2003
Archives juives
Lectures
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Un ethnologue dans les tranchées, lettres de Robert Hertz à sa femme Alice, août 14-avril 15, présentées par Alexander Riley et Philippe Besnard, préfaces de Jean-Jacques Becker et Christophe Prochasson, CNRS-Éditions, 2002, 265 p., 29 euros
Les lettres, passionnantes, de Robert Hertz à sa femme Alice, entre août 1914 et avril 1915, date de sa mort, offrent la vision d’un soldat-citoyen, « ethnologue, socialiste et juif » quant à son engagement dans le conflit. Sociologue et ethnologue, Robert Hertz est né en France de père allemand, il accumule les signes de l’excellence méritocratique républicaine, du normalien à l’agrégé de philosophie.
La guerre voit l’ethnologue recueillir des pratiques folkloriques argonnaises ou lorraines (6 oct. 1914) ou comparer la guerre en Europe à celles des Maoris (5 déc. 1914). Le socialiste rêve que les expériences dues à la guerre, tant de vie commune que d’économie dirigée, instruisent pour l’établissement d’une société future. La guerre est « la plus formidable expérience de collectivisme qui ait jamais été tentée » (24 déc. 1914).
Mais c’est le Juif qui veut, sans cesse, expliquer son engagement : « Si en me présentant spontanément j’ai fait un peu plus que mon devoir, ce n’a pas été de ma part une folie, un coup de tête - mais bien le fruit d’une longue délibération intérieure, d’un travail subconscient… ou plutôt d’aboutissement de toute ma vie. Chère, comme juif, je sens l’heure venue de donner un peu plus [souligné par l’auteur] que mon dû […]. Il n’y aura jamais assez de dévouement juif dans cette guerre, jamais trop de sang juif versé sur la terre de France. Si je puis procurer à mon fils de bonnes et vraies lettres de grande naturalisation, il me semble que c’est le plus beau cadeau que je puisse lui faire » (3 nov. 1914). Cet intellectuel développe longuement les raisons de sa lutte et même de sa recherche du sacrifice, tant pour partager avec son épouse cet engagement, aboutissement à ses yeux de toute une vie, que pour la préparer à sa possible disparition : « De tout mon être, je voulais être français, mériter de l’être, prouver que je l’étais. […] Puis ce désir “ d’intégration ” a pris une autre forme, car mon socialisme procédait de là pour une large part. Maintenant le vieux rêve puéril revit en moi plus ardent que jamais. Je suis reconnaissant aux chefs qui m’acceptent pour leur subordonné, aux hommes que je suis fier de commander, eux, les enfants d’un peuple vraiment élu. Oui, chère, je suis pénétré de gratitude envers la patrie qui m’accepte et me comble. Rien ne sera trop pour payer cela » (2 avril 1915). Si cette correspondance révèle une véritable complicité entre les deux époux, la recherche d’un consensus dans l’engagement patriotique, le combat contre les doutes et les angoisses, le partage d’une vision identique de la France à venir, lire Robert Hertz prouve combien pour beaucoup de Juifs, qu’ils soient français de très longue date ou descendants d’étrangers récemment arrivés, le discours de la dette à la patrie est prégnant ; la guerre doit confirmer l’émancipation Ce qui différencie la guerre menée par les soldats de confession israélite de leurs compatriotes est le sens d’un devoir redoublé vis-à-vis de la patrie française qui a fait des Juifs des citoyens comme les autres.
Ce don de soi, en contre-don, qui rappelle les théories développées par son collègue et néanmoins ami Marcel Mauss, reste chez Hertz d’inspiration très barrésienne, celui de l’enracinement national, la place dans ce sol qu’il faut fertiliser avec son sang et les morts. L’élection est maintenant française. Le Juif participe du combat national et, comme ses compagnons, accepte « tout résolument » (22 mars 1915).
Frédéric Gugelot
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Jean-Philippe Schreiber, Dictionnaire biographique des Juifs de Belgique. Figures du judaïsme belge XIXe-XXe siècles, Bruxelles, De Boeck Université, 2002, 400 p., nombreuses illustrations, sources et bibliographie, index des lieux et personnages cités
Pourquoi nous préoccuper dans nos colonnes d’un ouvrage concernant le judaïsme belge ? Outre qu’il propose sa solution à des problèmes de méthode et de présentation que la Commission française des archives juives rencontre dans l’élaboration de son dictionnaire des ministres du culte, il offre un excellent champ comparatif à nos propres études : autant et plus en effet qu’un outil de travail, d’ailleurs conçu de manière tout à fait pratique et éclairé d’une abondante iconographie, – et nous y retrouvons bien des Français partis en Belgique pour diverses raisons, familiales, professionnelles ou politiques, et pour un temps plus ou moins long –, il présente par le moyen de la prosopographie un panorama d’une histoire tant juive que belge croisée avec notre propre histoire. Alsaciens et Lorrains de l’époque dite « de l’annexion » installés en Belgique, bannis du Second Empire, immigrés fuyant les pogromes du XIXe ou les persécutions nazies, religieux orthodoxes, sionistes, syndicalistes, résistants, artistes, aussi bien qu’universitaires, dirigeants communautaires, bourgeois qu’on appelle en France adeptes du « franco-judaïsme » etc., il n’est guère de domaine de l’histoire des Juifs de France qui ne trouve son pendant dans celle des Juifs de Belgique. De plus, la prise en compte des destins individuels nous permet d’évaluer à une plus juste mesure et de nuancer la part de l’influence du judaïsme français, qu’on aurait plutôt tendance à surestimer de ce côté-ci de la frontière, dans l’histoire d’un judaïsme ouvert plus largement que le nôtre aux influences germaniques et anglo-saxonnes. Ainsi le lecteur qui voudra faire une incursion roborative au delà de notre judaïsme hexagonal fera aussi grâce à ce dictionnaire une plongée passionnante et une promenade agréable dans l’histoire du judaïsme européen à l’époque contemporaine.
Monique Lévy
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Jean-Marc Dreyfus, Pillages sur ordonnances. Aryanisation et restitution des banques en France (1940-1953), préface d’Antoine Prost, Paris, Fayard, 2003, 475 p., 25 euros
C’est à l’examen d’un nouvel aspect de l’aryanisation économique – un sujet désormais maintes fois visité par les historiens –, que nous convie l’ouvrage que Jean-Marc Dreyfus consacre au secteur bancaire. Ce travail, issu de sa thèse de doctorat, est l’aboutissement d’un intérêt déjà ancien : l’auteur abordait en effet cette même thématique dans son mémoire de maîtrise (1994).
Le choix fait par J.-M. Dreyfus n’est pas anodin, car, comme le rappelle à juste titre Antoine Prost dans sa préface, « dans les fantasmes collectifs qui ont nourri la persécution, trop réelle, des Juifs de France, la “ banque juive ” occupe, en effet, une place centrale. » C’est à une vision d’ensemble, fine et précise néanmoins, du processus de spoliation que s’est attaché l’auteur. Une salutaire mise en perspective ainsi que des approches comparatives viennent à la fois retracer les mesures d’exception dont furent, tout au long de leur histoire, victimes les Juifs en France et la manière dont ce même processus fut mis en œuvre dans l’Europe occupée.
Dans un parti pris d’exhaustivité, J.-M. Dreyfus a entrepris l’étude de 191 établissements, du petit peloton de banques importantes, très majoritairement parisiennes, aux petites banques, plus nombreuses, locales et provinciales. Tout l’hexagone est couvert, y compris l’Alsace et la Moselle annexées. L’aryanisation économique, rappelle-t-il aussi, n’a pas concerné les seules banques au sens strict, mais également les établissements financiers et, en premier lieu, les personnels de la Bourse de Paris, depuis les charges des agents de change jusqu’aux coulissiers.
Les différentes étapes du mécanisme de dépossession visant ces établissements sont décortiquées de façon extrêmement claire, les ordonnances allemandes et les textes de loi promulgués par l’État français sont replacés dans leur contexte et confrontés. « L’initiative de l’aryanisation économique vint des militaires allemands et non des Français, qui s’empressèrent cependant de surenchérir et de prendre en main la mise en œuvre du processus », observe l’auteur. Les administrateurs provisoires en charge de la procédure formaient un groupe hautement qualifié. Souvent, des honoraires très attractifs, dépassant de beaucoup les émoluments courants, s’avéraient décisifs. Nombre d’entre eux, pour beaucoup des retraités, avaient dirigé de grandes banques et pouvaient se targuer d’une longue expérience.
La pratique de l’aryanisation ne fut pas uniforme. Proportionnellement, moins de banques juives de province que d’établissements parisiens ont été liquidées. Et l’auteur d’en avancer les raisons : assise plus ancienne, milieu des affaires plus ramassé, éloignement des instances spoliatrices de tutelle, décalage chronologique dans l’application de l’aryanisation entre zone nord et zone sud, réseaux d’entraide et de soutien aux banquiers mieux intégrés, et parfois, personnalité des préfets. « Les grandes banques juives, toujours selon l’auteur, étaient quant à elles, des symboles trop forts. Leur notoriété même les a condamnées. »
L’aryanisation coïncida avec les projets de réorganisation du domaine bancaire et financier visant justement à une diminution du nombre d’établissements, la politique antijuive ne faisant que devancer en quelque sorte la rationalisation du secteur envisagée par les pouvoirs publics. La liquidation répondant le mieux à ces desseins, cette solution fut adoptée dans une proportion élevée de cas, et quasiment toujours dans des conditions très défavorables. Quant aux acheteurs, boudant des opportunités offrant la plupart du temps peu d’intérêt, ils préférèrent s’intéresser aux dépouilles des banques en liquidation.
L’étude n’oublie pas la dimension humaine de cette politique. Le monde des banquiers y apparaît dans son hétérogénéité, avec une grande bourgeoisie, souvent ancienne, une « classe moyenne supérieure », aisée dans bien des cas, et une petite voire très petite bourgeoisie. La très grande majorité sont français, les Juifs séfarades de Bordeaux formant en leur sein un milieu particulier. Quelques étrangers de diverses nationalités – turque, yougoslave, belge, hollandaise, marocaine – complètent l’ensemble.
Par touches successives, l’auteur brosse avec beaucoup de sensibilité, les destins individuels de banquiers et de leurs familles confrontés aux mesures d’exclusion et de persécution. Gagner la zone libre fut l’un de leurs premiers réflexes. Ainsi au mois de juillet 1940, la quasi totalité s’y était repliée. Plusieurs d’entre eux entreprirent d’y ouvrir des bureaux et de poursuivre leur activité. D’autres, moins nombreux, purent quitter la France, notamment en direction des États-Unis. Le souci de préserver leur capital conduisit certains banquiers à échafauder différents stratagèmes : le mettre à l’abri en Suisse ou à Monaco, établir une donation à des descendants considérés comme aryens par les autorités en place ou encore –concernant les banquiers de certaines nationalités –, faire jouer la protection consulaire. Ces stratégies bien souvent firent long feu. Le blocage de leurs comptes, la dépendance à l’égard du bon vouloir de l’administrateur provisoire, autorisé seulement à leur concéder des « subsides absolument indispensables », hypothéquèrent en fait leurs moyens mêmes de subsistance et aggravèrent une incertitude financière et une détresse morale grandissantes.
Au sortir de l’Occupation, sur les 191 établissements étudiés, 112 avaient été liquidés, 60 aryanisés. L’auteur relève surtout que 12 de leurs dirigeants avaient été déportés – bilan provisoire, eu égard à la difficulté d’établir la liste complète des victimes de la Shoah. Si la majorité des banquiers juifs et de leur famille ont survécu à la guerre, explique-t-il, c’est qu’ils « étaient de nationalité française et donc moins touchés par les déportations. D’autre part, maintenir une indépendance financière, c’était aussi pouvoir quitter Paris, se cacher, payer des passeurs et ne pas dépendre de l’UGIF… ».
J.-M. Dreyfus consacre enfin un chapitre aux restitutions. Comme pour le processus de spoliation, il en souligne le cadre légal. Il insiste en particulier sur leur importance : « il a fallu décrire, conclut-il, la volonté politique qui a conduit à la promulgation de nombreuses ordonnances tentant de réparer les dommages causés aux Juifs et aux autres catégories de spoliés. L’instauration de ces mesures ne fut pas linéaire, elle fut soumise à débat et connut des hésitations, comme cela avait été le cas auparavant pour l’aryanisation économique ».
Un ouvrage qui au total, constitue une somme et une belle somme, renouvelant par bien des aspects l’histoire de la France de Vichy.
Jean Laloum
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Joëlle Allouche-Benayoun et Laurence Podselver, Les Mutations de la fonction rabbinique, Observatoire du monde juif/Dossiers et documents, 2003, 179 p., bibliographie, glossaire, 12 euros
L’essentiel de l’ouvrage (pp. 4-153) est occupé par un rapport rédigé par Joëlle Allouche Benayoun et Laurence Podselver, respectivement psychosociologue et ethnologue, au terme d’une enquête de terrain effectuée auprès des rabbins consistoriaux de Paris et d’Ile de France ; puis, dans une postface intitulée « L’érosion des valeurs consistoriales » (pp. 158-177), le sociologue Shmuel Trigano livre une réflexion personnelle sur leur constat global d’une crise de « la condition, [de] l’identité et [de] l’autorité du rabbin consistorial ».
Après un rappel historique vraiment trop succinct, Joëlle Allouche Benayoun et Laurence Podselver exposent, comme il se doit, les conditions tout à fait classiques de la réalisation de leur enquête. D’emblée certains traits ressortissant du corpus surprennent : elles n’ont pu d’abord établir précisément l’éventail des statuts entrant dans sa composition, du fait de l’existence, à côté des catégories bien connues – grands rabbins, rabbins, avec ou sans charge communautaire, et ministres-officiants –, de « délégués rabbiniques », appelés parfois « rabbins de la communauté » ou « responsables religieux », moins bien formés et moins payés ; et l’enquête porte en fait bien plus sur le vécu des rabbins que sur leurs fonctions. Ce personnel ensuite n’est pas forcément passé par le Séminaire israélite de France, et, parmi les anciens élèves du SIF, beaucoup ont éprouvé le besoin de compléter leur formation dans une yeshiva, souvent israélienne. C’est là, comme le soulignent les auteurs ainsi que Shmuel Trigano, deux signes indubitables d’une crise d’identité du modèle consistorial, fondé, de son origine napoléonienne aux années 1950, sur l’exigence d’une formation religieuse ouverte sur le monde profane pour le personnel rabbinique, étant entendu que seul le Séminaire était habilité à la dispenser tout comme les diplômes donnant le droit de postuler à un emploi rabbinique.
Au regard de ces innovations d’ordre institutionnel, l’enquête livre des enseignements qui, sous leurs traits contemporains, étonneront moins les familiers de l’histoire du rabbinat. Ainsi les tensions à l’échelon consistorial entre rabbins et laïcs, expressions d’enjeux de pouvoir et de légitimité, sont-elles aussi anciennes que le système consistorial lui-même. Les plaintes sur les emplois du temps surchargés remontent au moins à l’entre-deux-guerres, lorsque les tâches sociales du rabbinat s’alourdissent, notamment en direction de la jeunesse. Quant à la médiocrité des rémunérations et à l’opacité de leur attribution, j’ai pu constater, à l’occasion d’un travail ancien, qu’elles suscitent déjà force récriminations sous l’Occupation. Les problèmes d’autorité rencontrés par les rabbins dans leurs communautés, les conflits autour des mariages mixtes et des conversions, la concurrence faite au judaïsme consistorial par d’autres courants religieux, de toutes ces questions évidemment abordées parmi d’autres aucune n’est absolument propre à l’époque actuelle : les pages du Dictionnaire des rabbins et des ministres-officiants au XIXe siècle que prépare actuellement la Commission française des archives juives en collaboration avec les Archives nationales abonderont d’exemples de rabbins en conflit avec leurs autorités de tutelle et/ou leurs ouailles.
Bref, être rabbin n’a jamais été une sinécure. Mais il semble qu’aujourd’hui plus qu’hier les rabbins s’interrogent, tiraillés, outre leurs difficultés matérielles personnelles, entre toutes sortes de demandes et de conceptions possibles de leur « métier » : animateurs de la vie liturgique – rôle imparti autrefois aux ministres-officiants. Ces derniers ont-ils disparu de l’institution ? –, savants, enseignants, ou plutôt travailleurs sociaux ? Un malaise donc, mais qui, curieusement en fin de compte, ne semble pas déboucher sur une crise des vocations.
Est-ce une raison pour n’y voir qu’une crise passagère dont les causes essentielles résident dans les structures mêmes de l’institution consistoriale, laquelle, malgré ses défauts, tient bon depuis près de deux cents ans ? Shmuel Trigano nous invite au contraire à lire dans la perte des repères actuelle des rabbins une crise majeure du système, amorcée dans les années 1960. Le modèle consistorial, rappelle-t-il, s’était bâti « dans une relation de concurrence avec le modèle de la Tradition », et sa légitimité en France s’est appuyée d’une part sur la concordance entre la centralisation religieuse qu’il incarnait et le centralisme de l’État français, d’autre part sur des choix religieux « centristes » par rapport aux autres courants du judaïsme, libéraux ou au contraire ultra-orthodoxes. Or ces bases se sont érodées : alors que la centralité du Consistoire recule en même temps que l’État s’affaiblit, le centrisme des choix religieux cède des points aux autres courants du judaïsme, surtout l’ultra-orthodoxie.
À l’origine de cette défaite, selon S. Trigano, l’abandon après 1945 par le Séminaire rabbinique de l’objectif qui le distinguait de la yeshiva : « former des hommes essentiellement tournés vers la socialité et la communauté juive […], pas des moines mais des pasteurs, appelés à prendre en charge une congrégation et à la guider dans la vie publique », et son incapacité à devenir un lieu dispensant un savoir religieux capable de concurrencer la Tradition. Négligeant d’autres options possibles, le judaïsme consistorial aurait finalement préféré à partir des années 1980 rapprocher le plus possible le Séminaire du modèle de la yeshiva, choisissant, de ce fait, de s’inscrire « dans des catégories dans lesquelles il n’a pas les moyens d’exceller, pour toutes sortes de raisons et avant tout celles qui découlent de son contrat idéologique et politique ».
Analyse stimulante incontestablement, discutable aussi bien sûr, qui montre en tout cas à nos yeux d’historiens tout l’intérêt qu’il y aurait à conduire une investigation historique sur le Séminaire rabbinique (évolution des enseignements, choix du corps enseignant etc.). Plus neutre et de lecture agréable, l’enquête sociologique elle-même mérite de retenir l’attention du public juif, souvent bien mal renseigné sur son encadrement religieux et sa gestion ; elle constitue à coup sûr un jalon précieux pour une future histoire du rabbinat français.
Catherine Nicault
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