2003
Cahiers de psychologie clinique
De l’institution
De l’institution
Vigilance et présence dans le soin : pour une psychothérapie institutionnelle en Belgique
Robert Maebe
[*]
Le soin de la psychose est envisagé ici dans sa dimension institutionnelle. La notion d’aliénation dans son sens tant social que fondamental articule le problème du soin avec le problème de la psychose. Cette articulation est capitale pour comprendre les fondements du mouvement de Psychothérapie Institutionnelle. Cette introduction se termine par la présentation du mouvement belge de PI.
Mots-clés :
aliénation, psychose, institution, institutionalisation, psychothérapie, soin.
The care for the psychotic is being approached in its institutional dimension. The social and fundamental dimensions of the meaning of alienation articulate the problem of care with the problem of psychosis. Such an articulation is fundamental to understand the basics of the movement of Institutional Psychotherapy. This introduction ends with the presentation of the Belgian movement for IP.
Keywords :
alienation, psychosis, institution, institutionalisation, psychotherapy, care.
Soigner la psychose requiert tout particulièrement de soigner d’abord la dimension institutionnelle des lieux de soins. Cette préoccupation est au cœur du mouvement de Psychothérapie Institutionnelle. À la croisée du soin de la psychose et du soin de l’institution, le docteur Jean Oury a mis la notion d’aliénation. Après quelques considérations introductives à propos de la notion d’aliénation, nous présenterons comment les dimensions d’aliénation sociale et d’aliénation fondamentale se rencontrent concrètement dans les stratégies et dans les pratiques du soin. L’accueil dans un esprit de vigilance et de présence se réalise grâce à un travail permanent d’institutionnalisation et forme la base sans laquelle toute tentative de psychothérapie risque d’augmenter l’aliénation des personnes et des instances concernées.
Le mot « aliénation » est dérivé du grec (allos) et du latin (alius), qui se traduisent en français par « autre » on retrouve la racine proto-indo-européenne « al- » (« au delà de ») en latin dans alter », « alis », « alius », « alienus » et bien sur dans « alienatio ».
L’aliénation se retrouve dans plusieurs discours. En droit tout d’abord, où le mot indique un transfert de propriété ou d’usufruit. En philosophie, le mot désigne ce qui rend une réalité étrangère à sa propre nature. Cette notion est introduite par les penseurs dialectiques allemands : Hegel, Feuerbach et Marx. Il faut se tourner vers la fameuse Fenomenologie des Geistes de Hegel pour y suivre la place accordée à l’aliénation, traduction française de différents termes allemands. Hegel désigne comme aliénation la chute de l’Esprit Universel – le Geist – dans les réalités immédiates de la vie sociale, son éparpillement en individus isolés, et l’opposition établie entre le monde réel et le monde de l’au-delà. Le rôle de la philosophie hegelienne est de faire prendre l’Esprit Universel conscience de soi-même et de son unité à travers les œuvres où il s’était aliéné (le droit, l’art et la religion) jusqu’à ce qu’il réalise sa propre essence en devenant liberté absolue. Ce processus doit se faire à travers une série de dépassements dialectiques, connus sous le fameux terme de Aufhebung, qui désigne en même temps l’élévation, le soulèvement, la préservation et la suppression.
Dialectique de l’aliénation
Passons brièvement en revue quelques termes chez Hegel qui entrent en rapport avec la notion d’aliénation. Il y est d’abord question de
Ent-fremdung
[2], « étrangéification », processus par lequel l’Esprit projette dans une réalité étrangère les produits de son activité ; la
Ent-aüsserung, à traduire par extranéisation, désaisissement, est le processus par lequel l’Esprit se perd dans les objets qu’il juge extérieurs à lui-même. L’aliénation que vise Feuerbach est l’aliénation religieuse par la projection sur Dieu de la réalité humaine. Pour Marx, il est question d’aliénation pour désigner le résultat de l’exploitation des travailleurs dans une société de classe. Elle est le résultat de la séparation du travailleur de son travail transformé en instrument de production. Ce qui donne une triple aliénation sous les trois formes de la
plus-value dérobée, de la
parcellisation du travail et de la
soumission au salariat quand le travailleur est acculé à l’exercice de son travail pour rester en vie.
[3]
Le noyau du concept d’aliénation vise donc une mise-en-dehors de soi qui, non-dialectisée, aboutit à des processus d’objectivation positiviste qui mènent à l’ensemble de l’aliénation sociale, l’
Ent-gegenständlichung
[4], l’objectification.
Ce processus se traduit dans la production de différentes façons de situer les autres et de se situer, de présenter les autres et de se présenter, par exemple dans nos expériences, comme personnages dits « malades », « soignants », ou comme ensembles appelés « institut », « service », « famille de malades », etc. Ce sont des présentations qui enferment dans des rapports et dans des identités faussées d’avance.
Aliénation sociale et soin
Les processus d’aliénation sociale dans l’institution se manifestent sommairement sous trois rubriques : processus de
bureaucratisation, de
ségrégation et
d’isolation.
[5]
- Le processus de bureaucratisation sacrifie la personne humaine au profit du statut de malade et l’hôpital psychiatrique au profit de l’appareil bureaucratique, administratif et juridique qui règle la maladie. Ce règlement imposé de l’extérieur, pousse l’hôpital vers une organisation bureaucratique interne.
- Le processus de ségrégation répartit les malades en entités psychiatriques et les distribue en pavillons suivant un principe d’homogénéité. Et pas seulement les malades sont distribués de cette façon ; il en va de même avec le personnel qui est ordonné suivant différents statuts et différentes fonctions.
- Les processus de bureaucratisation et de ségrégation sociale mettent en route un mécanisme d’isolation et un isolement qui sont responsables de la fermeture à l’intérieur d’une même institution de différentes unités, fermées sur elles-mêmes et isolées des autres et de l’ensemble. Cet ensemble regroupe ce qui (s’)est isolé, par l’installation d’un réseau compliqué de soi-disant canaux de communication.
Les institutions, les soignants et les processus de prise en charge sont régulièrement, plutôt qu’occasionnellement, déterminés par cette aliénation sociale qui écrase la demande et la personne, et la possibilité d’accueil du psychotique, ç.à.d. l’accueil de son impossibilité à être avec les autres. Au sein des institutions, chaque soignant risque de faire le jeu de l’aliénation. La confusion entre rôle, fonction et statut de la personne est de règle dans la plupart des institutions et elle y entrave gravement la possibilité d’être présent ouvert à l’écoute de la parole psychotique.
L’aliénation sociale se renforce actuellement sous le sigle de la
qualité des soins
[6] qui régit une logique à plusieurs termes. D’abord il y a le terme :
humanisation de la santé mentale. On ne peut pas de prime abord déclarer qu’on est opposé à l’humanisation des hôpitaux. Il est difficile de faire comprendre en quoi ce mot d’ordre est en porte-à-faux sur une dialectique du fondamentalement humain qui est en cause. C’est pourtant un leurre. L’humanisation en question est une condensation normative appuyée sur la confusion conceptuelle entre homme, sujet et individu, doublée d’un déni de ses effets. Il en est de même pour les termes de
professionnalisation et de
gestion introduits pour faire entrer la santé mentale sous le régime de la consommation et qui finissent par aliéner le malade (éloigner l’étrange auquel il est confronté) encore plus avant comme acteur (usager) dans la consommation, tout en prétendant améliorer sa position. La philosophie ne nous a-t-elle donc rien appris ?
C’est donc de l’accueil du psychotique, de la personne prise dans l’aliénation psychotique, qu’il s’agit. Cet autre volet de l’aliénation, Oury l’appelle « fondamental » et « psychotique »
[7], non pas parce que les institutions reçoivent des malades psychotiques, mais parce que les structures mentales psychotiques montrent dans leur brisure, comme à ciel ouvert, ce qui se passe nécessairement et universellement chez chacun de nous, mais caché, c.à.d. d’être aliéné dans l’image de l’autre et d’être aliéné dans l’accès au langage. Jacques Lacan a mis en évidence le pouvoir aliénant qui est à l’œuvre dans la dimension spéculaire de la constitution du moi (mé-connaissance)
[8], et il a consacré à l’aliénation un développement à partir d’une forme logique du choix négatif (« ni – ni », par exemple : « la bourse ou la vie »), un VEL aliénatoire
[9], qui contraint le sujet à une impossibilité – sans échappatoire – de réaliser ensemble l’adage cartésien de penser et d’être (« là où je pense je ne puis être », etc.).
Pour avoir accès au patient qui est aux prises avec l’aliénation fondamentale, ce monde clos ou il s’est retiré, il est nécessaire de constamment déblayer le terrain. Il faut d’abord et sans cesse défaire la « fabrication » qu’est « le malade », et qui a lieu dans les rapports qui se nouent entre le psychotique, la famille, l’institution et la société.
Dans la clinique il y a lieu de dégager ce qui est fondamental de ce qui est pathoplastique. La pathoplastie est ce mécanisme qui conduit à la (re)production de phénomènes (pseudo)pschopathologiques sous la pression – aliénatoire – de l’environnement. Ces artifices se produisent facilement à l’intérieur de groupes qui manquent d’espace, d’échanges et de diversification. Pour réduire ces phénomènes de contagion et de condensation il importe de (re)créer des possibilités d’articulation de demandes multiples et multiformes et un accueil de l’impossibilité à être avec les autres, qui permette au patient psychotique de se (re)trouver.
De façon positive, on pourrait dire qu’un travail institutionnel permanent s’impose. Un travail d’
institutionnalisation
[10], de création incessante d’institutions très variables, de surfaces d’échange. Il s’agira de transformer stratégiquement les concepts reçus de la psychiatrie, de la sociométrie, de la phénoménologie, la de psychanalyse, de la linguistique
[11], de les transformer stratégiquement de l’intérieur afin d’offrir un substrat pour donner un sens à la souffrance et pour lui chercher une issue.
Ce substrat se concrétise dans la création d’issues pour des personnes perdues dans leur cheminement. Une attention permanente sera portée au phénomène de la libre circulation qui ne peut être véritablement libre que dans la mesure où elle fonctionne à l’intérieur d’une dynamique de la règle.
Cette règle répond à la nécessité de pouvoir s’arrêter à différents endroits dans cette circulation pour échanger des regards, des mots et des objets. De là, l’attention permanente pour une installation continue de lieux structurés concrètement, allant d’une large gamme d’ateliers (bibliothèque, musique, équitation, poterie, …), de services (cuisine, lavoir, administration) et de lieux de soins (infirmerie, consultation, …)
Elle se réalise par la création d’espaces intermédiaires pour l’accompagnement entre les « arrêts » et la « libre circulation » sous la forme d’un réseau permanent d’accueil qui traverse l’ensemble spatial et temporel de l’institution.
La demande d’accueil de personnes touchées dans leur temporalité et dans leur spatialité requiert surtout une
présence
[12], non pas dans un sens fonctionnel, mais dans le sens d’être là où ça se passe. Cette disponibilité attentive se concrétise dans la vigilance et l’attention portée aux problèmes quotidiens les plus divers, et tout spécialement dans l’accompagnement littéral des personnes d’un endroit à autre, version spatiale du transférentiel.
En termes de
vigilance, il s’agit de développer ou de disposer d’outils institutionnels pour prendre soin des tendances à la fermeture qui ne cessent de menacer l’institution, par création continue de groupes au sein de l’institution
[13]. Ils fonctionnent comme médiateurs des tensions à risque aliénatoire, voire destructeur ; ils recoupent l’ensemble de l’institution – soignants et pensionnaires – en sous-ensembles hétérogènes et permettent ainsi le maintien d’une permanente vigilance et disponibilité sans verser dans la surveillance ou dans le harassement « thérapeutique ». On ne peut pas développer ici le rôle éminent qu’occupent les structures appelées « Club Thérapeutique »
[14] et « Comité Hospitalier » dans l’ouverture d’un espace hospitalier (!). Qu’il suffise provisoirement de dire qu’il s’agit de structures autonomes (type a.s.b.l.) ratachées à l’institution de soins et gérées par un conseil mixte de pensionnaires et de soignants.
À la menace permanente de fermeture aliénante de l’institution – de l’ « état-blissement », comme le dit ironiquement Oury – le mouvement de Psychothérapie Institutionnelle veut donc répondre par un travail incessant de vigilance, d’attention aux mécanismes institutionnels en cause. Ces mécanismes ne sont pas réservés aux grandes institutions hospitalières, mais sont présents dans toutes les structures sociales. On ne recherchera donc pas ici un (contre)modèle, ou un type idéal d’institution, mais plutôt une permanente re-mobilisation et mouvance de ces structures précaires par un jeu – mené rigoureusement – de (re)mise en scène, de médiation facilitant une circulation sur un ensemble institutionnel diversifié et hétérogène, des personnes et des (sous)groupes en cause.
Mouvement de psychothérapie institutionnelle
Depuis plusieurs années déjà un Mouvement pour la Psychothérapie Institutionnelle belge (bilingue : Beweging voor IP)
[15] réunit des personnes et des groupes intéressés pour penser, organiser et soutenir des pratiques désaliénantes en Belgique. Ce groupement tente – sans vouloir copier ce qui s’est fait en France – d’en comprendre le sens et de l’articuler avec les contextes propres à nos structures de soins. Une praxis de clubs thérapeutiques se développe simultanément avec un travail de formation et d’approfondissement théorique. Les deux se questionnent et se soutiennent dans un travail collectif qui comprend des rencontres interclubs, des journées d’études (la quatrième ayant eu lieu en novembre 2001), des groupes de lecture (textes de Tosquelles, Oury, Delion, Guattari) et un comité ouvert où se rassemblent et se relancent les différentes initiatives et une revue bilingue de PI qui paraît de façon irrégulière.
·
Données Encyclopédiques, Hachette Multimédia / Hachette Livre, 2001
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Ledoux, M., Enkele bakens om de beweging van de institutionele psychotherapie af te grenzen, in Psychoanalyse 2, EBP-BSP, 1984. (traduction française. Balises pour délimiter le mouvement de Psychothérapie Institutionnelle, in Tijdschrift voor Institutionele Psychotherapie, 3, Leuven, mai 2003).
·
Ledoux, M., Vervreemding in de dagelijkse praktijk van de psychiatrie, Journée d’études du Mouvement de PI, Vaalbeek, 10 octobre 2001. (texte original et traduction française in Tijdschrift voor Institutionele Psychotherapie, 3, Leuven, mai 2003).
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Oury, J., L’aliénation, Séminaire de St. Anne, coll. Débats, Galilée, 1992.
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Lacan, J., Le stade du miroir comme formateur de la fonction du Je, in Ecrits, p. 93-100, Seuil, 1966.
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Lacan, J., Les quatre concepts fondamentaux de la psychanalyse, Le séminaire, livre XI, Seuil, 1973.
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Michaud, G., Laborde… un pari nécessaire, Interférences, Gaulthier-Villars, 1977.
·
Oury, J., Thérapeutique institutionnelle, in Psychiatrie et psychothérapie institutionnelle, Payot, 1976
·
Oury, J., La participation de l’infirmier à la psychothérapie, in Psychiatrie et psychothérapie institutionnelle, Payot, 1976
·
Oury, J., La désaliénation en clinique psychiatrique, in Psychiatrie et psychothérapie institutionnelle, Payot, 1976
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Oury, J., Les clubs thérapeutiques, in Psychiatrie et psychothérapie institutionnelle, Payot, 1976
[*]
Psychiatre, UPC Sint Kamillus, Bierbeek
Service de placement familial pour personnes handicapées, OIKONDE-Leuven
Service d’habitation protégée et Soins psychiatriques à domicile, Beschut Wonen Pastya, Leuven
Centre d’Accueil, d’Observation et d’Orientation, OOOC Jongerencentrum Cidar – institution d’aide à la jeunesse, Kortenberg.
[2]
Ces termes allemands sont composés du préfixe
Ent- qui peut se traduire par
dé-,comme dans décision, indiquant l’aboutissement d’une action de part en part, et de la racine d’un adjectif, d’un substantif ou d’un verbe (ici
fremd -étrange(r)),
aussen (extérieur),
aüssern (extérioriser),
Gegenstand (objet, chose qu’on rencontre),
gegenständich (adj.)), suivie du suffixe
-ung indiquant une action.
[3]
Données Encyclopédiques, Hachette Multimédia / Hachette Livre, 2001
[4]
Gegen-stand, litt. ce qui se tient (stand, stehen) en face (gegen, cfr. en latin : ob-)
[5]
Ledoux, M., Enkele bakens om de beweging van de institutionele psychotherapie af te grenzen, in
Psychoanalyse 2, EBP-BSP, 1984, pp. 89-94 (traduction française à paraître sous le titre : Quelques bornes pour délimiter le mouvement de Psychothérapie Institutionnelle,
in Tijdschrift voor Institutionele Psychotherapie, 3, Leuven, mai 2003, pp. 43-48).
[6]
Ledoux, M., Vervreemding in de dagelijkse praktijk van de psychiatrie, Journée d’études du Mouvement de PI, Vaalbeek, 10 octobre 2001. (texte original et traduction française
in Tijdschrift voor Institutionele Psychotherapie, 3, Leuven, mai 2003).
[7]
Oury, J., L’aliénation, Séminaire de St. Anne, coll. Débats, Galilée, 1992.
[8]
Lacan, J., Le stade du miroir comme formateur de la fonction du Je,
in Ecrits, p. 93-100, Seuil, 1966.
[9]
Lacan, J., Les quatre concepts fondamentaux de la psychanalyse, Le séminaire, livre XI, Seuil, 1973.
[10]
Michaud, G., Laborde… un pari nécessaire, Interférences, Gaulthier-Villars, 1977.
[11]
Oury, J., Thérapeutique institutionnelle, in Psychiatrie et psychothérapie institutionnelle, Payot, 1976.
[12]
Oury, J., La participation de l’infirmier à la psychothérapie, in Psychiatrie et psychothérapie institutionnelle, Payot, 1976.
[13]
Oury, J., La désaliénation en clinique psychiatrique, in Psychiatrie et psychothérapie institutionnelle, Payot, 1976.
[14]
Oury, J., Les clubs thérapeutiques, in Psychiatrie et psychothérapie institutionnelle, Payot, 1976.
[15]
Bibliographie :
http:// users. belgacom. net/ PI-IP.