Archives Juives
Les Belles lettres

I.S.B.N.2251694099
144 pages

p. 109 à 121
doi: en cours

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Mélanges

Volume 34 2001/2

2001 Archives juives Mélanges

Quatre synagogues en banlieue parisienne Livry-Gargan, Aulnay-sous-Bois, Le Raincy, La Varenne-Saint-Hilaire. 1923-1935

Élie Zajac Élie ZAJAC, ingénieur retraité, prépare une thèse sous la direction de Dominique Jarrassé : Influence de l’immigration juive d’Europe centrale et orientale dans la construction des oratoires et synagogues de Paris et de la région parisienne entre 1881 et 1939. Il a reçu le Prix Focillon en histoire de l’architecture.
Synagogues are not only places of worship. They are also regarded as « places of remembrance » and as symbols of identity. The history of Jews in the suburbs has not been much studied up to now. Yet, many Jewish communities have flourished all around Paris. In Livry-Gargan, Aulnay-sous-Bois, Le Raincy, La Varenne, ashkenazim design and construct fine buildings. The relationship with their neigbourhood often is excellent and the inaugural ceremonies serve as opportunities for patriotic speeches. The history of those four synagogues underlines the actual equality and the freedom of cult that exist inside the Republic.
« La majorité des Juifs de Lukow pouvait avoir l’apparence de miséreux, mais au fond d’eux-mêmes, quand ils s’enveloppaient du thalit ou mettaient leurs tephilines, en consacrant leur âme à la sanctification du Créateur, ils se sentaient comblés [...]. Leur monde fascinant et pittoresque s’est englouti dans les flammes et la nuit. Notre obsession doit être de ne pas permettre à l’oubli de vaincre la mémoire » [1].
Il n’y a plus de Juifs à Lukow, en Pologne. Certains ont émigré, beaucoup ont disparu dans le hurban [2]. Leurs descendants ne pratiquent presque plus les rites ancestraux. Mais dans l’espace juif français, la nostalgie d’un monde perdu, et idéalisé, est très présente. À côté des traditionnelles commémorations de la Shoah et de l’intérêt manifesté pour Israël, une quête des racines s’exprime. Il suffit de constater le succès des manifestations centrées sur le monde juif en France : Musée d’art et d’histoire du judaïsme, journée du patrimoine juif, conférences ou spectacles sur la culture yiddish ou séfarade, mémoires et thèses universitaires, circuits des monuments et cimetières juifs de Provence ou d’Alsace ; et de voir les synagogues, qui ne se remplissent vraiment qu’aux grandes fêtes, devenir aussi « monuments historiques ». Le Temple représente donc non seulement un lieu de culte, mais aussi un lieu de mémoire, un objet symbolique et parfois mythique, que l’on peut montrer, décrire ou raconter.
 
L’installation de communautés juives dans l’Est parisien
 
 
L’histoire des communautés juives de la proche banlieue reste peu connue. Signalons cependant deux ouvrages récents, qui comblent en partie cette lacune : la thèse de Jean Laloum sur les Juifs de Montreuil, Bagnolet et Vincennes [3], et un ouvrage collectif consacré à la communauté de Neuilly-sur-Seine [4]. Une vie juive intense existait aussi en d’autres lieux, en particulier à Livry-Gargan [5], Aulnay-sous-Bois, Le Raincy ou La Varenne-Saint-Hilaire, autour des synagogues [6].
Parmi les Juifs immigrés arrivés à Paris avant la Première Guerre mondiale, un groupe d’artisans et de petits commerçants émerge. En utilisant les moyens de transport de l’époque, train et tramway, les familles s’échappent de la capitale le dimanche. Dans l’Est parisien, ils affectionnent les bords de la Marne, ou les environs du canal de l’Ourcq, pour se distraire ou se reposer. Ils n’étaient pas les seuls à apprécier les lieux, ils faisaient partie de cette petite bourgeoisie parisienne qui passait la « belle saison en banlieue, soit dans sa maison de campagne, soit en location » [7].
Le découpage de la banlieue parisienne en lotissements connaît une forte progression entre 1920 et 1930. L’intense publicité vantant les mérites de la vie au grand air, accompagnée de facilités de paiement, draine dans l’Est parisien une population ouvrière à faibles moyens [8]. Les Juifs immigrés suivent le mouvement ; à Drancy, ils achètent un terrain et construisent « une sorte de maison qui sert de synagogue […]. La synagogue, qu’on pourrait appeler la synagogue des mals-lotis [9], a été construite par les fidèles eux-mêmes en mâchefer aggloméré et couverte de tuiles » [10]. Autre facteur non négligeable : les marchés et le commerce. Un petit nombre de commerçants juifs s’implante dans les quartiers avoisinant les artères principales.
Entre les deux guerres, les plus riches s’installent en des endroits à forte renommée, comme Le Raincy. En revanche, à Livry-Gargan, commune limitrophe, c’est plutôt une population modeste qui profite des loyers plus abordables. Un chercheur note qu’« à titre subjectif les Juifs polonais entendent Livry-Gargan comme les Juifs américains entendent Brooklyn, avec la même charge symbolique » [11]. Certains venaient du Pletzl (quartier du Marais), de Belleville ou du Faubourg Poissonnière. D’autres, souvent après un logement de fortune à Paris, s’y installent directement. Le père d’Alain Zylbering, par exemple, arrivé quelques mois plus tôt en éclaireur, loge chez un cousin à Paris, puis loue un petit pavillon et y fait venir sa famille.
La liaison avec les quartiers juifs parisiens se faisait principalement en tramway : « le 21 B qui partait de la place de l’Opéra ou le 95A au départ de la place de la République ; en 1930, il y avait un tramway qui partait toutes les demi-heures, le trajet durait environ une heure » [12]. Ces deux lignes sortaient de Paris par l’avenue Jean Jaurès, puis suivaient la N3 située à peu de distance et parallèle au canal de l’Ourcq, pour aboutir après Pavillons-sous-Bois à Livry-Gargan, lieu où la Société de secours mutuels de Gargan-Livry et Pavillons dite Fraternelle [13] est fondée dès 1923. Elle a pour but non seulement de créer un caveau communautaire et d’organiser les secours sociaux, mais aussi de louer un local pour la prière en attendant de pouvoir construire une synagogue.
À Aulnay-sous-Bois, les archives de la communauté sont peu importantes ; elles remontent à la fondation de la shoule par la Société de secours mutuels L’Avenir, déclarée en préfecture en 1924. La synagogue est également localisée dans les environs du canal de l’Ourcq. Les raisons d’implantation sont les mêmes qu’à Livry-Gargan : lotissements et faibles loyers. Les sources sont muettes sur la hevra [14] et son origine ; seul un caveau au vieux cimetière est témoin de cette époque. Le texte, gravé en yiddish et en français, nous donne les noms de quelques anciens. Il a encore servi récemment.
Le Raincy, où des familles aisées se sont installées, est connu comme « le Neuilly de l’Est parisien » [15]. Une association cultuelle y est fondée en 1926 [16]. Cependant, tous les fidèles ne se recrutent pas dans la haute bourgeoisie ; si certains sont industriels ou diamantaires, d’autres, plutôt prolétaires, habitent Gagny ou Villemomble. Au Raincy, la communauté comporte deux minianim [17] dès sa formation, l’un ashkénaze et l’autre séfarade. Les séfarades sont les moins nombreux et célèbrent leurs offices séparément. Même après la construction de la synagogue, ils continuent de prier dans une salle attenante.
À La Varenne, les premiers installés sont essentiellement des immigrés russo-polonais arrivés avant 1914. La liste des fondateurs de l’association cultuelle indique qu’ils sont en majorité industriels ou négociants, issus du Marais ou du Faubourg Saint-Antoine. La famille Goldenberg par exemple s’installe en 1925 : « Depuis 1920, chaque été, mes parents louaient un pavillon à La Varenne qu’il était facile de joindre par le train qui partait de la Bastille » [18]. Depuis 1905, Abraham Loewinski louait un appartement sur les bords de la Marne, que son arrière-petit-fils habite encore. Sa petite-fille, Nelly Wolf, âgée de 82 ans lors de nos entretiens, raconte que La Varenne, lieu de villégiature très prisé, était pour les Juifs parisiens des années 1930 le « Deauville de l’époque ». En 1925, l’association cultuelle est formée. Comme à Livry et Aulnay, c’est une hevra, la Benés-Jacob, fondée en 1891, qui en est l’origine.
 
Le consistoire en banlieue
 
 
Pour les grandes fêtes, Rosh hachana et Yom Kippour, le consistoire organise, chaque année, des oratoires temporaires à Paris et en banlieue. Le secrétaire de l’administration de l’ACIP [19], Albert Manuel, s’inquiète. Dans une lettre datée de mars 1928, il informe son président, le baron Edmond de Rothschild, que divers journaux se sont plaints de l’accroissement de la population immigrée dans la banlieue. Il souligne au sein de celle-ci « la présence d’éléments israélites étrangers, russes, polonais, orientaux », et ajoute : « C’est un fait patent que tout est à construire dans ces communes suburbaines, Argenteuil, Aulnay, Champigny, Clichy, Drancy, Gargan, Les Lilas, Le Raincy, La Varenne, Saint-Denis, etc. Il est déplorable de constater que dans maintes de ces localités il y a une église, il y a un temple protestant, il n’y a point de synagogue » [20]. Inquiétude légitime, car une autre association cultuelle supervise plusieurs oratoires et Talmud Tora à Paris et en banlieue, celle des immigrés russo-polonais, l’Ohel-Jacob. Son chef religieux est le grand rabbin Eisenstadt, personnage respecté mais souvent critiqué par les administrateurs consistoriaux, parce qu’il prêche en russe ou en yiddish et connaît mal la langue française.
En mai 1928, une commission rabbinique est chargée d’enquêter auprès des communautés de banlieue pour définir les besoins en lieux de culte [21]. Dans l’un des rapports, on apprend que le bureau de l’Association amicale israélite du Raincy est composé de coreligionnaires déjà « très assimilés ». D’où la conclusion, savoureuse : « Dès maintenant, cette partie de la banlieue parisienne renferme les éléments d’une belle communauté composée de coreligionnaires sympathiques ». Par contre, la commission constate qu’à Montreuil beaucoup sont hostiles à la religion, et qu’un étranger y « professait un cours de communisme aux enfants israélites » [22].
Cette situation préoccupe vivement les administrateurs de l’ACIP, mais l’institution n’a pas toujours les moyens de ses projets. Dans les années suivantes, Albert Manuel, toujours soucieux du problème des banlieues, relance son président le baron de Rothschild. « Les charges qui incombent au Consistoire de Paris deviennent de plus en plus nombreuses. La petite et la grande banlieue, avec ses cours d’instruction religieuse, ses oratoires, attire l’attention du Consistoire qui n’a pas à négliger les quartiers de Paris dépourvus d’organisation cultuelle. Aussi bien, le budget, qui s’équilibrait assez convenablement, est-il en déficit ». Il suggère différentes solutions et ajoute : « J’ai l’honneur, Monsieur le Président, de vous demander de vouloir bien élever votre cotisation qui était avant 1914 de 5 000, puis a été portée à 15 000, à 25 000 ou 30 000. Ce montant, je suis certain de l’obtenir d’autres personnes, et ce nouveau maximum amènerait très facilement de nombreuses augmentations de cotisations, d’où un supplément très appréciable de recette pour le Consistoire » [23].
À cette époque, dans les communes étudiées, deux synagogues sont déjà construites : celle de Livry-Gargan, depuis 1924, et celle d’Aulnay-sous-Bois, inaugurée en 1928, toutes deux réalisées sans subvention du consistoire. En revanche, celles du Raincy en 1931, et de La Varenne en 1935, sont construites par l’institution et financées principalement par le baron de Rothschild, au moyen d’une fondation.
 
Construire une synagogue… à Livry-Gargan
 
 
Le 22 juillet 1923, a lieu la première assemblée de La Fraternelle. Dans le compte rendu de la réunion, une seule phrase est inscrite : « L’assemblée générale a décidé la construction d’une synagogue à Gargan Lyvry, 13 avenue Gutemberg ». La seconde séance, le 29 juillet, confirme la décision : « Le comité a chargé Monsieur Pinkinson de s’occuper de la construction de la synagogue » et, en attendant, « l’assemblée a décidé de se réunir pour les prières des jours de fêtes, chez Monsieur Horn ». En août, l’architecte local, Charles Marcot, est sollicité. En septembre, M. Margoline, un coreligionnaire, consent à La Fraternelle un bail emphytéotique de 99 ans sur une partie de son terrain. En février 1924, les plans de la synagogue sont prêts. Après les quelques modifications demandées, l’architecte soumet les plans en mars et promet l’achèvement des travaux pour fin juin.
Lorsque la communauté décide de séparer la gestion de la synagogue de celle de La Fraternelle, une association cultuelle est formée. Les documents la concernant ne sont pas accessibles aujourd’hui, en raison d’un conflit interne entre ashkénazes et séfarades. De ce fait, aucune date de construction et d’inauguration n’a pu être précisée ; de plus le permis de construire n’a pas été retrouvé en mairie. La synagogue, achevée au cours de l’année 1924, a probablement été inaugurée en septembre, comme il est de tradition, au début de la nouvelle année juive. Aucune trace de cérémonie officielle pourtant dans le cahier d’assemblée de La Fraternelle. A-t-on invité le grand rabbin, le maire, le député ? Nous n’en savons rien.
La conception de cette synagogue est d’une sobriété remarquable. Le bâtiment ne comporte qu’une salle de prières de 13,50 m de long sur 7 de large, sans vestibule, ni tribune. Les dames sont placées au fond de la salle, séparées des hommes par une cloison à mi-hauteur. À l’intérieur, la lumière du jour provient de trois vitraux longilignes en façade et des oculi percés dans la voûte du plafond. Depuis sa construction, la salle a été remaniée. Auparavant, la bimah [24] était au centre de l’espace ; actuellement, elle est devant l’aron kodesh [25], et les sièges ressemblent plus à ceux d’une salle de spectacle qu’à ceux d’une antique shoule. Aujourd’hui, elle contient 120 places, dont 40 réservées aux femmes. Aucune décoration, les murs sont nus. Seuls des panneaux en yiddish rappellent les noms des membres fondateurs et des disparus de la Shoah.
Malgré sa petite taille et son austérité, la façade est remarquable (doc. 1). Elle reçoit un décor de simili bandes lombardes gravées et étagées. Le pignon, formé de pentes successives, dépasse le toit d’environ deux mètres et reçoit en acrotère les deux tables de la Loi. Elles sont soulignées à la base d’une modeste étoile à six branches en relief. Un porche, réplique exacte – en moins grand – de la façade principale, est encadré par deux piliers et conduit à la porte d’entrée. Ce bâtiment, s’il ne comportait pas les symboles du judaïsme, pourrait être pris pour une humble chapelle de campagne. D’où vient ce concept de façade étonnant ? Nous n’avons pu le déterminer car les esquisses de l’architecte manquent à notre analyse, aucune archive n’ayant été conservée [26].
IMGIMGIMGIMFDocument 1 : synagogue de Livry-Gargan.
Photo Élie Zajac.
 
… à Aulnay-sous-Bois
 
 
Là aussi les sources sont peu importantes, mais les principaux événements sont datés. Le terrain est acheté à une coreligionnaire en juillet 1927. Le permis de construire, demandé le 11 août 1928, est accordé peu après, le 8 septembre. On n’a pas attendu l’autorisation administrative pour poser la première pierre, le 12 août 1928. La fête a été solennelle, chacun a fait un don à l’occasion de cette cérémonie [27]. Dans le compte-rendu, aucun officiel, civil ou religieux, n’est mentionné et l’ambiance semble plutôt familiale. La liste des donateurs présents comporte 72 noms, d’origine russo-polonaise, sauf rares exceptions [28]. On ne connaît pas la date d’inauguration, mais la tradition orale rapporte que ce jour-là le sol n’était pas encore recouvert et que l’on pria sur la terre battue.
La shoule est d’allure modeste : 12,50 m en longueur et 6,50 m en largeur. Elle est formée d’une salle de prières, sans porche ni vestibule. Une tribune est réalisée sur toute la largeur du bâtiment. La bimah est au centre et l’armoire sainte, face à l’entrée, est placée sur une estrade précédée de quelques marches. La parcelle est étroite et la salle de prières en garde l’orientation nord-est. Le rez-de-chaussée contient une soixantaine de places pour les hommes, et la tribune une trentaine pour les dames. Les sièges, en bois ouvragé et velours, proviennent peut-être d’une ancienne synagogue [29] et donnent un parfum d’authenticité. La rambarde et le mobilier de la bimah semblent être d’époque. Le bandeau de la tribune est souligné par une frise décorée d’une moulure florale de grande taille. La lumière entre par des oculi en pignon et par des vasistas zénithaux. La salle n’est pas haute, le plafond colle à la pente du toit, de chaque côté et au centre il se conforme en arc de cercle. La charpente, avouée, est formée de poutres en console, en vis-à-vis, reliées par des tirants en acier de faible diamètre. Le résultat est étonnant, l’espace paraît agrandi, sans rapport avec les dimensions réelles du bâtiment.
À l’extérieur (doc. 2) deux pilastres forment les angles de la façade. La porte à deux battants est insérée dans une arcature dont le demi-cercle supérieur est clos par une fenêtre, formée de meneaux rayonnants en arc de cercle. Au-dessus de la porte sont placées les deux tables de la Loi, et plus haut, sous l’angle du pignon, un oculus comporte une étoile à six branches. Au dos d’un devis, un croquis malhabile esquisse deux tables de la Loi en acrotère au-dessus du pignon. Le commanditaire a peut-être envisagé cette disposition typiquement parisienne, sans retenir ce modèle dans l’exécution. L’avenue de Clermont-Tonnerre, où est située la synagogue, est une petite allée peu fréquentée, parsemée de pavillons avec lesquels, de loin, on peut la confondre. La façade est pour certains sans relief, pour d’autres, au contraire, elle est une belle représentation de la beit-ha-knesset, une « maison pour l’assemblée » des fidèles. Bien qu’elle ne soit pas monumentale, la symbolique juive y est présente et les pilastres rappellent discrètement les colonnes du Temple de Jérusalem : Yakin et Boaz.
IMGIMGIMGIMFDocument 2 : synagogue d’Aulnay-sous-Bois.
Photo Élie Zajac.
 
… au Raincy
 
 
Ici, la rareté des documents ne permet pas de retracer précisément la genèse de la synagogue. On sait seulement qu’en mars 1929 la communauté traite avec l’ACIP pour sa construction [30]. En avril, le débat continue, mais le consistoire de Paris éprouve des difficultés financières car il construit à cette époque la synagogue de Belleville, et n’est déjà pas en mesure d’envisager la réfection de celle de Montmartre, rue Sainte-Isaure. De plus des négociations sont en cours pour l’achat d’un pavillon à Champigny-sur-Marne pour en faire un oratoire. Des collectes sont alors organisées et les fonds recueillis permettent d’envisager d’autres travaux.
La synagogue du Raincy peut donc être construite en 1930, et l’inauguration a lieu le 6 septembre 1931. Mais il faut ensuite tempérer les dépenses, Albert Manuel soulignant que les derniers travaux ont absorbé au-delà du produit de la collecte et qu’« il y a donc lieu pour le Consistoire de s’abstenir de tout engagement de crédit pendant un an ou deux » [31]. Ces difficultés financières dureront toute la décennie. La crise économique et la désaffection religieuse au profit d’autres formes d’engagement en sont les principales causes.
Cette shoule est très différente de celles de Livry-Gargan ou d’Aulnay, dont les façades et les murs extérieurs sont simplement peints. Ici, le parement est composé de briques ocres en façade et sur les murs latéraux (doc. 3). Le porche d’entrée, voûté en berceau supporté par deux colonnes à chapiteaux ouvragés, précède un vestibule qui conduit à la salle de prières. Les dimensions sont de 15,50 m de longueur sur 8,90 de largeur. Au fond de la salle, face à la porte d’entrée, après avoir monté quelques marches, on accède au pupitre de lecture placé devant l’aron kodesh. La tribune pour les dames, en pleine largeur, est logée au-dessus de l’entrée ; elle n’est pas très grande : l’accès par l’escalier diminue le nombre de sièges. Le relevé réalisé avant les travaux de réfection récents comporte 150 places pour les hommes et 40 pour les femmes [32]. Les murs à l’intérieur sont nus, sans aucune décoration. Quelques vitraux éclairent la salle orientée vers l’ouest.
IMGIMGIMGIMFDocument 3 : synagogue du Raincy.
Photo Élie Zajac.
L’architecte, Henri Guimoneau [33], a conçu un ensemble d’une rigueur exemplaire. Le seul apparat est conféré en façade par le porche, une triple ouverture au-dessus qui rappelle discrètement celle des églises, et les tables de la Loi au pignon. Dans l’arc du berceau, au-dessus du porche, est logée une étoile à six branches en fer forgé. À chaque angle du bâtiment est placé, en acrotère, un petit disque en ciment comportant le même symbole.
Quel contraste avec les synagogues parisiennes, anciennes ou récentes ! En 1930 Germain Debré, l’architecte du consistoire, construit la shoule de Belleville, bel exemple de style international : aucune influence, pourtant il assure le suivi des travaux. Henri Guimoneau est un maître d’œuvre local. Une question apparaît donc en filigrane : comment et pourquoi est-on allé chercher un architecte en dehors de l’institution ? Qui a choisi, qui a décidé ? La communauté avait-elle financièrement les moyens d’imposer son choix ? Ce n’est guère crédible : tardant à rembourser sa quote-part du financement des travaux, son président se fait sermonner et rappeler à l’ordre [34].
 
… à La Varenne
 
 
Les sources, abondantes, nous permettent de retracer l’histoire de la synagogue de La Varenne avec précision. « C’est en 1925, selon un témoin, que plusieurs israélites commencèrent à se réunir dans un pavillon de la rue Chanzy appartenant à un certain Monsieur Hartman, pour former un minian le shabbat […]. Au fil des jours, ce cercle allait en s’élargissant et il fut décidé de se constituer en association dont le but principal allait rapidement devenir la construction d’une synagogue » [35]. La première assemblée a lieu le 11 septembre 1926. Au cours des réunions successives, une commission est formée pour la recherche d’un terrain et le lancement des souscriptions. En janvier 1927, « M. Loewinski propose de louer un pavillon pour faire un oratoire provisoire, car avec la somme minime que nous possédons actuellement, il est impossible d’acheter un terrain ». En conséquence, dès avril, un local est loué au 3 bis rue du Centre. On y aménage une salle de prières de 80 places. Les dimensions sont d’environ 12 m de long sur 6 de large. La bimah est placée devant l’aron kodesh au fond de la salle, face à l’entrée.
En août 1932, le projet de construction de la synagogue revient à l’ordre du jour. On sollicite les coreligionnaires, surtout les plus fortunés, et quelques fonds sont rassemblés. Le 2 février 1933, MM. Loewinski et Sapolski signent l’acte d’achat d’un terrain, mais les sommes recueillies n’étant pas suffisantes pour construire l’édifice, la communauté fait appel au consistoire. L’institution n’est pas très enthousiaste pour ce projet de construction, car ses soucis financiers persistent. Mais « le groupement confirme sa décision de procéder à sa dissolution et à sa fusion dans l’association consistoriale » [36]. En conséquence, en juin 1934, le financement est décidé car l’administration « estime que le Consistoire doit, tout en ne dépassant pas la limite de ses ressources, poursuivre son effort dans la périphérie parisienne surtout là où les bonnes volontés s’offrent pour soutenir son action » [37].
L’ACIP, dans la construction des synagogues, ne finance jamais la totalité, mais avance néanmoins les sommes nécessaires. Il demande qu’une partie du devis soit payée par les communautés, mais il n’a aucun moyen juridique pour les y obliger, ce qui conduit à des débats parfois difficiles. En ce qui concerne La Varenne, un différend financier surgit avec les délégués du groupement, MM. Loewinski et Goldenberg [38], mais un accord peut être conclu, prévoyant un remboursement sur trois ans. Le projet est confié à Germain Debré. Les plans sont prêts dès le 25 octobre 1934 et la demande d’autorisation de construire, signée par Albert Manuel le 17 décembre, est accordée le 7 janvier 1935. La première pierre est posée par le grand rabbin de Paris, Julien Weil, le 3 février 1935. La Société Quillery construit la synagogue dont l’inauguration a lieu le 22 septembre 1935.
L’édifice est d’une grande simplicité. Après avoir traversé le vestibule, on entre dans la salle de prières ; ses dimensions sont de 12,50 m en longueur et 10,20 en largeur. Elle comporte 150 places pour les hommes. Une tribune réalisée sur toute la largeur de l’édifice offre 90 places aux dames. En extrémité, le sol est surélevé, on monte trois marches pour accéder à la bimah placée devant l’aron kodesh. Les murs sont nus, sauf au-dessus de l’encadrement de l’aron, où les deux tables de la Loi sont ajoutées. On peut lire sur le bandeau de la tribune, visible depuis la bimah lorsqu’on se tourne vers l’assistance, la formule « tu aimeras ton prochain comme toi-même » en hébreu et en français, en grosses lettres sur toute la largeur de l’édifice. Sur le côté gauche s’ouvre une pièce (7 m sur 5,50 m) séparée de la grande salle par trois portes à doubles battants. Cette annexe sert d’oratoire en semaine et de salle de cours pour le Talmud Tora. Ce ne sont pas ses seules fonctions : comme dans la synagogue de Belleville dessinée par Germain Debré, l’espace du culte est extensible. Les portes de séparation ouvertes, la synagogue est agrandie et peut recevoir les fidèles en plus grand nombre lors des grandes fêtes.
La façade est peu élevée, sa hauteur hors tout est de 11,20 m (doc. 4). Elle est plane, sans relief, le pignon est formé de courbes successives étagées. Un logement de gardien sur le côté, peu important par sa taille (42 m2), participe néanmoins à la mise en valeur des volumes. Il est saillant et l’angle est réalisé en quart de rond. Une rosace, formée d’une étoile de David inscrite dans un cercle de grande taille (3,30 m) est placée au-dessus de la porte d’entrée. Entre la rosace et le dessus de la porte sont logées les tables de la Loi. Du point de vue architectural, nous serions déçus, finalement, si la façade ne venait affirmer le caractère spécifique de la synagogue. L’art de Germain Debré est dans le dessin de cette façade ; certains la trouvent orientalisante, peut-être leur rappelle-t-elle celle de la synagogue d’Alger ?
IMGIMGIMGIMFDocument 4 : synagogue de La Varenne-Saint-Hilaire.
Photo Élie Zajac.
 
Synagogue, patrie et religion
 
 
À Livry-Gargan, le désir d’intégration de la communauté juive est souvent démontré. En mai 1926, l’assemblée générale de La Fraternelle « propose une contribution volontaire obligatoire pour le relèvement du franc français et pense que chacun aura à cœur de montrer son attachement à la France » [39]. La somme est remise à la mairie, ce qui donne lieu à une lettre de remerciement du maire. En 1927, on envisage « un cours du soir pour l’enseignement des mœurs et de la langue française aux étrangers nouvellement arrivés ». Un cours gratuit de français, deux soirs par semaine, est organisé en 1929, en collaboration avec une école de Pavillons-sous-Bois. « Malgré leur français comique, mêlé de yiddish et de russe, assorti du fameux accent juif » [40], les Juifs de cette localité étaient bien acceptés par la population environnante. La petite-fille de l’architecte se souvient du premier mariage dans la synagogue ; ce devait être une famille importante car les invités, juifs et non-juifs, étaient nombreux et l’édifice ne pouvait contenir tout ce monde [41].
La shoule d’Aulnay et sa petite communauté semblent être inconnues de la commission des rabbins, qui ne la mentionnent même pas dans leurs rapports de 1928. Nous ne savons rien sur sa consécration et nous n’avons pas de trace de l’achèvement des travaux. En revanche, au Raincy, l’inauguration, le 6 septembre 1931, a lieu en présence du maire de la commune Henri Guimoneau (qui est aussi l’architecte de la synagogue), des maires des communes avoisinantes, ainsi que des grands rabbins et des administrateurs du consistoire, tandis que le baron Edmond de Rothschild, président de l’ACIP, et, parmi les officiels, le sous-préfet et le député, se sont fait excuser. Jacques Bielinky, dans L’Univers Israélite, transcrit le discours du vice-président de l’Amicale du Raincy, Alfred Weil, parlant au nom de sa communauté et du consistoire, qui se termine ainsi : « Heureux et fier de cette consécration officielle nous voulons la dédier en exemple à nos enfants, pour la continuité de notre foi et de nos traditions, au sein de la patrie française, respectueuse des croyances de chacun de ses fils » [42]. L’absence des représentants de l’État n’a donc pas entaché l’esprit patriotique de cette cérémonie.
À La Varenne, pour financer la construction, l’association avait émis une série d’obligations. Elles comportaient, en frontispice, une gravure de la synagogue de Varsovie. Mais dans les autres documents recueillis, aucune mention n’est faite des pays d’origine ; la Pologne et la Lituanie sont bien oubliées. Même le plan de la synagogue est conforme aux usages du franco-judaïsme consistorial : la bimah n’est pas au centre de la salle des prières mais devant l’aron kodesh ; l’orientation à l’est n’est pas plus respectée qu’à la grande synagogue de la rue de la Victoire, qui est orientée au nord.
Être reconnus et bien intégrés dans la société française, tel est le désir des israélites de La Varenne. C’est ce qu’on perçoit par exemple dans des courriers échangés à l’époque avec l’administration. Une lettre de félicitations est adressée en 1931 au maire de Saint-Maur [43], Auguste Marin, pour ses noces d’or, accompagnée d’un don pour les œuvres de bienfaisance municipales ; elle est suivie, en remerciement, d’une réponse cordiale. L’édification de la synagogue est remarquée par les journaux locaux et nationaux [44]. Leurs comptes rendus soulignent que le député, le maire, et les administrateurs du consistoire assistent à la pose de la première pierre. Ils sont présents à nouveau lors de l’inauguration et le député, dans son discours, rappelle que ce jour coïncide avec l’anniversaire du « 1er vendémiaire, date première de l’ère républicaine » [45] ; et comme pour une fête nationale, les drapeaux tricolores, à l’intérieur et à l’extérieur de la synagogue, de chaque côté du portail et au-dessus de la porte d’entrée, marquent le caractère républicain de la cérémonie. Aucune sculpture, aucun décor ne viennent égayer l’austérité de la façade. Quelques courbes orientalisantes en fronton, un mur nu recouvert de peinture blanche et quelques rangées de briques rouges qui soulignent la base, rien de plus. « S’il n’a pas la monumentalité classique du temple de Varsovie, celui de La Varenne, malgré sa simplicité, offre le même propos, en miniature : assurer les meilleures conditions de vie au judaïsme, tout en préservant sa représentativité vis-à-vis de la société » [46].
Malgré leur désir d’enracinement, l’histoire des Juifs en banlieue n’a pas été toujours idyllique, surtout entre 1939 et 1945, mais nos quatre synagogues n’ont pas souffert de la guerre [47] et sont toujours en usage. Elles sont remplies de fidèles chaque fin de semaine et surtout les jours de grandes fêtes. En 1996, au Raincy, lors de l’inauguration qui fait suite au réaménagement de la synagogue, rabbins, grands rabbins, maires des communes environnantes et le député-maire du Raincy, Éric Raoult, étaient présents. « Religion et patrie », la devise du Consistoire central israélite, est donc toujours d’actualité.
Dans le shtetl, les synagogues étaient la plupart du temps « des constructions sans grand caractère et sans ornement. La pauvreté des communautés explique ce manque d’apparat. De plus, l’hostilité du milieu ambiant exigeait que la hauteur de la synagogue soit toujours inférieure à celle du clocher de l’église locale, ce qui incitait la communauté à construire des lieux de culte aussi neutres et aussi peu ostentatoires que possible » [48]. En revanche, dans les quatre localités étudiées, les synagogues se sont affirmées comme des composantes avouées du paysage urbain, souvent discrètes, mais avec en façade une recherche architecturale élaborée, et comportant toujours une symbolique juive : tables de la Loi et étoile à six branches. Le judaïsme est reconnu, on peut donc avoir « pignon sur rue », posséder un monument comparable à ceux des autres cultes, dans un État républicain qui accepte les institutions religieuses comme composantes de la société civile.
La Pologne ou la Russie ne sont plus que des souvenirs, et Michel Racheline, originaire de Livry-Gargan, écrira bien plus tard : « À la shoule les hommes étaient séparés des femmes comme il se doit […]. Quand les femmes parlaient trop fort ou exagéraient leurs commérages, un homme se tournait vers elles : Cha ! Weiber [49] ! […] Moi pendant ce temps, je songeais aux synagogues de Russie. Les cosaques vont-ils surgir tout d’un coup ? Je regardais ma grand-mère, non c’est fini les cosaques » [50].
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NOTES
 
[1]Sefer Lukow, commentaires du traducteur-éditeur Alain Zylbering, 1987, p. 342.
[2]Yiddish : dévastation, destruction, terme employé par les ashkénazes avant l’usage actuel du mot Shoah.
[3]Jean Laloum, Les Juifs dans la banlieue parisienne, des années 1920 aux années 1950 : Montreuil, Bagnolet, Vincennes à l’heure de la solution finale, Paris, CNRS Éditions, 1998.
[4]Sylvie Zenouda ( sous la direction de), La Synagogue de Neuilly-sur-Seine, 120 ans d’histoire d’une communauté, Sylvie Zenouda éd., Neuilly, 2000.
[5]Dans les années 1930, à Livry Gargan, de fréquentes représentations de théâtre yiddish sont données salle Rappa, avenue de Chanzy ; le bal de la Société de secours mutuels a lieu presque tous les ans au Chalet des pins au Raincy, et des cours de français sont organisés pour les nouveaux immigrants afin de faciliter leur intégration.
[6]Cet article reprend en partie notre DEA, Influence de l’immigration juive d’Europe centrale et orientale dans la construction des oratoires et des synagogues de Paris et de la région parisienne entre 1881 et 1939, Bordeaux III, 1997.
[7]Françoise Soulignac, La Banlieue parisienne, 150 ans de transformation, La Documentation Française, 1993, p. 52.
[8]Jean Bastié, La Croissance de la banlieue parisienne, Paris, PUF, 1964, p. 227.
[9]Expression née à l’époque. La voirie ne précédait pas la vente des parcelles et les pavillons étaient souvent construits de manière rudimentaire par les ouvriers eux-mêmes. Françoise Soulignac, op. cit., p. 63.
[10]Archives de l’Association cultuelle israélite de Paris ou ACIP (désormais AACIP), Fonds Maurice Liber, Rapport du rabbin Maurice Liber, 15 mai 1928.
[11]Philippe Trétiack, Le Paysage juif parisien, Ministère de l’Urbanisme et du Logement, Paris, 1982, p. 85.
[12]Alain Zylbering, Entretiens avec l’auteur, 1997.
[13]Archives de la Société de secours mutuels de Gargan-Livry et Pavillons, dite La Fraternelle, Procès-verbaux des assemblées générales, 1923-1957. Cette association concerne les Juifs habitant Livry-Gargan et Pavillons-sous-Bois ; Alain Zylbering en est actuellement le président.
[14]Yiddish et hébreu : abrégé de Hevra Kaddisha. Auparavant, sainte confrérie qui s’occupait des inhumations, remplacée par les Sociétés de secours mutuels.
[15]Entretiens entre l’auteur et Jacqueline Bougon, présidente de la Société historique du Raincy, 1997. Expression souvent employée dans la région.
[16]Dominique Jarrassé, Une histoire des synagogues françaises, entre Occident et Orient, Paris, Actes Sud, 1997, p. 294.
[17]Assemblées de prières, pluriel de minian, groupe composé d’un minimum de 10 hommes âgés d’au moins 13 ans.
[18]Nathan Goldenberg, « Témoignage concernant le début d’une communauté juive à La Varenne (1925) », Hillel infos (bulletin d’information de la communauté de La Varenne-Saint-Maur), mars-avril 1995.
[19]Association cultuelle israélite de Paris ou consistoire parisien.
[20]AACIP, BB95, 17 mars 1928.
[21]AACIP, AA31, 3 mai 1928.
[22]AACIP, Fonds Maurice Liber, Rapports de la commission des rabbins, mai 1928.
[23]AACIP, BB95, 12 décembre 1930.
[24]Pupitre de lecture, synonyme de théba ou d’almemor.
[25]Armoire sainte où l’on range les rouleaux de la Tora.
[26]Entretiens de l’auteur avec Jean Inizan, successeur de l’agence d’architecture de Charles Marcot fils, 1997.
[27]Archives de l’Association cultuelle israélite (ACI) d’Aulnay-sous-bois, compte rendu de la cérémonie du 12 août 1928.
[28]On pourrait peut-être attribuer une origine alsacienne à quelques noms.
[29]Ou d’un ancien cinéma, selon certains fidèles.
[30]AACIP, AA31, 7 mars 1929.
[31]AACIP, AA31, 11 juin 1931.
[32]Plans déposés en mairie, état actuel, novembre 1993, J. Smadja, architecte.
[33]À la même époque, Henri Guimoneau est aussi le maire de la commune du Raincy.
[34]AACIP, BB95, Lettre du 6 juin 1930.
[35]Nelly Wolf, Le Cinquantenaire de La Varenne, Journal des Communautés, numéro spécial, Paris, 1975.
[36]AACIP, BB31, 17 avril 1934.
[37]AACIP, AA32, 19 juin 1934.
[38]AACIP, AA35, en divers comptes rendus.
[39]Archives de la Société de secours mutuels de Gargan-Livry, op. cit.
[40]Michel Racheline (petit-fils de Zadoc Racheline, un des dix-sept fondateurs de la synagogue de Livry-Gargan), Un Juif libre, Paris, Guy Authier éd., 1976, p. 271.
[41]Entretiens de l’auteur avec Denise Marcot, petite-fille de l’architecte de la synagogue, 1997.
[42]Jacques Bielinky, « Le Raincy, L’inauguration de la synagogue », L’Univers Israélite, 11 septembre 1931.
[43]La Varenne-Saint-Hilaire est un quartier de Saint-Maur.
[44]L’Union Régionale, 31 janvier 1935, Revue des études juives, 1er février 1935, Le Temps, 4 février 1935.
[45]L’Union Régionale, 26 septembre 1935.
[46]Dominique Jarrassé, op. cit., p. 300.
[47]Seule la synagogue de La Varenne a subi l’outrage de quelques bouteilles d’encre noire lancées sur la façade en 1938. La plainte a été retirée, l’auteur du délit était un voisin de la shoule.
[48]Rachel Ertel, Le Shtetl, la bourgade juive de Pologne, Paris, Payot, 1982, p. 128.
[49]En yiddish : silence, femmes !
[50]Michel Racheline, op. cit., p. 274.
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