Cahiers de psychologie clinique
De Boeck Université

I.S.B.N.2804138739
272 pages

p. 171 à 188
doi: en cours

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Les uns, les autres

no 18 2002/1

2002 Cahiers de psychologie clinique Les uns, les autres
Les uns, les autres

Situation projective et rencontre interculturelle  [*]

Nathalie Vercruysse  [1] Caroline Chomé  [2]
L’utilisation de tests psychologiques avec des personnes issues de cultures différentes de celles constitutives de la population normative de référence soulève de nombreuses questions tant au niveau de la passation, que de la cotation ou encore de l’interprétation des données. L’objectif principal de cette étude est de comparer les productions au test de Rorschach de jeunes femmes immigrées aux normes aujourd’hui en vigueur pour la population belge ou occidentale. 30 femmes d’origine maghrébine âgées de 17 à 21 ans ont participé à la recherche. L’analyse des manifestations hors réponses, des réponses et des facteurs spécifiques au Rorschach met en évidence l’existence de différences significatives entre les productions des sujets maghrébins et occidentaux (restriction importante de l’expression, prévalence du mode d’appréhension global, formalisme insuffisant souvent associé à un contrôle peu efficace, chute des kinesthésies majeures ainsi que surinvestissement des contenus à thématique animalière). Dans l’ensemble, les résultats de cette étude soulignent l’importance de l’impact des spécificités culturelles sur les productions projectives des sujets, ainsi que l’intérêt de la création de normes locales afin de prévenir le risque d’une utilisation abusive du test de Rorschach dans le cas de rencontres interculturelles. Mots-clés : investigation de la personnalité, Rorschach, normes, culture et immigration. The use of psychological tests with culturally different individuals raises numerous issues regarding their fair administration, scoring, and interpretation. The main goal of this study is to compare the Rorschach productions of 30 female immigrants of Maghrebian origin, aged 17 to 21, to the norms commonly used for Belgians or Westerners. Data analysis indicate the existence of significant differences between the responses of Maghrebian and Western subjects (depressed productivity, prevalently global mode of perception, insufficient formalism often associated with a lack of control, paucity of major kinesthesia, and over-investment of animal contents). Overall, the results of this study do not only underline the extent of the impact of cultural specificities on projective productions, but also the importance of creating local norms to prevent any abusive use of the Rorschach test with culturally diverse populations. Keywords : personality assessment, Rorschach, culture, norms and immigration.
 
I. Introduction
 
 
L’utilisation de tests psychologiques avec des personnes issues de cultures différentes de celles constitutives de la population normative de référence soulève de nombreuses questions sur le processus d’évaluation, a fortiori quand celui-ci repose sur l’usage de normes [3]. En effet, et indépendamment de l’incidence de la culture sur les étapes qui jalonnent la conception et le développement des épreuves, l’influence de celle-ci sur la performance d’un individu à un test donné n’est plus a démontrer. De nombreux auteurs ont ainsi mis en évidence combien des paramètres tels que la familiarité de l’examiné avec la méthodologie particulière utilisée, la motivation du sujet à bien faire, l’intérêt intrinsèque de la personne pour les contenus présentés, la qualité du rapport avec l’examinateur, etc., conditionnent le statut des données obtenues (Anastasi, 1988 et Berk, 1982). Dans la mesure où cette influence est susceptible de rendre tout à fait caduque la relevance des normes que nous utilisons, les psychologues qui s’intéressent et pratiquent l’évaluation psychométrique dans des situations de rencontres interculturelles se doivent de réfléchir à l’adéquation des épreuves psychologiques dans des contextes culturels qui diffèrent du contexte initial de conceptualisation et de standardisation des dites épreuves.
S’il est vrai que l’essentiel de la littérature psychométrique traitant des questions d’interculturalité impliquent les épreuves dites d’investigation de l’intelligence plutôt que les épreuves dites d’investigation de la personnalité, nous envisagerons quant à nous cette réflexion dans le cadre particulier de la pratique du test de Rorschach. Bien que sur base du caractère non figuratif du test, certains pourraient penser qu’il est applicable à tous, une première question consiste à se demander si tous les individus – et ceci quelle que soit leur identité culturelle – se laissent uniformément aller à imaginer et à dire ce qu’ils perçoivent sur les planches (Couchard, 1999). Les résultats de l’étude de Couchard (1990) sur l’influence des variables socio-culturelles sur le Thematic Aperception Test (T.A.T.) sont à ce titre intéressants. L’auteur souligne non seulement combien certaines femmes issues de la culture musulmane éprouvent des difficultés à intégrer la consigne du test qui consiste à imaginer des histoires, mais encore comment certaines spécificités de l’Islam façonnent les productions thématiques des sujets en orientant la fantasmatique mise en jeu (imposition de modèles drastiques d’identification notamment). À Couchard de conclure qu’il existe, à côté des éléments invariants de l’imaginaire (fantasmes originaires), des spécificités culturelles qui influent sur les productions aux tests projectifs et partant, sur le fonctionnement psychique des individus. Nous voyons donc émerger une deuxième question qui a trait à la nature des spécificités culturelles et à la manière dont celles-ci sont susceptibles de venir infléchir les résultats obtenus aux tests projectifs. Enfin, et étant donné que l’interprétation des indices du psychogramme s’étaye en grande partie sur des données statistiques, une dernière question consiste à se demander comment les spécificités culturelles déjà mentionnées sont susceptibles de modifier les normes Rorschach en vigueur pour des populations occidentales. À ce titre, la plupart des études disponibles indiquent que les normes classiquement utilisées ne sont pas automatiquement généralisables à des populations non occidentales et recommandent souvent l’utilisation de normes locales propres aux populations testées. Ainsi, la recherche de Tocheport (1958) sur les productions Rorschach de 60 jeunes conscrits musulmans de souche nord-africaine et originaires des campagnes de l’Oranie aboutit à la mise en évidence de barèmes spécifiques à la population rencontrée. Les travaux de Devos (1987a, 1987b) vont dans le même sens puisqu’ils mettent en évidence l’existence de différences significatives entre différents groupes ethniques pour plusieurs indices du Rorschach.
Si les recherches actuelles en psychologie projective interculturelle ont le mérite de montrer que certains facteurs culturels influent sur les productions aux tests projectifs, elles présentent toutefois certaines limites pour le psychologue qui se trouve confronté aux problèmes épistémologiques et méthodologiques de l’évaluation en milieu interculturel. En effet, elles concernent généralement des populations autochtones et, lorsqu’elles intègrent des sujets immigrés, envisagent rarement l’influence des facteurs liés à l’immigration sur l’expression des spécificités culturelles. Dans une modernité qui nous confronte de plus en plus aux enjeux de la rencontre interculturelle, nous pensons que ces recherches ont tendance à considérer la culture comme un élément statique et inamovible, tendance qui conduit notamment à sous-estimer l’impact des évènements de vie sur la culture en question (Lebrun, 1996). Or, comme le souligne très bien Couchard (1999), l’exil – qu’il soit forcé ou choisi – impose toujours au migrant une série de réaménagements psychiques qui vont venir modifier son rapport à la culture d’origine et aboutir à des formes d’intégration ou d’acculturation diverses.
En regard de ces quelques éléments d’introduction, notre étude s’articule autour de deux axes de recherche que nous avons tenté de mettre en perspective au travers d’une approche comparative. Le premier axe de cette étude vise à objectiver sur base d’un questionnaire l’existence d’éventuelles différences entre les attitudes culturelles de sujets immigrés d’origine maghrébine et celles de sujets belges. Le deuxième axe de cette étude s’intéresse avant tout à la production Rorschach du groupe de sujets immigrés par le biais d’une comparaison des résultats obtenus aux normes en vigueur pour la population belge ou occidentale et d’une analyse qualitative de quelques facteurs spécifiques à la population étudiée.
 
II. Méthodologie
 
 
30 jeunes femmes d’origine maghrébine âgées de 17 à 21 ans (âge moyen = 18.5 ans) ont participé à l’étude. Elles fréquentent un enseignement secondaire de type général dans un établissement francophone de la région bruxelloise. À l’exception d’un cas, toutes les participantes sont issues de la deuxième génération de migrants en ce sens qu’elles sont nées et ont été éduquées en Belgique. Par contre, 97 % des pères et 93 % des mères sont nés au Maroc pour rejoindre la Belgique entre 1940 et 1982. 15 jeunes femmes de nationalité belge âgées de 17 à 22 ans (âge moyen = 18.5 ans) ont également participé à l’étude (passation du questionnaire d’attitudes culturelles uniquement). Elles poursuivent des études générales dans une école secondaire d’expression francophone de la région bruxelloise. À l’exception d’un cas, toutes les participantes sont nées en Belgique.
Afin d’explorer nos axes de recherche, deux outils ont été utilisés : un questionnaire d’attitudes culturelles et le test de Rorschach.
Le questionnaire d’attitudes culturelles que nous avons réalisé s’inspire de la lecture attentive d’ouvrages récents traitant de la problématique de l’immigration chez des populations originaires du Maghreb (Bensalah, 1994 ; Bouamama et Sad Saoud, 1996 ; Lacoste, Dujardin et Virolle, 1998 ; Lacoste et Dujardin, 1992). Il investigue le degré d’acculturation des migrants selon quatre axes thématiques principaux : la philosophie de vie, la famille et l’éducation, la sexualité et la vie de couple ainsi que le travail et la vie de la femme. Ce questionnaire qui a été formulé dans le sens d’une idéologie conservatrice comporte 50 affirmations bipolaires proposant des réponses allant dans le sens d’un accord ou d’un désaccord sur une échelle de type Likert à cinq pas. Lors de l’encodage des données, une valeur de « 5 » a été attribuée à l’expression d’un accord total et une valeur de « 1 » a été accordée à l’expression d’un désaccord total. Le biais de transparence des axes thématiques a été limité grâce à la distribution aléatoire des items.
Le test de Rorschach est une épreuve projective permettant une évaluation dynamique des ressources psychiques actuelles et latentes d’un individu. Les conditions de passation, de cotation et d’interprétation du test que nous avons retenues sont celles formulées par Chabert (1983). Les valeurs et proportions « normales » sont celles traditionnellement utilisées au Service de Psychologie Clinique et Différentielle de l’Université Libre de Bruxelles (Syllabus d’Utilisation du Rorschach, normes non publiées à usage interne, Presses Universitaires de Bruxelles, ULB, 1999).
Quatre types d’analyse ont été appliqués aux données issues du questionnaire d’attitudes culturelles et du test de Rorschach :
  • des analyses statistiques multivariées (deux analyses factorielles en composantes principales [4] permettant de mieux définir la structure factorielle du questionnaire) ;
  • des statistiques descriptives (moyennes essentiellement) ;
  • des statistiques inférentielles (test t de Student) ;
  • une lecture clinique des protocoles de Rorschach axée sur l’analyse des représentations humaines et des représentations de relation.
 
III. Présentation et interprétation des résultats
 
 
1. Analyse des réponses au questionnaire d’attitudes culturelles
A. Analyse descriptive
Dans l’ensemble, nous constatons que la majorité des items du questionnaire d’attitudes culturelles recueille l’adhésion des jeunes femmes d’origine maghrébine et que seul un item portant sur l’inégalité des sexes au sein du couple fait chez elles l’objet d’un désaccord franc (Item 6 : Dans le couple, l’homme et la femme doivent partager les tâches ménagères). À l’inverse, nous observons que la plupart des affirmations proposées sont rejetées par les femmes belges. Si chez ces dernières seule une affirmation recueille l’adhésion ferme de la majorité (Item 15 : Il est important de connaître ses racines), ce sont surtout les items relatifs au statut de la femme qui génèrent le désaccord le plus marqué (Item 22 : L’épouse est la seule responsable de la bonne entente de son couple ; Item 32 : La préservation de la virginité avant le mariage est une question d’honneur, par exemple). En première analyse, ces résultats mettent en évidence l’existence d’attitudes culturelles contrastées chez les participantes c’est-à-dire de représentations plus conservatrices et traditionnelles de la société chez les jeunes femmes maghrébines que chez les belges.
B. Analyses factorielles
1. Première analyse factorielle en composantes principales
Afin de comparer les représentations culturelles des sujets maghrébins et belges, nous avons ensuite appliqué une analyse factorielle à l’ensemble des réponses obtenues aux différents items du questionnaire. L’analyse des données a permis d’identifier quatre facteurs qui expliquent 50.4% de la variance totale. Le premier facteur (32% de la variance expliquée) regroupe les items relatifs aux conduites sexuelles et à l’allégeance aux valeurs du groupe d’origine (attitude positive par rapport à un code de conduite sexuel et moral conservateur). Le deuxième facteur (7.7% de la variance expliquée) rassemble les items faisant référence au groupe, au foyer, et au rôle de la femme à la maison (attitude positive par rapport au statut de la femme en tant qu’épouse et mère). Le troisième facteur (5.7% de la variance expliquée) comporte les items relatifs au comportement de la jeune fille et à l’importance du garçon pour les parents (attitude positive par rapport à la ségrégation des enfants au niveau du genre). Enfin, le quatrième facteur (5.1% de la variance expliquée) regroupe les items faisant référence à la responsabilité de la mère et de l’épouse (responsabilité de la femme dans la bonne marche de son couple). Par ailleurs, l’application de tests d’inférence statistique de type t de Student suggère l’existence de différences inter-échantillons significatives pour les quatre facteurs préalablement dégagés par l’analyse factorielle (facteur 1, t(43) = 6.445, p<.001 ; facteur 2, t(43) = 3.32, p<.01 ; facteur 3 t(43) = 3.676, p<.001 ; facteur 4 t(43) = 2.79, p<.01). Plus précisément, les données confirment le constat préalable selon lequel les jeunes femmes maghrébines adoptent des attitudes culturelles sensiblement plus traditionnelles et conservatrices que les belges.
2. Deuxième analyse factorielle en composantes principales
Afin d’identifier les représentations culturelles des jeunes femmes belges et de permettre un positionnement des sujets maghrébins en regard de celles-ci, une seconde analyse factorielle a été appliquée aux réponses des participantes belges. L’analyse des données a permis d’identifier trois facteurs qui expliquent 51.5% de la variance totale. Le premier facteur (25.7% de la variance expliquée) regroupe les items relatifs à la liberté de choix des femmes (attitude négative par rapport à l’émancipation de la femme). Le deuxième facteur (15.1% de la variance expliquée) rassemble les items faisant référence au code de conduite de la jeune fille (attitude positive par rapport à un code de conduite moral conservateur pour les jeunes fille). Enfin, le troisième facteur (10.7% de la variance expliquée) concerne les items en rapport avec le couple et la maternité (attitude positive par rapport à la fonction domestique de la femme). Par ailleurs, l’application de tests d’inférence statistique de type t de Student suggère l’existence de différences inter-échantillons significatives pour les trois facteurs préalablement dégagés par l’analyse factorielle. Plus précisément, les données indiquent que les jeunes femmes maghrébines produisent des réponses qui sont en accord avec les trois facteurs dégagés et ceci de manière plus importante que chez les belges. En résumé, cette seconde analyse factorielle permet de constater que les sujets maghrébins expriment des attitudes plus conservatrices en ce qui concerne le statut de la femme et de la jeune femme que les belges.
2. Analyse de la production au test de Rorschach
A. Analyse normative
Comme le montre le tableau 1, la production Rorschach des jeunes femmes d’origine maghrébine se caractérise par des écarts plus ou moins significatifs par rapport aux valeurs normatives de référence établies pour des sujets belges. Pour neuf des indices de base composant le psychogramme (R, G%, D%, B%, F%, F+%, K, A%, et Ban), les écarts à la norme sont même importants, voire très importants.

Tableau 1
Comparaison des scores moyens des sujets maghrébins aux normes du test de Rorschach
Indice Score moyen écart-type Norme écart à la norme
Nombre de réponses R 14.83 7.75 24±10 Limite inférieure
RC% 33.10% 10.49 30% – 40% -
Modes d’appréhension G% 53.83% 25.21 21% – 30% + 2s
D% 35.10% 21.93 61% – 68% -1s
Dd% 9.78% 10.75 6% – 10% -
Bl% 4.00% 5.55 3% -1s
Déterminants F% 47.00% 20.73 60% – 70% Inférieur à a norme
F+% 52.87% 21.27 80% – 95% Très inférieur à la norme
K 1.07 1.57 2 – 5 Inférieur à la norme
Contenus A% 58.07% 20.65 35% – 40% Supérieur à la norme
H% 15.00% 11.99 10% – 20% -
Anxiété 11.70% 13.15 < 12% -
Ban 2.70 1.60 3 – 5 Limite inférieure

Globalement, les protocoles des jeunes femmes maghrébines présentent les caractéristiques suivantes :
  • une attitude de forte inhibition et de refus d’engagement étayée par de nombreuses remarques critiques ou négatives par rapport au test, à la passation, et/ou aux capacités d’expression de l’examiné ;
  • une faible productivité sous-tendue par un nombre limité de réponses (Rmoyen = 14.83) ;
  • un surinvestissement des réponses globales (G%=53.83%) associé à un nombre limité de réponses détails (D%=35.10%) (rapport inversé, la proportion normale étant de 2D pour 1G). Ce phénomène souligne encore une fois l’importance de la mise à distance des affects ainsi que la réticence à aborder des éléments plus personnels ;
  • en ce qui concerne les déterminants, les scores les plus significatifs concernent la restriction des indices formels (F%=47% et F+%=52.87%). Cette faiblesse de la formalisation témoigne d’une difficulté d’intégration de base de la consigne du test laquelle consiste avant tout à se mouler aux cadres perceptifs prégnants des stimuli et donc d’une prise en compte relativement inopérante de la réalité permettant l’étayage des fonctions adaptatives. Classiquement, cet échec relatif du processus de secondarisation conduit à l’émergence de mouvements fantasmatiques plus débridés c’est-à-dire plus chargés en processus primaires ;
  • un autre élément marquant dans l’examen des déterminants concerne le nombre réduit de réponses kinesthésiques majeures (K=1.07). Ce résultat est souvent interprété en termes de faiblesse des potentialités créatrices, des capacités d’intériorisation ainsi que d’un manque d’élaboration des conflits et de l’image du corps. Le nombre moyen de réponses kinesthésiques mineures animales est quant à lui assez élevé (kan=4.13) soulignant une fois de plus l’importance du déplacement, de l’éloignement, et de la régression des mouvements pulsionnels « non assumés » sur des représentations plus acceptables. Cette dernière observation est cependant à mettre en relation avec l’examen des contenus lequel révèle un taux de réponses animales très supérieur à la normale ;
  • l’analyse des contenus suggère l’existence d’un nombre important de réponses animales (A%=58.07%), lequel témoigne traditionnellement de la construction d’une adaptation socialisante plutôt défensive et superficielle.
Ajoutons enfin que, comme l’indique le tableau 2, la majorité des indices Rorschach pris en compte chez les sujets maghrébins se situe en dehors des normes occidentales et ceci malgré l’amplitude de la dispersion des résultats obtenus.

Tableau 1
Dispersion des sujets maghrébins par rapport aux normes du test de Rorschach
Indice < Norme Norme > Norme
R 67% 30% 3%
RC% 33% 43% 24%
G% 13% 10% 70%
D% 83% 7% 10%
Dd% 43% 20% 37%
Bl% 63% 0% 37%
F% 66% 20% 14%
F+% 90% 7% 3%
K 73% 24% 3%
A% 3% 17% 80%
H% 33% 33% 33%
Anxiété - 66% 34%
Ban 50% 43% 7%

B. Analyse qualitative de quelques indices particuliers
1. Analyse des contenus humains
Globalement, l’analyse de la production Rorschach des jeunes femmes d’origine maghrébine met en évidence d’importantes difficultés dans les possibilités de figuration et de maintien des représentations humaines. Ainsi, et bien que la fréquence moyenne des réponses de type H se situe dans la norme (H% = 15) suggérant par là l’existence d’une capacité minimale des sujets à s’identifier à l’image humaine en tant que modèle identificatoire, les contenus humains restent dans l’ensemble problématiques et difficilement représentables. L’analyse détaillée des protocoles nous amène à établir plusieurs constats.
  1. Soulignons tout d’abord que 27% des femmes maghrébines, soit presque un tiers de l’échantillon, ne donnent aucune réponse humaine (H% = 0). Pour ces sujets, il semble que l’identification humaine soit barrée dans son expression et ceci notamment en raison d’une attitude défensive rigide qui viendrait figer les représentations dans une appréhension restrictive et conformiste de la tache. L’absence totale de réponses humaines chez certaines participantes peut également renvoyer à l’expression d’un défaut plus fondamental dans l’intégration de la représentation de soi.
  2. Si 73% des femmes maghrébines produisent des réponses humaines, notons toutefois qu’ici encore la question de l’identification humaine semble problématique. Les difficultés rencontrées sont essentiellement de trois types : la rareté des réponses humaines globales bien intégrées, l’émergence de contenus humains particuliers signant une fragilité de l’image du corps et la relative indétermination du genre sexuel des personnages inclus dans les réponses.
  3. Les difficultés d’intégration de la représentation de soi apparaissent tout d’abord sous la forme d’une pauvreté des contenus humains entiers, intègres et bien différenciés lesquels témoignent en principe d’une accession minimale de l’individu à un statut identitaire stable et permanent. La rareté des réponses humaines s’observe notamment à la planche III où la perception globale de deux personnages est pourtant directement suggérée par le matériel (réponse Ban qui possède le statut de banalité). Ainsi, les réponses humaines sont ici absentes dans 56% des cas et ceci quelque soit leur statut (Ban, H, ou Hd). Autrement dit, l’identification à l’image humaine se révèle impossible pour 17 sujets sur 30. Par ailleurs, la banalité n’est formulée que dans 13% des cas. En d’autres termes, seuls 4 sujets sur 30 parviennent à exprimer une représentation humaine stable et bien définie à la planche III : « Deux personnes en train de prendre quelque chose ou de faire quelque chose, elles sont opposées » ; « Deux personnes tenant quelque chose, deux femmes ». Enfin, et mis à part 4 sujets dont les réponses reposent sur la perception d’un seul personnage (« Une personne »), l’identification à l’image humaine se révèle encore problématique dans 16% des cas (soit 5 sujets sur 30). En effet, les réponses sont ici rapidement fragilisées par des phénomènes de contamination ou de confabulation perceptive, phénomènes qui révèlent une fois de plus la difficulté des sujets à maintenir une représentation humaine intègre et différenciée : Pl. III : « Des personnes qui sont en train de porter quelque chose. C’est peut-être pas des personnes. Ils ont des têtes de mouches. Ils ont des genoux et des chaussures » ; Pl. III : « Deux personnes, deux cœurs, ils ont une relation mais c’est de même sexe, ils s’arrachent quelque chose, ils ont quelque chose de commun ». À l’enquête : « Les taches rouges au-dessus, ce serait les bébés, elles seraient enceintes, c’est des femmes ».
  4. Les difficultés d’intégration de la représentation de soi apparaissent ensuite sous la forme de réponses qui témoignent de fragilités au niveau de l’image du corps. Ainsi, chez la plupart des sujets, les contenus humains se réfèrent :
    • À des réponses mal délimitées ou confabulées qui rendent compte de la perméabilité des enveloppes corporelles et de la non-différenciation sujet-objet (phénomène également fréquent au niveau des contenus animaux de type A ou Ad) : Pl. III : « C’est un corps divisé en deux, avec du sang. J’ai l’impression aussi que c’est un africain ». À l’enquête : « Le corps divisé en deux, c’est le gris clair ; il s’arrache, il a pas de pieds » ; Pl. X : « Au milieu, c’est une colonne et deux êtres qui se ressemblent et qui sont collés ».
    • À des réponses hybrides contaminées qui attestent d’un glissement des contenus humains vers des contenus animaux : Pl. III : « On dirait deux personnes qui tiennent quelque chose, elles sont projetées vers l’arrière mais qui gardent le visage face à face (…) les deux personnes ont une tête de caniche ». À l’enquête : « On dirait des têtes de caniche, c’est prolongé, comme si ils reniflaient ».
    • À des représentations humaines partielles (Hd) ou à des réponses anatomiques (Anat) qui signent une difficulté à percevoir et à projeter une représentation globale, synthétique, intégrative et surtout vivante du corps : Pl. VIII : « C’est un squelette humain, la colonne vertébrale, le bassin, les côtes, la poitrine ».
    • Et, dans une moindre proportion, à des réponses humaines imaginaires (H) tels géants, fées, « Goldorak », « Peter Pan » ou « le Vicomte Pourfendu » qui constituent une tentative de mise à distance de la représentation de soi.
  5. Les difficultés d’intégration de soi apparaissent enfin sous la forme de nombreuses réponses humaines qui soulignent la fragilité des choix identificatoires. Ainsi, les personnages projetés restent dans la majorité des protocoles indéfinis, indéterminés, ou ambigus sur le plan de l’identité sexuelle.
  6. En conclusion, l’analyse de la production Rorschach des jeunes femmes d’origine maghrébine suggère fortement l’existence de difficultés d’intégration de la représentation de soi et ceci, tant au niveau des identifications primaires qui participent à l’édification de l’image du corps qu’au niveau des identifications secondaires qui supportent l’établissement de l’identité sexuelle.
2. Analyse des relations
De manière générale, l’analyse des protocoles Rorschach met en évidence l’existence de difficultés dans les représentations de relations chez la plupart des sujets. En effet, ces représentations sont à la fois extrêmement rares et peu approfondies. L’analyse détaillée des protocoles nous amène à établir plusieurs constats.
  1. Notons tout d’abord que 52 % des jeunes femmes, soit un peu plus de la moitié de l’échantillon, ne donnent aucune réponse à contenu relationnel. Qu’il s’agisse de réponses humaines ou animales, la production témoigne donc d’un évitement massif des représentations du lien à l’objet. L’absence de toute relation s’associe chez ces femmes à une production extrêmement restrictive tant sur le plan quantitatif que qualitatif. Sur le plan quantitatif, la restriction apparaît notamment dans le nombre limité des réponses, l’approche globale dominante et la prévalence des contenus animaux. Sur le plan qualitatif, elle se traduit par le caractère peu diversifié et répétitif des contenus, le conformisme apparent des réponses et l’absence de scénarios fantasmatiques. D’un point de vue langagier, l’expression des sujets renvoie souvent à la simple production du substantif dans une appréhension de la tache qui semble porter la marque d’une défense drastique contre l’expression de toute vie fantasmatique. La séquence de réponses qui suit illustre bien le caractère fortement inhibé et appauvri des protocoles Rorschach où le lien à l’objet semble non représentable : Pl. I : « Un papillon », Pl. II : « Une araignée », Pl. III : « Une grenouille », Pl. IV : « Un chat », Pl. V : « Une chauve-souris » et Pl. VI : « Un renard » (sujet 3).
  2. En ce qui concerne les autres protocoles (48 % des sujets), les difficultés rencontrées sont essentiellement de deux types : la faible fréquence des représentations de relations et plus spécifiquement de relations humaines, ainsi que la mise en jeu de modalités d’investissement relationnel particulières associées à des difficultés dans la figuration et le maintien du lien objectal.
  3. Chez certains sujets, les difficultés objectales se traduisent par un évitement massif des relations humaines au profit des interactions animales. Tout se passe comme si le lien à l’objet ne trouvait à s’exprimer qu’au travers de la projection de scénarios animaliers à caractère anthropomorphique fortement emprunts d’effets de déplacement : Pl. II : « Deux ours qui se tiennent par la main » ; Pl. VII : « Deux lapins qui courent l’un après l’autre ». Toutefois, si ces exemples témoignent de possibilités d’expression de la vie pulsionnelle, les réponses de ce type sont plutôt rares. En effet, dans la majorité des cas, les contenus anthropomorphiques évoquent des relations de face à face dans un mouvement qui tend à figer l’investissement pulsionnel : Pl. V : « Deux cygnes qui se font face, avec un corps bizarre (…) ». À l’enquête : « C’est les têtes qui se regardent, qui se font face, surtout les têtes, les corps pas vraiment ».
  4. Chez les autres sujets, les difficultés objectales s’observent dans les modalités d’investissement particulières qui accompagnent l’évocation des relations humaines. En effet, ces relations portent soit la marque de l’indétermination dans un mouvement qui tend à figer l’investissement pulsionnel, soit la marque d’une problématique liée aux processus de séparation et d’individuation. Par ailleurs, les contenus humains qui servent de support à l’investissement de l’objet sont le plus souvent indéfinis en termes d’identification sexuelle.
  5. À ce stade de l’analyse des protocoles Rorschach, nous souhaiterions nous arrêter sur la dynamique particulière qui sous-tend la rencontre des modalités d’investissement identitaire et relationnel au niveau de la représentation de soi des jeunes femmes d’origine maghrébine. En effet, rares sont les participantes qui parviennent à maintenir un équilibre harmonieux entre les investissements narcissiques et objectaux au niveau des représentations de relations.
    • Pour bon nombre de sujets, les relations humaines se réfèrent à des pseudo-actions de type « face à face » qui traduisent non seulement une absence d’échange pulsionnel, mais encore une difficulté de maintien de l’investissement objectal. Les contenus humains sont ici très fréquemment et rapidement détériorés (atteinte de l’intégrité de l’objet), voire contaminés par l’émergence des processus primaires (glissement du contenu humain vers un contenu animal) : Pl. VII : « Deux filles qui se donnent dos avec une tête bizarre, les deux têtes se rejoignent, les mains en avant ». À l’enquête : « Les têtes sont en arrière, des grosses têtes, on ne distingue pas bien. C’est la forme, ça se touche sur un seul point, dans le reste du dessin, il n’y a pas de contact ».
    • Chez ces mêmes sujets, mais dans une moindre mesure, les relations humaines peuvent également donner lieu à des actions floues et imprécises : Pl. III : « Deux personnes en train de prendre quelque chose, ou de faire quelque chose, elles sont opposées ». À l’enquête : « Des personnes qui sont en train de porter quelque chose ».
    • Pour d’autres sujets, les représentations de relation témoignent de difficultés au niveau des processus de séparation-individuation qui concourent à l’édification de l’identité et à l’établissement du lien objectal. Ces difficultés trouvent à s’exprimer dans des réponses qui évoquent une indifférenciation sujet-objet et qui portent la marque d’une séparation douloureuse : Pl. VII : « Deux êtres rattachés par quelque chose, mais qui tous deux cherchent la liberté, veulent s’en aller. C’est des siamois, attachés par la tête, des corps de bébés, dans le ventre de leur maman ».
    • Soulignons également la présence importante, chez ces sujets, de réponses qui traduisent un investissement spéculaire des représentations de relations et qui interrogent, du même coup, la permanence des assises identitaires : Pl. III : « On dirait une personne qui se regarde dans un miroir » ; Pl. III : « Un homme qui donne le dos à un miroir, ça fait double ».
 
IV. Discussion et conclusion
 
 
En ce qui concerne l’analyse quantitative des protocoles Rorschach des 30 participantes, les données collectées mettent en évidence l’existence de différences plus ou moins significatives par rapport aux normes de référence établies pour les sujets occidentaux. Ces productions se caractérisent en effet par les paramètres suivants : attitude transférentielle d’inhibition voire de refus d’engagement, faiblesse de la productivité (R), surinvestissement du mode d’appréhension global (G) sous-tendu par un nombre limité de réponses à localisation partielle (D/Dd), pauvreté des déterminants formels (F/F+), rareté des déterminants kinesthésiques majeurs (K) associée à de nombreuses kinesthésies mineures animales (kan), ainsi que surreprésentation des réponses animales (A). Notons toutefois que la faible productivité générale des sujets constitue un problème important en regard de la pratique qui consiste à interpréter le nombre absolu de réponses produites dans diverses catégories de cotation (déterminants par exemple). En effet, la pauvreté de certains indices tels que les kinesthésies majeures doit être considérée avec prudence dans la mesure où elle est partiellement redevable au phénomène bien connu de covariation entre le nombre total de réponses d’une part et le nombre de réponses spécifiques dans chaque catégorie de cotation d’autre part (Fiske & Baughman, 1953). Quoi qu’il en soit, nous pensons pouvoir avancer que les caractéristiques de la production projective des jeunes femmes d’origine maghrébine témoignent de la mise en œuvre de procédés de fonctionnement relativement pauvres et rigides marqués du sceau de l’inhibition dans l’expression de la réalité interne des sujets. En ce qui concerne l’analyse qualitative des protocoles Rorschach, les résultats de l’étude mettent en évidence l’existence de modalités d’investissement de la représentation de soi particulières. Ces modalités se caractérisent en effet par d’importantes difficultés dans les possibilités de figuration et de maintien tant des représentations humaines que des représentations de relation dont l’expression reste globalement restrictive et peu approfondie. Ici encore, nous pensons pouvoir dire que les données obtenues témoignent d’une attitude défensive de forte inhibition des sujets.
L’existence de différences de performance entre groupes d’individus nous parait délicate à expliquer dans la mesure où celles-ci suscitent d’emblée plusieurs pistes de réflexion en regard desquelles les résultats de l’étude ne permettent pas d’apporter une réponse franche. Dans la suite, nous nous proposons de discuter deux des pistes de réflexion retenues : la question des conflits d’appartenance entre cultures d’une part et la question des spécificités culturelles propres au groupe considéré d’autre part.
Une première piste de réflexion susceptible de rendre compte des différences inter-groupes dans les productions Rorschach renvoie à l’existence de conflits d’appartenance, de loyauté et d’acculturation ainsi qu’aux exigences de réaménagement psychique qui y sont associées chez des personnes confrontées à deux modèles culturels distincts. Rappelons ici que l’expérience de la rencontre entre sujets appartenant à des cultures différentes engendre nécessairement une perte de repères identificatoires et symboliques qui se double souvent d’une souffrance de l’identité (Kaës, 1998 et de Carmoy, 1993). À ce titre, la littérature indique que de nombreuses jeunes femmes d’origine maghrébine issues de la deuxième génération présentent un tableau pathologique ainsi qu’une incidence accrue de tentatives de suicide (Arar, 1986 et Bettschart, 1987). Nous pensons donc que la production Rorschach de ces femmes pourrait témoigner de la complexité de la formation d’une identité (féminine) stable dans un double contexte culturel. Cette double appartenance confronte en effet la personne à l’enjeu suivant : comment concilier le désir « d’être la même » par rapport à la culture d’origine et la possibilité de prendre une place qui soit validée par l’ordre des générations antérieures avec le désir « d’être différente », et ceci au risque de rompre les liens de filiation avec la communauté d’origine sur lesquels s’appuie toute identité ? Cette dissociation entre la revendication d’appartenance et l’adhésion à des valeurs personnelles par lesquelles les immigrées se désignent et se reconnaissent, peut bien sûr donner lieu à un vécu contradictoire, ambivalent ou confusionnel, tel qu’il apparaît à de nombreuses reprises dans les résultats de l’étude.
Une deuxième piste de réflexion susceptible d’expliquer les différences inter-groupes dans les productions Rorschach renvoie à l’existence de spécificités culturelles associées à la communauté choisie lesquelles viendraient inévitablement influencer les expressions projectives des sujets. Une telle hypothèse nous amène bien sûr à reconsidérer la pratique courante qui consiste à interpréter les protocoles Rorschach de personnes issues de cultures différentes sur base de normes établies pour des populations occidentales. Ainsi, et bien que dans le domaine de la culture il soit toujours difficile de formuler des interprétations générales, rappelons peut-être que la représentation de la figure humaine constitue un interdit central en l’Islam. Cette représentation ayant valeur de blasphème – le croyant se posant comme créateur et donc égal de Dieu – il est difficile pour tout musulman d’y déroger. Soulignons que le contexte relationnel de passation du test a lui aussi pu conditionner les réponses des sujets. Dans la mesure où le monde islamique marque les relations entre deux personnes du sceau de l’intimité, il est probable que la relation examinateur-examiné ait renforcé le phénomène d’inhibition fantasmatique des représentations humaines tant dans le sens d’une restriction que d’une difficulté à initier et à maintenir des relations interpersonnelles humaines duales. En ce sens, le recours fréquent à des personnages imaginaires pourrait être une façon d’exprimer une créativité sans transgresser l’interdit de la représentation humaine. Ces personnages étant créés par autrui, ils ne sont que le fruit de la perception des sujets et non de leur imagination.
 
BIBLIOGRAPHIE
 
·  ANASTASI, A. (1988), Psychological testing, New York, Macmillan Publishing Company.
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·  BETTSCHART, W. (1987), Quelques aspects de psychologie et psychopathologie des enfants des familles migrantes, Neuropsychiatrie de l’Enfance, 35, 11-12, 490-497.
·  BOUAMAMA, S. & SAD SAOUD, H.(1996), Familles maghrébines de France, Paris, Desclée de Brouwer.
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·  DEVOS, G. A. (1987a), Cross cultural symbolic analysis,Rorschachiana, XVI, 56-67.
·  DEVOS, G.A. (1987b), Quantitative analysis of Rorschach symbolism, Rorschachiana, XVI, 158-166.
·  FISKE, D.W., & BAUGHMAN, E.E. (1953), Relationship between Rorschach scoring categories and the total number of responses, Journal of Abnormal and Social Psychology, 48, 25-32.
·  KAËS, R. (1998), Différence culturelle, souffrance de la langue et travail du préconscient dans deux dispositifs de groups (p. 45 – 87), In Différence culturelle et souffrances de l’identité, Paris.
·  LACOSTE-DUJARDIN, C. (1992), Yasmina et les autres de Nanterre et d’ailleurs : Filles de parents maghrébins de France, Paris, La Découverte, coll. Histoire Contemporaine.
·  LACOSTE-DUJARDIN, C. & VIROLLE, M. (1998), Femmes et hommes au Maghreb et en immigration, la frontière des genres en question : études sociologiques et anthropologiques, Paris , Publisud.
·  LEBRUN, T. (1996), Filiation et migration. Histoire d’une transmission voilée,Cahier de Psychologie Clinique, vol. 7, 201-212.
·  SYLIN, M. (1994). L’analyse par questionnaires des représentations de la formation permanente à l’université : Une approche multivariée des dimensions de celle-ci, Psychologie et Psychométrie, 15 (4), 23-38.
·  SYLLABUS D’UTILISATION DU RORSCHACH (1999). Normes non publiées à usage interne, Presses Universitaires de Bruxelles, Université Libre de Bruxelles.
·  TINTIKAKIS, M. (1999), Approche de la problématique de l’inter culturalisme par la production Rorschach. Mémoire présenté à la Faculté des Sciences Psychologiques et de l’Éducation, Université Libre de Bruxelles, Bruxelles.
·  TOCHEPORT G. (1958), Le test de Rorschach en Algérie chez des ruraux musulmans ignorant la langue française, Rorschachiana, VII,118.
 
NOTES
 
[*] Les auteurs souhaitent exprimer leurs vifs remerciement à l’adresse de Maria Tintikakis, licenciée en Sciences Psychologiques et de l’Education, sans qui ce travail n’aurait pu aboutir.
[1] Ph.D., assistante au Service de Psychologie Clinique et Différentielle de l’Université Libre de Bruxelles, psychologue praticienne au Commu-nity Help Service.
[2] Licenciée en Sciences Psychologiques et de l’Education, assistante au Service de Psychologie Clinique et Différentielle de l’Université Libre de Bruxelles. Adresse des auteurs : Service de Psychologie Clinique et Différentielle – C.P. 122 – Université Libre de Bruxelles, Av. F.D. Roosevelt 50, B – 1050 Bruxelles.
[3] Rappelons que les normes d’un test représentent tout au plus des estimations de performance d’un échantillon de sujets donné face à une épreuve donnée. Ces valeurs ne peuvent donc en aucun cas être considérées comme absolues, universelles ou permanentes (Anastasi, 1988). Soulignons également que les normes d’un test doivent être issues d’un échantillon suffisamment représentatif de la population de référence à laquelle on compare l’individu testé. Dés le moment où ce principe d’identité est violé, l’interprétation des résultats obtenus à une épreuve donnée devra nécessairement se faire avec la plus grande prudence.
[4] L’analyse factorielle en composantes principales permet la mise en évidence d’un certain nombre de variables « latentes » caractéristiques des réponses des sujets. Celle-ci comporte une première analyse à partir des relations entre lignes et une seconde à partir des relations entre colonnes. Une homothétie sur la superposition des deux analyses permet ensuite la compréhension conjointe des deux univers factoriels (Sylin, 1994).
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