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Approche Centrée sur la Personne. Pratique et recherche

2009/2 (n° 10)

  • Pages : 98
  • DOI : 10.3917/acp.010.0085
  • Éditeur : ACP-PR

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Carl Rogers et l’action éducative, Coordonné par Jean-Daniel Rohart

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Cet ouvrage collectif propose de s’interroger sur la pertinence de la pensée et de l’attitude rogériennes dans le contexte de l’école actuelle. Plusieurs acteurs du système éducatif y apportent des regards complémentaires, tous motivés par la conviction que l’Approche centrée sur la personne peut contribuer à humaniser l’école et donner un sens à l’expérience scolaire.

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Un premier chapitre présente au lecteur les fondements de la démarche liée à l’Approche centrée sur la personne, ses applications ainsi que les éléments de la pensée de Rogers. Les concepts de base y sont présentés dans leur complexité et illustrés d’exemples pour en faciliter la compréhension.

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Le chapitre suivant propose une discussion et analyse du « modèle » pédagogique rogérien. S’agit-il de « la dernière des utopies pédagogiques ? » Tout en reconnaissant la cohérence du paradigme, l’auteur s’interroge sur l’adéquation du modèle avec l’école de demain et insiste sur l’inspiration humaniste de Rogers, sa confiance envers les enseignants et le respect de la personne de l’apprenant.

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Le troisième chapitre est un texte de Carl Rogers, L’élève au centre des apprentissages, dans lequel le psychologue américain invite à une véritable « démocratie en éducation » en comparant les caractéristiques de l’enseignement traditionnel dans son rapport au pouvoir avec les conditions d’un apprentissage centré sur la personne. Les implications politiques de cette optique éducative sont telles qu’elles bouleversent autant les enseignants (perte de pouvoir) que les apprenants (prise de responsabilité) et annoncent un véritable renouvellement de la politique éducative.

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Un quatrième chapitre propose quatre témoignages d’enseignants actuels qui tentent de mettre en acte cette anthropologie rogérienne dans leurs pratiques d’enseignement.

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En quoi l’attitude « rogérienne » contribue à la gestion de la crise de l’école ? Dans ce cinquième chapitre, Jean-Daniel Rohart reprend l’idée que, loin d’être une méthode, l’Approche centrée sur la personne en éducation désigne d’abord une certaine manière d’être « qui plonge ses racines dans un sentiment indéfectible de confiance et d’amour envers des élèves considérés comme des personnes ». À ce titre, il situe Carl Rogers dans le courant de la philosophie personnaliste, qui expliquerait la modernité de ses propos. L’attitude « rogérienne » propose de la prévention et de la réparation aux élèves blessés par une institution scolaire qualifiée de « malade », elle fait renaître un sentiment d’estime d’eux-mêmes, elle amène, selon l’auteur, un nouveau modèle identificatoire proposé par les adultes en réponse aux nouvelles attentes des élèves et contribue par là à la résolution de la crise que connaissent les modèles traditionnels d’autorité. Cette attitude suppose pour l’enseignant un lent travail d’attention sur soi afin de rester lucide sur les sentiments contradictoires émergeant de la pratique enseignante. L’auteur souligne l’importance d’une certaine maturité psychologique à développer et conclut à la nécessaire formation initiale des enseignants à la démarche rogérienne.

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La réflexion se prolonge dans le sixième chapitre par le témoignage professionnel et les interrogations de Marie Kilborn sur les difficultés à mettre en œuvre l’Approche centrée sur la personne. Elle aborde la question de la pertinence des préceptes de Rogers – empathie, considération positive inconditionnelle et congruence – lorsqu’ils sont proposés aux enseignants et conclut à leur actuelle nécessité pour préparer les adultes créatifs de demain.

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Le septième chapitre propose d’accompagner les enseignants et de poser notre regard sur les moments de doute et de désirs de changement qui peuvent apparaître durant la carrière de l’enseignant. Il y est fait mention de structures d’aide à la construction de la « personne enseignante ». Là encore, l’auteur de l’article conclut qu’outre la maîtrise de la didactique et de la pédagogie, enseigner implique chez l’enseignant une dimension plus personnelle qu’une analyse de pratique, et que des lieux de paroles devraient être considérés.

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Le chapitre suivant porte sur la notion d’empathie inscrite dans la formation enseignante. Dans un contexte actuellement difficile, les remarques moralisatrices et reproches adressés aux élèves sont autant de « blessures narcissiques » qui n’apportent pas d’amélioration de la situation. L’enseignant doit proposer une autre réponse, nous dit l’auteur, et, ce faisant, doit s’entraîner à l’empathie, attitude qui semble être la plus appropriée au contexte relationnel actuel. Il est donc nécessaire de sensibiliser les enseignants durant leur formation à cette dimension éthique.

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Dans un même esprit, il convient de redéfinir le rôle et la fonction de l’inspecteur. C’est la contribution du neuvième chapitre de cet ouvrage. La crise de l’institution scolaire actuelle amène les enseignants et les inspecteurs à changer le mode de leur relation. L’auteur propose une « vocation nouvelle » à l’inspecteur : accompagner l’enseignant dans l’élucidation de sa quête d’identité professionnelle. Il souligne la modernité de la pensée de Rogers comme une proposition de développement de l’inspection.

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Le dixième chapitre nous invite à entrer au cœur même de l’Approche centrée sur la personne exercée tant dans le cadre psychothérapeutique, lors d’intervention en entreprise qu’en situation d’enseignement. Au travers de plusieurs exemples tirés de la pratique, les auteurs tentent de nous faire percevoir ce « chemin d’ouverture proposé à chaque être humain ».

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Un dernier chapitre s’interroge sur le lien existant entre l’Approche centrée sur la personne et la médiation et met en parallèle les différents éléments des deux approches. Les points de convergence et les éléments de distinction qui y sont étudiés amène l’auteur à poser une certaine complémentarité.

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En conclusion de l’ouvrage, Jean-Daniel Rohart relève la diversité et l’unité des enjeux d’une telle approche. Il lie ces onze contributions par un problème général : quel sens donner aux pratiques éducatives ? Sont-elles des facteurs d’aliénation ou de liberté ? L’approche rogérienne apporte à cette question une éthique personnaliste, elle propose une relation fondée sur la confiance et non sur un système. Si la mission politique de l’école est de favoriser la personne dans sa tendance à l’autonomie, « ce serait alors la grandeur de l’école que d’instituer ce qui pourrait la destituer, c’est-à-dire la liberté des sujets cognitifs ».

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Coordonné par Jean-Daniel Rohart, (2008),

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Carl Rogers et l’action éducative,

Lyon, Chronique Sociale, 224 p.

Paul Emmanuel Gross

Articles récents - Dossier préparé par Jean-Marc Priels

La non-directivité dans le travail sous mandat et contrainte : paradoxe ou complémentarité, de Gaston Demaret et Dominique Vatelli

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Ce texte est publié dans un ouvrage paru sous l’égide de la fédération des équipes mandatées en milieu ouvert (FEMMO) et qui est un florilège d’articles – expériences, témoignages, réflexions – choisis dans les numéros de ces quinze dernières années de la revue Mille Lieux Ouverts. Dans un article remarquable, Gaston Demaret et Dominique Vatelli interrogent les principes de la thérapie centrée sur la personne mise en application dans un contexte de travail sous-mandat ou sous contrainte (juge de la jeunesse, service d’aide à la jeunesse) en centre d’orientation éducative. Après avoir fait mention du parcours de Carl Rogers à Rochester avec des enfants et adolescents délinquants, l’article précise qu’il n’a pas pour objectif d’aborder tous les aspects historiques et théoriques de l’Approche entrée sur la personne. Les auteurs questionnent avant tout leur pratique. S’appuyant sur les écrits d’André de Peretti et de Carl Rogers, ils s’attardent à « la phénoménologie de la relation thérapeutique dans sa réciprocité créatrice entre le psychologue et le client ». Il y est question de relation, de rencontre, d’essai patient d’accompagnement, de cheminement empathique empreint à la fois de présence et de distance, de non-fusion, de respect de l’individualité, de non-dépendance. Sans focalisation nosologique sur le symptôme, l’empathie y est présentée comme un mode de compréhension en mouvement et dont la dynamique est respectueuse du rythme du client, sans hâte ni impulsion, sans volonté d’aboutissement forcé, sans emprise sur la liberté de choix et le projet de vie de l’autre. Outre l’empathie, l’article aborde la congruence dans la définition qu’en donne Carl Rogers. Il fait de même avec la considération positive inconditionnelle présentée comme une sollicitude non possessive. Dans la seconde partie de leur écrit, les auteurs présentent des exemples tirés de leur pratique et qui témoignent de leur réflexion personnelle quant à la mise en œuvre des attitudes de base dans le cadre d’un travail sous mandat. Ils s’interrogent quand ce que suscite chez l’intervenant le refus ou l’opposition des clients, les rechutes, les régressions, le rejet, la maltraitance intrafamilliale, etc. Dans la relation avec le client, la congruence de l’intervenant, peut-on comprendre, lui permet d’être à l’écoute de ce qui se passe en lui et d’identifier les questions utiles pour déjouer les pièges et la tentation du jugement, de l’impatience, du malaise, de l’affrontement, de l’imposition de solutions, de la colère, etc. Travail d’équipe, supervision individuelle et thérapie personnelle sont évoqués comme des moyens permettant de répondre aux questions suscitées par un accompagnement exigeant. Le travail sous contrainte, peut-on lire, nécessite que l’intervenant puisse disposer d’un espace de liberté qui ménage la demande de l’autorité mandante à trouver des solutions à faire disparaître les symptômes d’une part et le rythme ou le temps psychologique nécessaire aux bénéficiaires pour atteindre les objectifs demandés d’autre part.

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Demaret, G., Vatelli, D., (2009),

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La non-directivité dans le travail sous mandat et contrainte : paradoxe ou complémentarité,

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in collectif, Mille Lieux ouverts. Pratiques en aide et protection de la jeunesse,

Vigneux, Matrice, pp. 31-39.

Empathie et écoute des victimes, de Pascal Courty

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Un numéro récent de la revue Non-violence Actualité porte explicitement attention au thème de l’empathie. Au terme de la lecture du texte écrit par Pascal Courty, le lecteur non familier de l’Approche centrée sur la personne aura engrangé le bénéficie d’un exposé didactique. Le texte se présente comme un instantané. À qui saura le lire entre les lignes, il pose de façon subtile le minimum de ce qu’il convient de savoir quant à la relation d’aide telle que l’a conçue Carl Rogers. De façon descriptive, sans détours argumentaires mais avec précaution, rigueur et nuances, il aborde les attitudes psychologiques importantes dans la création d’un climat facilitateur du changement chez la personne écoutée. La congruence y est évoquée. L’acceptation positive inconditionnelle y est présentée comme une attention non possessive. L’empathie, dans sa différence avec la sympathie et l’identification, y est enfin présentée comme un mode de compréhension du cadre de référence de l’autre qui nécessite un ajustement permanent au flux de ce qui est exprimé. Dans le travail avec les victimes, elle est, peut-on lire, un facteur permettant la restauration de l’estime de soi. Enfin l’auteur rappelle que l’approche qu’il présente, même lorsqu’il s’agit d’écouter des victimes, se centre sur la personne plus que sur le problème, fut-il lié à un traumatisme. Pour terminer il indique que les attitudes présentées sont également utiles lorsqu’il s’agit d’écouter et d’accompagner les auteurs de violences.

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Courty, P., (2009),

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Empathie et écoute des victimes,

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Non-violence Actualité,

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n° 305, pp. 14-15.

Quand victime et agresseur se rencontrent…, de Thierry Dudreuilh

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La revue Non-violence Actualité a pour ligne thématique la gestion non- violente des relations et des conflits. Dans son numéro de cet été 2009, Thierry Dudreuilh, intervenant en Approche centrée sur la personne, médiateur et formateur en médiation, livre un article qui présente le cadre de la médiation pénale en France. Après avoir précisé les balises historiques de la médiation et avoir précisé le contour de ses indications, cet article en explique brièvement la méthodologie. On peut y lire que c’est souvent l’impossibilité pour la victime de verbaliser ses émotions et de dire sa douleur dans le cadre d’une procédure classique de comparution au tribunal qui ne lui permet pas de se réparer tout à fait. La médiation permet le plus souvent à la victime d’entamer un processus de restauration. Elle relève d’un processus d’accompagnement qui permet l’expression réciproque des besoins et des valeurs de chacune des parties et qui abouti généralement à un accord sans devoir passer au stade pénal. La médiation est l’expression de ce qu’il est convenu d’appeler la justice réparatrice. Selon l’auteur, elle a pour effet de prévenir la victimisation, la cristallisation de situations conflictuelles et de diminuer les risques de récidives. Ce faisant, elle est bien plus qu’une procédure utile à désengorger les tribunaux.

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Dudreuilh, T., (2009),

27

Quand victime et agresseur se rencontrent…,

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Non-violence Actualité,

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n° 305, pp. 17-18.

L’alliance thérapeutique, de Charly Cungy

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À l’aube de cet été 2009, Les grands dossiers des Sciences Humaines proposent un panorama de la psychothérapie en France. Carl Roger n’y serait explicitement cité que de façon caricaturale si l’on s’en tenait à cet article présenté par le Professeur Cungy, psychiatre et thérapeute cognitivo- comportementaliste. Dans ce texte qui concerne l’alliance thérapeutique, les conditions nécessaires et suffisantes au changement thérapeutique ne sont que trop maladroitement présentées. Sous la plume de Charly Cungy, elles deviennent en effet : empathie, authenticité et chaleur humaine (sic). Non conscient d’une compréhension naïve de ce que Carl Rogers a décrit comme étant le regard positif inconditionnel, l’auteur persiste : « enfin, être chaleureux, c’est trouver le patient sympathique au sens commun du terme ». Aurait-on à se méfier de l’empathie ? Dès l’en-tête de cet article, la question de l’empathie est abordée sous un angle bien particulier. L’auteur écrit en effet : « Pour le praticien la difficulté permanente est de maintenir l’équilibre entre professionnalisme et empathie ». Ainsi posé, c’est oublier que dans toute relation d’aide vraiment professionnelle l’empathie est un repère attitudinel qui ne se déploie jamais sans appuis dialectiques avec le regard positif inconditionnel et la congruence. Plus avant, celui qui aura compris un tant soit peu les fondements de l’Approche centrée sur la personne ne pourra se satisfaire que ces conditions soient résumées comme étant simplement des qualités, des aptitudes utiles au thérapeute – devenu ici par analogie cordonnier réparateur ou plombier compétent et efficace – pour développer une alliance thérapeutique. L’auteur a écrit un ouvrage sur le même thème de l’alliance thérapeutique. Gageons qu’il y est plus nuancé.

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Cungy, C., (2009),

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L’alliance thérapeutique,

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Les psychothérapies. Guide et bilan critique, Les grands dossiers des Sciences Humaines,

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n° 15, pp. 34-35.

L’Approche centrée sur la personne, de Hélène Bonsergent

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Les nuances et subtilités des valeurs, concepts et attitudes de l’Approche centrée sur la personne sont telles qu’il n’est jamais simple de les présenter brièvement dans un article percutant destiné au plus grand nombre. C’est donc un exercice de style périlleux auquel s’est livré Hélène Bonsergent en relevant le défi d’écrire un texte de vulgarisation accrocheur qui promeut l’approche de façon originale sans pour autant oublier ce qui en est fondamental. Il en résulte un article qui se donne à lire aisément et fait apparaître un vaste paysage en trois clichés : liberté, égalité, fraternité y flottent en étendard. Ces trois valeurs sont illustrées et mises en regard des conceptions d’empathie, de considération positive inconditionnelle et de congruence. Ce texte surprenant montre l’Approche centrée sur la personne dans ses postulats optimistes. La psychothérapie y est présentée comme un travail intérieur pouvant déboucher sur la libération du potentiel du client. Les ressources, peut-on lire, sont toujours à l’intérieur de l’individu, jamais à l’extérieur. On peut comprendre que ni les questions, ni le savoir, ni les clefs qui dénoueront les interrogations de la personne en thérapie ne sont du côté de l’écoutant. C’est donc à la personne qui consulte, est-il rappelé, qu’il convient de trouver son « centre d’évaluation interne ». Dans ce texte, la relation thérapeutique est mentionnée comme une rencontre de personne à personne entre deux êtres différents mais égaux. La thérapie est ainsi un processus dont le but est de parvenir à l’autodétermination. En exergue, le texte est accompagné de deux encarts. L’un présente quelques éléments du parcours de Carl Rogers. L’autre mentionne les références de l’association française et des associations européennes et mondiales dans l’Approche centrée sur la personne.

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Bonsergent, H., (2009),

37

L’Approche centrée sur la personne,

38

Les psychothérapies. Guide et bilan critique, Les grands dossiers des Sciences Humaines,

39

n° 15, pp. 50-51.

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Jean-Marc Priels

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Pour citer cet article

« Parutions », Approche Centrée sur la Personne. Pratique et recherche, 2/2009 (n° 10), p. 85-93.

URL : http://www.cairn.info/revue-approche-centree-sur-la-personne-2009-2-page-85.htm
DOI : 10.3917/acp.010.0085


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