Cahiers d'études africaines 2004/1-2
Cahiers d'études africaines
2004/1-2 (n° 173-174)
488 pages
Editeur
Numéros antérieurs disponibles sur www.persee.fr

I.S.B.N. 2713218233
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Enjeux nationaux : études de cas

Vous consultez"Nkosi Sikelel' iAfrika"

From Independent Spirit to Political Mobilization*

AuteursBennetta Jules-Rosette du même auteur

David B. Coplan du même auteur


Résumé

"Nkosi Sikelel' iAfrika". De l'esprit indépendant à la mobilisation politique.
"Nkosi Sikelel' iAfrika" (Que Dieu bénisse l'Afrique), connu comme l'hymne africain, est un signifiant puissant pour le deuil, la rédemption et la célébration. Les tonalités méthodistes et les paroles du chant puisent leurs racines dans les contacts culturels avec les missionnaires. Ce chant occupe aussi une place importante dans le répertoire cérémonial de nombreuses églises indépendantes et a été traduit en plusieurs langues. Il fut également adopté par l'African National Congress (ANC) puis par l'État sud-africain sous Nelson Mandela comme hymne national. Dans ses versions religieuses, le texte met l'accent sur le deuil du passé africain et se présente comme une prière pour la rédemption par Jésus et le Saint-Esprit. Les versions séculaires éliminent toute référence à Jésus et insistent sur l'inspiration spirituelle et l'élévation morale nécessaires aux dirigeants africains. Dans la version religieuse, l'Afrique occupe alors de manière métonymique la place d'un ancêtre disparu, vivant dans l'éternité en attendant la rédemption. Le chant politique transforme cette éternité en un présent dynamique, une vision de progrès. C'est à la fois un chant funèbre, un appel à l'espoir et un cri de joie. L'analyse des différentes versions de ce chant montre comment les notions de deuil et de rédemption influencent les idéaux religieux et la mobilisation politique. Les notions millénaires de temps se mêlent aux réalités politiques dans lesquelles l'Afrique devient elle-même la victime et l'héro ïne d'un nouveau récit. Nous concluons cet article par une discussion sur le deuil comme paysage de mémoire et pratique symbolique dans les religions populaires et civiles en Afrique.



Mots clés
Afrique du Sud, mémoire collective, ethnomusicologie, églises indépendantes, hymne national, histoire orale, représentation, culture populaire





"Nkosi Sikelel' iAfrika" ("God Bless Africa"), known as the African anthem, is a powerful signifier for mourning, redemption, and celebration.   The Methodist hymnody patterns and the text of the song belie its roots in missionary cultural contact. The song also figures prominently in the ceremonial repertoire of many independent churches and has been translated into several languages.   Adoption of the song by the African National Congress (ANC and subsequently by the South African state under Nelson Mandela as a national anthem are further iterations in its trajectory. In the religious versions, the text emphasizes mourning for Africa's past and a prayer for redemption through Jesus and the Holy Spirit.   The secular versions eliminate the reference to Jesus and focus on the spiritual inspiration and uplift needed by Africa's leaders.   Africa metonymically occupies the space of a departed ancestor, living in a timeless eternity while waiting for redemption in the religious version. The political song transforms this timeless eternity into an active present and an opportunity for future progress.   It creates a landscape of memory that spans religious and political domains of action.   Analyzing the contrasting versions of "God Bless Africa" reflects how concepts of mourning and redemption influence religious ideals and political mobilization.   Millenarian notions of time interface with political realities in which Africa itself becomes both the victim and the hero of a new narrative. This paper concludes with a discussion of mourning as a landscape of memory and symbolic practice in African popular and civil religion.

Keywords
South Africa, collective memory, ethnomusicology, God Bless Africa, independent churches, national anthem, oral history, performance, popular culture

PLAN DE L'ARTICLE

  • Echoes and Landscapes of Memory
  • Changing Frames: Is It the "Same Old Song"?
  • Popular Music, Religion, and Political Culture
  • Conclusions: What's in a Song?
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