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Cahiers critiques de thérapie familiale et de pratiques de réseaux

2005/2 (no 35)



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Les sociétés occidentales connaissent un changement du rôle du père, tant au niveau de sa présence effective au sein de la famille, qu’au niveau des représentations que l’on s’en fait. Comme le montre le colloque épistolaire mené par Zaouche-Gaudron (2001), la fonction du père est une question épineuse, car elle entraîne des débats qui dépassent la problématique paternelle. Or, même si les changements – comme le suggérait Serge Lebovici dans un texte posthume (2001) – sont sans doute moins profonds qu’on ne le croirait, ils amènent de plus en plus à se poser cette question de la place du père dans le développement de l’enfant. Dans l’exposé qui suit, nous envisagerons les différents travaux relatifs à l’attachement au père pour tenter de clarifier l’importance de ce parent dans la vie affective de son enfant.

1 - L’attachement père-enfant a-t-il une raison d’être ? Perspectives évolutionnistes

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Si cette question peut paraître provocatrice au regard de ce que nous connaissons et observons au quotidien dans les foyers qui nous entourent, il convient néanmoins de nous la poser selon une perspective évolutionniste, dans la mesure où la théorie de l’attachement repose sur le principe darwinien de survie de l’espèce. Rappelons en effet que d’après Bowlby (1969), l’attachement à un sujet adulte a pour fonction de protéger le jeune contre les agressions extérieures et ainsi promouvoir sa survie et consécutivement, celle de l’espèce. On peut donc s’interroger sur la nécessité du père (par rapport à la mère) à remplir cette fonction protectrice.

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Sur ce point, Bowlby n’a pas clairement pris position. Il a introduit la notion de monotropie (1969), en défendant l’idée qu’il existe une hiérarchie dans les liens affectifs que l’enfant tisse, et que sa relation avec sa figure d’attachement principale – généralement la mère – reste la plus déterminante pour son développement. En dehors de cela, aucune mention n’est faite par rapport à l’importance respective du père ou de la mère sur le plan de l’attachement.

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Par contre, les sociobiologistes qui, comme Bowlby, expliquent les comportements humains en fonction de la sélection naturelle, se sont penchés sur la question de la place spécifique du père dans la vie de l’enfant. Ils partent du principe que le but principal d’un organisme est de maximiser sa descendance (Krebs & Davies, 1991). Ceci implique non seulement le fait de transmettre ses gènes, mais aussi d’élever sa progéniture jusqu’à sa maturité. Or, chez les mammifères, l’élevage du petit mobilise beaucoup la femelle, tant pendant la grossesse qu’après la naissance (avec l’allaitement). En raison de la vulnérabilité du jeune, il est dans l’intérêt de la femelle de se consacrer à lui si elle veut assurer sa survie. Du fait des changements hormonaux qu’elle subit lorsqu’elle le met au monde, elle est biologiquement prédisposée à être celle qui occupe la place de figure d’attachement. Dans cette mesure, le père est libre de s’accoupler avec d’autres femelles, pour augmenter davantage ses chances de se reproduire.

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En voulant défendre la place du père, Michael Lamb (Lamb et al., 1985) rappelle qu’il convient de tenir compte du contexte écologique dans lequel se trouve la famille. Plus précisément, il souligne le fait que chez certaines espèces (notamment les marmousets), l’élevage des enfants demande un investissement trop important pour la seule mère et nécessite l’assistance du père. Ainsi libérée d’une large part de responsabilités, la mère peut alors plus rapidement envisager la conception de nouveaux enfants.

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Il est vrai qu’un tel partage des tâches peut aisément se concevoir dans l’espèce humaine pour laquelle les soins procurés à l’enfant demandent aussi un investissement important. Nous pensons cependant que cette question ne suffit pas à restaurer au père sa fonction de figure d’attachement. Comme en témoignent de nombreuses familles « traditionnelles », l’homme peut effectivement participer à l’entretien du foyer, sans pour autant être directement impliqué dans l’éducation de l’enfant. Le bien-fondé de l’attachement père-enfant n’est alors pas irrécusable.

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Un autre point soulevé par Lamb, qui paraît plus probant par rapport à la fonction du père, est que malgré les prédispositions biologiques dont fait l’objet la femme, l’apprentissage du maternage reste possible et donc accessible à d’autres individus que la seule mère.

2 - Les pères sont-ils capables de materner ?

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Sans vouloir jouer sur les mots, on en arrive à s’interroger sur la capacité des pères à materner, c’est-à-dire à pouvoir répondre aussi sensiblement aux besoins de leur enfant que les mères. Faut-il signaler que chez les singes rhésus, (qui ont inspiré Bowlby dans sa pensée théorique), on observe des manifestations affectives des mâles adultes à l’égard des jeunes (Harlow et al., 1963) ? Pour appuyer l’idée que le père représente pour l’enfant une figure d’attachement, Lamb (1996) cite plusieurs études que nous rappelons ici.

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Tout d’abord, à propos de la « sensibilité paternelle » : Lamb soutient que sur le plan biologique, il n’existe aucune différence entre homme et femme dans la manière de réagir à un bébé. Dans une étude menée avec Frodi (Frodi et al., 1978a, 1978b), il ne note aucune différence entre pères et mères dans leur mode de réaction psychophysiologique (rythme cardiaque, pression artérielle, réponse électrodermale) à un film présentant des bébés calmes, en train de sourire ou en train de pleurer. Dans une expérience similaire auprès d’enfants de 8 et 14 ans (Frodi & Lamb, 1978), il ne relève encore une fois aucune différence entre filles et garçons. Toutefois, lorsque les expérimentateurs placent les sujets dans une salle d’attente où se trouvent une mère avec son bébé, les adolescentes réagissent davantage à la présence du nourrisson (cette fois à un niveau comportemental) que les adolescents. Selon Lamb, cette différence dans le comportement, que l’on n’observe pas au niveau des réactions psychophysiologiques, s’expliquerait par des pressions sociales encourageant les filles, plus que les garçons, à adopter une attitude maternelle.

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Malgré ces influences culturelles, plusieurs travaux témoignent d’une relative ressemblance dans les réactions d’attachement des pères et des mères lors des premiers échanges avec leur bébé. Par exemple, lorsqu’on leur présente leur nouveau-né pour la première fois, les pères réagissent de la même façon (Klaus, Kennell, Plumb & Zuehlke, 1970) et interagissent avec lui autant que les mères (Parke & O’Leary, 1976). La manière des pères de se comporter avec le nouveau-né et leur sensibilité à l’égard des signaux qu’il émet lorsqu’ils lui donnent à manger sont également assimilables aux façons de faire des mères (Parke & O’Leary, 1976 ; Parke & Sawin, 1977 in Lamb, 1996). D’après leurs dires, les pères sont aussi anxieux que les mères lorsqu’ils doivent confier leur bébé à quelqu’un d’autre (Deater-Deckard, Scarr, McCartney & Eisenberg, 1994). En bref, bien qu’ils n’aient pas été choisis pour mettre au monde leur enfant, les pères peuvent néanmoins faire preuve d’une attention et d’une sensibilité initiales tout aussi grandes à l’égard du bébé que les mères.

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Du côté de l’enfant non plus, le père ne paraît pas simplement occuper une place secondaire. Le lien d’attachement avec ses deux parents semble se tisser pour lui au même moment. Alors que les bébés distinguent bien une personne familière d’une personne inconnue, les comportements d’attachement qu’ils expriment n’indiquent aucune préférence pour l’un ou l’autre de leurs parents à 7, 8, 12 ou 13 mois (Lamb, 1977c). Dans les kibboutz israéliens, on observe le même phénomène à 8 et 16 mois (Sagi, Lamb, Shoham, Dvir, Lewkovicz, 1985). Aux âges de 12, 15, 18 et 21 mois, les bébés protestent tout autant au départ de leur père qu’à celui de leur mère et leur réservent à l’un comme à l’autre un accueil chaleureux (Kotelchuck, 1972 in Lamb, 1996).

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Les résultats des travaux que nous venons de mentionner nous permettent de conclure que le père a bien les dispositions nécessaires qui lui permettent d’assurer à son enfant une certaine sécurité, sécurité qui va s’avérer importante pour ce dernier. Toutefois, nombreuses sont les études qui laissent aussi entendre que le père est moins apte ou moins important que la mère en matière d’attachement.

3 - La « supériorité » des mères

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Si l’on en croit les évaluations de certains chercheurs, il semblerait, d’après des mesures parentales, que les pères sont globalement moins sensibles aux signaux de leur enfant que les mères (Power & Parke, 1983 ; Heerman, Jones & Wikoff, 1994). Lamb (1996) pense que c’est parce les hommes s’occupent moins de leur petit, qu’ils en arrivent à ne pas saisir aussi bien ce dont il a besoin. Peut-être aussi doutent-ils eux-mêmes de leur capacité à s’occuper d’un enfant. En interrogeant, 5 jours après la naissance, des parents d’enfants malades pour lesquels la grossesse et l’accouchement avaient été difficiles, de Château (1976) a constaté que les pères s’estimaient moins importants pour leur enfant par rapport aux mères.

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Mais quel est le point de vue de l’intéressé : le bébé ? Ce que l’on sait, c’est qu’à un an, les enfants babillent plus avec le parent de même sexe qu’avec celui de sexe opposé (Spelke, Zelazo, Kagan, & Kotelchuck, 1973). Aussi, les garçons (mais non les filles) passent-ils plus de temps à regarder leur père que leur mère (Ban & Lewis, 1974). À partir de la deuxième année, on observe encore chez les garçons une tendance à rester plus à proximité du père (Lamb, 1977a, 1977b).

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En dépit de cette préférence, on ne peut se prononcer sur qui est, pour l’enfant, la principale figure d’attachement. Rappelons que selon la définition de Bowlby, une figure d’attachement est censée représenter, avant tout, un havre de sécurité et non une source d’intérêt au sens large. Ainsi, c’est la personne vers qui l’enfant se tourne lorsqu’il se sent en danger qui constitue la principale figure d’attachement ou « base sécurisante ». Or, dans ce domaine, c’est bien la mère qui occupe le plus souvent le premier rang. En présence de leurs deux parents, les enfants en détresse se tournent plus souvent vers leur mère que vers leur père à 12 et à 18 mois (Lamb, 1976a, 1976d). Ce choix n’est cependant pas systématique : aux âges de 8 et 21 mois, cette préférence pour la mère n’est plus évidente (Lamb, 1976b, 1976c).

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La préférence pour la mère peut-elle s’expliquer par sa présence plus continue aux côtés de l’enfant et l’habitude de celui-ci de se réfugier vers elle ? Il semblerait que ce ne soit pas le cas, étant donné que dans des familles où le père s’occupe des enfants et la mère travaille, on relève la même préférence pour la mère (Lamb, 1982). Devant cet état de fait, on peut s’interroger, comme le fait Frascarolo (2001), sur la validité des équations « mère = nature » et « père = culture », en se demandant si le rôle occupé par le père en tant que figure d’attachement relève plus de la culture que de la nature.

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La majorité des travaux sur la transmission intergénérationnelle des modalités d’attachement laissent aussi entendre que le père n’occupe qu’une place secondaire dans le développement affectif de l’enfant. En comparant les représentations des parents aux comportements d’attachement de leur bébé, Main, Kaplan & Cassidy (1985) ont relevé une influence notable de la part de la mère, mais assez faible du côté du père. Des répliques de cette étude ont abouti à des résultats similaires (Steele, Steele & Fonagy, 1996), certaines allant même jusqu’à ne trouver aucune relation entre les caractéristiques paternelles et celles de l’enfant (van IJzendoorn et al., 1991 ; voir aussi van IJzendoorn, 1995 pour une méta-analyse). Les résultats de recherche sur l’influence paternelle au niveau des représentations d’attachement de l’enfant sont tout aussi décevants (Miljkovitch, Pierrehumbert, Bretherton & Halfon, 2004).

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Ainsi, les recherches visant à comparer l’importance relative de chaque parent sur le plan de l’attachement mènent généralement à la conclusion que c’est la mère qui occupe la première place. Mais finalement, n’est-ce pas logique qu’en testant chez le père des caractéristiques typiquement maternelles, on aboutisse à de tels résultats ? En étudiant le père comme s’il était une mère, son importance propre ne peut ressortir. Dans la plupart des recherches mentionnées ci-dessus, l’étude de la relation du père à l’enfant est calquée sur l’étude de la relation de la mère à l’enfant, tant sur le plan théorique (avec le recours à des concepts tels que la sensibilité parentale, définie à partir de la dyade mère-enfant), que sur le plan méthodologique (avec l’application d’outils élaborés avec les mères). Voilà pourquoi le fait de considérer le père comme une figure d’attachement non seulement distincte mais différente de la mère peut nous aider à saisir les enjeux qu’il présente pour le développement affectif de l’enfant.

4 - Le domaine des pères

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Les recherches visant à faire émerger les spécificités de chacun des deux parents concordent à peu près toutes sur un point : les interactions mère-enfant ne sont pas équivalentes aux interactions père-enfant. Même si l’on retrouve les mêmes styles d’attachement (sécure, évitant ou résistant) à l’égard du père et de la mère (Fox, Kimmerly & Schafer, 1991), ceux-ci varient quelque peu en fonction du sexe du parent (Bridges, Connell & Belsky, 1988).

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Globalement, on constate que le père représente un partenaire de jeu privilégié (Clarke-Stewart, 1977, 1978 ; Kotelchuck, 1976), alors que la mère, elle, échange plus avec son enfant dans un contexte de soins (par exemple, le nourrissage, la propreté : Lamb, 1977c ; Belsky, Gilstrap & Rovine, 1984 ; Belsky & Volling, 1986). Il est important de noter que ces différences apparaissent en dépit de l’investissement parental (Field, 1978). Même dans les familles où l’homme garde les enfants ou dans les kibboutz israéliens où les deux parents interviennent à un même degré dans l’éducation des jeunes, on retrouve ces différences entre les comportements maternels et paternels (Lamb, Frodi, Hwang & Frodi, 1982 ; Lamb, Frodi, Hwang, Frodi & Steinberg, 1982 ; Sagi, Lamb, Shoham, Dvir & Lewkowicz, 1985).

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Certes, le style d’interaction du père, du fait qu’il est différencié de celui de la mère, remplit une fonction au niveau de l’identité sexuée du jeune enfant (Zaouche-Gaudron, 1997) ; mais si l’on doit rester dans le cadre strict de l’attachement, on doit plutôt se demander si les interactions ludiques remplissent une quelconque fonction par rapport au sentiment de sécurité de l’enfant. Nous avons déjà précisé que l’objectif ultime de l’attachement est de promouvoir la survie de l’espèce. Bowlby a beaucoup insisté sur le besoin de protection du jeune, mais il a aussi évoqué avec Ainsworth l’importance du sentiment de sécurité dans l’exploration de l’environnement (Ainsworth et al., 1978 ; Bowlby, 1988). Grâce à la présence d’une « base sécurisante », c’est-à-dire d’une figure d’attachement bienveillante et fiable, l’enfant peut se sentir suffisamment en confiance pour entreprendre ce qu’il n’oserait faire autrement. De fait, l’exploration de l’environnement n’est possible ou efficace que si le bébé sent qu’on veille sur lui et qu’il n’a pas à craindre pour sa sécurité. La prise d’autonomie et la découverte du monde extérieur peuvent donc être considérées comme l’aboutissement de l’attachement. Grossman, Grossman & Zimmermann (1999) proposent d’ailleurs que la sécurité au niveau de l’exploration soit intégrée au concept de sécurité d’attachement, car elle permet à l’enfant de s’adapter à son environnement et représente ainsi une fonction de l’attachement.

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Bien sûr, les besoins d’attachement de l’enfant varient en fonction de son âge. Au début de la vie, il est tellement démuni qu’il lui faut avant tout un contact et des soins très rapprochés. Mais à mesure qu’il grandit, il est capable de s’éloigner et d’apprendre à maîtriser l’environnement par lui-même. Or, c’est justement là que le père intervient, au moment même où il s’apprête à se confronter au monde extérieur (Lewis & Weintraub, 1976). Grâce au jeu, le père sécurise l’enfant dans sa découverte de l’inconnu. Non seulement il est choisi comme partenaire de jeu privilégié, mais il se distingue par sa manière de jouer, différente de celle, plus verbale, de la mère. Plusieurs travaux indiquent que son style de jeu est plus actif, stimulant et physique, avec des « bagarres », des lancers et des chatouillis (Lamb, 1977c ; Lewis & Weinraub, 1976 ; Parke & Sawin, 1980 ; Pedersen et al., 1979). La mère, de son côté, cherche davantage à attirer l’attention visuelle de l’enfant (Yogman, 1981 ; Power & Parke, 1983), utilise plus les jouets et intervient de façon plus intellectuelle et didactique (Clarke-Stewart, 1977 ; MacDonald & Parke, 1984).

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Les jeux vigoureux que le père met en place avec l’enfant représentent pour ce dernier une prise de risque. En poussant l’enfant à expérimenter des choses nouvelles qui, à première vue, lui paraissent inquiétantes, mais dont le père sait qu’elles ne mettent pas en cause sa sécurité, il développe une confiance en sa capacité à affronter le monde, qui l’aide à prendre son autonomie. Peut-être alors le père est-il plus susceptible de se montrer sensible à l’égard de l’enfant dans le contexte du jeu que dans celui du « maternage ». Une étude longitudinale menée par Grossmann et al. (2002) montre d’ailleurs que la sensibilité du père pendant le jeu à un an permet de prédire l’attachement de l’enfant à 10 ans et même à 16 ans.

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L’idée que la relation avec le père joue un rôle dans la capacité de l’enfant à s’ouvrir vers l’extérieur a été confirmée par plusieurs recherches empiriques. À déjà 5 mois, on trouve un lien entre l’implication paternelle (d’après la mère) et la tendance du bébé à répondre aux sollicitations sociales (Pedersen et al., 1979). En observant des bébés suédois, Lamb, Hwang, Frodi et Frodi (1982) ont trouvé que c’est la qualité de l’attachement au père et non à la mère qui est déterminante dans la sociabilité à l’égard d’une personne inconnue. Kromelow et ses collègues (1990) ont également relevé que les garçons sécures avec leur père sont plus sociables que les garçons insécures, alors qu’aucun lien avec l’attachement à la mère n’apparaît.

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D’après Fonagy et Target (1997), la disposition du parent à jouer dans ses interactions avec son enfant constitue le fondement du développement ultérieur d’un fonctionnement réflexif chez l’enfant. MacDonald et Parke (1984) pensent qu’au travers du jeu physique, l’enfant apprend à se rendre compte de la signification de ses actes et de comment ceux-ci opèrent dans ses relations avec autrui. Par la même occasion, il acquiert la capacité à comprendre les signaux d’autrui. En apprenant ainsi à son enfant à réguler les interactions interpersonnelles, le père joue un rôle important dans son développement social. MacDonald et Parke ont mis en évidence une relation entre la qualité du jeu du père et la popularité de son enfant auprès de ses camarades de classe. Plus le père instaure des jeux physiques non dirigés, qui suscitent des affects positifs, plus son enfant a de succès auprès de ses pairs.

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La capacité du père à sécuriser l’enfant dans sa prise de risque se confirmerait aussi sur le plan de l’exploration du monde physique. En observant un petit échantillon de dyades parents-enfant en milieu aquatique, Le Camus (1992) suggère que les bébés seraient plus sensibles aux invitations à prendre des initiatives venues du père qu’à celles venues de la mère. Le Camus en conclut que les pères se révèlent être de « meilleures rampes de lancement » que les mères.

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Ainsi, nous pensons, à l’instar de Le Camus (2000), que les nouvelles perspectives de recherches sur les contributions maternelle et paternelle devraient prendre en compte à la fois la bipolarité parentale (père et mère ne sont pas fonctionnellement interchangeables) et la bipolarité des besoins de l’enfant (l’enfant est en quête aussi bien de « sécurisation » que d’« invigoration » et d’« autonomisation »). Il ne s’agit donc pas de faire jouer au père le rôle d’une mère bis (Le Camus, 2000 ; Miljkovitch, Pierrehumbert, Turganti & Halfon, 1998).

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Pour ce qui est de l’influence spécifique du père dans la construction de représentations d’attachement de son enfant, on s’aperçoit, en utilisant une mesure qui n’est pas basée sur la relation à la mère, que le rôle joué par le père n’est pas si négligeable (Miljkovitch et al., 1998). Outre son importance, ce rôle paraît une nouvelle fois qualitativement différent. Comme les travaux précédents sur la transmission intergénérationnelle le laissent supposer, on retrouve bien un lien entre les représentations d’attachement de la mère et le degré d’insécurité présenté par son enfant lors d’une épreuve d’histoires d’attachement à compléter. Par contre, du côté du père, on observe un tout autre phénomène : il semble davantage intervenir au niveau des représentations d’attachement sémantiques (modèle conscient et généralisé de la famille) que l’enfant développe. Cela semble indiquer que le père transmet un modèle désirable des relations d’attachement, modèle qui conditionne l’enfant dans sa conception des rapports interpersonnels, et particulièrement ceux qui le concernent. En outre, une méthodologie développée à partir de l’attachement des pères a livré des résultats suggérant que celui-ci joue aussi un rôle particulièrement important dans la gestion de l’anxiété et la résolution de problèmes relatifs à l’attachement (Miljkovitch & Teixeira, 2004).

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Pendant longtemps, on a considéré que le père jouait un rôle important dans la prise d’indépendance de l’enfant car, dans son rôle de tiers, il distend la relation mère-enfant, laissant plus libre ce dernier de s’épanouir en dehors de ce lien. Cependant, il apparaît aujourd’hui que le père aide bien l’enfant dans cette prise d’indépendance, en étant pour lui non seulement un tiers, mais aussi une figure d’attachement. Grâce à sa capacité à le sécuriser dans sa découverte progressive du monde, il promeut chez lui un sentiment de confiance et d’autonomie, ce qui constitue, comme nous l’avons déjà souligné, un des objectifs principaux du lien d’attachement. À l’évidence, père et mère n’apportent pas les mêmes ressources à leur enfant, et de fait, représentent tous deux des figures d’attachement importantes. Alors que la mère permet à son bébé d’acquérir un sentiment de quiétude en veillant sur lui avec beaucoup de constance, le père montre à son enfant comment discerner et apprivoiser les difficultés venant de l’extérieur.

5 - Conclusion

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Au fil des recherches, on s’aperçoit qu’il y a eu une évolution dans la manière d’aborder la place du père en tant que figure d’attachement. Sa position par rapport à la mère pose la question de ce qu’il peut apporter en plus dans la vie de l’enfant. Carollee Howes (1999) s’est interrogée sur les façons dont différents liens d’attachement participent au développement de l’enfant. Elle propose trois modèles possibles :

  1. le modèle hiérarchique selon lequel le lien à la figure d’attachement principale influence les modalités relationnelles de l’enfant dans tous ses autres liens ;

  2. le modèle intégratif selon lequel chaque relation a une importance comparable, avec une possibilité de compensation en cas de défaillance de l’une des relations, et enfin

  3. le modèle indépendant selon lequel chaque lien a ses caractéristiques propres et influence un domaine spécifique du développement de l’enfant.

Les travaux que nous avons recensés illustrent chacune de ces trois approches. Avec son concept de monotropie, Bowlby s’inscrit plutôt dans la perspective du modèle hiérarchique : la sécurité et l’équilibre de l’enfant dépendent essentiellement de la qualité de sa relation avec sa figure d’attachement principale (habituellement la mère). Puis, les auteurs comparant les pères aux mères sur des dimensions typiques de la relation mère-enfant semblent vouloir démontrer l’interchangeabilité des deux parents, adoptant ainsi la perspective intégrative. Il est vrai que des manques issus de la relation avec la mère peuvent être, du moins en partie, compensés par la relation avec le père (ou avec une autre figure d’attachement) ; seulement, le fait de considérer les deux parents comme relativement équivalents a mené certains chercheurs à étudier le père comme s’il était une mère, et finalement à constater qu’il n’arrive pas à être une mère aussi bien qu’une mère. Le modèle indépendant prend alors tout son sens, en permettant de restituer au père un rôle en tant que figure d’attachement. Ainsi à la question « Le père est-il l’égal de la mère ? », nous répondons par la négative ; ceci non pas parce qu’il est moins important, mais parce qu’il est différent et qu’il contribue à sa manière à la sécurité de l’enfant.


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Notes

[1]

Professeur, Université Paris 10 – Nanterre.

[2]

Psychologue, Responsable d’unité de recherche, Privat-Docent. Service Universitaire de Psychiatrie de l’Enfant et de l’Adolescent, Lausanne.

Résumé

Français

Dans le présent article, les auteurs interrogent la place du père en tant que figure d’attachement. Ils examinent tout d’abord sa fonction selon une perspective évolutionniste, pour déterminer la manière dont il peut intervenir dans le développement de l’enfant. Un recensement de la littérature permet de constater que les pères sont tout aussi aptes que les mères à s’occuper de leurs enfants. Néanmoins, ces derniers se tournent préférentiellement vers leur mère en cas de détresse. Les auteurs concluent que des méthodes de recherche adaptées à l’étude du père permettent de mieux saisir ses qualités en tant que figure d’attachement. En effet, elles tendent à montrer que le père joue un rôle essentiel dans l’ouverture de l’enfant vers l’extérieur.

Mots-clés

  • père
  • attachement
  • transmission intergénérationnelle

English

In the present article, the authors question the place of the father as an attachment figure. First, they examine his role according to an evolutionary perspective, to determine how he can intervene in his child’s development. A review of the literature reveals that fathers are as capable as mothers in taking care of their children. Nevertheless, the children preferentially turn to their mothers when distressed. The authors conclude that research methods, which are appropriate to the study of fathers, enable a better understanding of their qualities as attachment figures. Indeed, they tend to show that fathers play an essential role in their children’s openness to the world.

Keywords

  • father
  • attachment
  • intergenerational transmission

Plan de l'article

  1. L’attachement père-enfant a-t-il une raison d’être ? Perspectives évolutionnistes
  2. Les pères sont-ils capables de materner ?
  3. La « supériorité » des mères
  4. Le domaine des pères
  5. Conclusion

Pour citer cet article

Miljkovitch Raphaële, Pierrehumbert Blaise, « Le père est-il l'égal de la mère ? Considérations sur l'attachement père-enfant », Cahiers critiques de thérapie familiale et de pratiques de réseaux 2/ 2005 (no 35), p. 115-129
URL : www.cairn.info/revue-cahiers-critiques-de-therapie-familiale-2005-2-page-115.htm.
DOI : 10.3917/ctf.035.0115


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