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S'inscrire Alertes e-mail - Autrepart Cairn.info respecte votre vie privéeVous consultezLa diversité biologique et culturelle dans les démarches de qualité et de valorisation de l’origine au Sud Brésil
AuteursClaire Cerdan[*]
[*] Chercheur, Cirad UMR Innovation, Sup’Agro-Cirad-Inra UMR951...
suite du même auteur
Introduction
L’idée d’utiliser les indications géographiques (IG) pour protéger des savoirs locaux liés à la biodiversité, afin de promouvoir la conservation de cette dernière, a été proposée par Dutfield [1997], Posey [1999] et par Downes et Laird [1999] puis approfondie en France par des anthropologues [Bérard et Marchenay, 2006], des économistes de la biodiversité [Boisvert et Caron, 2007] ou des géographes [Cormier Salem et al., 2002 ; Cormier Salem et Roussel, 2005].
2 L’objectif de notre article est de voir dans quelle mesure les indications géographiques, telles qu’elles sont définies et conçues au Brésil, permettent une meilleure prise en compte de la diversité biologique et culturelle. Notre propos sera illustré par l’analyse de deux productions localisées du sud du Brésil – la viande bovine do Pampa Gaucho da Campanha Meridional dans l’État du Rio Grande do Sul et le vin des Vales da Uva Goethe produit dans la région d’Urussanga dans l’État du Santa Catarina.
3 Les stratégies de valorisation des produits agricoles par l’origine se fondent sur la construction d’un double accord : entre professionnels, d’une part, pour définir les caractéristiques d’un produit et les manières de les obtenir[1]
[1] Il s’agit ici de délimiter une zone de production, définir...
suite et, d’autre part, entre professionnels et consommateurs pour échanger les produits. Ainsi, la stratégie de valorisation passe par la mise en place d’un dispositif d’échange spécifique qui inclut la définition de règles et la production d’un discours sur le produit et son environnement. Elle résulte souvent de nouvelles pratiques organisationnelles et techniques. Nous chercherons à vérifier dans cet article l’hypothèse selon laquelle la mise en place de dispositifs d’échange et de promotion de la qualité et de l’origine conduit les professionnels à prendre en compte et à revoir leur discours sur la diversité biologique et culturelle de leur territoire. Sur le plan méthodologique, nos résultats s’appuient sur des enquêtes de terrain conduites dans le cadre d’opérations de recherche-développement autour des signes de qualité[2]
[2] Les résultats présentés ici s’insèrent dans le cadre...
suite, ainsi que sur des données secondaires (articles de journaux, livres, consultation de sites internet et analyse de prospectus publicitaires).
Dans un premier temps nous analyserons le contexte brésilien des IG, puis nous verrons comment des spécialités locales font l’objet d’une démarche de qualification et comment, dans ce processus, émerge la question de biodiversité.
Le contexte brésilien des IG
4 Au Brésil, la constitution de 1988 propose la protection et l’enregistrement des biens culturels immatériels. La sauvegarde du patrimoine culturel immatériel est appliquée par l’IPHAN (Institut du Patrimoine Historique et Artistique National) organisme lié au ministère de la culture. Il effectue depuis 2004 un inventaire et un enregistrement des biens culturels immatériels dans lesquels sont inclus les savoirs culinaires. La loi 9 279/96 se référant aux indications géographiques est promulguée huit ans plus tard, suite aux accords négociés dans le cadre de l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC) sur les aspects de droits de propriété intellectuelle qui touchent au commerce (ADPIC). Cette loi reconnaît les IG comme un droit collectif et distingue deux signes : l’indication de provenance (IP) et la dénomination d’origine (DO). L’Institut National de la Propriété Industrielle (INPI) est chargé de l’enregistrement des IG. L’IP est le nom géographique d’un pays, ville, région ou localité ayant acquis une notoriété comme centre de production, fabrication ou extraction d’un produit déterminé ou d’une prestation de service déterminée. La DO est le nom géographique d’un pays, ville, région ou localité qui désigne un produit ou un service « dont les qualités ou caractéristiques sont dues exclusivement ou essentiellement à l’environnement, incluant les facteurs humains et naturels ».
5 La dénomination d’origine s’appuie sur les preuves de l’unicité du produit. Aucun produit brésilien n’est à ce jour reconnu comme DO. Aussi, est-il difficile de conclure sur la façon dont est perçue cette notion. Toutefois, les débats sur ce signe mettent l’accent sur la nécessaire « preuve scientifique » du lien entre qualité du produit et caractéristique du lieu. Le manque de programmes de recherche et de résultats scientifiques sur la typicité des produits et leur lien avec le milieu est souvent souligné dans les réunions techniques et les séminaires. Un récent projet de demande de DO, initié par les producteurs de riz du littoral nord de l’État du Rio Grande do Sul, inclut des recherches scientifiques approfondies. Ces dernières montrent que les conditions climatiques spécifiques – liées à la proximité de l’Océan Atlantique et d’une grande lagune – induisent une structure du grain de riz très particulière [Nabinger, 2007]. Ces travaux ont une place centrale dans le dossier de demande d’enregistrement car ils démontrent les interrelations produit/ milieu – mais leur présence inhibe d’autres démonstrations tout aussi nécessaires des spécificités locales liées aux savoirs locaux (liés à la culture, la récolte et la préparation de ce riz) et aux ressources génétiques locales.
6 Cette orientation scientifique du signe brésilien montre les limites au regard de la prise en compte de la biodiversité culturelle et rejoint plusieurs travaux qui soulignent que les preuves scientifiques induisent dans les processus de qualification, une normalisation des produits et des systèmes de contrôles et laissent peu de place aux savoirs locaux, aux connaisseurs qui partagent la culture du produit local [Casabianca et Sainte Marie, 2000 ; Dubœuf et Delfosse, 2000 ; Sainte Marie et Bérard, 2005]. Une demande d’enregistrement d’une DO qui focalise son argumentaire sur des travaux scientifiques apparaît ainsi peu disposée à prendre en compte les savoirs locaux et la biodiversité culturelle qui impliquent de nombreux acteurs au côté de la sphère des spécialistes.
7 Quant aux IP, on peut d’ores et déjà reconnaître deux conceptions qui reposent sur des interprétations distinctes des textes officiels. La première considère l’IP comme un instrument orienté pour la sauvegarde des traditions et du patrimoine et établit un lien fort entre notoriété (réputation) et patrimoine. Celle-ci repose sur une construction historique et des savoir-faire locaux hérités. Dans la plupart des cas, les tenants de cette conception se réfèrent au modèle européen. La deuxième conception met en avant l’IP comme un instrument de compétitivité sur les marchés, elle est souvent perçue et gérée par les acteurs et les promoteurs comme une marque collective. Dans cette perspective, la réputation peut être alors une construction récente, fruit de campagnes d’informations et de marketing. L’INPI n’a pas encore pris position dans ce débat, dont l’évolution dépendra des futurs candidats à l’indication géographique et la façon dont ils concevront et géreront leur signe de qualité.
8 L’absence de références sur la notion de biodiversité culturelle dans les textes de lois peut s’expliquer par plusieurs éléments. En premier lieu, la loi sur les IG concerne la propriété industrielle (marques, brevets) et n’envisage pas cette dimension. Ensuite, d’autres mécanismes juridiques existent, comme l’institutionnalisation progressive de la conservation des ressources naturelles avec le registre du patrimoine matériel et immatériel brésilien coordonné par le Ministère de la culture (IPHAN) ou encore les unités de conservation placées sous la responsabilité du Ministère de l’Environnement [Santilli, 2000].
La législation brésilienne sur la propriété intellectuelle protège aujourd’hui quatre indications de provenance[3]
[3] Nous ne considérerons pas ici la Cachaça do Brasil qui...
suite brésiliennes : le vin du Vale dos Vinhedos (2002), le café du Cerrado Mineiro (2004), la viande do Pampa Gaucho da Campanha Meridional (2006) et la cachaça de Paraty (2007). Ces quatre IP présentent des acteurs, des motivations et des objectifs très différents. Leur point commun réside dans l’omniprésence d’un soutien institutionnel tant technique et financier, que public et privé[4]
[4] Outre l’INPI et le Ministère de l’Agriculture, des...
suite [Lagares et al., 2006 ; Wilkinson et Cerdan, 2008]. Aux côtés de ces IG, de nombreuses filières locales revendiquent un lien à l’origine fort et souhaitent, à terme, une reconnaissance officielle de leur spécificité et de leur origine.
La viande de la Pampa Gaucho de la Campagne Méridionale et les Vins des Vales da Uva Goethe
9 Les deux cas étudiés (viande de la Pampa Gaucho et les Vins des Vales da Uva Goethe) se localisent dans les États du Rio Grande do Sul et du Santa Catarina. Les produits considérés sont marqués par des caractéristiques importantes en termes de biodiversité culturelle.
Deux produits liés à l’histoire du peuplement du Brésil et remis en cause par la modernisation agricole
10 Viande et vin ont été façonnés par les hommes et sont peu à peu devenus des produits typiques. En Argentine et au sud du Brésil, « la célèbre viande de la pampa est venue d’ailleurs, un jour, il y a cinq siècles, les vaches arrivèrent, elles se sont acclimatées, des races créoles se sont formées, les éleveurs ont développé leur savoir-faire, la qualité des pâturages a contribué… un produit typique est ainsi né… » [Muchnik, 2002]. Pour mieux répondre aux marchés, les éleveurs brésiliens ont introduit des races britanniques, à la fin du XIXe siècle, qui se sont adaptées aux prairies naturelles de la Pampa [Felippi, 2001]. Ces races côtoient aujourd’hui d’autres animaux issus de croisements entre zébus et races européennes. Formée par de vastes plaines, la Pampa se limite au Brésil à la moitié sud de l’État de Rio Grande do Sul et couvre près de 157 000 km2. Les prairies de la Pampa, réputées pour la richesse de leur biodiversité, abritent un grand nombre d’espèces souvent endémiques, avec près de 450 graminées, 150 légumineuses, 70 espèces de cactus, 385 oiseaux et 90 mammifères [Nabinger, 2007]. Sur la base de cette richesse biologique, cette région est reconnue comme zone d’engraissement à l’herbe du bétail où l’on associe la qualité de la viande à l’originalité du système de production. La Pampa ne peut se comprendre sans la culture gaúcha qui s’est construite autour d’un mode de vie et dans un environnement tournés vers l’élevage du bétail et des chevaux. Les Gaúchos forment un groupe social et culturel bien identifié au Brésil [Avila, 2005]. L’élevage conditionne chaque aspect de la vie quotidienne des Gaúchos : leurs vêtements (bombachas, pantalons à entrejambe large), leurs jeux, leur nourriture fondée sur une forme élaborée et spécifique de préparer la viande (churrasco, sorte de barbecue) et de la conserver (charque, viande séchée au soleil et conservée avec du sel).
11 De son coté, la viticulture brésilienne est fortement liée à la tradition viticole italienne[5]
[5] À la fin du xixe siècle, la demande croissante de main...
suite. La majorité de la production repose sur les variétés américaines (Vitis labrusca) ou hybrides cultivées sur des systèmes de pergola[6]
[6] Ce système traditionnel est originaire de la région de...
suite. Les variétés Isabel, Bordô, Couderc sont exploitées par des agriculteurs familiaux pour le jus et le vin rouge de table. Les variétés Niagara, Villenave et Goethe pour des vins blancs typés, originaux [Desplobins, 2001]. Selon le même auteur, les variétés Niagara et Goethe sont susceptibles de concurrencer des vins élaborés à partir de variétés de Vitis vinifera en raison de leurs arômes qui leur confère une qualité reconnue par la clientèle et le marché. Distribuée dans tout le sud du Brésil, la variété Goethe est un hybride (labrusca x vinifera) qui s’est facilement adaptée aux conditions climatiques et aux sols de la région. Mais c’est seulement dans la région d’Urussanga qu’elle exprimera tout son potentiel en offrant un vin de qualité supérieure. La raison est due à une mutation naturelle de la plante chez un producteur qui après avoir gardé le secret pendant plusieurs années, l’a diffusé à toute la communauté [Velloso, 2008]. Cette typicité a d’ailleurs été reconnue dans les années 1950. La région d’Urussanga, considérée comme « la capitale du vin » est consacrée « terre du bon vin et de la culture italienne » [Rebollar et al., 2007 : 30].
12 Les années de gloire du début duxxe siècle de ces deux produits s’achèvent avec les nouvelles orientations de la politique agricole du Brésil. Le modèle productiviste de l’agriculture se diffuse et aboutit à l’émergence de nouvelles régions agricoles plus performantes. Agriculteurs familiaux et producteurs extensifs ont du mal à préserver leurs ressources biologiques et culturelles et à justifier des modes de production qui s’accommodent difficilement des nouvelles normes de développement agricole et d’agribusiness des années 1970. À la recherche de nouvelles options productives, les hommes s’en détachent et la lente dégradation de ces écosystèmes commence.
Pour améliorer la compétitivité des produits agricoles, les prairies pampéennes ont été le siège de nombreuses expérimentations et de projets d’introduction de matériel génétique exotique (végétal et animal). Certaines espèces se sont révélées menaçantes pour la spécificité et la pérennité de l’écosystème. Depuis quelques années, les chercheurs interpellent les pouvoirs publics et les producteurs sur la dégradation des prairies naturelles. Des études récentes estiment la disparition d’environ 140 000 hectares de prairies naturelles par an, au cours de ces trente dernières années [Nabinger, 2007]. Le développement récent et de grande ampleur de plantations d’essences forestières exotiques ou la monoculture du soja contribuent à cette forte diminution. Destinées à fournir de la matière première à l’industrie du papier et de la cellulose, les plantations d’eucalyptus remplacent les prairies naturelles et modifient le paysage. Un autre facteur est lié à la structure agraire et au modèle de répartition des terres. Aux côtés de grandes propriétés de plusieurs centaines, voire milliers d’hectares, subsistent d’innombrables petites exploitations familiales. Ces dernières représentent plus de 70 % des éleveurs de la région [Ribeiro, 2001]. Cette inégale répartition des terres peut être reliée au processus historique de l’occupation des terres dans cette région, fortement marquée par les guerres frontalières. Dans la mesure où la priorité est donnée aux producteurs dont les techniques et les moyens financiers permettent production et distribution de denrées agro-alimentaires compétitives et rentables, l’agriculture familiale, délaissée par les pouvoirs publics, souffre de nombreuses lacunes financières, organisationnelles et techniques. C’est aussi dans ces propriétés familiales que se rencontrent les parcelles les plus dégradées du fait du manque d’espace et de pâturages pour le bétail.
Les menaces sur le vin d’Urussanga sont d’une autre nature. On trouve leur origine dans le développement du secteur vinicole. Les premiers plants de vignes apportés sur le sol brésilien, variétés de l’espèce européenne Vitis vinifera provenant des Açores et de l’île de Madère, résistaient mal aux conditions climatiques tropicales et subtropicales. Elles sont alors progressivement abandonnées et laissent la place à des variétés rustiques, notamment, de l’espèce Vitis labrusca, originaire d’Amérique du Nord. Les raisins noirs pourpres, à peau épaisse, ont un arôme musqué et donne un vin au goût typé. Jusqu’à la fin des années 1970, la viniculture brésilienne se développe avec ces variétés privilégiant la quantité au risque d’altérer la qualité des produits, leur image et leur réputation. Ceci a pour conséquence de donner au Brésil la réputation de faire « du mauvais vin ». À partir des années 1970, les premiers efforts pour la production de vins fins (Vitis vinifera) apparaissent dans le sud du Brésil, stimulés par des entreprises multinationales. Des innovations techniques sont introduites et conduisent à une sensible amélioration de la qualité des vins de vinifera. Elles sont également accompagnées d’une réorganisation de la filière viti-vinicole et de l’émergence de caves particulières[7]
[7] Apparaissent à ce moment des systèmes de dégustation/ vente...
suite. Ces avancées technologiques n’ont pas définitivement écarté la production de raisin labrusca, qui représente encore une large part des vignes aujourd’hui (production de jus et de vin de table). Mais des tensions émergent entre différentes régions et un discours dominant pour lequel les stratégies d’amélioration de la qualité du vin passe nécessairement par un abandon des variétés américaines et hybrides. Dans la région d’Urussanga, avant la mise en place du projet de valorisation, les producteurs arrachaient peu à peu leurs derniers pieds de vigne de la variété Goethe – variété hybride issues de labrusca x vinifera – qui avait largement contribué à la reconnaissance de la région.
La valorisation par l’origine pour la viande de la Pampa brésilienne et le vin d’Urussanga : quels acteurs et quelles logiques ?
13 Face à ces difficultés, des organisations de producteurs et des acteurs publics s’interrogent. Comment ne pas compromettre la richesse des ressources biologiques et culturelles spécifiques à la Pampa et à la région d’Urussanga ? Comment valoriser ce qui fait l’identité et la spécificité locale ? L’IG apparaît pour ces acteurs comme un instrument économique de valorisation de ressources locales spécifiques au bénéfice des producteurs et de l’ensemble des acteurs de la région.
La viande de la Pampa brésilienne
14 L’indication de provenance « Pampa Gaucho da Campanha Meridional » est officiellement reconnue par l’INPI en décembre 2006. Le projet a été élaboré dans le cadre d’un programme qui cherche à améliorer les principales filières agricoles à travers la formation des opérateurs, une meilleure organisation du secteur et la valorisation des productions locales[8]
[8] Le programme est coordonné par l’agence autonome de service...
suite. En août 2008, l’association Apropampa (Association des Producteurs de la viande do Pampa Gaucho da Campanha Meridional) réunit 66 éleveurs, deux commerçants, un abattoir et reçoit un soutien institutionnel actif de la part du SEBRAE, de la FARSUL et de l’Université. Les producteurs sont de grands exploitants, dont la superficie des propriétés est estimée entre 500 et 15 000 hectares et le nombre de têtes de bétail de 800 à 10 000. Les raisons du nombre réduit de participants au projet (66 éleveurs dans une région qui compte plusieurs milliers de producteurs) et l’absence de petits éleveurs se trouvent dans le processus même d’élaboration et de diffusion de ce signe de qualité. Peu de producteurs dans la région sont informés de la possibilité de valorisation de leur viande par l’IG. Il existe également d’autres programmes de certification moins exigeants. Le cahier des charges de l’IG s’organise autour de six critères de production : une zone couvrant 1,2 million d’hectares, deux races britanniques (Angus et Hereford), une alimentation à l’herbe, un temps d’engraissement minimal de douze mois dans la zone. Les éleveurs ont l’obligation d’identifier les animaux (boucles) et de fournir des bêtes avec une conformation spécifique pour l’abattage. La codification des normes a été difficile, les producteurs ne s’accordant pas tous sur le choix des races et les restrictions alimentaires. « L’idée était de travailler avec des races britanniques pour deux raisons. D’une part, les races Hereford et Angus sont intégrées depuis longtemps au paysage. Leur exploitation s’appuie sur un système de production qui valorise la diversité floristique et la qualité des prairies naturelles. D’autre part, exclure le sang zébu de l’indication géographique était un moyen de se différencier de la production du Centre Ouest. »[9]
[9] Les animaux de race zébu (Bos indicus) ont été introduits...
suite [Vitrolles, 2007]. Les orientations proposées dans le cahier des charges visent à différencier qualitativement l’élevage dans la Pampa avec des pratiques qui permettent de valoriser et de préserver l’écosystème, ses ressources biologiques et culturelles [Nabinger, 2007]. Toutefois, l’IP résulte également d’une initiative collective fondée sur l’anticipation du marché européen et la segmentation du marché national : la valorisation de la viande par une IG vise un meilleur accès aux marchés nationaux et internationaux et un gain de compétitivité par rapport à la production de masse de zébu. La priorité énoncée par le SEBRAE et les producteurs est l’agrégation de valeur à travers une meilleure rémunération de la viande par rapport aux cours du marché à hauteur de 5 % en 2008, 10 % en 2009 et jusqu’à 15 % en 2010. L’analyse du dossier de demande d’IP et des entretiens avec les porteurs du projet met ainsi en évidence un aller et retour permanent entre les instruments marchands (traçabilité, sécurité alimentaire), mais aussi l’histoire, les hommes et la tradition, le milieu naturel. Lors de l’élaboration des normes de production, les éleveurs ont mobilisé différentes dimensions du lien au territoire. Ils ont ainsi réaffirmé l’ancrage historique, l’importance de la culture gaúcha à travers l’élevage et l’engraissement du bétail dans la région. Ils ont également évoqué les impacts potentiels pour le développement local notamment en termes touristique et gastronomique [Avila, 2005 ; Vitrolles, 2007]. Aujourd’hui, le nombre insignifiant d’éleveurs associés à la démarche et la rigueur des normes aboutissent à un volume de production très réduit : seuls 50 animaux sont en moyenne abattus chaque semaine depuis le début du projet. Malgré ces difficultés, les producteurs concernés persistent à s’inscrire dans une logique de mercantilisation du lien à l’origine associée à la valorisation de leur patrimoine et cherchent des producteurs qui souhaitent y adhérer.
Les vins des « Vales da Uva Goethe »
15 Dans une région où l’économie est très diversifiée, l’essor industriel, l’exode rural et les crises agricoles de ces dernières années ont conduit à l’essoufflement du secteur viti-vinicole local. En 2008, dans la région d’Urussanga, on ne compte plus que 171 hectares de vignes et une quarantaine de producteurs de raisin dont le vignoble couvre en moyenne 4,5 hectares (entre 1 et 20 selon les producteurs). L’Association des Producteurs de raisin et de vin Goethe de la région d’Urussanga, la Progoethe, est créée en 2005. Elle rassemble sept caves, douze producteurs de raisin, des auberges, des restaurateurs et des commerçants. Cette démarche collective s’inscrit dans un mouvement de valorisation identitaire et de revalorisation du vin Goethe via une demande d’IP [Velloso, 2008]. Plusieurs institutions sont également impliquées dans ce projet, le SEBRAE, l’EPAGRI[10]
[10] L’EPAGRI est l’entreprise de Recherche en Agriculture,...
suite, l’Université, ainsi que le gouvernement de Santa Catarina et les mairies. Comme dans le cas de la viande, les acteurs espèrent une meilleure valorisation économique de leur produit. Ils mettent l’accent sur le développement d’un produit labellisé correspondant aux demandes des consommateurs. La reconstruction historique du développement du vin de la région et de la colonisation italienne, les caractéristiques spécifiques de la variété dans la région permettent de réaffirmer l’inscription territoriale et la spécificité d’un produit autrefois renommé. En revalorisant la variété hybride Goethe, les producteurs tentent de se différencier des vins dits de mauvaise qualité de variété américaine ainsi que des vins fins produits dans le sud du Brésil. La délimitation de la zone de production a fait l’objet d’un travail très précis, fondé sur les aptitudes au sol et les conditions microclimatiques. Le cahier des charges est en cours d’élaboration. De nombreuses discussions tournent autour des techniques de vinification. Les viticulteurs ont demandé l’appui d’œnologues et de maîtres sommeliers, pour construire un nouveau produit qui doit à la fois rappeler le produit local et plaire au nouveau goût, ainsi qu’aux attentes des consommateurs de vins. De nombreux ajustements techniques ont ainsi été faits : contrôle de température de fermentation, utilisation de levures sélectionnées, amélioration des pratiques de conservation du vin. Aujourd’hui, les viticulteurs considèrent avoir amélioré leurs techniques de production (raisin et vin) tout en préservant les arômes qui font la typicité du vin Goethe.
Il est intéressant de souligner que dans ces constructions d’IG, les acteurs mobilisent à la fois des ressources endogènes, mais aussi exogènes (races britanniques, variété américaine ou européenne du raisin). L’importance attribuée au local peut être fortement revendiquée non seulement par le biais d’événements sociaux marquants (guerres dans le Sud, migrations italiennes), mais aussi par la description du milieu et de sa biodiversité (prairies natives).
La prise en compte progressive de la diversité culturelle et de la biodiversité
16 L’étude des conditions d’émergence des indications géographiques au Brésil montre que les projets collectifs de valorisation de l’origine passent par un effort de patrimonialisation de la production (réactivation de la profondeur historique et culturelle du produit), ainsi que par la projection dans le futur via la définition de stratégies de commercialisation et de règles de production (cahier des charges). Les viticulteurs n’ont pas hésité à engager une photographe et historienne pour écrire un livre sur l’histoire et l’importance économique de la variété Goethe [Rebollar et al., 2007]. Ces démarches ont ainsi conduit les promoteurs à « faire le tour du propriétaire…[11]
[11] Pour reprendre l’expression de Éric de Garine [Cormier...
suite, et à retrouver …voire ré-inventer un territoire, un passé, une tradition … un patrimoine naturel » [Cormier Salem et Roussel, 2005 :525], à porter un nouveau regard, à construire une vision partagée du territoire et de ses ressources biologiques et culturelles. Il en découle des initiatives collectives innovantes. Alors que les producteurs de l’Apropampa commencent à s’impliquer dans les débats sur la durabilité de la Pampa, les producteurs de la Progoethe inscrivent leur produit à l’Arche du Goût du programme Slow Food[12]
[12] Slow food est une association internationale qui cherche...
suite. En participant à ces espaces de rencontre et de médiation, les acteurs commencent à prendre part aux discussions sur la promotion et le maintien de la diversité bio-culturelle ou bien encore sur le tourisme durable et gastronomique.
17 Ces dernières initiatives ont permis de consolider les positions des producteurs qui ont dû faire face à des résistances importantes. Dans les deux cas, en effet, les démarches proposées s’inscrivent en défaut par rapport aux paradigmes et modèles technologiques dominants. Nous entendons ici par paradigme, les idées préconçues qui sont dictées par les habitudes, l’expérience, la culture, qui vont dans ces cas, au détriment de la richesse biologique et des savoir-faire locaux. Les producteurs de viande bovine doivent ainsi casser l’image selon laquelle les prairies naturelles seraient de mauvaise qualité et peu adaptées pour la production animale. Cette idée est, actuellement, largement diffusée parmi les éleveurs et les techniciens. Les travaux sur les pâturages et prairies naturelles confirment que ces écosystèmes sont fragiles et que leur exploitation nécessite la mise en place de nouvelles pratiques de gestion des troupeaux, avec une attention particulière sur la charge animale [Nabinger, 2007]. L’idée selon laquelle la qualité du vin produit à partir de variétés américaines (Vitis labrusca) ou hybrides est mauvaise est largement répandue chez les consommateurs et les producteurs de « vin fin ». Aussi, le projet d’indication géographique vin dos Vales da Uva Goethe fait-il l’objet de nombreux débats et de discussion au sein de la filière vinicole. Doit-on reconnaître comme produit de qualité, un vin élaboré à partir d’une variété rustique ? Ne doit-on pas réserver ce signe de qualité pour les vins fins – Vitis vinifera ?
18 Nous avons relevé que d’un point de vue social, les membres des deux associations tirent une grande satisfaction de leur initiative. Au cours des entretiens, ils ont déclaré être disposés à participer à de nouvelles instances privées ou publiques pour témoigner de leur expérience et pour contribuer à la construction d’un projet favorable à leur région. Le nombre d’expériences étant très réduit et la notion d’IG encore peu connue, les promoteurs des quatre IG brésiliennes sont souvent sollicités pour participer à des formations et des conférences. Peu à peu, ces associations de défense et de promotion des produits sont considérées au sein des régions comme de nouveaux acteurs, représentant une partie de la société civile. Ce fait a été souligné dans les travaux sur l’IG Vale dos Vinhedos où est démontré le rôle central de l’association dans la définition du plan d’aménagement du municipe[13]
[13] Le municipe est la plus petite division politico-administrative...
suite [Cerdan et al., 2008 ; Flores, 2007]. Ces promoteurs se retrouvent ainsi mobilisés pour parler des problèmes environnementaux de leur région, pour s’impliquer dans des projets de préservation des ressources naturelles. L’intérêt de l’ONG internationale BirdLife[14]
[14] BirdLife International est un mouvement de conservation...
suite d’associer les producteurs de l’Apropampa dans ses actions de conservation du biome Pampa s’inscrit dans cette perspective. Les producteurs tirent des enseignements de ces échanges : la crédibilité de leur projet, l’émergence du thème de la gestion des ressources naturelles et le rôle potentiel des IG, l’importance – au départ insoupçonnée – de la dimension environnementale comme force de vente de leur produit. Il s’en suit la construction d’un dispositif d’échange et l’élaboration d’un discours collectif intégrant une vision nouvelle sur la valorisation économique et la préservation du patrimoine local.
Cette phase correspond à la construction du cadre d’échange des produits entre les promoteurs du projet et les consommateurs. La mobilisation de la notion de diversité bioculturelle par les acteurs entre alors dans un processus de spécification et de différentiation. La viande de la Pampa n’est pas seulement un produit d’origine certifiée -qualité supérieure, elle contribue aussi « à la promotion du développement durable de la Pampa en conciliant valeur ajoutée et protection environnementale » (extrait d’entretien d’un éleveur de l’association dans la revue électronique spécialisée ECODEBATE, 2007)[15]
[15] Lanna, 11 dec. 2007, www. ecodebate. com. br ...
suite. Les promoteurs des IG construisent ainsi un discours autour de leur produit qui dépasse la simple connexion du produit à son origine. Sont ainsi affichées et affirmées des pratiques de sécurité alimentaire, ainsi que des pratiques écologiques et culturelles (élevage gaucho, vitiviniculture italienne). Au moment où, au Brésil, la notion d’IG n’est pas encore bien connue des consommateurs, les promoteurs doivent démontrer l’originalité de leur démarche par rapport à une marque collective. La demande croissante des pays européens pour des produits socialement et écologiquement corrects ou des produits affirmant une identité culturelle motive les producteurs à renforcer leur discours et leurs pratiques dans une perspective de développement durable. L’association des éleveurs de la Pampa, qui vise le marché européen, a très rapidement saisi l’opportunité de la collaboration avec une ONG environnementaliste, sachant qu’à terme, ceci sera un avantage compétitif important.
Des éléments de différente nature sont mobilisés par les promoteurs du projet. Les uns visent à renforcer la crédibilité collective vis-à-vis des consommateurs, des concurrents et des membres de la société locale : nous pouvons citer par exemple la collaboration des institutions publiques, la définition de règles et de contrôle. D’autres visent à renforcer la connaissance mutuelle entre producteurs et consommateurs et à instaurer un cadre d’échange dans la confiance. Ils se réfèrent à des labels officiels, des marques, des logos, ou bien encore des moments de convivialité, visites de cave et dégustation des vins, des affiches, des tracts publicitaires, des films ou des livres illustrés.
Éléments de conclusion
19 L’indication géographique reste une notion peu connue au Brésil. Pourtant, de nombreux chercheurs et acteurs s’y intéressent et travaillent pour une meilleure appropriation et une plus grande diffusion du concept[16]
[16] Le Ministère de l’Agriculture, MAPA, organise depuis...
suite. L’absence de cadrage et de politiques publiques clairement définies laisse la porte ouverte à toutes les interprétations des textes de loi et les utilisations possibles de ce signe de qualité. L’indication géographique au Brésil ne semble pas, a priori, un instrument pour établir une passerelle entre valorisation économique et préservation de la biodiversité. Cependant, l’analyse de deux projets d’indication géographique montre que malgré ses défaillances, la démarche oblige les acteurs locaux à repenser leurs interrelations avec le milieu. Amenés à porter un nouveau regard sur leur territoire – ou du moins un nouveau discours – ils prennent conscience de certains problèmes liés à la conservation des ressources bio-culturelles. Pris à leur propre jeu, ils deviennent des partenaires potentiels pour la construction d’un monde rural durable et la défense de la biodiversité culturelle.
Bibliographie
Bibliographie
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Notes
[ * ] Chercheur, Cirad UMR Innovation, Sup’Agro-Cirad-Inra UMR951 « Innovation », UFSC Florianópolis Brésil, E-mail : claire.cerdan@cirad.fr 
[ ** ] Doctorante, Laboratoire d’Études Rurales, Université Lumière Lyon 2, France, E-mail : delphine.vitrolles@univ-lyon2.fr 
[ *** ] Professeur, Laboratoire d’Études Rurales, Université Lumière Lyon 2, France, E-mail : claire.delfosse@wanadoo.fr 
[ **** ] Ingénieur agronome, Mestre en Agrosystèmes, Centre de Sciences Agraires de l’Université Fédérale de Santa Catarina (CCA / UFSC). E-mail : carolina_velloso@yahoo.com.br 
[ ***** ] Professeur, Université Fédérale de Rio Grande do Sul, Faculté d’Agronomie, Département de Plantes Fourragères et d’Agro-météorologie, E-mail : nabinger@ufrgs.br. 
[ ****** ] Professeur, Université Fédérale de Santa Catarina, Centre de Sciences Agraires, Département de Phytotechnie, E-mail : alsilva@cca.ufsc.br 
[1] Il s’agit ici de délimiter une zone de production, définir les règles de production et de traçabilité. 
[2] Les résultats présentés ici s’insèrent dans le cadre du projet européen SINER-GI (Strengthening INternational Research on Geographical Indications, 2005-2008). Ce projet vise une analyse comparée des différentes démarches de qualification des produits liées à l’origine. Plusieurs travaux et rapports sont disponibles sur le site www.origin-food.org. Les deux cas présentés ont fait l’objet de recherches approfondies dans le cadre de stages de formation par la recherche (master, doctorat) [Vitrolles, 2007 ; Velloso, 2008]. Pour la viande, une quinzaine d’entretiens a été réalisée auprès de techniciens, chercheurs et producteurs à l’initiative du projet d’indication géographique. Les données recueillies lors de ces enquêtes sont ici étayées par les résultats d’une observation participative réalisée au cours de réunions sur le terrain. La démarche est identique pour le vin et se réfère aux propos recueillis auprès d’une dizaine de producteurs membres de Progoethe. 
[3] Nous ne considérerons pas ici la Cachaça do Brasil qui fait l’objet d’un décret spécifique (Décret Fédéral n° 4062/01) dans lequel elle est définie comme une indication géographique. En avril 2008, l’INPI a enregistré près de 25 demandes d’enregistrement d’IG. 
[4] Outre l’INPI et le Ministère de l’Agriculture, des structures d’appui à l’agriculture et aux petites entreprises, publiques (EMBRAPA, EPAGRI), para-publique (SEBRAE) ou privée (EMATER) et de recherche (Universités, EMBRAPA) soutiennent les producteurs locaux dans leurs démarches. 
[5] À la fin du xixe siècle, la demande croissante de main d’œuvre dans les exploitations de café, suite à l’abolition de l’esclavage (1888) et la volonté de peupler les régions frontalières du sud, conduisent l’Empereur du Brésil, Pedro II, à favoriser la venue de familles de migrants européens (essentiellement des artisans et paysans allemands et italiens). À leur arrivée, les migrants recevaient des lopins de terres, dont la taille variait entre 5 et 30 hectares. 
[6] Ce système traditionnel est originaire de la région de Trentino en Italie. Le plafond végétatif de la vigne est soutenu par un quadrillage horizontal, à hauteur d’homme, porté par des poteaux [Desplobins, 2001]. 
[7] Apparaissent à ce moment des systèmes de dégustation/vente directe dans les propriétés familiales. 
[8] Le programme est coordonné par l’agence autonome de service d’appui aux PME (SEBRAE), le Service National de l’Apprentissage Rural (SENAR) et la Fédération Agricole du Rio Grande do Sul (FARSUL). 
[9] Les animaux de race zébu (Bos indicus) ont été introduits plus récemment, leur adaptation rapide aux climats tropicaux a permis l’émergence de nouvelles régions de production dans les zones de frontières agricoles : centre-ouest du Brésil et Amazonie. Aujourd’hui, les zébus représentent 80 %du cheptel brésilien. 
[10] L’EPAGRI est l’entreprise de Recherche en Agriculture, Élevage et Extension rurale de l’État de Santa Catarina. 
[11] Pour reprendre l’expression de Éric de Garine [Cormier Salem et Roussel, 2005]. 
[12] Slow food est une association internationale qui cherche à préserver les gastronomies régionales ainsi que les plantes, les semences, les animaux domestiques et les techniques agricoles qui leur sont associés. 
[13] Le municipe est la plus petite division politico-administrative du Brésil, il correspond au département français. 
[14] BirdLife International est un mouvement de conservation de la nature et des oiseaux, dont la sphère d’action s’étend de l’action locale jusqu’au niveau de la politique internationale. 
[15] Lanna, 11 dec. 2007, www.ecodebate.com.br 
[16] Le Ministère de l’Agriculture, MAPA, organise depuis 2007 des formations sur les IG. De nombreux événements, ateliers de travail, séminaires, symposium, ont été organisés de manière à évoquer les défis et les perspectives de développement des IG au Brésil.
Résumé
Notre article analyse comment les acteurs dans les États de Santa Catarina et Rio Grande do Sul au Brésil élaborent et mettent en œuvre des dispositifs de valorisation des spécialités locales. Dans le cadre de ces dispositifs la prise en compte de la diversité biologique et culturelle s’impose, au moins de façon indirecte. L’article repose sur l’étude de deux expériences de promotion par l’origine, la viande de bœuf produite dans les prairies de la Pampa Brésilienne (protégée par une indication géographique ou IG depuis 2006) et le vin élaboré dans la région d’Urussanga (demande d’IG en cours). Celles-ci s’inscrivent, au niveau brésilien, dans des débats sur les IG et sur la protection du patrimoine national.
Mots clés
indication géographique, biodiversité, valorisation, Brésil
Brazilian actors of Santa Catarina and Rio Grande do Sul States have developed and implemented processes designed to enhance the value of local specialities. Qualification procedures taked into account biological and cultural diversity, at least indirectly. Our analyse of qualification procedures is based on the study of two cases of protection of origin. We studied the beef from animals bred in Brazilian Pampas (protected with a Geographical Indication or GI since 2006) and we studied the wine from Urussanga (requirement for GI in progress). Both study case participates on debates on GIs, protection of national heritage, and protection of biological and cultural diversity.
Keywords
geographical indication, indication of source, biodiversity, biological and cultural diversity, quality, origin, qualification procedures, meat, wine, Brazil
PLAN DE L'ARTICLE
- Introduction
- Le contexte brésilien des IG
- La viande de la Pampa Gaucho de la Campagne Méridionale et les Vins des Vales da Uva Goethe
- La prise en compte progressive de la diversité culturelle et de la biodiversité
- Éléments de conclusion
POUR CITER CET ARTICLE
Claire Cerdan et al. « La diversité biologique et culturelle dans les démarches de qualité et de valorisation de l'origine au Sud Brésil », Autrepart 2/2009 (n° 50), p. 153-166.
URL : www.cairn.info/revue-autrepart-2009-2-page-153.htm.
DOI : 10.3917/autr.050.0153.




