théorie centrée sur le client, Rogers a tout simplement essayé de développer un moyen efficace d’aider les gens. Et, oh miracle ! La sagesse ancienne se trouvait à l’intérieur de l’effet escompté.

Pour citer cet article

« De John Keith Wood à John Shlien », Approche Centrée sur la Personne. Pratique et recherche, 1/2005 (n° 1), p. 21-23.

URL : http://www.cairn.info/revue-approche-centree-sur-la-personne-2005-1-page-21.htm
DOI : 10.3917/acp.001.0021


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