Accueil Revues Revue Numéro Article

Approche Centrée sur la Personne. Pratique et recherche

2013/1 (n° 17)

  • Pages : 88
  • DOI : 10.3917/acp.017.0079
  • Éditeur : ACP-PR

ALERTES EMAIL - REVUE Approche Centrée sur la Personne. Pratique et recherche

Votre alerte a bien été prise en compte.

Vous recevrez un email à chaque nouvelle parution d'un numéro de cette revue.

Fermer

Article précédent Pages 79 - 84

Qu’est-ce que l’approche centrée sur la personne ?, de Héloïse Junier

1

Belle surprise que la découverte de cet article, attrayant autant que précis dans son argument, paru dans Le Cercle Psy, une revue de sciences humaines destinée au grand public et distribuée en kiosque. L’auteure ne s’est pas contentée d’un article superficiel. Elle a manifestement pris la peine de valider le contenu de sa démarche d’écriture. Les propos de Geneviève Odier [1][1] Genevière Odier est l’auteure d’un ouvrage récent :... et de Sandra Pedevilla [2][2] Sandra Pedevilla, psychothérapeute, superviseuse et... se trouvent abondamment cités en référence. La première partie de cet article évoque le positionnement particulier de l’Approche centrée sur la personne. Il rappelle que, rejetant toute conception dualiste corps/esprit, cette forme de psychothérapie aborde la personne dans son ensemble. La personne, peut-on lire, y est appréhendée dans la globalité de son organisme.

2

Dès l’introduction, l’approche est historiquement présentée comme la troisième voie entre psychanalyse et behaviorisme. Au-delà de méthodes s’appuyant sur l’interprétation ou le diagnostic, elle est entrevue comme compréhensive en ce sens qu’elle considère la personne qui consulte non pas comme un patient, mais comme quelqu’un qui cherche à comprendre son trouble. Enfin, sans qu’un accueil inconditionnel laisse place à une permissivité trop laxiste, le texte précise que la non-directivité et le respect de l’autonomie de la personne vont à l’encontre de toute notion d’expertise ou de toute prise de pouvoir du thérapeute sur son client. Contrairement à ce qui se rencontre dans les relations du quotidien, conseils, manœuvres de séduction, suggestions et autres formes de jugement n’ont ici aucune pertinence.

3

Tout ceci étant posé, Héloïse Junier en vient à la présentation des trois attitudes majeures – non techniques mais vécues ensemble avec profondeur – adoptées par le thérapeute rogérien.

4

On retiendra ici que c’est la congruence qui est présentée comme attitude primordiale. Tant pour le thérapeute – s’efforçant à maintenir un état de congruence – que pour le client elle est, comprend-on, un chemin à trouver pour se départir de toute rigidité et laisser place à la fluidité intérieure. Il est ainsi question d’apprendre à être en accord, d’équilibre, d’authenticité, de capacité à être vrai et d’humilité.

5

Ensuite, avec le regard positif inconditionnel, il est question d’une attitude centrale d’accueil respectueux du vécu et du ressenti de la personne, d’une acceptation sans attente ni jugement.

6

Enfin, l’attitude empathique est présentée comme l’attitude majeure de la thérapie centrée sur le client, reposant sans frein intellectuel ou émotionnel sur une sensibilité profonde aux sentiments et au monde du client.

7

Chacune des trois attitudes fait l’objet d’une brève vignette clinique. L’état d’esprit si particulier de la psychothérapie centrée sur la personne ainsi que le processus progressif de la rencontre thérapeutique sont illustrés avec nuance et l’article ne fait pas l’impasse sur les indications et limites de la relation d’aide centrée sur la personne. Il cite quelques critiques faites à une telle approche humaniste : critiques relatives à la conception d’une alliance thérapeutique non instrumentalisée, à l’emploi du terme de « client », à l’engagement personnel du thérapeute n’abusant pas de sa neutralité bienveillante.

8

Pour terminer, le texte d’Héloïse Junier cite les principaux axes de formation à la psychothérapie et fait le point sur les développements actuels de l’Approche centrée sur la personne. Il mentionne l’importance des associations représentatives de l’Approche centrée sur la personne en France et à l’étranger.

9

Jean-Marc Priels

10

Junier, H. (2012)

11

Qu’est-ce que l’approche centrée sur la personne ?

12

Le cercle Psy, n° 7, pp. 54-57.

À la croisée de la pratique institutionnelle et de la recherche en psychologie clinique: attentes distinctes et préoccupations convergentes, de Céline Brison et Jean-Marc Priels

13

Cet article est le texte d’une présentation donnée lors d’un colloque organisé le 20 avril 2012 par le Centre de Recherche en Santé et Développement Psychologique de l’Université Catholique de Louvain, sur le thème : Articulations clinique-recherche : Autour de la psychopathologie et de la psychiatrie. Les deux auteurs, l’un chercheur, l’autre praticien, partent d’expériences vécues, dont une en commun, pour développer une réflexion sur le principe de collaboration entre le monde de la recherche et celui de la clinique.

14

Ils soulignent tout d’abord les difficultés que peut induire l’idée même d’une telle collaboration : éloignement des deux mondes, différences de langage et de préocuppations professionnelles. Ils montrent ensuite que ces divergences peuvent être surmontées ; pour cela, il convient de mettre en avant l’intérêt partagé pour la connaissance du « psychisme de la personne humaine » et de reconnaître la complémentarité entre ces deux démarches, la clinique et la recherche. Les auteurs sont en effet convaincus qu’il y a un réel enrichissement mutuel à gagner dans des échanges entre expériences de terrain et hypothèses de recherche. Le chercheur, écrivent-ils, ne doit pas perdre le lien avec la pratique, tandis que le clinicien peut gagner à se tenir informé des résultats des recherches.

15

Les auteurs présentent ensuite deux expériences concrètes de collaboration. La première a impliqué l’une des unités de soin de la clinique psychiatrique Sans Souci, en Belgique. L’article ne se veut pas une présentation de cette recherche et de ses résultats mais porte sur la manière dont la collaboration entre chercheurs et équipe de soins s’est construite. Les auteurs mettent en évidence l’importance des échanges et de la construction d’une réflexion commune. Ils témoignent également des conditions qu’une telle démarche impose à l’équipe de soins : adaptation au monde de la recherche, acceptation d’un engagement dans la collaboration tout en en identifiant les limites. Un intérêt concret de l’équipe pour le sujet de recherche est également présenté domme un élément permettant cet engagement. Enfin, l’importance d’un dialogue constant est soulignée.

16

Une deuxième expérience de collaboration, ayant donné lieu à un projet de recherche concret et mené à bien, est ensuite présentée. Elle s’est faite à l’université de Louvain-la-Neuve et, écrivent les auteurs, a surgi « au détour de conversations professionnelles ». Cette présentation d’une discussion, lors d’un dîner professionnel, qui a abouti à plusieurs mémoires de doctorat portant sur la place de groupes expérientiels dans la formation universitaire des psychologues cliniciens, montre de manière spectaculaire et inattendue le potentiel créatif du dialogue et de l’échange entre professionnels.

17

Quelques résultats de ces recherches sur l’impact de l’intégration de groupes expérientiels dans la formation universitaire sont présentés ; ces résultats montrent que de tels groupes favorisent le développement personnel des futurs psychologues, mais que ceux-ci, pour la plupart, ne semblent pas en être conscients.

18

Revenant à leur propos central dans leur conclusion, les auteurs donnent des pistes pour la collaboration entre chercheurs et praticiens, soulignant avant tout la nécessité de construire un langage commun. Leurs propos et expériences témoignent de combien une telle collaboration dépend, pour une bonne part, de la rencontre de personne à personne.

19

Jean-Marc Randin

20

Brison, C. & Priels, J.-M. (2013)

21

À la croisée de la pratique institutionnelle et de la recherche en psychologie clinique : attentes distinctes et préoccupations convergentes

22

In E. Zech., P. De Timary, J., Billieux, H. Jacques (Eds.), Articulations clinique-recherche. Autour de la psychopathologie et de la psychiatrie. Actes du premier colloque du Centre de recherches en santé et développement psychologique (CSDP)

23

Louvain, Presses universitaires de Louvain, pp. 23-34.

Carl Ransom Rogers et l’école, de Jean-Daniel Rohart

24

La collection Pédagogie-Formation des éditions Chronique Sociale, vient de publier un ouvrage intitulé « Renouveler l’éducation ». Avec la rigueur qu’on lui connaît, Jean-Daniel Rohart poursuit ainsi sa tâche de publication de recueils d’articles illustrant la nécessité de mieux accompagner les acteurs de la relation éducative[3][3] Rohart, J.-D. (2005). Action éducative et éthique.... et de ne pas séparer l’éducation et la vie pour mieux réenchanter l’école[4][4] Rohart, J.-D. (2005). La vie et l’éducation, suivi.... Largement inspiré de Carl Rogers, il a auparavant coordonné un ouvrage intitulé « Carl Rogers et l’action éducative »[5][5] Rohart, J.-D. (2008). Carl Rogers et l’action éducative.....

25

Ce nouveau livre est écrit de la plume de nombreux contributeurs pour la plupart liés à l’éducation et à la formation dont, pour n’en citer que quelques-uns, René Rabier, Guy Avanzini, René Daval, Michel Maffesoli et ArmenTarpinian. Au premier abord, l’ensemble paraît éclectique. Les textes présentés proposent une réflexion sur la pédagogie d’Alfred Binet, de Don Bosco, de Carl-Gustav Jung, de Krishnamurti, de Rudolf Steiner, d’Antoine de la Garanderie, de Carl Rogers, de Sri Aurobindo, etc. Sans doute y manque-t-il des références étendues à Paulo Freire, Célestin Freinet ou Maria Montessori. Au fil des pages il est également question de pédagogie transpersonnelle, de méditation, de Yoga, de reliance, de joie d’enseigner, etc. La réelle teneur de l’ouvrage est celle d’une philosophique de l’éducation confiante, réaliste, humanisante. Il met en regard les visions anthropologiques propres à différentes écoles de vie et de pensée qui, bien comprises, peuvent inspirer un renouvellement voire une régénération de la formation et de l’enseignement. L’enjeu politique est de taille. Il y va d’un changement de paradigme en éducation. L’école d’aujourd’hui en a besoin.

26

Dans le chapitre intitulé Carl Ransom Rogers et l’école, Jean-Daniel Rohart brosse tout d’abord un tableau assez pessimiste de l’école : violence institutionnelle, crise de l’autorité, etc. Si la relation éducative est présentée comme en crise, ce n’est cependant que pour mieux affirmer le fait que « les conditions sont désormais réunies pour un changement en profondeur de l’école ». Pour l’auteur, « l’esprit et l’attitude rogériens peuvent constituer une aide précieuse pour aborder ce changement ».

27

Les convictions de Carl Rogers, qui ont été étayées par la recherche, démontrent l’importance de la qualité relationnelle en matière d’apprentissage. L’expérience de l’enseignant lui permet de promouvoir, dans le contexte de la classe, la création d’un climat psychologique adéquat et de faire naître chez l’apprenant un sentiment de responsabilité quant à son propre apprentissage. Il s’agit alors d’« un apprentissage significatif et possédant un sens, tant pour celui qui apprend que pour celui qui enseigne ».

28

L’article de Jean-Daniel Rohart revient ensuite sur quelques erreurs d’interprétation qui ont été véhiculées par la critique « d’une théorie rogérienne mal comprise, mal digérée. La non-directivité a parfois servi d’alibi, dans les années soixante-huit, à des enseignants qui avaient du mal à assumer un rôle d’autorité pourtant nécessaire. » Il clarifie ce que signifient vraiment l’empathie, la non-directivité et l’acceptation positive dans le contexte éducatif. Il en découle que « l’attitude rogérienne n’aboutit aucunement à valoriser la sincérité au détriment de la vérité, ni à donner à croire aux élèves […] que tout se vaut ». L’action « pédagogique et didactique » de l’enseignant rogérien « n’a absolument rien à voir avec le laisser-faire et le laisser-aller ». Elle s’inscrit dans « un cadre strict » qui ne tend pas à psychologiser la relation éducative. L’auteur argumente ensuite que l’attitude rogérienne est particulièrement adaptée à la gestion efficace des situations difficiles, déstabilisantes et parfois jugées inextricables, de crise voire de violence rencontrées en classe. Enfin, il insiste sur le fait que la formation des enseignants ne peut plus se contenter des simples aspects disciplinaires, même si ceux-ci sont capitaux. Son plaidoyer est en faveur de l’acquisition de nouveaux savoirs, des savoir-être qui devraient permettre à l’enseignant de se positionner en tant que personne, de dépasser le mythe de l’infaillibilité pédagogique, de faire face à la crise de l’autorité et de l’éducation, de progresser sur un plan personnel et de trouver sens à sa pratique professionnelle.

29

Jean-Marc Priels

30

Rohart, J.-D. (2013)

31

Carl Ransom Rogers et l’école

32

in Renouveler l’éducation. Ressources pour des enjeux anthropologiques nouveaux (sldr. J.-D. Rohart)

33

Lyon, Chronique Sociale, pp. 145-152.

Notes

[1]

Genevière Odier est l’auteure d’un ouvrage récent : Carl Rogers. Être vraiment soi-même. L’Approche centrée sur la personne, Paris, Eyrolles, 2012, 204 p.

[2]

Sandra Pedevilla, psychothérapeute, superviseuse et formatrice, est ancienne présidente de l’Association Française de Psychothérapie dans l’Approche Centrée sur la Personne.

[3]

Rohart, J.-D. (2005). Action éducative et éthique. Pour un compagnonnage de la relation éducative. Paris. L’Harmattan.

[4]

Rohart, J.-D. (2005). La vie et l’éducation, suivi de Comment réenchanter l’école ? Paris. L’Harmattan. Voir à ce propos la recension de F. Ducroux-Biass in ACP Pratique et recherche, 2006, n° 3, pp. 90-91.

[5]

Rohart, J.-D. (2008). Carl Rogers et l’action éducative. Lyon. Chronique Sociale. Voir à ce propos la recension de P. E. Gross in ACP Pratique et recherche, 2009, n° 10, pp. 85-87.

Titres recensés

  1. Qu’est-ce que l’approche centrée sur la personne ?, de Héloïse Junier
  2. À la croisée de la pratique institutionnelle et de la recherche en psychologie clinique: attentes distinctes et préoccupations convergentes, de Céline Brison et Jean-Marc Priels
  3. Carl Ransom Rogers et l’école, de Jean-Daniel Rohart

Pour citer cet article

« Recensions », Approche Centrée sur la Personne. Pratique et recherche, 1/2013 (n° 17), p. 79-84.

URL : http://www.cairn.info/revue-approche-centree-sur-la-personne-2013-1-page-79.htm
DOI : 10.3917/acp.017.0079


Article précédent Pages 79 - 84
© 2010-2014 Cairn.info
back to top
Feedback