Archives Juives
Les Belles lettres

I.S.B.N.2251694080
144 pages

p. 136 à 137
doi: en cours

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Dictionnaire

Volume 34 2001/1

2001 Archives juives Dictionnaire

Lucien Weil, naturaliste et résistant (Fontainebleau, 21 février 1902 – Auschwitz, 6 février 1944)

Renée Wathier Diplômée d’Études supérieures d’histoire, conseiller d’administration scolaire et universitaire honoraire, est déléguée du bureau national de l’association France-Israël Alliance Général Koenig.
Fils d’Isaac Weil, professeur au collège Carnot (aujourd’hui lycée François Ier) de Fontainebleau, et de son épouse Irma, née Haas, il fut lui-même professeur-adjoint de sciences naturelles au même collège jusqu’en 1941, date à laquelle il en fut chassé par les lois antisémites du gouvernement de Vichy. Auparavant mobilisé, fait prisonnier en 1940, il avait été « rapatrié sanitaire ».
Outre ses activités pédagogiques, Lucien Weil acquiert une notoriété locale par ses travaux sur le massif forestier de Fontainebleau. Membre de l’Association des naturalistes de la vallée du Loing (ANVL), fondée en 1913, il en fut le secrétaire général, puis le président en 1936, et de nouveau le secrétaire général jusqu’en 1943.
Une correspondance émanant de lui et déposée par son destinataire, Pierre Doignon, qui lui succéda à l’ANVL, présente un grand intérêt scientifique pour la connaissance de la forêt d’il y a un demi-siècle. Composée de quatre-vingt-trois lettres et cartes de correspondance, elle contient des renseignements précis sur la flore bellifontaine, en particulier dans les lettres en date de 1943, Lucien Weil pressentant, semble-t-il, son arrestation. De même, il avait tenu à confier une partie de ses remarquables collections de minéraux, entreprises d’abord par son père, au Laboratoire de biologie végétale, annexe de la Sorbonne.
Il n’eut pas le temps d’achever ce « déménagement » : il est arrêté le 15 janvier 1944, ainsi que sa mère et sa sœur Fernande, à leur domicile, 79 rue de France. Incarcérés à la prison de Melun, selon toute vraisemblance, ils y retrouvent le secrétaire de la mairie d’Avon, Paul Mathery, ainsi que le père Jacques de Jésus, directeur du petit collège Sainte-Thérèse de l’Enfant Jésus des Carmes, et trois jeunes élèves cachés au collège. Lucien Weil avait donné des cours dans cet établissement après son éviction de l’enseignement public, ce qui lui permettait de subvenir à ses besoins et à ceux de sa famille, mais aussi d’entretenir des relations avec les membres du réseau de résistance Vélites-Thermopyles qui comprenait, outre les hommes arrêtés le même jour que lui, le maire d’Avon, l’écrivain-éditeur Rémy Dumoncel, et une partie de son conseil municipal, arrêtés le 4 mai suivant et déportés. Lucien Weil était immatriculé au réseau sous le numéro RX 3274, et remplissait les fonctions d’« agent P2 » (c’est-à-dire « à temps complet » dans la Résistance).
Transféré avec sa famille et les trois élèves juifs du collège à Drancy, il partit pour Auschwitz avec le convoi n° 67 du 3 février 1944, et il y fut gazé avec eux le 6 février.
On ignore quelle fut au juste la nature de ses liens avec le judaïsme. Avant la guerre cependant, il avait signé une lettre envoyée le 22 octobre 1935 par les membres de la communauté juive de Fontainebleau-Avon au secrétaire général de l’Association cultuelle de Paris pour demander la remise en état de la maison du ministre-officiant de la synagogue.
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ŒUVRES

·  Principaux travaux publiés in Bulletin de l’ANVL [Laboratoire de biologie végétale, route de la Tour-Denecourt, 77300, Fontainebleau] entre 1924 et 1946.

SOURCES

·  Bibliothèque municipale de Fontainebleau, Fonds Doignon, carton W ; CDJC, Carnets de fouilles, n° 60, p. 44 ; Serge Klarsfeld, Le Mémorial de la Déportation des Juifs de France, Paris, CDJC, 1978.
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