Archives Juives
Les Belles lettres

I.S.B.N.2251694137
144 pages

p. 89 à 99
doi: en cours

Veille sur la revue
Veille sur l'auteur
Vous consultez

Mélanges

Volume 36 2003/1

2003 Archives juives Mélanges

Aux débuts de la communauté juive de Clermont-Ferrand

Anne Zinc Anne ZINK, professeur honoraire d’histoire moderne (Université de Clermont II), est spécialiste de l’histoire de la communauté juive de Bayonne au XVIIe siècle.
This Jewish group, already somewhat bulky in 1808, remains a community both particular and isolated. Depending on a distant Bordeaux Consistory far from any synagogue (the nearest ore being that of Saint Etienne) deprived of its own rabbi, it develops a structure around a peddler who became a wealthy wholesaler, Israel Waël, the actual center of the local Jewish life. It was nevertheless after his death in 1838 that the community had its own synagogue, and only in 1854 it obtained a state-appointed rabbi and only about 1880 that it had a cemetery adjoining the communal one. A poor and small community, mainly of Ashkenazi origin, a sociological gap maintains it apart from the Bordeaux Consistory, typical of the sefardi aristocracy ; however their relations, in spite of being infrequent, remain courteous. The mayors and the prefects behave with benevolence towards it, and this is altogether the reason and the consequence of an easy integration of the members of this community in the city.
Des toponymes – la rue de Font-giève et le Montjuzet – témoignent de la présence juive à Clermont au Moyen Âge. Alors qu’à Aurillac, au XVIIIe siècle, les boutiquiers se plaignent des marchands de soieries comtadins qui tentent de rester en ville après les foires [1], les quelques Juifs dont on découvre ultérieurement qu’ils étaient installés à Clermont avant la Révolution ne se heurtent, semble-t-il, à aucune hostilité. De nouvelles familles s’y installent après la Révolution, mais il faut attendre la législation napoléonienne pour comprendre qu’aux yeux des autorités, elles constituaient déjà un groupe cohérent.
Alors que la Révolution avait lié l’émancipation des Juifs à la disparition des structures communautaires, Napoléon en favorise la reconstitution à partir de 1808 en créant de toutes pièces une hiérarchie nationale insérée dans la centralisation à la française. Cet encadrement a donné lieu à la constitution d’archives normalisées et, en général, bien conservées mais qui reflètent une grande diversité locale.
Avec ses quarante-six membres en 1808 la communauté de Clermont n’avait rien de dérisoire : dans trente seulement des départements où les Juifs n’avaient été que tolérés avant la Révolution, les préfets avaient recensé de un à cent quarante individus ; dans les autres on ne connaissait au mieux, en tant que juifs, que des colporteurs venus d’ailleurs [2]. Cette communauté avait l’avantage d’être à la fois centrale et isolée : elle était « le point unique de réunion de tous les juifs […] des départements voisins, le Rhône excepté », la seule ville entre Paris, Lyon, Marseille et Bordeaux à posséder une synagogue [3]. En 1862 encore le temple le plus proche était à Saint-Étienne et il fallait aller jusqu’à Fontainebleau ou à Nîmes pour en retrouver un [4]. Assez importante pour avoir été reconnue dès le début de l’organisation consistoriale et pour avoir laissé une documentation d’origine administrative, la communauté de Clermont peut pourtant, par sa petite taille, donner une idée de ce qu’a pu signifier le fait d’être au début du XIXe siècle un groupe de Juifs isolés dans une ville de la France profonde.
Directives et enquêtes, réponses et requêtes circulent entre communauté, mairie et préfecture, consistoire régional, Consistoire central et ministère dans ce que Michael R. Marrus a appelé « une prosaïque machine bureaucratique bien huilée [5] ». De nombreux dossiers résultant de cette activité ont été conservés [6]. Il ne faut pourtant pas s’imaginer que les fonds d’archives, qui se sont déposés en strates chronologiques, racontent le siècle de façon linéaire. Les différents dossiers ne sont reliés par aucun fil continu. La chronique intercalaire des années sans histoire manque et les dossiers d’incidents graves ont pu disparaître sans laisser de traces. En articulant l’histoire de la communauté de Clermont-Ferrand autour des titres de dossiers conservés, j’empêche le lecteur d’oublier que ce qui se passe dans l’intervalle est mal connu.
 
L’application des décrets de 1808
 
 
Au ministre des Cultes qui demande des renseignements pour appliquer les deux premiers décrets de mars 1808, le préfet du Puy-de-Dôme répond d’abord que les Juifs y sont trop peu nombreux pour former une « congrégation ». Prié de préciser, il fournit un chiffre et décrit comment Israël Waël, le seul Juif aisé de la ville, met à la disposition de ses coreligionnaires dans sa maison une salle de prière et, dans les faubourgs, une parcelle qui sert de cimetière [7].
Un chiffre ne suffit pas : le ministère a besoin d’une liste nominale afin d’appliquer le troisième décret, celui qui exige de chaque israélite qui veut commercer des certificats d’honnêteté et de bonnes mœurs [8]. Le préfet demande cette liste au maire qui lui-même la réclame à Israël Waël [9]. Début décembre, le maire remet au préfet la liste de tous les adultes avec la composition de leur famille, leur adresse, leur métier, le nombre d’années passées à Clermont. L’attestation d’honnêteté est fournie globalement par le conseil municipal. Le préfet relit : il transforme le joueur de gobelet en colporteur et écarte ceux qui ne sont pas à leur compte ; puis, sans attendre les certificats de bonnes mœurs qui doivent venir du lointain consistoire, il accorde à tous le droit de venir chercher leur patente [10].
Envoyant quelques semaines plus tard la même liste au consistoire de Bordeaux qui doit procéder à la répartition des frais de culte, il rappelle la charité d’Israël Waël envers ses coreligionnaires, la considération publique dont il jouit et ses charges familiales, afin de lui éviter d’être trop lourdement taxé.
Le dossier s’arrête en juin 1811, alors que sur huit israélites clermontois autorisés à demander une patente, trois seulement étaient venus la retirer. Il est possible qu’ils aient alors obtenu d’échapper à cette obligation comme les israélites de beaucoup d’autres départements de l’intérieur [11].
Les autorités clermontoises, y compris le représentant du gouvernement, ne semblent pas partager la méfiance du chef de l’État envers les Juifs : ils admirent Israël Waël, ils le traitent comme un notable, ils lui font confiance et, même envers les plus petits et les plus pauvres, il n’expriment ni irritation ni mépris : grâce à Israël Waël, ceux-ci ont le mérite de ne pas relever de l’aide publique. En mettant une salle de prière et un cimetière à la disposition de ses coreligionnaires, en leur venant en aide en cas de besoin, ce personnage fait d’une poignée de migrants pauvres et logés en garni, un groupe assez cohérent et assez bien organisé pour ne poser aucun problème à l’administration.
 
Le rôle central d’un notable bienfaiteur
 
 
Israël Waël n’avait pourtant pas toujours été riche : en 1791, il n’est encore qu’un « colporteur portant balle « sans cheval ni voiture ; en 1794 il est toujours colporteur, mais en 1798 il est marchand de toile ; l’année suivante, marchand d’indiennes, il est locataire d’une maison entière, emploie une domestique et paye même la contribution somptuaire. En 1805 il achète une parcelle de terre dans le faubourg et une maison dans la rue des Gras où il habitait depuis au moins huit ans [12], puis, en 1806, une nouvelle parcelle contiguë à la première [13].
Arrivé en 1786, il est en 1808 le plus anciennement installé à Clermont. Raphaël Émery, arrivé deux ans après lui, restera un pauvre colporteur célibataire et finira ses jours à l’hospice. Tous les autres sont arrivés après la Révolution ; beaucoup n’ont fait que passer. Si pourtant Clermont attire plus de Juifs que les villes voisines et si plusieurs familles s’y enracinent, c’est certainement dû à l’existence d’un noyau communautaire avec comme pilier, bienfaiteur et notable, un homme qui a réussi.
Le consistoire de Bordeaux avait bien entendu choisi Israël Waël comme commissaire-surveillant [14]. En 1824, trois membres de la communauté se plaignent de lui au consistoire : il demande pour la salle de prière un loyer trop élevé ; il a prélevé ce loyer de lui-même dans la caisse commune ; il ne rend jamais de comptes ; c’est un failli. Israël Waël se justifie : le greffier du tribunal civil et celui du tribunal de commerce certifient qu’il n’a pas fait faillite, le maire atteste de sa respectabilité ; il a été obligé de demander un loyer parce que les mauvaises affaires de son fils aîné lui ont fait perdre beaucoup d’argent, mais il aurait gagné bien davantage en louant le local comme logement, c’est lui qui a fourni les tables de Moïse et les objets nécessaires au culte. Si on continue à l’accuser, il fermera le temple [15]. Le consistoire calme le jeu, l’assure de son estime et alerte le maire qui s’engage à poursuivre les trois mécontents devant la justice s’ils causaient de nouveaux troubles. Israël Waël laisse le temple ouvert et renonce même à demander un loyer [16].
En 1838 Israël Waël est mort depuis quatre ans et il n’a pas été remplacé. D. Lopes-Dubec, dont le neveu siège au consistoire [17], s’arrête à Clermont sur la route de Vichy-les-Bains afin de se renseigner « sur la situation des Iz.[sic] […] dans cette ville et les environs » et rendre compte de sa visite au consistoire. Vidal Léon, un des gendres d’Israël Waël accepterait sans doute la charge si la communauté de Clermont obtenait pour son ministre-officiant un poste salarié. Après quelques mois de tergiversations au cours desquels l’avis du maire est sollicité, Vidal Léon accepte la charge sans que Clermont ait obtenu le poste demandé [18].
 
Un poste de ministre-officiant salarié
 
 
En 1808, le précepteur des enfants d’Israël Waël remplissait « les fonctions de ministre » et expliquait « aux juifs les dogmes de leur religion » mais ce personnage subalterne disparaît vite. En 1812 Israël Waël, qui s’apprête à marier trois de ses enfants, demande au consistoire d’autoriser David Fix, le rabbin de Clermont, à « donner Kidouchim après la célébration du mariage civil comme le veut la loi [19] », mais ce personnage qui est désigné comme négociant dans les actes d’état civil, meurt en 1814.
Marchand lors de la naissance de trois de ses enfants en 1822, 1824 et 1825, Moïse Wolfowicz se présente comme instituteur hébraïque en 1827, et comme rabbin en 1829 et en 1831. Le problème de sa titularisation apparaît dans les archives en 1837. C’est sans doute la raison pour laquelle D. Lopes-Dubec s’est arrêté à Clermont. Moïse Wolfowicz « dirige seul les exercices du culte israélite depuis qu’en 1819 il s’est établi instituteur de la langue hébraïque, […] sacrificateur […], chargé de la circoncision même dans les villes circonvoisines [20] ». Père de six enfants en bas âge il exerce un petit commerce peu lucratif de marchand colporteur. C’est la seule chose qui « le déconsidère aux yeux des habitants de Clermont », car pour le reste « il a très bonne mine lorsqu’il est en soutane et en grand chapeau, étant polonais il a conservé la petite barbe, peut-être obtiendrait-on de la lui faire quitter […] » ; « sohet et moël », il est obligé de « se transporter à ses frais dans les autres villes […], ceux qui l’appellent n’ayant pas les moyens de l’indemniser ». La mairie soutient activement sa candidature [21]. Ce n’est pourtant qu’en 1853 que la communauté de Clermont obtiendra pour le second de ses successeurs le poste demandé.
Pour avoir un ministre-officiant salarié par l’État, il faut en effet regrouper deux cents fidèles alors qu’il n’y a jamais eu pendant la période plus de quatre-vingt Juifs à Clermont. Comme la communauté et la mairie se battaient côte à côte pour avoir ce poste, le recensement des Juifs de 1840, souvent considéré comme incomplet, a toute chance d’y être exact. En revanche on faisait valoir que le ministre de Clermont desservait une vaste aire régionale, si bien que pour les Fêtes il y aurait eu deux cents Juifs à Clermont [22]. Les pouvoirs publics, qui savaient certainement que ce chiffre n’était jamais atteint, ont fini par accorder le poste à la fois parce que des populations, même peu nombreuses, ont le droit d’être desservies quand elles sont isolées, et sans doute aussi parce que, pendant la saison, il fallait un ministre qui puisse se rendre à Vichy.
 
La viande casher. Les services religieux
 
 
Les statuts de 1857, issus comme les autres de la conférence rabbinique de 1856, n’ont rien d’original [23]. Les membres de la communauté (art.1 et 3) participent à ses charges mais bénéficient aussi de ses avantages. La viande « pure », la bénédiction d’un mariage ou une place au cimetière sont surtaxées pour ceux qui ne se sont pas faits inscrire comme membres de la communauté (art. 33, 34 et 39).
Au début du siècle il y avait un boucher juif, mais il meurt en 1806 et son commis entre comme salarié chez un chrétien. Un autre boucher d’origine juive apparaît, mais il épouse une chrétienne et n’a aucun contact avec la communauté. Il n’y aura plus de boucher juif. L’article 8 des statuts dit que la communauté « pourvoira à l’entretien d’un sacrificateur et s’entendra avec un ou plusieurs bouchers, à l’effet d’obtenir toute l’année la viande pure ». Les abattoirs modernes construits par la municipalité mettent à la disposition des bouchers des installations hygiéniques ; un boucher peut demander à utiliser seul un des ateliers ; le sacrificateur – c’est le ministre-officiant qui joue ce rôle – procède dans le cadre d’une boucherie et la communauté se charge ensuite de distribuer la viande dans un local à elle.
Pendant très longtemps la salle de prière a été située dans l’appartement qu’Israël Waël mettait à la disposition de la communauté dans sa propre maison, située à l’actuel n°38 de la rue des Gras [24]. Les choses changent après sa mort. Si en 1838, « les frais pour le temple s’élèvent à cinq ou six cents francs par an », c’est que la communauté paye un loyer [25]. En 1859, selon le président «la schule actuelle est […] au deuxième étage d’une maison mal habitée et d’un quartier mal famé [26] » ; il parle de « conditions indignes de la Majesté Divine [27] ». Le consistoire de Bordeaux dit qu’il y a urgence [28]. Ce quartier mal famé n’est certainement pas la rue des Gras, mais je n’ai pas pu savoir où la « schule » avait échoué.
Comme la communauté ne disposait que de mille cinq cents francs, elle trouva un propriétaire qui acceptait de mettre à sa disposition un bâtiment qui serait reconstruit selon ses instructions, moyennant un bail de quinze ans et un loyer de « quatre cents francs pour le temple et deux cent cinquante francs pour le logement du rabbin dans la maison attenante [29] ». La communauté s’aperçut trop tard que l’État ne pouvait pas subventionner la construction d’un bâtiment qui continuerait d’appartenir à un particulier [30]. David Cohen se demande si les communautés ne préféraient pas être propriétaires de leur temple plutôt que de le tenir de la municipalité [31] : à Clermont la communauté, qui a pourtant de bons rapports avec la municipalité, a choisi, par ignorance, une solution étrange : être locataire d’un particulier [32].
Cette petite synagogue est si enclavée qu’elle est éclairée par une verrière située dans le toit [33]. En 1873, la communauté envisage d’en faire construire une autre en respectant mieux les règles administratives. Elle demande à la municipalité de bien vouloir lui concéder un terrain. L’emplacement prévu aurait été assez grand pour permettre de construire un temple susceptible d’accueillir non seulement les Clermontois mais, pendant la saison, les curistes des stations thermales du département. Le projet n’aboutira pas : il disparaît sans explications des délibérations du conseil municipal après 1877, mais il est à l’origine du transfert du cimetière [34].
Quand il avait été question, en 1816, de délimiter dans le nouveau cimetière qu’on installait sur les anciens terrains des carmes déchaux, des cimetières séparés pour les catholiques, les protestants et les hospices, il n’avait pas été question des israélites puisque ceux-ci avaient leur propre cimetière que personne ne pensait à faire fermer. Israël Waël avait en effet, depuis dix ans déjà, mis à la disposition de la communauté un des terrains qu’il avait acquis dans les faubourgs et qu’il avait clos de murs [35]. Dans l’autre terrain resté en jardin il y avait une « tonne ». En général, ce mot désigne en Auvergne « une petite maison […] construite dans les vignes ou les jardins pour s’abriter du mauvais temps [36] » ; si pourtant dans ce cas, il s’était agi d’une « tonnelle », elle a pu servir pendant la semaine de Souccot.
Ce cimetière était situé à l’intérieur des barrières c’est-à-dire juridiquement en ville, mais à cet endroit la limite occidentale de la ville dessinait une saillie très marquée qui l’éloignait du centre. C’est pourquoi, à l’exception de la rue Fontgiève qui en constituait l’axe, ce quartier était resté longtemps rural comme le montre l’histoire de l’ancien cimetière chrétien : situé à peu de distance du cimetière juif et désaffecté après l’ouverture de celui des Carmes, il était resté longtemps à l’abandon ; la ville ne le loua comme jardin qu’en 1843 [37], mais il ne commença à vraiment l’intéresser qu’en 1860 quand elle voulut y installer les chantiers du marché au bois pour dégager la place de Jaude [38]. En 1863, on prévoit de tracer deux rues dans le quartier, mais l’endroit où elles doivent se croiser n’est encore qu’un champ [39]. Les soucis d’hygiène qui avait amené à interdire les cimetières en ville n’avaient donc pas lieu d’être ici [40]. C’est pourquoi, en 1851, la municipalité avait sans problème aidé la communauté à agrandir son cimetière en achetant pour elle la parcelle contiguë, celle qu’Israël Waël avait laissée en jardin et qui, à la suite du partage entre ses enfants, était sortie de la famille [41].
Une génération plus tard en revanche, comme la communauté lui avait demandé un terrain pour un nouveau temple et comme la municipalité souhaitait désormais urbaniser ce quartier, un échange fut organisé : la mairie céderait pour le temple la partie de l’ancien cimetière chrétien qui resterait après la rectification de la rue de la Morée ; parallèlement elle récupèrerait le cimetière juif pour ouvrir un grand axe qui irait du marché de Fontgiève à l’église Saint-Eutrope, et elle offrirait aux Juifs comme nouveau cimetière la prairie qu’elle venait d’acquérir derrière le cimetière des Carmes [42]. Comme elle s’engageait à ce que le nouveau cimetière soit séparé du reste du cimetière municipal, bien aménagé et clos de murs, la communauté accepta l’échange [43].
La municipalité fit construire à grand frais pour le nouveau cimetière un mur et une porte donnant directement sur la rue [44]. À cette date la loi du 14 novembre 1881, dans un esprit de laïcité mal comprise, avait interdit les carrés propres aux différents cultes dans les cimetières communaux, et plus encore la possibilité de les entourer de mur. C’est sans doute pourquoi la municipalité précisa au dernier moment « que le terrain concédé ne pourra être clos qu’au moyen d’une grille allant d’un mur à l’autre ». C’était une façon habile de respecter la loi tout en gardant au cimetière israélite son caractère privé puisqu’il disposait d’une entrée particulière. Les israélites ne seraient soumis à la loi commune qu’à partir du moment où cette portion de cimetière se révélerait insuffisante ; dans l’immédiat, la mairie respectait l’accord conclu antérieurement à la loi [45].
 
Les rapports avec le consistoire
 
 
Il y avait sans doute un abîme sociologique entre la communauté de Clermont et le consistoire de Bordeaux. Les membres les plus en vue d’une communauté qui représentait l’aristocratie du judaïsme français auraient pu se croire d’une autre essence que les membres d’une petite communauté récente, hétéroclite et majoritairement très pauvre : sur six mille huit cent vingt-neuf francs collectés par le consistoire de Bordeaux pour frais de culte en 1815, les israélites du Puy de dôme n’en payaient que soixante [46]. Alors qu’à Bordeaux en 1807 « les enfants des israélites fréquentent le lycée et les écoles chrétiennes quand les moyens de leurs parents sont suffisants pour faire les frais de l’instruction qu’on y reçoit [47] », à Clermont « aucun individu […] (n’est) à même de mettre ses enfants dans les licées [sic] [48] », « toutes les familles […] sont dans la plus grande indigence […] (et donc dans) l’impossibilité de tenir leurs enfants dans les Licées et les écoles publiques [49] ».
Pourtant les rapports ne semblent pas inégaux. Le consistoire a promis d’aider le Puy-de-Dôme à faire partie des départements dans lesquels, comme à Bordeaux, les Juifs pouvaient acheter un remplaçant pour leurs fils [50]. Lors du passage du fils Waël à Bordeaux, on lui a fait visiter la synagogue en cours d’achèvement et le consistoire invite courtoisement Israël Waël lui-même à venir assister à l’inauguration : « Mr votre fils qui a vu le temple que nous avons fait construire et dont l’inauguration aura lieu pour la Pâque des Semaines, vous donnera quelques détails sur la beauté de cet édifice. Le consistoire verrait avec bien de la satisfaction que vous voulussiez bien faire le voyage de Bordeaux pour assister à cette solennité [51] ».
Alors que lui-même appartient à la haute bourgeoisie bordelaise et qu’il s’est arrêté à Clermont pour examiner le personnage pour lequel la commuanuté demande un poste, Lopès-Dubec écrit poliment qu’il s’est fait présenter à Moïse Wolfowitz et, parle de lui avec considération.
Les contacts ne sont pourtant sans doute pas fréquents car la communauté de Clermont n’a pas pensé à demander conseil avant de faire construire sa synagogue par un propriétaire privé ; mais quand, s’apercevant de son erreur, elle a recours à lui, le consistoire la soutient auprès des pouvoirs publics [52].
Le compte rendu de l’inauguration de la synagogue dans le journal local, en 1862, fait la part belle aux Bordelais qui se sont déplacés. Vidal Léon passe aussitôt la parole au grand rabbin, mais plus qu’au sermon de celui-ci, le journaliste clermontois a été sensible à la prestation du hazan venu lui aussi de Bordeaux et qui a dû modérer l’ampleur de sa voix pour l’adapter à la petitesse du local ; du ministre-officiant local, il n’est pas question. C’est L’Univers israélite qui publie quelques semaines plus tard le sermon du grand rabbin qui a profité de l’occasion pour présenter le judaïsme à un auditoire formé en partie de non-Juifs [53].
 
La bienveillance des autorités locales
 
 
Les liens sont plus fréquents avec les autorités locales qu’avec le consistoire. Nous avons déjà vu qu’en 1808-1811 le maire et le préfet, chargés d’appliquer une mesure discriminatoire, le font avec le maximum de bienveillance et que le préfet défend ses administrés face au consistoire de Bordeaux [54].
Dans la bataille pour obtenir un poste rémunéré par l’État, le préfet ne se contente pas de transmettre les attestations de la mairie, il insiste et donne parfois d’autres détails [55]. Quand la communauté demande une subvention pour sa synagogue, c’est le préfet qui fait remarquer qu’il n’y a pas d’autres temples de Fontainebleau à Nîmes [56].
Lors de la crise de 1824, quand les greffiers des tribunaux attestent qu’Israël Waël n’a jamais fait faillite, le maire et eux-mêmes se gardent bien de dire que le fils Waël, lui, avait fait faillite en 1821, et le maire menaça les trois perturbateurs « des rigueurs de la loi [57] ». Très naturellement en 1838, le consistoire demande au maire de le conseiller dans le choix d’un commissaire-surveillant [58].
Quand le maire et le conseil municipal se battent aux côtés de la communauté pour obtenir un salaire pour le ministre-officiant ou une subvention pour la synagogue [59], ils accompagnent leur soutien des appréciations les plus flatteuses : « Monsieur Léon […] est un des plus honorables et des plus considérables habitants de Clermont […], la communauté israélite s’est toujours distinguée par son bon esprit [60] ».
La municipalité, qui accordait depuis 1843 la même subvention de trois cents francs aux protestants et aux Juifs, mais qui avait été obligée de passer, en 1858, à quatre cents francs pour les protestants, accorde six cents francs trois ans plus tard aux Juifs pour les aider à payer le loyer de la synagogue qu’un propriétaire « fait construire rue des Quatre-Passeports à l’intention de messieurs les israélites. La façade semble être de bon goût et bien disposée [61] ».
La bienveillance de la municipalité joue à la fois comme cause et comme conséquence d’une insertion sans problème des membres de la communauté dans la cité. Lors de l’inauguration de la synagogue le procureur impérial qui, invité comme tous les notables, avait été empêché au dernier moment de s’y rendre, envoie à Vidal Léon ses regrets courtois et « politiquement corrects » : « Je viens vous remercier de l’invitation […] pour assister à la bénédiction du temple hébraïque […] ; des obligations imprévues m’ont retenu au parquet. Je sais quelles éloquentes et bonnes paroles ont été prononcées par messieurs les rabbins […] ils ont pleinement rendu justice à […] la magistrature en déclarant qu’à notre époque elle voulait bonne justice pour tous sans tenir compte des différences dans les cultes [62] ». Quelques mois plus tôt, le tribunal de Riom avait condamné les membres d’un réseau catholique qui avait enlevée une jeune israélite pour la convertir ; dans le contexte de l’affaire Mortara, ce dénouement était un titre de gloire pour la justice française [63]. Le grand rabbin n’en avait pas parlé expressément mais ses allusions avaient été d’autant mieux comprises que la jeune fille enlevée à Riom avait grandi à Clermont [64].
David Cohen a consacré de longues pages à l’importance des rapports avec les municipalités [65]. Parmi les communautés étudiées, seule celle de Valenciennes s’est heurtée à une municipalité hostile. C’est aussi la ville dans laquelle aucune famille juive n’a franchi le seuil de l’aisance pendant la première moitié du XIXe siècle, alors que dans beaucoup d’autres villes, comme à Clermont, une ou deux familles qui avaient réussi ont joué aux yeux de la mairie le rôle de garants, de relais, d’intégrateurs et de substituts à l’aide sociale. Le plus misérable des colporteurs, à partir du moment où il avait pris contact avec la communauté, cessait, aux yeux des notables, d’appartenir aux classes dangereuses [66].
Après la disparition de la patente, les archives issues de l’encadrement administratif de la vie religieuse ne renseignent plus qu’accidentellement sur les activités socioprofessionnelles des membres de la communauté. La trame quotidienne de la vie religieuse et communautaire n’a, elle non plus, pas laissée de traces écrites. Les dossiers conservés correspondent à des problèmes, mais, bien que les ministres-officiants aient été obligés jusqu’au milieu du siècle de vivre très petitement et que la synagogue soit tenue en location d’un particulier, il n’y a là rien de tragique. L’ensemble confirme une chronologie attendue et une vie tranquille [67]. Le ministère, le consistoire, le préfet, le maire jouent le rôle de bons génies distributeurs d’aide, plus lente naturellement à venir qu’on ne le souhaiterait. Le plus inattendu, c’est peut-être, au moment de l’application du « décret infâme », la sollicitude du préfet, qui ne reflète pas du tout l’irritation épidermique de l’Empereur face aux Juifs, et la confiance que la municipalité accorde au personnage qui fait figure de président de la communauté. Dans un contexte déjà connu comme favorable, la vie semble avoir été particulièrement heureuse pour les Juifs de Clermont.
â—†
 
NOTES
 
[1]Claude Grimmer, « Juifs et Italiens dans l’Auvergne du XVIIIe siècle », Actes du colloque d’Aurillac, Le Migrant, Revue de la Haute Auvergne, 1985, juillet-septembre, pp. 373-379.
[2]Archives nationales (désormais AN), F19/11023, 1808.
[3]AD Puy-de-Dôme (désormais AD 63), 7 V, organisation du culte, 29 avril 1808 ; Archives municipale de Clermont-Ferrand (désormais AM CF) P 16, 1840 ; AN F19/11020, 10 décembre 1853. Une synagogue dans le langage des premières années du XIXe siècle, ce n’est pas un bâtiment mais une communauté.
[4]AN F19/11110, 10 mars 1862.
[5]Michael R. Marrus, Les Juifs de France à l’époque de l’Affaire Dreyfus, Paris, Calman-Lévy, 1971, p. 90.
[6]On les trouve classiquement dans la série V des archives départementales du Puy-de-Dôme et de la Gironde, dans celles du consistoire de Bordeaux déposées récemment aux archives municipales de la ville, dans la série F des AN et aux archives du Consistoire central.
[7]AD 63, 7 V, organisation du culte, 1808.
[8]Celui qu’on appelle « le décret infâme ».
[9]C’est du moins ce qui s’est passé dans des circonstances analogues en 1811. AM CF, 23 et 28 février 1811.
[10]AD 63, 7 V, Attribution des patentes, 1808-1811 ; Archives municipales de Bordeaux (désormais AM Bdx), Arch. consistoire 8 C 3, 1808-1811.
[11]AD 63, 7V, Répartition des frais de culte, 1809-1818. AM Bdx, Arch. consistoire 8 C 3, 1809.
[12]Cette rue qui monte vers la cathédrale est la principale de la ville.
[13]Anne Zink, « Démographie et sociologie d’une petite communauté », in Dominique Jarrassé (dir.), Histoire de la communauté juive de Clermont-Ferrand, Presses universitaires de Clermont-Ferrand II, 2000.
[14]Le commissaire-surveillant est le personnage nommé par le consistoire à la tête d’une communauté. Il n’est pas étonnant qu’un régime sous lequel les maires étaient nommés ait donné ce genre de titre et fait nommer par la hiérarchie un personnage qui joue le rôle du président actuel.
[15]AM Bdx, arch. Consistoire, 8 C 3, 22, 23, 24 et 25 décembre 1824.
[16]AM Bdx, arch. Consistoire, 8 C 3, 8 et 19 février 1825.
[17]Jean Cavignac, Dictionnaire du judaïsme bordelais au XVIIIe et XIXe siècles. Biographies, généalogies, professions, Bordeaux, Archives départementales de la Gironde, 1987, p. 94.
[18]AM Bdx, Arch. consistoire, 8 C 3, 1838-1839.
[19]AM Bdx, Arch. consistoire, 8 C 3, 17 novembre 1812.
[20]AN F19/11097, 30 août 1837.
[21]AM Bdx, Arch. consistoire, 8 C 3, 3 juin 1838 ; AM Bdx, Arch. consistoire, 8 C 3, 22, 23, 24 et 25 décembre 1824 et 8 et 19 février 1825 ; AN F19/11097, 26 février 1839.
[22]Au hasard des documents, on trouve cités l’Allier, la Haute-Loire, la Creuse, le Cantal, la Nièvre et la Corrèze, Riom, Moulins, Guéret, Limoges et Aurillac ; AN F19/11097, 30 août 1837 ; AN F19/11110, 1852 ; AM Bdx, 8 C 3, 1857.
[23]AM Bdx, 61313, 1857 ; AD 63 7V, 1857.
[24]On identifie la maison en comparant le cadastre de 1831 au cadastre actuel. Le magasin qui donne sur la rue des Gras ne communique pas avec les étages ; pour atteindre l’escalier, on entre par le n°5 de la place Saint-Pierre.
[25]AM Bdx, Arch. Consistoire, 8 C 3, 1838.
[26]AN F19/11110, 25 novembre 1859.
[27]AN F P 16, 12 octobre 1860.
[28]AN F19/11110, 21 mars 1862.
[29]AN F19/11110, 15 mars 1860, 3 mai et 9 mai 1862.
[30]AN F19/11110, 9 mai 1862 ; AM CF, P 16, 25 janvier 1838, 15 et 23 juillet 1862.
[31]David Cohen, La Promotion des Juifs de France à l’époque du Second Empire (1852-1870), Publications de l’Université de Provence, 1980, pp. 223-242.
[32]Craignant de voir le local de la synagogue de la rue des Quatre Passeports utilisé d’une façon indigne de sa destination première, la communauté l’acheta en 1993 en croyant le racheter.
[33]Dominique Jarrassé, « La synagogue des Quatre-Passeports », in Dominique Jarrassé (dir.), op. cit.
[34]AM CF, P 16, 28 mars et 4 mai 1873 ; 15 octobre 1874 ; AM CF Délibérations, t. 61, 15 juin 1877.
[35]AD 63, 7 V chemise 1809-1818, 1809.
[36]Marcel Larchiver, Dictionnaire du monde rural. Les mots du passé, Paris, Fayard, 1987, p. 1611.
[37]AM CF, Délibérations t. 43, 25 avril 1842.
[38]AD 63, O 2044, 25 avril et 18 octobre 1816 ; 06 et 11 février 1818 ; 22 mai 1860.
[39]AM CF, Délibérations t. 54, 21 mars 1863.
[40]Édit du 10 mars 1776 et décret du 22 prairial an XII.
[41]AD 63, O 2044, 19 février 1851 ; AM CF Délibérations, t. 48, 30 décembre 1850 ; AD 63 O 2044, 1er et 7 mars 1851.
[42]AM CF, Délibérations, 15 juin 1877.
[43]AM CF, P 16, 28 mars 1873, 12 mai 1873, 1er et 4 mai 1874, 14 octobre 1874, 16 et 30 novembre 1875, 28 avril 1876, 3 janvier 1877, 11 juillet 1878.
[44]AM CF, Délibérations, t. 62, p. 298 ; AD 63, O 2044, 19 avril 1880 et 13 avril 1883, AM CF, M 23, 26 juin 1882 ; AM CF, Délibérations imprimées, 17 novembre 1883.
[45]AD 63, 0 2044, 13 avril 1883.
[46]AD Gironde (désormais AD 33), 7 V 19, 1815.
[47]AD 33, 7 V 19, 10 août 1807. Les « écoles chrétiennes » concernent les jeunes filles qui vont dans des institutions pour demoiselles.
[48]AD 33, 8 C 3 Arch. consistoire, 8 septembre 1809.
[49]AD 33, 8 C 3 Arch. consistoire, 1er mars 1812.
[50]AM Bdx, Arch. consistoire, 8 C 3, 1er mars 1812. L’article III-17 du «décret infâme» interdisait aux conscrits juifs de se faire remplacer. Les Juifs bordelais avaient été immédiatement exemptés de ces dispositions. En 1812 les familles avaient bien des raisons d’être autorisées à acheter un remplaçant.
[51]AM Bdx, Arch. consistoire, 8 C 3, 5 mars 1812.
[52]AN F 19/ 11110, 21 mars 1862.
[53]L’Univers israélite, t. 17, 1861-1862, pp. 375, 428, 485-489 ; AN BB 30 386 2, 3 octobre 1861.
[54]AM Bdx, Arch. consistoire, 8 février 1812, 14 janvier et 28 juillet 1813, 24 avril et 3 juin 1815, 1er mars et 26 mars 1816 ; 24 juin 1809.
[55]AN F19/11097, 19 septembre 1837, 8 février 1838, 28 janvier 1840.
[56]AN F19/11110, 10 mars 1862.
[57]AM CF, P 16, 8 février 1825.
[58]AM Bdx, Arch. consistoire, 8 C 3, 20 juin 1839.
[59]AN F19/11097, 7 février 1838, 26 février 1839.
[60]AN F19/11020, 25 août 1853.
[61]AM CF, Délibérations t. 43, 9 septembre 1843 et sq. passim ; t. 52, 19 décembre 1858 ; t. 53, 14 février 1861.
[62]AM Bdx, Arch. consistoire, 8 C 3, 22 mars 1862.
[63]L’Univers Israélite, 1860-1861, p. 92 ; 1861-1862, p. 179 et sq. et p. 279. Archives Israélites, 1861, p. 668 et sq.
[64]Voir à ce propos Danielle Delmaire, « L’intégration par la liberté des consciences et l’égalité des cultes. L’exemple de l’affaire Bluth-Mallet (1861) », Archives juives, n°35/1, 1er semestre 2002, pp. 44-59.
[65]David Cohen, op. cit., pp. 223-245.
[66]Louis Chevalier, Classes laborieuses et classes dangereuses, Paris, Plon, 1958. Un colporteur n’est ni plus ni moins suspect qu’un ouvrier, car il se déplace beaucoup pour trouver du travail.
[67]Jean-Jacques Becker, in Jean-Jacques Becker, Annette Wieviorka (dir.), Les Juifs de France de la Révolution française à nos jours, Paris, Liana Levi, 1998, a appelé un de ses premiers chapitres « Le siècle tranquille du judaïsme français ».
© Cairn.info 2009 Vie privée | Conditions d’utilisation | Conditions générales de vente
Cairn.info | Éditeurs | Bibliothèques | Aide à la navigation | Plan du site | Raccourcis
[1]
Claude Grimmer, « Juifs et Italiens dans l’Auvergne du XVII...
[suite] Suite de la note...
[2]
Archives nationales (désormais AN), F19/11023, 1808. Suite de la note...
[3]
AD Puy-de-Dôme (désormais AD 63), 7 V, organisation du cult...
[suite] Suite de la note...
[4]
AN F19/11110, 10 mars 1862. Suite de la note...
[5]
Michael R. Marrus, Les Juifs de France à l’époque de l’Affa...
[suite] Suite de la note...
[6]
On les trouve classiquement dans la série V des archives dé...
[suite] Suite de la note...
[7]
AD 63, 7 V, organisation du culte, 1808. Suite de la note...
[8]
Celui qu’on appelle « le décret infâme ». Suite de la note...
[9]
C’est du moins ce qui s’est passé dans des circonstances an...
[suite] Suite de la note...
[10]
AD 63, 7 V, Attribution des patentes, 1808-1811 ; Archives ...
[suite] Suite de la note...
[11]
AD 63, 7V, Répartition des frais de culte, 1809-1818. AM Bd...
[suite] Suite de la note...
[12]
Cette rue qui monte vers la cathédrale est la principale de...
[suite] Suite de la note...
[13]
Anne Zink, « Démographie et sociologie d’une petite communa...
[suite] Suite de la note...
[14]
Le commissaire-surveillant est le personnage nommé par le c...
[suite] Suite de la note...
[15]
AM Bdx, arch. Consistoire, 8 C 3, 22, 23, 24 et 25 décembre...
[suite] Suite de la note...
[16]
AM Bdx, arch. Consistoire, 8 C 3, 8 et 19 février 1825. Suite de la note...
[17]
Jean Cavignac, Dictionnaire du judaïsme bordelais au XVIIIe...
[suite] Suite de la note...
[18]
AM Bdx, Arch. consistoire, 8 C 3, 1838-1839. Suite de la note...
[19]
AM Bdx, Arch. consistoire, 8 C 3, 17 novembre 1812. Suite de la note...
[20]
AN F19/11097, 30 août 1837. Suite de la note...
[21]
AM Bdx, Arch. consistoire, 8 C 3, 3 juin 1838 ; AM Bdx, Arc...
[suite] Suite de la note...
[22]
Au hasard des documents, on trouve cités l’Allier, la Haute...
[suite] Suite de la note...
[23]
AM Bdx, 61313, 1857 ; AD 63 7V, 1857. Suite de la note...
[24]
On identifie la maison en comparant le cadastre de 1831 au ...
[suite] Suite de la note...
[25]
AM Bdx, Arch. Consistoire, 8 C 3, 1838. Suite de la note...
[26]
AN F19/11110, 25 novembre 1859. Suite de la note...
[27]
AN F P 16, 12 octobre 1860. Suite de la note...
[28]
AN F19/11110, 21 mars 1862. Suite de la note...
[29]
AN F19/11110, 15 mars 1860, 3 mai et 9 mai 1862. Suite de la note...
[30]
AN F19/11110, 9 mai 1862 ; AM CF, P 16, 25 janvier 1838, 15...
[suite] Suite de la note...
[31]
David Cohen, La Promotion des Juifs de France à l’époque du...
[suite] Suite de la note...
[32]
Craignant de voir le local de la synagogue de la rue des Qu...
[suite] Suite de la note...
[33]
Dominique Jarrassé, « La synagogue des Quatre-Passeports »,...
[suite] Suite de la note...
[34]
AM CF, P 16, 28 mars et 4 mai 1873 ; 15 octobre 1874 ; AM C...
[suite] Suite de la note...
[35]
AD 63, 7 V chemise 1809-1818, 1809. Suite de la note...
[36]
Marcel Larchiver, Dictionnaire du monde rural. Les mots du ...
[suite] Suite de la note...
[37]
AM CF, Délibérations t. 43, 25 avril 1842. Suite de la note...
[38]
AD 63, O 2044, 25 avril et 18 octobre 1816 ; 06 et 11 févri...
[suite] Suite de la note...
[39]
AM CF, Délibérations t. 54, 21 mars 1863. Suite de la note...
[40]
Édit du 10 mars 1776 et décret du 22 prairial an XII. Suite de la note...
[41]
AD 63, O 2044, 19 février 1851 ; AM CF Délibérations, t. 48...
[suite] Suite de la note...
[42]
AM CF, Délibérations, 15 juin 1877. Suite de la note...
[43]
AM CF, P 16, 28 mars 1873, 12 mai 1873, 1er et 4 mai 1874, ...
[suite] Suite de la note...
[44]
AM CF, Délibérations, t. 62, p. 298 ; AD 63, O 2044, 19 avr...
[suite] Suite de la note...
[45]
AD 63, 0 2044, 13 avril 1883. Suite de la note...
[46]
AD Gironde (désormais AD 33), 7 V 19, 1815. Suite de la note...
[47]
AD 33, 7 V 19, 10 août 1807. Les « écoles chrétiennes » con...
[suite] Suite de la note...
[48]
AD 33, 8 C 3 Arch. consistoire, 8 septembre 1809. Suite de la note...
[49]
AD 33, 8 C 3 Arch. consistoire, 1er mars 1812. Suite de la note...
[50]
AM Bdx, Arch. consistoire, 8 C 3, 1er mars 1812. L’article ...
[suite] Suite de la note...
[51]
AM Bdx, Arch. consistoire, 8 C 3, 5 mars 1812. Suite de la note...
[52]
AN F 19/ 11110, 21 mars 1862. Suite de la note...
[53]
L’Univers israélite, t. 17, 1861-1862, pp. 375, 428, 485-48...
[suite] Suite de la note...
[54]
AM Bdx, Arch. consistoire, 8 février 1812, 14 janvier et 28...
[suite] Suite de la note...
[55]
AN F19/11097, 19 septembre 1837, 8 février 1838, 28 janvier...
[suite] Suite de la note...
[56]
AN F19/11110, 10 mars 1862. Suite de la note...
[57]
AM CF, P 16, 8 février 1825. Suite de la note...
[58]
AM Bdx, Arch. consistoire, 8 C 3, 20 juin 1839. Suite de la note...
[59]
AN F19/11097, 7 février 1838, 26 février 1839. Suite de la note...
[60]
AN F19/11020, 25 août 1853. Suite de la note...
[61]
AM CF, Délibérations t. 43, 9 septembre 1843 et sq. passim ...
[suite] Suite de la note...
[62]
AM Bdx, Arch. consistoire, 8 C 3, 22 mars 1862. Suite de la note...
[63]
L’Univers Israélite, 1860-1861, p. 92 ; 1861-1862, p. 179 e...
[suite] Suite de la note...
[64]
Voir à ce propos Danielle Delmaire, « L’intégration par la ...
[suite] Suite de la note...
[65]
David Cohen, op. cit., pp. 223-245. Suite de la note...
[66]
Louis Chevalier, Classes laborieuses et classes dangereuses...
[suite] Suite de la note...
[67]
Jean-Jacques Becker, in Jean-Jacques Becker, Annette Wievio...
[suite] Suite de la note...