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2001/2 (Vol. 34)



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Née dans une famille de négociants en étoffes, Ida Gilman fait des études de médecine d’abord à Kharkov, puis à Moscou, et épouse David Tennenbaum. Le couple est expulsé d’Union soviétique en 1924 pour « activités antisoviétiques ».

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Après avoir séjourné en Pologne, elle s’installe à Paris et milite au sein du groupe anarchiste russe en exil Dielo Trouda (La Cause du travail) entre 1925 et 1927. C’est là qu’elle rencontre son nouveau compagnon, Nicolas Lazarévitch. Elle est exclue du groupe pour pratique religieuse : elle a allumé une bougie le jour de la mort de son père, Meyer Gilman. Cet épisode ne marque pourtant pas de rupture avec le mouvement anarchiste : elle demeure correspondante du Libertaire. Le couple, expulsé de France en 1928, s’installe en Belgique, pays où est né Nicolas Lazarévitvh, puis gagne clandestinement l’Espagne en 1931 pour un reportage sur le mouvement ouvrier et la naissance de la République. De retour en Belgique, elle est à plusieurs reprises condamnée à de légères peines de prison pour menées antimilitaristes.

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En 1936, le couple rentre à Paris. Ida Mett devient secrétaire du syndicat des employés du gaz à la Bourse du travail, tout en continuant de donner des articles au Libertaire et à la revue syndicaliste La Révolution prolétarienne. Elle rompt cependant en 1938 avec cette revue à la suite de la publication d’un article antisémite. Elle est en même temps correspondante de l’Institut international d’histoire sociale d’Amsterdam.

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Lors de la débâcle de 1940, elle est internée avec son fils Marc, né en 1931, au camp de Rieucros (Lozère). Grâce à l’intervention, depuis les États-Unis, de Boris Souvarine auprès du gouvernement de Vichy, la mère et l’enfant sont transférés et assignés à résidence à La Garde Freinet, où ils retrouvent Nicolas Lazarévitch. Tous trois passent la guerre dans cette localité sans être autrement inquiétés.

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Entre 1947 et 1952, Ida Mett travaille comme assistante médicale au préventorium des enfants juifs de Brunoy. Parallèlement, elle effectue des traductions pour le Bureau d’études et de documentation économiques et sociales fondé par l’ancien dirigeant du Rassemblement national populaire, Georges Albertini, et Boris Souvarine. Ses diplômes n’ayant jamais été reconnus, elle n’a jamais pu exercer sa profession de médecin. Cependant elle a rédigé d’un ouvrage sur la médecine en Union soviétique, à travers lequel elle analyse la montée de l’antisémitisme dans ce pays. Elle a été employée par la suite comme traductrice dans l’industrie chimique.

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Bibliographie

  • ŒUVRES DE D’IDA GILMAN

    • La Commune de Cronstadt, Spartacus, 1948 ; La Médecine en URSS, Les Îles d’Or, 1953 ; L’École soviétique, Les Îles d’Or, 1954 ; Le Paysan russe dans la Révolution, Spartacus, 1968 ; Souvenirs sur Nestor Makhno, Allia, 1983 (posthume) ; nombreux articles dans la presse libertaire de l’époque.
  • SOURCES

    • « Le dossier Nicolas Lazarévitch », Communisme, n° 61, 2000 ; Notice « Ida Lazarévitch », dans Jean Maîtron, Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier français, vol. 33, 1988 ; Jean-Louis Panné, Boris Souvarine, Paris, Robert Laffont, 1993.

Pour citer cet article

Boulouque Sylvain, « Ida Gilman, dite Mett, médecin et anarchiste (Smorgone, Russie, 20 juillet 1901 – Paris, 27 juin 1973) », Archives Juives 2/ 2001 (Vol. 34), p. 126-127
URL : www.cairn.info/revue-archives-juives-2001-2-page-126.htm.


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