2002
Cahiers critiques de thérapie familiale et de pratiques de réseau
« Je veux que mon fils soit médecin »
Intervention de thérapie systémique
pour faciliter le processus de différenciation
d’une famille marocaine où le temps est arrêté
[1]
Salima Mrini
[2]
Résumé
L’auteur présente un travail effectué avec une famille qui demande de l’aide
sans être en crise. En utilisant la « prescription invariable » de l’école de Milan, la
thérapeute active le processus de différenciation et de mobilisation du temps qui est
arrêté et figé dans une famille où il existe de graves troubles de la communication.
Impliquée dans son observation, l’intervenante s’observe tout en observant
le système thérapeutique. La circularité des informations et la prescription du
symptôme dans les séances va permettre à la famille de trouver sa propre solution.Mots-clés :
Crise, Système familial, Contexte thérapeutique, Processus de différenciation, Prescription invariable, Temps systémique, Circularité, Communication.
The author presents in this article a work carried out with a family not in
crisis but asking for help. By using the «invariant prescription» (Selvini Palazzoli
et al., 1990), the therapist stimulates the differentiation process and mobilization of
time, which stopped and was frozed within this family presenting serious
communicational problems.
Involved in her observation, the therapist observes herself while observing
at the same time the therapeutic system.
The circulation of information and the symptom prescription during treatments
allow the family to find its own solutions.Keywords :
Crisis, Family system, Therapeutic context, Differentiation process, Invariant prescription, Systemic time, Circularity, Communication.
C’est dans le cadre de la recherche et de la consultation privée que je
situe cette intervention systémique avec une famille qui a consulté durant
une période de trois ans comportant l’émergence de la crise, des interruptions
(de 3 mois, 6 mois, et un an) et puis des reprises des consultations.
Le thème du « processus de différenciation dans la famille » qui
introduit un changement opérationnel dans le système familial est proche de
mes préoccupations personnelles en tant que psychologue exerçant en
institution semi-privée depuis une dizaine d’années, au sein d’une des
polycliniques de la caisse nationale de sécurité sociale.
Dans ma pratique clinique, j’étais insatisfaite du contexte de travail en
milieu hospitalier, ce qui m’avait déjà fait réfléchir à la place du psychologue
en institution au Maroc
[3] et m’avait poussée à chercher d’autres manières de
visualiser les choses. La formation à la thérapie familiale systémique m’a
permis d’élargir mon champ d’observation et m’a amenée à créer mon lieu
de travail pour la recherche, indépendant de toute structure (familiale ou
institutionnelle).
Au cours de ce cheminement dont je soulignerai la relation avec ma
propre différenciation, j’ai redécouvert la dimension culturelle et temporelle
propre à mon pays qualifié de « sous-développé ».
Le Maroc est un pays multiculturel où l’on trouve une grande diversité
de cultures mais où la culture arabo-musulmane reste dominante.
Avant les années 30, la famille marocaine fonctionnait selon un
principe où les rôles de l’homme et de la femme étaient fortement différenciés,
avec le maintien de la femme au foyer.
Maîtresse de maison, elle devait obéir à son mari, à son père et aux
proches parents de son époux, car le plus souvent, elle habitait avec eux sous
le même toit ; l’homme devait entretenir sa femme, subvenir aux besoins de
ses enfants et avait le droit d’avoir quatre épouses, étant reconnu comme le
chef de la famille par la loi.
Au début des années 40, les filles ont été scolarisées et ont bénéficié
comme les garçons de l’enseignement primaire et secondaire alors qu’avant,
il n’était pas permis aux hommes d’enseigner l’Arabe aux filles.
Avec l’industrialisation, le modèle occidental de la famille nucléaire
s’est ajouté au modèle patriarcal qui persiste pourtant encore, en particulier
en milieu rural, où trois à quatre générations vivent sous le même toit :
l’arrière grand-père, le grand-père, les fils, et leurs enfants. Ces familles sont
compactes, fortement hiérarchisées et difficilement perméables. Nous
pouvons constater actuellement que même en milieu urbain, des jeunes
couples cherchent des appartements à proximité de leurs familles d’origine.
Néanmoins, une certaine différenciation commence à émerger dans la
mesure où il y a de plus en plus de familles nucléaires qui se créent : en effet,
le rythme de la vie quotidienne, le travail, la scolarisation des enfants font que
les parents changent de ville et ne dépendent plus en permanence de la
famille d’origine ; ils lui rendent visite pour les fêtes et les vacances
scolaires, ou bien plus fréquemment lorsqu’ils n’habitent pas loin de chez
eux. En règle générale, quand un homme et une femme se marient, ils gardent
des liens très étroits avec les familles d’origine. Un rituel de visites s’installe
chaque jour ou chaque semaine (le week-end).
La traduction de Mainhagu de l’expression de Bowen (1984) « Masse
indifférenciée de l’ego familial » désigne l’étroitesse des liens émotionnels
dans toute famille, derrière les apparences d’autonomie. En effet, selon
Murray Bowen, même les individus ou les familles qui présentent des taux
élevés de différenciation conservent une part notable de non-différenciation.
Pour revenir à la rencontre clinique, c’est une rencontre tissée de mille
fils qui mettent en relation la thérapeute et la famille, la thérapeute avec elle-
même et la thérapeute avec le groupe de supervision qui articule les
différentes interactions.
Je l’ai vécue comme une danse, une valse à trois temps, quatre temps,
un mouvement dans le temps et dans l’espace. Aristote disait : « Nous
mesurons par le temps le mouvement, et par le mouvement le temps ».
Le modèle Selvinien (Selvini Palazzoli et al., 1990) choisi et adapté
au contexte thérapeutique, était une méthode qui me réconfortait en marquant
la réinstallation des frontières intergénérationnelles.
2. Premier temps : l’histoire de la rencontre
La famille Koursi
[4] est issue d’un milieu modeste, originaire de la
campagne, à 30 km de la ville la plus proche qui elle-même se trouve à 250
km au sud de Casablanca où la famille habite actuellement.
Elle choisit de venir à Rabat me consulter pour le fils aîné, âgé de 5 ans,
qui présente des troubles sévères du comportement et ne parle pratiquement
pas (la mère a suivi une psychothérapie individuelle avec moi en 1991, à la
polyclinique CNSS de Casablanca où j’exerçais à l’époque).
Les parents ont consulté plusieurs spécialistes et, malgré qu’elle ait été
orientée vers d’autres thérapeutes, la famille me contacte pour demander un
rendez-vous.
Le temps pour moi de m’installer dans mon nouveau cadre de
recherche et d’être libre d’agir à partir de cette position « méta » dont le
thérapeute systémique a besoin pour élaborer des stratégies et des prescriptions
de tâches nécessaires au processus évolutif du travail thérapeutique, un
premier rendez-vous est proposé à la famille Koursi. Elle arrivera avec une
heure de retard, ayant raté le train.
Ali, le père, âgé d’une quarantaine d’années, est grand et robuste ;
Nadia, la mère, est vêtue d’une djellaba (habit traditionnel marocain que les
femmes mettent souvent pour sortir) ; elle est petite de taille et paraît déjà
vieille, malgré ses trente ans.
Le patient désigné, Karim, 5 ans, semble bien portant et présente un
visage jovial bien qu’il ne parle pas. Soufiane 3 ans, pâle et chétif, est calme
et effacé. Il prend place entre son père qui s’est installé à ma gauche, avec
Karim entre les jambes, et sa mère à ma droite.
Cette configuration de la famille dans l’espace confirme en partie mes
hypothèses de départ que je serai amenée à modifier au fur et à mesure au
cours des informations reçues par la famille.
La langue utilisée en séance est l’Arabe étant donné le niveau
d’instruction des parents. D’emblée, je présente ma difficulté à penser en
arabe et m’excuse de devoir parfois mettre du temps pour trouver les
expressions justes.
- Ma première hypothèse est que Karim, porteur du symptôme, protège
le système familial afin de le maintenir dans une stabilité qui exclut
toute évolution. Le temps est arrêté, figé.
- Ma deuxième hypothèse conçoit le symptôme comme un moyen de
communication entre les parents, garant du maintien de l’homéostasie
familiale : ainsi ils restent ensemble pour aborder le problème de
Karim.
Les trois premières séances d’évaluation seront très utiles pour poser
une indication éventuelle de thérapie familiale.
En constituant la fiche familiale, je m’étais rendu compte que le père
et la mère portaient le même nom, pensant qu’ils étaient de la même lignée
paternelle ; je découvre au fil du temps qu’ils sont cousins germains du côté
maternel : les grands-mères du patient désigné sont sœurs.
Il est très fréquent au Maroc qu’on se marie entre cousins de la lignée
maternelle ou paternelle.
– Les parents d’Ali habitent toujours à la campagne avec leur second fils
qui s’occupe avec le grand-père de l’agriculture.
– Les parents de Nadia habitent la ville qui se trouve à 30 Km du hameau
des parents d’Ali (ou « bled » comme on dit au Maroc).
– Les grands-pères du patient désigné sont des amis de longue date. Le
grand-père maternel possède des terres au « bled » dont le grand-père
paternel s’occupe.
À la fin de ses études à l’école primaire effectuées à la campagne, Ali
est allé s’installer chez sa tante maternelle mariée au meilleur ami de son père
pour poursuivre ses études au collège. Ce passage du milieu rural au milieu
urbain a été marqué pour le père du patient désigné par un nouveau nom de
famille. À cette époque, dans les années 60 à 65, après l’indépendance (le
Maroc était sous protectorat de 1912 à 1956) on pouvait changer de nom et
choisir celui qu’on voulait. Le grand-père paternel de Karim a donc pris un
nouveau patronyme – Koursi – à l’état civil.
Ali ne réussit pas à poursuivre ses études en ville. Il quitte le collège
au niveau de la quatrième année secondaire et retourne au bled. Son père le
met devant le choix de se débrouiller seul ou de travailler la terre, et celui de
Nadia lui propose un commerce car il le considère comme son fils. Ali refuse
et cherche autre chose. Par l’intermédiaire d’un ami, il est informé d’un
concours à Casablanca qu’il passe et réussit avec succès. Il s’installe dans
cette ville en 1972 et travaille jusqu’à ce jours dans le même organisme en
tant qu’officier de la marine.
Je leur demande comment ils se sont mariés. Nadia répond : « J’avais
15 ans quand ma tante et lui sont venus à la maison pour Irachmouni». Ce
terme signifie qu’à partir de ce moment-là, elle est promise à son cousin dans
la mesure où les parents se mettent d’accord ; plus aucun autre prétendant
n’aura de droit sur elle. Il s’agit d’une démarche traditionnelle de demande
en mariage au sein d’une même famille.
« Trois ans plus tard, quand j’ai obtenu mon baccalauréat, nous avons
officialisé la demande, mais mon père n’était plus d’accord : il voulait me
marier avec le fils d’un autre ami à lui, qui habitait notre ville, et qui faisait
les études de droit ».
Actuellement, Nadia est institutrice.
Ali explique de son côté : « Je voulais me marier avec ma cousine que
j’ai vu grandir et la faire venir à Casablanca. D’ailleurs, un an plus tard, j’ai
écrit une lettre aux parents de Nadia en leur disant que je voulais ma femme
et que la fête de mariage devait avoir lieu le plutôt possible ».
Nadia considère qu’elle a été contrainte d’épouser son cousin car sa
mère a fait pression sur son père pour qu’elle l’épouse. À la longue, le père
a cédé sans être très convaincu. Nadia le considérait comme un frère car il
habitait avec eux depuis qu’elle avait l’âge de 4 ou 5 ans.
Le motif de la consultation est le comportement de Karim qui inquiète
beaucoup sa mère.
Le neurologue qu’ils ont consulté m’écrit dans sa lettre : « À 18 mois,
Karim a présenté une fièvre sévère avec convulsions. Depuis cette période,
il présente une régression du langage avec de gros troubles du comportement.
L’examen neurologique est normal ainsi que le scanner. Son état nécessite
une prise en charge psychologique et orthophonique ».
Lorsque je pose des questions sur l’apparition du symptôme, la mère
explique que Karim était un beau bébé qu’elle a allaité jusqu’à 8 mois ; après
son sevrage, elle l’a amené à sa grand-mère maternelle, dans sa ville natale
où il est resté 10 mois. À son retour à 18 mois, il était en bonne santé,
commençait à prononcer des mots, des noms de personne ou d’objet. À la
question « Comment était Nadia avec son premier fils ? », le père répond
qu’elle était tout le temps avec lui, le regardant avec admiration. Quand la
grand-mère maternelle venait leur rendre visite, elle dormait dans le lit
conjugal avec sa fille et son petit-fils.
Le père ajoute qu’une semaine après son retour de chez la grand-mère
maternelle, l’enfant a présenté une fièvre de 40° avec un œil qui n’arrêtait pas
de gonfler ; il devenait raide et les parents l’ont conduit aux urgences.
Pendant que les parents évoquaient tous ces souvenirs, Karim imitait
un cheval, jouait et déchirait en petits morceaux tous les kleenex qui se
trouvaient dans la boîte, soufflait dessus et couvrait le sol d’un tapis blanc.
Il jetait par terre des objets que sa mère ramassait ensuite. Comme dans une
sorte de danse dans l’espace, les membres de la famille se déplacent : le père
prend le siège de la mère qui sort pour amener Soufiane au W.C.
Quand je me mis à jouer avec Karim, il me donna des coups de pied :
il tirait, je le contrôlais, il me regardait et cherchait à me mordre. Il tenta
même d’arracher mon collier, je l’ai alors neutralisé ; il sentit une force
physique au niveau du contact, avec en plus ma disponibilité et mon sourire.
Il se calma : « Ceci est un jeu » disait Bateson (1970) en observant deux
jeunes singes dans une séquence interactive qui indiquait que leur combat
était un non-combat. Ce n’était pas une lutte vraie. Le comportement de
Karim était un message qui manifestement, était une définition de la relation
dans ce contexte thérapeutique, car pour moi, c’est le contexte et non le
message qui explique la nature de la communication.
À la fin de la première séance, j’ai exposé les règles du contexte
thérapeutique : les séances auront lieu dans cet espace à intervalle d’un mois,
à raison d’une heure et demie par séance. Je précisai aussi les honoraires du
thérapeute.
3. Deuxième temps : l’instant de la deuxième séance
Pour la préparation de cette séance, j’ai installé une petite table avec
deux chaises à côté de moi, pour les enfants, et un peu plus loin, les deux
sièges des parents face à mon bureau. En introduisant cette disposition, je
voulais tester mes hypothèses et observer les interactions des membres de la
famille par rapport à la création des frontières entre générations. Les parents
sont-ils d’accord entre eux ou pas ?
Après avoir mis la famille à l’aise, les enfants étant en train de dessiner
à leur table, je posai des questions circulaires en demandant à chacun des
parents de décrire l’interaction des autres membres du groupe familial.
Ainsi, l’interlocuteur ne se sent pas impliqué émotionnellement et parle
librement des relations qui lient deux autres personnes. Cela permet au
thérapeute d’avoir une vue d’ensemble de la dynamique familiale.
Je m’adressai à Nadia en regardant l’attitude d’Ali : « Dites-moi
madame, quand votre fils Karim embête son jeune frère, que fait leur père ? »
« Il regarde n’importe quoi à la télévision, ne suit aucune émission
culturelle, ne s’intéresse même pas au foot ».
Pendant que la mère critique le père, ce dernier regarde les enfants, le
patient désigné commence à s’agiter. Il jette sa chaise sur la mère mais le père
la saisit au vol ; Karim lance ensuite la petite table. Je la rattrape et lui signifie
que je ne suis pas d’accord. Il monte sur mon bureau, arrache le rideau, et
galope à travers toute la pièce. Le père fait asseoir Soufiane sur la petite
chaise qu’il a placée entre lui et sa femme tout en s’écartant du bureau du
thérapeute ; en même temps, la mère se rapproche du bureau et s’y accoude
tout en parlant de la haine que lui porte sa propre mère qui l’insulte et la traite
de folle car, si son fils est infernal, c’est en partie à cause d’elle. Elle
accompagne ses paroles d’une vive émotion (pleurs) ; Karim revient, et
voyant sa mère pleurer, l’embrasse.
« Nous sommes à bout de nerfs, nous sommes obligés de l’attacher à
la maison car il casse tout……monte sur les armoires …. » se plaint la mère.
Karim a cinq ans, n’est pas scolarisé, et reste attaché à la maison. La famille
n’entretient aucune autre relation que celles qui les lient aux familles
d’origine.
Ceci me donne l’occasion de dire en fin de séance que la prochaine
fois, les parents viendront sans les enfants. Je prends congé des enfants en les
remerciant pour leur participation, et en convoquant les parents seuls, dans
l’objectif de pousser notre recherche plus loin.
Le langage analogique de Karim qui s’est manifesté par ce
comportement violent et qui a provoqué le retour au désordre, m’a permis de
situer le mode communicationnel de la famille. Il signale le non respect des
règles proposées par la thérapeute et les tensions existant dans le contexte
thérapeutique, lesquelles ne sont que le reflet des relations dysfonctionnelles
de la famille réactualisées en séance.
Le désir du thérapeute d’introduire la notion de différenciation des
générations, en pointant l’exercice de la fonction parentale jusque-là bloquée,
se heurte à l’irruption du symptôme qui arrête toute évolution du temps.
Pour mon investigation, j’ai utilisé la méthode de laprescription
invariable de l’école de Milan (Selvini Palazzoli et al., 1990) qui était mon
modèle théorique de référence.
La prescription invariable est la tâche donnée par la thérapeute au
couple parental qui est convoqué seul à la troisième séance, pour traiter la
pathologie familiale. Elle consiste en un rituel de « sorties secrètes ».
Cette prescription marque le contexte, et peu importe la manière ou les
moyens déployés par les parents pour effectuer la tâche prescrite par la
thérapeute. L’essentiel est qu’elle contribue à un tournant décisif dans le
processus de différenciation où les parents deviennent un couple, puis un
homme et une femme ayant une tâche individuelle à effectuer : transcrire
chacun dans son carnet caché en un lieu inaccessible aux enfants, les
réactions qu’ils observeront ensuite, les comportements verbaux et non
verbaux des enfants et autres personnes vivants sous le même toit en y
ajoutant une date. La thérapeute insiste sur l’importance de ne rien oublier ;
elle leur annonce qu’à la prochaine séance, elle les verra encore seuls avec
les carnets pour y travailler. Les parents ne sont pas seulement obligés de
taire les contenus de la séance et d’exécuter un certain nombre de sorties
secrètes, mais ils doivent aussi travailler pour la thérapeute en tant que « co-
thérapeutes ». Ainsi, la thérapeute induit la solidarité dans le couple parental
dans l’optique d’une stratégie commune à la place de l’habituelle destruction
mutuelle.
4. Troisième temps: les parents convoqués en tant
que parents sont renvoyés en tant que couple
Le jour de la troisième séance, la thérapeute est contacté plusieurs fois
par Ali, le père de Karim, qui annonce que Nadia a beaucoup de problèmes
avec sa propre famille d’origine ; il l’attendait à Casablanca avant de venir
à la séance, car elle se trouvait à 250 Km de la ville. Il demande que le moment
du rendez-vous soit reculé d’une heure.
Le couple arrive en retard à la séance qui est maintenue. Face à ce
désordre dans le temps et dans l’espace, la thérapeute ne retrouve plus le
dossier de la famille Koursi et s’angoisse à son tour car elle se sent frappée
d’amnésie quant au déroulement de cette troisième séance alors qu’elle
l’avait préparée à l’avance, en tenant compte de ses hypothèses. De cette
confusion, et une fois l’effet de surprise dépassé, une idée jaillit de son
esprit : « Ali et Nadia sont d’accord pour que l’un s’approche plus du
thérapeute et fasse alliance avec lui alors que l’autre s’en éloigne et boycotte
le cadre, avec l’objectif de ne rien changer aux règles de leur système. Ceci
est confirmé lorsque le couple arrive, accompagné de Soufiane. J’ai demandé
à la secrétaire de s’occuper de l’enfant. Pendant que je réfléchissais à la
manière dont j’allais diriger la séance, Soufiane dans l’autre pièce, tapait,
criait, hurlait ; alors, le père proposa de l’amener avec lui, et la mère ajouta :
« Je lui donnerai un stylo et une feuille, et il se calmera ».
Je recadre la situation en définissant les règles de la rencontre du jour
et les raisons de voir les parents seuls puisque nous devons discuter sans les
enfants. Je demande aux parents ce qui s’est passé puisque j’ai reçu plusieurs
appels téléphoniques d’Ali qui s’inquiétait pour Nadia, et leur retard m’a
inquiétée aussi. J’intègre dans la séance les informations que j’ai reçu hors
contexte thérapeutique, pour ne pas être en alliance avec l’un des parents.
L’information ne circule pas en sens unique de la famille vers le
thérapeute, mais doit retourner vers la famille. Pour Guy Ausloos (1995),
l’information pertinente est celle qui provient du système familial et y
retourne pour informer le système sur son propre fonctionnement. Il ajoute
également que « les familles savent, mais qu’elles ne savent pas qu’elles
savent et qu’elles ne savent pas ce qu’elles savent ». Ma fonction de
thérapeute n’est pas seulement de comprendre ou de m’informer des
événements écoulés entre les deux séances, mais de mettre en forme,
d’organiser et de restituer à la famille sa réalité qu’elle connaît mais sans
savoir qu’elle le sait.
Ali explicite : « Elle est restée chez ses parents pour récupérer sa
djellaba neuve ; moi je suis venu la veille du rendez-vous à Casablanca… et
je l’attendais ».
- « Le couturier a tardé à me remettre ma djellaba, ma mère ne voulait
pas garder les deux enfants, alors j’ai pris avec moi Soufiane » répond Nadia.
Effectivement, Nadia portait une belle djellaba toute neuve. Ce n’est
que bien plus tard que je saisis la coquetterie de Nadia à mon égard. Chacun
à leur manière, Ali et Nadia essayaient de séduire la thérapeute.
Il est clair que l’information que j’ai reçue du couple était loin de ce
que j’avais imaginé, et c’est ce qui a fait la différence pour moi ; comme
l’écrit Bateson (1977) : « l’information, c’est la différence qui fait la
différence ».
Je poursuivis mon investigation en posant des questions croisées sur
la fête du mariage, les neuf premières années de vie du couple sans enfant,
puis les naissances des enfants.
Ali raconte : « Ma belle-mère était bien habillée à la fête du mariage,
les gens étaient bien reçus, il y avait seulement un manque d’organisation ».
Très excitée, Nadia prend la parole en niant la présentation faite par Ali du
déroulement des événements : « Ce jour là, je ne savais pas quoi mettre et
personne ne s’occupait de moi. Quand je le disais à ma mère, elle criait en
disant “ Ou elle ou moi dans cette maison ” ! » Nadia disqualifie Ali en
dévalorisant la dot et les cadeaux qu’il a apportés.
La tradition marocaine valorise la mariée le jour des noces, plusieurs
femmes s’occupent d’elle, la conduisent au Hammam, chez le coiffeur et
l’habillent de caftans à plusieurs reprises durant toute la soirée. Elle est la
personne la plus importante ce jour-là ; en général, la mère de la mariée veille
au grain, au bien-être de sa fille. Cela n’a pas été le cas pour Nadia qui
semblait perdue et ne pouvait compter sur personne, même pas sur sa propre
mère qui était pourtant la plus favorable à ce mariage avec son neveu.
Durant la première étape du mariage au cours de laquelle les conjoints
négocient habituellement les règles de fonctionnement de leur nouvelle vie,
Ali a été appelé au Sahara pour exercer sa fonction militaire ; pour que Nadia
ne reste pas seule à Casablanca, une des jeunes sœurs d’Ali est venue du bled
lui tenir compagnie.
5. De la piste de danse, je me retrouve sur un ring
La suite du travail thérapeutique sera une succession d’insubordinations
et d’attaques vis-à-vis du cadre thérapeutique. Cette famille m’a fait travailler
avec intensité : construire des hypothèses, élaborer des stratégies et trouver
des prescriptions afin de contrecarrer les pièges. Le couple parental venait à
ses rendez-vous sans en rater aucun et en les confirmant à l’avance.
À chaque fin de séance, j’augmentais la durée de sortie du couple
seul : d’une heure, ils sont passés à deux heures par semaines, puis à une
journée par mois et enfin à un week-end par mois. Chaque fois, je précisais
que s’ils étaient interrogés sur ces sorties, celui qui se sentait le mieux placé
pour le faire avait à répondre : « c’est un secret entre nous et la thérapeute ».
Nadia interrompait souvent la lecture (faite en français) du carnet
d’Ali, soit en parlant d’une visite de sa mère, de sa fratrie, de la réaction des
uns et des autres, soit en en contestant sur un mode analogique le contenu.
Ali, passif, inexpressif, le visage fermé et impassible, imposant par sa
stature, suivait, tête baissée et en évitant mon regard, le discours de sa femme
qui lisait en arabe le contenu de son carnet.
Au fil des séances, de plus en plus absorbée dans la protection de
l’équilibre familial, je me suis trouvée dans une position difficile et paradoxale.
J’étais prise dans une escalade symétrique avec le système familial, participant
ainsi au maintien de sa rigidité.
J’y contribuais à ce moment-là aussi en rigidifiant le cadre
thérapeutique, en voulant amener la famille vers un processus de
différenciation alors qu’elle ne voulait pas adhérer à mon épistémologie. En
fait, la demande de changement de la famille était une non demande.
Je pris conscience, grâce à des supervisions (avec le groupe de
recherche ou avec le superviseur), que j’étais marquée par l’assiduité du
couple à chaque séance, et par leurs paroles disqualifiantes. Le jeu de la
famille Koursi se caractérisait par la non-définition de la relation et une
course au pouvoir.
Chacun disqualifiait l’autre d’une façon verbale ou non verbale. Ali
doutait des capacités de mère de Nadia et la traitait de folle. Il confirmait ainsi
le diagnostic de la grand-mère maternelle – sa fille est une incapable et ne
peut engendrer que des morts ou des fous– et acceptait de faire le ménage
(lessives et nettoyage) car sa femme était toujours malade.
Nadia doutait de l’identité professionnelle de son époux et le traitait
de « sale militaire » en ne le reconnaissant pas commeBahri, c’est-à-dire
comme officier de la marine. Elle ne connaissait même pas la couleur de son
uniforme pourtant différente de celle des officiers de l’armée de terre et de
l’air.
Nadia n’est pas présente, elle est prise dans les comptes à régler avec
sa propre mère et se sent trahie par son père qui a accepté ce mariage.
Karim n’existe pas pour lui-même, il existe par ses symptômes. Ali
utilise ceux-ci pour retenir Nadia dans la famille nucléaire et ne pas lui laisser
le temps de se bercer de rêves romantiques (se marier avec un homme instruit
et de la ville). Nadia passe toutes les vacances scolaires avec ses enfants dans
sa famille d’origine.
En gardant chacun les fonctions qu’ils occupaient dans leur système
familial, Ali et Nadia étaient d’accord de mettre en échec toute modification
proposée par la thérapeute en la gardant comme garante de l’homéostasie
familiale tout en l’empêchant de transformer les règles dysfonctionnelles en
règles opérationnelles.
Ils niaient toutes améliorations.
6. Quatrième temps : le dévoilement du jeu du couple
parental et la prescription du symptôme
Lors d’une séance, Nadia en pleurs, rapporte que sa mère leur a rendu
visite. Pendant tout son séjour, Karim s’est montré sage, un peu fatigué.
Nadia le croyait en progrès. Le jour du départ de sa grand-mère maternelle,
Karim a commencé à cracher sur les murs. Alors celle-ci a dit : « je croyais
qu’il avait changé, mais il est toujours le même ». Elle sait que la famille
consulte une « doctoresse » à Rabat.
Au Maroc la dénomination de « docteur » est plus fréquente que celle
de « psychologue » ou « thérapeute ». Il y a énormément de confusion à ce
niveau-là. Même si nous nous présentons en tant que psychologue, les gens
nous appellent « docteur », que ce soit en milieu institutionnel ou privé.
J’étais découragée, envahie par des sentiments de colère, de rage et de
désespoir devant mon impuissance à produire le changement. Cela
m’empêchait d’éprouver encore de l’enthousiasme comme au début de
l’intervention.
À la fin de cette séance, la thérapeute explicite le jeu du couple
parental et qualifie de troubles graves de la communication, les interactions
véhiculées dans le contexte thérapeutique ; elle ajoute que le système
thérapeutique (la thérapeute et la famille en consultation) est dans une
impasse. Elle déclare avoir commis des erreurs, voudrait prendre le temps
d’y réfléchir, et donne rendez-vous pour une prochaine séance.
La réaction d’Ali fut immédiate : « Je ne reviendrai plus ici. De toute
façon, je vais divorcer. Moi, je viens pour Karim et non pour qu’elle parle de
sa mère, sa sœur… ».
Les réunions avec le groupe de recherche m’ont permis de tisser des
liens et de percevoir tout le travail effectué, qui s’inscrivait dans le temps des
séances ; le moment des séances agissait comme une coupure dans la
temporalité figée du dysfonctionnement du système familial.
J’ai tenté de mobiliser ce temps pour activer la crise en prescrivant le
non-changement, pour les rassurer, et en indiquant que le symptôme devait
toujours rester là.
J’ai proposé à la famille d’inscrire Karim dans un C.M.P.P (centre
pour handicapés mentaux), et au cours de la séance, j’ai téléphoné devant les
parents à ce centre situé à Casablanca pour prendre rendez-vous pour eux en
disant au directeur que je m’engageais à les accompagner pour assister à la
réunion de synthèse en tant que thérapeute référente.
Ma rigueur et mon authenticité dans ce que je faisais apportèrent un
résultat sur le champ: Nadia se leva en disant « Allah, (Dieu) mon fils », puis
entra dans un état émotionnel spectaculaire … mettant les mains sur sa tête.
Elle se dirigea vers la thérapeute, puis à mi-chemin, retourna vers son mari.
Elle lui embrassa la tête en s’excusant et en promettant qu’elle ferait ce qu’il
voudra, suppliant la thérapeute de lui dire que son fils n’est pas handicapé.
« Je veux que mon fils soit médecin, ou quelqu’un d’important ».
À la séance suivante (la vingtième), la famille m’annonce qu’ils ont
mis Karim au jardin d’enfants près de chez eux ; en effet, ils sont allés au
C.M.P.P., mais c’était trop loin de leur domicile.
Ainsi, la famille a mobilisé ses potentialités pour passer à « l’étape de
parentalité » dont la tâche principale est l’éducation et la scolarisation des
enfants, Karim qui avait 6 ans à cette époque-là, a pu sortir de sa prison dorée,
cessant d’être le gardien de la maison parentale et permettant également à son
frère âgé de 4 ans d’aller à l’école.
Le processus d’autonomie de la famille Koursi est déclenché grâce
aux crises, aux ruptures et aux bouleversements qui ont permis une redéfinition
des rôles et des fonctions de chacun des membres de la famille.
Au bout d’un an, Nadia me recontacte et demande un rendez-vous
pour elle seule. Les grands-pères maternels et paternels sont décédés à deux
mois d’intervalle. Karim fréquente la « grande maternelle » dans une école
privée très chère par rapport au niveau économique de la famille. Il mange
à la cantine et utilise le transport scolaire. Soufiane est en CP dans un autre
établissement qui appartient au même gérant que celui de l’école privée de
Karim. Nadia est inquiète et veut reprendre les consultations avec sa famille
car elle me considère comme compétente. Ali ne le désire pas car il ne croit
pas en mon épistémologie et n’a pas constaté d’amélioration chez son fils
comme il l’avait souhaité. Karim est agité, fait des bêtises et manque de
concentration à l’école. La scolarité des enfants coûte cher. Il n’y a pas
d’argent en plus… Pour déjouer les pièges des parents, j’insiste pour les
recevoir tous les deux, et leur propose à la fin de cette séance de réfléchir à :
- « soit vous êtes d’accord de venir tous les deux et vous estimez que je
peux faire quelque chose pour Karim,
- soit Nadia vient seule avec votre accord, et tire un bénéfice pour toute
la famille. Pour cela, j’ai besoin de votre accord, Ali ;
- « soit vous venez à deux pour dire que vous n’êtes pas intéressés par
ce traitement ».
La thérapeute ajoute qu’elle ne désire pas être contactée par téléphone
avant le prochain rendez-vous qu’elle leur donne, et précise que cette séance
sera réservée à la clarification quant à la manière d’aider Karim.
Ali dit en riant, d’une manière ironique : « Qu’est-ce que c’est que
ça ? On vient pour prendre rendez-vous ! »
Nadia répond : « La doctoresse sait, c’est elle qui sait pourquoi elle
fait ça ».
Calmement, la thérapeute les invite à réfléchir et propose qu’on se
mette maintenant d’accord sur une date pour le prochain rendez-vous.
Enfin, la thérapeute termine en disant qu’elle a décidé que cette
séance-ci ne sera pas payante.
Ali baisse la tête et se dirige vers la porte, sans saluer la thérapeute.
Nadia le suit, et lui rappelle qu’il n’a pas serré la main de la doctoresse.
En sortant du cadre thérapeutique, la thérapeute rejoint le système
familial pour mieux s’en dégager par la suite, et être fonctionnelle (à l’image
du problème des neufs points posé par Watzlawick et al. (1975) où, pour les
joindre à l’aide de quatre ligne droites sans lever le crayon du papier, il faut
sortir du carré qu’ils semblent former).
Pendant les séances, l’ambiance est devenue plus détendue ; une
certaine flexibilité s’est instaurée entre la thérapeute et la famille, ce qui a
permis au travail thérapeutique d’évoluer tranquillement. Le père commence
à être plus actif, prend des initiatives, assume sa fonction de chef de famille
et de fils aîné dans sa famille d’origine en valorisant la grand-mère paternelle
de Karim. Par conséquent Nadia voyage moins vers sa famille d’origine et
investit plus sa famille nucléaire. La redistribution des fonctions de chacun
des parents se fait progressivement.
Karim semble maintenant bien adapté dans son groupe classe. Il
accède à une autonomie progressive en jouant dans le quartier et en faisant
des petites courses pour sa mère ou pour son père chez les marchands à
proximité de leur maison.
Pour conclure, je dirais que ce voyage dans le temps et dans l’espace
m’a appris que chaque mouvement représente un temps qui n’est pas
forcément le même pour soi et pour l’autre au niveau du vécu. Comment
pallier à cela et vivre son temps, sans mettre en « retard » l’autre dans son
temps propre ?
La difficulté en terre arabo-musulmane, et particulièrement au Maroc,
est de concilier le temps du calendrier solaire et le temps du calendrier
lunaire. Les repères et le sens ne sont plus les mêmes ; le respect des deux
dimensions temporelles n’est pas chose facile pour un systémicien.
Mon impatience d’apprentie thérapeute systémique m’a fait commettre
beaucoup d’erreurs qui m’ont énormément appris sur mon propre processus
de différenciation sur le plan personnel et professionnel.
J’ai appris à agir sur les contextes qui créent les troubles et non sur les
personnes qui portent les troubles.
Le changement a largement dépassé la famille Koursi pour devenir
aussi le mien propre.
Il est nécessaire de prendre en compte le rythme de la famille,
d’adapter son temps à la connaissance que l’on a du contexte arabo-
musulman et les différents facteurs qui l’influencent (socio-politiques,
économiques, et religieux), afin de pouvoir travailler dans le respect des
différences.
L’expérience du thérapeute familial systémique est une construction
qui s’inscrit dans la durée et évolue progressivement. Ce vécu partagé avec
les familles ou les groupes de formation, lui permet de grandir chaque jour
d’avantage.
·
AUSLOOS G., (1992) : Temps et systémique. Revue internationale d’association
francophone, Revue de thérapie familiale X III (3), pp. 221-226.
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p. 159, ERES, Toulouse.
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–107.
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BATESON G. (1977) : Vers une écologie de l’esprit, p. 211, Seuil, Paris. Tome I
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(1988) : Dictionnaire clinique des thérapies familiales systémiques, pp. 503-
506, ESF, Paris.
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BOWEN M. (1984) : La différenciation de soi, ESF, Paris.
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CHEKROUNI M. (1996) : la famille, l’état et transformation socioculturelles au
Maroc, éd. Okad, Rabat.
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Hypothétisation – circularité – neutralité. Trois directives pour conduire la
séance. Thérapie Familiale IV (2) : 117-132.
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Paradoxe et contre paradoxe. Un nouveau mode thérapeutique face aux familles
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WATZLAWICK P., WEALAND J. & FISCH R. (1975) : Changements, paradoxes
et psychothérapie, pp. 31-46. Seuil, Paris.
[1]
Cet article a fait l’objet d’un atelier lors du 1
er colloque international sur la thérapie
familiale systémique « Vers une nouvelle conceptualisation du changement
thérapeutique » les 19 et 20 janvier 2001 à Casablanca Maroc.
[2]
Psychologue, co-responsable de la formation interne régionale à la caisse nationale
de sécurité sociale à Rabat. Thérapeute familiale systémique. Membre fondateur de
l’AMRTS (Association Marocaine pour la Recherche et la Thérapie Systémique de
la famille et autres systèmes humains).
[3]
Communication au colloque international organisé par le groupe de réflexion de
Tetouan en juillet 1992 sur le thème « L’échec scolaire » dont l’intitulé était :
« Passage de la conception linéaire à la conception circulaire ».
[4]
Le nom de la famille et les prénoms ont été modifiés.