Archives Juives
Les Belles lettres

I.S.B.N.2251694080
144 pages

p. 3 à 3
doi: en cours

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Volume 34 2001/1

2001 Archives juives

Éditorial

André Kaspi
En ce début d’année, de siècle et de millénaire, je souhaite à tous nos lecteurs une année très heureuse et très fructueuse. J’ajouterai un second vœu. Notre revue a pris de nouvelles orientations, il y a maintenant sept ans. Vaille que vaille, elle a étendu son influence, fait connaître de jeunes auteurs et surtout contribué à approfondir nos connaissances sur l’histoire des Juifs de France. Elle continuera sur ce chemin. Je sais qu’elle peut compter sur le concours de ses amis, qu’elle doit attirer un public encore plus large, qu’elle n’est pas assez connue à l’étranger. Autant dire que notre ambition nous pousse à faire plus et mieux. Espérons que notre enthousiasme restera intact, que nous recevrons d’autres concours, qu’en un mot « les fruits passeront les promesses des fleurs ».
Pour le premier numéro de l’année 2001, nous présentons un dossier sur l’Alliance israélite universelle. Voilà une institution plus que centenaire et toujours vigoureuse. Fondée en 1860, au milieu du Second Empire, elle naquit, en partie du moins, des conséquences de l’affaire Mortara. Puis, elle tint un rôle primordial à la fois dans l’émancipation des Juifs d’Europe centrale et orientale et dans l’instruction des Juifs d’Afrique du Nord, du Proche et du Moyen-Orient. Elle participa, à n’en pas douter, à la défense des intérêts juifs partout dans le monde. Ses dirigeants ont toujours su se montrer à la hauteur de leur mission, même s’ils n’ont pas toujours pressenti les orientations du monde à venir. Sur la période qui a précédé la Seconde Guerre mondiale, les études ne manquent pas. Les archives de l’Alliance ont nourri bien des articles, des recherches universitaires et des ouvrages de qualité.
Notre revue a pris le parti d’aborder une période moins connue, plus délicate également. Au sortir du conflit mondial, quel chemin l’Alliance allait-elle emprunter ? Sa bibliothèque avait été pillée ou dispersée ; ses fonds documentaires, transférés en d’autres lieux. Le monde lui-même avait changé. Que restait-il du judaïsme à l’est de l’Europe après la Shoah ? Le mouvement sioniste parviendrait-il à créer cet État d’Israël qu’il revendiquait depuis un demi-siècle ? La communauté juive de France, dans la mesure où elle existait vraiment, saurait-elle construire sur les ruines ? Autant de questions nouvelles et angoissantes que l’Alliance a dû affronter.
Les articles que nous publions n’apportent pas une réponse complète et définitive. Ils creusent un sillon. D’autres poursuivront le défrichement. C’est là notre mission : ouvrir des voies, signaler aux chercheurs les terrains encore peu exploités, participer à la recherche historique. Cette démarche ne vaut pas que pour le dossier. L’étude que nous livrons sur l’affaire de Damas confirme notre volonté d’innover, donc de prendre des risques. Les informations sur les archives, les fiches biographiques qui ne cessent d’enrichir notre dictionnaire ajoutent à l’intérêt de ce numéro.
Comme je l’ai souvent écrit, j’attends avec impatience les réactions, les recommandations, les propositions de nos lecteurs. Une revue ne vit pas si elle n’entretient pas le dialogue avec celles et ceux qui la lisent. À nos plumes et à vos plumes ! C’est le message que j’adresse.
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