2004
Cahiers critiques de thérapie familiale et de pratiques de réseau
Adoption et fratrie
Brigitte Camdessus
[1]
L’adoption, une aventure familiale, recrée des liens fraternels entre des
enfants déracinés. La présence d’autres enfants biologiques ou adoptés peut
faciliter la prise de la greffe adoptive, en dépit des crises et des ruptures douloureuses.
L’angoisse d’abandon qui persiste dans l’inconscient ressort souvent à l’adolescence
ou au cours de la vie adulte, nécessitant une intervention thérapeutique. Si certains
enfants peinent à entrer dans leur famille adoptive ou refusent carrément l’adoption,
beaucoup d’autres sont attachés durablement à leurs frères et sœurs. Dans une
Europe devenue multiethnique les enfants venus d’ailleurs semblent plus faciles à
intégrer.Mots-clés :
Adoption, Famille, Fratrie.
Adoption, a family challenge, creates siblings’ ties between rootless children.
Being already there, biological or adoptive children would make adoptive grafting
easier, in spite of crises and painful breaking off. The persisting unconscious
abandonment anxiety often emerges during adolescence or adulthood, requiring
some therapy. If some children suffer in joining their family or reject totally being
adopted, many others are strongly bonded to their siblings. In a multiethnic
European society, it becomes easier to integrate children coming from abroad.Keywords :
Adoption, Family, Siblings.
Comment peut-on créer des attaches fraternelles solides dans une
famille à partir d’enfants arrachés du terreau qui les a vus naître, coupés de
leurs racines d’origine ? Par quels liens du cœur vont-ils pouvoir compenser
l’absence de liens du sang et permettre à des frères et sœurs de hasard de
grandir ensemble ? Vont-ils s’entraider, se jalouser, accepter ou non « d’entrer
dans leur famille par adoption » comme le dit Robert Neuburger (1995) ?
Comment se passera, pour eux, la crise de l’adolescence et l’entrée dans l’âge
adulte ? Une fratrie adoptive comme toutes les autres, peut durer longtemps,
parfois plusieurs dizaines d’années après la mort des parents. Les frères et
sœurs de ces fratries devront s’adopter, se soutenir les uns les autres et
affronter ensemble les réticences ou les incompréhensions de la famille
élargie, du milieu scolaire et de la société en général.
Ce n’est pas le lieu ici de discuter des dérives qui se produisent dans
les pays où la pauvreté peut devenir la source de trafics illicites. C’est le rôle
des législations locales et des gouvernements de veiller à la régularité
juridique des abandons. La Convention de La Haye du 1er mai 1995, ratifiée
par de nombreux pays, donne une garantie internationale.
L’adoption soulève toujours beaucoup de controverses. J’en connais
bien les réussites, les difficultés, les échecs. J’ai travaillé avec des mères
célibataires venant de foyers de l’enfance de l’ASE
[2] qui ne parvenaient pas
à créer un couple stable. J’ai accompagné dans leur détresse des femmes qui
accouchaient sous X, et d’autres qui, après la naissance de leur enfant ou un
peu plus tard, se sentaient incapables de le prendre en charge. J’ai visité dans
le monde entier, des pouponnières et des orphelinats. J’ai vu de près la misère
des familles trop pauvres pour élever leurs enfants, les pays dévastés par la
guerre ou le sida qui tue les parents. Il vaut toujours mieux qu’un enfant se
développe dans sa famille d’origine. Mais si ce n’est pas possible, il est moins
traumatisant, en dépit des difficultés rencontrées, de grandir dans une famille
adoptive et de préférence avec des frères et sœurs, que dans un orphelinat,
un foyer de l’enfance ou dans la rue.
Ceci dit, quel que soit leur âge, les enfant adoptés ont perçu des
ruptures, des séparations, ils ont ressenti l’obligation de s’adapter à d’autres
bras, à d’autres odeurs, à un autre mode de vie et de sécurité. La fratrie est
un des éléments de cette sécurité. Sur une photo de mon dossier, le bras
protecteur de Martin, posé sur l’épaule de Julien montre leur connivence et
l’aptitude de l’aîné à rassurer son petit frère. Les parents adoptifs savent aussi
que l’adoption est mutuelle, à double sens, et ils s’y préparent. La petite
Sabine est arrivée à six semaines chez ses parents. Elle les a observés pendant
un mois et a vomi un biberon sur deux avant de décider qu’ils étaient des
parents acceptables et de passer deux mois à dormir pour récupérer. Dans
leurs besoins de sécurité, les aînés d’une fratrie adoptive peuvent aider leurs
cadets, car ils ont vécu les mêmes angoisses d’abandon. Quand Sabine est
arrivée, Marie-Emmanuelle l’avait précédée et, disait son père : «Pour
l’accueillir, nous étions trois ». Mais surtout précisait Hubert, trente-cinq
ans plus tard : «L’adoption n’est ni une garantie de bonheur, ni un risque de
malheur. Elle est une des façons d’aborder la création d’un groupe familial,
au sein duquel les mêmes problèmes attendent tous les parents et tous les
enfants. »
Disperser la fratrie d’origine ou la maintenir
Disperser une fratrie peut créer un manque, que rien ne peut combler.
C’est ce qu’exprimait Renaud, un homme de 38 ans, au cours de sa thérapie.
Il avait 7 ans quand il est entré dans sa famille adoptive. On avait dissuadé
ses parents d’adopter en même temps son frère Roland de deux ans plus
jeune, et il avait dû l’abandonner à l’orphelinat. Après quelques hésitations,
il avait « saisi sa chance ». Il y avait aussi une petite sœur entrevue une fois
à la maternité, dont il n’avait jamais eu de nouvelles. Il n’avait jamais rien
su de son père biologique, mais il avait connu sa mère. A l’orphelinat, elle
apparaissait et disparaissait sans qu’il comprenne comment. Elle a fini par se
suicider en prison, un an après avoir donné son consentement à l’adoption.
Comme Renaud était très myope, il vivait un peu dans un brouillard et
n’apprenait rien à l’école jusqu’à ce qu’on lui donne des lunettes. Devenu fils
unique de ses parents, il a enfin eu un père attentif qui lui a permis de faire
de bonnes études, en l’inscrivant dans le meilleur collège de la ville.
Malheureusement, il s’est brouillé avec lui à l’adolescence, après le divorce
de ses parents, et il a regretté de ne pas le revoir avant sa mort. Quand je l’ai
connu, c’était un brillant professeur d’université, mais à près de 40 ans, sans
frères ni sœurs, marié sans enfants, sa famille d’origine faisait retour dans
son inconscient. Il essayait de sauver une femme très perturbée comme il
n’avait pas pu sauver sa mère, et il tentait avec certains de ses étudiants de
faire repousser des racines horizontales et de reconstituer sa fratrie perdue
[3].
Pour autant, faut-il toujours chercher à rassembler dans l’adoption des
frères et sœurs qui ont été dispersés ? C’est l’histoire de la fratrie éclatée de
Dora, Nicolas et Victor. Ils vivaient dans deux orphelinats différents et les
deux garçons ne se connaissaient pas. Leurs parents adoptifs, Philippe et
Sylvie ont une quarantaine d’années. Philippe s’est occupé d’enfants dans
des associations sportives, Sylvie est infirmière et parle polonais, la langue
des enfants. Au départ, seule Dora, 6 ans, leur avait été proposée. Ils ont été
bien accueillis par le directeur de l’orphelinat et le contact a été bon avec la
petite fille. Ils ont alors appris qu’elle avait probablement des frères. Ils ont
donné leur accord pour accueillir trois enfants et sont retournés en Pologne.
L’accueil de la directrice de l’établissement des deux garçons était plus
réticent. Ils n’ont pu voir les enfants que quelques minutes. La relation s’est
bien établie avec Victor, 2 ans 1/2, moins bien avec Nicolas, 4 ans1/2. Ce
dernier, séparé de sa famille à 2 ans avait probablement trouvé un certain
équilibre dans l’orphelinat et craignait une autre rupture. Victor, né prématuré,
souvent malade et hospitalisé parce qu’il étouffait, avait un gros retard
physique et mental.
Cette fratrie s’est-elle reconstituée ? Oui pour Dora et Victor, non pour
Nicolas. Dora avait si peur qu’on la renvoie en Pologne qu’elle a appris le
français en un mois, est entrée en CP quelques semaines après son arrivée,
et a bien réussi scolairement. Elle était très protectrice et soucieuse de son
petit frère, et reconnaissante de la façon dont on soignait ses crises
d’étouffement et par suite ses difficultés à s’exprimer hors de la famille. Ces
deux-là se sont vraiment retrouvés frère et sœur. Nicolas, par contre, a
toujours refusé l’adoption. Pour lui, une famille, surtout avec un frère et une
sœur, n’offre pas de sécurité puisqu’elle peut vous abandonner. Il est
charmant avec tous ceux qui n’appartiennent pas à la famille, mais
insupportable à la maison. L’internat a semblé la meilleure solution pour lui
quand il a commencé à agresser son petit frère. Les parents l’ont fait suivre
par un psychiatre et un psychothérapeute. Nicolas accepte mal de revenir à
la maison en week-end toutes les trois semaines. Il pleure et casse tout. Cet
enfant n’a jamais pu choisir où et avec qui il devait vivre. L’adoption, comme
le reste, lui a été imposée. Il lui faudra du temps et un long chemin personnel
pour trouver son identité et enfin décider de sa vie.
Toutes sortes de fratries existent aujourd’hui et se diversifient chaque
année davantage avec les adoptions internationales, les adoptions de fratries
et les familles arc-en-ciel constituées d’enfants faits-maison et d’enfants
adoptés. Dans toutes ces configurations, il y a des réussites, des crises, des
échecs ; il faut, pour être juste, parler des uns et des autres.
Les parents constituent les fratries
Pour faire pousser des racines horizontales, il y a des familles où les
enfants arrivent facilement, sans autre effort que celui de les élever, et c’est
déjà le plus difficile des métiers selon Sigmund Freud. Que dire alors des
parents sans descendance, qui décident d’adopter plusieurs enfants quelles
que soient les embûches et les difficultés rencontrées. « A défaut d’une
volonté commune – d’un entêtement commun – aucun succès ne peut être
espéré dans ce domaine » disait Hubert, 35 an, après la promesse faite à sa
femme «d’avoir des bébés quand même». Les obstacles affrontés ensemble
donnent aux parents, et par suite aux enfants, la force d’évacuer des relations
familiales l’accessoire, pour se concentrer sur l’essentiel : vivre et grandir
ensemble.
Hubert et Monique avaient 32 et 28 ans quand le médecin qui avait
opéré Monique leur dit :
« à peine une chance sur cent de maternité ». Et la
jeune femme de se tourner vers son mari :
« On aura des bébés quand même,
dis ? » C’est alors qu’a commencé la longue série des démarches
administratives, des attentes pénibles, des incertitudes interminables, jusqu’au
jour où, forçant la porte de l’ASE, ils se sont vus confier Marie-Emmanuelle.
Vingt-cinq ans plus tard, Hubert était encore émerveillé, comme tous les
pères, de la découverte de sa première fille. Ensuite sont venus Sabine à six
semaines, et Vincent à trois mois. Ils ont grandi, se sont mariés, ont eu des
enfants à leur tour, la boucle était bouclée et la chaîne générationnelle
menacée de se rompre a été réinsérée dans le fleuve familial
[4].
Je n’ai pas évoqué Maurice et Catherine dans mes textes antérieurs
car, à l’époque de leur publication, j’accompagnais amicalement le lent
mûrissement de leur projet. La stérilité dans ce couple venait de Maurice.
Quand ils se sont mariés, Catherine était enceinte d’un autre homme qui
l’avait quittée. Quelques mois après est né Paul, qui devait avoir 6 ou 7 ans
quand je l’ai connu. Pendant plusieurs années, ils ont tenté, sans succès
l’insémination artificielle avec donneur. Une série d’échecs a mis Catherine
dans un état dépressif dont elle est sortie le jour où ils ont décidé de se tourner
vers l’adoption internationale. Cette décision les remettait à égalité puisqu’ils
seraient tous les deux des parents adoptifs. Ayant déjà un fils, les chances de
se voir attribuer un enfant français étaient trop faibles. Après les démarches
d’agrément, Catherine est allée passer plusieurs mois au Sri Lanka d’où elle
a ramené Nirmala âgée de 10 mois. C’était, à son arrivée, un bébé un peu
triste et souffreteux. Deux ans plus tard elle était devenue, comme par un
coup de baguette magique, une fillette ravissante, pleine de grâce et de
charme. Cela a encouragé Maurice et Catherine a poursuivre l’expérience,
et une autre petite fille indienne est venue compléter la famille. Ils ont choisi
de continuer à vivre aux États-Unis, pensant que leurs enfants y seraient
moins l’objet de réactions racistes.
L’aventure de Louis et Bénédicte, magistrats l’un et l’autre, s’inscrit
dans une famille-tribu très unie. Je suis liée d’amitié depuis cinquante ans
avec les parents de Bénédicte, issus chacun de familles de huit et neuf
enfants. Les trois sœurs de Bénédicte ont ensemble onze enfants, sans parler
des innombrables cousins. Mais, par suite d’une malformation congénitale,
Bénédicte ne pouvait enfanter. Dès leur mariage, Louis et Bénédicte ont
donc choisi l’adoption. C’est ainsi que Martin et Julien ont pris leur place
dans la tribu. Ce fut facile pour Martin, moins pour Julien, adopté à un an et
demi, qui avait souffert de grave maltraitance. Son grand-père l’appelait au
départ la « petite crevette », et sa grand-mère s’inquiétait de ses colères.
Mais l’amour des parents et le soutien de toute la famille sont venus, peu à
peu, à bout des difficultés d’alimentation, de sommeil et de caractère.
Certains vont plus loin encore en faisant entrer dans leur famille des
enfants dits « à particularité » que d’autres hésiteraient à adopter. Ainsi,
Geneviève et son mari, après Lucile et Samuel, ont accueilli Lila, dont le bras
droit s’arrête au niveau du coude. A six mois, au début de l’année dernière,
elle avait un grand sourire de bébé heureux. Elle devra en grandissant
affronter son handicap.
Ce sont donc les parents, à travers l’acceptation de l’impossibilité
d’enfanter, les arcanes administratives, les embûches, les échecs et finalement
l’arrivée des enfants attendus qui constituent la fratrie adoptive. Un élan de
générosité ne suffit pas, car élever ces enfants est une longue aventure. Si tout
s’est bien passé dans les années d’enfance, l’adolescence où l’identité du
jeune se construit et devient assez solide pour passer à l’âge adulte est une
phase particulièrement délicate. Chaque enfant doit s’autonomiser, se
différencier des parents et des frères et sœurs, choisir un métier, créer son
propre réseau de relations amicales puis amoureuses. C’est un temps de
crises souvent douloureuses où les ruptures, les blessures du passé resurgissent.
Il n’est pas étonnant que les familles adoptives consultent plus souvent que
les autres les psychiatres, psychologues ou les thérapeutes familiaux. Les
associations de familles adoptives sont également un précieux soutien
d’échange d’expériences, et pour les enfants de contacts avec d’autres
parents.
Construire des racines horizontales
Les familles adoptives développent comme les autres familles des
racines verticales et horizontales. Les deux poussent en même temps,
l’évolution de la législation permet d’adopter plus jeune, et l’allongement de
la vie permet aux parents adoptifs de vivre plus longtemps avec leurs enfants.
Les grands-parents jouent aussi un rôle d’accueil, de transmission de
l’histoire familiale et d’intérêt pour la culture d’origine des enfants.
Dans la famille d’Hubert et Monique, Marie-Emmanuelle, l’aînée et
Jacques, son mari, restent le ciment de la fratrie pour Sabine, Vincent, leurs
conjoints et leurs enfants. Les racines horizontales sont ici aussi solides que
l’ancrage vertical. Mais la création des liens fraternels n’est pas toujours
immédiate, parfois liée à une difficulté à « entrer dans sa famille par
adoption ». Là, c’est souvent l’intuition et la créativité des enfants qui permet
de trouver la solution.
C’est l’histoire de la famille de Frédéric, et Amélie, que j’ai reçue en
thérapie au CECCOF, il y a une quinzaine d’années. Frédéric, 9 ans, un
garçon blond aux yeux bleus, arrivé dans la famille à l’âge de quelques mois,
n’a apparemment jamais posé de problèmes. Amélie, 8 ans, brune aux yeux
noirs, adoptée à presque 4 ans, n’est pas encore vraiment entrée dans la
famille quatre ans plus tard. Placée en famille d’accueil, elle a connu sa mère
de naissance aux longs cheveux noirs et la compare à sa mère actuelle aux
courts cheveux châtains. «Nous n’étions pas préparés aux difficultés de
faire entrer dans notre famille une enfant de cet âge. Il a fallu tout lui
apprendre» disent les parents qui exercent en libéral une profession de
rééducation. Ils consultent car ils ne savent plus comment s’en sortir et pour
éviter d’avoir à «rendre leur fille à la DDASS». Pendant que le père gare la
voiture, je propose aux enfants de dessiner sur une feuille du tableau qui sert
pour la formation. Frédéric dessine une voiture sans originalité dans un coin,
tandis qu’Amélie fait un très beau dessin d’un papillon posé sur une fleur
avec pour légende «la fleur et le papillon, les deux amis». Elle signe bien
de son prénom, mais peine à écrire son nom de famille. Je lui demande si elle
veut bien me donner son dessin et j’enregistre les informations : elle n’est pas
vraiment entrée dans sa famille, mais cherche à établir un lien avec son frère
au-delà de leurs différences.
Pour Frédéric, tout va bien, disent les parents, à part le fait qu’il est
jaloux de sa sœur, trop proche d’âge et de même taille que lui. Il aurait voulu
être « le grand frère » d’une « petite sœur » plus jeune qu’il aurait pu
dominer. A un moment où je parle avec Amélie, il s’arrange pour se glisser
entre nous deux, demandant sa part d’attention. Pour Amélie, dans le
discours des parents, tout semble négatif, à part un don évident pour le dessin.
Elle a pourtant un allié dans la famille, son grand-père maternel. Je demande
donc à la mère ce que le grand-père apprécie chez Amélie et j’obtiens
quelques éléments positifs. Puis je prête un livre à la mère en lui demandant
de s’asseoir tous les soirs sur le canapé et d’en lire quelques pages à sa fille.
Elle le fera «comme on prend un médicament», mais le résultat est visible.
Un mois plus tard, Amélie se dessine entre deux grands arbres.
Mon expérience de thérapeute familiale m’incite à travailler dans le
double sens de la relation parentale et fraternelle. Remettre les deux enfants
à égalité et leur donner des responsabilités conformes à leur âge pour les
rapprocher et les autonomiser. Le changement dans une famille commence
par des choses très simples. Les parents se plaignent que les enfants laissent
traîner leurs vêtements sales dans l’escalier qui descend de leurs chambres.
Je demande où est le panier à linge et propose que les enfants y mettent eux-
même leurs affaires. À la séance suivante, j’apprends que les enfants
descendent maintenant leur linge au sous-sol, près du lave-linge, et qu’ils
font leur lit tous les matins. Pour Amélie, c’est simple, mais Frédéric doit
changer ses draps, car il fait pipi au lit. Il n’est donc pas le garçon parfait que
l’on me présentait, et cela rétablit un certain équilibre entre les deux enfants.
Je reçois ensuite les parents seuls pendant plusieurs mois. En dépit des
progrès réalisés, une tension persiste entre la mère et sa fille, et les relations
entre Frédéric et Amélie restent difficiles. Amélie est une enfant très
intuitive. Elle « devine les gens », disent ses parents. Pour permettre à sa
mère de souffler, elle imagine qu’elle doit prendre un peu de distance. Elle
doit aussi laisser son frère récupérer pendant quelque temps la place
privilégiée d’enfant unique qu’il a occupée jusqu’à cinq ans. Elle demande
donc à aller en pension à la prochaine rentrée scolaire. Désarroi des parents,
en particulier du père qui a vécu une expérience éprouvante de pension quand
il avait 6 ans. «Nous ne l’avons pas adoptée pour la mettre en pension » dit-
il. Je lui explique que sa fille l’admire beaucoup, et que sa demande a pour
but de « faire comme lui », de lui ressembler, de grandir comme il l’a fait.
Rassuré, le père accepte de tenter l’expérience, et choisit un internat tenu par
des religieuses très chaleureuses pour que sa fille y soit heureuse.
À ce moment, la thérapie s’arrête pour les vacances d’été. Je téléphone
six mois plus tard pour prendre des nouvelles. Amélie s’est beaucoup
épanouie dans son école. Quand elle rentre à la maison pour le week-end, sa
mère est plus patiente avec elle et les relations avec Frédéric ont changé. Il
a découvert le vide et le manque causés par l’absence de sa sœur. Alors, peu
à peu, leur rivalité se transforme en amitié. Comme ses parents, il a
finalement adopté Amélie.
Un échec de l’adoption aurait été dramatique pour toute la famille. Il
a été écarté. Les parents ont acquis la capacité de laisser grandir leurs enfants.
Amélie a trouvé sa place dans la famille. Frédéric et elle ont tissé des racines
horizontales et on peut compter sur l’intuition d’Amélie pour inventer les
solutions quand de nouvelles crises apparaîtront à l’adolescence.
Les fratries des familles arc-en-ciel
Paul regarde ses deux petites sœurs avec fierté et il est bien décidé à
veiller sur elles. Comme le dit la mère de Valérie, née en Colombie, et de
Caroline, enfant biologique de deux ans sa cadette, «chaque enfant peut être
différent par rapport à sa famille : cela ne tient pas à sa condition d’enfant
adopté ou d’enfant biologique, mais plutôt à sa personnalité. » Les fratries
arc-en-ciel sont aussi diverses que la capacité d’accueil des familles et les
imprévus de la vie. S’y retrouvent les familles des couples stériles qui, devant
le manque d’enfants adoptables en France, se tournent vers l’adoption
internationale. Parmi eux, certains ont vécu et travaillé dans le pays où ils
adoptent des enfants. D’autres décident, en accord avec leurs enfants faits-
maison, d’élargir leur famille à des frères ou des sœurs venus d’ailleurs et qui
arriveront un par un dans la maison familiale.
Et puis il y a les surprises. Pam et Mike avaient deux fils Chris, 8 ans
et Tom, 6 ans. Ne pouvant avoir d’autres enfants, ils avaient souhaité une
petite fille qui leur ressemblerait. Et puis, un jour, coup de téléphone de
l’assistante sociale qui annonce à Pam l’arrivée de deux jumelles de deux
ans. « Oh my God ! » dit la mère. Par chance, elle est infirmière, ce qui
facilite les choses. La première surprise passée, le père, les deux grands frères
et toute la famille se réjouissent. Pam et Mike font le voyage pour aller
chercher à l’orphelinat ces deux petites filles blondes venues de Russie.
Galina et Svetlana, rebaptisées Jessica et Jennifer ont commencé à apprendre
l’anglais pour parler avec leurs grands frères. Dans cette fratrie grandiront
ensemble les deux garçons et les deux petites sœurs avec lesquelles il faudra
partager l’amour et l’attention des parents, mais qu’il faudra aussi protéger
dans une société où la vie est à la fois facile et violente.
L’adoption mutuelle des enfants et de leurs parents et la construction
d’une fratrie n’est pas toujours facile quand l’enfant adopté a connu l’horreur
de la guerre civile et du génocide. C’est l’histoire d’Éric arrivé du Rwanda
à 4 ans en 1996. Préparé à l’adoption dans l’orphelinat où il avait été recueilli,
il portait un lourd passé, la mort de ses parents lors du conflit armé, un état
de dénutrition grave, deux années en camp de réfugiés. Sa nouvelle famille,
les parents et deux sœurs de 13 et 9 ans, s’était préparée à accueillir avec
tendresse ce petit frère différent. Mais lui avait dû se blinder pour survivre,
et il n’était pas prêt à se réinvestir dans des relations affectives. Il a «déposé
son histoire comme un sac de linge sale et a foncé dans la vie avec force».
C’était déconcertant, déstructurant pour ses parents et ses sœurs.
Il a fallu l’arrivée de Pauline, 18 mois, venant également du Rwanda,
l’année suivante, puis une longue thérapie familiale, durant laquelle ils ont
fait l’apprentissage de la vie ensemble, pour combler le vide d’affection
laissé par Éric. La famille a retrouvé sa sérénité en dépit des colères d’Éric
et du besoin constant de présence de Pauline. A la différence de son frère,
Pauline était trop jeune à l’époque pour exprimer son traumatisme et pour
comprendre le sens des ruptures successives. Elle porte toujours son histoire
à bout de bras et sa souffrance ancrée dans la peur de ne pas être aimée.
Et puis, un jour, la nature a trouvé la solution et permis de faire
repousser les racines horizontales et verticales. Marc, un nouveau bébé fait
maison, s’est annoncé, et la crainte des parents devant cette nouvelle
grossesse s’est révélée vaine. Éric et Pauline se sont beaucoup investis dans
l’attente de ce petit frère. «Comme si cet enfant venu du ventre de leur mère,
dit celle-ci, allait renforcer leur propre lien de filiation, comme si ce petit-
là serait vraiment leur frère, un petit frère à protéger. Éric particulièrement
s’est montré très affectueux et fier. Il a enfin pu réinvestir un lien affectif.
Cette affection que nous avions tant souhaitée et qu’il ne pouvait donner aux
adultes. » Ces deux enfants traumatisés par le génocide, n’étaient plus
seulement accueillis dans leur nouvelle famille, mais ils en faisaient vraiment
partie pour accueillir avec leurs parents et leurs deux sœurs aînées leur
nouveau petit frère. Ainsi, ils trouvaient totalement leur place dans la fratrie
et la redonnaient aux autres.
Pour les fratries arc-en-ciel, il y a ce qui se vit dans la famille nucléaire
et, venant de l’extérieur, le regard des autres. Mathilde, 9 ans, ramène une
camarade d’école à la maison : «Maman ! je n’y arrive pas ! Explique lui que
Jérôme et Octave sont mes vrais frères.» La mère comprend alors que
régulièrement, on lui parle de son aîné comme de son vrai frère et des deux
autres comme différents. C’est parfois aussi le cas dans la famille élargie.
Adopter plusieurs enfants d’une fratrie
Citons Caroline Tillon (1994) : « Samuel, 7 ans, Lucie, 4 ans 1/2 et
Estelle 3 ans arrivent d’Haïti en 1994. Trois ans auparavant, cinq enfants de
6 à 12 ans, Marine, Sébastien, Émilie, Guillaume et Caroline ont débarqué
du Brésil chez un couple sans enfants. En Bretagne, une fratrie de trois
enfants asiatiques est accueillie par un grand frère d’origine haïtienne et
une sœur aînée faite maison. Ces fratries s’allient, se lient, redéfinissent le
groupe familial en modifiant le rythme et réinventent chaque jour des
alliances nouvelles. »
Adopter plusieurs enfants d’une même fratrie pose des problèmes
particuliers, et aussi de les intégrer dans la vie d’un couple, dans une fratrie
préexistante et dans la famille élargie. Chaque situation est différente et
demande des qualités de souplesse, de tendresse et de patience difficiles à
imaginer.
Que les parents soient seuls pour accueillir les enfants ou que l’aide
d’enfants biologiques soit acquise, avec les difficultés et les frustrations
possibles, il faut s’y préparer. Voici comment l’ont vécu la famille d’Alain,
Hélène et leurs trois enfants, Laurent, 5 ans, Sandra, 3 ans 1/2, et Julien, 2 ans.
Les conditions d’âge et de répartition des sexes ont certainement facilité la
réussite de la fusion des deux fratries, la française et celle venant d’Haïti. La
nouvelle fratrie de six enfants s’est ensuite constituée et a inventé au fur et
à mesure la meilleure façon de vivre ensemble, en intégrant les frères et sœur
haïtiens, Jean 6 ans, Marie, 3 ans 1/2 et Alexandre, 1 an.
Les parents, qui disposaient de quatre chambres pour les enfants,
avaient prévu d’en réserver une au départ pour les trois arrivants.
Curieusement, deux mois avant leur arrivée, Laurent, Sandra et Julien ont
demandé à être dans la même chambre pour pouvoir « parler le soir ». Ils ont
déménagé leurs lits et converti les deux autres chambres en salle de jeux et
bibliothèque-salle de musique.
À l’aéroport, alternativement exubérants et intimidés, ils accueillent
leurs nouveaux frères et sœur. Les premiers soirs chaque fratrie regagne sa
chambre et ils parlent les uns en français, les autres en créole. Un mois plus
tard Jean et Laurent, les aînés, demandent à partager la même chambre pour
installer leurs jouets à l’abri des petits. La salle de musique devient alors la
chambre des « grands ». Quelques jours plus tard Sandra et Marie veulent un
coin « personnel » pour leurs poupées. Les deux petits sont d’accord pour
être ensemble dans la troisième chambre.
Cinq ans plus tard, Jean, 11 ans, l’aîné de la fratrie, pré-adolescent,
demande à avoir un chambre pour lui seul et récupère la salle de jeux. Cinq
autres années s’écoulent et arrive Olivier 21 ans qui vient compléter la
famille. Les liens solides de cette fratrie sont largement dûs à l’ouverture et
à la créativité de jeunes enfants soutenus par leur parents. Cette réussite a été
favorisée par le fait que chaque enfant avait un correspondant de même âge
et de même sexe dans l’autre fratrie d’origine. Marie, 15 ans, la seconde de
la fratrie haïtienne, témoigne avec humour de la relation avec leurs amis :
«Nos amis ne font pas de différence entre Sandra et moi. Je suis invitée
comme ma sœur par nos amis communs. Pourtant ils ne diront pas « les
parents de Marie » mais « les parents de Sandra ». Lorsque je dis que j’ai
une sœur du même âge que moi, ils imaginent que nous sommes jumelles. J’ai
souvent dû montrer ma carte d’identité pour prouver que nous étions
sœurs. »
En miroir vient ce que dit Sandra : «Cela fait maintenant longtemps
que mes frères et sœur sont arrivés. Je ne me rappelle pas grand-chose du
jour où cela s’est passé, à part quelques images : celle des deux aînés se
touchant mutuellement les cheveux et trouvant ceux de l’autre étranges et
amusants, celle du petit bébé fragile aux yeux interrogateurs et celle de ma
sœur et moi se tenant par la main. Avoir des frères et sœur adoptés ne m’a
jamais embêtée. Au contraire ! Au début, je ne me rendais pas compte que
ces enfants venaient d’ailleurs. Pour moi Marie est une super sœur et copine,
arrivée un jour, comme çà sans prévenir ; elle avait mon âge et on s’entendait
très bien. C’était aussi simple que çà. »
Laissons de nouveau la parole à Marie : «Entre frères et sœurs, nous
ne faisons pas de différence. Si l’un d’entre nous a un caractère désagréable,
nous le mettons à l’écart. Mes grands frères me présentent leurs amis, je
trouve çà super. Nous avons la chance, ma sœur et moi, d’avoir le même âge.
Nous sommes très liées et nous utilisons l’une et l’autre nos qualités. C’est
toujours moi qui marchande quand nous achetons des bijoux à des Noirs,
mais c’est toujours ma sœur qui explique que nous sommes des jumelles
bicolores. »
Il est des situations plus difficiles à gérer. Il arrive que l’enfant adopté,
entré le premier dans la famille, perde sa place d’aîné au profit d’un de ses
nouveaux frères et sœurs. Timothée, 6 ans, né au Brésil, était depuis deux ans
dans sa famille quand sont arrivés Jacques, 8 ans, Ève, 7 ans et Michel, 3 ans.
Timothée a d’abord bien accepté l’arrivée de ses deux frères et de sa sœur.
Puis il est devenu très jaloux, en particulier de son frère aîné. Il voulait, disent
ses parents, toute l’affection et tous les jouets pour lui. Les deux garçons
étaient au départ dans la même classe, mais Jacques s’est vite adapté et a fait
une scolarité normale tandis que Timothée, à partir de 10 ans, a vu chuter ses
résultats scolaires. Sa violence et son agressivité sont devenus tels qu’il a
fallu, pour qu’il retrouve son équilibre, un suivi par un psychiatre, une
AEMO et un placement d’un an par le juge des enfants dans un foyer
thérapeutique. Comme Frédéric dont nous parlions tout à l’heure, Timothée
n’était pas prêt à partager ses parents et à ne plus être l’aîné.
A contrario voici ce que dit Julien, 13 ans : « J’étais très jeune quand
mes trois frères et sœurs sont entrés dans notre famille pleine de joie et de
gaieté. Je me rappelle qu’un jour, ma mère m’avait dit : « Julien, veux-tu
venir à la gare avec nous pour accueillir tes frères et ta sœur ? Je n’avais pas
compris sur le coup, bien que mes parents m’en aient déjà parlé. J’étais très
étonné. J’ai regardé ma sœur et mon frère qui, plus grands que moi, avaient
l’air de comprendre et étaient joyeux… Certaines fois, je me dis maintenant
que s’ils n’étaient pas là, nous aurions pu faire plus de choses ; mais en
réfléchissant davantage, je pense qu’alors, notre famille serait moins gaie.
Et moi qui adore les grandes discussions familiales, alors je n’y trouverais
que des inconvénients ».
Voici enfin des parents qui avaient deux enfants biologiques, Sylvain,
14 ans, et Mireille, 11 ans. Ils ont adopté Cyrile, 8 ans, et Annie, 6 ans 1/2.
Ces deux enfants français avaient un passé très lourd de ruptures successives :
placement chez des voisins, en famille d’accueil, en placement pré-adoptif
et, après l’échec de celui-ci, en foyer de l’Aide Sociale à l’Enfance. Tout ce
qui leur restait était un attachement l’un à l’autre très fort, souvent agressif,
avec une grande difficulté à se différencier et à investir le monde extérieur.
Il a fallu des mois pour que chacun se situe seul et se permette d’évoluer pour
lui-même.
Dans la famille, Annie avait un fonctionnement « abandonnique »,
incapable de s’attacher durablement à quelqu’un. Elle adoptait soit une
relation fusionnelle avec son frère ou les petits enfants, soit un repli sur soi
et un vide relationnel inquiétant. Cette attitude s’est estompée très lentement
au bout de deux ans et demi. Cyrile avait apparemment moins de problèmes
d’adaptation, il était affectueux et charmeur, avec des colères au début et un
gros problème d’énurésie. Cependant, son attitude était superficielle, comme
s’il était chez de nouveaux parents (en attendant les suivants). Ensuite, il y
a eu des vols, des mensonges et l’apparition d’un caractère beaucoup plus
dur. Enfin, il a entrepris le travail de devenir vraiment l’enfant de ses parents
et de ne plus être placé « provisoirement ». Annie et Cyrile ont voulu changer
leur prénom, signe de l’intégration dans leur famille. Annie a plus de
difficultés scolaires que Cyrile qui suit une scolarité normale avec un an de
retard.
La relation avec les deux aînés Sylvain et Mireille a été au départ
difficile, violente physiquement. Ils ont fait face. Sylvain n’a pas perdu sa
place d’aîné et sert souvent de soutien aux parents. Pour Mireille, cela a été
moins facile quand elle est passée de la position de « petite dernière » à celle
de grande. Elle a pour cela beaucoup muri et a accepté de devenir la grande
sœur de Cyrile et Annie
Les parents insistent sur le fait qu’il y a bien eu « adoption réciproque »,
même si elle a été lente de la part de Cyrile et surtout d’Annie. Ils pensent
cependant que l’A.S.E. a une grosse responsabilité dans leur histoire : ils sont
restés quatre ans dans une famille d’accueil où l’on savait qu’ils étaient mal,
puis ils ont été placés en vue d’adoption chez un couple sans enfants
absolument pas préparé à les accueillir en connaissance de cause. Un
véritable accompagnement des services sociaux et un soutien psychologique
pour les parents et les enfants aurait été indispensable dans ce cas. Pour la
seconde adoption, après l’échec de la première, il y a eu trois mois de
préparation, car au départ, échaudés par leur première expérience, Cyrile et
Annie ne souhaitaient plus être adoptés. Et maintenant, les parents se
demandent s’ils devront porter seuls les difficultés de leur adolescence. A
travers toutes les difficultés rencontrées, la présence de Sylvain et Mireille
s’est révélée une aide précieuse pour créer en même temps des racines
horizontales et verticales.
Mais comme le dit Jean, 17 ans, adopté à 7 ans : «Etre adopté, c’est
donner une seconde chance à un enfant de trouver son vrai chemin. »
Quelles conclusions tirer de toutes ces aventures familiales hors
normes, fondées sur l’esprit pionnier et l’amour des enfants ? Parents et
enfants doivent savoir :
- Préparer chacun à cette aventure, ceux qui sont déjà là et le ou les
nouveaux membres de la famille,
- Prendre du temps car les racines horizontales comme verticales
poussent lentement,
- Accepter que la chance de créer des relations fraternelles solides et
durables comporte aussi des risques d’échec,
- Respecter dans la mesure du possible la hiérarchie des âges, comme
dans une famille classique,
- Soutenir la capacité inventive des enfants pour tisser les liens dans la
fratrie et soutenir celle-ci à l’extérieur.
- Accepter que certains enfants aient besoin d’un temps de recul, en
internat, pour entrer dans leur famille.
- Pour les adoptions internationales, avoir un minimum de connaissance
du pays d’origine des enfants adoptés.
Pour finir, je laisse la parole à Emmanuel, 22 ans, adopté à 14 ans :
«C’est un bonheur de faire partie d’une famille de couleurs multiples.
C’était une famille accueillante et riche de tendresse….. Grâce à ma famille
adoptive, j’ai appris à vaincre la peur, à combattre la difficulté, à vaincre
l’angoisse.
Lorsque j’étais dans l’obscurité, ma famille était lumière. »
·
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Monde de la Famille », Paris.
·
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·
TRILLAT B. (1995) : L’adoption, essai sur les institutions, thèse de doctorat,
Université Jean Moulin, Lyon 3.
[1]
Thérapeute familiale, Présidente du CECCOF, Paris.
[2]
Aide Sociale à l’Enfance.
[3]
Voir aussi sur ce thème le chapitre de Gérard Durand-Gasselin :
Placement des
fratries, liens du sang, liens du cœur, in «
La fratrie méconnue» sous la direction de
Brigitte Camdessus. ESF Editeur, Paris, 1998.
[4]
Pour le reste de leur histoire je vous renvoie au site internet
« www. camdessus. com/
brigitte »,
L’Adoption une aventure familiale. Le code d’accès est : utilisateur
« adoption » et mot de passe « kids ».