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Bulletin de psychologie

2012/5 (Numéro 521)


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Guirard (Laurent) (sous la direction de), Cinquante ans de psychologie de la musique. L’école de Robert Francès, Montauban, Alexitere éditions, 2010, 206 p.

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Publié chez un petit éditeur, dans une collection intitulée « Médecine des arts », cet ouvrage était passé inaperçu au moment de sa parution et c’est bien dommage car nous en recommandons la lecture.

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Il s’agit d’un ouvrage collectif coordonné par Laurent Guirard publié un peu plus d’un demi-siècle après la parution de l’ouvrage majeur de Robert Françès La perception de la musique, publié en 1958 aux éditions Vrin (réédité en 1972). Cette œuvre présente une histoire singulière, en lien étroit avec la vie de son auteur et l’évolution de la psychologie des cinquante dernières années. Il s’agit de la publication d’une thèse commencée en 1942, interrompue par l’arrestation de Françès, pour faits de résistance, et sa déportation à Auschwitz dont il ne sortira qu’en 1945. Fait aussi curieux que rare, cet ouvrage fut traduit en anglais, en 1988, par le chercheur américain W. Jay Dowling, soit trente ans après sa parution, et publié par le célèbre éditeur Lawrence Erlbaum. Ainsi que l’explique Dowling lui-même, dans sa contribution au livre que nous présentons, l’état de la psychologie américaine, dominée par une approche behavioriste radicale, au moment de la parution de La perception de la musique, a fait obstacle à sa reconnaissance comme contribution novatrice. Il a fallu l’essor du cognitivisme pour que l’ouvrage soit reconnu : « […] il dessinait un programme d’étude de la psychologie de la musique qui convergeait parfaitement avec les nouvelles orientations de la psychologie cognitive américaine » (p. 110). De son côté, Helga de la Motte-Haber, professeur à l’université de Berlin signale que : « Très avant-coureur en son temps, pénalisé par le manque d’échanges entre des scientifiques travaillant sur un même objet, injustement négligé du fait des habitudes de péremption des écrits scientifiques, l’ouvrage de Francès a encore beaucoup à nous apprendre […] ses études apparaissent comme une forme très actuelle de psychologie cognitive » (p. 132-134).

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De notre point de vue de lecteur, non spécialiste de psychologie de la musique, cet ouvrage est intéressant à plus d’un titre. À côté des contributions des chercheurs étrangers qui témoignent de ce que la lecture de La perception de la musique leur a apporté pour leurs propres travaux, ou de contradicteur (Jean Marc Chouvel), on y trouve des témoignages, critiques et analyses de « disciples », souvent ex-thésards et/ou membres du laboratoire de Psychologie de la culture, fondé par Françès en 1969 (il le dirigea jusqu’en 1984, puis prit la direction de l’Institut d’esthétique et des sciences de l’art). Ces « disciples », terme revendiqué par le directeur de l’ouvrage, sont présentés comme des « mulets épistémologiques : issus de parcours, de rencontres ou d’êtres trop différents et trop chanceux pour pouvoir se reproduire immanquablement, pour pouvoir facilement faire école. Notre désir explicatif nous pousse à brouter l’herbe au-delà des clôtures explicatives les mieux défendues […]. Trop peu nombreux pour assurer un minimum de confort institutionnel au sein d’une discipline établie […] » (p. 13-14). Belle manière de dire que les chercheurs ne sont pas dans la reproduction ni dans le confort institutionnel ! Les contributions de ces « disciples » qui, a leur tour, ont fait œuvre (Le développement génétique de la perception musicale, d’Arlette Zenatti ; L’acquisition des structures tonales chez l’enfant, de Michel Imberty) sont importantes du point de vue de l’histoire de la psychologie française et de la sociologie de la science. Elles témoignent, en effet, de modes de relations interpersonnelles et de formes d’organisation de la recherche qui ont été productives, alors qu’elles sont actuellement décriées au nom d’une plus grande efficacité. On lira ainsi avec plaisir les témoignages de Michel Imberty et d’Emmanuel Bigand, dont la vivacité et la liberté des propos sont tonifiantes. Nous ne résistons pas au plaisir d’en reproduire quelques uns : « Imberty, me dit-il, vous savez, avant d’écrire des romans, il faut apprendre la grammaire ! » (p. 34) ; « Bigand, pour faire de la recherche, il ne faut pas avoir peur d’inventer […] Un sentiment d’école était né : dans celle de Francès, on ne craignait pas d’inventer pour coller le plus près possible à la musicalité de l’objet d’étude » (p. 60). Bigand met ici l’accent sur une idée forte défendue par cette « école » : la nécessité de tenir compte des particularités de l’objet travaillé (la musique) pour pouvoir comprendre la manière dont les individus l’abordent (la perçoivent, l’apprécient, la pratiquent, etc.), ce qui suppose que les chercheurs en aient une bonne connaissance. Cette idée rejoint le courant de la psychologie historico-culturelle (Vygotski) et celui des didactiques.

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Si nous avons mis en avant l’intérêt épistémologique, historique et sociologique de l’ouvrage, on retiendra aussi son apport au champ scientifique couvert, la psychologie de la musique. La contribution de Jean Vion-Dury et Mireille Besson, relative aux apports et limites de l’électroencéphalographie, ainsi que celle de Jean Marc Chouvel, abordant les relations entre perception et jugement esthétique, constituent des synthèses critiques éclairantes.

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Le volet pédagogique n’est pas non plus oublié, Francès ayant fait lui-même œuvre en ce domaine (il a publié, en 1974, un manuel de solfège élémentaire, à l’époque de la mode de l’enseignement programmé, publié aux éditions EAP, en 1980, Une méthode d’enseignement audio-guidé de solfège, destinée aux enfants de l’école primaire). Jean Pierre Mialaret évoque les implications didactiques de La perception de la musique. De son côté, Laurent Guirard aborde le rôle de l’écrit (les notations musicales) dans la perception de la musique : « Objet paradoxal, cet écrit musical initialement au service de la mémoire de l’exécutant, de l’instruction du novice et d’une politique d’unification du répertoire liturgique […] allait justifier et structurer une ascèse éducative […] » (p. 167-168). Il explicite les fondements idéologiques, ainsi que les risques d’une hyper-valorisation de l’écriture musicale, de même que ceux de son abandon en éducation musicale.

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En somme, nous sommes en présence d’un ouvrage d’une grande richesse. Il est dommage qu’il ne soit pas assorti d’une biographie de Robert Françès et d’un relevé de ses publications majeures. L’édition est de grande qualité : une écriture soignée, une belle mise en page, un papier de qualité, une reliure cousue qui fait que les feuilles du livre ne vous tombent pas des mains, ce qui est devenu malheureusement un cas fréquent dans l’édition française ! Il s’agit donc d’un livre fait pour être lu et relu et qui, de plus, donne envie de faire de même à propos de La perception de la musique qui a inspiré celui-ci.

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Annick Weil-Barais

Febvre (Lucien), Crouzet (François).– Nous sommes tous des sang-mêlés, manuel d’histoire de la civilisation française, Paris, Albin Michel, 2012, 398 pages

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Comme le précise Lucien Febvre dans son avertissement au lecteur, ce livre est né après un déjeuner de travail avec le psychosociologue Otto Klineberg (Febvre, Crouzet, 2012, p. 17 ; p. 318-329) qui, dans le cadre de l’UNESCO, voulait associer les sciences sociales de tous les pays pour « apporter à la paix mondiale une contribution positive » (Klineberg, 1949, p. 14) [1][1] Otto Klineberg, Plan d’études de l’UNESCO sur les états....

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L’objectif poursuivi par Otto Klineberg était, notamment, de changer les mentalités et les attitudes. Il voulait, par exemple, lutter contre les préjugés grâce aux manuels scolaires, notamment à ceux touchant l’histoire des pays. Plutôt que de fournir un roman national, de forger une identité nationale comme étant quelque chose d’ancré dans une continuité plongeant loin ses racines, ces manuels devraient, selon Otto Klineberg, faire non une histoire de la nation, du pays ou de la race, mais une histoire des interdépendances. Ce faisant, insistant sur l’interdépendance plutôt que sur l’identité, ces manuels pourraient contribuer, espérait-il, à lutter contre les antagonismes nationaux, les stéréotypes…

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Ainsi, il fallait inventer un nouveau manuel, créer un modèle afin d’améliorer les ouvrages existants, dans le but d’« éliminer de ces manuels tout ce qui est susceptible de développer l’esprit d’hostilité entre nations » et de montrer « combien d’éléments de chaque civilisation ont été empruntés à d’autres civilisations et qui, par conséquent, établissent l’interdépendance de toutes les fractions de l’humanité » (Klineberg, 1949, p. 7). Le manuel de Lucien Febvre et de François Crouzet est né de cette démarche, il devait être le premier, l’exemple à suivre. Son destin sera bien différent, il vient seulement d’être édité.

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Les raisons de sa non publication à l’époque ne sont pas connues, mais ceux qui le rééditent aujourd’hui proposent deux hypothèses : un tir de barrage des historiens anglais, qui préféraient un histoire plus conventionnelle, ou un trop grand écart entre ce livre et l’utopie de l’UNESCO, qui aurait alors jugé cet ouvrage comme trop nationaliste (voir « Les nouveaux chemins de la connaissance », France culture, le 24 avril 2012), et il est « livre singulier » comme le qualifient les auteurs en 4e de couverture.

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Ce livre est constitué de trois parties. La première a été écrite par Lucien Febvre, les deux autres l’ont été par François Crouzet et l’ensemble a été relu par Lucien Febvre. C’est surtout la première partie qui répond à l’ambition de ce livre, puisque Lucien Febvre y montre, dans des domaines aussi divers que l’alimentation, les outils, les idées… comment ils sont le fruit d’échanges. Les deux autres parties insistent beaucoup moins sur les interdépendances et portent, l’une, sur une histoire plus conventionnelle de la France (nos ancêtres, Rome et la Gaulle, le christianisme), et l’autre, sur ce qu’a apporté la France.

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Cette ambition des auteurs, comme celle d’Otto Klineberg, et le piètre succès de leurs démarches montre, à nouveau, comment des concepts comme l’identité et la continuité dominent nos pensées et nos théories. Ce manuel est celui d’une histoire de France dans ses liens, ses emprunts et ses apports. L’interdépendance occupe donc une place importante, mais elle est, cependant, en second plan, une fois posée l’idée d’une nation, d’une civilisation. L’introduction destinée « à un petit Français » débute ainsi : « Mon ami, tu es Français. Tu participes aux destins d’une nation qui a joué dans l’histoire du monde occidental un rôle de premier plan. Tu es l’héritier et le bénéficiaire d’une des plus riches, d’une des plus belles civilisations qui aient rayonné sur une contrée […] » (Febvre, Crouzet, 2012, p. 19). L’interdépendance, l’échange sont donc bien seconds.

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Pourtant, en partant de notre identité, de notre continuité (qu’elle soit nationale ou individuelle) nous voyons, alors, toujours l’autre et son identité comme un autre extérieur à nous, il nous menace, car, en interagissant avec nous, il vient interférer, modifier notre identité, changer ce que nous sommes. Ce point de départ d’une lecture des phénomènes historiques, comme des phénomènes psychologiques, ne peut être qu’une justification idéologique des entités dont nous posons d’emblée l’identité et la permanence, mais il ne s’agit pas d’un point de départ convenable pour élaborer des connaissances, qui ne se limiteront pas à la récitation sans fin de notre identité et de son maintien contre vents et marées.

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Stéphane Laurens

Tigrane Tovmassian (Laurent), Bentata (Hervé) (coord.), Le traumatisme dans tous ses éclats. Clinique du traumatisme, Paris, In Press, 2012

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L’ouvrage coordonné par Laurent Tigrane Tovmassian et Hervé Bentata constitue un excellent outil de travail : il offre un panorama des diverses lectures du traumatisme, de leurs étayages théoriques et cliniques, et des filiations conceptuelles dans lesquelles elles s’inscrivent. En se fixant pour objectif partagé la définition de ce qu’est le traumatisme, les différents auteurs témoignent ici, dans leurs contributions respectives, de la richesse et de la polysémie d’une notion qui résiste à son indexation dans un cadre univoque. La portée de l’ouvrage tient à son parti pris : s’engager dans un questionnement renouvelé de l’approche psychanalytique dans ce domaine et de la prise en charge de la clinique du traumatisme, et ce, en convoquant différentes figures cliniques du traumatisme psychique et de la violence sociale.

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Les textes rassemblés ici font suite à des journées scientifiques organisées, en mars 2011, par l’Unité de recherche et de formation sur les traumatismes de Saint-Denis. Ces journées, comme cet ouvrage, s’appuient sur un double constat initial : « le retour en vogue de la clinique du traumatisme et la confusion associée à la prolifération de l’usage de notions peu différenciées : trauma, traumatisme, névrose traumatique, état de stress post-traumatique… Le traumatisme est revenu en force sur le devant de la scène conceptuelle. Mais ce succès opère parfois sur le compte de la précision : le concept s’est dilué, car en invoquant partout le traumatisme, on finit par ne plus savoir vraiment ce qu’on met sous ce terme » (Waintrater, p. 196).

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Le projet, ici, n’est donc pas tant d’analyser les processus qui concourent à ce « retour en vogue » que de différencier le traumatisme d’autres concepts, d’en repérer les différentes figures et destins, de réarticuler analyses étiologiques et dispositifs cliniques.

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L’organisation de l’ouvrage privilégie « les nombreux paysages du traumatisme psychique » (Tigrane Tovmassian, p. 10), après une première partie consacrée à l’histoire et l’épistémologie des concepts ; sont ici analysés les traumatismes liés aux violences faites à l’enfant et les maternités traumatiques (inceste, agressions sexuelles intrafamiliales, viol…), les traumatismes en lien avec les violences institutionnelles dans la famille ou au travail, et, enfin, les violences urbaines, d’État et l’expérience de l’exil.

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Dans la première partie, Louis Crocq, psychiatre et fondateur du réseau des cellules d’urgences médicopsychologiques, comme Claude Barrois, dont les travaux sur le traumatisme constituent une référence incontournable, rappellent, tous deux, la relativité essentielle du traumatisme : on ne peut dire qu’un événement (ou une situation) est traumatisant en soi car « certains sujets disposent, constitutionnellement ou par apprentissage, d’un pare-excitation épais et solide, et ont de l’énergie disponible pour venir renforcer ce pare-excitation en cas de menace (Crocq, p. 33). Il n’y a pas de relation causale entre l’événement et le vécu, mais plutôt « une rencontre dans un espace de sens ». Reste que « chaque homme a son point de rupture […] Il y a un caractère universel du psychotrauma, correspondant certainement à l’universalité de l’horreur de notre propre mort qui est plus ou moins cachée à nos propres consciences » (Barrois, p. 57).

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D’emblée, deux voies s’ouvrent donc à l’investigation (et à la différenciation d’avec le « stress ») : le trauma comme phénomène énergétique ou économique (choc violent provoqué par des excitations externes sur le psychisme de l’individu et y provoquant des perturbations durables par effraction et débordement des défenses psychiques – voir la métaphore de la vésicule vivante dans Au-delà du principe de plaisir, Freud, 1920), et le trauma comme phénomène symbolique (impossibilité de mobiliser les réseaux de représentations, de significations disponibles face à l’insensé, l’absurde de l’événement). Ici, le défaut de sens est renvoyé, par de nombreux auteurs, à la confrontation inopinée avec le réel de la mort. « L’image traumatique est une image du réel de la mort […] Et ce que le sujet a perdu d’avoir acquis en lui cette image, c’est son illusion d’immortalité » (Lebigot, p. 73). De même, et paradoxalement, Carole Damiani propose de différencier et classer les situations d’agression (un événement unique/des agressions répétées, des agressions intentionnelles/non intentionnelles, des agresseurs connus/ inconnus de la victime…), tout en soulignant que, « pour les cliniciens, ce n’est pas tant la nature de l’événement que la confrontation ou non avec le réel de la mort au cours de cet événement qui sera déterminante » (p. 63).

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Au-delà de la figure énergétique du trauma – effraction des défenses – se profile donc, centralement, la question des ressources symboliques susceptibles d’être mobilisées, créées face à l’épreuve du réel. Ressources susceptibles de permettre une élaboration de l’événement traumatique. La définition du traumatisme s’en trouve enrichie, comme « un événement de la réalité que le sujet échoue à symboliser. La violence des facteurs externes ou la conjonction de facteurs internes pulsionnels et de réminiscences entraînent un débordement du moi, une incapacité à traiter l’afflux d’affects suscités par l’événement » (Stern, p. 129).

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Dans cette même perspective, sont encore différenciés les traumatismes destructeurs des traumatismes fondateurs du sujet (« les traumatismes de la naissance, de la castration, de la différence des sexes mènent vers la construction du sujet alors que les traumatismes événementiels (accidents, au sens aristotélicien), propres à ce que l’on voit dans la clinique de la névrose traumatique (syndrome post-traumatique), provoquent une destruction de l’organisation psychique du sujet », Tigrane Tovmassian, p. 107). Régine Waintrater, à propos des génocides et de l’expérience de la survivance, revient, elle aussi, sur l’histoire des concepts et, bien sûr, sur les travaux de Freud concernant la névrose traumatique, sur le poids respectif de la réalité externe et de la réalité interne, du conflit et son rapport à l’infantile. Aux théorisations référées aux traumatismes de guerre, ceux des soldats de la première guerre mondiale, ont succédé celles relatives aux grandes catastrophes naturelles, puis celles concernant les différentes formes de violence sociale. Et elle souligne la distinction entre deux axes qui unifient ou séparent les points de vue : « l’axe unificateur est celui qui pose le traumatisme comme un débordement et une rupture : toutes les théorisations, en effet, présentent le traumatisme comme une effraction qui submerge le sujet, et instaure une coupure radicale entre un avant et l’après, accompagnée d’une désorganisation plus ou moins durable. L’axe qui sépare ces théories tourne autour de l’opposition entre réalité psychique et réalité extérieure. Ce qu’on a appelé la controverse Freud-Ferenczi n’est pas tant une opposition de principe que des développements et des accents mis sur des points différents du processus traumatique. Tous deux reconnaissent l’existence de deux formes de traumatisme, l’organisateur et l’invalidant ; mais alors que Freud demeure plus intéressé par l’aspect structurel du traumatisme et sa portée générale pour la compréhension des névroses, Ferenczi, peut être à cause de son expérience de psychiatre militaire, se tourne davantage vers l’étude des changements de la personnalité affectée par le traumatisme invalidant. Il s’attache aux manifestations psychopathologiques du traumatisme sur la personnalité, notamment les mécanismes de défense comme le clivage ou la dissociation » (p. 197).

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Ces distinctions conceptuelles sont essentielles à une clinique des traumatismes, et la controverse théorique est toujours soutenue par les nombreux cas cliniques cités, et qui contribuent aussi à la richesse de cet ouvrage.

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Un autre fil court tout au long de ces analyses : la question de l’isolement, du sentiment d’abandon (Lebigot, p. 73), l’impression d’être incompris (Crocq, p. 28), l’angoisse d’être sans recours (Stern, p. 128), le délitement du lien social et les pathologies de la « désolation » (Chekroun, p. 162), la violence symbolique du déni, de la relégation, du rejet (Mansouri, p. 186), la perte du sentiment d’appartenance à la communauté humaine (D’Elia, p. 191), la clandestinité affective qui est le lot des survivants (Waintrater, p. 204), la honte qui isole et qui accompagne toujours l’expérience traumatique (Feldman, p. 209).

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L’expérience traumatique réveille ou fait écho à la situation première du nourrisson d’être sans recours, dans la détresse, dans le « désaide ». Elle interroge toujours la qualité du lien à l’Autre. Aussi pourrait-on éclairer (mais ce n’est pas l’objet de cet ouvrage) la montée en puissance contemporaine des différentes figures du traumatisme par ses liens avec le développement des processus de désaffiliation. Florence Chekroun s’engage sur cette voie en s’appuyant sur la référence aux travaux de Christophe Dejours et la psychodynamique du travail : elle rappelle que la violence au travail n’est pas nouvelle mais que l’érosion des solidarités collectives laisse chacun dans une solitude délétère pour y faire face. Et elle revient, avec à propos, sur une citation de Freud extraite de son ouvrage Malaise dans la culture (1929) : « le devenir psychique individuel et général est affecté par trois grands ordres de souffrances et d’épreuves : celles qui lui viennent de sa condition somatique, celles qui lui viennent de la violence des événements naturels, de la réalité non humaine, et celles qui lui viennent de son rapport inévitable à ses semblables. Ce lien obligé à l’autre et à l’ensemble humain est aussi inévitable que l’illusion narcissique qui voudrait le rendre superflu. » L’édification de la société et de la culture, comme la construction des ressources nécessaires au dégagement des épreuves potentiellement traumatiques passent par « ce lien obligé à l’autre », par la symbolisation permise par la liaison.

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C’est bien encore cette perspective qui peut éclairer les pratiques cliniques développées et les principes susceptibles de les guider.

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Nous savons tous la multiplication du recours aux cellules d’urgences médico-psychologiques. Elles constituent, sans doute, une offre essentielle favorisant la transformation des images traumatiques en mots, comme la construction d’un récit replaçant le trauma dans le cours d’une vie. Les verbalisations d’événements traumatiques s’inscrivent dans la lignée de la méthode cathartique initiée par Freud et Janet. Mais on ne peut – comme d’ailleurs la plupart des auteurs de cet ouvrage – suivre le diagnostic optimiste de L. Crocq quand il affirme : « jusqu’à récemment (création du réseau des Vet Centers aux États-Unis, 1978, et création des cellules d’urgences médico-psychologiques en France, 1995), la société s’était refermée sur ses blessés psychiques, leur infligeant le deuxième trauma de son oubli et de son indifférence. De nos jours, il n’en est plus de même, et une attitude d’écoute, de compréhension et de solidarité caractérise la prise en charge des personnes traumatisées » (p. 43).

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Les travaux de C. Barrois sur le « contre-trauma », comme ici les analyses de Mansouri sur « le déni des blessures infligées par le colonialisme », de D’Elia sur « l’obscénité du réel traumatique », ou de Wainstater « sur la collusion défensive entre l’horreur des Alliés, le déni des Allemands et l’accablement des survivants » qui fabriquent le silence et l’idéologie de l’oubli, nous rappellent que le travail clinique suppose un au-delà de l’abréaction et de la catharsis, un au-delà du colloque singulier entre la personne traumatisée et son « psy ».

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La psychothérapie des victimes suppose d’autres voies complémentaires : celles de la reconstruction du lien social, de la mise en œuvre de la solidarité collective, de la reconnaissance sociale de la violence subie, de la restauration des ressources symboliques, nécessaires à l’analyse et à la signification de l’événement ou de la situation.

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« Pour se penser, la catastrophe doit être échoïsée, amplifiée, susciter témoignages et commentaires, provoquer de multiples versions » (Kaës, 2009). La catastrophe, ou plus globalement l’événement ou la situation traumatique, ne peuvent être seulement l’affaire du sujet blessé et du clinicien dépêché auprès de lui : s’en tenir à « la victime », c’est privilégier une thérapeutique symptomatique et non étiologique, au sens où les processus en cause ne sont jamais strictement individuels.

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Dominique Lhuilier

Faladé (Solange), Autour de la Chose, Paris, éditions Économica – Anthropos, 2012, 216 pages

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Après la Clinique des névroses[2][2] Faladé (Solange), Clinique des névroses, éd. Anthropos,... et Le moi et la question du sujet[3][3] Faladé (Solange), Le moi et la question du sujet, éd...., un autre séminaire de Solange Faladé (1925-2004) est publié dans la collection « Psychanalyse », dirigée par Michel Gardaz, aux éditions Anthropos. Dans leur préface, les transcripteurs, Emmanuel Koerner et Marie-Lise Lauth, retracent le parcours de cette élève de Lacan, qui a consacré sa vie à la pratique de la psychanalyse et à la formation des psychanalystes. Née au Bénin et arrivée en France durant son enfance, S. Faladé s’intéresse, après ses études de médecine, à l’anthropologie. Chercheur au CNRS, elle effectue des études comparatives : sur le développement psychomoteur des enfants africains, sur les femmes de Dakar ou les Africains exilés à Paris. Dès 1952, elle rencontre Jacques Lacan et suit la progression du séminaire, ainsi que les débats à la Société française de psychanalyse (SFP), puis à l’École freudienne de Paris (EFP). Obtenant la confiance de Lacan, impliquée dans diverses fonctions à l’EFP, elle forme de nombreux élèves mais reste étrangère à toute préoccupation de publication. Pour elle, la transmission authentique de la psychanalyse ne peut être qu’essentiellement orale. À la fin des années soixante-dix, à la demande de Lacan, elle débute un séminaire sur la sexualité féminine, puis, après la dissolution de l’EFP, elle fonde, avec quelquesuns, l’École freudienne en 1983. Elle s’engage alors dans un grand cycle de séminaires, pour un enseignement attaché aux éléments fondamentaux de la théorie et de la clinique analytique. Ce séminaire vise à poursuivre la transmission de la psychanalyse, c’est-à-dire, comme le précisent les transcripteurs : « sauver de l’oubli ce qui, de l’enseignement, a pu se perdre après l’éclatement issu de la dissolution ; révéler quelles difficultés Lacan s’efforce de résoudre par ses énoncés et ses écritures, celles aussi que S. Faladé a elle-même rencontrées devant les opacités de la clinique ; montrer le mouvement de formation des repères théoriques, distinguant ceux qui ont été abandonnés, ceux qui ont été repris et élaborés, ceux qui ne l’ont pas été sans être pourtant invalidés ; résoudre les problèmes laissés obscurs en développant librement l’usage de la théorie au-delà de ce que Lacan avait fait » [4][4] Koerner (Emmanuel), Lauth (Marie-Lise), Préface à Faladé.... Certains de ses élèves « ont pensé qu’il serait souhaitable que la parole de cette psychanalyste, ayant une telle expérience de la psychanalyse et du mouvement psychanalytique, soit entendue hors de l’École freudienne » [5][5] Mary (Bernard), Samacher (Robert), Hommage à Solange....

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« Cette année ne commence pas comme les autres. Et pour ce qui nous intéresse ici, c’est la première fois que je n’ai pas trouvé de titre, et pourtant j’ai une idée assez précise, assez claire, de ce que je veux apporter cette année ». C’est par ces mots que débute ce séminaire de 1993-1994, qui prit finalement pour titre « Autour de la Chose » parce qu’il est marqué par cette notion centrale, Das Ding, la Chose, au cœur de la conception métapsychologique de Freud, dès « L’esquisse pour une psychologie scientifique » (1895) [6][6] Freud (Sigmund), Esquisse pour une psychologie scientifique... et que Jacques Lacan développe dans son séminaire sur l’éthique de la psychanalyse (1959-1960) [7][7] Lacan (Jacques), L’éthique de la psychanalyse, Paris,.... Selon Faladé, la Chose est à situer avant tout refoulement, avant la symbolisation et avant que le principe de plaisir n’entre en ligne de compte. Elle désigne une zone paradoxale car, si une jouissance est toujours présente en ce lieu, c’est du vide que ce sujet va y rencontrer du fait d’une négativation de cette jouissance première. Le sujet naissant s’organise en tournant autour de ce lieu d’une jouissance perdue d’où il a émergé comme désirant. L’orientation vers l’objet est ainsi fondée sur la tendance à retrouver, mais l’objet reste bel et bien perdu.

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L’échafaudage symbolique et imaginaire, que met en place le sujet parlant, vient circonscrire ce lieu perdu de la jouissance qu’est das Ding : l’image du corps et le narcissisme, le fantasme, le Bien, le Beau sont autant de tentatives pour venir habiller ce vide et aussi en jouir. Tel un vase, l’art se caractérise par un certain mode d’organisation autour de ce vide. Avec l’appui du fantasme qui soutient le créateur, la sublimation participe d’un leurre, qui permet de jouir de la Chose, tout en maintenant une barrière face à cette zone qui reste interdite. L’art est ainsi à une place privilégiée puisqu’il autorise la jouissance de la Chose tout en se protégeant de ce lieu, et ce sans en passer par le refoulement et le symptôme, précise Faladé. Lacan donnait l’exemple de la Dame de l’amour courtois chantée par le poète. S. Faladé évoque la façon dont la haute couture va venir habiller une femme, ou bien la définition que Lacan donnait de l’architecture : « quelque chose d’organisé autour d’un vide » [8][8] Ibid., p. 162.. Il nous montre que, dans l’histoire de la peinture, on s’est ensuite attaché à faire des images de cette architecture, puis « à peindre l’architecture sur les murs de l’architecture » : « la peinture est d’abord quelque chose qui s’organise autour d’un vide. Comme il s’agit, avec ce moyen moins marqué dans la peinture, de retrouver le vide sacré de l’architecture, on essaie de faire quelque chose qui y ressemble de plus en plus, c’est-à-dire que l’on découvre la perspective […] L’architecture néo-classique se soumet aux lois de la perspective pour retrouver le vide de l’architecture primitive » (p. 162).

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S. Faladé développe particulièrement cette question de la sublimation dans son séminaire Autour de la Chose, également pour montrer que sublimer n’est pas ce qui est à attendre à la fin d’une analyse, puisque la sublimation reste un voile porté sur la béance du vide radical de l’objet. Tenir compte de la Chose, avec Freud, puis avec Lacan et Faladé, c’est reconnaître l’éthique que promeut la psychanalyse, une éthique du désir qui tient compte du Réel, c’est-à-dire de ce qui reste impossible à symboliser et qui échappe à une mise en images. Accepter cette béance première, c’est ce qui est le plus difficile, indique Faladé. Les scissions du mouvement psychanalytique concernent ce vide initial, précise-t-elle, c’est-à-dire la reconnaissance ou pas que l’objet est définitivement perdu. « Freud, lui, reste avec cet espoir que, certes, l’objet manque, mais que quelque chose peut en être retrouvé, qu’avec un peu de chance, il pourrait y avoir quelque retrouvaille. Mais Lacan insiste bien sur le fait que l’objet manque et que cet objet qui manque est réel » [9][9] Autour de la Chose, p. 108..

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Au fil du séminaire, S. Faladé tire, à son tour, les conséquences de cette reconnaissance chez Freud, puis Lacan, de cette perte de l’objet au départ, qui entame la jouissance, déploie le désir du sujet, et autour de laquelle vont graviter les signifiants de ce dernier. Elle l’articule au processus de subjectivation qui, entre diachronie et synchronie, conduit à l’émergence du sujet du désir, marqué par l’inconscient et la pulsion [10][10] Voir la recension du séminaire de S. Faladé, Le moi.... C’est la problématique de la féminité, posée par l’hystérique, qui, dans le séminaire de l’année précédente sur la clinique des névroses, a conduit Faladé à proposer une clinique de la Chose, qu’elle prolonge ici. Dans l’inconscient, il n’y a pas de signifiant pour définir ce qu’est la femme. C’est face à une absence qu’est confronté le sujet dans la rencontre de l’Autre sexe, le phallus manque. Cette rencontre de la castration, dans l’Autre, redouble le vide initial de la Chose, de même que, dans la langue, le sujet bute sur un manque de réponses à ses « pourquoi ? ». Elle indique aussi en quoi une femme peut avoir un rapport privilégié avec le vide et le manque.

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Toutes les structures repérées par la psychanalyse, névrose, psychose, perversion, sont confrontées au vide de la Chose et ont à faire avec. La Chose est à situer avant tout refoulement, avant tout jugement, avant que le sujet ne parle et renvoie à la façon dont, pour lui, à partir du désir de l’Autre le concernant, la jouissance fut marquée au départ. Si le névrosé se caractérise, dans son rapport de départ à la Chose, par un excès de jouissance (pour l’obsessionnel) ou une insatisfaction (pour l’hystérique), le sujet de la psychose a un rapport autre à ce lieu. Le Nom-du-Père n’étant pas venu nommer ce vide de la Chose, le psychotique ne dispose pas du fantasme et de la sublimation pour voisiner avec cette zone, ce qui veut dire, aussi, qu’il ne peut faire barrière à la jouissance. La jouissance n’étant pas « négative », il y rencontre une jouissance brute, non barrée par la castration et le principe de plaisir, et qui n’a de cesse d’envahir son espace. Il se retrouve comme enfermé dehors, devant ce qui, du symbolique, lui revient du réel sous forme hallucinatoire, parce que non symbolisé à l’intérieur : voix, regards. C’est-à-dire qu’étant dans une position d’incroyance par rapport à ce lieu de la Chose, il va croire à ce qu’il construit autour de cette zone. Quant au pervers, poussé par sa volonté de jouissance, il a un pied dans la Chose.

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En avril, Solange Faladé interrompt le fil du séminaire pour évoquer la situation politique en Afrique du Sud. Après vingt-sept années d’emprisonnement dans des conditions souvent très dures, Nelson Mandela fut libéré en 1990, après plus de quarante ans de lutte contre la domination politique de la minorité blanche et la ségrégation raciale que celle-ci menait. S’engagea alors une longue suite de négociations constitutionnelles avec le gouvernement du président Frederik de Klerk, de mai 1990 à mars 1994, qui aboutirent à des accords permettant la création d’un État multiracial et démocratique. Loin de s’en tenir à une seule considération historique sur l’événement, dans le continent qui l’avait vue naître, Solange Faladé, interpellée par cette « leçon au monde » que venaient de donner Mandela et De Klerk, développa des considérations sur la haine et la race, distinguant l’identification au même de la reconnaissance du semblable : elle précise, reprenant Lacan, que la race n’a rien à voir avec ce que certains anthropologues ou la biologie ont essayé de montrer en termes de différence : différence de front, de pli palmaire ou de gênes, etc. Ce n’est pas autour de la couleur de peau qu’il y a race, c’est autour de ce qui est un discours qui fait que le sujet est à une certaine place. À cause de la tradition, on vit d’une certaine façon et non pas d’une autre. Et c’est le fait de vouloir obliger celui qui jouit d’une certaine façon à jouir comme l’autre, à se présenter comme l’autre, qui fait le racisme.

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Nous avons décliné ici quelques-uns des thèmes qui ponctuent ce séminaire riche et toujours en mouvement. La visée de Faladé est de mettre au travail la clinique et la théorie, en maintenant ouvert le champ du savoir : « Je crois que c’est ça que nous devons avoir bien à l’esprit : notre objet, l’objet de la psychanalyse […] ne peut être saisi dans sa totalité et en une fois. Souvenez-vous, lorsque nous avons fait l’étude du texte de Freud sur la pulsion, je vous ai fait remarquer que, dans ce texte, Freud nous parlait de l’asymptote : le fait qu’on ne peut qu’approcher ; et parce qu’on ne peut qu’approcher, il y a toujours à reprendre pour aller plus avant, pour essayer de rendre compte, d’être plus près ; il y aura toujours quelque chose qui fera qu’on n’y sera jamais vraiment. Mais en même temps, on reprend, on va plus loin, et c’est ce que vraiment Lacan, tout au long de ses vingt années d’enseignement, nous a apporté » (14 juin 1994).

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Une nouvelle fois, Solange Faladé se fait le témoin de ces approches de Lacan, en permettant, avec cette façon de tourner autour de la Chose, sans la cerner définitivement par un savoir clos, que du nouveau puisse aussi advenir : ce séminaire n’est pas une reprise exégétique de Lacan sous une forme universitaire ; il vise à faire exister en acte, en paroles, avec la fraîcheur de la découverte freudienne, le discours psychanalytique. Avec le désir de transmettre la psychanalyse, de faire avancer la théorie psychanalytique et de permettre à l’auditeur de l’époque, et au lecteur d’aujourd’hui, de faire un pas de plus dans ce que la psychanalyse peut apporter. Si la lecture en reste difficile du fait de formulations lacaniennes abruptes pour le lecteur non familiarisé – et, en cela, l’ouvrage aurait peut-être mérité un index des noms et des concepts –, c’est toujours avec un souci didactique que Faladé avance ses propositions. Rappelons aussi qu’il s’agit d’un séminaire essentiellement oral – Solange Faladé parlait sans notes – et que, si quelque chose en est définitivement perdu dans le passage à l’écrit, il s’agit là d’un mode de transmission spontané et original. Avec ce séminaire, sans doute son plus novateur, de par la clinique de la Chose qui s’y déploie, elle apporte des éclairages essentiels sur l’enseignement lacanien, ainsi qu’un prolongement fidèle de celui-ci, dans une articulation sans pareil à la clinique, faisant d’elle, peut-être, l’élève la plus digne de l’héritage de Lacan.

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Pierrick Brient

Notes

[1]

Otto Klineberg, Plan d’études de l’UNESCO sur les états de tension internationale : un appel aux sciences de l’homme, 1949. [http://unesdoc.unesco.org/images/0015/001581/158151fb.pdf]

[2]

Faladé (Solange), Clinique des névroses, éd. Anthropos, 2003. Séminaire 1990-1991.

[3]

Faladé (Solange), Le moi et la question du sujet, éd. Anthropos, 2008. Séminaire 1988-1989.

[4]

Koerner (Emmanuel), Lauth (Marie-Lise), Préface à Faladé (S.), Autour de la Chose, Anthropos, Paris, 2012, p. X.

[5]

Mary (Bernard), Samacher (Robert), Hommage à Solange Faladé, Psychologie clinique, no 18, 2004, p. 245-247.

[6]

Freud (Sigmund), Esquisse pour une psychologie scientifique [1895], dans La naissance de la psychanalyse, Paris, Presses universitaires de France, 1987.

[7]

Lacan (Jacques), L’éthique de la psychanalyse, Paris, Seuil, 1986.

[8]

Ibid., p. 162.

[9]

Autour de la Chose, p. 108.

[10]

Voir la recension du séminaire de S. Faladé, Le moi et la question du sujet, parue dans le Bulletin de psychologie, 61, 6, 2008, p. 599.

Titres recensés

  1. Guirard (Laurent) (sous la direction de), Cinquante ans de psychologie de la musique. L’école de Robert Francès, Montauban, Alexitere éditions, 2010, 206 p.
  2. Febvre (Lucien), Crouzet (François).– Nous sommes tous des sang-mêlés, manuel d’histoire de la civilisation française, Paris, Albin Michel, 2012, 398 pages
  3. Tigrane Tovmassian (Laurent), Bentata (Hervé) (coord.), Le traumatisme dans tous ses éclats. Clinique du traumatisme, Paris, In Press, 2012
  4. Faladé (Solange), Autour de la Chose, Paris, éditions Économica – Anthropos, 2012, 216 pages

Pour citer cet article

« À travers les livres », Bulletin de psychologie, 5/2012 (Numéro 521), p. 486-491.

URL : http://www.cairn.info/revue-bulletin-de-psychologie-2012-5-page-486.htm
DOI : 10.3917/bupsy.521.0486


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