2004
Cahiers critiques de thérapie familiale et de pratiques de réseau
Les fratries à l’épreuve du temps : dentelles ou lambeaux de fraternité ?
Thierry Darnaud
[1]
Dans cet article nous verrons que si la fraternité est un sentiment durable,
elle n’est pas pour autant liée à une parentèle mais à l’existence de liens affectifs
forts au sein d’un groupe humain. À l’aide de trois cas de figure rencontrés
fréquemment dans notre pratique auprès des personnes âgées, nous verrons
comment le sentiment de fraternité trouve ses racines dans le partage de valeurs
mythiques.Mots-clés :
Fraternité, Personne âgée, Double lien, Aidant naturel.
In this article, we will see that if fraternity is a persistent feeling, it is not
necessarily linked to a kinship but to the existence of strong affective links in a human
group.
Drawing on three examples from our practice with old people, we will see
how the feeling of fraternity finds its roots in the share of mythic values.Keywords :
Fraternity, Old people, Double bind, Natural care giver.
Les personnes âgées nous invitent à porter un regard différent sur la
notion même de fratrie. L’intervention auprès de ces populations nous
confronte presque toujours à des constellations familiales d’une grande
complexité. Les personnes âgées d’aujourd’hui sont encore souvent issues
de familles nombreuses et sont plus d’une fois, elles-mêmes, des parents de
plusieurs enfants et des grands-parents, voire des arrières-grands-parents
pour de nombreuses fratries. Ainsi, quand nous accueillons une personne
âgée, nous sommes confrontés à plusieurs fratries. Il est d’ailleurs assez
fréquent de rencontrer des familles où une même problématique se répète de
façon transgénérationnelle. Toutefois, nous ne nous intéresserons pas à
vérifier l’éventuelle répétition ou non d’une configuration relationnelle au fil
des générations. Ce sont trois types de situation, eux aussi croisés à plusieurs
reprises dans notre pratique, qui ont retenu notre attention pour cet article.
Ces situations familiales éclairent de façon pertinente la question du lien
relationnel particulier qui relie les différents membres d’une fratrie et qui
persiste bien souvent alors que les épreuves traversées auraient dû, à
première vue, le rompre. Si ce lien particulier est tissé de façon singulière au
sein de chaque famille, il n’en demeure pas moins qu’il est, de toute
évidence, le fruit du partage d’un moment de vie commune dans l’enfance
et non celui d’une filiation. Ainsi, qu’elles soient faites d’amour ou de haine,
les relations au sein d’une fratrie s’expriment toujours avec une force et une
constance étonnantes. Ce constat nous amène à penser que la manière
singulière selon laquelle s’origine un lien fraternel n’est certainement pas
étrangère à ses qualités.
Nous ne nous attarderons pas sur les cas de discorde car nous sommes
tentés de dire que depuis Abel et Caïn, il n’y a rien de vraiment nouveau. En
revanche, les trois types de situation que nous allons présenter mettent en
exergue ce qu’il est convenu d’appeler l’amour fraternel.
Toutefois, avant de dépeindre ces relations, il nous semble important
de rappeler que quelles que soient la constellation familiale et la problématique,
quand nous accueillons les différents membres d’une fratrie en tant que
professionnel d’un service hospitalier spécialisé en gériatrie, nous nous
retrouvons souvent au cœur d’un conflit de loyautés. En effet, les enfants font
appel à nos services quand ils ne sont plus en capacité de décider par eux-
même ce qu’il y a lieu de faire, c’est-à-dire quand le système familial est
déséquilibré (Darnaud, 2003). Dans ces moments-là, même s’ils affichent
une concordance de vue, celle-ci n’est que très rarement effective, si ce n’est
pour venir chercher un argument qui puisse leur servir auprès du professionnel
réputé compétent que nous sommes bien sûr !
Il ne faudrait pas croire benoîtement que notre appréciation de la
situation soit attendue comme une aide à la réflexion permettant d’élaborer
une solution. Notre avis est généralement pris comme un élément de
référence qui va bien souvent permettre un choix, et qui offre la possibilité
aux membres de la famille de se croire dédouanés vis-à-vis de la personne
âgée. Ainsi, certains enfants pourront se présenter à la personne âgée comme
n’étant pas coupables du placement en maison de retraite qu’ils ont demandé
dans le couloir au médecin chef de service. D’ailleurs, que ce placement soit
déguisé en séjour de convalescence ou non, ils n’en sont effectivement pas
les responsables puisque c’est au nom de l’impossibilité de se suffire,
médico-psychologiquement attestée, que le placement est agi. N’ignorant
pas l’existence des jeux relationnels implicites, nous pensons qu’avant de
dire notre expertise, nous devrions toujours nous demander à qui elle va être
la plus utile. Ainsi, d’un point de vue éthique, nous devrions toujours nous
interroger sur l’identité de notre client (cf. Pluymaekers 1996) : la personne
âgée, les membres de sa famille ou son médecin traitant ?
De plus, les enfants ne sont que très rarement d’accord sur les choix
qu’il faut faire pour leur aîné, et bien souvent, ils viennent chercher
explicitement auprès du professionnel un arbitrage et non un conseil comme
nous feignons parfois de le croire... Quels que soient le bien fondé et la
pertinence de notre expertise, dès que nous formulons notre avis, celui-ci va
peser lourdement dans le jeu relationnel et fait souvent basculer la décision
en faveur d’un retour à domicile ou d’un placement en institution. De
surcroît, il ne faut pas oublier que si notre analyse donne raison aux uns, c’est
forcément aux dépens des autres. Si certains enfants sont contraints d’accepter,
contre leur gré, les choix qui sont alors faits pour la personne âgée,
notamment en ce qui concerne son lieu de vie, ils s’instituent alors
naturellement en comité de haute surveillance. Nul ne devrait donc s’étonner
que ceux-ci viennent demander des comptes via la justice de plus en plus
fréquemment, dès lors que les choses n’évoluent pas comme annoncées.
Nous entendons encore bien souvent, et malheureusement serions-nous
tentés de rajouter, des responsables institutionnels garantir à des enfants
opposés à un placement en maison de retraite, que tout va bien se passer dans
leur institution ; ignorent-ils que seule la mort gagne ?
Nous sommes toujours dans l’impasse, pour ne pas dire dans l’erreur,
dès que nous qualifions la démarche des différents membres de la famille ;
ils ne font que défendre leur point de vue et ce, avec force, puisqu’ils sont
persuadés que ce qu’ils pensent est le mieux pour leur aîné. Si la démarche
de certains membres d’une famille peut nous paraître ambiguë ou autre, elle
est néanmoins fondée à leurs yeux, et cela reste notre interprétation de ce que
nous appelons la « réalité ». Toutefois, en tant qu’intervenant à la porte
duquel la famille est généralement venue frapper sur les conseils du médecin
de famille, nous ne devrions jamais oublier que nous courrons presque
toujours le danger de nous retrouver pris dans une situation de double lien.
Il est important de préciser que si les intervenants ne sont effectivement pas
à l’origine des éléments nécessaires à la construction d’un double lien, c’est
néanmoins leur positionnement qui va permettre la transformation d’une
situation où les protagonistes sont en opposition, ou dans un paradoxe, en
double lien. Nous devrions donc être toujours extrêmement vigilants au
moment où nous formulons une réponse à une famille, et nous demander si
nos propos permettent de commencer à élaborer une recherche de solution,
ou s’ils permettent de rendre adéquate une réponse préétablie. Ces réponses,
à défaut d’être correctes pour la personne âgée, sont souvent les plus aisées
à mettre en œuvre dès lors qu’elles sont énoncées...
Nous ne développerons pas plus cette problématique du double lien
ici, mais nous renvoyons le lecteur vers les nombreux écrits qui traitent de
cette question, et plus particulièrement vers ceux de Hardy (2001), Elkaïm
(1989) et Darnaud (1999).
La première situation qui nous a interpellés est celle des familles
« recomposées » dans lesquelles il y a des beaux-enfants. De prime abord,
nous avons généralement tendance à penser une fratrie comme étant
l’ensemble des enfants nés d’un couple ; or, en gérontologie, le concept de
fratrie ne désigne pas seulement ceux-ci. Dans notre pratique, nous avons
rencontré des enfants qui ne sont pas les enfants de sang mais de cœur d’une
personne âgée, et qui vont être contraints par le poids du droit, de rester
spectateurs impuissants d’un placement-abandon ou d’un refus d’un
nécessaire placement en maison de retraite. Il faut savoir que pour le droit
français, seuls les enfants qui ont un lien de sang sont soumis à l’obligation
alimentaire. Ainsi, dans une famille dite recomposée, un enfant d’un premier
lit, élevé par sa mère et son beau-père, ne pourra s’opposer aux choix de
l’enfant ou des enfants nés de cette union à l’endroit de son beau-père. S’il
est en désaccord avec ses demi-frères ou demi-sœurs sur les choix qui sont
faits pour celui qui, à défaut d’être son géniteur, n’en est pas moins son père,
il ne pourra aucunement faire valoir son point de vue. Dans ce cas de figure,
la loyauté qui le lie et qui est de bon aloi, va s’avérer être terriblement
destructrice pour lui. Il ne pourra qu’assister impuissant à ce qui va se jouer.
Que ses demi-frères ou demi-sœurs imposent ou refusent un placement en
maison de retraite, il ne pourra rien faire et ce, même s’il est prêt à payer les
frais inhérents au choix qu’il préconise…
Si les enfants de la personne âgée partagent tous le même avis, loin
d’être simples, les choses resteront néanmoins claires. Mais, si les enfants ne
sont pas d’accord sur les solutions à adopter, les jeux et enjeux relationnels
que nous avons évoqués plus haut, vont se doubler ici des enjeux entre demi-
frères et demi-sœurs, créant des situations d’une telle complexité que la
marge de manœuvre de l’intervenant se réduit souvent alors à l’illusion de
son existence. Pire, plus les choses sont conflictuelles, moins l’intervenant
a la possibilité d’intervenir ! Notre expérience nous a appris que dans ces
situations de crise, la parole des beaux-enfants a un poids particulier. Eux qui
souvent s’interdisent de prendre part au débat, du fait de leur position
particulière, s’avèrent toujours être une ressource apte à offrir une aide
précieuse pour dénouer les conflits dès lors que l’intervenant sait leur donner
une place dans la discussion. Les enfants qui jusque-là s’arc-boutaient sur
leurs positions, ne peuvent généralement qu’infléchir leurs propos, tant
l’avis des beaux-enfants est généralement empreint de bienveillance et
d’humanité à l’endroit de la personne âgée. Ils prennent alors dans la
discussion, dégagés des contingences matérielles, une place de grand-frère
qu’ils n’ont peut-être jamais eue, mais qui, dans le cas particulier de la
rencontre chez un tiers, s’instaure, et dégage très souvent une ouverture à une
possible co-construction de solution par l’ensemble des protagonistes.
À notre avis, la désignation par la personne âgée d’une personne
référente, telle que définie en Belgique, ne change pas grand chose pour ne
pas dire rien. L’effet risque même d’être encore plus violent puisque certains
travailleurs sociaux peuvent utiliser le contrat fait avec la personne âgée
comme une fin de non-recevoir à l’endroit des beaux-enfants. L’histoire de
la séparation du couple originel risque alors de resurgir avec toute la violence
de la fracture des liens qu’ont connu les beaux-enfants, et de venir s’imposer
à eux une nouvelle fois comme une facture du passé que nul ne pourra solder.
De plus, quand les intervenants tombent dans le piège de se penser les garants
de la volonté de l’aîné, l’enjeu de leur mission ne pourra que les aveugler, et
ils risquent alors parfois de devenir les instruments de basses-œuvres que la
personne âgée n’aurait ni voulues ni accomplies…
Mais, toutes les situations mettant en jeu des fratries ne sont fort
heureusement pas conflictuelles, et notre expérience nous a montré que la
fratrie d’origine demeure un point d’appui fort dans le grand âge. Nous ne
savons si cela est lié à notre lieu d’exercice et à l’importance encore actuelle
de la notion de famille dans la culture méditerranéenne, mais nous avons pu
voir, à plusieurs reprises, des frères ou des sœurs être les seuls accompagnants
d’une personne âgée lors de son entrée et de son séjour en institution. Nous
avons rencontré deux types de situations où la solidarité et l’amour fraternels
s’expriment avec force dans le grand âge.
Le premier cas de figure est celui où la personne âgée dépendante n’a
pas eu de descendance. Contrairement à ce que nous pourrions être tentés de
croire, les personnes âgées isolées se retrouvent très rarement seules quand
elles ne peuvent plus se suffire à elles-mêmes. Ce sont souvent des frères ou
des sœurs plus jeunes ou plus alertes qui aident à faire face au handicap et les
accompagnent. Nous avons aussi fréquemment eu pour interlocuteurs dans
ces cas-là, des neveux ou des nièces. Ils apportent le soutien en lieu et place
de leurs propres parents, ceux-ci étant soit trop fatigués pour accomplir cette
tâche, soit déjà décédés. Dans ces situations, l’aide est toujours empreinte de
bienveillance, mais aussi de respect à l’endroit de la personne âgée dépendante.
Les aidants familiaux accomplissent généralement leur mission en se référant
non pas à ce qu’ils pensent, mais en respectant les règles avec lesquelles la
personne âgée a toujours régi sa vie. Ces aidants sont très respectueux de
l’autonomie des personnes âgées et nous ne pourrions pas en dire autant de
nombreux enfants, voire de professionnels. En effet, l’étymologie du mot
« autonomie » est le terme grec « autonomos » qui signifie : « qui est régi par
ses propres lois ». Ainsi, est-il possible de dire que nous sommes régis par
nos propres lois quand ce sont les autres qui les édictent, même si ceux-ci
tentent de nous faire croire que c’est pour notre bien ? La définition de
l’autonomie donnée par Didier Anzieu
[2] – pouvoir gérer ses dépendances –
n’est effectivement pas applicable aux personnes âgées qui ne sont plus en
mesure de dicter leurs choix. Ainsi paradoxalement, les professionnels que
nous sommes, parlent des nécessaires actions que doivent accomplir les
personnes âgées pour leur autonomie alors qu’il s’agit en fait d’hétéronomie !
Le deuxième cas de figure est celui où, bien qu’ayant des enfants, ce
sont des frères, ou plus souvent des sœurs, qui l’accompagnent dans un
parcours de fin de vie. Ces situations sont très souvent la résultante d’une
histoire chaotique entachée de maltraitance et/ou d’autres méfaits. Les sœurs
de ces personnes âgées nous ont souvent confié que quoi qu’ait fait leur frère
ou leur sœur, il/elle n’en reste pas moins un membre de leur famille. Nous
nous garderons bien ici de tout jugement, mais ces situations sont nettement
plus fréquentes qu’il n’y paraît. Elles mettent en évidence la solidité du lien
fraternel, et nous avons toujours vu ces sœurs accomplir ce qu’elles estimaient
être leur devoir, jusqu’au bout.
Les trois types de situation que nous venons de décrire, nous amènent
à formuler quelques réflexions sur la qualité du lien fraternel, la première
étant de constater que quand il existe, il est solide et pérenne.
Pour avoir connu des personnes âgées abandonnées par l’ensemble de
leur famille, nous savons bien que ce n’est pas le fait d’être né entouré de
frères et de sœurs qui fait le lien fraternel. L’étymologie nous indique une
piste riche pour la compréhension de ce phénomène. En effet, ce sont les
Chrétiens qui, les premiers, vont parler de fraternité en se reconnaissant
frères et sœurs dans le partage de leur foi. Cette appartenance à une famille
mythique leur permettait de trouver la force de résister aux vexations et aux
représailles que leur croyance les amenait à supporter et subir. Ainsi, l’amour
fraternel ne serait pas le produit d’une filiation mais bien celui d’une
cooptation autour du partage d’une croyance, d’une valeur mythique,
cultivée au sein d’un groupe humain, et nous ne sommes pas sans savoir qu’il
est des familles où la représentation idéalisée d’elles-mêmes n’est pas un
vain mot.
Nous nous sommes intéressés à ces frères ou sœurs dévoués à des
personnes âgées « abandonnées » par leurs enfants, et leurs témoignages
nous ont conduits à penser qu’au-delà de la croyance, c’est la force des rituels
et des dogmes qui existaient dans leurs familles d’origine qui ont forgé la
solidité du lien fraternel. Ce lien persistait et les unissait encore, alors que
nous aurions pu penser que ces personnes âgées étaient « seules » en regard
de leurs histoires de vie. Ces frères ou sœurs nous ont tous parlé de pardon
et dit combien ils avaient été élevés dans des familles où la morale avait une
grande place. Ils ont aussi témoigné de l’entraide, qu’enfants, ils avaient
connue au quotidien, et ce pour différents motifs dont certains n’avaient
d’ailleurs rien de chrétien… Ainsi, la fraternité n’est pas un état de fait : c’est
un lien qui est tissé lentement entre des enfants ou des hommes, dans le
partage de valeurs fondatrices de leur carte du monde.
En conclusion, il nous semble possible de dire que les liens de
fraternité ne sont donc pas le fait d’une famille mais d’un groupe humain où
les rituels ont une place privilégiée. L’histoire nous a appris que la fraternité
est l’un des piliers sur lequel l’homme s’est s’appuyé dans sa conquête de
liberté et d’amélioration de sa condition. Ainsi nous ne pouvons que nous
poser quelques questions sur notre société à l’heure où elle prône
l’individualisme et l’hédonisme. Mais à l’inverse de Platon qui se demandait
où allait sa société quand il s’étonnait des comportements des jeunes
hellènes, nous pensons que la fraternité saura encore, avec le temps, faire son
œuvre…
·
DARNAUD T. (1999) : L’entrée en maison de retraite. ESF, Paris.
·
DARNAUD T. (2003) : La maladie d’Alzheimer et ses victimes. In Vieillir, le rôle
de la famille, Cahiers critiques de thérapie familiale et de pratiques de réseaux,
31 :145-159.
·
ELKAÏM M. (1989) : Si tu m’aimes, ne m’aime pas. Seuil, Paris.
·
HARDY G. (2001) : S’il te plait, ne m’aide pas ! ERES, Toulouse.
·
PLUYMAEKERS J. (1996) : Les institutions psycho-médico-sociales ; un réseau
avec ses règles, ses richesses et ses dangers in Le nouveau mascaret, n° 44,
Creahi-aquitaine, Bordeaux
[1]
Thérapeute familial. Centre hospitalier d’Alès. Chercheur au Laboratoire de
Psychologie de la Santé et du Développement, Université Lumière, Lyon 2, France.
[2]
Citation faite par Didier Anzieu lors d’une interview donnée à la radio vers la fin de
sa vie, alors que la maladie de Parkinson l’handicapait lourdement.