Cahiers critiques de thérapie familiale et de pratiques de réseaux
De Boeck Université

I.S.B.N.2804151255
180 pages

p. 175 à 182
doi: en cours

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Revue des livres

no 37 2006/2

Au secours... On veut m’aider !, Sous la direction de Claude Seron, Éditions Fabert, coll. « Penser le monde de l’enfant », 2006, Tomes 1 et 2

Il est urgent de parler de ces livres, puisqu’il y en a deux, parus en mars de cette année. Résolument pragmatiques, ils sont cependant issus de deux démarches différentes : l’une reprend les interventions présentées lors du colloque éponyme, organisé par l’association « Paroles d’Enfants », à Paris en 2003. L’autre répond à un choix personnel de l’auteur, Claude Seron, de témoigner de son cheminement professionnel dans différents contextes et à différentes places, au travers de trente années de pratique dans le champ psycho-socio-éducatif avec des adolescents difficiles, sinon gravement carencés, et leurs familles.
Le thème organisateur de ces approches est la difficulté, voire l’impossibilité, pour ces adolescents d’exprimer une demande d’aide pour sortir des comportements perturbés générant beaucoup d’angoisse, d’incertitude et d’inconfort, chez eux et dans leur entourage.
La demande d’aide prend alors le plus souvent « la forme de passages à l’acte violents et destructeurs, tyrannisant autant les personnes bienveillantes qui tentent de les aimer ou de les secourir que celles qui les rejettent ou les maltraitent » (p. 31). Et la question reste ouverte, pour les intervenants, quelle que soit leur place, d’avoir à prendre leur part dans le champ de l’aide, négociée ou contrainte.
Claude Seron, décrit, d’une plume alerte et avec un inaltérable sens de l’humour, des situations dont nous apprenons à la fois ce qui apparaît comme leur inextricable complexité et, paradoxalement, ce qu’une intervention attentive, centrée sur le client, va permettre de dénouer. À l’aide de narrations vivantes, nous traversons une série de problématiques : les prisons affectives qui portent en elles les germes des mauvais traitements que certains jeunes infligent à leurs parents ; le devenir des enfants parentifiés qui portent les valises de leurs parents ; le travail avec les parents maltraitants ; la prise en charge de jeunes victimes d’abus sexuels, et, plus encore, d’adolescents agresseurs sexuels, souvent porteurs du double statut : victime et abuseur. À chaque fois, des repères méthodologiques sont énoncés de façon très éclairante, afin de pouvoir comprendre le sens de la démarche d’intervention. Des extraits d’entretiens et l’explicitation du déroulement des prises en charge, rendent intelligibles les différentes phases de ces accompagnements complexes, qui, bien souvent, mobilisent différents acteurs du champ social avec lesquels la coordination est indispensable.
Le « retour critique sur une trajectoire », par lequel l’auteur termine son livre, retrace de manière lucide et engagée la traversée des questions qui ont jalonné les étapes de sa vie professionnelle : nous comprenons comment les interrogations récurrentes, les échecs, les écueils, ont à chaque fois servi de déclencheurs pour continuer à chercher des réponses et des outils plus pertinents. Passer de la compréhension du monde intérieur du jeune à la mobilisation des personnes proches, les plus susceptibles de changer avec et pour le jeune, c’est tout un parcours méthodologique qui se dessine, dans lequel les fondements théoriques et éthiques de la thérapie brève de Palo Alto ont pris une place importante. Au point où s’arrête le livre, Claude Seron fait état de l’élaboration d’un modèle qui intègre différentes lignes de lecture : la prise en compte du système familial sur trois générations, l’importance des liens dyadiques, les sentiments vécus face à l’obligation de consulter dans le contexte de l’aide « contrainte », ou encore « l’importance de se montrer actif et d’avoir un mouvement général d’intervention pour aborder chaque entretien, ainsi qu’un plan provisoire et biodégradable pour l’ensemble de la guidance » (p. 277).
Le deuxième tome est le condensé des contributions des orateurs au colloque déjà cité, tous spécialistes d’approches cliniques de problèmes aigus vécus à l’adolescence. Il s’agit de Samira Bourhaba, Patrice Huerre, Xavier Pommereau, Yves Stevens, Roland Coenen, Juliaan Van Acker, Jean-Yves Hayez, Siegi Hirsch, Denis Adam, Gianni Cambiaso, Johanne Lemieux, Yvonne Dolan et Michel Fize.
L’ensemble de ces travaux témoigne d’une approche engagée et militante de la cause adolescente, et propose une démarche phénoménologique qui vise à créer les meilleures conditions pour aider ces jeunes à vivre en paix avec eux-mêmes et leur environnement, leur « apprendre à construire un havre de paix pour pouvoir ensuite l’habiter » (citation de Siegi Hirsch en page 12). Différents modèles sont ainsi proposés, chacun avec leurs atouts et leurs limites, pour agir concrètement dans différentes problématiques : adolescents abandonniques, autarciques, violents, agresseurs sexuels et/ou victimes.
L’ensemble des articles de cet ouvrage donne à voir les fruits d’expériences professionnelles denses, nourries par les doutes, les émotions, les hésitations, autant que par la conviction d’avoir à questionner les comportements, les passages à l’acte comme marqueurs d’une souffrance, d’un désarroi, et d’une revendication qui ne se disent pas avec les mots.
Christine Vander Borght

Pour une thérapie brève Le libre choix du patient comme éthique en psychothérapie, Luc Isebaert & Marie-Christine Cabié, Érès, 2006

Dès la préface, cet ouvrage annonce bien sa couleur : il s’inscrit dans la filiation directe des approches développées à Palo Alto, en particulier par le Centre de Thérapie Brève du MRI. Ainsi, les auteurs soulignent leur dette envers Bateson, Haley, Weakland et Fisch, ainsi qu’envers, plus près de nous, Steve de Shazer qui d’ailleurs préface le livre. De même que les pionniers de la thérapie de type communicationnelle de Palo Alto, Luc Isebaert et Marie-Christine Cabié ont également trouvé une grande source d’inspiration dans les travaux de l’hypnothérapeute Milton Erikson.
Psychiatre, médecin chef à l’Hôpital St Jean à Bruges et directeur de l’Institut Korzybski dans la même ville, Luc Isebaert s’est fait connaître depuis longtemps (1978) pour ses travaux avec les patients alcooliques en particulier, et pour le modèle de Bruges qu’il a développé et auquel il a formé de nombreux thérapeutes en Belgique et en France. De son côté, Marie-Christine Cabié est psychiatre dans la région parisienne et a ouvert en 1992 un Centre d’Accueil et de Crise. Elle fait partie du comité de rédaction de la revue Thérapie Familiale.
Ces deux auteurs, thérapeutes familiaux tous deux, ont élargi leur formation à d’autres orientations dont, en particulier, la thérapie brève et l’hypnose.
L’ouvrage s’adresse à des thérapeutes soucieux d’aider leurs patients à atteindre au plus vite un mieux-être dans leur existence. Les auteurs s’y montrent particulièrement soucieux de préserver une éthique de liberté de choix pour ceux qui les consultent. La brièveté du processus thérapeutique n’y est pas présentée comme un dogme à respecter aveuglément mais bien plutôt comme le reflet du souci que devrait avoir le thérapeute de réduire au maximum la durée des souffrances de ses patients.
Pour situer l’approche développée dans cet ouvrage fort riche, rappelons que c’est Paul Watzlawick, membre du MRI de Palo Alto, qui introduisit en 1981 la perspective constructiviste dans le monde de la thérapie familiale (Watzlawick, 1988). Le constructivisme traite la réalité comme quelque chose d’indépendant de toute expérience et qui ne peut donc être appréhendé. Les connaissances que nous en avons ne sont jamais une reproduction du monde réel mais elles peuvent servir de clés pour ouvrir des portes qui mènent à lui ; elles constituent un ensemble d’informations au sujet de l’observateur qui les formule (cf. Goldbeter, 1998b). Différentes écoles ont émergé du constructivisme (cf. Goldbeter-Merinfeld, 1998a), et en particulier celle du groupe de Galveston prônant la thérapie de « dissolution du problème » (dissolving therapies) et l’approche de Steve de Shazer ; ce dernier se montre soucieux d’aider le plus rapidement possible ses clients et, plutôt que de s’intéresser à la cause de leurs problèmes, il met l’accent sur les solutions (cf. Elkaïm, 1998) en amplifiant les ressources latentes de ses patients. En collaboration avec Insoo Kim Berg, de Shazer s’efforce de repérer les moments où ses clients ont particulièrement bien résisté aux problèmes dont ils se plaignent pour ensuite amplifier les ressources auxquelles ils ont eu recours à ces moments-là (cf. Elkaïm, 1998). Par ailleurs, le constructionnisme social va mettre l’accent sur l’importance du langage dans la manière d’appréhender le monde, de le décrire et donc de le construire. Une modification de récit à propos de l’environnement, lié à un changement de regard sur celui-ci, peut donc entraîner un changement de vécu et de regard sur soi…
C’est dans ce courant que les auteurs de l’ouvrage évoqué ici inscrivent leur modèle de Bruges. Ils reprennent ainsi les lignes directrices de l’approche de de Shazer comme, par exemple, la tâche assignée au thérapeute de favoriser la co-création avec son client d’un espace de créativité.
Après une introduction où sont exposées les idées centrales du livre, les parcours professionnels des deux auteurs et leur généalogie théorique (citons les noms de Binswanger, Rogers, Minuchin, Bateson, Erickson, Weakland, et de Shazer bien sûr), un premier chapitre pose les bases théoriques du modèle de Bruges. En particulier, les auteurs explicitent clairement l’importance pour le patient de pouvoir exercer sa faculté de choisir, la brièveté du processus thérapeutique et l’accent sur les solutions.
Le deuxième chapitre détaille plus profondément le modèle de Bruges qui s’articule sur la différenciation de deux concepts :
  • l’eusémie qui touche à la perception, au sens que nous donnons à la réalité et qui constitue une réaction sémantique,
  • et l’euthérésie qui définit l’action qui est entreprise.
L’important dans la démarche thérapeutique consiste à élargir le champ de l’eusémie, de favoriser l’élargissement du champ des significations, afin qu’ensuite de nouvelles actions puissent être envisagées. C’est ici qu’interviennent les choix que les clients ont à opérer au niveau des actions (tâches, etc.). Les auteurs insistent sur la nécessité de laisser aux patients un maximum d’autonomie, aussi bien dans le choix des objectifs thérapeutiques que dans les voies choisies pour y arriver.
Dans le troisième chapitre, Luc Isebaert et Marie-Christine Cabié rappellent un certain nombre de règles indispensables à une pratique éthique de la psychothérapie (quelle que soit son orientation à mon sens). Ensuite, ils détaillent les manières de passer du langage des problèmes à celui des solutions, suivant fidèlement l’approche introduite par Steve de Shazer. De plus, ils insistent sur l’importance d’identifier le mandat accordé par les clients au thérapeute, sur les manières de le retravailler et en même temps de construire la relation thérapeutique en restant toujours soucieux de ménager l’autonomie du patient. Dans ce contexte, ils soulignent la nécessité de préciser les objectifs thérapeutiques.
Un autre chapitre propose une analyse approfondie des niveaux de la relation thérapeute-patient(s) en fonction du positionnement du patient : présente-t-il une « limitation » ou un problème, demande-t-il de l’aide ou est-il un « passant » ? S’il y a demande d’aide, est-elle « travaillable » ou le patient est-il un « chercheur » ? Le patient sait-il utiliser ses ressources pour changer (patient « cothérapeute ») ou non (patient « acheteur ») ?
Les manières d’intervenir en rapport avec chacun de ces positionnements sont explicitées et illustrées par de courtes vignettes cliniques. Relevons en particulier le recours très riche aux échelles proposant aux patients de situer leur état par rapport à leur mal-être présent, de définir ensuite la situation qui serait idéale à leurs yeux et enfin d’évaluer un premier petit changement nécessaire pour augmenter leur « score » actuel d’un demi point en direction de l’idéal. Bien plus que de permettre une auto-évaluation, ce procédé réintroduit en quelque sorte un espace dynamique où l’évolution redevient possible.
Le contenu et la manière de mener un entretien sont également détaillés dans un autre chapitre.
L’ouvrage est parsemé de courts exemples cliniques et trois chapitre illustrent de manière plus détaillée le parcours suivi lors d’un entretien clinique.
Ce livre est particulièrement enrichissant pour de jeunes psychothérapeutes ayant besoin de parfaire leurs assises éthiques et de s’appuyer sur un guide pour leurs entretiens. Le propos est clair et didactique, illustré de nombreux exemples.
Les psychothérapeutes plus expérimentés y trouveront une description précise de l’état d’avancement du modèle de thérapie brève de de Shazer, peu accessible jusqu’ici au public francophone, enrichi de l’approche singulière des deux auteurs.
Références
de SHAZER S. (1985) : Keys to Solution in Brief Therapy. Norton, New York.
ELKAÏM M. (1998) : Du constructivisme au constructionnisme social : un rappel historique. Cahiers critiques de thérapie familiale et de pratiques de réseaux 19 :13-26, De Boeck Université, Bruxelles. (Disponible uniquement à l’Institut d’Études de la famille et des Systèmes Humains de Bruxelles).
GOLDBETER-MERINFELD E. (dir.) (1998 a) : Constructivisme et constructionnisme social. Aux limites de la systémique ?, Cahiers critiques de thérapie familiale et de pratiques de réseaux 19, De Boeck Université, Bruxelles. (Disponible uniquement à l’Institut d’Etudes de la famille et des Systèmes Humains de Bruxelles).
GOLDBETER-MERINFELD E. (1998 b) : Introduction. Constructivisme et constructionnisme social : en route pour de nouvelles aventures ?, Cahiers critiques de thérapie familiale et de pratiques de réseaux 19 :5-10, De Boeck Université, Bruxelles.
WATZLAWICK P. (1988) : L’invention de la réalité. Le Seuil, Paris.
Edith Goldbeter

Cause toujours ! À quoi on obéit quand on désobéit, Éric Trappeniers et Alain Boyer, Le Seuil 2006

Éric Trappeniers et Alain Boyer nous ont déjà habitués, dans leurs précédents ouvrages, à utiliser une méthode réflexive et rigoureuse qui tire les leçons de l’expérience et de l’observation clinique. Alors, laissons-nous emmener dans les méandres de cette épineuse question de l’obéissance, qui, bien sûr, nous concerne tous, et à plus d’un titre : elle concerne l’enfant que nous avons été, l’adulte professionnel et le citoyen que nous sommes devenu, et peut-être aussi le parent que nous nous efforçons d’être, tant bien que mal.
D’un premier exemple clinique, un adolescent confronté à des messages contradictoires, les auteurs énoncent quelques questions :
  • À qui dois-je obéir en priorité ? Ceci inclut les ordres explicites et implicites.
  • Comment doit communiquer la personne qui détient une autorité ?
  • Et quand plusieurs personnes détiennent l’autorité, ensemble, à égalité comme dans le couple des parents, ou dans un ensemble hiérarchisé, comment s’en arranger ?
  • Pourquoi obéir ?
  • À quoi est-on tenu d’obéir ?
  • À quoi se soumet-on sans le savoir ?
  • Qu’est-ce que sortir de la soumission ? À quoi suis-je confronté quand on ne m’obéit pas ? Qu’est-ce que j’attends de l’autre quand je lui demande quelque chose ?
Plusieurs de ces questions font l’objet de chapitres séparés, et cela permet d’avancer, pas à pas, dans la progression de l’examen des différentes facettes de la question. Parce que l’obéissance confronte à la question de l’autorité, de la loi et des règles, de ce qui constitue la référence au bien commun, de ce qui se construit comme repères, remparts de protection, régulation des relations, choix et affirmation de soi. De ce qui va faire symptôme, aussi.
Justement, le symptôme, nous disent les auteurs, « … est une façon d’essayer de pallier quelque chose qui ne va pas bien dans les liens avec notre entourage, de telle façon que ces liens ne se rompent pas » (p. 44). Cela sert à rester ensemble, et, paradoxalement, c’est à la fois un problème et une solution, parce que c’est une réponse à une situation elle-même paradoxale.
Ce paradoxe renvoie à la difficulté d’occuper une position d’autorité : entre autoritarisme et séduction ; entre l’enfant-roi, qui va décider de tout et faire obéir ses parents, et l’enfant-béquille, qui doit réaliser le rêve de son parent. Être capable d’user de son autorité impliquerait d’être « suffisamment assis dans l’existence pour n’avoir pas besoin de se soucier de savoir si l’on est aimé ou non » (p. 59). Nous rejoignons alors la question du respect de l’enfant qui est, a minima, de lui ouvrir la possibilité de grandir.
Cette ouverture oblige à différencier ce qui relève de la loi, des lois et des règles ; ce qui se rapporte à la loi commune, élaborée pour nous protéger des caprices des uns et des autres, et des nôtres, et qui vise d’abord à nous protéger. Mais pour être appliquée, la loi doit être rendue explicite. Les règles sont, elles, d’un autre ordre. Plus « privées », relatives à des ensembles plus restreints, et ne concernant que les membres d’une collectivité, d’une famille, elles auront en général fait débat au sein de la communauté des personnes concernées. L’adhésion aux règles va construire un sentiment d’appartenance au collectif qui sera influencé par de nombreux paramètres subjectifs et contextuels ; selon la manière dont j’y aurai été accueilli, par exemple ; selon mon étape de vie et le degré de liberté qui m’y assigne à résidence ; selon mes dispositions personnelles à collaborer ou à me rebeller.
Éric Trappeniers et Alain Boyer nous rappellent à juste titre que « ce n’est jamais le règlement qui est respectable, mais ce au service de quoi il est : le bien commun de tous ceux qui sont inscrits sous son ressort » (p. 71). Ce qui fait repère, c’est à la fois ce qu’autorise ou pas le règlement, mais, surtout, comment il sera mis en œuvre par ceux qui font figure d’autorité : fonctionneront-ils par identification (me faire ça à moi ?), par dissimulation(faire comme si on était d’accord, mais…), en s’ajustant à la bonne distance (faire avec le règlement, tel qu’il a été élaboré en l’état actuel, de telle manière à le vivre le moins mal possible) ?
À travers le cheminement de toutes les questions posées, retenons celles qui semblent former le centre de ce débat difficile : au nom de quoi impose-t-on l’obéissance ? Au nom de quoi s’y oppose-t-on ? Le premier niveau de réponse renvoie à la protection et à l’écartement de ce qui constituerait un danger, pour soi ou pour l’autre. Ensuite apparaît ce qui relève du niveau d’adhésion à la loi commune, à ce qui fonde le « bien commun » d’un groupe, d’une collectivité. Enfin, et c’est ainsi que nos deux auteurs vont conclure leur ouvrage, c’est la subjectivité de chacun qui règle le jeu.
Impossible donc de trouver des recettes infaillibles ! Chaque situation est irrémédiablement singulière. Cela mène inévitablement à se tromper souvent. « Cela mène parfois aussi à devoir endurer – ou à devoir laisser endurer – une souffrance, par la difficulté à exercer ce qu’on appelle la patience : savoir être au côté de l’autre sans prendre les rênes à sa place » (p. 134).
Voilà un ouvrage clair, précis, qui dit, avec des mots simples, à l’aide d’exemples très concrets, et avec humour, les tours et détours de cette interrogation : à quoi obéit-on quand on n’obéit pas ? Dans quelles loyautés sommes-nous engagés, englués parfois ? Comment nous y prenons-nous pour nous faire respecter quand nous formulons une demande ? Que ce soit en lien avec notre travail clinique, avec notre situation professionnelle au sein d’un groupe hiérarchisé, ou personnelle dans notre propre famille, chacun de nous y trouvera matière à réflexion et à ouverture.
Christine Vander Borght
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