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Approche Centrée sur la Personne. Pratique et recherche

2008/2 (n° 8)

  • Pages : 92
  • DOI : 10.3917/acp.008.0050
  • Éditeur : ACP-PR

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C’est une nouvelle aventure pour moi que de pouvoir régulièrement disposer d’un espace pour exprimer mes sentiments et mes opinions sur les thèmes qui retiennent mon intérêt. J’espère pouvoir en faire usage de différentes manières. Je serai heureux d’avoir des réactions sur ce que j’écris et des propositions de sujets pour de futures rubriques. Pour cette fois, je ferai quelques brefs commentaires au sujet d’une thématique importante.

Qu’est-ce qui est essentiel...?

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L’éditeur a demandé à chacun des membres du comité éditorial d’exprimer son point de vue quant à ce qui est le plus essentiel pour le développement futur de l’Approche centrée sur la personne. À la lecture de cette question ma réaction immédiate a été la suivante : « c’est d’une solide recherche dont nous avons le plus besoin ! » Laissez-moi m’expliquer.

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Dans le champ de la pratique psychologique, les principes de base de la thérapie centrée sur le client et de l’Approche centrée sur la personne ont gagné en respect et sont souvent acceptés, même si ces principes vont fréquemment à l’encontre de la façon habituelle de traiter les gens. En tant que thérapeutes, consultants, éducateurs, nous avons mérité une place.

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Je sens cependant que dans les universités nous sommes sous-représentés, fortement mal compris et, par erreur, perçus comme superficiels. Nous sommes sous-représentés en partie parce que nous constituons une menace pour l’esprit académique. Nous saisissons l’importance d’un apprentissage expérientiel autant que l’importance d’un apprentissage cognitif. Un tel apprentissage comporte le risque de se voir modifié par l’expérience et cela peut être terrifiant à celui pour qui le monde est intellectuellement structuré. Peut-être est-ce partiellement dû à cet aspect des choses qu’il y ait peu de membres des facultés qui aient été formés ou même qui aient été exposés à l’Approche centrée sur la personne. Une autre raison de la rareté de membres des facultés sensibles à l’Approche centrée sur la personne est que la fascination envers l’apprentissage expérientiel tend à détourner des individus prometteurs de l’accentuation académique purement intellectuelle. Ils se tournent vers la pratique privée ou vont vers d’autres activités des professions d’aide.

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Par ailleurs les thérapeutes en pratique privée ne s’incluent pas de façon significative dans le champ de la connaissance. À de rares exceptions près, ils ne conduisent pas de recherches. La recherche est dans une large mesure menée par les candidats au doctorat des universités, travaillant souvent sur les thèmes qui retiennent l’attention de leur promoteur à la faculté. Étant donné que ces promoteurs se montrent rarement intéressés par l’Approche centrée sur la personne, le cercle est bouclé. Il y a relativement peu de nouveaux savoirs développés dans notre champ. Il y a là un dilemme qui comporte de sérieuses implications pour notre futur.

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Je n’ai pas de solution claire à ce dilemme. Je peux simplement pointer deux signes porteurs d’espoir. Là où la psychologie humaniste est bien représentée dans les facultés – comme c’est le cas en divers endroits : Union Graduate School, The University of Hamburg (Allemagne de l’Ouest), Saybrook Institute, Center for Humanistic Studies ou en d’autres lieux moins connus – la recherche sur la base des hypothèses de l’Approche centrée sur la personne est possible et est effectivement menée.

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Les horizons de la recherche sont également élargis par les nouveaux développements de la philosophie des sciences. Le terme même de « recherche » était, par le passé, perçu de façon négative de la part des thérapeutes parce qu’il était perçu comme investissant, au moyen d’une approche statistique impersonnelle, des portions fragmentées de la personne et de son expérience. Les modalités de la logique positiviste ne sont désormais plus les seules en cours dans les sciences comportementales, et une variété de méthodes basées sur la phénoménologie sont reconnues comme des voies valables pour faire avancer notre savoir. J’ai tenté de résumer certains de ces développements prometteurs dans un article récent (Rogers, 1985). Même l’analyse méticuleuse d’un cas unique est une source permettant l’émergence de la connaissance et génératrice d’hypothèses.

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Il y a une seule manière par laquelle l’Approche centrée sur la personne peut éviter de devenir étroite, dogmatique et restrictive. C’est au travers d’études – rigoureusement pensées et menées avec cœur – qui ouvrent sur de nouveaux horizons, font émerger de nouvelles prises de conscience, mettent nos hypothèses au défi que s’enrichit notre théorie, que s’accroît notre savoir et que nous sommes plus profondément engagés dans la compréhension du phénomène du changement humain.


Références

Notes

[1]

Rogers, C.R. (1986). Carl Rogers on the Development of the Person-Centered Approach, Person-Centered Review, vol. 1, n° 3, pp. 257-259.

[2]

N.d.e. : Pour humaniser la science de l’homme, in Rogers, C.R., L’Approche centrée sur la personne, Lausanne, Randin, 2001, pp. 313-329.

Résumé

Français

Ce texte a été écrit par Carl Rogers en 1986 et publié suite à une sollicitation de la revue anglaise Person-Centered Review[1]. Il présente un point de vue sur la présence de l’Approche centrée sur la personne dans le monde académique, de la recherche et au sein des universités qui reste d’une grande actualité pour les pays francophones.

Mots-clés

  • recherché
  • approche centrée sur la personne
  • université

Plan de l'article

  1. Qu’est-ce qui est essentiel...?

Pour citer cet article

Rogers Carl R., Priels Jean-Marc, « Carl Rogers et le développement de l'Approche Centrée sur la Personne », Approche Centrée sur la Personne. Pratique et recherche, 2/2008 (n° 8), p. 50-52.

URL : http://www.cairn.info/revue-approche-centree-sur-la-personne-2008-2-page-50.htm
DOI : 10.3917/acp.008.0050


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