Cahiers de psychologie clinique
De Boeck Université

I.S.B.N.2-8041-4183-7
236 pages

p. 137 à 153
doi: en cours

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De la relation

no 21 2003/2

2003 Cahiers de psychologie clinique De la relation
De la relation

Représentation et pulsion de mort dans la toxicomanie

Christian Miel  [*]
Le recours à une clinique psychanalytique du toxicomane apparaît comme un mode d’entrée intéressant dans l’étude de l’activité représentative.
En effet, il s’agit de voir comment le toxicomane gère ses propres représentations associées à des affects puissants alors que son appareil psychique est confronté à l’activité de la pulsion de mort, par défaut de masochisme érogène. Mots-clés : toxicomanie, représentation, pulsion de mort, masochisme.
Resorbing to a psychoanalytic clinical lecture of the drug addict seems to be an interesting approach in the study of thinking.
Indeed, the aim is to see how the drug addict handles his own conceptions linked with powerful instincts while his psychic system is confronted with the pressure from the death, in the absence of primary masochism wish Keywords : drug addiction, conception, death wish, masochism.
L’histoire du toxicomane témoigne souvent d’une évolution dans un environnement hostile qui peut prendre la forme d’incohérences éducatives, d’actes violents sur fond d’incommunication familiale.
La psyché du toxicomane est imprégnée très tôt, de fantasmes d’agression qui masquent une insatisfaction profonde à l’égard de l’objet maternel, qui n’a pas su pour de multiples raisons, deuils non réalisés, dépression, violence conjugale etc. ou du fait plus généralement d’une indisponibilité psychique dans un contexte de mère morte (GREEN, 1983), offrir un environnement adéquat à l’enfant. Cette insatisfaction n’est pas sans masquer un désir de l’objet, une attente d’amour non satisfaite, que divers événements vont transformer en perte d’amour suscitant une crainte de l’effondrement (WINNICOTT, 1975).
L’activité pulsionnelle agressive ne parvient pas à prendre forme dans des mots, par crainte de porter atteinte à la fragilité narcissique de l’autre. Il existe une violence en soi qui tente d’être contenue, sur fond de croyance en la toute puissance de la parole, sur fond d’indifférenciation de la parole et de l’acte où le dire vient se substituer au faire, le dupliquer, sans recours à l’intervention médiatrice de la pensée. L’espace de représentation est réduit à peu de choses. Il n’offre plus une aire d’évolution possible pour la vie fantasmatique, pour la métabolisation de l’activité pulsionnelle.
La mère peut, dans certains cas, faire l’objet de projections agressives intenses qui témoignent d’une incommunication profonde, d’un désarroi et révèlent des difficultés importantes, à accéder à l’autonomie, à l’affirmation du désir propre :
« Je ne me vois pas taper sur ma mère bien qu’à un moment donné, j’en ai eu envie »
« Les seules fois que je me suis révolté, c’est sur moi ou sur ma mère (par des bris d’objets) »
Les fantasmes d’agression dirigées vers la mère ont aussi pour fonction de la maintenir à distance, pour se prémunir des tendances fusionnelles qu’il déplace dans sa relation au produit. Il vit alors un état d’élation, de quête de jouissance comme une mort à soi, prélude à une renaissance. Il offre son corps à la mère, en sacrifice, comme lieu de projections maternelles tout en lui échappant dans les moments d’alternance de présence-absence, en tant que mode de revendication de son désir propre.
Dans ce contexte, la persistance d’un investissement ambivalent de l’objet renvoie à une élaboration insuffisante du masochisme érogène, pourtant nécessaire à la constitution d’un appareil psychique capable de supporter des tensions, des états d’excitation, de dépasser la détresse primaire. En effet, le masochisme primaire rend compte de l’intrication pulsionnelle, elle-même fonction de la relation objectale et apparaît comme la condition de la formation du Moi.
Quel peut-être l’apport d’une clinique psychanalytique du toxicomane dans l’étude de l’activité représentative, là où la pulsion de mort est à l’œuvre ? En quoi la référence à la pulsion de mort est-elle pertinente et permet-elle un accès à l’en-deça de la représentation ?
 
Une clinique en-deça du masochisme
 
 
Chez le toxicomane, la constitution insuffisante de l’objet interne ne permet pas de réaliser l’expérience de la perte de l’objet primaire. La confrontation régulière à un objet maternel défaillant, dans le cas d’un deuil inélaborable ou ultérieurement à un objet maternel décevant, à l’occasion d’un événement particulier (indisponibilité pour des raisons professionnelles, révélation d’une infidélité conjugale, choix amoureux non accepté, etc.), suscitent l’émergence de fantasmes d’agression sur fond de dépressivité ou de vécu abandonnique. Ceux-ci se trouvent d’autant plus accentués à la phase d’adolescence et peuvent se doubler d’une rivalité œdipienne et/ou fraternelle. Le malaise ressenti, face à ces fantasmes d’agression, tient à la relation objectale insuffisamment établie et à des défaillances dans la fonction représentative, comme l’illustrent les exemples cliniques suivants.
Nicolas, issu d’un père alcoolique violent et d’une mère peu disponible, en raison d’une activité professionnelle aux horaires décalés, est élevé par sa marraine, en compagnie de son cousin, décédé à 13 ans d’une chute de vélo. Nicolas, alors âgé de 6 ans, côtoie la dépression de sa marraine qui l’investit par ailleurs en tant qu’enfant de remplacement. Il se rend chaque semaine, en sa compagnie, sur la tombe de son cousin en même temps qu’une angoisse de mort grandit en lui à l’approche de ses 13 ans. Il commence à développer des attitudes contre identificatoires dans une ultime tentative d’affirmation de son désir propre :
« je fumais, volais. Je ne faisais plus pareil que lui, c’était un gars sérieux, il travaillait bien à l’école, sortait pas trop. À 13 ans, je traînais les rues ».
Le fait de prendre la place d’un mort pour tenter de soigner la dépression de la marraine, le met dans l’incapacité d’effectuer un travail de deuil. Il ne parvient pas à s’opposer au désir inconscient de sa marraine. Il présente dès lors des conduites d’échec, d’auto-punition, qui s’avèrent insuffisantes à endiguer ses pulsions agressives, face à un vécu persécuteur. L’incorporation de l’objet d’amour donne lieu à la mise en place d’un processus de démétaphorisation, où la scène du drame qui a vu la perte de l’objet narcissique, à défaut d’être évoquée en mots, est rejouée en actes dans un registre hallucinatoire : « Quand je roulais vite, j’étais défoncé. Je pensais à lui c’était comme un film ». Plusieurs accidents de la route accompagnent la prise d’héroïne à partir de 16 ans et précédent des incarcérations.
Jean, à 12 ans, suite à la révélation par un cousin de l’identité de son frère élevé par sa grand-mère, manifeste des conduites de vols et présente des cauchemars où il voit sa mère « morte, accrochée sur une croix ». Cette révélation jette un trouble profond dans sa relation à une mère dépressive de longue date, dont il reproche ses difficultés de communication. Le fait qu’un tel secret lui soit imposé, ne lui permet pas de vivre une relation authentique avec son frère qu’il rencontre occasionnellement et le maintient dans un statut d’enfant unique. Il commence à développer une attitude soupçonneuse, questionnante à l’égard de son entourage et des conduites d’agressivité à l’encontre de sa mère, qui se traduisent par des bris d’objets divers.
La révélation de ce secret familial fait apparaître l’idée qu’il peut lui aussi ne pas être aimé ou être abandonné, qu’on le punit de solitude en le privant de la présence de son frère. À 14 ans, lors d’un placement en internat, il s’entaille la main avec un morceau de fer. À 18 ans, à l’occasion d’une déception sentimentale, il s’entaille le bras avec un couteau :
« je souffrais trop psychologiquement, il fallait que je me fasse mal physiquement… ».
La mise à l’écart de son frère à son insu, le non-dit, le « faire comme si », révèle un sentiment de dépendance à une figure maternelle qui soudain lui apparaît mystérieuse, inaccessible. Son père tente de soutenir son épouse dans ses difficultés, tout en comprenant les demandes de son fils, sans pour autant donner suite. L’ambivalence relationnelle de Jean, est marquée par une tentative de reconnaissance par le désir maternel et par une mise à distance de la souffrance maternelle, à laquelle il ne lui a jamais été possible de donner un sens. Il reproduit son ambivalence relationnelle, par des relations compliquées avec ses choix amoureux, où son comportement apparaît marqué par l’inquiétude et la suspicion. La prise de produit, par sa fonction anesthésiante, apparaît comme une tentative de mise en veilleuse d’une fonction représentative qui s’emballe. Elle tente en vain de combler un vide inauguré par l’interdit portant sur une partie de l’histoire familiale.
À travers ces exemples cliniques, nous voyons que l’accès au plaisir est barré, en l’absence d’une relation objectale authentique, en l’absence d’intégration de la notion de limite, qui dépend d’une fonction maternelle resituée dans la tiercéité. Les pulsions agressives, à défaut de ne pouvoir prendre forme dans le champ relationnel ou de s’exprimer dans un plaisir masochique, qui n’est possible que dans une relation à l’autre, se déplacent sur le corps propre en raison d’une défaillance symbolique.
Les effets du produit tentent d’atténuer la souffrance psychique et substituent la jouissance au plaisir. Il se met en place, en l’absence de limite, une dialectique de la jouissance et de la douleur qui conduit au-delà du masochisme, vers l’autodestructivité. Un tel processus existe à des degrés variables dans la démarche toxicomaniaque. Pour comprendre sa mise en place et tenter de cerner ce qui peut l’enrayer, il nous semble important de nous attarder davantage sur la notion de masochisme primaire.
 
Le masochisme primaire comme préfiguration de la pulsion de mort
 
 
FREUD, confronté dans la clinique à des manifestations de négativité comme la compulsion de répétition, la réaction thérapeutique négative mais aussi à des conduites d’agressivité, de haine, a opté pour un dualisme pulsionnel reposant sur l’intrication de pulsions de vie et de pulsions de mort, qui vient subsumer les pulsions sexuelles et d’autoconservation.
La sexualité se différencie des fonctions d’autoconservation qui visent à l’homéostase de l’organisme, dans son mouvement d’adaptation à son environnement. Au niveau du conflit psychique, l’autoconservation se trouve représentée par le Moi. Aussi, le nouveau dualisme s’exprime au sein de la pulsion sexuelle, qui est la « la seule vraie pulsion » (LAPLANCHE, 1986) provenant du refoulement originaire et les pulsions sexuelles de vie englobent par ailleurs la libido d’objet et la libido du moi.
Selon la théorie de l’étayage, la sexualité s’appuie sur des activités instinctuelles. Elle apparaît au moment de l’expérience de la perte de l’objet, dans un « mouvement de retournement sur soi, « auto-érotisme » où l’objet a été remplacé par un fantasme, par un objet réfléchi dans le sujet » (LAPLANCHE, 1970). Le Moi est appréhendé comme objet d’amour et les objets extérieurs sont des prolongements, des reflets de cet investissement premier. Toutefois, la sexualité n’est pas entièrement liée à l’objet. Une part de la sexualité déliée, est en quête de satisfaction (FREUD, 1920), à la recherche de l’abaissement de tension et tend à s’exprimer par des voies plus courtes, comme dans le processus primaire et la compulsion de répétition.
La pulsion de mort représente cette part déliée de la sexualité tout en étant unie à la libido. Dirigée sur l’individu en ce temps réfléchi qui accompagne l’émergence de la sexualité, la pulsion de mort réalise cet état de masochisme primaire, état de co-excitation libidinale où « les sensations de douleur comme d’autres sensations de déplaisir débordent sur le domaine de l’excitation sexuelle et provoquent un état de déplaisir » (FREUD, 1915). Ultérieurement, la pulsion de mort n’est pas entièrement dirigée vers l’extérieur en raison de la co-excitation libidinale, mais quand elle se lie à la pulsion d’emprise provenant des pulsions de conservation, elle contribue à l’avènement du sadisme et par retournement sur la personne propre, à celui du masochisme secondaire.
ROSENBERG (1989) précise toutefois que le masochisme primaire peut protéger le Moi de destructivité, des atteintes de la pulsion de mort, à moins qu’il ne se mette au service de celle-ci donnant lieu à un masochisme mortifère. Une telle orientation dépend de la qualité de l’intrication pulsionnelle, de la liaison de la pulsion de mort par la libido. Quand l’excitation est recherchée de préférence à la décharge, il se produit un investissement de la souffrance où la pulsion de vie en vient à ne plus trouver de satisfaction dans la relation objectale, donnant lieu au masochisme mortifère.
Le masochisme érogène primaire passant au masochisme mortifère conduit à l’auto-destructivité, quand la douleur débordant le cadre de la co-excitation libidinale devient source de plaisir et se trouve recherchée de façon exclusive, sans considération sur les limites d’excitation quantitative.
Nous l’avons vu, « l’aspect originairement « auto » de la pulsion de mort », tient au fait qu’elle est liée au mouvement de retournement sur soi de la libido, à l’origine de la sexualité. La pulsion de mort, chez le toxicomane, en raison de l’investissement ambivalent de l’objet et de la constitution insuffisante de l’objet interne, va se présenter comme une menace permanente pour le Moi, d’autant plus qu’elle ne sera pas liée par un masochisme érogène suffisamment constitué.
 
Le narcissisme négatif
 
 
Le toxicomane confronté à des états de tension émotionnelle, renforcés bien souvent par la sommation des effets déstructurants d’événements traumatiques ou d’un environnement hostile, signe l’incapacité à vivre le plaisir masochique, l’expérience du déplaisir, la frustration. Il se situe essentiellement dans le registre quantitatif du plaisir, confronté à des états d’alternance de tension et de manque, et tente d’échapper à la tyrannie du corps. Il ne parvient pas à diriger les pulsions de destruction vers l’objet du fait de l’organisation narcissique du Moi et à les neutraliser. Celles-ci sont orientées vers le Moi, s’expriment sous forme de conduites d’autopunition, en même temps qu’elles s’éloignent des possibilités de mise en place d’un masochisme secondaire, en raison d’un effacement progressif de la relation objectale. Le parcours de Laurent, dans ses confrontations permanentes avec l’objet maternel, illustre ce mode de réponse masochique momentané qui laisse place progressivement à l’autodestructivité.
Laurent, né de père inconnu, n’a jamais connu sa mère, décédée alors qu’il avait 2 ans. Il est adopté quelques jours après sa naissance. Son père adoptif décède quand il a 9 ans après avoir subi un traumatisme crânien suite à une agression et s’être réfugié dans l’alcool. Sa mère adoptive exerçant une activité de commerçante, Laurent est souvent livré à lui-même à l’adolescence et commence à présenter des conduites de larcins.
Il s’engage dans la pratique d’un art martial jusqu’à un bon niveau. Il tente de suppléer à l’absence de référence à une figure paternelle, par une tentative d’identification à des personnages fictifs cinématographiques représentant une caricature du masculin, telles les figures de justicier évoluant dans les films violents.
Régulièrement, quand il estime que sa conduite n’a pas été exemplaire et à la hauteur de ce que peut en attendre son héros, il se brûle à l’aide de mégots de cigarettes ou s’entaille les bras avec une lame de rasoir. La consommation de cannabis, commencée entre temps à 14 ans, lui permet d’éprouver occasionnellement des moments de détente.
Il vit mal la mise en ménage de sa mère avec son parrain, estimant ne pas avoir été suffisamment préparé à cette situation et quelques mois après, à 18 ans, il entretient une relation amoureuse avec une jeune femme prénommée Chantal, comme sa mère naturelle. Elle l’initie à la consommation d’héroïne et rapidement il s’injecte le produit. Autant son amie parvient à réguler sa consommation, Laurent tombe dans l’excès et sa relation amoureuse dénuée de toute vie sexuelle, s’étiole. Les échecs de la prise en charge psychologique nécessitent le recours à une prescription de méthadone, ce qui ne l’empêche pas de développer une alcoolisation massive avec un risque permanent de décès par overdose.
Les conduites d’autopunition relatées dans ce parcours, font écho à un Surmoi sadique en l’absence d’étayage sur une figure paternelle. Elles témoignent de difficultés à accéder à la triangulation, en même temps que l’objet maternel apparaît comme une référence exclusive chargée de culpabilité. Le choix de la mère de vivre à nouveau une relation conjugale est appréhendé comme un abandon, en même temps que la rencontre amoureuse vécue sur un mode fusionnel vient réactiver une rupture précoce, une faille narcissique.
L’expérience de la perte de l’objet n’a jamais été pleinement réalisée chez le toxicomane. Le processus de l’adolescence le confronte à la nécessité de réaménagements des investissements objectaux qui bien souvent pour le toxicomane, sont associés à des expériences de déception, d’absence, de rejet ou d’abandon provenant de la part de l’objet. Les réactions de dépressivité sont consécutives à la dépendance à l’objet décevant et la rencontre avec le produit s’offre comme une réponse à cette dépressivité. Elle signe le désinvestissement objectal au profit du Moi, sur fond de crainte de l’effondrement. Elle témoigne d’un renoncement à la satisfaction pulsionnelle, d’une fuite dans les méandres de l’illusion sur fond d’occultation de la réalité (MIEL, 2002), en même temps qu’elle permet un raccrochage corporel.
Cette fonction supplétive du produit qui tente de pallier à des états de dépressivité s’avère insuffisante. Le désinvestissement de l’objet entraîne une désintrication pulsionnelle, dans l’émergence de ce narcissisme négatif où s’opère une quête du plaisir mégalomaniaque, dans un au-delà du masochisme, afin de s’affranchir des tensions conflictuelles :
« Le narcissisme négatif va vers l’inexistence, l’anesthésie, le vide, le blanc (de l’anglais blank, qui se traduit par la catégorie du neutre), que ce blanc investisse l’affect (l’indifférence), la représentation (l’hallucination négative), la pensée (psychose blanche) ».
(GREEN, 1983)
Le masochisme entretient la douleur comme forme d’existence, au sein de la relation objectale. Il n’en va pas de même pour le narcissisme négatif qui tend à la réduction zéro. Le produit se met ainsi au service de la pulsion de mort qui vise à l’anéantissement du Moi. Les propos des toxicomanes comme leur parcours de vie témoignent régulièrement du retournement des pulsions de destruction vers le Moi. Les fréquentes conduites à risque, les atteintes physiques diverses, les expériences d’overdoses, le désintérêt pour la chose corporelle, rendent compte du déplacement de la problématique narcissique vers un mal-être corporel. Le corps est désexualisé en même temps qu’une honte semble entacher la vie pulsionnelle.
La pulsion de mort nous apparaît à l’œuvre dans l’expérience toxicomaniaque. Cette notion ne se confond pas nécessairement avec un désir de mort réelle, bien qu’elle peut y contribuer comme dans les conduites ordaliques. Cette position nous apparaît toutefois rendre compte de ce processus d’auto-destructivité à l’œuvre dans la toxicomanie. Il peut être plus ou moins marqué, et, cette variabilité dépend à la fois des potentialités existantes relatives au masochisme érogène susceptibles de contenir les pulsions de destruction et de favoriser l’émergence représentative, comme des capacités psychiques pouvant être mobilisées dans la réalisation du travail de deuil et le dépassement de situations traumatisantes. Il importe de préciser que la succession d’événements traumatiques fragilise davantage l’appareil psychique et contribue à mettre la conduite toxicomaniaque au service de la pulsion de mort. En outre, la rencontre du toxicomane avec un contexte relationnel adéquat peut permettre d’amender les effets de l’auto-destructivité.
 
La pulsion de mort : spéculation ou entité clinique ?
 
 
La notion de pulsion de mort ou de destruction introduite par FREUD S. (1920), assez énigmatique de prime abord, s’inscrit dans le prolongement de travaux sur le masochisme et désigne la tendance de tout être vivant à retourner à l’état anorganique. Thanatos, au niveau du fonctionnement psychique, est régi par le principe de Nirvâna qui correspond à la tendance à la réduction des tensions au niveau zéro. Il s’oppose à Eros regroupant les pulsions sexuelles et d’autoconservation. Ce dernier est régi par le principe de constance qui tend au maintien et à la conservation de liens et d’unités de plus en plus grandes.
Cette notion, si elle résulte d’une exigence spéculative, ne s’en réfère pas moins à la nécessité de prendre en compte les phénomènes de répétition, comme à la nécessité de redéfinir les notions d’ambivalence, d’agressivité et surtout la notion de haine qui ne pouvait « se laisser déduire dans le cadre d’un monisme pulsionnel » (LAPLANCHE J., PONTALIS J.B., 1967). Le masochisme primaire sert de vecteur à l’émergence d’un nouveau dualisme pulsionnel, qui vient subsumer l’activité pulsionnelle précédemment décrite.
M. KLEIN développe ce nouveau dualisme pulsionnel qu’elle situe très tôt dans les conflits infantiles, où se constituent les notions de bon et de mauvais objet, à partir des projections de l’enfant issues des expériences de gratification ou de frustration. L’angoisse primaire correspond ici à la peur de l’anéantissement de la vie. Elle est générée par la pulsion de mort et suppose un rôle important de l’objet externe dans sa genèse, objet externe qui est alors investi comme objet persécuteur.
FREUD (1925) distinguait deux types d’angoisse : l’angoisse-signal provoquée par le moi dans une situation d’attente d’un danger, et l’angoisse-détresse survenant par un afflux d’excitations externes et internes. Il en est ainsi de la possible réalisation de désirs refoulés touchant le risque incestueux ou le meurtre, confrontant le Moi à une expérience d’anéantissement. De même, une fonction de pare-excitation insuffisante, laisse le moi aux prises à des états de détresse, dont les excitations internes ne sont pas toujours contenues par le masochisme primaire ou ne peuvent accéder à une représentation psychique. La clinique toxicomaniaque témoigne de cet attrait pour la répétition de situations traumatisantes, où le psychisme semble envahi par une ivresse émotionnelle, que la drogue amplifie ou tente de réguler. L’anéantissement du moi n’est plus mis sur le compte de l’événement traumatique, d’une possible mise en acte de fantasmes mais sur les effets du produit.
L’aspect anti-liant de la pulsion de mort est ici à l’œuvre. Il peut se manifester très tôt dans l’histoire du toxicomane, à l’occasion, pendant la vie intra-utérine où s’opposent des vécus émotionnels intenses, quand la question d’une interruption volontaire de grossesse se pose face à la pression de l’entourage, ou quand la jeune mère enceinte est confrontée à un décès d’un proche. L’état de détresse, dans les premiers mois de la vie psychique, peut être éprouvé au sein d’une relation à une mère en difficulté. Il peut prendre, le cas échéant, une tournure dramatique face à des situations réelles de menace de mort. La défaillance du système de pare-excitation inaugure alors un travail au long cours de la pulsion de mort :
Patrick, âgé de 22 ans, présente une attitude psychotique et une consommation d’héroïne depuis 5 ans, émaillée de deux tentatives d’autolyse. Il est issu d’un père alcoolique, violent. Sa mère se sépare de son époux devant les menaces de celui-ci de jeter à terre l’enfant alors âgé de quelques mois, si elle ne cède pas à ses avances. Après cette séparation, elle est placée plusieurs mois pour dépression et Patrick subit entre temps de mauvais traitements au cours de plusieurs placements nourriciers. À 10 ans, il commence à présenter des conduites sadiques à l’égard des animaux, alors que sa mère se met en ménage. Elle fait une longue dépression à la rupture de sa nouvelle relation conjugale cinq ans plus tard et Patrick commence alors sa toxicomanie avec le cannabis, puis l’héroïne.
L’activité des pulsions destructrices est amplifiée par les menaces de mort physique auxquelles la mère tente de s’opposer. Toutefois, celle-ci est submergée par l’angoisse et les affects dépressifs et ne parvient pas à constituer un système de pare-excitation satisfaisant. Ces expériences précoces génèrent chez Patrick des expériences émotionnelles déstabilisantes, des éléments bêta qui ne sont pas transformés en éléments alpha, assimilables par le psychisme de l’enfant, en raison de la défaillance de la fonction alpha de l’environnement maternel (BION, 1996). Patrick cherche à projeter cette partie non liée de sa destructivité, à travers des conduites sadiques dirigées vers les animaux ou une opposition constante envers son beau père. La faible résistance de son entourage à ses fantasmes de meurtre lui fait craindre une possible réalisation. Sa destructivité est alors orientée vers une fragilisation de sa personnalité et s’exprime par des tentatives de suicide.
La consommation de cannabis tente d’éviter les tensions, de maintenir l’homéostase, la quantité d’excitation aussi bas que possible ce qui correspond à l’expression du principe de constance, en même temps que s’effectue une transposition de la libido d’objet en libido narcissique, donnant l’illusion de la maîtrise. Toutefois, cette tentative échoue devant la pression des quantités d’excitation. Le recours au principe de Nirvana en tant que réduction des tensions au niveau zéro, tel que l’inaugure la consommation d’héroïne, devient la règle. Il s’agit dans le même temps de lier cette destructivité, pour éviter la décompensation de la personnalité, jusqu’au moment où le clivage entre la psyché et le soma va s’établir et la destructivité se déplacer sur le corps propre.
Ces élaborations cliniques relatives au travail de la pulsion de mort contredisent la position de certains auteurs (BOKANOWSKI, 1989). Ils y voient là un concept inutile qui a pour fonction de masquer les difficultés rencontrées dans le travail analytique. J. BERGERET (1984) y oppose son concept de violence fondamentale, correspondant à un instinct de conservation duquel est issu le fantasme de la mort de l’autre, comme condition de sa propre survie. Cet autre investi d’un pouvoir destructeur correspond à la position kleinienne, où l’autre est le lieu de projections des pulsions destructrices. La notion de violence fondamentale ne nous apparaît pas éloignée de celle de pulsion de mort, telle que M. KLEIN l’a utilisée. En effet, l’angoisse est générée par la pulsion de mort et la peur de la mort, d’où sa projection sur un objet externe, afin de mettre à distance sa destructivité pour mieux la combattre.
De son côté, J. BEGOIN (1989) estime que la notion de pulsion de mort constitutionnelle pourrait alimenter des effets contre-transférentiels. Il préfère la notion de violence du désespoir pour justifier la présence des pulsions destructrices. Les défenses les plus violentes apparaissent comme des tentatives désespérées de quête de l’amour. L’auteur propose de considérer le concept d’envie de M. KLEIN désignant l’envie destructrice du sein, non plus seulement comme l’expression directe de la pulsion de mort, mais comme « l’identification à l’échec de l’objet à accomplir sa fonction » (BEGOIN, 1989). Il y est rappelé l’importance du rôle de l’objet externe, dans sa capacité à accentuer les conflits archaïques ou à lier les pulsions antagonistes.
Nous concevons pour notre part que l’activité des pulsions de mort est en rapport avec des éprouvés émotionnels pendant la vie intra-utérine et lors des moments d’insatisfaction, de frustration survenant dans la relation objectale. Cette conception ne considère pas la pulsion de mort comme innée, mais comme résultant de la sommation d’expériences négativantes, dont l’intensité varie d’une personne à l’autre en fonction des aléas de la relation objectale et de l’histoire individuelle. Les éprouvés émotionnels constituent des éléments bêta selon BION qui, projetés sur l’objet, seront ensuite destinés à être assimilés par la psyché, sous l’effet de la capacité de rêverie maternelle. Une partie des pulsions de mort évoluant dans la psyché est liée par les pulsions de vie. Elle sert au Moi à lutter contre l’objet persécuteur, par ailleurs dépositaire des pulsions de mort non liées, comme à développer l’agressivité nécessaire à l’expression de la vie. Le problème apparaît quand l’objet dépositaire des pulsions de mort est trop fragile, ou n’est pas en mesure d’assurer une fonction contenante et de renvoyer à l’enfant des éléments psychiques assimilables. Les pulsions destructrices non liées ne peuvent alors être projetées, sans compromettre l’objet externe, et contribuent à la mise en place d’un processus d’autodestruction.
Cette tendance de la pulsion de mort à un retour à l’état anorganique s’observe dans le narcissisme négatif. Elles’inscrit délibérément dans un processus involutif qui semble vouloir se poursuivre continuellement. Le toxicomane tente de l’inverser sans succès, par le recours au produit qui vient solliciter la fonction liante des pulsions de vie, tout en réalisant l’anesthésie psychique. Il échoue dans l’application du principe de Nirvâna, par sa tentative d’évitement des tensions, là où le mystique y parvient par la mise entre parenthèses de la dynamique du désir. Comme le rappelle LAPLANCHE (1986), autant le Nirvâna de la pulsion vise à la réduction des tensions au niveau zéro, autant le Nirvâna du moi chez le mystique lui permet d’accéder à la mort symbolique du moi. Cet objectif se réalise au terme d’un processus involutif qui entretient toujours un rapport dialectique avec la dynamique évolutive de la psyché, permettant un travail de métabolisation des éléments psychiques émergents. Dans ce cadre précis, l’activité de la pulsion de mort nous apparaît s’inscrire dans une démarche de déconstruction du moi, source de réaménagements divers.
De son côté, André GREEN (1986) porte davantage son attention sur l’objet en tant que révélateur de la pulsion et considère la pulsion de mort comme un principe négativant, une anti-pulsion. Les conséquences du travail de la pulsion de mort seraient un effet de déliaison, qui se porterait sur les investissements liés à l’objet. Il en vient à introduire la notion de fonction désobjectivante que nous allons aborder.
 
La fonction désobjectalisante de la pulsion de mort
 
 
La constitution du moi dépend partiellement de ses échanges avec l’objet. Il en est de même de l’appareil à penser, dont l’autonomisation progressive est fonction du rapport au corps. Il s’ensuit un investissement libidinal des fonctions pulsionnelles, représentatives, langagières, qui va donner lieu aux différents modes de représentation. L’objet « révélateur des pulsions » (GREEN, 1995) résulte en retour d’un acte créateur, provenant du lien dynamique entre la représentation psychique et la représentation de chose, lien que scandent les variations corporelles. Le premier objet de l’enfant étant le corps de la mère, celui-ci est chargé d’un pôle pulsionnel que la mère va négocier avec l’enfant, en même temps qu’elle est objet de désir et source de désir pour un autre. Cet autre séparateur rend possible la constitution du moi et de l’objet.
De ces constatations, GREEN avance la thèse que « le moi peut devenir le siège d’une fonction objectalisante » (GREEN, 1995). De l’introjection telle qu’elle se manifeste dans les rapports premiers à l’objet, à l’internalisation de processus relationnels et à l’identification, il s’effectue une appropriation de l’objet par le moi. Le moi pris pour l’objet par l’activité pulsionnelle, en vient à créer d’autres objets comme dans la sublimation, où « c’est l’activité sublimée qui devient un objet » (GREEN, 1995). Cette démarche permet au moi de se constituer des objets internes et d’éviter le vide.
La notion de fonction objectalisante contribue à l’avènement et au développement de la symbolisation. Elle constitue un prolongement important à la notion de fonction alpha de BION et de paradoxe essentiel, en rapport avec l’écart entre la perception et la représentation, à l’origine de l’aire intermédiaire chez WINNICOTT (1975). Il est noté au passage l’importance de l’objet externe qui, en tant que cadre, contribue à l’émergence de la fonction objectalisante. Des défaillances importantes du cadre ne permettent pas de contenir les projections de l’enfant, qui en vient à haïr la réalité externe et interne.
La fonction désobjectalisante, a contrario, s’exprime par le recours à des mécanismes de défense qui s’éloignent du refoulement, ce dernier assurant une fonction de reliaison dans l’inconscient par l’intermédiaire d’autres mécanismes comme le déplacement, la condensation. Ainsi, le clivage du moi et son corollaire, le déni, correspondent à des modes d’expression de la pulsion de mort dans sa fonction de déliaison. De même, le recours prolongé et excessif à l’identification projective, consiste en la destruction de liens préalablement établis avec l’objet et tend à renforcer le clivage.
L’expérience toxicomaniaque modifie le rapport entre le Moi et l’objet, faisant l’économie de l’expérience de la perte de l’objet. Devant le trop plein ou le pas assez d’objet (MIEL, 2002), celui-ci n’a pu se constituer en tant qu’objet de désir, préalable indispensable à son renoncement et à l’introjection de la relation objectale en vue de la constitution de l’objet interne. Le recours au produit traduit bien cette difficulté à dépasser la phase dépressive décrite par M. KLEIN. Le produit apparaît comme un élément substitutif de la tierceité qui fait écran dans la relation entre le toxicomane et l’objet maternel. Ilvient masquer les pulsions agressives liées à l’omniprésence de l’objet vécu comme persécuteur ou liées à des expériences de frustrations précoces.
Le toxicomane a été initié au monde du désir sans l’avoir expérimenté pleinement, ce qui lui a permis d’échapper au monde autistique. L’incorporation d’un objet réel vient à la rescousse ou se substituer à un objet interne défaillant :
« le sujet érigeant un objet réel à l’endroit où aucun objet n’a pu occuper la place d’un objet perdu » (ESCANDE, 1998).
Il en est ainsi de la prise de produit avec les sensations internes de chaleur, de bien-être qu’elle suscite. Elle tend à nier le vécu de la perte de l’objet, à réactiver des sensations primaires de protection maternelle, à imprimer en négatif une fonction contenante maternelle qui n’a pu être introjectée.
La drogue dans sa fonction de tiercéité vient suppléer à un défaut d’introjection du signifiant phallique ce qui semble prémunir le Moi d’une décompensation de la personnalité (CHARLES-NICOLAS, 1985). Le toxicomane tente, dans le même temps, d’échapper au clivage du Moi par l’alternance entre l’état de manque et l’état d’élation, où il cherche vainement à reconstruire l’unité du moi mise à mal. Il s’effectue un déplacement de la problématique clivée du Moi sur le registre somatique par conversion de la libido objectale en libido narcissique.
 
Conclusion
 
 
Nous avons vu que la désintrication pulsionnelle liée au désinvestissement de l’objet conduit à l’autodestructivité, à l’action de la pulsion de mort particulièrement à l’œuvre dans les situations de deuils indépassables. La dialectique du plaisir – déplaisir ne parvient pas à se mettre en place ou à se maintenir par défaut d’établissement du masochisme primaire. Il se développe un narcissisme négatif où la catégorie du neutre (GREEN, 1983) prend toute sa place, catégorie à laquelle il est opposé une dialectique de la jouissance et de la douleur, afin d’échapper à l’angoisse d’anéantissement au détriment de la mise en place d’un processus d’érosion corporelle, par désexualisation pulsionnelle et auto-agression. C’est bien à une distorsion – déstructuration de l’activité représentative que l’on assiste. Elle conduit immanquablement au vide qui est davantage ici un néant, qu’un vide vecteur de sens comme dans l’expérience de la vacuité mystique.
La pulsion de mort, nous la concevons davantage comme la sommation d’expériences précoces de frustration, dont l’expression inadéquate accentue la tendance comme dans le contexte de la mère morte. Dans la toxicomanie, la pulsion de mort s’est par ailleurs intensifiée sous l’effet de traumatismes réels. Si la pulsion de mort est secondaire à la pulsion sexuelle, seule vraie pulsion comme le soutient J. LAPLANCHE, dans sa conception d’un monisme énergétique, nous pensons toutefois qu’elle joue un rôle très tôt dans le développement de la vie psychique et accompagne la mise en place des mécanismes psychiques archaïques comme la projection et l’introjection.
D’intensité variable, elle est bien souvent contenue dans le masochisme primaire. Nous pensons qu’elle est à l’œuvre au travers de formes d’expression psychique comme le doute, le découragement, la dépressivité où elle active la fonction désobjectalisante au niveau du moi. Tant que ce processus reste modéré, il peut être source de créativité quand il est relayé par des liaisons nouvelles, des contenus psychiques plus élaborés. De même, il peut-être source d’expériences nouvelles, comme au travers des états modifiés de conscience. A contrario, le toxicomane échoue dans la visée de cet objectif par sa volonté de réduire les tensions pulsionnelles au niveau zéro.
 
BIBLIOGRAPHIE
 
·  BEGOIN J., La violence du désespoir, ou le contresens d’une « pulsion de mort » en psychanalyse, Paris, Nouvelle Revue de Psychanalyse, 1989, TL III, 2, pp.620-641, p 633.
·  BERGERET J., La violence fondamentale, Paris, Dunod, 1984.
·  BION W.R., Aux sources de l’expérience, PUF, 1996.
·  BOKANOWSKI T., Pulsion de mort, Le concept de pulsion de mort, bibliographie critique des auteurs psychanalytiques français, Paris, Nouvelle Revue de Psychanalyse, tome LIII, 2, mars-avril 1989 pp.509-533.
·  CHARLES-NICOLAS A., A propos des conduites ordaliques : une stratégie contre la psychose ?, Paris, Topique, 1985, 35-36, pp. 207-229.
·  ESCANDE C., Approche métapsychologique de la souffrance du toxicomane, Paris, Psychotropes, mars 98, vol. 4, n°1, pp103-121, p119.
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·  (1925), Inhibition, symptôme, angoisse, Paris, PUF, 1993, 88 p., p.58.
·  GREEN A., Ma mère morte, in : Narcissisme de vie, narcissisme de mort, Paris, éd. de Minuit, 1983, 280 p., pp. 232-253.
·  Un, autre, neutre : valeurs narcissiques du même. In Narcissisme de vie, narcissisme de mort, Paris, éd. de Minuit, 1983, p 39.
·  Pulsion de mort, narcissisme négatif, fonction desobjectalisante, in La pulsion de mort, 1er symposium de la Fédération européenne de psychanalyse (Marseille 1984), Paris -PUF, 1986, p 49-59.
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·  LAPLANCHE J., La pulsion de mort dans la théorie de la pulsion sexuelle, in La pulsion sexuelle, Paris, PUF, 1986, pp. 11-37, p. 17.
·   Vie et mort en psychanalyse, Paris, éd. Flammarion, 1970, p. 150.
·  La pulsion de mort dans la théorie de la pulsion sexuelle, in Pulsion de mort, 1° Symposium de la Fédération européenne de psychanalyse. (Marseille, 1984), Paris, PUF, 1986, p11-16, p13.
·  MIEL C., La dissolution de la réprésentation dans l’expérience toxicomaniaque, Perspectives psychiatriques, 2002, vol. 41, n° 4.
·  La toxicomanie ou la quête impossible de l’objet, Psychotropes, vol. 8, n° 1, De Boeck Université, pp. 7-21, 2002.
·  LAPLANCHE J., PONTALIS J.B., Vocabulaire de la psychanalyse, PUF, Paris, 1967, 523 p., p373.
·  ROSENBERG, Pulsion de mort et intrication pulsionnelle ou la pulsion de mort dans la construction de l’objet et de l’appareil psychique ou la pulsion de mort et la dimension masochique de l’existence, Paris, Nouvelle Revue de Psychanalyse, 1989, t. LIII, 2.
·  WINNICOTT, Jeu et réalité, trad. C. Monod et J.B. Pontalis, Paris, Gallimard, 1975, p. 208.
·  La crainte de l’effondrement, in Figures du vide, Paris, Nouvelle Revue de Psychanalyse, Gallimard, 1975, n°11, pp. 35-44.
 
NOTES
 
[*] Christian MIEL, Directeur – psychologue du Centre Spécialisé de Soins aux Toxicomanes la « Porte Ouverte », Docteur en psychologie.
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