Archives Juives
Les Belles lettres

I.S.B.N.2251694137
144 pages

p. 25 à 39
doi: en cours

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Dossier : Aspects de la presse juive entre les deux guerres

Volume 36 2003/1

2003 Archives juives Dossier : Aspects de la presse juive entre les deux guerres

Un cas singulier dans la presse des mouvements de jeunesse : Chalom (1925-1935), véritable mensuel d’information

Catherine Poujol Catherine POUJOL vient de soutenir sa thèse de doctorat à l’université de Paris I-Sorbonne sur Aimé Pallière (1868-1949), itinéraire d’un chrétien dans le judaïsme.
Among the papers edited by the French Jewish youth organizations, the monthly Chalom appears as a real information review, different from a plain bulletin as edited by other youth organizations. This article first compares it to the periodicals of other associations such as Chema Israel, the Liberal Jewish Youth and Jewish Youth, before studying Chalom, the paper of the Universal Union of Jewish Youth (UUJJ), mainly dealing with peace and the defense of the rights of the Jews in the countries where they live. But, first because of the endeavours of its President and Head Editor Aimé Palliere to induce a zionistic impulse from 1926, and also because of its inability to welcome young Jewish immigrants in Paris, the number of members of the Paris section of the UUJJ decreases rapidly, Still, Chalom is read all over the world, and is considered as giving useful advice by far away sections. From Paris, the leaders of UUJJ who are also the editors of Chalom, inform the foreign readers of the worsening of the political situation of the Jews in Europe and try to alert their brethren about the oncoming threats against them, and this without the agreement of the French Judaism.
En 1922, un article de L’Univers israélite rappelle qu’à deux reprises avant-guerre « les Unions chrétiennes de jeunes gens ont demandé à entrer en relation avec une association de jeunesse israélite [1] ». Il fut alors « pénible et humiliant » de devoir leur répondre que semblable association n’existait pas. C’est pour combler ce vide que Maurice Liber (1884-1956), grand rabbin de la synagogue de la Victoire, crée en 1919 à Paris la première association de jeunesse juive française : Chema Israël. En avril 1927, le Renouveau fait le tour des associations de jeunesse existant dans la capitale, et constate qu’elles sont désormais au nombre de quatre : Chema, la Jeunesse libérale israélite, la Jeunesse juive et l’Union universelle de la jeunesse juive (UUJJ). La multiplication des mouvements de jeunesse au lendemain de la guerre est l’un des traits du judaïsme français de cette époque.
Le passage en revue des associations de jeunesse par le Renouveau permet de repérer du même coup leurs publications. Leur consultation met en évidence que les trois premières citées ne possèdent qu’un simple bulletin de liaison, nécessaire à la cohésion du groupe. L’organe de l’UUJJ, lui, apparaît dès 1925 comme un véritable mensuel d’information lu par ses membres dispersés dans le monde entier. Afin de mesurer cet écart nous allons d’abord parcourir Chema Israel, de l’association du même nom, et Le Petit rayon, organe de la Jeunesse libérale, avant d’essayer de comprendre pourquoi Chalom, journal de l’UUJJ, les surclasse tant du point de vue de la qualité que de l’audience et de la longévité. Nous serons amenés, chemin faisant, à ouvrir une parenthèse sur La Jeunesse juive, feuille dissidente publiée au sein même de l’UUJJ.
IMGIMGIMGIMFCouverture et sommaire de Chalom, 15 février 1927 (dimensions 24 x 15,7 cm).
Coll. Alliance israélite universelle, Paris.
 
Chema Israel et Le Petit Rayon
 
 
Le Renouveau commence par évoquer les deux organisations que sont Chema Israël et La Jeunesse libérale israélite. La première, d’obédience « orthodoxe », c’est-à-dire religieusement conservatrice au sens consistorial du terme, a son siège à la synagogue de la rue de la Victoire et publie donc un bulletin au titre éponyme. La seconde regroupe les jeunes libéraux de la synagogue de la rue Copernic et édite Le Petit Rayon, distribué comme supplément gratuit du Rayon, bulletin de l’Union libérale israélite (ULI) destiné aux adultes. Il est imprimé chez Montholon, 18, rue Bleue à Paris dans le 9e arrondissement.
Le Renouveau n’accorde que quelques lignes à Chema Israël [2] pour préciser qu’il est la voix d’une « association d’éducation et de propagande religieuse ». Présidée en 1927 par Max Dreyfus et animée par Samuel Kohn, forte de 500 membres, l’organisation du même nom dispose de la salle consistoriale pour ses conférences du dimanche matin, dont l’annonce est faite dans le journal. On y traite d’histoire, de traductions de la Bible et de religion juive. On annonce aussi les activités de l’association (fêtes, promenades) et les horaires des cours d’hébreu gratuits donnés dans plusieurs synagogues de Paris : rue de la Victoire, rue Notre-Dame de Nazareth, rue des Tournelles, rue Buffault et au Foyer israélite de la rue de Médicis. Le ton général est « austère », toujours selon Le Renouveau.
Tel n’est pas le cas du Petit Rayon. Créée en 1924 [3], l’association des jeunes israélites libéraux de la capitale a pour président E. H. Bach et pour secrétaire, Robert Schumann, interprète à la SDN. Elle publie un journal qui se veut le porte-parole du « jeune Juif, moderne et religieux ». De périodicité fantaisiste et proposant à peine 4 à 6 feuilles dans un format de cahier d’écolier, Le Petit Rayon informe lui aussi des activités des jeunes de Copernic, beaucoup plus turbulents que leurs homologues de la Victoire. Le rédacteur du Renouveau explique en effet que la Jeunesse libérale israélite regroupe « une société élégante qui ne dépasse pas, territorialement, les limites du seizième arrondissement ». Il note, à juste titre, que les Juifs immigrés n’y sont guère représentés et que cette jeunesse est surtout intellectuelle, organisant des conférences sur des sujets d’actualité qui tournent à la joute oratoire entre les représentants les plus éloquents des diverses tendances du judaïsme. Ces joutes, annoncées et résumées par le supplément du Rayon, portent sur des sujets si peu religieux que les administrateurs de la synagogue libérale ont fini par demander aux jeunes de se transporter dans un lieu plus neutre. Ce qui fut fait. Ils sont accueillis en 1927 dans une salle de l’hôtel Majestic où « [ces réunions] se déroulent dans le cadre du haut luxe parisien [4] ». Comme dans Chema, des cours d’hébreu, d’histoire du judaïsme sont régulièrement annoncés ainsi que les horaires de l’enseignement religieux et ceux de la bibliothèque [5].
Aimé Pallière (1868-1949) prédicateur et adjoint du rabbin Louis-Germain Lévy (1870-1946) à la synagogue de Copernic depuis 1922, est à la fois l’animateur de la Jeunesse libérale israélite et le vice-président du Fonds national juif (en hébreu, Keren Kayemeth LeIsrael, le fonds sioniste d’achat de terres en Palestine). Il intervient souvent dans le supplément afin de proposer de « bonnes actions » aux plus jeunes, à savoir cotiser pour le KKL. Si cette jeunesse n’est pas sioniste, il faut qu’elle le devienne, selon lui, dès le berceau. Ainsi, il propose dans les feuilles mêmes du journal de petites tirelires bleues à remplir en famille et à remettre à Copernic au bénéfice du KKL. Sionisme et scoutisme allant pour lui de pair, Le petit Rayon peut annoncer en juin 1931 la création d’une meute de louveteaux dont la cheftaine est Jacqueline Lévy-Bauer. En 1932, cette troupe se transforme en Éclaireurs de la Jeunesse libérale israélite» (EJL), composée de deux patrouilles, celle des garçons étant dirigée par Claude Guttmann. On annonce un programme de visites de musées et des activités sportives au stade de Joncherolles [6], puis un camp de la Jeunesse libérale israélite à Bures en juillet 1933 [7].
Nous venons de rencontrer en la personne d’Aimé Pallière, plus connu pour son itinéraire religieux compliqué [8], l’homme-clé des mouvements de jeunesse de l’entre-deux-guerres. Comptant au nombre des mentors de Robert Gamzon (1905-1961), fondateur des Éclaireurs israélites de France, il est aussi l’initiateur de nombreuses troupes de scouts juives [9]. Nous ne le suivrons pas cependant sur le chemin du scoutisme [10] pour nous intéresser plutôt à son rôle de rédacteur en chef du journal Chalom, organe de l’UUJJ, dont il est aussi le président de 1926 à 1935.
IMGIMGIMGIMFCouverture du Petit Rayon, janvier 1933 (dimensions 20,3 x 12,9 cm).
Coll. Alliance israélite universelle, Paris.
 
La revue Chalom, origines et présentation générale
 
 
Il s’agit là d’un véritable organe de presse. À l’origine, quelques jeunes gens de quinze ans environ font paraître à Salonique en 1921 une petite revue, L’Interjuive, le but des fondateurs étant de créer un lien entre les jeunes Juifs du monde entier. En 1922, L’Interjuive devient Chalom. En 1923, ses lecteurs voulurent se rencontrer et, réunis à Carlsbad, fondent l’UUJJ. Cependant le secrétaire et fondateur, Charles Nehama, immigre à Paris en 1925 et la capitale française devient le centre nerveux du mouvement ; les membres locaux de l’UUJJ se réunissent au Club Salonicien et Chalom est imprimé chez Beresniack, rue Lagrange. Le mensuel, épais de seize à vingt pages, est vendu en 1926 au prix de 25 francs pour un abonnement annuel en France et dans les colonies, de 30 francs pour l’étranger, les membres de l’UUJJ ne payant que 15 francs pour la France et 18 pour l’étranger. Une seconde feuille en hébreu paraît de façon irrégulière à Jérusalem sous le titre de Hatzaïr.
La Commission centrale de l’Organisation sioniste mondiale (OSM), toujours à l’affût d’un moyen de propagande, remarque alors cette parution encore balbutiante et décide de miser sur elle. Elle a en effet l’avantage d’être distribuée à la jeunesse juive à Paris comme dans les sections lointaines, à l’étranger. Mais pour pouvoir l’instrumentaliser, encore faut-il pénétrer l’UUJJ qui n’a jamais été sioniste. Aimé Pallière, déjà vice-président du KKL, est missionné pour se faire connaître et apprécier des jeunes de l’association. Il prend son rôle si à cœur qu’il est élu président le 6 août 1926 et du même coup devient rédacteur en chef de Chalom.
Il s’entoure d’un administrateur et secrétaire de direction, Meir Lévine, qui écrit sous le pseudonyme de Meyerkey. Puis Wladimir Rabinovitch dit Rabi (1906-1981) devient le secrétaire de rédaction de Chalom de décembre 1929 à 1934. Le comité de rédaction se réunit à La Chope de Lutèce, 8, boulevard Saint Michel et ce chaque semaine, tandis que l’UUJJ s’installe à partir de 1927 au 22, boulevard Saint-Denis. Nous ne savons rien de plus sur le fonctionnement du journal. Le tirage n’apparaît nulle part. En 1928, nous apprenons cependant que l’UUJJ compte 23 sections dans le monde et 13 associations affiliées [11] et qu’elle atteint son apogée en 1930 avec 57 sections [12], dépassant les 2 000 membres au total, ce qui peut donner une idée des abonnements. Il semble que l’UUJJ autofinance la revue, parfois avec difficultés puisque Chalom adresse des demandes d’aide à ses lecteurs en mars 1927.
Sioniste, l’UUJJ ne l’est pas à l’origine, nous l’avons dit. Ses adhérents s’intéressent seulement au combat politique contre les inégalités, à l’antisémitisme, à l’idéal de la paix universelle. Ce programme, à première vue, n’est pas contraire au sionisme qui a fait souvent son lit des souffrances des Juifs persécutés, mais les jeunes israélites parisiens n’établissent pas non plus de lien systématique entre la dénonciation des persécutions subies par les Juifs d’Europe de l’Est et l’offre d’une patrie pour les réfugiés. Ils veulent, et ils l’expriment avec force dans Chalom, livrer un combat universel contre l’antisémitisme, en lieu et place même où résident les Juifs persécutés. En 1926, lorsque Pallière s’installe à la rédaction, cette jeunesse n’accorde pas la priorité à l’édification d’un « home juif ». L’écart entre les intentions du président et les attentes des membres est tel qu’il suffit d’à peine trois ans pour que Pallière perde son audience auprès des jeunes parisiens. Cependant, même si l’UUJJ est réduite à sa plus simple expression en France – la section de Paris passe de 586 membres en 1927-1928 à 20 à la fin de 1928 et au début de 1929 – elle continue à faire illusion par ses sections lointaines. Elle parvient, en effet, grâce à Chalom, à garder le contact jusqu’en 1935 avec la jeunesse juive à l’étranger, jeunesse qui devient, elle, peu à peu réellement sioniste. Voyons cela de plus près.
 
Un périodique engagé pour la paix
 
 
De quoi parle-t-on dans Chalom ? Avant l’arrivée de Pallière, nos informations sont lacunaires. Cependant les quelques exemplaires de la revue conservés datant de 1925-1926 mettent en exergue, comme le titre de l’organisation le suggère, l’universalisme. Créée au lendemain de la Grande Guerre par la génération qui a perdu ses pères et grands-pères dans les combats, l’UUJJ est portée par l’espoir d’une paix durable, voire définitive. Les compromis laborieux du traité de Versailles et le refus du Sénat américain de ratifier l’adhésion des États-Unis à la Société des Nations n’entament pas son enthousiasme. Aristide Briand, indispensable ministre de Affaires étrangères en France de 1925 à 1932, est le grand homme de ces jeunes Juifs. Ils soutiennent ses idées de pacifisme, de désarmement, de résolution des conflits par la SDN. Leur admiration est comblée lorsque leur héros reçoit le prix Nobel de la Paix en 1926. La SDN porte tous leurs espoirs et ils sont fiers que l’UUJJ soit la seule organisation juive mondiale invitée par l’Institut international de coopération intellectuelle que dirige alors Henri Bergson [13].
Les « uujjistes » se sentent donc investis d’une mission universelle auprès des jeunes Juifs en particulier et des jeunes du monde entier en général. Par eux se réalisera la paix mondiale et, pour ce faire, l’association adhère à l’Entente des jeunes pour la SDN qui regroupe en 1928 35 sociétés de jeunes gens de toutes religions [14]. Le but est de coopérer avec le nouvel organisme international et de convaincre les israélites que cette nouvelle organisation ne heurte pas la conception française de la patrie à laquelle ils sont si attachés. L’UUJJ lance dans les colonnes du journal un appel à tous les peuples, à toutes les classes sociales et à toutes les opinions en faveur d’« un mois pour la Paix » [15]. Pallière propose alors de réunir chaque section en meeting au mois d’avril sous le slogan de «Juifs pour la Paix». Cet appel à se fédérer semble prendre forme puisque l’UUJJ est présente au Congrès mondial des Jeunes pour la Paix qui se tint du 16 au 27 août 1928 à Eerde aux Pays Bas [16].
Le même numéro nous apprend que l’Union est aussi partie prenante dans un groupement qui mêle cette fois religieux et laïques, Juifs et chrétiens : La Voix des Jeunes. Cette association se présente comme une union de mouvements de jeunesse de tous bords où figurent le Sillon (catholique progessiste), l’Union chrétienne des jeunes gens (protestante) et les Jeunesses laïques et républicaines. Un an plus tard les uujjistes retrouvent Marc Sangnier, le grand homme du Sillon, prononçant, le 31 août 1929, sur l’esplanade du Trocadéro le discours de clôture de la « Croisade de la jeunesse pour la Paix » [17]. Ces choix répondent aux goûts des membres de l’association mais on peut aussi y voir la main de Pallière, leur président d’origine chrétienne, qui sait ouvrir petit à petit l’espace social juif et favorise autant que faire se peut les rencontres inter-religieuses au sein de l’UUJJ.
 
Contre le numerus clausus et pour la défense de Schwartzbard
 
 
L’implantation de l’UUJJ autour de la Méditerranée et en Europe de l’Est la rend sensible à la situation des Juifs dans leur lieu de résidence. Une politique de pétitions et de lettres de protestation est mise en place de façon systématique lors de l’acquittement par la justice roumaine du lieutenant Moranesco, jugé pour avoir ordonné le massacre systématique des Juifs fuyant la révolution russe sur les rives du Dniestr [18]. Selon la même logique, Les uujjistes se déchaînent dans une campagne contre le numerus clausus qui limite le nombre des étudiants juifs dans les université et écoles supérieures en Hongrie, Roumanie et Pologne.
L’année 1927 est émaillée d’articles sur les réunions publiques organisées à l’étranger pour dénoncer cet abus [19]. l’UUJJ alerte, dès janvier, l’opinion publique et multiplie dans ce but les pétitions mondiales adressées à la SDN : « Appel aux Juifs et non Juifs de tous les pays par le Comité de l’UUJJ [20] ». Cette campagne est proche de celles menées par des associations juives françaises comme l’Alliance israélite universelle, raison pour laquelle le délégué de l’Alliance accepte en mars de prendre la tête du comité national de protestation que l’UUJJ accueille dans ses locaux. Lors du meeting organisé à Paris le 3 juin en association avec la Ligue des Droits de l’homme et présidé par Victor Basch, la situation en Pologne est mise en avant. Le journal l’expose dans un article intitulé : «Méfaits et absurdités de l’antisémitisme [21]» et maintient ses accusations de discrimination malgré le démenti envoyé au journal par l’ambassadeur de ce pays [22].
Cette campagne, qui s’intensifie fin 1927 dans la presse juive toute entière en raison d’une vague de pogroms en Roumanie, va de pair avec la défense de Shalom Schwartzbard, l’assassin de Simon Petlioura [23], considéré comme responsable des pogroms perpétrés contre les Juifs ukrainiens de 1918 à 1920. Cet anarchiste a voulu venger sa famille massacrée en tirant sur Petlioura, le 25 mai 1926 à Paris. Chalom s’enflamme pour sa défense au lendemain de son arrestation [24], donc bien avant que Bernard Lecache (1895-1968) ne fonde sa Ligue internationale contre les pogroms, la future LICA, au soir de l’acquittement de Schwartzbard le 26 octobre 1927. C’est encore dans les locaux de l’UUJJ que se réunit le comité de protestation et c’est à elle que le Fonds national juif demande de distribuer en novembre 1927 des cartes d’invitation pour la vente aux enchères d’un tableau que Marc Chagall a offert à l’occasion du procès [25].
Mais tandis que ses jeunes multiplient les meetings et les manifestations, Pallière les leur déconseille. D’une page à l’autre le lecteur de Chalom passe de la relation enthousiaste d’une réunion publique, d’un ouvrage ou d’une conférence de Bernard Lecache à des appels à la modération signés du rédacteur en chef qui propose, au contraire, un programme d’éducation basé sur une religiosité accrue, l’étude de l’hébreu et de l’histoire juive, le respect de la cachroute et l’adhésion au sionisme dans sa forme la plus religieuse. Lorsque les jeunes Juifs immigrés qui se sont inscrits en masse courant 1927 et début 1928 s’avisent que ce programme ne correspond pas à leur attente et que de plus, l’association qui se déclare universelle les reçoit mal en raison de leur nationalité de fraîche date, qu’elle les méprise même, ils se tournent d’un bloc vers le fondateur de la LICA, Bernard Lecache, qui n’attendait que cela pour recruter. Chalom fait à peine allusion à ce départ massif. Pourtant ces jeunes ont publié une feuille dissidente au sein même de l’UUJJ : La Jeunesse juive.
 
Une feuille dissidente, La Jeunesse juive
 
 
Le Renouveau d’avril 1927 explique : « Le Club de la Jeunesse juive [est] présidé par Georges Fleischmann. Ce club affilié à l’UUJJ compte 500 membres tous français et fils d’immigrés. Il travaille aussi au relèvement spirituel et moral de la jeunesse juive et, en outre consacre une large part de son activité aux manifestations philanthropiques en faveur des Juifs malheureux, de ses membres appelés sous les drapeaux. Et, tout dernièrement, ce club organisa deux superbes bals, dont le produit fut versé au Comité central de Secours aux Chômeurs juifs pour être affecté aux Soupes populaires. Le président dirige l’organe du club, La Jeunesse juive, un vaillant petit journal, vivant et de bonne tenue qui est bien répandu dans le monde des Juifs immigrés ».
Cette feuille dont la parution a duré deux ans environ (1926-1928 ?) est introuvable aujourd’hui. Mais nous possédons le témoignage d’un lecteur assidu de la presse juive, paradoxalement jésuite de son état, à savoir le père Joseph Bonsirven (1880-1958), chroniqueur zélé de la revue Études. Depuis 1927, il informe ces lecteurs catholiques, dans sa « Chronique du judaïsme français » des activités des Juifs en France, des parutions les concernant et de leurs difficultés internes. Le son de cloche dissident de La Jeunesse juive ne lui a pas échappé.
En octobre 1928 [26], il explique que cette revue mène depuis plusieurs mois une « lutte implacable » contre Chalom qui, en réponse, l’accuse de « faire étalage d’athéisme et d’immoralité ». Selon Bonsirven, « … ses rédacteurs ordinaires donnent l’impression de jeunes, qui, à peine échappés à diverses tyrannies et oppressions, se ruent impétueusement vers toutes les libertés, voire quelques licences ; ils veulent vivre leur vie, vie sans frein et sans contrainte. Ils veulent être juifs intensément sans rien retenir de leur religion ».
Ces jeunes immigrés font feu de tout bois, attaquant aussi bien les dirigeants de l’UUJJ que les rabbins consistoriaux. Ils s’en prennent directement à La Voix des Jeunes et au rabbinat qui mène campagne auprès des jeunes israélites « pour l’assainissement de la presse et de la littérature ». Les rédacteurs de La Jeunesse juive y voient une atteinte à leur liberté et demandent : « Quelles sont les œuvres licencieuses, quelles sont les œuvres morales ? Où commencent la moralité et où finit-elle [27] ? » Bonsirven, lui-même religieux, conclut que ce journal utilise « le plus pur vocabulaire du radicalisme, voire même du socialisme, anticlérical et irréligieux [28] ».
Le Consistoire central et le rabbinat font évidemment pression sur les dirigeants de l’UUJJ pour qu’ils fassent taire ces jeunes, membres de l’association. On accuse nommément Bernard Lecache dans les colonnes de Chalom de répandre partout où il passe un laïcisme mâtiné de communisme qui, manifestement, séduit cette jeunesse, infiniment plus que le Programme d’éducation juive proposé par Pallière, leur président. Meyerkey, au nom du Comité central, réagit violemment dans Chalom en février 1928 : Alerte ! il faut prendre garde aux faux amis, ceux qui réclament à la fois l’abolition des pogroms, la suppression de l’hébreu, la généralisation des mariages mixtes comme l’adhésion militante au « bolchevisme » [29]. Suit l’annonce de sanctions et des accusations très dures contre ces perturbateurs « pas français ou français de fraîche date, qui s’arrogent le droit de parler au nom du judaïsme et qui sont des fauteurs d’antisémitisme [30] ».
La réaction est logique. Fustigés, ces immigrés vont rejoindre d’un coup, à la fin de 1928, la LICA et Bernard Lecache qui sait les accueillir, les écouter et s’appuyer sur eux, en particulier lors de l’appel pour le boycott des produits allemands en 1934, auquel, contrairement à l’ensemble des israélites français de souche, ils sont favorables. Cet épisode opposant deux journaux de jeunesse est l’illustration de l’attitude d’ensemble des dirigeants du judaïsme français. Pour eux les étrangers, arrivés au lendemain de la Grande Guerre, avec leurs structures sociales, leurs langues, leurs idées politiques, leurs idéologies, sont des communistes, des bundistes, des athées, des libertaires. La jeunesse reproduit les mêmes schémas, israélites de souche contre immigrés. On aurait cependant pu attendre plus de compréhension de la part d’un association fondée à Salonique, faisant profession d’universalisme et implantée partout dans le monde. D’autant que cette jeunesse issue du judaïsme traditionnel d’Europe de l’Est était plus susceptible de répondre aux attentes de Pallière et d’adhérer au sionisme que les jeunes israélites français parisiens totalement assimilés.
Il s’agit donc d’une situation paradoxale car ces jeunes immigrés possédaient justement ce sentiment prononcé d’appartenance ethnique que Pallière tentait d’exalter. Incompris, ils répondirent à l’appel de Lecache, jeune leader plus en phase avec leur besoin d’action concrète. Manifester, tenir des meetings, distribuer des tracts, se colleter avec les ligues d’extrême droite dans des batailles de rue correspondaient bien mieux à leurs aspirations dans ces années trente que la sage étude de la langue, de l’histoire et de la religion juive proposée par les dirigeants de l’UUJJ, même si tout cela était constitutif de l’ethnicité que ces mêmes jeunes commençaient à revendiquer.
 
La fin de Chalom
 
 
Une fois les jeunes Juifs immigrés partis, la section parisienne de l’UUJJ, passée à 20 personnes, se réduit aux rédacteurs de Chalom. En réaction, l’UUJJ se déclare ouvertement sioniste et religieuse au point que Raymond Raoul Lambert, un de ses cadres, fait appel en octobre 1928 aux « Juifs de France » pour créer une « YMCA juive [31] ». Chalom continue de paraître malgré les embarras financiers ; la cellule parisienne y explique ses problèmes internes tout en commentant l’actualité internationale et en simulant une grande activité à destination des sections lointaines. La ligne du journal devient alors très difficile à suivre ; toute cohérence y disparaît en raison de l’affrontement entre Wladimir Rabinovitch, le secrétaire de rédaction, et Pallière, rédacteur en chef de plus en plus contesté et absent. On voit même ce dernier, meurtri, créer en tant que vice-président du KKL un autre journal, cette fois ouvertement sioniste, La Terre retrouvée dont le premier numéro paraît le 15 novembre 1928.
À partir de 1929, l’UUJJ décline et son journal aussi. Il cesse de paraître d’août à décembre 1929, faute d’argent. Lorsqu’il ressort, c’est pour s’en prendre à la LICA, sa cible privilégiée, qui a le vent en poupe et occupe l’espace libéré [32]. C’est que les attaques contre la LICA sont un des rares points de convergence entre les rédacteurs. Pour le reste, chacun écrit ce qu’il veut. La Conférence sur le désarmement organisée en janvier 1932 par la SDN met le feu aux poudres, car les opinions politiques et religieuses se heurtent alors de façon frontale dans les colonnes du journal. Il ne faut pas entendre sous le vocable « politique » une ligne aisément définissable. Nous n’avons pas affaire à un journal syndicaliste ou à l’organe d’un parti politique, mais à un périodique de Juifs engagés, aux prises avec les menaces d’un avenir des plus sombres et qui regimbent par ailleurs contre l’autorité de leur « directeur-père » : leurs écrits ont pour but de choquer une direction considérée comme trop religieuse, trop âgée, trop bourgeoise.
Mais les rédacteurs ne sont plus pour autant des jeunes gens. On l’aura compris : l’UUJJ comptait dans ses rangs des membres plus âgés que Chema et la Jeunesse libérale israélite. Des adultes tenaient désormais les commandes : Charles Nehama, qui avait 20 ans en 1926, en a 30 ans lorsque meurt l’UUJJ. Les cadres - Rabi, André Baur (1904-1944) ou Raymond Raoul Lambert (1894-1943) - ont en 1935 entre 30 et 40 ans ; le président a 67 ans. La tenue des textes publiés s’en ressent ainsi que les sujets abordés. Les luttes d’influence sont sensibles dans les pages mêmes de Chalom, sionistes religieux contre révisionnistes, pacifistes contre partisans d’abord du boycott contre l’Allemagne, puis de la lutte armée à mesure que le danger se précise.
Il est en effet un autre point sensible commun à de nombreux articles, c’est l’impatience devant l’inertie des dirigeants du judaïsme français. Rabi exprime en permanence l’angoisse d’une génération consciente des menaces qui pèsent sur elle, confrontée à des réponses toutes faites sans rapport avec l’actualité.
« Nous posons des questions modernes, angoissantes et précises : comment réaliser la Paix de chaque jour, la paix sur le front franco-allemand, la paix sur le front sino-japonais. On nous répond la Bible, le Talmud. Je dis c’est une plaisanterie. Nous sommes en minorité, englobés, inclus dans les pays. Nous avons le droit de raisonner et d’agir comme des Juifs, en ce qui concerne les incidents de la vie politique, dans le cadre de la vie nationale des pays dans lesquels nous vivons. Quand nous penserons ainsi alors nous aurons notre politique pacifiste et notre politique économique [33] ».
L’étau se resserre. Ils en sont conscients et leurs dirigeants les accusent de crier au loup et de susciter, ce faisant, l’antisémitisme.
En mai 1934, Rabi finit par claquer la porte de la rédaction, suivi en décembre de Raymond Raoul Lambert, pourtant présent depuis 1926. Après leur départ, Pallière reprend la barre entouré d’une nouvelle équipe [34]. Le secrétaire de rédaction est Marcel Greilsammer, futur président de la communauté libérale de Copernic après la guerre. On trouve là des militants sionistes comme J. Jefroykin ou A. Cherchevsky. Faut-il voir dans ce remaniement l’intervention du sionisme officiel, donc du KKL ? Il est possible aussi que le rabbinat et le Consistoire aient fait pression pour expulser Rabi, ce secrétaire « extrémiste ». Les nouveaux rédacteurs continuent à traiter de l’actualité, du Congrès juif mondial et de ses difficultés à se constituer pendant l’été 1934 [35], également des pogroms en Turquie, Lituanie, Roumanie et Pologne en septembre [36]. Ils sont scandalisés par celui de Constantine où 25 Juifs ont eu la gorge tranchée et soulignent l’impensable : « Un pogrome dans un département français [37] ! ». Ils dénoncent à cette occasion l’action des ligues allemandes qui répandent dans les milieux arabes d’Afrique du Nord, d’Égypte, de Syrie et de Palestine leur propagande antisémite [38]. On apprend que des mouvements de protestation ont été lancés à Alger par le comité Qol Aviv, affilié à l’UUJJ, qui dénonce la presse antisémite algérienne soutenue par celle de l’extrême droite française [39]. Il est cependant trop tard pour relancer la machine, l’UUJJ est partout moribonde, mise à part la section de Tunis qui survit encore en 1937, celle de Paris ayant fermé ses portes depuis deux ans.
La durée de vie de l’UUJJ fut courte (12 ans) mais l’étude de son journal montre que la rédaction s’efforça de sensibiliser la jeunesse juive à la situation politique des Juifs dans le monde. Sensibilité qui est celle des cadres de l’association et pas seulement des Juifs immigrés, puisque ceux-ci ont quitté l’association en 1929 et que Chalom n’a pas relayé leur voix. Il s’agit donc bien de Juifs français de 30 à 40 ans qui tentent d’alerter l’opinion dans leur modeste organe de presse, tandis que Pallière, leur rédacteur en chef, campe, lui, sur les positions traditionnelles des dirigeants du judaïsme français, soucieux de respectabilité, convaincus que les manifestations ne peuvent que favoriser l’antisémitisme et qu’en fait, ces pogromes et ces discriminations ne peuvent toucher la France.
De ce vivier sont sortis des cadres du judaïsme français. Ce ne peut être un hasard si les deux dirigeants de l’Union générale des israélites de France pendant la guerre, UGIF nord et UGIF sud, André Baur et Raymond-Raoul Lambert, sont deux anciens cadres de l’UUJJ. Ils ont fait leur première expérience sociale dans cette association de jeunesse. Ils y ont pris conscience de leur identité ethnique, dimension vraiment nouvelle dans l’esprit de jeunes hommes juifs issus de la bourgeoisie française. Ils furent en effet tous deux membres du Comité central de L’UUJJ avant que Baur ne devienne trésorier du KKL et président de la synagogue libérale de Copernic. Lambert a fait dans les colonnes de Chalom ses premières armes avant de partir créer Les Cahiers du Renouveau avec le rabbin libéral Louis-Germain Lévy et André Maurois. On le retrouve rédacteur en chef de l’Univers israélite en 1934 et animateur du Comité d’assistance aux réfugiés d’Allemagne (CAR) à partir de 1936. C’est sans doute cette conscience aiguë de leur identité et de leurs responsabilité juives qui leur a donné le sentiment qu’ils ne pouvaient se dérober lorsque Vichy et les autorités d’occupation, ayant défini les israélites français comme une communauté à part au niveau national, exigèrent des dirigeants pour la représenter.
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NOTES
 
[1]Aimé Pallière, « Esprit laïque et esprit religieux. À propos de Chema Israël », L’Univers israélite, 3 novembre 1922, n°7, pp. 149-151.
[2]On trouve quelques numéros de Chema Israël à la bibliothèque de l’Alliance israélite universelle, à Paris. Au même endroit, la conservation du Petit Rayon, supplément du Rayon, est lacunaire mais celle de Chalom est complète. La Jeunesse juive ne figure dans aucun des fonds d’archives que j’ai pu explorer.
[3]Le Rayon, 15 novembre 1924, n°2, p. 5.
[4]Le Renouveau, op. cit.
[5]Pour une liste exhaustive, voir Le petit Rayon, novembre 1930.
[6]Le petit Rayon supplément du Rayon, décembre 1932-janvier 1933, n°3-4.
[7]Ibid., novembre 1933, n°1-2.
[8]Cf. Catherine Poujol, Aimé Pallière (1868-1949), l’itinéraire d’un chrétien dans le judaïsme, thèse de doctorat soutenue à l’université de Paris-I-Sorbonne, décembre 200. À paraître chez Desclée de Brouwer.
[9]Voir Catherine Poujol, « Quelques détails sur les troupes de scouts fédérées aux Éclaireurs israélites de France en 1927 », colloque international sous la direction de Gérard Cholvy, Le scoutisme en Europe dans un siècle de mutation (1907-2000), Université Montpellier III, 21-23 septembre 2000 (Actes à paraître). Sur l’UUJJ et son fonctionnement, voir du même auteur, « Aimé Pallière, le paradoxe d’un président chrétien pour l’UUJJ », Bulletin du Centre de recherche français de Jérusalem (CNRS), n°5, automne 1999, pp. 47-54.
[10]C’est l’une des raisons pour laquelle il n’est pas question dans cet article de la presse des Éclaireurs israélites de France, l’autre étant que le mouvement scout ne relève pas, à mon sens, des mouvement de jeunesse proprements dits.
[11]Chalom, mars 1928, n°37. Selon une brochure éditée par l’UUJJ fin 1928/1929, l’association compte 23 sections dans le monde, ainsi réparties : 9 en Algérie, 1 au Brésil, 1 en Colombie, 1 au Congo belge, 1 en Égypte, 5 au Maroc, 1 en Palestine, 1 en Perse et 3 en Tunisie.
[12]Selon un papier à lettre de l’UUJJ retrouvé dans les archives d’Aimé Pallière déposées au Musée Message biblique Marc Chagall de Nice, la Pologne, l’Autriche, le Portugal, l’Allemagne, l’Angleterre, l’Italie, le Brésil, l’Argentine et même New York ont leur section.
[13]Chalom, mars 1926, n°15, 5e année, p. 15.
[14]Ibid., janvier 1928, n°35, p. 18.
[15]Ibid., avril 1928, n°38, p. 32.
[16]Ibid., 15 mai-15 juin 1928, n°39, p. 18.
[17]Ibid., juin-août 1929, n°49, p. 11.
[18]Ibid., janvier 1928, n°35, p. 11
[19]Ibid., février 1927, n°26 : manifestations en Tunisie et en Syrie et liste des pays pétitionnaires auprès de la SDN, p. 25
[20]Ibid., janvier 1927, n°25 et pétitions mondiales dans le n°26, février 1927, pp. 1-2, et n°27, mars 1927, p. 25.
[21]Ibid., juillet 1927, n°30, p. 14.
[22]Ibid., janvier 1927, n°25, p. 8.
[23]Voir la fiche biographique établie par Sylvain Boulouque, « Samuel Schwartzbard, militant anarchiste (1886-1938) », Archives juives, n°33/2, 2e semestre 2000, pp. 128-129.
[24]« Les pogromes en Ukraine » et « À propos de l’enquête de Bernard Lecache sur les pogromes », Chalom, n°26, février 1927, pp. 14-16 ; « Documents sur les pogromes en Ukraine », ibid., n°28, avril 1927 ; « L’affaire Schwartzbard », ibid., juin 1927, n°29, p. 19.
[25]Central Zionist Archives, CM 467/38, pièce 656, lettre en date du 10 novembre 1927 du KKL à UUJJ, Paris.
[26]Joseph Bonsirven, « Chronique du judaïsme français. La tragique question juive », Études, 5 octobre 1928, t. 197, n°19, pp. 75-99.
[27]Ibid., p. 92, citation de La Jeunesse juive, 1er juillet 1928, p. 7. Bonsirven renvoie à des articles de la même teneur : 1er mai 1928, p. 3, et 15 mai 1928, p. 8.
[28]Ibid.
[29]Meyerkey, « L’inquiétude de la renaissance et l’activité juive », Chalom, n°36, février 1928, p. 16.
[30]Chalom, mai-juin 1928, n°39, p. 1.
[31]Ibid., 15 octobre 1928, n°42, p. 16.
[32]Voir tous les numéros de décembre 1929 jusqu’à « À propos de la LICA », Chalom, novembre 1934, n°85, p. 9, ultime attaque contre la LICA, le journal n’ayant plus que quatre mois à vivre.
[33]Chalom, janvier 1933, n°64, p. 12. Les mots soulignés dans la citation le sont par leur auteur.
[34]Ibid., septembre 1934, n°83 : les nouveaux rédacteurs sont J. Jefroykin, M. Greilsammer, A. Cherchevsky, F. Gattegno, Guy Cohen, A. Staraselsky et A. Ghanassia.
[35]« Après l’échec du Congrès juif mondial », ibid., juillet-août 1934, n°81-82, pp. 1-3.
[36]« L’avenir est à la jeunesse », ibid., septembre 1934, n°83, pp. 1-2.
[37]« Où sont les responsables ? », ibid., pp. 2-4, et Chalom, octobre 1934, n°84, p. 5.
[38]« Le rôle du nazisme et des Ligues », ibid., septembre 1934, n°83, pp. 7-8.
[39]« Liberté, Liberté chérie », ibid., pp. 4-6 et p. 17, avec un message de protestation de l’UUJJ d’Alger adressé au ministre de l’Intérieur.
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Le Rayon, 15 novembre 1924, n°2, p. 5. Suite de la note...
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Le Renouveau, op. cit. Suite de la note...
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Ibid., novembre 1933, n°1-2. Suite de la note...
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Cf. Catherine Poujol, Aimé Pallière (1868-1949), l’itinérai...
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