2004
Cahiers critiques de thérapie familiale et de pratiques de réseau
Dossier
En secret ou en privé ?
Hugh Jenkins
[1]
Cet article examine des conséquences pour l’individu d’être forcé à promettre
de garder un secret qui va dominer tous les aspects de sa vie. L’auteur aborde aussi
le risque pour le thérapeute de reproduire dans ses interventions les dynamiques qui
ont existé entre le patient et des parents abuseurs.Mots-clés :
Secret, Privé, Honte, Toxicité, Angoisse, Temps passé, présent et futur, Représentations du monde intérieur, Systèmes de croyance.
This article examines the consequences for the individual of being forced to
promise to keep a secret which will dominate every aspect of her life. Even more,
there is how that can influence the therapist’s work where his efforts to help the
patient risks reproducing the same dynamics as existed between the patient and her
parents, that is her abusers.Keywords :
Secret, Private, Shame, Toxicity, Anxiety, Time past, present and future, Internal world representations, Belief systems.
Le secret ou le privé ? Entre ces deux mots, il existe un abîme de
différence dont le thérapeute doit tenir compte très souvent dans ses
interventions. Au sein de la thérapie, on aborde en même temps l’inclusion
et l’exclusion, les relations nocives pouvant aller jusqu’à provoquer la
détérioration de la santé mentale, et les relations qui protègent et nourrissent.
Il est nécessaire de rester vigilant vis-à-vis de ces différences parce que
respecter l’intimité de la vie conjugale ou garder quelque chose en privé pour
créer une surprise, a des conséquences toutes autres que le maintien de
secrets qui provoque parfois des dommages forts graves.
Je voudrais évoquer une patiente mariée qui avait quarante-six ans au
début de sa thérapie individuelle, et qui est maintenant âgée de cinquante et
un ans. Cette prise en charges a donc duré plus de cinq ans. Ses parents, âgés
aujourd’hui de soixante-huit ans, sont tous deux en prison. Ils ont été accusés
d’une série de crimes qu’ils ont reconnus : meurtre (à quatre reprises),
cannibalisme forcé, abus sexuels, coups et blessures, pornographie, rapports
sexuels avec un enfant mineur, port d’une arme prohibée, inceste et viol.
Comment comprendre qu’une telle horreur puisse demeurer secrète pendant
quarante-trois ans, c’est-à-dire depuis le premier abus sexuel à l’âge de trois
ans jusqu’à son dévoilement en consultation ?
Examinons d’abord ce que signifie le mot « secret ». Dans l’Oxford
Dictionary, on lit :
« Kept or meant to be kept private, unknown or hidden
from all or all but a few
[2]. » L’adjectif latin,
secretus veut dire :
« separate,
apart (from); private, secret, remote, hidden »
[3]. On aborde donc ainsi l’idée
de ce qui est privé, mais aussi de ce qui est caché, non-connu ou hors de
portée, ce qui nous renvoie bien au-delà de la simple notion de « privé ».
Le mythe d’Oedipe illustre les conséquences d’un secret non reconnu :
les difficultés d’Oedipe remontent au crime de son père, Laius, lequel a
entretenu des relations homosexuelles avec Chrysippus ; ce dernier s’est
alors suicidé, ce qui entraîna son père, Pelops, à jeter un sort sur Laius.
Oedipe dut alors rembourser la dette des actions de son père, sans jamais en
comprendre les raisons (Jenkins, 1985).
Une autre dimension du secret et de son impact apparaît dans la
promesse qui l’accompagne : la promesse de tenir un secret fait intervenir le
pouvoir, celui qu’on acquiert en étant associé à celui qui exige le secret. Si
je tiens le secret comme promis, je peux conserver la confiance de l’autre, et
bénéficier dès lors de sa protection, d’un statut, d’un rang social, ou même
avoir l’occasion de me rendre supérieur à cet autre. Dans les familles, il
arrive que les secrets engendrent des coalitions telles celles décrites par
Minuchin (1974), où deux personnes de rangs différents s’allient contre un
tiers du même rang que l’une d’entre elle. Un fonctionnement de ce type
devient vite problématique. Il y a donc des individus qui souscrivent à un
secret parce qu’il leur apporte le pouvoir, le prestige d’y participer, et un
sentiment d’appartenance. Par contre, certains n’ont pas le choix lorsque ne
pas donner sa parole comporte trop de dangers.
Les secrets impliquent un long chemin à suivre. Imber-Black (1993)
écrit :
« What is kept secret often engenders shame, while truly private
matters do not. Secrets are often connected to fear and anxiety regarding
disclosure, while privacy implies a certain zone of comfort, free from the
unwanted entry of others. »
[4] (p. 19).
Cet auteur fait la distinction entre ce qui est privé et ce qui est secret.
Elle évoque en plus la honte, la peur et l’anxiété associées aux secrets, alors
que ce qui est privé ne provoque pas ce type d’émotions puisqu’il s’agit là
d’un espace protégé. Plus loin elle suggère :
«When relationships are shaped by toxic or dangerous secrets, an
assumed “ right to conceal ” flows to the illicitly powerful, while the threat
of exposure envelopes the vulnerable. Relationship equity, towards which
meaningful therapy aims, emerges from the right to know that which affects
our lives and the right to give voice to our deepest pain.» (p. 27)
[5].
Imber-Black évoque ici une autre dimension, celle de la toxicité des
secrets : si ceux-ci sont dangereux, il s’agit du droit d’exiger la dissimulation,
imposé par celui qui tient l’autre à sa merci. Dans le cadre thérapeutique, il
est essentiel de préserver le droit de savoir, et de pouvoir donner voix à la
douleur la plus profonde de nos patients.
Le pouvoir des secrets : l’histoire de Michelle
Revenons à la vignette clinique présentée plus haut : dès sa petite
enfance, Michelle a subi des abus physiques, sexuels et psychologiques
abominables et quasi incompréhensibles. L’objet de cet article n’est pas
d’examiner en détail l’étendue de ce qu’elle a subi. Mais il faut quand même
mentionner certains faits. Selon l’aveu même son père, elle a subi son
premier viol à l’âge de trois ans, mais elle ne s’en souvient pas. Pour elle,
c’est lors de son cinquième anniversaire que les tortures ont commencé :
après l’avoir violée, ses parents ont égorgé devant elle le chat de la famille,
en lui disant que si jamais elle parlait de ce qui lui était arrivé, elle allait subir
le même sort. Michelle se souvient d’elle, couverte de sang, le sien et celui
du chat. Au cours des années qui ont suivi, son père la rendit quatre fois
enceinte, et sa mère, qui avait une formation d’infirmière, la fit avorter trois
fois ; le quatrième avortement eu lieu spontanément, suite à des coups de
pied au ventre. À chaque fois, ses parents l’obligèrent à avaler des morceaux
du fœtus. Durant toute son enfance, elle souffrit de maltraitance physique :
os fracturés, emprisonnements dans des cabanes de jardin où ils la ligotaient,
ou dans sa chambre où ils l’enchaînaient à son lit. La famille déménageait
chaque fois, de sorte que les autorités perdaient la trace de cette enfant
terrorisée et traumatisée.
Que valait ce secret imposé par les parents à leur fille ? Rien, bien sûr,
du point de vue d’une validité quelconque, mais pour elle, garder ce secret
lui garantissait la vie sauve, la survie même.
La honte – celle de l’outrage commis, du sentiment d’y avoir participé
et d’en être contaminé – enferme complètement l’individu sans lui laisser la
possibilité de fuir. Par conséquent, tout contribue à une perte du sentiment
d’exister en tant qu’être humain. Je me souviens d’une jeune fille violée qui
disait que par après, elle aurait préféré mourir, car elle croyait que c’était de
sa faute qu’un homme l’avait attaquée et qu’elle ne l’en avait pas empêché.
La honte ronge de l’intérieur, de sorte qu’on a l’impression de perdre son
identité. De plus, la victime se sent d’une certaine manière complice sans
échappatoire possible.
Dans le cas de Michelle, une identité négative s’est installée : « c’est
moi qui suis malveillante, qui mérite ce qui m’arrive, et donc je ne peux
résister à ce que mes parents me font et me disent ; en effet, si je n’étais pas
ainsi, ils ne le feraient pas. » En plus, elle gardait toujours l’espoir que si elle
subissait leur maltraitance, elle pourrait racheter finalement ses « péchés »
et récupérer l’affection de ses parents. Mais d’un autre côté, son péché est
d’exister ; elle ne pourra jamais l’effacer, sauf en mourrant. Peu importe que
ces parents soient eux aussi, coincés dans une épistémologie infernale qui
leur dicte de continuer à la persécuter afin de justifier leurs actes antérieurs.
Ils cherchent une preuve qui justifierait la poursuite des abus. Ainsi, ils
prennent des photos qui prouvent à leurs yeux combien elle était mauvaise,
et le père note depuis le début dans un journal de bord (elle avait alors trois
ans) tous les abus. Ils l’abattent et continuent à l’abattre pour récolter les
preuves de son abjection. S’ils arrêtent, cela mettrait en doute tout ce qu’ils
ont fait jusque-là. Mais à la différence de leur fille, ils ont le pouvoir de
déterminer ce qui se passe, où et quand. Michelle ne peut pas plus les apaiser,
qu’eux-mêmes ne peuvent le faire, enfermés qu’ils sont dans leur
épistémologie psychotique. Michelle était bien sûr incapable de comprendre
une telle chose.
Les secrets et leur force
Le pouvoir d’un secret tel que celui de Michelle se manifeste par sa
manière de s’insinuer dans les systèmes de croyance. Il devient son identité.
Mais pire encore, il l’amène à se sentir coupable sans jamais connaître le
motif d’accusation, et donc sans possibilité d’échappatoire. Elle est comme
prise au piège.
Le secret enveloppe l’individu comme un manteau, l’incarcère en
quelque sorte. Il devient un espace de réalité où personne ne peut pénétrer,
et dont celui qui « l’habite » n’aura jamais la clé pour en sortir, qu’il soit
victime ou abuseur. De plus, tous ceux qui essaient de pénétrer ce domaine
seront soupçonnés d’être comme les persécuteurs. Si le thérapeute veut
mieux comprendre et aider à libérer cet « otage », il a besoin d’informations,
doit donc poser des questions. Ce faisant, il risque de devenir comme les
parents car, à l’image de ce que ceux-ci ont fait pendant quarante ans, lui
aussi cherche des « preuves ». Les parents cherchaient des preuves afin de
justifier leurs actes et poursuivre les abus. Le thérapeute risque donc de faire
germer un autre « secret » et de se mettre lui aussi en position d’abuseur,
même si c’est dans un mouvement bienveillant. Faire remarquer ou même se
rendre compte d’une telle situation est particulièrement difficile. Le thérapeute
a la responsabilité de savoir ce qui se passe dans le processus de la thérapie
pour comprendre ce parallélisme, et devrait pouvoir en parler avec le patient.
Sans cela, il risque de devenir aussi coupable que les parents aux yeux du
patient, et de se trouver pris lui aussi au piège. Le processus thérapeutique
pourrait alors se coincer et l’impact du secret s’en trouver paradoxalement
augmenté.
Il me semble utile de penser à trois perspectives temporelles – le
passé, le présent et le futur – et aux relations qu’elles entretiennent entre elles
(Jenkins, 2004) comme le montre la Figure 1. J’y représente différents
aspects : le présent par rapport au passé (comment c’était, ou de manière
hypothétique, comment cela aurait pu être), le présent par rapport au futur
(comment ce sera, comment ce pourrait être si…), le futur par rapport au
passé (comme c’était, etc.) et le présent entre le passé et le futur (comment
c’était / sera / aurait pu être / pourrait être, etc.). Cette appréhension du temps
offre au thérapeute beaucoup de possibilités. Même si nous travaillons dans
le présent, c’est toujours dans le contexte du passé qui le précède, lequel était
particulièrement lourd pour Michelle. Nous restons aussi intéressé au futur,
même si les interventions s’adressent surtout au moment présent. Pour
Michelle, on observait souvent un présent figé dans le passé, ce dernier
paraissant plus vrai que le moment présent du cabinet de consultation.
D’autre part, le futur se présente à elle comme un paysage complètement
fermé et interdit. Il lui semblait n’avoir qu’un présent pour survivre et un
passé à fuir ou à effacer, mais qui persistait à revenir en dépit de tout.
Figure 1
Du présent vers le futur en passant par le passé
Dès notre naissance, nous établissons les fondements de notre être,
(Klein, 1959). Pourtant, le monde de la thérapie familiale m’a semblé nier ce
fait incontestable pour moi, de l’existence humaine. Cette prise de position
s’explique par le fait que ce courant s’est formé en réaction à l’hégémonie
du monde médico-psychanalytique. Pour ce qui concerne Michelle, elle a
vécu dès sa naissance dans le monde construit sans issue par ses parents :
quoi qu’elle ait pu faire, elle a toujours été mauvaise, n’a jamais eu droit à
la vie, et si elle avait osé en parler autrui, elle se serait fait battre. Pire encore,
elle a trahi le secret imposé par ses parents lorsqu’elle avait cinq ans selon
ses souvenirs, mais peut-être même avant si l’on se fie à l’aveu de son père.
Ce que ses parents ont créé, c’est un monde hermétique sans aucun autre
point de repère que ceux offerts par la famille. Ce monde est dominé par la
peur et renforce progressivement chez elle la conviction que parler de ce qui
se passe équivaut à faire mal à ses parents, ce qui serait injuste. « Injuste »
est un mot qu’elle utilise répétitivement à cet égard : c’était « injuste » que
ses parents soient en prison à cause d’elle. La conséquence de ce processus
est qu’elle a perdu la notion-même d’elle-même, le sentiment de posséder
des droits. En quelque sorte tout se passe comme si elle pouvait perdre
l’autorisation d’exister si elle « faisait mal » à ses parents.
On voit donc que toutes ses représentations intérieures sont « tordues ».
La Figure 2 illustre sa situation : elle ne peut concevoir de relations basées
sur la confiance en autrui. Elle ne possède que des images de crainte et de
privation de droit à la vie. Elle ne peut se fier à ses émotions propres. En effet,
c’est seulement dans le décours de la thérapie qu’elle commencera à
connaître des émotions agréables jamais éprouvées auparavant, l’amour et
la tendresse envers son mari par exemple. Il a fallu entreprendre une sorte de
reconstruction psychique, mais en même temps, une lutte avec la réalité ; en
effet, ses parents continuaient à l’attaquer, parfois quotidiennement, et j’ai
dû la persuader qu’elle avait le droit de « se défendre » et d’appeler la police,
qu’elle n’était pas fautive. Cela a impliqué qu’elle puisse évoquer au cours
des séances ce qui s’était passé et avait encore lieu, et qu’ensuite elle le fasse
auprès d’étrangers. Ce travail déjà très difficile l’était encore plus du fait que
l’abus continuait, et que ses parents persistaient à la menacer de mort si elle
en parlait.
Tout au long de la thérapie, il a fallu la rassurer en lui répétant qu’elle
faisait ce qu’il fallait pour se protéger et qu’elle ne devait pas craindre les
conséquences du dévoilement du secret, bien qu’en réalité, les menaces de
mort étaient bien réelles. J’avais le sentiment d’avoir devant moi un enfant
très jeune qui revivait des traumatismes au présent, dans le cabinet de
consultation.
Figure 2
Représentations alternées du monde intérieur
Dans la Figure 2, j’ai représenté deux éventualités: en bas à droite, le
petit cercle décrit une famille soi-disant normale, où chaque membre porte
en lui des représentations de relations familiales nourrissantes qu’il peut
intégrer dans une vie lui permettant d’établir des relations saines et d’avoir
des contacts intimes etc.; le petit cercle en bas au centre représente le cas de
Michelle : son monde intérieur n’est tissé que des expériences effrayantes
qu’elle a vécues et continuait à vivre quand elle est arrivée en thérapie. Cette
matrice ne permet pas à Michelle d’exister de manière indépendante. Dans
le cercle que j’ai esquissé, on la voit comme écrasée et privée « d’oxygène ».
Sa tâche dans la vie est de survivre. Il y eut des moments où elle devait se
forcer à ne pas demander à son mari de l’accompagner au tribunal, malgré
sa peur de s’y rendre seule. Elle avait toujours survécu toute seule durant son
enfance, donc, elle devait logiquement continuer de la même façon.
C’est en discutant de tout cela avec elle que pour la première fois, elle
fut capable d’exprimer ses sentiments de colère. Les agents sociaux, les
médecins de famille, les enseignants : tous l’avaient négligée ; pourquoi
donc devrait-elle se fier à n’importe qui maintenant ? Le monde est
dangereux, se méfier de tous et de toutes était devenu pour elle la maxime à
suivre, mais en même temps, elle craignait de n’avoir plus personne autour
d’elle. Petit à petit, de séance en séance, elle commença à faire confiance,
mais avec toujours en toile de fond, le vécu du danger lié au fait d’avoir brisé
le secret.
Nous avons évoqué ici les systèmes de croyance qui opèrent surtout
au niveau de l’inconscient. Ils déterminent nos manières d’agir, en même
temps que nos comportements influencent nos systèmes de croyance au
cours du temps. Quelqu’un ayant subi des abus pendant plus de quarante ans,
aura beaucoup de difficultés à changer ses systèmes de croyance à son propre
sujet et à celui d’autrui. Mais sans un tel changement, il est peu vraisemblable
d’arriver à des résultats durables. Michelle est l’exception qui confirme la
règle.
Conclusion
Lorsque la notion d’exister est fort affaiblie, construire des structures
suffisamment solides pour résister aux menaces des conséquences de la
révélation d’un secret infernal est extrêmement difficile. Du point de vue du
thérapeute, il ne suffit pas de s’en tenir à un seul modèle de thérapie ou de
changement (Jenkins, 1985, 1986; Jenkins and Donnelly, 1983; Yalom,
1989, 2001). A mon avis, il y a lieu d’intégrer de multiples modèles afin de
s’adresser de manière sensible au monde intérieur, extérieur, et dans ce cas-
ci, au monde judiciaire également, car, si la patiente ne peut se défendre, elle
risque de se faire abuser, voire même tuée. Durant toute la thérapie, la peur
des conséquences de la révélation du secret était présente. Même si elle
n’avait aucune valeur objective, elle faisait en quelque sorte partie de
l’identité de la patiente. Le déroulement des consultations constitue une
tentative réussie d’annuler l’effet de ce secret qui durait depuis plus de
quarante-cinq ans.
·
IMBER-BLACK E. (Ed.) (1993) : Secrets in Families and Family Therapy. New
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·
JENKINS H. (1985) : Orthodoxy in family therapy practice as servant or tyrant.
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JENKINS H. (1986) : A family and other systems: treatment within a structural-
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JENKINS H. (2004, sous presse) : « Je n’ai que moi » : le temps et l’espace
thérapeutiques dans le trajet personnel du thérapeute. Générations.
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JENKINS H. & DONNELLY M. (1983) : The therapist’s responsibility: a systemic
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KLEIN M. (1959) : Our adult world and its roots in infancy. Pp. 247-263, in KLEIN
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MINUCHIN S. (1974) : Families and Family Therapy. Tavistock, London.
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YALOM I. (1989) : Love’s Executioner and Other Tales of Psychotherapy. Penguin
Books, Harmondsworth.
·
YALOM I. (2001) : The Gift of Therapy: Reflections on Being a Therapist. Piatkus
Publishers, London.
[1]
Senior Lecturer, Institute of Psychiatry, Londres, et thérapeute en pratique privée.
Ancien Directeur de l’Institute of Family Therapy, Londres; ancien président de
l’Association for Family Therapy de Grande Bretagne, et membre fondateur de
l’EFTA.
[2]
«
Gardé ou moyen de garder privé, non su ou caché de tous ou de la plupart. »
[3]
« Séparé, à l’écart (de), privé, secret, éloigné, caché ».
[4]
« Ce qui est gardé en secret engendre souvent de la honte, alors que ce qui est vraiment
privé ne le fait pas. Les secrets sont souvent liés à la peur et l’anxiété par rapport à la
divulgation, tandis que le privé implique une certaine zone de confort, sans le risque
d’y voir entrer des indésirables. »
[5]
Quand les relations sont formées par des secrets dangereux ou toxiques, ceux qui ont
une puissance illicite s’arrogent un « droit de cacher », tandis que la menace d’être
exposé enveloppe les vulnérables. L’établissement de relations équitables qui constitue
l’objectif de la thérapie, implique le droit de savoir ce qui affecte nos vies et de donner
voix à nos douleurs les plus profondes.