2004
Cahiers critiques de thérapie familiale et de pratiques de réseau
Dossier
Secrets, secrets de famille
et transmissions invisibles
Anne Ancelin Schützenberger
PhD
Tep
[1]
Les secrets de famille créent chez ceux qui les gardent un clivage du moi, et
chez leurs descendants comme une crypte et un fantôme, un non-dit, un impensé
généalogique et divers traumatismes liés à la loyauté familiale invisible et au
syndrome d’anniversaire. Nous distinguons le trauma – coup porté dans le réel – du
traumatisme – coup porté dans la représentation du réel – chez les personnes
traumatisées par un événement grave et surtout chez leurs enfants. Les trous et
manques causés par les problèmes des parents peuvent se récupérer en psychanalyse,
psychothérapie et psychodrame.Mots-clés :
Secrets de famille, Thérapie familiale, Thérapie familiale systémique, Génogramme, Psychanalyse transgénérationnelle.
Family secrets generate an ego splitting for people who keep them and a kind
of crypt with a ghost for their descendant, as a silence, a genealogical unthinking
with various trauma related to invisible family loyalties and to the anniversary
syndrome. We make the distinction between the trauma as a knock in the reality, and
the « traumatism » as a knock in the reality’s representation of traumatized people
and especially their children. The holes and emptiness generated by parent’s
problems can be resolved trough psychoanalysis, psychotherapy and psychodrama.Keywords :
Family Secrets, Family Therapy, Systemic Family Therapy, Genogram, Transgenerational Psychoanalysis.
Ce que l’on ne met pas en mots,
s’imprime – et s’exprime par des maux.
Anne Ancelin Schützenberger
Notre plus grande gloire n’est pas de tomber,
Mais de savoir nous relever chaque fois que nous
tombons.
Confucius
Les secrets en général et les secrets de famille sont liés à des problèmes
de transmission, et de secrets sur la transmission de liens familiaux.
Nous allons commencer par survoler largement le champ de ces
difficultés de transmission.
L’être humain naît dans une famille qui lui transmet un héritage
conscient et inconscient comprenant des missions, des loyautés familiales
visibles ou invisibles, des loyautés de clan, culturelles, religieuses, nationales.
Tout individu est imprégné, qu’il le veuille ou non, qu’il le sache ou
non, de ces liens et habitus de loyautés familiales, des traumas et
traumatismes
[2], des deuils non-faits de sa famille, etc.
Une empreinte se crée ainsi, de façon très précoce.
Elle restera en mémoire – et en mémoire corporelle.
Mais, pour que les faits et les sentiments soient réellement accessibles
et compréhensibles aux descendants, il faudra non seulement une clé, mais
aussi une contre-clé ; en effet, lorsque durant l’enfance, on n’a pas construit
de sécurité de base, il sera souvent utile d’entreprendre ultérieurement un
travail de reconstruction en psychothérapie transgénérationnelle, en
psychogénéalogie clinique, sociologie clinique, voire psychanalyse, et d’y
ajouter des recherches d’archives pour tout vérifier et re-vérifier.
L’homme est un être d’interaction, et comme l’a découvert et nommé
Moreno (1965), il baigne dans un co-conscient et un co-inconscient familial
et groupal, auxquels nous pouvons adjoindre une transmission familiale
transgénérationnelle inconsciente qui se manifeste au travers de ses angoisses,
cauchemars, actes manqués, accidents, etc. – souvent à des dates répétitives
marquantes.
Comme on le sait depuis la publication posthume des travaux de
recherches de Georges Herbert Mead (1934) sur le rôle, et ceux de Moreno
(1934/1954), l’homme non seulement ne vit pas seul, mais il est toujours en
rôle et en interaction avec d’autres.
L’homme est ce qu’il est dans le regard d’autrui, tel qu’autrui le
reconnaît - ou ne le reconnaît pas - comme personne, adulte, indépendant et
ayant une vie propre, qu’il s’agisse d’un enfant, d’un soi-disant adulte, d’un
malade, d’un handicapé, d’une personne de couleur, d’une personne âgée,
d’une femme, d’un « bâtard », d’un enfant trouvé-adopté, d’un étranger de
pays pauvre, d’un ancien bagnard...
Il faudrait bien comprendre ce qu’implique pour le développement de
chacun, le fait d’être considéré par autrui comme une personne à part entière,
ou comme une non-personne.
Nous avons appris grâce aux travaux de Konrad Lorenz (1989) sur les
oies cendrées, que l’oisillon prend pour mère ce qui bouge devant lui quand
il éclot de son œuf ; de même, le nourrisson humain s’attache à qui le nourrit
et s’occupe de lui lorsqu’il sort du sein de sa mère : il y a empreinte « corpo-
kinésique-visuelle » et «ancrage».
Cet ancrage est une
empreinte et aussi un
ancrage interactif (cf.
Cyrulnik, 1989 ; Lebovici, 1998 ; Ancelin Schützenberger, 1993) qui inclut
toute l’histoire et l’arbre de vie parental
[3] (
génosociogramme).
Nous distinguons actuellement plusieurs formes de transmissions :
- La transmission intergénérationnelle, lorsqu’il s’agit de faits de vie
clairement perçus ou connus, parlés ou non (on est par exemple
notaire, médecin ou boulanger de père en fils, bonne cuisinière ou
ayant les doigts verts de mère en fille …).
- La transmission transgénérationnelle, lorsqu’il s’agit d’un héritage
ou d’une transmission invisible, comme celle des traumatismes de
guerres ou de secrets de famille.
Les secrets en général, ou ceux de famille en particulier, posent de
multiples problèmes, mais d’emblée, soulignons que les « secrets » sont
variés et existent sous différentes formes : secrets normaux, constructifs ou
nocifs, destructeurs ou pesants.
Les usages qu’en font les familles et chacun d’entre nous sont variés ;
on se sent libre ou écrasé sous le poids d’un secret de famille, ce dernier étant
connu de manière confidentielle ou pas, voire légué par un mourant ; il peut
être invisible, perdu dans les oubliettes de la mémoire, et renforcé par des
« nécessités » familiales de protection – ou de surprotection ….
Il y a secrets … et secrets.
Il est important d’être précis à ce sujet.
La différence essentielle réside entre les secrets normaux, souvent
bénéfiques, et les secrets nocifs, destructeurs ; ces derniers clivent la
personnalité (entre la partie qui sait et celle qui ne doit pas savoir ou qui doit
faire comme si elle ne savait pas) et donc lui font du tort (certains diraient
qu’ils la détruisent).
Ces ravages, ce clivage, ce non-dit, cet impensé touche aussi la
personnalité des descendants, car le poids du secret peut être terrible et causer
des ravages sur plusieurs générations (cf. Abraham & Török, 1978 ; Ancelin
Schützenberger, 1993/2004).
Chacun a droit à son jardin secret, ce qui est normal et fonde la liberté
individuelle.
Chacun a droit à sa vie privée tant au niveau individuel que familial.
Le secrets faits aux enfants sur la mort d’un parent ou grand-parent
sont nocifs (comme le secret sur le divorce, la maladie grave, la prison,
l’adoption…ou l’opération des amygdales) et font des ravages et des
traumatismes. La fille de l’écrivain Roger Nimier, tué dans un accident de
voiture lorsqu’elle avait 5 ans, Marie Nimier, évoque admirablement les
ravages causés par le fait qu’on lui a caché la vérité et qu’on ne l’a pas
emmenée à l’enterrement, mais qu’on lui a seulement parlé d’un accident de
voiture (Nimier, 2004).
Nous vivons en société et respectons les règles de « civilité puérile et
honnête », de convivialité, les bons usages, au travers de formes spécifiques
d’interaction (cf. Goffman, 1987) : les manières de croiser les regards ou de
les éviter, de se saluer, d’être « en scène » dans la vie publique, ou hors scène
avec un grand « laisser-aller » dans la vie privée, etc.
Se rencontrer, se saluer de diverses façons pour se dire bonjour est très
ritualisé, avec des codes précis à suivre même s’ils sont non conscients : la
durée de l’échange de regard et de la poignée de main dépend de fait de la
longueur de l’intervalle séparant la rencontre précédente de celle d’aujourd’hui
et du moment où aura lieu une prochaine rencontre : on se dit autrement
bonjour et au revoir pour aller se coucher, pour aller à l’école, prendre le
train, partir à la guerre ou en revenir, ou si on est reconnu ou non par les
enfants qui ont grandi en notre absence…
Dans nos sociétés occidentales, nous nous saluons tous
« normalement » en disant « Comment allez-vous ? » et en nous touchant la
main. Nous avons oublié que pendant la Grande Peste Noire, c’était à la fois
une manière de demander aux gens comment « ils vont... à la selle »... et, en
leur touchant la main, de vérifier l’absence de fièvre et de signes cliniques
d’une contagion « à fuir comme la peste »... ce qui indiquait si l’on pouvait
rester avec eux sans crainte pour sa vie.
L’écrivain britannique George Orwell, dans son célèbre roman
« 1984 », donne à voir le cauchemar que serait « Big brother » qui entendrait
tout ce que disent et pensent les gens dans le privé ; rien n’est aussi terrible
qu’une mère possessive qui veut tout savoir de ses enfants ou de voir ce que
peuvent faire des parents ou des éducateurs « pour le bien » de leurs enfants.
- Les couples ont droit à leurs secrets d’alcôve.
- Les inventeurs ont le droit et le devoir de se protéger. Les industries
ont des secrets de fabrication et tous leurs employés doivent en garder
le secret, les gens sont « tenus au secret de fabrication et des “tours
de main” ».
- Le secret peut aussi être lié au devoir de réserve. Les juges, les
confesseurs, la police, les administrations, les « psy » y sont tenus, et
l’Armée se devait d’être muette (ce n’est que récemment que les
militaires votent).
- Il est convenu que la bonne éducation et la convivialité exigent de ne
pas encombrer les autres de nos problèmes et soucis, et notre civilisation
a prévu dès lors des prêtres et pasteurs, divers confesseurs et « psy »,
et même des écoutes et aides anonymes et gratuites par téléphone.
En ce qui concerne l’intrusion des curieux et des indiscrets [et des
« paparazzi »], on a le droit et le devoir de s’en protéger pour épargner sa vie
privée et celle de sa famille.
Le concept relativement neuf de «
hardiness»
[4] décrit bien la nécessaire
protection des individus contre leur entourage et ses demandes. La présence
ou l’absence de «
hardiness» est devenue un facteur prédictif de la survie à
certaines maladies graves, comme le cancer, surtout après rechute et en
convalescence (Ancelin Schützenberger, 2004).
Je voudrais rappeler l’importante recherche sur les secrets de famille
de Nicolas Abraham et Marie Törok (1978) et de leurs élèves, qui ont montré
que la première génération, après une «honte sociale», se tait ; les secrets
sont traumatisants à dire, et cette génération a le souci d’en protéger la
famille et les enfants trop petits pour y faire face. Pour ce qui concerne la
seconde génération, le non-dit devient comme un caveau interne, une tombe
ou une crypte dans son cœur, et ensuite comme un “fantôme” clamant et se
manifestant par des maux.
Freud disait : « Ce que la bouche tait,
S’exprime par les doigts »
J’ai écrit en exergue à l’une de mes premières plaquettes sur le
transgénérationnel et le cancer pour Le Corps à Vivre (1982, Paris) : « ce que
l’on ne met pas en mots, s’imprime et s’exprime par des maux ».
Freud considérait que nous sommes comme des icebergs dont le
comportement et la dérive se voient partiellement si l’on en juge par le tiers
émergé, mais qui sont menés réellement par les deux tiers immergés sous
l’eau ; il en a fait la métaphore du conscient, du préconscient et de l’inconscient.
En nous fondant sur les découvertes de l’inconscient individuel par
Freud, de l’inconscient collectif par Jung, et des co-conscient et co-inconscient
familial et groupal par Moreno, nous avons étudié la transmission
inter-générationnelle et transgénérationnelle du conscient, du co-conscient,
et de l’inconscient et du co-inconscient familial, social et groupal.
Secrets sur la transmission et la généalogie
dès la naissance
L’éthologie, en particulier l’observation du comportement des animaux
domestiques, a stimulé des anthropologues (comme Margaret Mead, et son
mari Gregory Bateson) et certains psychiatres et psychosociologues à
s’intéresser à l’éthologie humaine, sous l’influence entre autres de Konrad
Lorenz, de Boris Cyrulnik, et du pédiatre Brazelton.
Ainsi, l’empreinte relationnelle instaurée dès la naissance observée
par Konrad Lorenz, l’a conduit à considérer qu’il y a chez toute personne, un
ancrage interactif de son histoire familiale et groupale et de l’arbre de vie
parental (génosociogramme). C’est ce que Moreno abordait et décrivait avec
une autre approche, plus graphique, sous les termes d’atome social.
Cet ensemble important pour la personne peut être mis techniquement
en évidence par un arbre généalogique sur plusieurs générations, un tableau
d’ensemble de l’histoire familiale, avec les liens majeurs (sociométriques,
affectifs) et les évènements de vie principaux sur trois générations
(génogramme), surtout utilisé en thérapie familiale systémique.
On peut même remonter à sept ou huit générations, c’est-à-dire sur
deux siècles, jusqu’à la Révolution Française de 1789, ce que nous appelons
génosociogramme (Ancelin Schützenberger, 1993, 2000).
Rappelons-nous que Bion (1962) considérait que la pensée s’enracine
dans l’expérience émotionnelle.
Selon divers psychanalystes, en particulier hongrois et londoniens, il
y a une relation primaire préverbale du petit enfant, que Veldman (1989),
Françoise Dolto (1997) et Catherine Dolto-Toltich (1995) appellent l’éprouvé
perceptivo-affectif, avec son agressivité nécessaire à la vie (à ne pas
confondre avec la violence et la destructivité) : l’affectif est le troisième
terme essentiel mais oublié de la dichotomie corps-psyché.
Nous parlons donc non de psychosomatique, mais de corps, esprit,
cœur, affectivité, empreinte interactive du vécu relationnel partagé mère-
enfant, expérience précoce au carrefour bucco-pharyngé de l’enfant nourri
au lait maternel (ou au biberon) dans la chaleur du contenant affectif des bras
maternels et de son giron, et de l’échange de regards entre la mère et l’enfant.
La psychosociologie a découvert l’importance de la co-présence,
avec ou sans interaction.
Françoise Dolto parle de l’allant-devenant de l’enfant qui va devenir
adulte et réussira ou non à se séparer de sa mère.
Souvent il se crée là, dans ce portage agréable mère-enfant, un vécu
de « bon partagé », de la réciprocité de « l’être ensemble » permettant à
l’enfant de se développer harmonieusement, d’avoir un sentiment de plénitude,
et d’acquérir ainsi le début d’une sécurité de base, qui sera confirmée
éventuellement par l’expérience heureuse de « faire sur le pot » à son heure,
et en faisant un cadeau à maman, et d’apprendre à marcher tout seul entre les
bras accueillants et contenants de papa et de maman.
Nous survolons ceci, (pour les besoins d’un article court), mais bien
des mères ont du mal à recevoir et porter leur enfant, ou même à le voir tel
qu’il est, s’il y a trop de décalage entre l’enfant désiré et l’enfant réel
(« erreur » de sexe, de couleur d’yeux, de cheveux, de couleur, de forme, de
père, etc.) – ou si elles sont elles-mêmes traumatisées par un deuil. (cf. Green,
1983).
Le célèbre et classique conte pour enfants Peter Pan décrit un enfant
triste sous sa gaieté apparente, et qui refuse de grandir (Kelley-Lainé, 2002).
Nous retrouvons ces parents restés enfants dans la «parentification»
de trop nombreux enfants.
Nous savons qu’il y a pour l’enfant un entrecroisement de stimuli
sonores, visuels, olfactifs, tactiles, kinestésiques, de bien-être, de chaleur ou
de froid, (souvent le rappel du carrefour bucco-pharyngé dont parlait
Françoise Dolto) qui permettent d’appréhender l’énaction métaphorisante,
dont parlait Serge Lebovici (1994).
Dans l’émergence du désir d’une personne, il y a le désir de l’enfant,
en partie conscient avec les signifiants, et porteur aussi des significations
inconscientes multiples données, par exemple, par le choix du prénom.
Le prénom est très souvent issu du tissu familial ; c’est par exemple
le prénom d’un frère ou d’une sœur conçu(e) avant lui, non-né(e) ou
décédé(e), ou d’un fiancé ou ancêtre tué ou ayant eu une mort précoce ou
traumatisante. Les parents participent à la construction psychique précoce de
l’enfant en optant pour un prénom rappelant un ascendant révéré, un héros
ou un saint, ce qui donne dès lors à l’enfant une sorte de mission ou de
réparation à faire. Les contes d’enfants, comme La Belle au Bois dormant,
avec ses bonnes et mauvaises fées, en offrent un aperçu, de même, mais
diversement, que les vendettas corses.
Secrets, traumatismes et transmissions
Rappelons qu’il y a un refoulé familial lié à des traumatismes, des
secrets de famille, des deuils non faits, des « non-dits »… Les thérapeutes
familiaux le décrivent comme une sorte de mandat attribué par la famille par
le biais de la transmission transgénérationnelle.
Il y a là comme une inscription dans la vie psychique de l’enfant, des
conflits infantiles préconscients et refoulés des parents, ou même des arrière-
grands-parents, et de leurs événements de vie et trauma actuels.
Fraiberg (1999) évoque à ce sujet les fantômes de la chambre d’enfant
qu’il faudrait non pas tuer, mais humaniser pour leur redonner sens et enfin
les mettre en mots, dans un climat interactif contenant.
On parle de plus en plus aujourd’hui de l’existence d’une articulation
entre transmission biologique et transmission psychique.
Rappelons aussi que Freud s’est servi du concept d’empathie pour
exprimer la capacité de connaissance intime de la subjectivité de l’autre – ce
que ceux d’entre nous qui font du psychodrame, expérimentent avec Moreno
depuis 1925, dans la technique du doublage du protagoniste (Ancelin
Schützenberger, 1966, 2003).
Actuellement, les psychanalystes faisant du « transgénérationnel
clinique » pensent que la transmission ne se transmet pas, mais se déplace de
génération en génération, avec un télescopage des générations.
Rappelons avec Confucius, Anna Freud, Henri Laborit et Boris
Cyrulnik, que ce qui est réellement traumatique n’est pas ce qui se passe dans
la réalité (les souffrances réelles), mais la manière dont nous le vivons, et de
plus, la manière dont nous l’élaborons et dont autrui nous le renvoie ; la honte
sociale est affaire d’époque et de milieu (d’où l’importance de remettre les
évènements dans leur contexte, historique – y compris les secrets de famille).
Divers cliniciens ont mis en évidence le choc de la réalité tangible
(qu’on voit, perçoit, ressent et affronte dans le réel) et celui de la réalité qu’on
imagine pour des êtres chers (frère, fils ou mari au front en première ligne,
blessé ou disparu ou torturé) au point qu’il y a parfois comme un « voile
noir » sur le passé, et que l’image taraudante disparaît de la conscience
cognitive (les travaux sur perception sociale et la dissonance cognitive de
Festinger, 1957), mais reste inscrite dans le corps et la mémoire familiale.
Disons donc que le problème n’est pas le traumatisme, mais la
manière dont nous l’élaborons ou le gérons, et en particulier dont nous
pouvons nous le raconter à nous-mêmes et à autrui qui sera capable de
l’entendre, de l’écouter, et de nous aider à le nommer et donc à l’élaborer.
Soulignons que le secret et le non-dit, créant un impensé, rend ce
travail impossible.
Nous pensons, comme Moreno, qu’il y a relation interactive entre
« l’attente-quant-au-rôle » (la manière dont nous sommes dans le regard
d’autrui), et l’éventail des rôles possibles pour chacun.
Le regard d’autrui est fondamental, ainsi que l’interaction avec une
écoute discrètement bienveillante dans une co-présence accueillante,
compréhensive, non jugeante.
Winnicott (1975) mettait l’accent sur l’importance de la remémoration
en présence de quelqu’un de contenant et de soutenant (holding), car la co-
présence et le transfert permettent parfois une levée du refoulement. Lorsqu’il
s’agit d’un traumatisme, la catastrophe n’a pas lieu seulement à l’intérieur de
la personne :
« Dans ce cas, la seule façon de se souvenir est que le patient fasse pour
la première fois dans le présent, c’est-à-dire dans le transfert, les
preuves de cette chose passée. Cette chose passée et à venir devient
alors une question d’ici et maintenant, éprouvée pour la première fois.
C’est l’équivalent de la remémoration, et ce dénouement est l’équivalent
de la levée du refoulement » (Winnicott, 2000, p.11).
Nous distinguons le traumatisme mutatif qui permet un rebond et une
reconstruction résiliente, des traumatismes délétères.
Ces derniers sont souvent liés aux deuils non faits, aux non-dits, aux
secrets devenant des impensés transgénérationels qui se manifestent par des
accidents souvent mortels, des maladies graves, et divers symptômes y
compris la psychose, s’intégrant dans un tableau de syndromes d’anniversaire
sous-tendus par des loyautés familiales invisibles (Hilgard, 1989).
Il y a donc une identité narratrice, car on se définit en se parlant,en en
parlant, en étant écouté,entendu réellement (« en vrai »).
Rappelons avec Boris Cyrulnik (2002) qui prolonge ainsi la pensée
d’Anna Freud, qu’il faut bien distinguer :
- le trauma : coup porté dans le réel,
- du traumatisme : coup porté dans la représentation du réel, chez les
personnes traumatisées par un événement grave (attentats, bombes,
camps de concentration, incendies, tortures, incestes, viols...) mais
aussi chez leurs enfants (Yehouda, 1995).
Rachel Yehouda, en travaillant sur des frères jumeaux, l’un mobilisé
au Vietnam et l’autre près de chez lui, aux États Unis, a mis en évidence que
le taux de cortisol indique un stress plus grave chez les frères, les parents des
traumatisés que chez les victimes traumatisées elles-mêmes. Nous retrouvons
aussi cet aspect chez les descendants des victimes de la bombe de Hiroshima,
ou des camps de concentration (Holocauste des Juifs) ou des marches forcées
(Arméniens, en 1915).
Il est fondamental de parler des événements traumatiques et des
secrets de famille, même difficiles, honteux, terribles, ou horribles. Il est
essentiel pour les enfants, de ne pas laisser un non-dit ou un secret de famille
s’installer, comme on l’a trop souvent vu chez les revenants et survivants de
la bombe de Hiroshima, des camps de concentration japonais ou nazis, etc. :
ces fléaux ont traumatisé à la fois les victimes qui les ont vécus, mais aussi
leurs persécuteurs (Bar-On, 1991).
Il est important pour ceux qui accompagnent ces traumatisés, d’avoir
une attitude de bienveillante neutralité, d’écoute ouverte, de soutien et
d’empathie.
Distinguons l’empathie de la sympathie, et ne minimisons pas
l’événement en disant qu’il « n’y a qu’à reprendre vie et oublier le passé, et
ne plus en parler », et ne le banalisons pas trop en rappelant que les drames
existent dans le monde entier.
En fait, il s’agit pour le thérapeute d’être à l’unisson
[5] avec le patient,
de façon à développer sa « capacité contenante » comme le faisait par
exemple Françoise Dolto avec ce qu’on appelait son génie thérapeutique, et
ce que nous obtenons en psychodrame par l’utilisation du
double (ou
Moi-
Auxiliaire, aidant le protagoniste à s’exprimer) en partant de son propre vécu
corporel, ou en observant la transmission involontaire par la communication
non-verbale et les fuites comportementales (
« leakeages ») et en mettant en
mots sous forme d’hypothèse ce que nous avons cru percevoir.
Selon Serge Vallon (1985), s’il y a traumatisme, c’est que le sujet ne
peut soutenir l’introjection, qu’il s’est comme « absenté de lui-même », et
que la représentation, voire l’élaboration psychique, lui fait défaut.
Rappelons que Freud (1893-1936) affirme de son côté que l’événement
n’est pas l’événement en soi et que « l’enfant exprime les traumatismes des
parents » ; il « est constitué du surmoi des parents, voire de leurs traumatismes
« non élaborés »… il ne s’agit donc pas d’une identification (…) de l’enfant
à ses parents ».
Plusieurs de nos collègues psychanalystes pensent que trop souvent,
les accompagnants et les bénévoles qui aident les personnes ayant subi des
chocs et présentant une névrose post-traumatique, (par exemple après une
prise d’otage ou un accident), ne font que du débriefing et ne se contentent
que d’une expression cathartique par des larmes, des cris, des tremblements
– ce qui soulage, mais ne guérit pas toujours. Les psychanalystes et psycho-
sociologues transgénérationnels reprochent à ces intervenants de ne pas tenir
compte d’un possible réveil de souffrances liées à un traumatisme antérieur,
c’est-à-dire d’un chagrin encrypté... et d’un deuil non fait à l’époque, en
sous-estimant l’effet Zeigarnik (1927) taraudant des tâches inachevées.
Rappelons aussi les découvertes de Lawrence LeShan (1977-1982),
sur le fait qu’il arrive qu’un deuxième traumatisme réveille le choc et le
souvenir psychosomatique d’un premier traumatisme d’enfant surmonté à
l’époque, avec un effondrement de la confiance en soi, dans ses sentiments
et dans le monde, ceci pouvant provoquer un cancer grave après une perte ou
un deuil.
L’inceste, l’incestuel, abus divers de trop de familiarité
Dans les concepts psychanalytiques classiques, l’excès de familiarité
et de proximité familiale peut conduire à un quasi-inceste (l’incestuel) voire
à un abus sexuel, qu’il s’agisse de familles nucléaires ou reconstituées, avec
différentes belles-mères ou plusieurs beaux-pères successifs.
Bien que la Bible interdise les rapports sexuels d’un homme avec les
sœurs, les filles, et la mère de sa femme, elle comporte plusieurs exemples
où un homme a épousé légalement deux sœurs. Ainsi, Jacob, sur la demande
de son père, a pris pour femmes Rachel et quatre ans après, sa sœur plus
jeune, Léa, qu’il préférait dès le début.
Françoise Héritier a mis en évidence en 1994 un rapport familial
interdit depuis « toujours » entre parents par alliance, qui serait quasi-
incestueux par l’entremise d’un tiers : les sœurs et la mère de sa femme sont
interdites au mari, ainsi que la deuxième femme de son père, du fait d’une
« contamination » par des « fluides féminins » qui font d’un couple une
« même chair ». Ce type de rapport a été longtemps interdit par les églises
chrétiennes et la loi française, jusqu’à une date récente, bien qu’il ait été très
largement pratiqué dans les temps bibliques : c’était quasi une obligation
pour le frère d’épouser la veuve de son frère, afin de lui permettre une survie
sociale et économique, ainsi qu’à ses enfants.
Mais la vie artistique est pleine de contradictions dans ce domaine un
peu flou pour le grand public.
Woody Allen a pu épouser légalement aux États-Unis Mira Sorvino,
la fille adoptive de sa femme (ou compagne de longue durée), qu’il avait
connu toute petite, et donc élevé comme père de remplacement ou beau-père.
Benjamin Castaldi, le fils de Catherine Allégret, vient de dévoiler en
avril 2004 que sa mère Catherine a eu quelques rapports intimes avec son
beau-père et quasi-père Yves Montand (le mari de sa mère Simone Signoret).
La fille de Jacques Anquetil a publié au même moment un livre sur les
rapports complexes de sa mère, sa tante et sa grand-mère avec son père ; elle
serait l’enfant issue d’une « mère porteuse de substitution familiale », (l’une
des trois).
Nous faisons la différence entre inceste, inceste généalogique ou
inceste de deuxième type et inceste de substitution (Ancelin Schützenberger,
1993). Ce dernier cas concerne des personnes qui ne sont pas du même sang
ni membres d’une même famille.
On pourrait dire, avec Nicolas Abraham & Maria Törok (1978), Alain
de Mijolla (1981), Anne Ancelin Schützenberger (1993), Serge Tisseron et
al. (2000) et Boris Cyrulnik (2002), qu’il y a comme un effet de fantôme dans
les cauchemars de beaucoup d’enfants et d’adultes traumatisés.
Rappelons que le mot fantôme est à l’origine du mot fantasme.
Pour Boris Cyrulnik (2002), ce rapprochement entre fantôme et
fantasme ouvre la voie à la métaphore, à la parole partagée ou écrite et au
remaniement émotionnel qui permet de mettre à mort le fantôme.
Rappelons que trop parler (les anciens combattants de la guerre 14-18
ont ressassé leurs souvenirs de guerre) ou tenir secret, fait du trauma le coup
porté dans le réel, et nous nommons avec Boris Cyrulnik et d’autres,
traumatisme « le coup porté dans la représentation du réel ».
Boris Cyrulnik ajoute qu’à côté de nos mécanismes de défense qui
amputent la personnalité, il y a des mécanismes de défenses résilients, ce qui
peut amener le sujet gravement traumatisé à rencontrer une personne avec
qui tisser un lien vrai, un lien de résilience et de soutien, et permet à l’enfant
ou à l’adolescent de « s’en sortir ».
Nous distinguons aussi
- la transmission transgénérationnelle, qui concerne les « générations
à distance », le langage, la reconstruction, la psychanalyse d’adulte,
- de la transmission intergénérationnelle, qui concerne les « générations
en contact » (par exemple entre enfants, parents, grands-parents,
familles élargies), le verbal et surtout le non verbal, les fuites
comportementales ou leakeage (par l’omission, la rougeur ou la
pâleur, le changement de sujet, le détournent du regard, ou la fuite).
Traces de transmission, traces psychosomatiques, cauchemars et
symptômes divers, vont lier ou délier les générations entre elles, souvent,
trop souvent, dans une souffrance portée par une loyauté familiale invisible
dont le sens est fréquemment inconnu des descendants qui en souffrent, mais
qu’on peut retrouver par un travail de génosociogramme, ou de
psychogénéalogique clinique.
Freud (1953) avait déjà mis l’accent sur l’importance de l’abréaction.
Pour cet auteur, il est essentiel, non seulement de retrouver des souvenirs,
mais de ressentir les choses, d’expérimenter des souvenirs retrouvés dans
l’éprouvé, c’est-à-dire d’avoir une clé et une contre-clé dans l’expérience
émotionnelle.
À partir de la découverte de ses propres traumatismes, Freud a bien
compris que se pencher sur les traumatismes familiaux est un long travail, se
rapprochant de la composition d’une sonate dont le thème principal est repris
sur plusieurs registres et à de multiples niveaux, de nombreuses fois,
longuement, jusqu’au bouquet final qui n’est pas toujours la fin. Il faut donc
passer avec Freud de la découverte émotionnelle cathartique au long travail
sur les rêves, les lapsus, la compréhension après coup, le « working trough »
ou perlaboration (cf. Leader, 2001, commentant les notes de bas de pages de
Freud).
Boileau le précisait déjà en disant : « Toujours sur le métier remettons
notre ouvrage ».
Méfions-nous donc des guérisons miraculeuses, des catharsis, qui
sont souvent suivies de rechutes dramatiques si elles ne sont pas retravaillées
et ancrées dans la mémoire corporelle et la conscience, autant que dans
l’inconscient.
Relations de l’enfant à ses parents
Normalement, les parents, couple hétérosexuel, mettent des enfants
au monde, leur créent un nid, les élèvent, les éduquent, les préparent à un
métier et à transmettre la vie qu’ils ont reçue d’eux : ils leur transmettent le
désir et la capacité de transmettre la transmission et la vie.
Malheureusement, ce cas de figure est de plus en plus rare : les couples
monoparentaux sont légion et représentent souvent près de la moitié des
familles des enfants d’une classe d’école communale primaire ; Didier
Dumas (1999 ) a calculé qu’en France, 900 000 enfants sont privés de l’accès
à leur père sous des prétextes divers, et en particulier le refus de l’acceptation
de la faillite du mariage et l’incapacité de faire le deuil de celui-ci. Bien des
enfants ont pris au foyer le rôle du père, comme soutien de famille,
compagnon de vie, bâton de vieillesse, voire compagnon de vacances ou de
lit… et celui de conjoint, de compagnon, ou de parent de leur parent. Cette
parentification est généralement liée à des secrets de famille, des répétitions
familiales, des traumatismes divers qui empêchent l’enfant de faire sa vie et
le met au service souvent de sa mère, ou parfois de son père.
La psychanalyste suisse allemande Alice Miller (1984) a décrit tout ce
que les parents et les éducateurs font « pour le bien » de leurs enfants, comme
les battre ou les priver de nourriture, les forcer à manger ce qu’ils ont vomi,
les mettre au coin ou à la cave, les priver de diverses choses et surtout de
l’accès à leur véritable histoire familiale, aux secrets et aux non-dits qui ont
causé le drame conjugal et la séparation ; s’ajoute à cela le refus de laisser
l’enfant être l’enfant réel de son père et de sa mère, et d’être fidèle aux
traditions et à l’héritage de ses deux familles (cf. Ancelin Schützenberger &
Devroede, 2003).
Pour terminer, rappelons le poème classique du troubadour occitan
Guillaume d’Aquitaine (1070-1125) :
Mon poème est fait, je ne sais sur quoi ;
Je le transmettrai à celui
Qui le transmettra par quelqu’un d’autre
Là-bas vers l’Anjou,
Pour qu’il le transmette de son étui la contre-clé.
Guillaume d’Aquitaine nous donne à entendre dans ce poème qu’avec
une seule clé, rien ne s’ouvrira. Pour la mémoire familiale comme pour les
coffres-forts des banques, il faut une clé et une contre-clé pour les ouvrir.
Des psychanalystes d’enfants pensent qu’un mal-être de l’enfant
pourrait être une première clé, et que la seconde serait la capacité de la mère
à donner une signification émotionnelle à ce mal-être, ce qui créerait
l’ouverture à la vie psychique.
Nous pensons, avec plusieurs collègues analystes, que les secrets de
famille et les non-dits vont cliver la personnalité et empêcher en quelque
sorte que le travail d’élaboration et de mise en sens ne puisse se faire; le sujet
ne peut alors donner sens à ce qu’il ressent ni faire confiance à sa perception
(il ressent confusément la dissonance cognitive) et ses émotions, ce qui va
troubler non seulement sa vie mais son intelligence et sa faculté de comprendre
et d’apprendre ce qui est logique, comme les mathématiques ou la grammaire
par exemple.
Après plusieurs colloques avec d’éminents collègues, psychanalystes,
psychiatres, anthropologues, s’occupant de transmissions, nous ne pouvons
que constater que le problème du secret ou plutôt des différentes sortes de
secrets, de non-dit, de traumatismes encryptés, de murmures des fantômes
autour de la chambre d’enfant, du lit conjugal et des adolescents tentant de
couper le cordon ombilical et de prendre leur envol, reste encore hermétique
par bien des aspects, mais que nos constatations convergent pour établir de
nouveaux postulats cliniques et ouvrir la voie à des recherches probablement
biologiques, concernant la différence entre amélioration et guérison, et saut
qualitatif mutant ... mais demain est un autre jour et la recherche scientifique
avance à son rythme...
·
ABRAHAM N. & TOROK M. (1978) :L’Écorce et le noyau, Aubier-Flammarion.
Paris. (Éd. de poche (2001) Col. Champs, Flammarion, n° 353, Paris.
·
AIN, J. (dir.) (2003) : Transmissions: liens et filiations, secrets et répétitions [quatre
Carrefours de Toulouse sur la Transmission, avec une quinzaine de psychanalystes
et spécialistes de la petite enfance, dont Anne Ancelin Schützenberger, Boris
Cyrulnik, Catherine Dolto, Bernard Golse, Serge Tisseron, Serge Vallon et de
nombreux élèves de Serge Lebovici].
·
ANCELIN SCHUTZENBERGER A. (1966) : Précis de psychodrame. Introduction
aux aspects techniques. Éd. Universitaires, Paris (2e édition augmentée, 1970)
[réed rev. Augm : Le Psychodrame, Paris,Payot, 2003].
·
ANCELIN SCHUTZENBERGER A. (1993) : Aïe, mes aïeux ! Liens
transgénérationnels, secrets de famille, syndrome d’anniversaire, transmission
des traumatismes et pratique du génosociogramme, Desclée de Brouwer/La
Méridienne. Paris. (17e édition élargie, 2004).
·
ANCELIN SCHÜTZENBERGER A. (2000) : Le génosociogramme. Introduction
à la psychogénéalogie transgénérationnelle. Cahier critiques de thérapie familiale
et de pratiques de réseaux 25 : 61-83.
·
ANCELIN SCHÜTZENBERGER A. (2003) : Le Psychodrame. Payot & Rivages,
Paris.
·
ANCELIN SCHÜTZENBERGER A. (1985/2004) : Vouloir guérir. L’aide au
malade atteint d’un cancer. Desclée de Brouwer/La Méridienne, 9e éd., Paris.
·
ANCELIN SCHÜTZENBERGER A. & DEVROEDE GH. (2003): Ces Enfants
malades de leurs parents. Payot, Paris.
·
BAR-ON D. (1991) : L’Héritage infernal: Des filles et des fils de nazis racontent.
Eshel, Paris.
·
BION W. R. (1962) : Aux Sources de l’expérience. Presses Universitaires de France,
coll. Bibliothèque de psychanalyse, Paris.
·
CYRULNIK B. (1989) : Sous le signe du lien. Hachette, Paris.
·
CYRULNIK B. (2002) : Murmures de fantômes. Odile Jacob, Paris.
·
DOLTO F. (1997) : Le Sentiment de soi, Gallimard, Paris.
·
DOLTO-TOLITCH C. (1995) : Dialogue haptonomique pré et postnatal, sécurité
affective et ouverture au langage, Rééducation orthophonique, XXXIII :139-
153, Paris.
·
DUMAS D. (1999) : Sans père et sans parole. Hachette Littérature, Paris.
·
FESTINGER L. (1957) : A Theory of Cognitive dissonance, N. Y. Evanston Ill.[ La
Dissonance cognitive, résumée in Psychologie française, 19xx, 2,3, pp 129.
·
FRAIBERG S. (1999) : Fantômes dans la chambre d’enfants, Presses Universitaires
de France, Paris.
·
FREUD S. (1893-1936) –[Oeuvres complètes.] Collected papers. (24 vol.) Standard
Edition, Hogarth Press, Londres.
·
FREUD S. (1953) : La Technique psychanalytique. PUF, Paris.
·
GAULEJAC V. de (1987) : La Névrose de classe. Hommes et groupes, Paris.
·
GAULEJAC V. de (1996) : Aux sources de la honte. D.D.B., Paris.
·
GAULEJAC V. de (1999) ; L’histoire en héritage. D.D.B., Paris.
·
GOFFMAN E. (1987) : Les Rites d’interaction. La Mise en Scène de la vie
quotidienne, Les Éditions de Minuit, Paris.
·
GREEN A. (1983) : La Mère morte. In Narcissisme de la vie, narcissisme de mort.
Ed. de Minuit, Paris.
·
GRINDER J. & BANDLER R. (1983) : Les Secrets de la communication. Le Jour,
Montréal .
·
HÉRITIER F. (1994) : Les Deux sœurs et leur mère. Odile Jacob, Paris.
·
HILGARD J. R. (1989) : The Anniversary Syndrome As Related To Late-Appearing
Mental Illnesses In Hospitalized Patients. In Silver A.-L. S. (ed.): Psychoanalyis
and psychosis. International Universities Press, Madison. [ résumés in Ancelin
Schutzenberger A.(1993)].
·
KELLEY-LAINÉ K. (1992) : Peter-Pan ou l’enfant triste. Calman Levy,Paris.
·
KOBASA S. (1979) : Stressful Life Events, Personality and Health, and Inquieries
into Hardiness. J.Pers. and Soc. Psychol. 37, IA,11.
·
LABORIT H. (1980) : Film : Mon oncle d’Amérique / scénario de Jean Gruault.
Précédé d’entretiens avec Alain Resnais et Henri Laborit par Madeleine Chapsal.
Paris : Albatros, 1980. 147, [8].
·
LABORIT H. (1983) : La Colombe Assassinée. Grasset, Paris.
·
LEADER D. (2001) : La Question du genre et autres essais psychanalytiques. Payot
& Rivages, Paris.
·
LEBOVICI, S. (1994) : Empathie et « enactment » dans le travail de contre-
transfert. Revue française de psychanalyse, LVIII (5) :1551-1561.
·
LEBOVICI, S. (1994) : En l’homme, le bébé. Flammarion, coll. Champs, Paris.
·
LEBOVICI, S. (1998) : L’arbre de vie. In Éléments de psychopathologie du bébé.
Erès, Toulouse.
·
LESHAN L. (1977) : You can fight for your life, tr. fr. (1982): Vous pouvez lutter
pour votre vie, les facteurs psychiques dans l’origine du cancer. Laffont, Paris.
·
LORENZ K. (1989) : Les Oies cendrées. Flammarion, Paris.
·
MEAD G.H. (1934): Mind, Self And Society. University of Chicago Press, Chicago.
·
MIJOLLA A. de (1981) : Les Visiteurs du Moi. Belles Lettres, Paris.
·
MILLER A. (1984) : C’est pour ton bien. Racines de la violence dans l’éducation
de l’enfant. Aubier, Paris.
·
MORENO J.L. (1954) : Fondements de la sociométrie. PUF, Paris. (trad.partielle de
Who Shall Survive, (1ère éd. en 1934, reed. 1953), Beacon, Beacon House, New
York).
·
MORENO J.L. (1965) : Psychothérapie de group e et psychodrame. Introduction
théorique et clinique à la socioanalyse. PUF, (2e éd. 1987), Paris.
·
NIMIER M. (2004): La reine du silence. Gallimard, Paris.
·
TISSERON S. (1996) : Secrets de famille, mode d’emploi. Ramsay-Archambaud,
Paris.
·
TISSERON S., TOROK M. & RAND N. (2000) : Le Psychisme à l’épreuve des
générations. Dunod, Paris.
·
VALLON S. (1985) : L’île mystérieuse, colloque Répétition/Novation. In
L’imparfait, 6, Revue de la Fédération d’espaces analytiques.
·
VELDMAN F. (1989) : Haptonomie, science de l’affectivité. Presses Universitaires
de France. Paris. (Nouvelle édition, 2001).
·
WARDI D. (1992) : Memorial candles : children of the Holocaust, London,
Routledge.
·
WINNICOTT D. W. (1975) :Jeu et réalité. Gallimard, col. Connaissance de
l’inconscient, Paris.
·
WINNICOTT D. W. (2000) : La Crainte de l’effondrement et autres situations
cliniques. Gallimard, Paris.
·
YEHOUDA R. (1995): Low Urinary cortisol excretion in holocaust survivors with
post traumatic stress disorders. American Journal of Psychiatry 152 : 982-996.
·
ZEIGARNIK B. (1927): Das Behalten erledigter und unerledigter Handlungen, in
Psychologische Forschung, 9, pp. 1-85 [sur les tâches achevées et interrompues].
·
Résumé en anglais : « On Finished and Unfinished Tasks », in ELLIS Willis D.,
·
A Source Book of Gestalt Psychology, New York, Harcourt-Brace, 1938. [Notes
·
personnelles de cours de dynamique des groupes, 1951, University of Michigan,
·
Ann Arbor, Anne Ancelin-Schützenberger].
[1]
Professeur des universités, Professeur émérite de l’université de Nice (France).
Psychanalyste, groupe-analyste, psychodramatiste certifiée TEP (USA).
[2]
Nous évoquerons plus loin la différence entre « trauma » et « traumatisme ».
[3]
L’arbre de vie (ou surtout le «
génosociogramme») représente l’arbre généalogique
de toute la famille, incluant les
évènements de vie marquants (
life-events), les
transmissions individuelles et les traumatismes du milieu familial, social, national,
politique, économique, culturel, politique, religieux, historique,... y compris bien sûr
ce qui touche à l’honneur, à l’argent, à l’héritage, à la santé et à la vie, et aussi les
guerres et leurs ravages... incendies, transferts de population, vols, viols, enfants
abandonnés, IVG, etc..
Cet arbre de vie, ce génosociogramme comporte plus ou moins d’évènements de vie
marquants et de générations, selon les auteurs et les praticiens.
[4]
Terme de Susan Kobasa (1979) provenant de «
hard» : ferme, maintien ferme de la
distance/barrière/bouclier face aux demandes d’autrui
[5]
À l’unisson, « sur la même longueur d’ondes », en faisant attention aux mimiques
involontaires, et à la manière de percevoir et de renvoyer sur les trois modes
visuel,
auditif, kinestésique. (Cf. les travaux de Grinder et Bandler sur les modes perceptifs,
1983).