2003
Archives juives
Courrier des lecteurs
Courrier des lecteurs
D’une lectrice préférant l’anonymat, nous recevons ces précisions sur les circonstances de l’arrestation à Saint-Flour de Marcel Gradwohl et de Raymond Winter relatées par Mathieu Orjekh dans notre dernier numéro d’Archives juives (36/1, 1er semestre 2003, p. 146) :
« Le “ chef Thomas ” était le colonel FFI Mondage, comme il ressort du récit de la bataille du Mont Mouchet des 9-10 juin 1944 fait par le colonel Coulaudon, alias Gaspard, et cité par Dominique Lormier, Les FFI au combat. Région Bretagne-Centre-Alpes-Vosges-Pyrénées-Zone atlantique, Paris, Éditions Jacques Grancher, 1994, pp. 72-74, d’après un témoignage déposé au Service historique de l’Armée de Terre à Vincennes : “ la nuit [du 9 au 10 juin] tombe alors que le colonel Garcie et moi-même [Coulaudon], renouvelant la tactique qui nous a réussi le 2 juin [date du premier accrochage entre les FFI et les troupes allemandes qui avaient battu en retraite pour revenir avec des renforts], envoyons l’ordre au colonel Mondange [Thomas] de venir le lendemain du réduit de la Truyère pour porter une estocade décisive sur le flanc droit des forces ennemies de Clavières [village sur le flanc du Mont Mouchet] ”. De qui les deux éclaireurs avaient-ils reçu l’ordre de rejoindre les maquis des Mouvements unis de Résistance (MUR) ? On peut penser, sans preuve pour le moment, que c’est Sammy Klein lui-même, alors dans la clandestinité [voir sa biographie dans notre numéro 35/2, 2e semestre 2002, pp. 148-151], étant donné sa propre participation à la Résistance armée, et la proximité entre Lyon, Saint-Étienne, Roanne et Clermont. Saint-Flour était un important point d’implantation des troupes allemandes (ibid., p. 457) ».
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De M. Bernard Lyon-Caen, ces compléments et rectificatifs à l’étude d’Alain Michel, « Qu’est-ce qu’un scout juif ?… », parue dans le numéro 35/2, 2e semestre 2002 :
« Ce n’est pas au “ Pradly ” (p. 83) mais à Praz-de-Lys, plateau de 1 500 mètres d’altitude dépendant de la commune de Tanninges, située sur le rebord sud du Chablais, que se tint en été 1933 le camp EI dont il est fait mention dans l’article. Ce lieu avait été choisi par Jean-Maurice Muslak sur la suggestion du docteur Louis Lyon-Caen, de Paris, dont le fils André (1919-1951) était alors éclaireur de la troupe David. Ingénieur agronome, André, devenu “ Musa ”, devait être de 1941 à 1944, avec Adrien Ginsburger, le technicien du Chantier rural de Lautrec (il est à peu près sûrement l’un des deux personnages de la photo figurant p. 86). Il avait au préalable dirigé lui-même, dans l’été 1938 et au même lieu, le camp de la troupe Salomon dont il était alors le chef, camp resté également mémorable pour beaucoup d’anciens. Un certain nombre de photos de ces deux camps existent encore.
Concernant Jean-Maurice Muslak, on peut ajouter à ce qui est dit de lui p. 99 note 26 qu’il était, me semble-t-il, ancien élève de L’École normale supérieure, en tout cas agrégé de grammaire.
À propos toujours de la p. 83 ainsi que la p. 99 note 29, on pourrait ajouter concernant Léo Cohn qu’extrêmement musicien, il avait créé et dirigé jusqu’à la guerre la remarquable chorale des EIF (à l’origine à Notre Cité, rue Vital à Passy) qui contribua à maintenir et à développer les chants juifs de diverses régions et dont il restait après la guerre quelques excellents disques.
Enfin, le sigle CEPI (p. 96 et p. 101 note 74), imité de “ Cappy ”, lieu de l’Oise où se déroulaient les camps-écoles de diverses branches du scoutisme et auxquels les chefs EI participaient avant-guerre, signifie exactement Camp École Préparatoire Israélite ».
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