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Cahiers de Gestalt-thérapie

2002/1 (n° 11)


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1

Achever quoi, d’abord : une tâche, une situation, une expérience... ?

2

Et pourquoi diable faudrait-il achever ce quelque chose que je n’ai pas encore défini ?

3

Et si j’achève, alors je serai enfin une femme comblée et satisfaite… ?

4

Et puis il y a cette histoire de confluence qui vient brouiller les pistes, car si je m’accroche à une expérience dite « achevée », l’ai je vraiment achevée ?

5

Que d’excitation pour un concept… mais à propos, et l’excitation dans tout ça ?

6

Oh, ce questionnement me paraît bien trop inachevé pour que je le laisse en l’état.

7

Alors au travail ! Je sais que je commence là un gros chantier que je suis sûre de ne pas finir, mais j’achèverai peut être quand même mon expérience… !

A - Achevement

I - Définition

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Achever (vient de l’ancien français chief au sens de « bout, fin »). Finir généralement d’une façon satisfaisante, en menant à bonne fin [1][1] Dictionnaire Petit Robert.

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Cette définition contient à la fois l’idée d’une intention et l’appréciation de sa réalisation.

10

L’achèvement n’implique donc pas uniquement la fin d’un processus ou d’une action mais résulte du rapport « intention – réalisation ».

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Il renvoie donc essentiellement à l’expérience d’un sujet échappant ainsi à toute évaluation objective.

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« On s’imagine peut être savoir automatiquement à quel moment un ensemble d’événements représente une entité achevée. Ce n’est pas ainsi que les choses se passent car c’est un art consommé de savoir à quel moment une chose est réellement terminée ». […] « Nous ne parlons pas ici de fins stéréotypées que nous connaissons tous, telle la fin d’une journée de travail » […] « Lorsque le sens de la plenitude est sain dans l’individu, il peut en toute tranquillité abandonner la tondeuse à gazon pour aller parier aux courses. Que cette façon d’agir ait la qualité d’un accomplissement dépend de sa propre clairvoyance et de son propre talent à percevoir à quel moment sa façon de vivre est en harmonie avec soi même »[2][2] Erving et Miriam POLSTER in La Gestalt p 54.

13

Nous voyons donc que sensation ou sentiment d’achèvement sont spécifiques à l’individu et à certaines de ses expériences et résulte de l’adéquation entre ce qu’il en attend et ce qu’il en obtient en final.

II - La Gestalt — théorie et le phénomène de clôture

14

La Gestalt – théorie met en évidence deux caractéristiques essentielles concernant l’organisation de notre champ perceptif :

15

? Il s’organise à partir d’ensembles structurés et signifiants, des formes appelées Gestalten, qui vont émerger en tant que figures perçues sur un fond.

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? Il existe une tendance du sujet à percevoir chaque figure comme une forme complète, achevée, qui lui permet de comprendre et de donner du sens à son expérience. Cette tendance va le pousser à compléter visuellement une figure incomplète (par exemple, relier des points pour voir un cercle) ou plus largement à achever une expérience qui lui semble incomplète (par exemple, l’histoire attribuée à Bach qui ne peut s’endormir avant d’avoir plaqué l’accord final d’une mélodie jouée par son voisin).

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La Gestalt – théorie identifie donc un processus fondamental qui pousserait l’individu non seulement à percevoir des formes structurées mais également à construire plus de structure, de forme et de sens là où il en manque pour compléter les Gestalten incomplètes.

18

C’est en posant le phénomène de clôture comme base de l’organisation perceptuelle que la Gestalt – théorie enrichit notre compréhension de l’achèvement et nous fournit également les prémices du concept de situation inachevée.

19

En effet, appréhender cette tendance à la clôture comme un phénomène naturel, laisse alors supposer que l’incomplet, le non clos renvoie à des états « contre nature » pouvant générer du dysfonctionnel.

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Ce phénomène de clôture et d’achèvement constitue une référence importante en Gestalt thérapie.

21

« En Gestalt thérapie, clore signifie que l’on recherche toujours à terminer l’inachevé, à compléter la Gestalt incomplète »[3][3] Elena MAZOUR in La revue de la Société Française de....

22

• Quand GOODMAN aborde les relations entre la Gestalt thérapie et la Gestalt psychologie, il affirme que : « nous travaillons à partir des principales propositions de la Gestalt psychologie […] la force organisatrice du tout signifiant et la tendance naturelle vers la simplicité de la forme, la propension des situations inachevées à se compléter d’elles-mêmes »[4][4] PERLS, HEFFERLINE, GOODMAN in Gestalt thérapie p 2.

Erving et Miriam POLSTER considèrent que « le besoin d’achever des entités d’expériences est bien plus qu’un simple réflexe de perception. C’est un réflexe primordial »[5][5] Erving et Miriam POLSTER in La Gestalt p 46.

III - Les caractéristiques de l’achèvement

23

Si l’on se réfère au processus d’auto régulation organismique et au cycle du contact, on est alors en droit de supposer que la satisfaction du besoin devient une condition d’achèvement de l’expérience.

24

C’est cette supposition que je vais maintenant tenter de nuancer en affinant les notions de besoin et de satisfaction.

1 - Les notions de besoin et de satisfaction du point de vue psychanalytique

1a - Besoin et désir

25

La psychanalyse ne définit pas l’homme comme un être de besoin mais comme un être de désir.

26

« La conception freudienne du désir concerne par excellence le désir inconscient […] »[6][6] LAPLANCHE et PONTALIS in Vocabulaire de la psychanalyse....

27

« Freud n’identifie pas le besoin au désir : le besoin, né d’un état de tension interne, trouve sa satisfaction par l’action spécifique qui procure l’objet adéquat (nourriture par exemple) ; le désir est indissolublement lié à des traces mnésiques et trouve son accomplissement dans la reproduction hallucinatoire des perceptions devenues les signes de cette satisfaction ».[7][7] LAPLANCHE et PONTALIS in Vocabulaire de la psychanalyse...

28

« Le besoin au sens fort du terme n’existe pas chez l’être humain sauf en tant que ce qui est indispensable à la survie de l’organisme, à l’animal, bien qu’il y ait des anorexiques qui résistent au besoin de nourriture, et ce à en mourir ».[8][8] André LAMY in La revue de la Société Française de Gestalt...

29

Pourtant, même si le concept de désir semble bien différencié de celui de besoin, on peut parfois les voir utilisés dans des acceptions plus floues, comme le précisent Laplanche et Pontalis : « Notons cependant que l’usage que fait Freud du terme de désir n’est pas toujours aussi rigoureux que celui qui ressort de la définition plus haut ; c’est ainsi qu’il parle du désir de dormir, de désir préconscient[9][9] LAPLANCHE et PONTALIS in Vocabulaire de la psychanalyse....

30

D’autre part, J. Lacan apporte un enrichissement supplémentaire avec l’introduction de la notion de demande.

« Le besoin vise un objet spécifique et s’en satisfait. La demande est formulée et s’adresse à autrui ; si elle porte encore sur un objet, celui-ci est pour elle inessentiel, la demande articulée étant en son fond demande d’amour. Le désir naît de l’écart entre le besoin et la demande »[10][10] LAPLANCHE et PONTALIS in Vocabulaire de la psychanalyse....

1b - L’expérience de satisfaction

31

« Type d’expérience originaire postulée par Freud et consistant en l’apaisement chez le nourrisson, grâce à une intervention extérieure, d’une tension interne créée par le besoin. L’image de l’objet satisfaisant prend alors une valeur élective dans la constitution du désir du sujet. Elle pourra être réinvestie en l’absence de l’objet réel (satisfaction hallucinatoire de désir). Elle ne cessera de guider la recherche ultérieure de l’objet satisfaisant »[11][11] LAPLANCHE et PONTALIS in Vocabulaire de la psychanalyse... sans jamais le trouver ou le retrouver si ce n’est par le fantasme.

32

L’expérience de satisfaction originaire est liée à l’état de prématuration du nourrisson qui le rend dépendant d’une aide extérieure pour agir et permettre à la tension de se décharger.

33

D’abord réelle, cette expérience se transformerait en expérience de satisfaction hallucinatoire : « La satisfaction est désormais reliée à l’image de l’objet qui a procuré la satisfaction ainsi qu’à l’image motrice du mouvement réflexe qui a permis la décharge. Quand apparaît de nouveau l’état de tension, l’image de l’objet est réinvestie : cette réactivation, — le désir – produit d’abord quelque chose d’analogue à la perception, c’est-à-dire une hallucination »[12][12] LAPLANCHE et PONTALIS in Vocabulaire de la psychanalyse....

34

Dans ce référentiel, et si l’on se place du côté du désir, il ne peut y avoir qu’une expérience de satisfaction hallucinatoire. L’expérience de satisfaction réelle restant toujours recherchée mais jamais atteinte puisque l’objet du désir n’existe pas dans l’environnement ; l’individu se trouve ainsi confronté en permanence au manque.

35

Du côté du besoin, sa satisfaction semble possible, si on considère qu’elle vise un objet spécifique et réel et qu’elle se situe en dehors de toute demande d’amour.

La référence à l’inconscient et au désir nous donne donc à penser l’achèvement et la satisfaction comme des buts sans cesse poursuivis mais jamais atteints.

2 - Les notions de besoin et de satisfaction du point de vue gestaltiste

2a - Désir et besoin

36

Désir et besoin ne sont pas différenciés, voire même coexistent avec d’autres éléments tels que les situations inachevées qui sont elles mêmes sources de tension. Tous ces éléments constituent le Ça, « le donné » de la situation. « Cela comprend les perceptions et les proprioceptions : les sensations d’éléments de l’environnement et celles venant du corps propre, les images et les représentations suscitées dans la conscience par ces sensations ainsi que la montée de l’excitation dynamisant tout cela ». [13][13] ANDRE JACQUES in Le Soi, fond et figures de la gestalt-thérapie...

37

On trouve également souvent la notion « d’appétit » au précontact. « L’appétit semble être stimulé par un objet de l’environnement, ou jaillir spontanément de l’organisme. Mais il est bien évident que l’environnement ne serait pas excitation, stimulus si l’organisme n’était pas prêt à répondre »[14][14] PERLS, HEFFERLINE, GOODMAN in Gestalt thérapie p 2....

38

Cette absence de distinction résulte-t-elle d’un manque de rigueur théorique ou reflète-t-elle au contraire une grande cohérence théorique ?

39

En effet, si l’on se place du côté de l’observation phénoménologique, le concept de désir n’apparaît pas pertinent puisque, étant inconscient, il n’est pas observable en tant que « donnée immédiate de la conscience ».

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D’autre part, le concept de besoin a été utilisé, sans pour autant être beaucoup explicité non plus, par les défenseurs de la Gestalt psychologie, comme Köhler, Koffka et Goldstein.

41

« Pour Köhler et Koffka, ce sont les besoins élémentaires de survie et les besoins affectifs au sens large du terme qui vont conditionner les rapports avec l’environnement. Pour Goldstein, ce sera le besoin de se réaliser (self-actualisation) déterminé par l’essence de l’organisme et les exigences de l’environnement qui amènera à un remaniement continu. »[15][15] MARIE PETIT in La revue de la Société Française de....

Mais de toute évidence, ce qui semble le plus important dans ce référentiel, c’est moins la nature des différentes sources d’excitation que leur existence en tant qu’éléments constitutifs du champ.

2b - Besoin et théorie du champ

42

Il serait peu cohérent dans une approche phénoménologique de définir le besoin en tant qu’élément strictement interne à l’organisme sans prendre en compte l’impact de la situation dans laquelle se trouve ce dernier.

43

Même si le besoin est l’objet d’une prise de conscience sensorielle donc faisant bien référence à un organisme, il se constitue pourtant dans une rencontre avec l’environnement.

44

L’organisme « constitue la base d’où émerge le donné d’une situation de contact. Mais le donné n’est pas que corporel, organique ou instinctuel. Il est un phénomène du champ, inséparablement lié à un environnement et à la manière selon laquelle celui ci est perçu et reçu par l’organisme »[16][16] ANDRE JACQUES in Le Soi, fond et figures de la gestalt-thérapie....

45

Si, dans l’expérience du sujet, sa perception de l’environnement dépend de ses besoins, ses besoins dépenderont aussi de sa perception de l’environnement.

46

En référence à cette théorie, le besoin est donc à considérer comme un événement du champ qui implique autant l’organisme que son environnement.

47

Ceci nous amène à considérer que le besoin désigne bien le ça de la situation :

48

« Le ça est le fond donné qui se dissout en possibilités, dont les excitations organiques, les situations passées inachevées émergeant dans la conscience, l’environnement vaguement perçu, et les sentiments rudimentaires liant l’organisme à l’environnement. »[17][17] PERLS, HEFFERLINE, GOODMAN in Gestalt thérapie p 1...

D’une situation à l’autre, le ça n’est donc pas le même, sauf quand le sujet n’est pas ou si peu perméable au champ organisme-environnement qu’il n’en intègre pas les nouveaux éléments. C’est précisément le cas dans les problématiques d’inachèvement et de fixation.

2c - L’expérience de satisfaction

49

Elle n’est pas considérée ici sous l’angle du fantasme mais bien dans une perspective de concrétisation réelle et possible, voire souhaitable.

50

Peut-on pour autant en conclure que l’absence de satisfaction d’un besoin empêchera systématiquement l’achèvement de l’expérience ?

51

Je compléterai donc cette analyse en y ajoutant trois points qui me paraissent importants :

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Premier point : le principe de la hiérarchie des dominances en fonction duquel un besoin peut être remplacé par un autre qui s’avérerait prioritaire même si le premier n’a pas été satisfait.

53

Ce principe introduit la notion de situation d’urgence à haute intensité et « la tendance d’une forte tension à prévaloir dans le champ et à organiser la prise de conscience et le comportement »[18][18] PERLS, HEFFERLINE, GOODMAN in Gestalt thérapie p 2....

54

Si l’intensité de la tension est déterminante dans la configuration du champ, on peut supposer qu’elle influence également les attentes de satisfaction du besoin, ce qui signifierait que, plus le besoin est vital pour le sujet, plus ses attentes de satisfaction sont élevées.

55

Première hypothèse :

56

Le lien entre la satisfaction du besoin et l’achèvement de l’expérience dépendrait de l’intensité de la tension ; Plus cette tension est forte, plus la satisfaction du besoin devient indispensable pour achever l’expérience.

57

Deuxième point : le concept d’ajustement créateur qui met en évidence l’intégration de la nouveauté tout au long du cycle du contact.

58

Cette réalité nouvelle qui se crée au cours de l’expérience suppose donc l’évolution probable du besoin.

59

La tendance à l’hallucination avive ce qui est déjà perçu : elle concentre spontanément l’attention, se souvient et anticipe l’objet. Ce en présence de quoi on se trouve n’est pas ce qui était il y a un moment, mais bien un objet fait autant d’imaginaire que de perçu, sur fond d’une croissante excitation. Une telle figure est déjà une réalité créée ». [19][19] GOODMAN cité par André JACQUES in Le Soi, fond et figures...

60

D’autre part, si « L’intuition ébauche bien le produit final »[20][20] PERLS, HEFFERLINE, GOODMAN in Gestalt thérapie p 2..., le besoin initial ébauche également la représentation de sa satisfaction finale, mais dans la succession de figures et de fond tout cela se modifie au profit d’une nouvelle réalité qui se crée par l’ajustement.

61

Ce serait non seulement le besoin qui évolue mais également les attendus de satisfaction de ce besoin.

62

Dans cette logique, je peux tout à fait considérer que c’est la construction permanente de cette réalité nouvelle au cours du cycle du contact, qui peut amener le sujet, à différer la satisfaction de son besoin, à y renoncer, ou à en accepter une satisfaction partielle, tout en éprouvant le sentiment d’avoir achevé son expérience.

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Deuxième hypothèse

64

Dans l’expérience d’ajustement créateur, la satisfaction concerne moins le besoin d’origine que le besoin renouvelé par le champ.

65

Troisième point : la destruction de la Gestalt liée au processus d’élimination du besoin.

66

« L’organisme lutte pour maintenir son équilibre continuellement troublé par ses besoins et retrouvé par leur élimination ou leur satisfaction ».[21][21] PERLS in Le moi, la faim et l’agressivité p 13

« La destruction (dé – structuration) elle, consiste à fragmenter un tout pour reconstruire un nouveau tout avec les différents fragments ».[22][22] PERLS, HEFFERLINE, GOODMAN in Gestalt thérapie p 1...

67

Ce « nouveau tout » correspondant à une nouvelle configuration du champ pourrait contenir alors

68
  • le remplacement d’un besoin par un autre

  • la satisfaction partielle d’un besoin

  • le renoncement à sa satisfaction ou la possibilité de la différer.

Troisième hypothèse

L’achèvement résulterait avant tout de la disparition du besoin et de la destruction de la Gestalt même si le cycle n’a pas été mené à son terme et si le besoin n’a pas été satisfait.

IV - L’ambivalence devant l’achèvement

69

La tendance à l’achèvement, même si elle est naturelle, suscite cependant une certaine ambivalence.

70

En effet, si l’achèvement procure des sentiments de plénitude, il provoque également des sentiments plus douloureux liés à la difficulté de quitter, de se séparer des éléments de l’expérience en cours, et à la crainte du vide et de l’inconnu de la nouvelle expérience.

71

« Presque toutes les fins, même les fins de situations désagréables, impliquent des aspects de soulagement en même temps que de perte. Même le point culminant d’événements heureux peut paradoxalement être couplé à un sentiment de perte ».[23][23] KEPNER cité par. Elena MAZOUR in La revue de la Société...

72

« Sur le plan névrotique, l’attitude présente – ne pas reconnaître la nouvelle tâche – consiste à s’accrocher à la non prise de conscience, comme si l’on se cramponnait à la satisfaction d’un comportement achevé et comme si la nouvelle excitation allait vous l’enlever ».[24][24] PERLS, HEFFERLINE, GOODMAN in Gestalt thérapie p 2...

73

Ceci m’amène à introduire le rôle de la confluence dans le processus d’achèvement.

74

La confluence désigne le processus de dissolution momentanée de frontière contact permettant l’assimilation de l’expérience dans le post contact,

75

« La dissolution de la barre de distinction permet à ce qui était figure d’amorcer son déplacement vers le fond par le retrait et l’assimilation que nous désignons par post contact ».[25][25] J.M. ROBINE in Pli et dépli du Self p 125-126

76

Elle désigne également un mode d’interruption de contact, empêchant l’émergence d’un nouvelle figure.

77

« C’est cette confluence que nous retrouverons dès l’origine de la construction de la Gestalt suivante : le refus de détruire la Gestalt précédente, l’attachement ocnophile ».[26][26] J.M. ROBINE in La revue de la Société Française de...

78

« Le sujet s’accroche à l’achèvement d’une situation antérieure qui lui fournissait satisfaction et sécurité. Il ne peut enclencher un nouveau contact, aller vers l’environnement ».[27][27] J.M. ROBINE in Pli et dépli du Self p 132

79

Quand l’achèvement fait l’objet d’une fixation confluente, empêchant ainsi la destruction de la Gestalt précédente et la construction de la nouvelle, peut-on réellement parler d’achèvement ?

80

Oui, si l’on le considère uniquement du point de vue de la satisfaction du besoin qui a effectivement eu lieu

81

Non, si on l’appréhende par rapport au cycle du contact et à l’auto régulation organismique.

82

Cette analyse de l’achèvement révèle toute la complexité de ce concept et pourrait confirmer sa différenciation de la satisfaction du besoin.

- Soit, comme je l’ai proposé dans les caractéristiques de l’achèvement, il pourrait y avoir achèvement de l’expérience sans satisfaction systématique du besoin

- Soit il pourrait y avoir satisfaction du besoin sans achèvement de l’expérience, comme dans le cas de la fixation confluente.

B - Inachevement

I - Rappel du concept de tâche inachevée

83

Poursuivant les travaux d’OVSIANKINA, Bluma ZEIGARNIK (1927) mène une série d’expériences concernant la remémoration des tâches achevées et inachevées : des volontaires sont invités à effectuer une série de tâches bien déterminées mais le protocole expérimental est conçu de façon à ce qu’une partie des tâches soient interrompues avant leur achèvement.

84

Les résultats de ces expériences mettent en évidence les effets de l’inachèvement d’une tâche sur sa mémorisation, c’est « l’effet ZEIGARNIK » : les sujets se souviendraient deux fois mieux des tâches inachevées que de celles qu’ils ont menées à terme.

85

Ce concept de tache inachevée est probablement à l’origine du glissement un peu trop rapide qui s’est opéré entre tache inachevée et situation inachevée.

86

Or, n’oublions pas que l’inachèvement ne peut concerner, en fait, que l’expérience d’un sujet.

II - Les caractéristiques d’une experience inachevée

1 - Le résultat d’une somme de frustrations

87

Une expérience restée inachevée ne suffit pas à elle seule, à générer des dysfonctionnements significatifs dans le présent mais c’est la répétition de frustrations qui va être déterminante.

88

A ce propos, voilà ce qu’en dit GOODMAN quand il aborde le trauma en tant que situation inachevée : « Il n’existe probablement pas un seul moment traumatisant tel que nous l’avons décrit, mais plutôt une succession traumatisante de moments de frustration pendant lesquels la tension affective et le caractère explosif de la réponse s’accentuent graduellement, ainsi que leur inhibition, jusqu’à ce que, dans l’intérêt économique, l’affect et la réponse soient refoulés ».[28][28] PERLS, HEFFERLINE, GOODMAN in Gestalt thérapie p 8

2 - La persistance d’une tension

89

L’inachèvement est créateur de tensions aspirant à la décharge.

90

Ce phénomène s’explique par l’existence de ce LEWIN appelle un « quasi besoin » correspondant à la tension crée par l’insatisfaction du besoin.

91

« LEWIN parle d’un quasi besoin, qui ressemble par ses effets aux vrais besoins et s’en distingue parce qu’il est créé par le problème et strictement spécifique »[29][29] GUILLAUME in La psychologie de la forme p 151.

92

Ses travaux l’amènent également à élaborer une théorie : « L’effet d’une intention est équivalent à la création d’une tension personnelle interne ».[30][30] KURT LEWIN cité par Marie Petit in Psychologie dynamique...

93

Reprenant cette notion de quasi besoin, B. ZEIGARNIK parle « d’un système dynamique chargé de tensions et qui tend à se relâcher »[31][31] Elena MAZOUR in La revue de la Société Française de... et le désir de terminer la tâche inachevée ainsi que l’importance de sa mémorisation en seraient les manifestations.

94

« L’effet ZEIGARNIK montre que le besoin de la situation présente, le quasi besoin, force l’activité et crée un système chargé de tensions ; la complétion de l’activité signifie relâchement de ce système et satisfaction du quasi besoin[32][32] ELENA MAZOUR in La revue de la Société Française de... ».

95

B. ZEIGARNIK considère que ce système chargé de tensions « n’influence pas seulement le comportement et la mémoire mais la totalité de l’aire intra-psychique de la personnalité. ».[33][33] ELENA MAZOUR in La revue de la Société Française de...

96

Ce qui signifierait, si l’on raisonne en phénomène de champ, que ce système retournant dans le fond, pourrait affecter les capacités de contacts ultérieurs.

97

La tension résultant de la situation inachevée va rester active. C’est elle qui pourra émerger du ça de la situation présente et pousser le sujet à chercher à la déployer dans le présent.

98

« La tension névrotique, elle, n’est pas achevée. Pourtant elle est dominante et doit être achevée avant toute chose ».[34][34] PERLS, HEFFERLINE, GOODMAN in Gestalt thérapie p 8

99

Mais pour l’écarter de son attention et tenter de moins souffrir de la frustration, l’individu va l’inhiber et cet effort va devenir une habitude non consciente, voire une posture corporelle.

100

« Supposons qu’il y ait eu une situation présente dans laquelle l’individu avait conscience d’un désir puissant. Ce désir a été frustré parce qu’il y avait un danger à le satisfaire, mais la tension de la frustration était insupportable. L’individu a alors inhibé délibérément le désir et la prise de conscience du désir, pour ne pas souffrir et se mettre à l’abri du danger »[35][35] PERLS, HEFFERLINE, GOODMAN in Gestalt thérapie p 8

101

Cette inhibition, qui tente de maintenir la tension dans le fond pour l’empêcher d’être à nouveau mobilisée, réduit également l’énergie motrice et perceptive du sujet, entravant ses capacités de contact pour une nouvelle expérience.

Regardons maintenant comment cette tension bloquée peut générer de l’angoisse.

3 - Excitation et angoisse

102

Le concept d’excitation pourrait être appréhendé dans l’approche gestaltiste comme une sorte de « matière première », de « carburant » qui va alimenter le processus de contact et la formation des différentes figures tout au long du cycle.

103

Inhérente au processus de contact, elle est « l’évidence immédiate du champ organisme/environnement ».[36][36] J.M. ROBINE in Pli et dépli du Self p 145

104

Si l’excitation fait partie du processus de croissance et de l’auto régulation organismique, à l’inverse, l’angoisse ou l’anxiété sont souvent considérées comme résultant du blocage de cette même excitation.

105

« L’angoisse est la manifestation d’une excitation bloquée, résultat de l’interruption de l’excitation créatrice. »[37][37] J.M. ROBINE in Pli et dépli du Self p 146

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J’aime bien l’idée de Laura PERLS qui définit l’anxiété comme résultant d’un décalage entre contact et manque de soutien au contact : « La conscience aiguë d’un décalage entre le système de soutien et les fonctions de contact est vécue comme une source d’anxiété. »[38][38] Laura PERLS in »Vivre à la frontière p 66

107

Le soutien désigne donc tout ce qui va faciliter le développement de l’excitation tout au long du processus de contact.

108

Résultat des expériences antérieures assimilées par la personne, ce soutien au contact se constitue également dans le déroulement de chaque nouvelle expérience.

109

A l’inverse, il existe aussi, comme nous le rappelle Laura PERLS, « un soutien au non contact, quand il y a blocage d’un contact nécessaire ou désiré », ce qui est particulièrement le cas pour les expériences inachevées puisque, comme nous l’avons vu précédemment, le besoin d’origine n’obtient que réponse hostile ou absence de réponse.

110

La nouvelle configuration du champ qui se constitue alors à partir de l’environnement hostile, vise à écarter, en l’inhibant, le besoin d’origine au lieu de le soutenir.

111

Ceci nous amène à la notion d’implosion « qui a lieu lorsque le sujet, au lieu de s’engager comme il le voudrait ou en aurait le besoin, se retient et se contracte, et ce, non seulement au sens figuré, mais littéralement : il se crispe musculairement, réduit l’amplitude de sa respiration, entre en lui-même, au lieu de se déployer vers ce qui l’attire. »[39][39] André JACQUES in »Le soi, fond et figures de la Gestalt...

112

Ce blocage de l’excitation ne sera vraiment pathologique que s’il n’est pas conscient et qu’il se répète, car en provoquant un rétrécissement du fond sensoriel et moteur, il limitera l’émergence de nouvelles figures.

113

Dans ce cas, le processus adaptatif deviendra un processus fixé, y compris dans la posture corporelle, n’assurant plus correctement sa fonction de contact.

114

« Lorsque des parties de soi sont désappropriées, ce sont fréquemment les aspects corporels des fonctions de contact qui sont évacuées de notre sens du soi. […] En ce sens, la structure corporelle adaptative porte implicitement en elle la fonction de contact désappropriée, le mouvement ou le ressenti désapproprié et le processus par lequel il est désapproprié, c’est-à-dire la tension qui l’empêche d’atteindre la conscience et l’expression. »[40][40] James KEPNER in Le corps retrouvé en psychothérapie...

115

L’angoisse qui résulte du blocage de l’excitation originelle, pourra être à nouveau ressentie si cette excitation réémerge dans le champ présent, par relâchement de l’inhibition et/ou intensification de l’excitation.

116

« Le refoulement redevient quasi-conscient sous forme de douleur lorsque la pulsion ou le besoin, incompressibles réapparaissent. Mais cette souffrance souvent vécue sous forme d’angoisse, est un fait physiologique lié à l’intensification momentanée de la répression. »[41][41] André JACQUES in »Le soi, fond et figures de la Gestalt...

117

C’est pour éviter cette réémergence de l’excitation que l’individu a recours à différents mécanismes d’interruptions de contact, qui sont autant de formes de soutien au non contact, et qui se différencient selon le moment d’interruption du cycle.

C - Structures de l’experience

I - L’expérience achevée

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Le destin d’une expérience achevée est d’être assimilée et de retourner dans le physiologique, ce qui implique la destruction de la Gestalt.

119

Cela laisse supposer que le résultat de l’expérience persiste, non sous forme de structure, mais sous forme d’éléments divers et variés qui viennent se sédimenter dans le fond.

120

« L’expérience vécue se métabolise, se sémiotise, elle devient mots, représentations… »[42][42] Jean Marie ROBINE in »Pli et dépli du self p 77 Editions...

121

L’expérience achevée laisse ainsi une trace, une empreinte tout en permettant de nouveaux ajustements créateurs.

122

Je fais l’hypothèse qu’une expérience achevée laisse comme trace une sorte de « modèle » de configuration à partir duquel, et comme évoqué précédemment, les éléments sédimentés dans le fond, associés à des éléments du champ présent, vont se structurer à nouveau pour donner naissance à une autre expérience.

123

Je propose d’appeler ce modèle de configuration « une Gestalt frayée ».

124

Le terme de frayage a été utilisé par FREUD en référence à son modèle neurologique du fonctionnement psychique : « l’excitation, dans son passage d’un neurone à un autre, doit vaincre une certaine résistance ; lorsqu’un tel passage entraîne une diminution permanente de cette résistance, on dit qu’il y a frayage : l’excitation choisira la voie frayée de préférence à celle qui ne l’est pas »[43][43] LAPLANCHE et PONTALIS in Vocabulaire de la psychan...

125

L’idée de choisir « de préférence » la Gestalt frayée n’implique donc pas de rigidité dans la configuration du champ et laisse place à la nouveauté.

II - L’expérience inachevée

126

Dans l’expérience inachevée, la réponse de l’environnement ne constitue pas seulement un obstacle à la satisfaction du besoin mais peut constituer un réel danger. Elle va donc générer ce que j’appellerai un besoin « réactionnel » par rapport auquel se fera l’ajustement.

127

A titre d’exemple, prenons le cas d’une personne qui à chaque fois qu’elle exprime son besoin d’être soutenue se voit critiquée et rejetée.

128

En termes de phénomène de champ, la nouvelle figure qui s’impose, en réaction à la réponse inadéquate de l’environnement, devient alors le besoin d’éviter le rejet. L’ancienne figure (le besoin de soutien), sans pour autant disparaître sera maintenue dans le fond ainsi que les sentiments liés à la frustration, car leur expression ne ferait probablement qu’accroître ce rejet.

129

Si l’on considère que le besoin structure le champ, cette personne va donc structurer la suite de son expérience de façon à satisfaire son besoin d’éviter le rejet, par exemple en se débrouillant toute seule. Elle apprendra petit à petit à se passer du soutien, voire à trouver cela naturel.

130

Dans une situation d’autorégulation organismique, il est fréquent qu’un besoin en remplace un autre qui s’avérerait plus important, et cela n’empêche pas l’achèvement de l’expérience.

131

Dans l’expérience inachevée, par contre, le besoin « réactionnel » se substitue bien au besoin d’origine mais sans pour autant le faire disparaître.

132

Le besoin d’origine n’ayant pas disparu, la structure interne de l’expérience sera maintenue, puisque non dissoute, et persistera dans l’organisme.

133

Cela pourrait donc signifier que les éléments qui la constituent restent reliés entre eux et qu’ils ne seront accessibles et mobilisables que collectivement et dans leur configuration d’origine.

134

Je ne pourrai avoir accès à l’un sans déclencher le tout, à savoir, l’ancienne configuration.

135

Si l’ancienne configuration se déplie à nouveau dans le champ présent, elle va se substituer à l’ajustement créateur et à la constitution de nouvelles formes.

136

Si le Self était un couturier, je dirais qu’au lieu de faire du « sur mesure » il s’est reconverti dans la production en série. Dans le premier cas, il aurait créé de nouvelles formes, alors que dans l’autre il ne fait que les reproduire à partir du modèle d’origine.

J’ai tenté de visualiser ce processus par un schéma :

137

Pour conclure, je dirais que l’impact pathologique d’une expérience inachevée, résulte donc de la non dissolution de sa structure interne et de son redéploiement à l’identique dans le champ présent.

138

L’excitation, au lieu de soutenir un nouvel engagement du Self, va au contraire, être utilisée dans le blocage de cet engagement.

139

Voici un exemple clinique pour illustrer mon analyse :

140

Il s’agit d’un homme, que j’appellerai Monsieur O, d’une quarantaine d’années, venu consulter pour des problèmes professionnels. Il se plaint d’un manque d’affirmation personnelle qui l’amène à accepter « tout et n’importe quoi », et se retrouve, de fait, à devoir assumer une charge de travail trop lourde pour lui. Il se dit stressé en permanence et se sent de plus en plus incompétent.

141

Educateur spécialisé, il travaille dans une structure accueillant des jeunes en difficulté.

142

Il pense que son malaise vient des critiques permanentes de son père dont il dit avoir beaucoup souffert « A chaque fois que j’étais en difficulté, il me traitait de bon à rien, et j’ai fini par ne plus rien lui dire ».

143

Il s’est inscrit depuis peu dans un groupe de supervision, dont il attendait beaucoup de soutien mais dans lequel il n’éprouve qu’insatisfaction. Il se sent jugé par les autres dès qu’il évoque une situation professionnelle et ose de moins en moins prendre la parole, il éprouve même de l’appréhension avant les sessions. Il ajoute que de toute façon, il n’a jamais été à l’aise dans les groupes justement à cause des jugements, et qu’il se sent plus en confiance dans une relation individuelle.

144

Je n’insisterai pas sur la projection probable qu’il opère sur le groupe mais plutôt sur les modalités de supervision qu’il a choisies.

145

Et je l’interpelle sur ce point.

146

? « Vous dites être plus à l’aise dans le face à face et pourtant vous avez choisi le groupe, cela signifie-t-il que vous ne pouviez pas bénéficier d’une supervision individuelle ?

147

Il paraît d’abord un peu décontenancé par ma question.

148

? « Si, j’aurais pu, mais maintenant que vous me le dites, ça ne m’était même jamais venu à l’esprit ».

149

Puis après un silence,

150

? « Mais, ce n’est tout de même pas normal, je devrais me sentir bien dans ce groupe. Pourquoi les autres y arrivent et pas moi ? »

151

? « Ne seriez-vous pas entrain de vous critiquer et d’occulter du même coup votre besoin de supervision individuelle. Peut-être que pour le moment, c’est ce qui serait le plus juste pour vous ? »

152

Ce qui est frappant dans cette courte séquence, c’est de voir comment monsieur O structure son expérience actuelle de la même façon que ses expériences passées, quand son père le critiquait vertement.

153

En effet, dans son expérience présente, monsieur O :

154

- Choisit un objet non approprié à son besoin de sécurité (il dit lui même qu’il n’a jamais été à l’aise en groupe)

155

- Mais ayant des ressemblances avec son père, en particulier le jugement qu’il craint tant. (Peu importe qu’il y ait projection car pour moi l’important ici c’est que l’objet a été choisi bien que, ou parce que perçu négativement).

156

- Et auquel il s’ajuste de la même façon, c’est-à-dire, en ne disant plus rien.

157

Le travail thérapeutique lui a permis de se dégager de l’introject qui l’immobilisait dans une impasse, à savoir « demander de l’aide, c’est être nul et anormal ».

158

Acceptant son besoin d’être aidé, il a fait une demande de supervision individuelle et il a peu à peu repris confiance dans ses capacités professionnelles.

Le travail thérapeutique a rendu possible l’émergence d’autres figures, en particulier, sa colère contre son père, et c’est loin d’être fini…

Monsieur O envisage également de reprendre, à terme, une supervision de groupe, car, dit-il, il se sent maintenant un peu plus sur de lui.

Conclusion

159

Voilà, c’est fini.

160

Curieuse sensation celle que j’éprouve en ce moment : soulagement mêlé de tristesse.

161

Si je mets fin à cet article, c’est parce qu’il m’a permis de trouver des éléments de réponse aux questions que je me posais.

162

Mon expérience versant « intellectuel » est donc bien achevée mais quand est-il du versant « affectif » ?

163

C’est bien là que cette sacrée confluence me joue encore probablement des tours !

164

En effet, ce cheminement qui m’a habitée pendant fort longtemps, était devenu comme une présence familière dont il faut maintenant que je me sépare.

165

Achever, c’est donc bien accepter aussi de vivre l’absence, le vide, le rien avant qu’un nouveau quelque chose émerge, et ce n’est pas si facile !


Bibliographie

  • Perls F., Hefferline R., Goodman P. (1951), Gestalt thérapie, Théorie du Self. Stanké, 1977
  • F. Perls (1942), Le moi, la faim et l’agressivité. Tchou, 1978
  • E. et M. Polster (1973), La Gestalt, Le jour, 1983
  • A. Jacques Le Soi, fond et figures de la Gestalt-thérapie, L’exprimerie, 1999
  • J.M. Robine, Gestalt-thérapie, la construction du soi, l’Harmattan, 1997
  • L. Perls (1965), Vivre à la frontière, Editions du Reflet, Montréal 1993
  • J. Kepner (1993), Le corps retrouvé en psychothérapie, Retz, 1998
  • E. Mazour (1994), « L’effet Zeigarnik et le concept de situation inachevée en Gestalt thérapie » in Gestalt n° 6
  • M. Petit (1994), « La Gestalt théorie : grand mère ou parente éloignée de la Gestalt thérapie » in Gestalt n° 6
  • A. Lamy (1994), « Point de vue sur Gestalt thérapie et psychanalyse » in Gestalt n° 7
  • J.M. Robine (1990), « Le contact, expérience première » in Gestalt n° 1
  • Laplanche et Pontalis, Vocabulaire de la psychanalyse, PUF, 1967

Notes

[1]

Dictionnaire Petit Robert

[2]

Erving et Miriam POLSTER in La Gestalt p 54

[3]

Elena MAZOUR in La revue de la Société Française de Gestalt N 6 p 69

[4]

PERLS, HEFFERLINE, GOODMAN in Gestalt thérapie p 23

[5]

Erving et Miriam POLSTER in La Gestalt p 46

[6]

LAPLANCHE et PONTALIS in Vocabulaire de la psychanalyse p 121

[7]

LAPLANCHE et PONTALIS in Vocabulaire de la psychanalyse p 121

[8]

André LAMY in La revue de la Société Française de Gestalt N 7 p 19

[9]

LAPLANCHE et PONTALIS in Vocabulaire de la psychanalyse p 122

[10]

LAPLANCHE et PONTALIS in Vocabulaire de la psychanalyse p 122

[11]

LAPLANCHE et PONTALIS in Vocabulaire de la psychanalyse p 150

[12]

LAPLANCHE et PONTALIS in Vocabulaire de la psychanalyse p 151

[13]

ANDRE JACQUES in Le Soi, fond et figures de la gestalt-thérapie p 81

[14]

PERLS, HEFFERLINE, GOODMAN in Gestalt thérapie p 217

[15]

MARIE PETIT in La revue de la Société Française de Gestalt N 6 p 58

[16]

ANDRE JACQUES in Le Soi, fond et figures de la gestalt-thérapie p 82

[17]

PERLS, HEFFERLINE, GOODMAN in Gestalt thérapie p 185

[18]

PERLS, HEFFERLINE, GOODMAN in Gestalt thérapie p 217

[19]

GOODMAN cité par André JACQUES in Le Soi, fond et figures de la gestalt-thérapie p 81

[20]

PERLS, HEFFERLINE, GOODMAN in Gestalt thérapie p 217

[21]

PERLS in Le moi, la faim et l’agressivité p 13

[22]

PERLS, HEFFERLINE, GOODMAN in Gestalt thérapie p 142

[23]

KEPNER cité par. Elena MAZOUR in La revue de la Société Française de Gestalt N 6 p 70

[24]

PERLS, HEFFERLINE, GOODMAN in Gestalt thérapie p 272

[25]

J.M. ROBINE in Pli et dépli du Self p 125-126

[26]

J.M. ROBINE in La revue de la Société Française de Gestalt N 1 p 38

[27]

J.M. ROBINE in Pli et dépli du Self p 132

[28]

PERLS, HEFFERLINE, GOODMAN in Gestalt thérapie p 87

[29]

GUILLAUME in La psychologie de la forme p 151

[30]

KURT LEWIN cité par Marie Petit in Psychologie dynamique p 59

[31]

Elena MAZOUR in La revue de la Société Française de Gestalt N 6 p 67

[32]

ELENA MAZOUR in La revue de la Société Française de Gestalt N 6 p 70

[33]

ELENA MAZOUR in La revue de la Société Française de Gestalt N 6 p 68

[34]

PERLS, HEFFERLINE, GOODMAN in Gestalt thérapie p 85

[35]

PERLS, HEFFERLINE, GOODMAN in Gestalt thérapie p 86

[36]

J.M. ROBINE in Pli et dépli du Self p 145

[37]

J.M. ROBINE in Pli et dépli du Self p 146

[38]

Laura PERLS in »Vivre à la frontière p 66

[39]

André JACQUES in »Le soi, fond et figures de la Gestalt thérapie« p 129

[40]

James KEPNER in Le corps retrouvé en psychothérapie p 63

[41]

André JACQUES in »Le soi, fond et figures de la Gestalt thérapie« p 115

[42]

Jean Marie ROBINE in »Pli et dépli du self p 77 Editions de l’Institut Français de Gestalt Thérapie

[43]

LAPLANCHE et PONTALIS in Vocabulaire de la psychanalyse

Plan de l'article

  1. A - Achevement
    1. I - Définition
    2. II - La Gestalt — théorie et le phénomène de clôture
    3. III - Les caractéristiques de l’achèvement
      1. 1 - Les notions de besoin et de satisfaction du point de vue psychanalytique
        1. 1a - Besoin et désir
        2. 1b - L’expérience de satisfaction
      2. 2 - Les notions de besoin et de satisfaction du point de vue gestaltiste
        1. 2a - Désir et besoin
        2. 2b - Besoin et théorie du champ
        3. 2c - L’expérience de satisfaction
    4. IV - L’ambivalence devant l’achèvement
  2. B - Inachevement
    1. I - Rappel du concept de tâche inachevée
    2. II - Les caractéristiques d’une experience inachevée
      1. 1 - Le résultat d’une somme de frustrations
      2. 2 - La persistance d’une tension
      3. 3 - Excitation et angoisse
  3. C - Structures de l’experience
    1. I - L’expérience achevée
    2. II - L’expérience inachevée
  4. Conclusion

Pour citer cet article

Gelabert Chantal, « Achever/inachever », Cahiers de Gestalt-thérapie, 1/2002 (n° 11), p. 50-73.

URL : http://www.cairn.info/revue-cahiers-de-gestalt-therapie-2002-1-page-50.htm


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